XVI. — Le nom de Marie
fiSn. — Et nomen Virtfinis Maria. O nom fut sans doute apporté du cjol ; car Dieu seul potivail h'uihikm- ilignenient celle qui est au-dessus de tout cloge sorti de la boucha dis liointnes. Du reste, c'est de Dieu qu'Eve reçut son nom. Parlons donc du nom de Marie ; disons :
I. Sa puissance. Ce nom signilie souveraine, et .Marie, en effet, devenant l;i MtTf> tu < iiatp'M'du monde, devient à bon droit la souveraine de l'univers. >on U'iiii ost [luiss.int : i" au ciel. 1) Jésus lui-même a voulu ici-bas se soumettre .i leiiipire de sa Mère. La prière de Marie au Ciel tient de la nature du couiuiandement. Diej pf'ut-il refusf r quelque chose de ce qu'on lui demande au nom de sa Mère? Aussi saint .\nselme dit qu'on obtient plus vite le salut en prononçant le nom do .Marie, qu'en invoquant celui de Jésus, non que celui de Marie soit plus puissant en lui-mt^me, puisqu'il ne lest que par la vertu de Jésus ; mais Jésus étant Juge doit peser les mérites et les démé- : ' ' '-lui qui linvonue. Tandis qtie quels que soient les démérites de nvoque .Marie, les mérites de cette digne .Mère font que sa prière ' ■ Mement. 2) Les saints nous disent qu'au nom de .Marie, nent. comme à relui de Jésus, non certes pour l'adorer, i.. ..^ t- . ,, -„...... ..'ur reine ; et toute la cour céleste professe cette vénération pour ce nom béni.
i" Sur la terre. Nomen tuiim Dominus ita maf/nificavit ut non recédât laus tua de ore hominum. (Voir Ave Maria, à ce mot, Maria, n. 611.) L'h^lise fête le nom de Marie, comme celui de Jésus. Elle veut «jue dans les ollices on s'incline en le prononi.ant.
'.\o Dans les enfers. Les ennemis invisibles redoutent le nom de .Marie,
dit saint Bonaventure. \ ce nom ils sont forcés de se retirer, de se voir
fiiiv.';; ^f> toutes leurs forces, de perdre toute consistance comme la cire
lU feu. Et que de faits dans tous les Ages sont là pour prouver
de l'invocation de ce nom contre les esprits de ténèbres ! Cette
puissant e du nom de Marie est à notre service. Invoquons-le donc pour
tlè.-fiir la colère divine, pour nous rendre favorables les bons anges, et
^ soustraire aux assauts des mauvais. D'autant qu'il est si doux de
liditi fur du nom de Marie. Ce nom ne signifie pas seulement
il \imI dire encore Imuière et océan d'amertumes; et, dans l'une
■ M ion, il s'offre à nous plein de douceur, l» Pauvres
^ de Dieu, nous avons besoin de la liunière. Le vieux
it : (Juale f/audium erit mihi </ui in tenebris
'l'O ! .Ml! ii nous laut la lumière. Profer lumen
i. .1 1...1 les plus grandes lumières, dans la n)é<litalion
les entretiens avec les Esprits célestes, dans la contem-
- ■'-* Dieu, dans le moment où le Saint-Esprit descendit
>orps du Sauveur, dans ses rapports si intimes avec
)c. Hii peut dire que de même ipie Dieu a fait au
i( deux grands Maiiibeaiix pour présider au jour et A la nuit,
iiienl de l'I'^çlise. il a plii< '• .Ii'sus. >o divin Soleil de justice, et
tielle comme la lune, guide i rant* A travers les ténèbres
'■< monde, \ussi l'Kk'lise la >> • comme l'étoile du malin,
Slrlla inatutina, \ Ile se lève de bonne heure, prévenant de sa
il.trtè fcii\ fjiit «to!: sur les Ilots, le?' réj(iin>^:int par rt^<îp<'rance de
\cr au port, v • dit que
toutes lo«« Kt'i lit lnut<»!i
les lifiisics d.m.-ï I uuucis l'iitier. ^' le tlauilicau crlalant. j
Dieu sur le cbamlclifr. «tin que I éclairés de sa lumière
des mers, dissi; > vers les cieiix.
2" Marie si- c'est ce qui doit nous réjouir;
car, 1) on soutii'' ■ '' ' '"
monde il y a tant :
que Marie a souffert . » .■mhiui- nu:» mi iiit-> ■m-> n-ioirin n i-!<, <|m.i ,.. i.-.'
