‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 346 sur 416 · XIII. — Sainlc Madeleine · texte numérisé non relu

XIII. — Sainlc Madeleine

■I'M\. Son père s'appelait Svr et sa mère Eucharie. Sa noble famille avait

'- 'liens en Galilée : le château de Magdalon qui échut en partage à

; à Uéthaoic le château de Marthe, et & Jérusalem la part qui

/it». Pauvre .Madeleine, la voilà donc seule qui habile les

.'. l't 'if.n ili'il'Mu. f'.iiilMi-tiaiim était iiiii> villi» cumiiicrçjii "I nombi 1 I-

ru! ''. et par ii-

gers. — San ■■ lui sourit, et la i ■> d»- la

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UH' t ua c<i;*it' ui'ilful til généreux. Klle ne conuail pas la vé-

l»ii, ;<• au meni^nnge qui lui soiiril, KIU» aim«» la créature. Mon

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fre qui allait non^ ne ne pense qu'a dcuiander le bonheur à

1150 rfÎTF.S i.i:> ><.\iNi>

l'amour do la crcaiurc ; clic jcUe plaisir sur plaisir dans son cœur que Dieu seul peut remplir, et ce pauvre cœur reste vide. Mieu pour la punir permet que sept démons s'emparent d'elle.

i'Mi. 11. Son re/oj/r. Pendant que Noire-Seigneur parcourait les villes de la (iulilée, il la délivra de ces esprits qui l'obsédaient. Cette faveur du bon Mai- Ire touche son cœur et lui tait croire à la divinité de .Notre-Seigneur Jésus- Christ. La grAce agit en elle et la voilà qui renonce aux vjinités ; ce n'est point assez, elle veut réparer publiquement le scandale qu'elle a pu donner au monde, et donner à Jésus une marque publi(juc de sa reconnaissance. Klle n'a pas rougi de scandaliser une ville. Le j»éché(pii ruine tout en l'homme lui insitire la honte du bien et la hardiesse du mal. La pénitence fait rougir du mal et donne la hardiesse pour le bien. A Naim chez Simon, la deuxième année de la prédication du Sauveur, elle entre, elle la pécheresse, dans cette maison d'orgueilleux pharisiens ; leur mépris ne l'arrête point, leurs paroles injurieuses ne sont point capables de l'intimider. Où allez-vous, Madeleine? .\h ! la grûce vous poursuit, et l'amour de Jésus-Christ vous anime déjà. Oh! quelle foi ! Les {)hansiens ne voient en Jésus, qu'un homme, vous y découvrez un Dieu. Ils l'honorent, mais ils ne l'aiment pas. Simon juge même mal et N.-S. et Madeleine : J/ic si esset prophetu sciret utù/ue (/uœ et (/iialis est mulier (/uœ tatujit eum </uia peccatria: est. Kn ceci il se trompe doublement. C'est parce que N.-S. est prophète qu'il change le cœur des pécheurs et les attire à lui ; et Madeleine n'est plus pécheresse puisqu'elle renonce à ses habitudes coupables pour s'attacher à N.-S. 0 injustice des jugements du monde à l'égard de ceux cpii se donnent à Dieu ! — Madeleine s'approche et se prosterne aux pieds de Jésus, les arrose de ses larmes et les essuie de ses cheveux. « .Madeleine abattue aux pieds de Jésus, n'ose plus lever cette tête qu'elle portait autrefois si haute pour attirer les regards ; elle renonce à ses funestes victoires qui la mettaient dans les fers; vamcue et captivée elle-même, elle pose toutes ses armes aux pieds de celui qui l'a conquise, et les parfums précieux, et ses cheveux tant vantés, et môme ses .yeux qu'elle rendait trop touchants, dont elle éteint tout le feu dans un déluge de larmes. Jésus-Christ l'a vaincue cette malheureuse conquérante; et parce qu'il l'a vaincue, il la rend victorieuse d'elle-même et de toutes ses passions... Mais regardez, elle baise (les pieds du Sauveur); avec quelle ardeur elle les embrasse ; et après cela, ne doutez jamais que la joie de suivre Jésus ne passe toutes les joies du monde ; non seulement celles qu'il ilonne mais môme celles qu'il promet, toujours plus grandes que celles »iu'il donne. » (Bosslet.) Klle entend sortir de la bouche du Sauveui* ces paroles : » Il lui est beaucoup pardonné, parce qu'elle a beaucoup aimé. » Elle ne fait que de se converlu', et non seulement elle l'aime beaucoup; mais N.-S. lui-même reconnaît qu'elle a aimé beaucoup, compensant par l'intensité de son amour ce qui manque à sa durée. N'est-ce pas notre histoire? Un jour le monde commenrail à nous séduire, et Jésus nous ajipelait : Necesse est de mundano pulvere etiam relief iosa corda sordescere.

