‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 345 sur 416 · XI. — Saint Pierre · texte numérisé non relu

XI. — Saint Pierre

Il Jiuinnis amas me ? Kn ce jour, fj juin.

iTo . cl iiuiir ii.irler de ce iTaini Viniii-c .1

1H6 1 HTES DES SAINTS

en rapport avec le mois du Sacré-Cœur, il est bon d'étudier quel fui son amour jtour .Icsiis-Christ. Co no lut qu'après que saint Pierre, en expiation de son Iriple rcnienienl, eut protesté trois fois A Notre-Scigneur de son amour, qu'il doviut la |)ierre fondamentale de l'Eglise, le chef des pasteurs et des lidèles: l'usre tiff/ios nieos. pasre oves meos.Co n'est qu'autant qu'A l'exemple de saint Pierre, nous aimerons Josus-iilii-ist que nous deviendront des pierres vivantes de cet édifice (|u'on appelle l'Kglise, et <]ue nous mériterons d'être admis dans celte cité de Dieu où Ton jouit de délices infmies. — 11 nous im|M)rte ilonc de connaître les qualités de l'amour de saint Pierre pour son Mailre, afin de les retracer dans noire amour pour notre divin Sauveur. — Or la réponse de saint Pierre nous indi(pie les qualités de son amour. M'aimezvous plus que les autres Apôtres? demandait NotreScifrneur. Pierre résolument de répondre : Oui, Seigneiw, vous savez que je vous aime. Paroles qui laissent voir an môme temps et l'humilité et la générosité de l'amour de cet Ajtolre pour Jésus-(;hrist.

23(»(). I. Humilité de famour de saint Pierre. — Notre-Seieneur avait demandé à saint Pierre, m'aimez-vous plus que les autres; et samt Pierre a répondu : Oui, Seigneur, vous savez que je vous aime ; et il a craint de dire que son amour pour Jésus-Christ était plus grand que celui de ses collègues dans l'apostolat. — Avant la passion de Jésus-tlhrist, il avait dit à Jésus : « O'i'ind tous seraient scandalisés A votre sujet, moi je ne le serai jamais, « cotnptant trop sur lui-même et ne s'appuyanl pas assez sur la gn\ce, se préférant aux autres par un sentiment d'amour-propre, et s'exposant même A renier son Maître en se mêlant A la foule de ses enneuiis. Sa Iriple chute lui a appris combien cet amour présomptueux, vain et iuiprufienl, était imparfait, et dans quel malheur il [»eut précipiter ime Ame. Instruit par sa faiblesse, il aime avec humilité, il n'ose pas même dire d'une manière absolue qu'il aime, /"u sci*, Seigneur, dit-il, vous savez mieux que moi quelles sont mes véritables dispositions. Je puis me faire illusion à moi-même ; mais vous qui connaissez lout, vous ne pouvez vous trompera cet égard; malgré le feu qui consume mon Ame, malgré l'ardeur de mes affections pour vous, je crains de ne pas vous aimer assez. — Voyant même que Noire-Seigneur répétait trois fois la même question, il s'aitligea île cette triple demande. P(»urquoi ? parce qu'elle lui lit douter davantage encore de ses dispositions, elle lui rappela sa Iriple chule. et lui lit craindre que Notre-Seigneur ne fût rtas convaincu de son amour. Vovant par celle réponse de saint Pierre que l'amour de cet Apôtre était rempli de rhumililé, sans laquelle la charité n'est nu'illusion, Jésus n'Iiésila jias A lui dire : Pasce ores meas. Je vous tais le chef de mon Kglise. Plus votre amour |»arait faible à vos propres jeux, ô Pierre, jdus il est grand aux miens. Ilelui qui s'abaisse mérite d'être élevé. Ouand vous vous êtes élevé vous-même, j'ai permis votre <hute ; maintenant que vous vous abaissez, je vous élève.

