‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 340 sur 416 · SI ;..... ■.. . .. ,.-. -. .,■■- 1" ^ •••• P · texte numérisé non relu

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pitr ' " '^ " ■ '"' ordonne d'user d'une autorité paternelle;

et, analt pour Son matlre.

1,1,.^ „ .,., ^ , ,. --.lire que je vous explique la fidélité de Joseph

à pard'er ce sacré dépôt Y Peui-ii manquer de tidéliié à celui qu'il reconnati pour son Fils unique? de sorie qu'il ne serait pas bien nécessaire que je vous parlasse de celte vertu, s'il n'éiait imporianl pour voire instruction que vous ne perdiez pas un si bel exemple? Car c'est ici qu'il nous faut apprendre, par les traverses continuelles qui ont exercé saint Joseph, depais que Jésus-Christ est mis en sa garde, qu'on ne peut conserver ce dépôt sans peine, et que pour élre fidèle à sa grâce, il faut se préparer à souffrir. Oui, certes, quand Jésus entre quelque part, il y entre avec sa croix, il y porte avec lui toutes ses épines, et il en fait part à tous ceux qu'il aime. Joseph et Marie étaient pauvre»; mais ils n'avaient pas encore été sans maison, ils avaient un lieu pour se retirer. Aussitôt que cet Enfant vient au monde, on ne trouve point de maison pour eux, et leur retraite est dans une éiable. Qui leur procure celte disgrâce; sinon celui dont il est écrit que venant en son propre bien, il n'y a pas été reçu par les siens (Joan., i, 11.) et qu'il n'a pas de gtie assuré où il paisse reposer sa tôle? Mais n'est-ce pas assez de leur indigence? Pourquoi leur attire-l-il de» persécutions? Ils vivaient ensemble dans leur ménage pauvrement, mais avec douceur, surmontant leur pauvreté par leur patience et par leur travail assidu. (Matih., viii, 20.) Mais Jésus ne leur permet pas ce repos : il ne vient au monde que pour les troubler, et il attire tous les malheurs avec lui. Hérode ne peut soutl'nr i|ue cet Knfant vive; la bassesse de sa naissance n'est pas capable de le cacher à la jalousie de ce tyran. Le ciel lui-même trahit le secret : il découvre Jésus-Christ par une étoile; et il semble qu'il ne leur amène de loin des adorateurs que pour lui susciter dans son pays propre un persécuteur impitoyable.

Que fera ici saint Joseph? Représentez-vous, Chrétiens, ce que c'est qj'un pauvre artisan, qui n'a point d'autre héritage que ses mains, ni d'autre fonds que »a boutique, ni d'autre ressource que son travail, il est contraint d'aller en Egypte, et de souffrir un exil fâcheux, et cela pour quelle raison? parce qu'il a Jésus-Christ avec lui? Cependant croyez-vous, fidèles, qu'il se plaigne de cet Enfanl incommode, qui le lire de sa patrie, et qui lui est donné pour le tourmenter? Au contiaire, ne voyez-vous pas qu'il s'estime heureux de souffrir en sa compagnie, et que toute la cause de son déplaisir, c'est le péril du divin Enfanl qui lui est plus cher que lui-même. Mais peut-être a-t-il sujet d'espérer de voir bieniùi finir ses disgrâces? Non,fidèles,il ne l'attend pas; partout on lui prédit des malheurs, Siméon l'a entretenu des étranges contradictions que devait souffrir ce cher Fils : il en voit déjà le commencement, et il passe sa vie dans de continuelles appréhensions des maux qui lui sont préparés.

Est-ce assez pour éprouver sa fidélité? Chrétiens, ne le croyez pas; voici encore une étrange épreuve. Si c'est peu des hommes pour le tourmenter, Jésus devient lui-même .ion persécuteur: il s'échappe adrcitemeni de ses mains, il se dérobe à sa vigilance, et Il itemeure trois jours perdu. Qu'avez-vous fait, fidèle Joseph? Qu'esl devenu le sacré dépo: que le Père céleste vous a confié ? Ah! qui pourrait ici raconter ses plaintes I Si vous n'avez pas encore entendu la paternité de Joseph, voyez ses larmes, voyez ses douleurs, ei reconnaissez qu'il est père. Ses regrets le font bien connafire. et Marie a raison de dire en celle rencontre : Pater tuus et ego dolentes quœrehamus te (Luc, ii, 48.) Votre père et moi nous vous cherchions avec une extrême douleur.

Voyez, fidèles, par quelles souffrances Jésus éprouve la fidélité, et comme il ne veut être qu'avec ceux qui soutirent. Ames molles et voluptueuses, cet Enfanl ne veut pas être avec vous, sa pauvreté a honte de votre luxe ; et sa chair, destinée à tant de supplices, ne peut supporter votre extrême délicatesse. Il cherche ces forls et ces coura-

Jeux qui ne refusent pas de porter sa croix, qui ne rougissent pas d'être compagnons e son indigence et de sa misère.

