‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 313 sur 416 · XX. — Le Rosaire · texte numérisé non relu

XX. — Le Rosaire

tit]G. Salutafe Muriam, qiiœ miiltum luboravit in vobis. (Mom., \vi, 6.) Salue: Marie. Les anges dans le ciel la saluent ; la terre tout entière la glorifie. Il v a autant de créatures qui servent Marie qu'il v en a qui obéissent à la Trinité, selon le langage d'un saint. Nous la saluons cent cinquante fois parle Rosaire dont nous allons dire. I. l'origine ; 11, la nature ; et III. Içs avantages.

I. (frigine du Rosaire, et de la fête du Rosaire. 1» Du llosaire. Saint luinique, vovant que ses prédications apostoliques aux hérétifjues de son temps, n'avaient pas tout le succès, que son zèle ambitionnait, priait un jour avec ferveur dans une chapelle de la Sainte Vierge, conjurant cette Mère de miséricorde de lui enseigner un moyen de changer le cd-ur des .•Vlbigeois endurcis. La Sainte Merge lui apparut, et lui dit (jue comme Y Ave Maria avr' ' ' ■ iirin«Mpe de la Rédemption du monde, il fallait fiu'il fiil celui do Ih II des hérétiques, qu en prêchant le Rosaire il obtiendrait un

iuv:. . .^ ..,- . .oillciix. Dominique abandonne donc la controverse ; il prêche la récitation «lel'.lri? Maria el e^çplique les mystères du Rosaire. Kn quelques années il convertit plus de KXJ.iMX) hérétiques. C'est donc saint Dominique ui, sous l'inspiration de la Sainte Vierge, a établi le Rosaire et la Confrérie Il lliisairc.

'" la ffite du Rosaire. Troissiècles plus tiinl, les Turcs menaçaient la :it.\ avec une Hotte de 2(K) vaisseaux, commandée par .Mi-l'acha. Pie V lit \ princes chrétiens ; et une Hotte composée de navires vénitiens

el . -•. s'embarqua sous les ordres de Don Juan d'Autriche. Les deux

armées 80 rencontrèrent dans le golfe do Lépante, au jour où les confrères du Rosfiire cèlébraieril leur fêle, et invoquaient partout la Vierge. Dom Juan

5»;ii ^ rangs, montrant à tous le dra|ieau, sur lequel brille l'image de i; ! ; et tous au signal donné invoquent à haute voix la Sainte Trinilf et saluent la Vierge Marie : [mis se ballent comme des lions. Mi l'aclia est lue, et sa tête mise au bout «lune pique devient le signal d'une complète victoire. C'est ce qui termina saint l'ie V à étaldir dan» toute l'Kglise une fêle en l'honneur de la Sainte Vierge, sous le nom île Sainte Marie de ta '■ ' ■' lUK après «irégoiro Mil changea ce litre en celui de Notre- If.

...., ,, ..../.. '•■•saire. {•' Sa ni'>' - ! •' R»)«aire se compose de

Îuinr.ediziii la, enirecotipi Vnnfllnria Patri el d'un

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ipleel la purituation de Mûrie, la perle cl le r n. mciil

- !■ iirau temple, i) Dans les rina dizames .siiiviuii- <; "ii m. dite jinq mystères douloureux : l'agonie de Noire-Seigneur au ar lin de«

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olives, la najjollalion. le coiironncmonl rlYpines, le porlemont de la croix et le rruriljpmonl. 3) Knfin les cinq derniîres dizaines sont récitées, en méditant les cinq m.vsléres glorieux : La résurrection, l'ascension de Notrc- Sci^noiir. la descente du Saint-Kspril sur les Apôtres, l'assomption de Marie et s(tn ronronnement dans le ciel. Le liosaire a donc trois ^»arlies que l'on peut séparer, et «iont chacune forme le chapelet de cinq dizames.

2" Excellence de celle matière. I) des prières voralcs d'ahord. Le Pater apporté du ciel et tombé des lèvres du Fils de Dieu. V Ave Maria, so'xr n" 60<J et suivants ; t) de la méditation des mvstères. Ils sont un abrégé de l'Kvangile, de la religion toute entière, ils nous rappellent tout ce que nous devons croire, et nous offrent le modèle de tout ce que nous devons faire, présentant à notre imitation Jésus le Dieu de toute sainteté, et Marie la créature la plus parfaite. Le Hosaire est donc un livre à la portée de tous, où les ignorants eux-mêmes puisent la science des saints.

22<)8. III. Avanfaf/es du Rosaire. <•> Efficacité, 1) de ces prières, (a) Le Pater, la prière dictée par Dieu lui-même «pii ne nous en a point appris d'autres, doit être la plus eflicace sur le cœur de Dieu, (b) LAve Maria. (' De grands saints, dit le bienheureux (irignon de Monlfort, ont composé des livres entiers des merveilles et de Venicacité de celle prière, pour convertir les Ames. Apprenez que l'Jre Maria est la plus belle de toutes les prières après le Pater. C'est le plus parfait complimenl que vous puissiez faire à Marie; car c'est le compliment que le Très-IIaut lui envoya faire par un archange.