Si Jésus-Christ demandait aujourd'hui, à chacun de nous : M'aimez-vous? Nmis répondrions tous : Oui, Seigneur, je vous aime. Mais prenons-y garde, si notre amour n'est pas humble, il est loin d'être parfait. Il est des Ames qui dans leur amour de Dieu, dans leur dévotion, sont pleines d'elles-mêmes, elles se croient quelque chose A cause de ce qu'elles voient de bfen en elles, à cause des exercices de piété auxquelles elles s'appliquent, à cause de leurs Iréquonles communions, parce «lu'elles sont exemptes de certains défauts qiùlles remarquent chez autrui. Elles se préfèrent aux autres. Comme saint Picirc. avant sa chute, elles protestent A Dieu de leur attachement, tout en ncgliiroanl la prière. Quelquefois, en comptant sur la grAce et sur leur vertu, elles vont dans certains lieux, dans certaines compagnies où elles courent mdle dangers. Alors le Seigneur, pour les punir de leur orgueil, permet que l'édifice de leur perfection dont elles sont si fières, s'écroule, et qu'une triste expérience leur apprenne qu'elles ne sont rien, et ne peuvent rien sans lui. Ilumilions-nous donc, reconnaissons sincèrement notre néant; disons à Dieu que nous l'aimons, mais craignons de ne pas l'aimer assez ; croyons même que tout le monde l'aime plus que nous, et conjurons ce bon Maître d'augmenter en nous son amour,

2367. II. — La réponse de saint Pierre, en même temps qu'elle marque

SAINT PIEBUIi 1U7

rhumilitô. marque aussi la générosité de son amour. Oui, Seigneur, répondi' " is aime. Kl un moment avant cette réponse, ayant

8} ie la mer où il péchait, il se jeta à la nage pour

èl - r>'s iif MU.

lie Tauiour de cet Apôtre avait éclaté déjà avant sa chute :

£> ' r '/nus omnia et sectifi sumus te — Domine ad quem ibimus,

verbu nœ habes. Les paroles munies qui marquèrent sa présomp-

li"" '"^-i une certaine générnsilé : Etsi omnes srandalirati

fi in scandufisabor. £fi(imsi oportuerit me mari tecum,

n ... après avoir pleuré son triple reniement, par des larmes

q lit tout le roste de sa vie, sa générosité s'accrut d'une manière

a'i par la pénitence. .V peine sorti du cénacle, ne pouvant contenir

l'ardeur de son zèle, il se mit à prêcher Jésus-Christ cniciGé ; et à ses deux

sermons, il converlil 8.f>00 Juifs. Rien ne put ralentir son ardeur: ni les

menaces ni les persécutions. Le chasse-t-on d'une contrée, son amour le

pn'-tr dans une autre, qu'il laisse encore pour aller annoncer Jésus-Christ

MU, .\ntioche, Home, l'Orient et l'Occident furent successive-

' de son zèle. .\ quels travaux ne se dévoua-t-il pas, quelles

1 ^ privations n'cssuya-t-il pas ? mais ni la vie, ni la mort, ni

1 . ni le présent, ni l'avenir, ni les anges, ni les hommes, selon

;e saint l*aul, rien ne fut capahle de le séparer de la charité de

-t ; et il couronna cette vie d'un généreux amour, par la marque

I iiivoque et la plus éclatante de son dévouement à son divin Maître; i ir lui. et comme lui la mort de la croix. 11 fut crucifié la tète en

ligne du même supplice que le Fils de Diou. — ez vraiment dire au Seigneur ; Htiam tu sets 'JUKI iini'i ir. .-.i mi idiiiiaii I arlire à ses fruits et l'amour aux œuvres qu'il mspire, il a du être bien intense, le feu qui a jeté à nos yeux des flammes .; . II. ,,;... r.i..« q[ si vives. — Kt nous, mes Frères, aimons-nous Jésus-(ihrist rahle d'un amour généreux ? 1" .\ quoi avons-nous renoncé , ■-' ;>ouvons-nous dire : reliijuimus omnia ? N'y a-t-il pas

Cl lure rjui tient à notre cœur et qui le captive ? Sommes-

II iicsst's, détachés de nos aises, détachés de nous-mêmes?

i -i pour Jésus-Christ ? 0" a^'f»ns-nous entrepris pour

;i conciuérir <I<'s ■unes, nous avons peut-être par nos

es âmes de n^ ms le mal. Au lieu de travailler

[l'avons fait .lu. i à sa lui. 0" «ivons-nous souffert

is : iii moindre peine nous abat, la moindre

petit mal nous est insupportable, nous ne

a rien, sommes-nous prêts, comme saint

! ■/ llélas nous ne songeons même pas à

Kt:cojiiMi.->.-5uii> dune que juscpi'ici nous n'avons pas aimé d'un

\, pas plus (pie d'un autour humble. l'ardon, Seigneur, d'avoir

1 SI présomptueux et si faibles dans notre charité pour vous.

, tout en nous déliant de nous-uiêmes, Neque vitu, ne<fne mors,

1 i< «.iMiid Apolre, obtenez-nous cette grAce. Oue nous puissions dire avec

vous . Ktiam Domine, tu scis (/uia amo te (1).

