‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 336 sur 416 · II. — Saint François Xavier · texte numérisé non relu

II. — Saint François Xavier

2335. Il a eu I, les vertus des religieux les plus saints, H, le courage des martyrs. III, le zèle el le succès des apôtres.

I. Vertus, io D'abord il ambitionnait la gloire mondaine; mais une fois que saint Ignace lui a répété la parole de notre Seigneur : que sert à l'homme, ctc, il renonce à l'avenir qui s'ofi'rail à lui brillant, il renonce à ses biens, à sa famille. Kn parlant pour les Indes, passant non loin du château où sa mère vivait encore, il se prive de la consolation de lui dire adieu, lanl est sincère son délachemenl delà lerre. 2° Sa chasteté. Les saints nous apprennent qu'une preuve que celte vertu est bien affermie dans l'âme, c'est quand

(1) Yuilà le prédicateur que Dien veut que vous écouliez. C'est saint André sur sa croix, ne prenez pas garde au prêtre qui voas parle, prélez l'oreille à la voix du prédicateur qui se fait entendre en ce jour dans l'univers, vous n'aurez rien à lui répliquer. Il vous prêche aujonrd'tiui le nnême Dieu qu'il prêcha aux Juifs et aux PaTens, on Diea qui vous a sauvés par sa croix. Le croyez-vous? La vie que vous menez, le fait elle voir? Cet amour de vos aises, cette horreur de la peine et de la souffrance, tout cela marqnet il, que vous êtes bien convaincus de la prédication de saint André 1 Ah I si par impossible, on nous prêchait un autre Evangile qui prescrivit l'amour du plaisir, nous n'anrions rien à changer à notre conduite, ni à nos pensées. Saint André n'a donc pas réus.sl à vous persuader l'amour de la croix, ni par ses exemples, ni par ses paroles. El pourtant au jugement de Dieu la croix paraîtra pour vous être confrontée. Tune parebit signum Filii hominis: et la croix de saint André, après lui avoir servi de chaire pour nous insiruire, lui servira de tribunal pour nous condamner. Voyez, diral-il, voyez ces infidèles, la vue de ma croix les a convertis, el elle vous laisse insensibles. Epargnons-nous cette confusion. Soyons arais et prédicatears de la croix. (D'après Bourdaloue).

SAi:,^ ...v.^v^.o .XAVIER 1127

■ m 1111 M i ..Il 1.' les tpnt;i'' "'■ ■■■ ' — i-- - "r. sommeil. < -i . un j..iii .pi n Miltissuit en fitirmant un de n, dont les plus givinds saints ne

sont '■•■-- ''^"'- «nchis, il r. .-...v.v .. .. ■ .,... ..,io énergie tjue le san;,' lui enjaillit par 3o Son obéissance. Il a promis en faisant ses vœux à Mont-

mar ;• en mission partout où le Pape l'enverra, et il partira pour les

con' ires; là. au plus fort de ses succès, il recevra des lettres de

son ; l::nace, il ne les lira qu'à genoux.

^:tlti. 11. i.ountfie des Martyrs. Quels périls n'afTronta-t-il pas et sur mer et sur terre p(»ur étendre le royaume de Hieu? Son intrépidité n'en fut jamais ébranlée. Racontant les dangers qu'il avait courus au fort d'une tempête, dans It' détroit de Ceylan, il dit : « .V la vérité étant comme je suis, le plus méchant des hommes, j'ai honte d'avoir versé tant de larmes par un excès de plaisirs célestes, lorsque j'étais sur le point de périr. ■> Jamais sa patience ne fut lasse des privations et dos souffrances. « Kncore plus Seigneur! encore plus ■>. s'écriait-il, quand les épreuves pleuvaienl sur lui. Les lies du M«ji • '^doutées de tous à cause de leur slérilllé, des aspérités du sol.

des .'nts de terre fréquents qui les ébranlaient et de la barbarie de

leurs iiaMiunis ; aussi eurent-elles ses préférences. « Cette mission est pour moi. dit-il à ses amis, puisque personne n'en veut. Si elles avaient des mines d'or, on tenterait tout pour les leur enlever. Faut-il que les marchands soient

fdus intréjti'Ies que les missionnaires? » Il y anbrda donc, les évangélisa, et es ctmvertil.