23u6. m. Joseph, gardien du secret des mystères du salut. Il était dans les desseins de Dieu délaisser ignorer jusqu'au moment marqué par sa Sagesse la virginité de Marie et la divinité de Jésus. Pourquoi le fait-il? C'est qu'il voit au fond de nos cœurs combien nous sommes tyrannisés par le vain désir de paraître. C'est le premier vice qui se montre en l'homme, et c'est le dernier qui le quille. Combien étouffe- l-il de vertus par la crainte de paraître chrétien! Combien fait-il commettre de bassesses, par un lâche respect humain! Combien fait-il faire de crimes, pour arriver à s'élever au-dessus des autres! C'est pourquoi Jésus se cache, afin de nous apprendre à mépriser le bruit et l'éclat du monde; et dans sa vie cachée il parait plus anéanti même que sur la croix. Au Calvaire, le larron pénitent et les bourreaux eux-mêmes confessent sa divinité ; dans sa vie cachée, après la fuite en Egypte, rien ne le trahit; et de même qu'il a choisi ses Apôtres pour se faire connaître à l'univers, il a choisi Joseph pour garder le silence et se tenir caché. Les Apôtres sont des lumières pour faire voir Jésus au monde ; Joseph est un voile pour le couvrir ; et sous ce voile mystérieux se cachent et la virginité de Marie et la divinité de Jésus. Mystère admirable! Joseph a dans sa maison de quoi attirer les yeux de toute la terre, et le monde ne le connaît pas; il possède un Dieuhomme, et il n'en dit mot; il est témoin d'un si grand mystère, et il le goûte en secret sans le divulguer. Les mages et les pasteurs viennent adorer Jésus-Christ; Siméon et Anne publient ses grandeurs ; nul autre ne pouvait rendre meilleur témoignage da

SAINT JOSEPH 11 il

mystère de Jésas-Cbrisl qae criui qoi en é)ait le dépositaire, qui savait le miracle de sa naissance, que l'ange avait si bien instruit de sa digni' — ' Ve ne parlerait pas d'un Fils si aimable ! El cependant l'ardeur de tant d'âni' |ui s'épanchent devant

lai arec tant de zèle pour célébrer les louanges <:> .nst, n'est pas capable

d'ODvrir m bouche pour leur découvrir le secret de Dieu qui lui a été confié. Erant mirantff, dit l'évanpélisie (Luc, ii. 33) : ils paraissaient étonnés, il semblait qu'ils ne sav I ' "Utaient parler tous les autres, et i's gardaient le silence avec tant

de .\ encore d«ns leur ville au bout de tiente ans : y est ce pas le

Fii> '^ ^' '■' -""' ""'i-n ait rien appris durant tant d'années du

m\- umiiité ! quel amour de la vie cachée et de ta

reti.i -ance à la sanciitn divicet II y a la vocation

éclaiâ.'.ic Ue laposiulat. Juàiph ne l'a pas reçue; il sait se contenter d'entrer dans les desseins de Dieu sur loi. La gloire des chrétiens n'est pas dans les grands emplois, mais à faire ce que Dieu veut. Les méchants font souvent plus de brûlis en ce monde que les bons; aussi David demande-t il : Justus antem quid fecit^ Le iune, semble-til dire, ne fait rien ; et, en elTet, il ne fait rien pour contenter les regaids du monde; il fait tout pour les yeux de Dieu à qui il obéit. Voilà la vraie grandeur.

Jésus-Christ est encore caché, car l'heure de sa gloire n'est pas arrivée; noas sommes cachés en Dieu avec lui sur cette terre, et par conséquent il ne faut pas chercher la gloire du monde. Cùm Cliristus apparucrit, tune et simul appaiebimus cum ipso in glorid.

0 Dieu, qu'il fera beau paraître, en ce jour, où Jésus nous louera devant ses saints anges, à la face de tout l'univers, et devant son Père céleste I Quelle nuit, quelle obscurité assez longue pourra nous mériter cette gloire? Que les hommes se taisent de nous éternellement, pourvu que Jésus-Christ en parle en ce jour. Toutefois, craignons, chrétiens, craignons cette terrible parole, qu'il a prononcée dans son Evangile : Vous avez reru voire récompense. (M*tt., ti, 2.) Vous avez voulu la gloire des hommes, vous l'avezeue; vous êtes payés, il n'y a plus rien à attendre. 0 envie ingénieuse de notre ennemi, qui nous donne les yeux des hommes, afin de nous Oler ceux de Dieu ; qui par une reconnaissance malicieuse s'offre à récompenser nos vertus, de peur que D^eu ne les récompense I Malheureux, je ne veux point de ta gloire : ni ton éclat, ni ta vaine pompe ne peuvent pas payer mes travaux. J'attends ma couronne d'une main plus chère, et ma récompense d'un bras plus puissant. Quand Jésus paraîtra en sa Majesté, c'est alors, c'est alors que je voux paraître.

C'est là. Fidèles, que vous verrez ce que je ne puis vous dire aujourd'hui , vous découvrirez les merveilles de la vie cachée de Joseph. Vous saurez ce qu'il a fait dorant tant d'années, et combien il est glorieux de se cacher avec Jésus-Christ. Ah ! s»ns doute, il D'est pas de ceux qui ont reçu leur récompense en ce mnnde : c'est i '.'

paraîtra alors, parce qu'il n'a pas paru; il éclatera, parce qu'il n'a point > réparer-! I ,,>... -nri té de sa vie, et sa gloire sera d'autant plus grande qu'elle t^. ..c. -^c pour re.

Al cette vie cachée, où Jésus s'est enveloppé avec Joseph. Qu'importe que

les hoiniUËS uuus voient! Celui-là est follement ambitieux, à qui les yeux de Dieu ne suffisent pas; et c'est lui faire trop d'injure que de ne se contenter pas de l'avoir pour

., gardien des dépôts et des secrets de Dieu, gardez en nous la pureté, la . Dieu dans les épreuves, l'amoor de l'homilité. de l'obéi.sfance, de la vie cachée ea Dieu, afin qu'un jour nous participions à votre gloire.

\ 1 1 Patronats*» de Sain! tl4»M«*|»li.

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