‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 315 sur 416 · I. Virgo potens : s'inspirer du n'» i · texte numérisé non relu

I. Virgo potens : s'inspirer du n'» i

II. Virgo démens : s'inspirer du n'> 1372. Voir aussi lesn" 220S et siiiv. Sanrta Maria, sentiant omnes tuum juvamen : omnes, les pécheurs, les

justes, les aflligés, les malades, quicum(pie implorant tuum sandum patrodnium : et tous l'implorent. Ait te damamus exules fi/ii Evœ. Ad te suspiramus in hac lacrgmarum valle.

XXI¥. — La Préarnfation de la Sainte Vierge.

2273. Audi fi lia et vide, et inclina aurem tuam. (Ps. xuv., 41.) Ecoutez-moi. ma fille, et prêtes l'oreille à ma voijc.

Marie, mes Frères, n'était encore qu'une faible enfant, quand Dieu ûl entendre ces paroles à son cœur. Malgré son Age si tendre, elle comprit celte voix qui l'appelait loin du monde. Aussitôt elle quitta son père, sa mère, ses compagnes d'enfance, toutes les innocentes jouissances de son Age, pour aller s'enfermer dans le leniple, s'y consacrer au Seigneur, et y vivre tout occupée do le prier, et de veiller A la propreté du saint lieu. Cesl celle consécration de Mario A Dieu, que l'Kglise propose aujourd'hui à notre imitation; car. quoifpie Dieu ne demande pas A chacun de nous de quitter sa famille et son étal pour le servir, il veut que tous nous vivions pour lui ; il nous commande à tous de lui donner notre co'ur : Prrebe, fili mi. cor tuum mihi ; et tous nous devons le lui olfi'ir. i»iiis(piil en est le Créateur et le mailre. Or, mes Frères, dans celle olTran<le, nous ne saurions nous proposer un modèle plus accompli que celui que nous fournit dans sa présentation, Marie la plus parfaite de toutes les ••réatures.

iNous considérerons donc ensemble afin de l'imiler. la manière dont elle se consacra à Dieu. .Nous verrons qii elle le fil dès l'Age le plus tendre, qu'elle s'olfrit tout entière et pour toujom-s. Sa promptitude nous apprendra à nous donner à Dieu et à quitter le péché sans délai. Sa générosité nous excilera à renoncer entièrement A tout ce qui offense Dieu. Sa persévérance nous montrera comment nous devons persévérer nous-mêmes. Ces considérations serviront A la fois, A la gloire «le Marie, et A notre propre édification. Kn un mot, Marie s'offre à Dieu : 1" sans relard, 2» sans réserve, 3» sans retour, tel sera tout le partage de cet entretien.

O Marie, notre espérance et notre modèle, obtenez-nous par votre intercession, <le recueillir avec attention et avec fruit les leçons si instructives ij[ue vous nous donnez par votre exemple.

!,A PRÉSENTATION l»K LA SaINTK VIRUGË 108?

an. I yarie s'offrf. à Dieu sans retard. A l'Age oii les autres enfants no ^ encore prononcer le nom de leur mère, Marie, par une faveur

eiti .> (le Dieu, jouissait déjà parfaitement de sa raison; c'est l'en-

seigneiiieul lie la (liéologie. I)ôs l'Age le jdus tendre, elle comprit que le premier usage que nous devons faire de noire raison doit c^lre «le la consacrer à Pieu, qui ne nous Ta donnée que pour l'employer à le connaître et à l'adorer. Klle comprit que Dieu est jaloux des prémices de notre vie ; rien ne lui plait autant que I offrande que nous lui en faisons, c'est ainsi que le laboureur aime surtout A recueillir les premiers fruits de l'arbre qu'il a planté. Marie pressentit que ce doit être pour l'homme une grande consolation, quand arrivé k un Age avancé, ou au moment de paraître devant Dieu, il peut se dire : Dès mes premières années, je me suis consacré au Seigneur ; dès que j'ai ou la connaissance, je l'ai atlore, je l'ai aimé. (;es raisons, jointes nu goiit exir.iordinaire que Dieu lui donnait, pour une vie passée loin du monde et dans la prière, lui firent prendre son parti sans retard. A la voix de Dieu i|ui lui disait : Lève-toi, ma bien-aimée. hAle-loi, et viens me servir dans mon temple. Si/rge. propera. arnica mea et veni. Klle répondit aussitiM : Surffam et qurprum r/uem diligit anima mea. Je me lèverai, et ie clienlierai celui que mon cu'ur aime. Klle fit [»art à son pèro et à sa mère ne son iii.iiv iiinjel. Ses saints parents qui avaient consacré à Dieu leur fille dès av.i Niince, voient dans le désir de leur enfant, la volonté de [)ieu ;