ili:j7. III. Est-il besoin de dire après ce que nous venons de raconter qu'il avait le :èle des ap*jfres ? Le zèle fut la passion île sa vie : 5i royaumes évangélisés, les Indes, le Japon ne suflisaient pas à sa grande àme. Il est mort en soupirant en face de l'empire de Chine qu'il voulait convertir ; allons, .Xavier, se dit-il à lui-même, puisque ton Dieu est partout, il faut qu'il snit ii;iil..iii ,i.l(ir.'' Ce serait un reproche pour toi, qu'il fut loué dans tous par les créatures insensibles et qu'il ne le fût pas par les iites. Mais il faut proclamer qu'il a eu le succès des apôtres: en lu ans »ie vie, il a converti à la foi 5i royaumes, un million didolàtrcs baptisés, et plus de sujets gagnés à la vraie religion que Luther et Calvin ne lui en ravirent à la même époque. Aussi [)ieu récompensa ses vertus par le don des miracles. François Xavier a ressuscité comme Notre-Seigneur trois morts ; et l'Eglise l'honore conmie un de ceux qui ontio plus étendu ses .i.n'in''''^'' S'il n'a pu conquérir la Chine, son esprit y a pénétré et c'est lui qui - mt de missionnaires qui évangclisent ce pays que Xavier mou-

ran' à leur zèle. (I)

n icnts pour notre lâcheté ! Où est notre «lélachement? com-

mcii ius la vertu des anges qui est la gloire du chrétien comme

de I ap.dif ,' yufiie soumission avons-nous pour ceux qui ont la charge de

iD Que ne peut point on homme possédé de l'esprit de Dieu, détaché de tout et ne songeant qu'à é(»ndre le royaume de J.-C.t Qui ne voit combien A'>ni mioérables les conquêtes de l'amtjilion humaine à c6ié de celles du zèle ai : * avait

embrassé la carrière des armes ou celle des lettres, quelque > irer,

il sernii iLMM.r,- .•iMi..iird'hui ; et son n<.'i' '■'^i '"^ni à tr.-ivers , .^ >>eii-

pies. ir lui au jour du il traînera à sa .«une la muUiiude

dM '. rii leur >a!i!t : ■ •^'^<^ et tri>iubux ri populi^ et

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••' -if pré'ji. ii'-.ji . ^ .,i.<»

joe les prédicatr >i ne

e, si elle dépen.i dit :

Si I« piétiicalt-ur était saint, jo réc.<ui<;i <ii9. . , ««loti &aini Ueroard,

l'une par rapport à la f;r&ce dont il horno i'. .ut à la seule vertu;

l'autre envers les prédicaieurs auxqm pri ne vient ; '

mais de son obstination ; l'auirr .\ lïr u^nX de van

pour différer s.ï .■..r.v.'rM,,n V.ni.i i. inrinriiM '

peines et que

Dés dans 1 iris-

tianisne le cumbaiient. Aiuti a réalise lU , -S. Mullt a'> >. 'W et

rtcumbent cum Abraham. Filii auUm it lur in tentbraf

nous guider? Comment silpporlons-nous los peines de la vie? Quel zèle avons-nous pour donner à Pieu ceux sur qui nous avons quelque nuloril»', ou quelcpic iniluonce, pour aider à l'cruvre de la propagation de la loi ? Grand s;jint. donnez-nous votre esprit.

m. — Saint Etienue (2G Décembre)

2338. Stephanus plenus grafia et fortititdine. (.\(jt., vi, S.) — Voilà ce que la sainte Kcrilurc nous dit, du premier lioros du christianisme, du premier martyr do l'Kvangile. (1) Chacpie saint a une vertu projirc qui le caractérise. Les vertus de saint Ktienne, sont la force et la grâce. La force contre los ennemis do Dieu, la grAce ou la compassion j>our ses propres ennemis. L'une et l'autre ne sont que la charité, la vertu la plus nohle, la plus excellente, la plus nécessaire. C'est la charité qui a produit en saint Etienne: I, le zèle de l'honneur de Dieu, et 11, la générosité pour ses perséculeui*s ; c'est ce que nous allons admirer.

2339. 1. Zèle pour Dieu. — Le zèle est l'épanouissoment delà charité, comnio la (latume est celui du feu. \a\ charité d'Elicnne <iui était un des premiers 'Hacros opérait des prodiges nombreux dans le peuple. Quelques-uns des membres do la svnagoguoBontreprircnl de discuter avec lui. et ils ne pouvaient résister à la sagesse et à l'Ksprit divin q\ii ranimaient. Ils recoururent alors aux moyens qu ils avaient déjà employés contre le Fils do Dieu. Ils aposlent de faux témoins (pii laccusent ; on le traîne devant le conseil, et tousses juges voient sa face rayonnante comme la face d'un ange. Ktienne prend la parole, non pour se justilier, mais pour rappeler aux .luils les bienfaits de Dieu, et les convaincre du tort qu'ils avaient de résister ;\ ses grâces. 11 s'oublie lui-même, il ne défend que la cause de Dieu et des Ames. Il voudrait convertir ceux qui ne songent qu'à le mettre à mort.

