‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 316 sur 416 · LA PRKSKNTATION DE L.V SAINTE VIERGE · texte numérisé non relu

LA PRKSKNTATION DE L.V SAINTE VIERGE

Lous les bienfaits un enfant qui fait tout pour lui plaire. Pour nous, mes

Frères, à la vue <Ie notro More faisant à son Dieu un hommage <relle-mème,

si romnltM et si entier, voyons si nous avons renoncé entièrement à tout ce

i]'. Dieu en nous ; car c'est la seule condition qu'il exige pour que

IV 1 H'Ie soit sérieuse ; humilions-nous «l'avoir mis jusqu'ici si pou de gé-

ncrosilé dans la manière ilont nous nous sommes oITerlsà Uieu.Vous qui depuis

quelques années seulement, avez fait votre première communion, vous avez

n ce heau jour où Dieu se donnait tout à vous, promis de vous donner à lui;

i-iis n''^n est-il point qui, mellanl delà rapine dans leur offrande, aient dit :

je me donne à vous, mais je garde ce compagnon, celte compagne

il me porter au mal ; je garde pour moi cette conversation, cet

i je suis exposé (x pécher, ce ilésir coupable de plaire, etc. .. ? Vous

'■:'■ en ell'ct, et c'est là la cause de vos chutes et de la perte de

. l>ieu, auquel vous aviez voulu vous donner. Vous qui, plus Agés,

Dieu la même protestation de Odéliléau moment des l'Aques, d'une

II. -1 un jubilé, où la gr;\ce avait touché vos cœurs, n'auriez-vous point

I réserve de quelque Itabitude malheureuse de commettre tel ou tel

(.. . ,n :* C'est trop i»énible, avez-vous dit, de renoncer à cela, j'offre à Dieu

tout le rosir ; mais cela, je ne puis.

( ) mes rroros, «pie nous sommes malheureux de ne pas comprendre que Dieu veut notre cœur tout entier, puisqu'il l'a créé tout entier, qu'il ne veut point entrer là où le démon a une place. Chassez-le donc, le démon ; chassezle tout à fait, quoi qu'il vous en coûte. Que n'en cgùta-t-il pas à Marie pour s'.iir.riiior dans le temple, loin de ses parents, à son âge:* 0 mon Dieu, i si facile par votre grâce ce qui nous répugne tout d'abord, et pare un sort si heureux en ne vous refusant rien, que dès mainifuanl uous nous offrons à vous sans partage; nous rompons avec tout ce qui vous offense ; nous pardonnons, puisque vous voulez que nous pardonnions ; nous fuirons cette réunion dangereuse, ce perlide ami, ce plaisir • oiipable, col atlachomenl défendu, cette habitude criminelle que jusqu'ici avons rotiisé de vous immoler ; nous vous le promettons, soutenezpar votre i:r.'ice, et vous, ù .Marie, aidez-nous de votre intercession, vous, Ames ipii avez eu le bonheur de rompre avec tout péché mortel, ,i ne voudriez pas pour tout au monde perdre l'anjilié de Dieu, n'avez- - point entretenu dans votre cn-ur une inclination favorite vers un mal - . il est vrai, mais qui ne laisse pas de contrister l'Ksprit-Saint, et de moins abondantes :* C'est, par exemple, »me habitude de -i légères, une certaine aversion pour le prochain, un -'•■Mv! aux biens de la terre, un désir de paraître, d'être nversalions inutiles, une vie molle, et ime foule de , .; ... ,...ii.sent à Dieu. Sachez bien que vnus faites grand tort à votre avancement dans la vertu, en laissant retenir l'élan vers Dieu, par ces lils qui l'attachent à la terre. Comme ' ne vie de [trières, de charité, d'humilité; et comme elle,

d«\:iiit Dieu, qui itomblora votre àmc de consolations nous trouverons ilans cette <leuxième qualité de 1-^ <pii vont bien à nos Ames. Il nous reste encore a lo'iiii' I • OM iiil.M- iiii> il. isième qualité de son offrande.

•ii'>\ III /'iiff'jis t/'/ii/tt'i- à iJteu, Marie ne se reprend filus ; m&'\s cWe

iecMont lirlèle à la consécration (piVlle lui a faite d'elle-même.