Alors nous avons rompu avec le monde ; ses rires, ses railleries amères, ses haines, peut-être, n'ont pu nous arrêter, et nous sommes allés nous jeter aux pieds de Jésus poiu' nous livrer à son amour. Si nous ne l'avons pas fait encore, il est temps de le faire. Nous qui avons alTronlé le blAmo du monde, pour nous égarer, nous nous laisserions arrêter par ses censures pour revenir à Dieu ?

III. Sa fidélité. Madeleine s'attache à .Tésus, elle est avide d'entendre sa parole. Elle quille tout pour goûter ses divins enseignements. Jésus prêche ; elle le suit : elle sacrilie ses biens pour subvenir à ses besoins et à ceux des Apùlres. Elle n'a plus de sollicitude du temps. Un jour Noire-Seigneur se rend â Hélhanic. Marie s'y trouve : Marthe se préoccupe. Marie est à ses pieds. — Non est tibi curœ, dit Marthe en se plaignant ; mais Jésus prend le

f>arli de Madeleine : Elle a choisi la meilleure part, dit-il. — Oui, la meileure parce qu'elle est la plus noble ; la meilleure parce qu'elle est la plus douce ; la meilleure parce quelle est la plus agréable à Dieu ; la meilleure

ftarce qu'elle est la plus utile aux âmes. — Quœ non auferetur ab éd. Dans e ciel on ne fera que continuer ce que cette vie commence sur la terre.

-AlNTK MA m.i.iM M. I 151

■n de Lazare esl accordée aux prières <je Mûrie. (Jda.n, xi.)

ijue le divin Sauveur frémit et se trouble, et qu'il demande,

■is »'u//j » et il pleiu-e. 11 ne peut voir, sans verser des larmes,

larmes de Marie. Six joui*s avant la pàaue, elle vint laveries pieds

n liu Sauveur dans la maison de Simon le lépreux: respect aux petits,

I aux prélats de rKglise. Ouami l'Ame a lait pénitence et qu elle a

i.w i.u.,u ,iu Sauveur, elle peut s'élever juscpi'à sa tète et demander ses

^ : Osculetur me osculo oris sut. Mais néanmoins elle n'oublie

, .iL's et se tient toujours aux pieds du Sauveur, alliant ainsi

I a lamour: l'humilité par laquelle elle se confond, l'amour par ! • s'unit à lui. Judas la condamnait; mais Jésus la défendit lui-

', lit son |)anégvrique et prédit que partout où serait prêché l'Kvangile,

lierait cette femme. Sans doute elle se trouvait mêlée aux tilles de Jéru-

•m a qui Jésus dit : .\e pleures pas sur moi, mais sur cous et sur vos

>ifnnts. Klie était au pied de la croix. i)ueï courage la foi et l'amour divin

nt à la lemme chrétienne ! Elle recueillait les gouttes de son sang, et

îit^ Ampoule se conserve encore à Saint-Maximin en Provence. La suite

; '? ce ne sont pas les Ames pécheresses qui aiment le moins

> ucur. On ensevelit le divin Maître; le soir du samedi, Madeleine

. c les aromates ; et le lendemain, de grand matin, elle se rend au

re. I>'ange lui apparaît, elle ne s'arrête pas, elle va dans la grotte. Un

- lui dit d'avertir Pierre et Jean; elle va les appeler et revient avec

1 quittent ; elle reste. Discipulis recedentibus non recedebat.

I lui apparaît sous la forme d'un jardinier ; il ne veut pas se lais-

[■. 11 se soustrait quelquefois aux Ames qui l'aiment. Jésus apparaît

-iiiv 75.11111. s femmes et se laisse baiser les pieds. Elle raconte la résurrection

aux .\p.itrcs. Jésus se rendit A béthanie, Marie y était ; elle assista à son

;,^, ,,Mci,.>, • elle était au <;énacle. Persécutée par les Juifs et chassée de

oause de son 7èle pour le régne de Jésus-t;hrist, elle fut exposée à

la im vaisseau sans voile ni rames. Elle aborde à Marseille, elle con-

▼erlil la Provence, elle passe ses nuits en prière, pendant trente ans à la Saintc-Uaumc. Les anges la portent A .\ix où elle demande le viatique à saint Maximin, et elle s'envole vers les cieux, se réunir pour une éternité à celui qu'elle avait aimé uniquement. Là ses larmes sont essuyées par la main flivinedu Sauveiw. Mais là son amour a grandi. Tout passe : la foi, l'espéra n<e, les prophéties, le don des langues ; mais charitas non excidit. I sainte ! donnez-nous vos larmes^ donnez-nous votre amour de Jésus.