Voilà son zèle. L'imitons-nous? Souvent nous sommes plus sensibles au plus léger affront qu'on nous fait, qu'aux plus sanglants outrages qui s'attaquent à Dieu. Cependant Dieu a tant de zèle pour nos intérêts qu'il menace «l'un enfer éternel ceux qui lèsent gravement notre personne, notre réputation, notre honneur, nos biens; et si on blasphème son nom, si on profane son jour, si on transgresse ses lois, si on opprime l'Kglise son épouse, si on calomnie ses ministres, ses religieux, tjui sont ses plus fidèles serviteurs, "nous y sommes insensibles !

Or, je lis dans l'Apocalypse: timidis et incredulis... pars illoruin in stagno ardenti igné et sulfure. (Ah., xxi, 8.) Oui, il y a des hommes qui

(1) Afin que vous ne pensiez pas que celte primauté soit un vain titre, qui n'ajoute rien au mérite du sujet, souvenez-vous de ce qui arriva en figure au peuple Juif, lorsque poursuivi par Diaraon, il se trouva réduit à la nécessité inévitable de traverser la mer Rouge pour se délivrer de l'oppression et de la servitude des Eg>ptiens. C'est saint Cbrysostume qui fa'l celte remarque. Motse par une vertu divine, ayant étendu sa main sur les eaux, les avait déjà divisées, et montrait aux Israélites dans la profondeur de cet abîme qui venait de s'ouvrir à leurs yeux, le chemin qu'ils devaient prendre et qui les devait sauver. Toutes les tribus étaient rangées en ordre de milice: mais quelque con* fiance qu'ils eussent tous daus la protection de leur Dieu, chacun frémissait à la vue de ce passage ; les flots élevés et suspendus de part et d'autre faisaient trembler les plus hardis. Que fait Moïse? pour les rassurer et les fortifier, il marche ie premier, il entre dans ce goufTre aifreux, le franchit, arrive heureusement à l'autre bord, et détermine par son exemple, par son intrépidité, tout le reste du peuple à le suivre : figure, dont voici l'accomplissement dans saint Etienne. Le Sauveur du monde qui fut souverainement et par excellence le conducteur du peuple de Dieu, mourant sur la croix, avait ouvert à ses élus, pour arriver au terme du parfait bonheur, une voie aussi difficile que nouvelle, savoir la voie du martyre, qui selon la pensée des P^res, devait faire par l'effusion du sang, comme une espèce de mer Ilouge dans l'Eglise. Un nombre infini de chrétiens était destiné à essuyer, si je puis parler de la sorte, le passage de cette mer, mais parce qu'ils étaient faibles, il fallait les encourager et les soutenir. Qu'a fait Dieu, ou plutôt qu'a fait saint Etienne suscité de Dieu p^ur être leur chef après Jésus-Christ ? comme un autre Moise, il s'expose le premier, il marche à leur tête, il les attire par son exemple, en leur faisant voir que la mort endurée pour Dieu, que la voie du sang répandu pour le nom de Jéfus-Chrisi, est un chemin sûr qui conduit à la gloire et à la vie : et voilà ce qui lui acquit la qualité de Prince des martyrs. (BodiiDàlocs.)

SAINT BTIENNE 1129

par iinc limidit»* coupable, par une lAcheté criminelle à déren<lre les inlf'n'ts «le Dieu, n'auront pas d'autre part en l'autre monde que celle qui y est faite aux incréflides eux-iiii'ines. Les parents qui ne répriment jamais leurs enfants, les maîtres qui laissent tout faire à leurs serviteurs, ceux qui dans un pays ont lu charge de bannir les désordres et qui les favorisent. — Ils n'ont point de /oie pour Dieu. Aussi infernus flifafnvif os situm absr/ue termino. Les crimes se multiplient et les Âmcsse perdent. Mallieurà eux quand le prMre, à leur lit de douleur, fera les prières de la reconunandation de l'Ame ; il dira à Dieu pour l'incliner àleurfaii'C miséricorde : Zelam Dei in se habuit : et les anges diront : C'est faux, il n'a pas instruit ses enfants, il n'a pas veillé sur eux ni sur ses serviteurs.