{\J A propos (Je mIdI Pierre, oo pourrait parlt-r du Pape et se servir de cette belle

rll.<l;iiii ,li» .v.-.iiit Fran, .m Ap Sales:

lit ce saiot DucUur, rt parlant il loi faut an chef

• crain licfUrnatit de .Notre- Sf icnrnr ; anirfmcnt. quand

: avoir un i ;; maintenant qui<l il peut

■ r ci>n»en-

liiejamats

. j . u, .., ,-i; ,-. ^.- ^, ., ..., . ^. , c l'Eglise.

que les successeurs de s«inl Pierre ; et jamais un n'i avancé ni mis en duuie (ju'aucaa

1148 IKTBS DES SAINTS

Xll. — Saint Vincent de Paul.

2368. Suscitabo mihi sacerdotem fidelem qui juxta cor meum faciet . (Hk.;.,ii,35.)

Il fut un prèlrc fidèle qui agit selon le cœur de Dieu, cet homme qui, sans fortune, d'une naissance obscure, exécuta des entreprises auxquelles n'auraient pas suffi tous les trésors des rois, «pii réforma les mœurs, propagea la foi chez les infidèles, ouvrit des asiles h toutes les infortunes, vint au secours des provinces désolées par la guerre et la famine, avec une munificence plus que royale. Ce prêtre, c'est saint Vincent de Paul, Méditons ce qu'il a été et ce qu'il a fait.

23<)9. 1. Ce qu'il a été. 1» Le fils d'un bon laboureur, mais prévenu dès son enfance de la grâce de Dieu, dès lors sérieux, appliqué à ses devoirs, généreux envers les pauvres, (jnand son père l'envoyait porter des grains au moulin, sil renconlniit un pauvre, il ouvrait les sacs pour lui en donner une part. Vn jour il saciùfia pour eux, toutes à la fois, quelques pièces qu'il avait économisées péniblement pendant des années. Plus tard, Mncent aimera à ra|»peler la pauvreté de ses parents et à dire, qu'il n'était que le fils d'un pauvre paysan et qu'il avait gardé les jiourceaux.

2" Dans sa jeunesse, il se montra appliqué prélude autant qu'à la piété ; aussi conquii-il ses grades do bachelier à l'L'niversité de Toulouse; mais jamais il ne parla de ses succès ; il chercha toujours à se faire passer pour un ignorant. Il pouvait dire comme saint Paul." .le n'ai pas estimé savoir autre chose parmi vous que.lésus-(;hrislet Jésus-Christ crucifié.

3" Devenu prêtre, une affaire l'amena à Marseille ; et, à son retour, il fut pris par des pirates qui le vendirent comme esclave à Tunis. Il eut pour maître un homme de Nice qui avait renoncé à sa religion et épousé une musulmane. Cette femme voulait savoir de Vincent comment vivaient les chrétiens; elle lui demandait de chanter les cantiques de sa religion, et Vincent chantait le Salve reqina et le Super (lumina Babylonis. Cette femme y trouvait tant île plaisir, qu'elle disait à son mari (pi'elle ne pensait pas qu'on pût en trouver autant dans le paradis de Mahomet. Elle persuada à son mari de se sauver en France avec son esclave. Il le fil, et tous deux arrivèrent à .\vignon où le renégat abjura. Le légat du Pape qui reçut son abjuration, conduisit Vincent à Home, où une mission lui fut confiée pour Henri IV. Au lieu de profiler de celte circonstance nour se faire une position avantageuse, il se relira chez les Pères de l'Oratoire; el comme on lui offrait de devenir aumomier de la reine Marguerite, il préféra accepter une paroisse de campagne: Clichy. (Cependant sur leconseildeM.de Hérulle qui était son directeur, il accepta de «levenir le précepteur de .M. de Gondy qui était général des galères. C'est là le point de départ de ses grandes (Piivres. Mais les honneurs qu'il recevait dans cette maison i»esaiçnt à son humilité, il se l'ésolut donc de la quitter el devint curé de (ihatillon-les-Dombes ; mais M"'t' de Condy fit tant qu'elle obtint quil fut rcmlu à sa famille.

