XIII. — Confrérie du Saint-Sacrement
2-430. I. Origine de cette confrérie. Pour lutter contre le protestantisme qui attaquait le plus auguste de nos mystères, celui de l'autel, el contre le iansénisme qui bientôt après devait écarter les chrétiens de l'Eucharistie, la Providence suscita â Home un religieux de la Minerve, Thomas Stella, qui établit la confrérie du Saint-Sacrement à Rome même, avec l'approbation des Souverains Pontifes. La renaissance païenne avait envahi jusqu'à la ville éternelle, el les hommes commençaient à se préoccuper plutôt^ des jouissances matérielles que de rendre à. Jésus-Christ l'honneur qui lui est
La gardk d'honnkur du saCré C(tuR 11B7
(lu. Tiiomas Stella gémissait de cette indifTércnce pour la divine Eucharistie. Il enrôla donc plusieurs personnes ferventes qui s'occupèrent avec zèle de pourvoir les églises de lampes <pii bnilassent jour et nuit devant le tahernîicle, <le dais pour porter le Saint-Sacrement aux malades. Les hom- Mies aci()ui[ta;.'naipnl le samt viatique avcf un cierge allumé, et les femmes, au son lit," la clotilietle, priaient dans leurs maisons pour les malades. Le troisième diiuauclie de chaque mois, les confréries du Sainl-.Sufrement faisaient célébrer imc messe solennelle, pendant laquelle les hommes tenaient des cierges allumés au moment de l'élévation. Les Souverains Pontifes furent si é iifiésdcs otivres saintes de ces pieux associés qu'ils les enrichirent (le I nces, ils permirent d'ériger la confrérie dans toutes
les 1 . h ipalion aux m^mes faveurs. Aussi saint François de
Sales et saint François Itégis, avec plusieurs autres saints missionnaires, se sont-ils faits les propagaleui-s «le cette confrérie, qui est aujourd'hui établie dans un grand nombre d'églises.
2-431. IL E.rcellence de cette confrérie: l» Son objet est incomparable. La dévotion à IFucharislie est bien au-dessus de la dévotion aux saints, aux anges et à la Sainte Vierge elle-même. C'est Dieu lui-même, Notre-Seigneur Jésus-Chrisl, présent sur nos autels qui en est l'objet. 2o Quelles fondions que cellps ijont elle investit ses associés ! Il est noble au ciel ce ministère des aui.' :'rosternent devant le trône de Hieu, louent, adorent et bénissent.
(Jur ins que celles de .Marie, de Joseph, des mages, des bergers qui
ador.iiirii .sotre-Seigneur dans sa crèche ! (Juel office que celui des Apolrcs et des saintes femmes qui accompagnaient Notre-Seigneur dans ses courses
apf'-' '■ écoutaient ses enseignements et pourvoyaient à ses besoins !
Noi! IIS Jean et Madeleine'recueillant au Calvaire les gouttes du sang
du I.' .• .•.|M.iir. N'est-ce pas ce que font les confrères du Saint- Sacre ment au pied des autels où Jésus prend c^mme une nouvelle naissance, où il résume tous les mvstères de sa vie et de sa mort? '
"iiWi. \\\. Avnntaifes de cette confrérie. 1" Mehausser dans les paroisses le cullc divin ; 2" Editier les fidèles et leur faire sentir la tuajesté du Dieu du tnl.crnacle; 3" Braver le l;\che respect humain et par conséipient aiïermir en soi la foi qui est la source de toute justice ; i» S'assurer les faveurs particulières du Dieu du tabernacle et les indulgences dont les Souverains Pontifes ont enrichi cette dévotion.
Donc soyons fiers d'être enrôlés dans cette association si respectable par son antiquité, |iar son but, par les nobles fonctions dont elle nous investit et si utile au culte divin, à l'édification de nos frères, en même temps que si priditalilc pour nous. Soyons fidèles à toutes les pratiques qu'elle nous irM|)nsr, surtout foruions la cour de Noire-Seigneur au pied de l'autel cl plus encore à la table sainte.