11 I ' l'oiuManl pas pour un grand nombre de défendre la foi devant

la s\ levant un conseil de savants haineux armés pour nous détruire,

il s iii-ii If i lire le bien dans notre maison, dans notre voisinage, parmi ceux sur qui nous avons quelque intluence. Où est notre zèle ? Nous excusons notre lâcheté en disant que tout est inutile. Erreur, I expérience prouve le contraire. Taisons-nous, voici Bernardin, disaient les jeunes gens en voyant arriver ce saint jeune homme. Kt quand môme nous ne devrions pas réussir, faut-il iiour cohi nous ré<luire à ne rien faire ni pour Dieu, ni pour les Ames ? Dieu laissera-t-il sans récompense ceux qui n'auront pas réussi ? Pas plus qu'on ne laisse sans honoraii'es, ce médecin qui n'a pas guéri le malade.

2;U(). IL Saint Ktienne par son zèle ne réussit pas à convertir ses pei'sécuteurs, mais sa patience, sa générosité à leur pardonner, eurent plus de résultats.

En l'entendant leur reprocher ((u'ils avaient toujours résisté au Saint-Esprit, les Juifs grinraient des <lents ; mais lui, levant les yeux au ciel, dit: Je vois les cieux ouverts et le Fils de l'homme assis à la droite de Dieu. Kn entendant parler de celui qu'ils ont crucitié naguère, les Juifs se bouchent les oreilles, ils poussent les iiautscris, ils se jettent sur Etienne et l'entraînent hors de la ville. Ils le dépouillent île ses vêtements qu'ils déposent aux pieds d'un jeune homme, nommé .Saul ; et ils accablent de pierres le saint diacre qui dit : Seigneur Jésus, recevez mon Ame, et qui. tombant à genoux, ajoute : ne statuas mis hor pecratiim. Nesciebat iis irasci per quos sibi videbat rer/ni r(rlestis unlam aperiri, dit saint .\ugustin. Celle générosité est si admirable

Îue ÎS'.-S. descend du ciel pom- la contempler. f-Jcre tudeo :œlos apertos et estim. C'était en elTet sublime de niourir si courageusement encore jeune, à trente ans, au mouient où il commençait à prêcher Jésus-tihrist, ou une si bcllr mission lui était oflerle. Il n'avait travaillé que pour la gloire de Dieu et pour leur salut, et voilà sa récompense. xN'imporle, il n'a dans le cu'ur aucun fiel: lui qui «lebout remettait son Ame entre les mains de Dieu, tombe à genoux pour prier poui' ses bourreaux, et il ex|»ire. Vindiralifs, instruisezvous, et vous qui vous laissez abattre par les épreuves... vous ipii n'avez à «•oiiil.iiiir mil' vous-mêmes et qui vous laissez vaim-re par la mollesse... Et sa I ni la conversion de Saul ipii se change en l'aul, et devient un

Niis. Il pour convertir A Jésus des royaumes; et les miracles qu'<uit

Dp'ifs ilans ril'lise les reliques de saint Elienne, miracles <|ui sont sans niiiiiitn-. nul <(iii\('rti à Dieu, quantité de juifs et de païens, lui l'ile de Minorqiif, :>(•(( jniis se lonvertirent ainsi en neuf jours. O cilicacilé merveilleuse de \.ï 'huilé, qui fait ipi'on se sacrifie soi même pour l'Iumneur de Dieu et le salut du prorhain !

Suivons les exemples de saint Etienne, il iirêchc Jésus-<!hri8l et il souffre ; si nous ne pouvons prêcher, nous pouvons dcmner de bons «-unseils, instruire les itMioiMiils, reprendre ceux qui olTcnsenl Dieu, comme il reprenait les Juifs, et t i>I i fu toute patience, même si on nous rend le maJ, comme A lui, pour le biiii que nous cherchons à faire.

IvcMiiiius c . s : t'rre ri ' ' >■ apertos. Je vois !•

les viivuiis. I lis n'en \ le pavé, il est si I

ce il être :iiliin> mmi^ le festin oi s nm in .' iViit-on les voir ^ entrer? t.'frlos aprrtns. Ils sont ouverts A ceux (pii font <lc -

Pour les autres, ils «ont fermés. Et Jesum, Jésus du haut durii i ....-..,

ses yeux sont toujours fixés sur nous^ pour être témoins de nos combats.

Quelle gloire de l'avoir pour speclaleur de nos luttes et pour récompense de nos triomphes! Il est à In droite de Dieu. Il a donc assez de puissance pour nous aider. Il est debout pour nous voir ave»; plus de plaisir, quand nous luttons, pour nous aider plus tôt quand nous nous lassons, pour nous couronner plus vite, quand nous triomphons : donc courage ! (D'après le P.

f.i'ii'ii ni\ I

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