2370. IL Ce une saint Vincent de Paul a fait. Pendant son séjour à Chatillon, il a établi la première confrérie des Dames de Charité, qui s'est ensuite répandue dans toute la F'rance. Il travailla avec succès à la conversion des paysans qui se trouvaient dans les terres de .M. de Gondy, ce qui donna lieu à M">'' de Gondy de faire une fondation de missions, qui devaient se donner de cinq ans en cinq ans par toutes ses terres. M. de Gondy le fit nommer aumônier des galères dont il était général, ce qui donna à ce saint l'occasion de visiter les prisonniers, de les consoler, de les instruire, de baiser

antre le fât. Surtout maintenant, il n'est aucun prélat dans tout le christianisnie qui 8'attribue cette qualité, et duquel on propose qu'il soit pasteur général, sinon le Pape... Que dirons-nous donc ? Il n'y a personne qui ait jamais prétendu être le chef unique de l'Eglise, que les successeurs de saint Pierre; il n'y a personne qui le prétende, il n'y a personnne de qui on ail jamais eu celte pensée que du Pape. Et, d'autre part, il taut qu'il y ait quelqu'un qui le soit, banc le Pape l'est sans aucun doute. C'est de lui que parle saint Jérôme dans l'Eptire à saint Damas, oii il dit : Non novi Vitalem, Mêletiumrespiio: irjnoro Paulinnm. (juicumque lecam non colligit, spargit: hoc est : Qui Chrisli non est, Anlichriilt est. » (Voir la note du n. lôQ.j

•ÎAINTE MADÊLBISÉ 1149

s et «rnnioliorci" leur (riste Suiî. M""' île (tondy I lalion <le missions dans ses terres, il offrit cette

^ "rils exécutassent la fondation ; tous ayant

J-. -0 des Bons-Knfanls à Paris quelques prê-

ti . , ;iiu" celle a'uvro. Ce furent les coinmen-

c> Il de la Mission qui, du vivant même du saint, se

r. . . liande et jusqu'à Madagascar.

. incours de Mile Legras, il fonda à Paris ces admirables Filles de que les malades ont eu jusqu'ici à leur chevet dans tous nos h le nos soldats ont trouvées sur tous les champs de bataille, pour

|. ^ pliics. et leur montrer le ciel de leurs virginales mains.

:ir renilre plus douce la souffrance, à la multitude des ;> les h6[)itaux de Paris, pour recueillir les enfants Irou- *( - asiles où il leur procurait de véritables mères pour les nourrir,

)f us l'amour et la crainte de Dieu ?

ines qui n'attendrissent le cœur de Vincent. Ce n'est pas à le plus ordinaire de sa charité, qu'il bornait son zèle, il em- Liussail dans Sun rrpur les provinces que la guerre et la famine avaient dévastées. La LoiTiiinc, la Picardie, la Champagne obtinrent par ses soins des aumônes viv incières. Il secourut môme les catholiques persécutés de

l'Irlande et •'.

I lait aux pauvres, aux malades, ne lui faisait point ou-

1)1: la plus ellicacedes tt'uvres, la sanctiiïcation du clergé.

Il ■ment <les séminaires par les retraites données aux or-

di: toutoii les évè<iues appelaient les prêtres de la Mission,

aui.uva .n- ....... i. -.[..... Il fut l'âme des conférences ecclésiastiques à Paris et

l'inspirateur de tout le bien qui seût par les prêtres fervents qui les fréquen-

! un saint dont les œuvres aient été plus fécondes, et plus durables ?

Il-; s.in '>;itronage que sont placées encore aujounl'hui la plupart des

a^i '• ; et les Lazaristes, les filles de Samt- Vincent dePaul,per-

pé' , nonde entier co ([iir- Ii-'ur saint fondateur a entrepris à la

gloire de l>ieu, et pour le bien los.

Voilà ce que lauiour de Noli i- et l'amour des Ames peuvent faire

produire par l'humble lils d'un labutireur. Mettons dans nos cœurs ce double amruir. mo9 hr^rc. et notre vie çora fêi'onde dans nos familles, dans notre Tn' >se. la compassion pour nos frères,

pn iireux. L'aumône quand nous pou-

Tii It-b, de siunts conseils donnés à propos ; c'est

ail. Kint et que Dieu nous récompensera.

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