TLW. — Confrt^rie da Sarr^-CœHi*.
Wi'.\. \. Son objet. Le Cœur de Jésus. (Voir Sacré-Cœur. n. 2166.)
II. Son but. La réparation ' '-ires qu'il reçoit. (Voir Itéparatlon.)
III. .S'/'., iivitnfuf/ea. Les i de .Notre-Seigneur i\ la Itienhoureusc .Marguerite M.iric Les i- • i participation aux prières des associés à Itouie, à Moulins, ,i 1 . à Montmartre,
W, Ses peut i(/ues. K;.. ..n,-^ h. \', ,/,-,■ !•,',;■ U' Je voua »"/>"'
Marie, le Je croit en Dieu
W . — l..a |cnr<l«' d'honneur du Sacré-Cu'ur.
243i. •■ etc. {.Vote du n. t i'JU.) Von
neur du lint Père a sa garde noble <.
des plus iliiihti'CH lauiiilt'H. Vous èlps gardes du Co>ur de Jésus, du I
Dieu, du roi immortel des siècles! Soyez nobles rians vom pensées, dnii
seiiliiiients, |>as de respect hmnain, pas de blchete':' Se "\^, cuiton
yw/*/ f/f.' ;<o<7»*';' vigilants, connue des Sentinelles, pnur di .i inneur cl les intérêts du Sacré-tJœur, pour acconjplir ses ordre», cl uiciu' s ses désirs.
...VKHSES ET SERMON.- .m. v.lRl'ÛNSTANCl-;
i»iii. -inpr'chfr niifant qu'on le peut oc (^(Piir sacré d'^fre outrage !■... .. l)l;isiiliiHK\ ol la prornimtinn du «liinanrho, parles |)arulcs cl les œuvres criniinclles, parla désertion roupable de la lable sainte et de la confession ; détendre SCS inlérèls, e'est défendre la religion, i"Kf>disc cl le prêtre, qu'on allaipie aujourd'hui eoniine tout ce qui est saint. Aeroniplir ses ordres, être lidele aux eoininandenicnts. Si prœceptn mea serraveri/is manehitis in tlHi'cfio/ie mea. Ses (/ésirs, mais son désir, c'est le salut des Ames. Deiis non ruif niorfem perraforis sed potius ut convertatur et vivat. Donc lui ramener ceux (lui s'égarent. (l*aul de la (^roix, n. iltr».)
Mais c'est surtout quand les pauvres ftmcs sont sur le point de paraître devant leur juge, qu'il faut tout tenter pour les arracher à l'ahime. Hélas! c'est pour toujours qu'elles seront séparées de Jésus, si elles ne reviennent pas à lui. Kllesne pourront janiitis l'aimer! (Juel malheur! Donc du zèle.
VA Notre-Seigneur vous dira un jour; Vos estis qui permansistis mecum... et eijo dispono vobis... rcf/num.
XWl. — Aux gardes malades
^iXi. Factus sum infirmis infirmus ut infirmos lucrifacerem. (1. Cor., 1. 27.) Quelle charité dans le cœur de l'apôtre des nations qui avait la sollicitude de toutes les églises! Cela ne l'empêchait pas de dire : Quis infirmatur et effo non in/îrnior ? Il avait raison saint .lean Chrjsoslome de dire que le cœur de Paul était le cifur du Christ. Nous voudrions que tous les lidèics fussent embrasés de cette charité pour les malades ; et vous surtout qui vous occupez do les veiller, comprenez l'excellence et les avantages de celle sainte fonction, el apprenez la manière de bien la remplir.