;i celles qu'elle a versées, clic la reine des anges et des élus. In Mère de
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. '1 ' et
1080 FlVlKS DE LA SAINIK VllUUili
Dieu! 2) Kl ces larmes où les a-l-elle surtout versées? Au Calvaire où elle nous enfanta dans la douleur. Ses larmes sont donc unies à sa qualité de Mère. Kllf's nous rappellent que nous sommes ses enfants. Est-il rien de plus doux rjuc le nom d'une mère? C'est celui que l'homme a béçayé le premier, qui éveille en lui les plus douces et les |>lus profondes émotions, qui fait verser aux plus rlurs des larmes. .Vussi saint Antoine de Padoue applique-t-il au noMi de .Marie ce que saint Bernard dit du nom de Jésus: Mel in ore, in aure vielus, in corde juhilus. \yissi., comme les saints aiment il le redire ce nom il la fois puissant et doux !
Puissant pour nous défendre dans nos faiblesses, doux pour nous réjouir dans nos tristesses. Donc in periciilis. in anijustiis, in rébus (lubiis Mariam cof/ita. Mariam invoca, non recédât ah ore, non recédât a corde et sic in temefipuo e.vperieris quod merito dictum sit : Et no/nen Virr/inis Maria.
Qui no/nen tuuni puro corde invocat, quidquid postulat indubitanter consequitur. (Sai.nt IJkk.naki».)
XVII. — iN'otr4>-Dani« de la Salelto (19 septembre). 2259. Voir n. 1539.
(iN. B. /lien que le .sermon suira7it ait été fait pour être donné au pé/erinage, il sera facile en retranchant quelques détails de le donner avec profit ailleurs.)
Vadani et videbo t^isionetn hanc maynam. Moi/ses pascebat ores Jethro.cumque minasset grer/eni ad interiora deserti, venit ad montem I/oreb, apparuifque ei Dominas in flammd ir/nis de rnedio rubi et videbat quod rubus arderet et non combureretur. Dixit ergo Moyses : Vadam et videbo risionem hanc magnam. (Kxod. chap. m.)
Les enfants gardent leur troupeau dans ce désert et Mélanie appelle Maximin et lui dit : Viens donc voir cette clarté là-bas. Kt ils aperçoivent dans la clarté la Mère de Mieu qui les appelle à elle ; ils s'approchent d'elle, ils accourent. Kt vous aussi. Pèlerins, apprenant celte nouvelle vous avez dit: Vadam et videbo visionem hanc magnam : et quand vous vous approchiez en tremblant comme Moyse, et comme les bergers plus lard, la voix de Dieu vous a dit cojume à Moyse. Locvsin quo stas, terra sancta est. Ne craignez pas pr)urlant : Avance::, mes enfants, n'ayez pas peur, et contemplez avec nous cette grande vision : Marie qui pleure, Marie qui parle, Marie qui monte au ciel.
0 Marie, envoyez-nous un rayon de cette limiière qui vous environnait il y a Di ans, qu'elle éclaire nos Ames, qu'elle entlamme notre cœur, qu'elle nous aide à recueillir les fruits de la grande vision que nous sommes venus vénérer.
22<)0. I. C'était le 19 septembre 18iG, la veille des Sept douleurs, quand Marie se fit voir. A peine eut-elle écarté le rideau lumineux qui la cachait que les Itergers l'aperçurent. Klle pleurait. Au Calvaire vous étiez debout; ici veus êtes assise comme écrasée sous le poids de voire douleur. Cui comparabo te, Virgo fi lia Sion ; magna est velut mare contritio tua. La mère de Tobie... Ses enfants se sont égarés. Klle vient du ciel. elle attend leur retour ; flebat irremediabilibus lacrymis. Ah ! pécheurs, ne reviendrez-vous pas ? Elle vous attend ; EHe gémit ; Klle s'offre à vous réconcilier. Augustin ne peut tenir aux larmes de Monique.... Cui comparabo te, etc., à Kespha.... Ses enfants sont morts par le péché. Elle écarte les anges prêts à déverser la coupe (les vengeances divines, et les démons prêts à les entraîner avec eux dans labimc. O Mère, que vos larmes coulent sur tant de morts. Quis dahit capiti meo aquam.... et je pleurerai avec vous. Et vous, M. F., pleurezavec Marie sur les pécheurs, pleurez sur vous-mêmes, 5M/)er vosmetipso.'^ pete. Que de sujets de larmes dans notre vie! Oh, ne soyez pas insensibles ; les rochers du Calvaire ne le furent point, ni ceux du Gargas non plus. Ils laissèrent passages à une source, souvenir des larmes de ma Mère. Emportez ce souvenir ; nourrissez dans vos cœurs la contrition; elle vous préservera de la rechute : et renotivelez-en les sentiments toutes les fois que vous allez