ils V ut aussitôt, quebpie pénible que diit être pour eux la séparation

d'une tille unique, qu'ils aunaient ten<lrement. Us comprirent que la tendresse qu'on doit aux enfants ne doit point contrarier les vues de Dieu s'ir eux, et que ce bon l'ère, qui prend soin de toutes ses créatures, veille d'une manière particulière sur ceux qui se consacrent à lui. Qu'une conduite si sage servent de modèle aux parents dont les enfants désirent entrer dans une maison reliirieuse pour y faire plus (acilement leur salut. Loin de mettre (il.';' I, !.• à un si saint désir, pères et mères, faites tous les sacrifices que vous I".i.!ii/, pour procurer ce grand bonheur à vus enfants; Dieu saura vous dédommager de ce que vous ferez pour lui, et prendra soin de vous et de ceux dont vous vous privez pour les consacrer à son service.

M •• donc la maison paternelle. Agée seulementdetroisans.au

r.tj int Kpiphaneet de saint «iermain. Mien ne l'arrête. La faiblesse

de snii iiM'. la tendresse de ses parents, les prières de ses compagnes, les les |tMi\ innocents de renlan<e, la vie retirée et pénitente qu'elle va embrasser, rien ne la fait chanceler un seul instant.

Klle n'a qu'un vu-u, elle ne demande qu'une chose : d'habiter dans la maison du Seigneur tous les jours de sa vie. Klle quitte .Nazareth accompjiirnce de ses parents: seule elle n'aurait pu franchir les montagnes «pii la séparaient île Jérusalem. Il me semble que les anges en voyant celle que Dieu destine A être leur Heine, aller s'olTrir A lui avec tant de générosité, durent lui faiie ■ (,i I. ue. et chanter devant elle ees paroles des Saints Livres: (Jii'i/s so/it Ix If. ilu Itoi (lu ciel, les pas empressés tfite rous faites

pour allei- V(. .r à Dieu! - L'omme le l'ère céleste dut regarder

avec complai-^ i le bien-aimée allant se consacrer A lui îllomme IMen

le l'ils dut «11. . is celle qui allait se préparer sans le savoir A devenir

s,i M<ie ! (louiiiie le .s.iint-Ks[inl dut brûler d'amour pour une épouse qui ali;iil lui faire hommage des |ii-emiers battements de son cœur!

(J mes Frères, unissons-nous aux anges et A la Trinité elle-même ixMir admirer Marie : mais ne nous arrêtons (las A consi«lérer un si beau modèle, vi.v. .11^ «,1 nous I imitons, du moins en le que nous pouvons et devons l'imiter. — 1'.' i!s enfants, qiii m éintile/. imite/vous Marie, votre bonne Mère, en olli.iiii ;iu bon Dieu voire cn-nr, en > ' l'ère tendre qui vous donne

1.1 Nil', il en fuvant re qu'on vous dit 'Oh ! eomme Dieu aime les

pfi ils .Mr.iii'- ' ,' -' • 41 mni . mi-u. car c'est fi eu :

({ii/uirr iii'iii ' donc pas. mes bons amis, ■

|ii! I'. f. s .■' 1,1 ■ ^. I . , ...17, ,,i.>ii l'es e' •■• ■'''■•■^^■'^■•■'^' .■.■;•<■•■ -1 1 .iil.. ^ .1 \ .^ ■- MIS, c'est A vous de vr

miiii ont a 1 aimer ; c'est à vous à me i. . ;..;..

d espérance el d'amour ; yous Io faites, j'en ai la conliaiicc ; mais j>eul-èlrç

1088 t'fîTES DE LA SAINTE VtKR(.t

nppronez-voiis à ces chcrs enfants A faire ces actes du bout des lèvres, sans iiu ils «'Mniiii-iMiiifiit ce tpi'ils prononcent. Par quelques bonnes paroles sur la bonté' >Mir de Dieu, expli(piez-leur la prière que vous leur appre-