1. K.rcellence. Les anciens Pères disaient : Celui qui sert patiemment les malarles est comme un ange. N'est-ce pas une fonction angélique de servir Notre-Seigneur ? N'est-ce pas ce que faisaient les anges au désert après la quarantaine déjeune du divin Sauveur? Ce fut une fonction angélique que celle de .Marthe qui lui préparait à manger, tjue celle de Madeleine qui lui embrassait les jjieds, que celle de Simon qui l'aida à porter sa croix, que celle de Véronique qui essuya son visage. Celle sainte femme ne resscmblet-elle pas à l'ange qui vint au jardin des Olives pour fortilier Jésus dans son au'onie ? N'est-ce |)as ce que fait la garde-malade ? La foi, la parole du Maître lui-même ne nous apprend-elle pas que tout ce que l'on fait au plus petit d entre les siens, Notre-Seigneur le regarde comme fait à lui-même ? Vous êtes les ganles du corps de Noire-Seigneur : aussi les plus grands saints ont-ils estimé cette lonclion et on a vu dans tous les temps des femmes admirables, d'ime naissance illustre, s'employer à celte sainte œuvre. (Le poète Lamartine, v. la note c) du n'> TiO-i.)
24:'tt. IL Aranfai/es. 1" Pour les infirmi'S. il n'est pas besoin de les énumérer. Il en est, hélas ! qin meurent faute desoins. Quelle amertume compromettante pour le salut doit abreuver les cœurs de ces pauvres abandonnés ! l'n tel délai.ssemenl n"est-il pas une douleur plus grande que celle qu'apportent les maladies les plus graves ? Kl, dans cet état, comment la maladie peut-elle atteindre pour eux le but qu'elle a dans les vues de la Providence, but que saint Bernard exprime par ces mois : yEgritudo carnetn vu/nerat, mentem curât. Le mal ne fait que les aigrir, s'il n'y a pas lA une main charitable pour les assister, un ange consolateur pour les fortifier et leur montrer le Cfel. Ah! combien de ces infortunés n'iront au Ciel que parce que vous leur en aiu-ez ouvert les portes!
2» Pour les gurdes-malades euxtn^mes. Les veilles coulent sans doute à la nature, et ce[»endant saint Pierre Chrysologue nous afiprend que « plus on veille, plus on vit. » Qu'y a-t-il, en effet, de plus semblable à la mort que le sommeil, el qu y a-t-il de plus vivant que celui qui veille ? Et puis, tout ee qui mate le corps élève l'âme. Cet acte de charité forliûe la charité. J\on te pigeât visitare infirrnnm ; ex his enim in dilectione firmaberis. (KccM., vu, 39.) Et la charité est la source de tous les biens. C'est l'amitié de Dieu, c'est la grâce sanctifiante, c'est la semence de la gloire. Aussi saint Valérien a-l-il dit : Si vis videre Deum, require mendicum... visita infir-
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mum, curre ad rarcerem. Ei en effet. Noire-Seigneur a\i jour du jugomont, dira aux justes : Venife henedicti... infirmus erain et xnsit astis me. Oli! quelle récompense ! i|uand on la consiilère, on s'explique la conduite des Saints, on ne 'sèlonne plus d'entendre .lob dire : (feulas fui cœco, et pes vlaudo... pater erain pauperum (\\i\, !.'>;. Un roui[)rend Tobie captif à Ninivc, qui /tergefmt adomnes, qui erant in captivitate et monita salut is dabat illis... consolahatur eos, diridebàtifue u/iirui(fue prout poterat, de farultatibus suis, esurient.es alebut. nudisi/ue vestimenta prœbebat et mortuis atque occisis sepulturain sollicitiis e.vliibebat. La possession de i>ieu, la béatitude de Dieu, voilà la récouipcnse des veilles au chevet des malades. () saintes, à riches, ô nobles veilles, que vous êtes loin de celles des libertins et des mondains ! Ouvrières généreuses, que vous serez haut placées en paradis par rapport à celles qui dansent jusqu'à ime heure du matin ! Kn vous vovant, elles qui vous méprisaient peut-être, elles s'écrieront : Ergo erravimus. 0 nos insensati : Vita/n illorum œstinKtbunius insaniam. Ah ! ne perdons aucune occasion de rendre ce beau service à Notre- Seignour et à nous-mêmes.