'l\Ti. Autre plan, d'après MassHlon. MuUer qua état in civitate peeeatrix lacnjmis rrppit rviarn pedei eju$. (Luc. vu, 17). Celle qui éiaii regardée comme la scanda nt la gloire de la grftce et le modèle de la pénitence. Deux pré-

juf^és < itnes de se convertir. Premièrement, ils se flgurenl la conversion

du cœut '^u^ mde de nous, comme la cessation du crime, et ils ne vont pas

plus loin, ."t . ils se représenleot la pénitence chrétienne, comme un état

afTn^iix, un uceur et sans consolation ; et rebutés par l'erreur de cette trists

•^» de changement les trouvent peu sensibles, parce qu'il» les trouvent ■<«. Or la conversion de notre pécheresse confond ces deux préjugés. 1. >> piriiit' 11- ment flnil «es égarements, mais les expie et les répare. \\. Sa

pcmtenre c est vrai, ses larmes et sa douleur ; mais elle commence aussi de

II •'■>'■ 'il^ I. ; elle.

de la pécheresse, non seulement finit ses égarements, mais let >'e tous ; et c'est en quoi consiste la véritable conver^inn -lu cœur. t un injusie usage de ' que des

•leinenée pour n'aima Ile n'eiU

I iui

.s^ ne

I . vuuâ piu^uM! !<oii exemple a kuivr«, quâ vous ne v>iui> meniez puiut ac pour

> l que vous avei une sorte de cœur à qui tout ce qui s'appelle piété, répa*

' 1 vérilabU- Eh quoi !" ' pas

is seriex <\ ■■ la vanité ■

- ^ - : : jriininfl lif '• .s df l,i ii ' f^tit

les instruments de St% passions, l-n If reiranche-

ment rigoureux de toutes les ctit.>.-<' uenls. Car c«

1152 IKTES; Dl'S SAINTS

rie «ont pas les se. :i prouvent la vérité de l'amour; ce sont les sarniioes. or

ces sacriflces, elle non seulement jusqu'à renoncer aux choses visiblement

criminelles; elle nu ,v...^..^,.«.' mOme celles qui auraient pu passer pour innocentes, parce qu'elle croit devoir punir l'abus qu'elle en a fait, en se privant de la liberté qu'elle aurait pu avuir d'en user encore. Et en effet, cumme le pécheur en abusant des créatures, perd le droit qu'il avait sur elles; lout ce qui est permis à une Ame innocente, ne l'est pas toujours à celle qui a été assez malheureuse que de s'égarer. Vous n'avez qu'À mesurer là-dessus la vérité de voire pénitence : en vain paraissez-vous revenu des égarements grossiers des passion*, si vous ne pouvez vous déprendre de rien, vous retrancher sur rien, quand même tous les attachements conservés ne seraient pas des crimes marqués, votre cœur n'est pas pénitent, si vous restez attaché à ce qui peut vous perdre.

3* Elle avait fait servir jusque-là, par un assujettissement indii^ne, tous ses sens à la volupté et à l'ignominie; elle commence à réparer ses voluptés criminelles par l'humilia* tion et en triomphant des dégoûts qu'inspirent les ministères les plus tristes, se prosternant aux pieds de Jésus -Christ, les arrosant d'un torrent de larmes, les essuyant de ses cheveux, les baisant : troisième réparation de sa pénitence. En effet, il ne suffît pas d'ôter aux passions les amorces qui les irritent : il faut que les actes laborieux des vertus qui leur sont opposées les répriment insensiblement, et les rapproc'.ientdu devoir et de la règle. Autrement en vous épargnant, vous deviendrez malheureux ; car dans la vertu, c'est abréger ses peines que d'augmenter et multiplier ses sacriOces, et tout ce qu'on épargne des passions devient plutôt la peine et le dégoût que l'adoucissement de notre pénitence.

•i* Le dernier désordre enfin qui avait accompagné son péché, était un scandale public dans le dérèglement de sacondaite: scandale delà loi qui se trouvait déshonorée dans l'esprit des païens répandus dans la Palestine, parce que témoins des égarements de notre pécheresse, ils en prenaient occasion de blasphémer le nom du Seigneur et de mépriser la sainteté de la loi : scandale du lieu, car ses égarements avaient éclaté dans Jérusalem, la capitale du pays, d'oîi le bruit se répandait bientôt dans le reste de la Judée. Or elle répare tous ces scandales par sa pénitence : le scandale de la loi ne se contentant pas de la pratiquer extérieurement après sa conversion, et d'une manière extérieure et pharisalque : mais venant reconnaître Jésus-Christ qui en était la fin et l'accomplissement ; au lieu que souvent nous devenons superstitieux sans devenir pénitents, et nous remplaçons les abus du monde par les abus d'une fausse dévotion. Le scandale du lieu: celte même cité qui avait été le théâtre de sa confusion et de ses crimes, le devient de sa pénitence; et elle ne craint point d'avoir pour spectateurs de Son changement, ceux qui l'avaient été de ses crimes: elle n'est pas timide dans le bien, comme elle ne l'avait pas été dans le mal; au lieu que nous, souvent après avoir méprisé les discours du monde dans le désordre, nous les craignons dans la vertu ; et les yeux du public qui ne paraissent pas redoutables dans nos égarements, le deviennent dans notre pénitence.