» C'est par ce compliment aussi, que vous gagnerez infailliblement son c(eur, si vous le dites comme il faut. VAve Maria bien dit, est selon les saints, l'ennemi du diable qu'il met en fuite, et le marteau qui l'écrase ; c'est la sanctilicalion de l'Ame, la mélodie des prédestinés. l^'Ave Maria est une rosée céleste, qui rend l'ûme féconde, c'est un baiser chaste et amoureux, qu'on donne à Marie, c'est une rose vermeille qu'on lui présente ; c'est une perle précieuse qu'on lui offre. »

2) De la méditation, voir nii 1279 el suivants. L'homme en répétant ces prières se fait l'écho du ciel. Il est vrai que les mêmes formules reviennent sans cesse ; mais Notre-Seigneur nous avertit de ne pas chercher dans la prière la variété, îiolite mulfum loqui. Du reste l'amour n'a qu'un mot, et en le redisant toujours, il ne se répète jamais.

2o Indulf/ences. Ceux qui ont leur nom inscrit dans les registres de celle confrérie, en récitant le Rosaire une fois par semaine, même en le partageant en trois chapelets, peuvent gagner une indulgence plénière le premier dimanche de chaipie mois, et à toutes les fêtes de la Sainte Vierge, à la condition de se confesser, de commtmier, et de visiter la chapelle du Hosaire. Le dimanche cependant, si on a communié à cette chapelle, il n'est pas nécessaire de la visiter de nouveau. (.Maurel, S. J.)

Il faut toutefois que le Hosaire ou le chapelet soient bénits par un prèlre ayant revu un f)ouvoir spécial à celle fin. Sans être membre de la confrérie du Hosaire, mais en récitant au moins trois fois par semaine un chapelet, bénit par un religieux dominicain ou par un prêtre ayant reçu ce pouvoir, et en méditant en même temps les mystères du Hosaire, on gagne cent jours d'indulgence à cliaque Pater et à chaque Ave Maria, pourvu qu'on n'interrompe pas la récitation du chapelet. Le Chapelet, on lésait, se compose de cinq dizaines d'Ave Maria précédées chacune d'un Pater Xoster, et suivies d'un tiloria Pat ri : quand on a appliqué au chapelet les indulgences de sainte Hrigitte, on peut gagner en le récitant une indulgence de cent jours pour chaque Pater, Are et Creilo. sans qu'il soit nécessaire de méditer pendant celte récitation. Mais pour lors il faut réciter le chapelet dit de sainte lirigilte. Les indulgences du Hosaire étant applicables aux i'imos du purgatoire, sonl un moyen précieux de les soulager ou de les délivrer.

3'» Participation axuc prières des autres membres de la confrérie du Hosaire. Nos prières isolées sont n)oins efficaces ; mais là où deux ou Irois sonl réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux. Qu'en est-il donc d'être unis à une multitude innombrable ilassociés du Rosaire? Après ce que nous venons de dire de l'origine du Rosaire, de son excellence, de ses avantages.

NiATF.ftNITK UÉ MARli: lOJ^Î)

on conçoit ces oaroles du Pape <Jrégoire \V1 : «< Le Rosaire est riiistrutnent iruMv. illeiix delà destrurlion du p«*fliè. du reeoiivrenienl delà gr;\oe et de la ^Icir. ■!.> Dieu. » Kt rcs adirés du bienheureux Grignon de Montfort: « On a tiii: ■'■. que ceux qui portent la inarquedela réprobation comme

\i»ï- . les impies, les orgueilleux, et les mondains, méprisent

l'Arc ùni-ifi. ic riiapelet. Les héréli<pies apprennent et récitent encore le /'a/er, mais pas IMre .I/arm, ni le chapelet. (Test leur horreur, ils porteraient itlutt't sur eux un serpent qu'un chapelet.

» Les orgueilleux aussi, quoicpie i-alholiques, comme ayant les mêmes inclinaUons que leur père Lucifer, n'ont que du mépris, ou de l'indilTérence

f»our y Ave Maria, et regardent le cha|)elet, comme une dévotion qui n'est lonne qn- t"""- ''>s ignorants et ceux qui ne savent pas lire. Au contraire, un a vu ; lence, que ceux et celles, tpii ont d'ailleurs de grandes mar-

Ïues de y. lion, aiment, goûtent et récitent avec plaisir V Ave Maria..

e ne sais comment cela se fait, ni pourquoi; mais cela est poiu'tant vrai, je n'ai pas un meilleur secret pour connaître si une personne est de Dieu, que d'examiner si elle aime à dire VAve Maria... et le chapelet. Je dis: Si elle aime ù dire ; car il peut arriver qu'une personne soit dans l'impuissance de le dire ; mais elle l'aime toujours... Je vous prie donc instamment par l'amour que je vous porte en Jésus et Marie... de réciter... le chapelet et même, si vous en avez le temps, le Rosaire tous les jours ; et vous bénirez, au moment de votre mort, le jour et l'heure où vous m'aurez cru. » Kn effet, si on a redit souvent, tous les jours de sa vie à la Sainte Vierge : Priez /tour fious maintenant et à l'heure de notre mort, peut-il se faire qu'elle nous abandonne à notre dernière hem'e et qu'elle ne soit pas poui* nous la porte du ciel ? (1)

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