,(• tomjilo, ce n'est qu*» jtar tm nrdro cxju'ès de Dieu «^ui lui

. lie se choisir un >'■■' iien de sa virginité ; si

il saint Joseph, ce ti .e que l'un et l'autre

II, et plus tiird. qu

;,...... ii »ns In jeunesse el dai. . ,, -

lement dans la vieilleMC. Son amour (HMir lui ne so dément ni dans la

fi'J

1Ô90 t'KTES DE LA SAINTE VtERGÊ

prospérité, ni dans r«>prouve. KUe lui est (idole quand Jésus-Chrisl, son divin I lU, est reru en tfioniplic dans Jérusalem; elle le sera encore quand les .luiis seront <levcniis ses honrreaux, et (piand, sur le L'alvaire, il mourra sur la croix pour expier nos péchés ; et le dernier sou|)ir de la Vierge (idole sera un élan d'amour vers le Dieu après lequel elle tentlail. — (.) Marie, où sont les Ames qui imitent voire persévérance t Les Ames pieuses mômes, aujoui*d'hui sont ferventes, et demain tièiles; aujourd'hui évitent soigneusement les moindres fautes, et demain succombent à leurs défauts; elles servent Dieu avec ardeur dans im moment de consolation, el se dégoûtent dans un moment d'épreuve. Ames inconstantes, sachez donc que Dieu ne change pas et qu'il mérite toujours également d'être aimé, soyez-lui donc toujours irrévocablement fi«lèles A l'exemple de Marie, dans la joie comme dans la tristesse. — Kt nous, pauvres pécheurs, quelle n'est pas notre inconstance ! aujouj'd'hui nous sommes à Dieu, et demain au démon ; pénitents hier, aujourd'hui nous sommes coupables; maintenant prêts à tout sacritier plutôt (pie de retomber dans ce malheureux péché d'habitude que Dieu vient de nous pardonner, et que de nous exposer de nouveau à celte occasion de chute, bientôt nous succomberons à la moindre tentation el nous affronterons les mêmes dangers. — Cependant, ô mon Frère, Dieu a toujoars les mêmes droits sur nous; l'enfer est aussi redoutable un jour que l'autre ; le bonheur du ciel a toujours le même prix. (Comprenons donc qu'en revenant au péché que nous avons abandonné jiour quelque temps, nous chassons Dieu de notre cu'ur, pour mettre !e démon à sa place, et nous faisons ainsi le plus sanglant outrage A la Majesté suprême. Il nous en coule parfois de combattre sans relâche nos passions, de résister sans cesse aux tentations qui nous assaillent ; mais Marie persévéra dans les plus rudes épreuves ; mais le ciel ne mérite-t-il donc aucun effort ? Si on nous promettait un trésor à la condition que nous fuirions tel ou tel péché, ou si on nous menavait de la mort, si nous y tombions, nous nous garderions bien de le commettre jamais ; et nous serions moins constants pour gagner le ciel el nous arracher à l'enfer ! Nous sommes faibles, sans doute, mais Dieu nous soutient par sa grâce, si nous la lui demandons par la prière. Marie priait sans cesse, el c'est à sa prière qu'elle dut sa persévérance ; comme elle, levons les yeux vers notre l'ère du ciel, lui qui est si bon et si miséricordieux, lui qui ne veut pas la mort (lu pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive, el il viendra à notre secours. Soulentis de sa grftce, nous éviterons l'occasion du péché, celle conversation, cette compagnie, ce danger, qui sont la cause de nos chutes, nous romprons avec tout cela, quoi qu il nous en coûte. Marie, pour se soustraire à l'esprit du monde, quitta tout pour s'enfermer dans le temple. Et Notre-Seigneur nous dit que si notre bras droit nous scandalise, nous devons le couper el le jeter loin de nous, nous apprenant par là que nous devons renoncer à tout ce qui nous porte au mal, quand même cela nous serait aussi cher que notre bras droit; c'est ainsi que par la prière et le. fuite des occasions, nous ferons de nous-mêmes, à l'exemple de Marie, une offrande irrévocable el sans retour.

Je termine donc, mes Frères, avec la douce confiance que, comme Marie qui en ce jour s'est offerte à Dieu sans retard, sans réserve, sans retour, tous en ce jour nous nous consacrerons à ce bon Maître, sans retard, sans réserve et sans retour. l'ar là, nous procurerons à Dieu une grande gloire, iiux anges un sujet de joie, el une bien douce consolation au cœur maternel de Marie. 0 Dieu, notre Bienfaiteur, notre Hédempleur, notre Père, nous vous offrons enfin le sacrifice de nous-mêmes par les mains de Marie, el en union de celui qu'elle vous ofTril elle-même, sacrifice prompt el sans délai, dès ce moment nous sommes à vous ; sacrifice entier el sans partage; que [)ourrions-nous vous refuser à vous qui nous avez tout donné ! Sacrifice constant et sans aucun retour ; ne sommes-nous pas heureux d'être à vous ? el à qui irions-nous si nous vous abandonnions ? Mous sommes à vous dès ce moment, tout entiers et pour toujours ; gardez-nous/ tous maintenant et dans l'éternité. — Ainsi soit-il.

SOI l<i;-I«AMK DM lOl'KDiiS ÎOÔl

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