nez, cl ''S à la réciter du fond du cœur. Les actes d'amour que feront ces innocentes créatures, attireront sur eux et sur vous les bénédictions du ciel. Pour nous, mes Kréres, »jui sommes déjà sortis de l'enfance, avons-nous imité la promjititude de l'offrande de Marie 1 Le premier usage que nous avons fait de notre raison a-t-il été de nous offrir h Dieu, de l'adorer, de l'aimer? (> vous, qui avez fait ainsi, que vous êtes heureux d'avoir été fidèles de bonne heure à un si grand Maître et d'avoir acquis ce trait de ressemblance avec la Hi'ine du ciel! .Mais n'en est-il pas qui, au lieu d'offrir h r)ieu leur première raison, ont commencé à l'offenser dès qu'ils ont commencé à le connaître? N'en est-il pas qui ont passé <les années entières dans l'état de péché, et par conséipienl dans la haine de Dieu et qui, peut-être, aujourd'hui croupissent encore dans ce malheureux état, renvoyant toujours de rompre leurs chaînes ou même les aimant? Notis nous donnerons à Dieu, disent-ils, mais il faut laisser passer le temps de la jeunesse, il faut attendre que les cirronslances changent, que nous soyons pluslibres ; il est, du reste, si pénible de le servir. Vains prétextes qu'invente la lAcheté, et que détruit tout à fait l'exemple d'une enfant de trois ans, quittant tout pour se donner aussitôt à son Dieu.

.Non. mes frères, le service de Dieu n'est pas pénible ; poin- fous son joug est doux et son fardeau léger ; mais il l'est surtout pour un grand nomlire denire vous auxquels Dieu ne commande pas de quitter parents, famille, amis et biens de ce monde; il ne leur demande qu'une chose : quitter le péché en revenant à lui par une sincère pénitence et par l'accomplissement fulèle désormais de sa loi qui fait le bonheur de la terre ; car elle procure la paix «le l'âme; tandis que le péché n'apporte après lui mie le trouble et le remords pour ce monde, et pour l'autre les feux éternels. — Ne tardez donc pas de rompre vos chaînes; seriez-vous jeunes, ne tardez pas : Ecce sto ad ostiurn cf pulso. Ouvrons pendant qu'il en est temps encore ; demain peutêtre il serait trop tard. () mon Dieu, ô mon Maître, ù mon Père, je quitte le péché, je reviens à vous sans plus différer. Oui. mon Dieu, je veux me donner à vous, prenez mon cœur sans retard : hélas! il ne vous a été que trop longtemps infidèle. Je maudis les jours où je n'ai pas vécu pour vous; désormais donc, je vous appartiens, et je vous aime. — J'en ai la confiance, mes Frères, la promptitu<le de l'offrande de Marie vous a déterminés à vous ilonner à Dieu sans retard ; mais voici une deuxième qualité de sa consécration que nous ne devons pas moins imiter que la première.

227"). 11. Marie s'offre à IHeu sans réservée. Klle ne veut rien garder pour elle, ni partager son coMir entre le Oéateur et la créature. Klle sait que Dieu demande notre cœur tout entier, qu'il nous commande de l'aimer de toute notre i\me. Aussi, voyez avec quelle perfection elle lui sacriSe tout ; d'abord elle dit adieu à ses parents oui l'ont accompagnée ; elle renonce aux soins si légitimes de sa mère dont elle avait un si grand besoin, puis elle va se présenter au (irand Prêtre pour qu'il la consacre à Dieu tout entière. Elle prend place parmi les jeunes vierges qui habitaient de petites cellules autour du temple. Klle, la fille de David et l'héritière des rois de Juda, n'ambitionne que d'être la servante du Hoi du ciel. Loin de vouloir paraître aux yeux des liiiiumes et de chercher à leur plaire, elle se cache avec bonheur dans une l'ctite rellule où Dieu seul la verra ; là elle lui fait hommage de son esprit pour le connaître et étudier dans les Livres Saints la loi qu'il a donnée aux iiomnies. Klle lui offre son cœur pour l'aimer et le prier sans cesse ; sa bouche pour chanter ses louanges ; ses membres qu'elle n'emploie qu'à balayer et à I son temple. Elle lui consacre tout son corps en lui promettant de ; toujours vierge, en faisant vo>u de n'avoir jamais d'autre époux que 1111. (» Marie, il ne reste donc rien en vous qui vous appartienne, puisque vous sacrifiez à Dieu le monde, vos parents, votre ftme, votre corps. Comme le Père céleste dut accepter avec complaisance une offrande si pure et si entière ! comme il dut répandre à pleines mains les trésors de sa grâce dans une Amequi n'y mettait nuriin nt»s;l:i.lo : ainsi qu'un père tendre comble de

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