II. Les consolations et les nouveaux plaisirs que la pécheresse trouve dans la pénitence. Elle est heureuse avec Jésus-Christ en ce qui avait fait ses malheurs dans le crime.

I" Un amour injuste avait fait son premier crime, et la première source de tous ses malheurs; la première consolation de sa pénitence, c'est une sainte dileclion pour Jésus- Christ, et la différence de cet amour divin et nouveau, d'avec cet amour profane qui jusque-là avait occupé son cœur. Premièrement, différence dans l'objet; elle s'était attachée dans son dérèglement, à des hommes corrompus, inconstants, perfides, etc., sa pénitence l'attache à Jésus-Christ, le modèle de toutes les vertus, la source de toutes les grâces, le principe de toutes les lumières. Secondement, différence dans les démarches; l'excès de sa passion l'avait engagée à mille démarches opposées à son goût, à sa gloire, à sa raison; et cela pour des hommes en qui elle ne trouvait d'ordinaire, que de l'ingratitude ; au lieu que dans sa pénitence, tout lui est compté; les plus légères démarches qu'elle fait pour Jésus-Christ sont remarquées, sont louées, sont défendues par Jésus-Christ même. Troisièmement enfin, différence dans la certitude de la correspondance; l'amour de notre pécheresse pour les créatures avait éié suivi des plus cruelles inoeriaudes; mais à peine a-t-elie commencé d'aimer Jésus-Christ, qu'elle est sûre d'en être aimée.

2" La seconde consolation de sa pénitence, c'est le sacrifice de ses passions : elle met aux pieds de Jésus-Christ tous les ailachements de son cœur, tous les instruments déplorables de ses vanités et de ses crimes. Ne croyez pas qu'en cela elle sacrifie ses plaisirs ; elle ne sacrifie que ses inquiétudes et ses peines. On a beau dire que les soins des passions font la félicité de ceux qui en sont épris ; c'est un langage duiit le monde 86 fait honneur, et que l'expérience dément. 11 est donc vrai que notre pécheresse en sacrifiant ses passions, et tout ce qui les suit, met aux pieds de Jésus-Christ ses liens, ses troubles, sus servitudes, les instruments de ses plaisirs en apparence, ia source do toutes ses peines dans la vérité. Or quand la vertu n'aurait point d'autre consolation, n'en est ce pas une assez grande, que d'être délivré des inquiétudes les plus vives des passions, de ne faire plus dépendre son bonheur de l'inconstance, de la perfidie, de i'in-

SÀtNTË ANNE 1153

JnsUce des créatares, etc. Votre foi vous a sauvée, dit le Seigneur à la pécheresse, allez

en -■•■- '■ '^ ' '-' • -■■• - '■■■ - -' ' -- ■ -• qu'elle sacrifle.

; car le monde qui autorise l' , . , I nie le dérèglpraenl lui-inéme.

Mai» »a péDii«uce lui rend encore plus u'ii>jaoeiir et ûe ((luire que ses crimes ne lui eu «V8i*fHÔ(é. Cette pf'chtTfxs*» si m^'prisée. si décrié<i dans le muode, trouve en JésuS' Ci, imirateur, i| la loue par les endroits méines l«>s plus s'o-

r e de coeur, la générosité de» sentimeots, la Rdénié d'un

st '<> 'lu Mbarisien, etc. Tel est le pouvoir admirable de la

V (ligne de Dieu, des anges, «-t des hommes; ei'e réta>

t iioe des taches que la malignité des homme» tût

r rieiicA, er.tia elle nous attire plus de gloire que nos moeurs passées ne

[, attiré de honte et de mépris.

■ ' ■• -; notre honte et notre inquiétude avec nos

c e qui nous alarment; mais plus nous dif-

fc , , ^> de ne pouvoir soutenir la sainte tristesse

delà p e nous avons pu porter jusqu'à ce jour, les troubles secrets, les

amen , les mille agitations du désordre, ne craignons plus celles de la

vt Qi plus que la grâce adoucit et rend aimahles les peines de la piété, et que

ct me n'ont point d'autre adoucissement que l'amertume du crime môme.

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