ti'M. III. Mais comment le faire avec profit. Le tout est d'obéir à la reconimandation du Saint-Kspril. Induite ros, sicut electi Dei. viscera misericordiœ, benif/nitatem, humilitatem, mode.'itiam, patientiam. .Ainsi faisait Job, q»ii a pu dire de lui : Ab infantid crevit mecum miseratio (Job., \vai, iH). l<> La doaceur d'une garde-malade esl meilleure pour le malade que le miel ilansunc potion amère. Rien qui fasse sentir au malade que son état est rebutant, cju'il s'exagère ses soulïranccs. Hien dans les paroles, les signes, les actes, de sec ou de brusque. Qu'il sente qu'on lui est dévoué, mais en vue de Oieu seid et non par une inclination naturelle. Si l'on a à faire avec une personne de différent sexe, il faut même se tenir dans une grande réserve de paroles et de soins, alin de ne pas l'exposer, et de se sauvegarder soi-même.
io Super omnia autem hœc charitatem habete, continue saint Paul. Ce qui doit tout dominer, c'est l'amour de Oieu, le désir de faire aimer Dieu à ce pauvre malade, de sauver son Ame. Oue les soins cpi'on lui donne aient nour but d'acquérir sur lui unç iniluenec de salut, afin (pi'on puisse bientôt lui parler de Dieu et des Sacrements. Que tout tende là. Qu'on l'amène aussitôt que possible à prier. Qu'on lui propose une neuvaine pour demander sa guèiison. Hien n'est accepté aussi facdement ; et si rien ne presse, qu'on linvile à recevoir les sacrements à la lin de la neuvaine. afiniien assurer les Iniits. Si le danger esl imminent, qu'on se garde bien d'attendre à la fin de l.i neuvaine. On le presse avec douceur, mais avec force, de se réconcilier aussiliit avec Dieu, alin qu'il puisse obtenir [dus siîrement sa guérison. on [»eut ajouter, si c'est vrai, que sans cela on craint «pi'il ne vole pas la lin des neuf jours. Ah ! ne plongeons pas les malades en enfer pour leur épargner une mauvaise nuit. Du reste, c'est un préjugé étrange qui ne iloit pas trouver jilace dans un esprit chrétien, (|ue la visite du prêtre ou la réception des .Sacrements, puissent fatiguer un malade. L'expérience prouve, au contraire, que les secours religieux, en donnant h l'Ame la paix, aident à recouvrer la santé. Des médecins sérieux, même |>nitestants. ont été obligés «l'en convenir. Ah! quel malheur, si une pauvre àme à laquelle vous donneriez vos soins, de vos mains, tombait en enfer j)arce cpie vous auriez lro|i lardé d'appeler le prêtre ou de le prè[»arer à sa visite ! — Que si vous vous trouviez auprès d'un moribond auprès duquel le prêtre ne piit arriver à temps, c'est le cas, non de se livrer A une douleur, à im éumi insensé, mais de préparer soi-même le moribond à ce redoutable passage du lentps à rKlernilé. l'oiu- cela, il esl lion d'avoir une méthode qui vous trace tout ce qu'il \ a à faire ; mais loiil se rcsuiMc à faire produire au mourant l'acte de l'ontrition parl'aite, sans ieipiel il lU «le salut nour celui qiii.éliî ' ■ ' ' '■
péché, ne peut pas se — M. S,. Dieu rpii vous a a;
grande o'uvre. tpii vous on, ■ M >i grands avant ■ " — -
f)icu i^ompte sur vous pour remplir son Parai .i|>te sur vous.
Les pauvres malades réclament vos soins. IL.... parmi eux seraient délaissés sans vous ; mais surtout ayez pitié des pauvres pécheur».