‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 369 sur 416 · XVII. — Aux a.HHoei^N d<^ la lionne Mort rt a.ux veilleuHeN · texte numérisé non relu

XVII. — Aux a.HHoei^N d<^ la lionne Mort rt a.ux veilleuHeN

Q'ii ont charge de s'enquérir îles malades, dans les bourgs, les villages et surfont les villes, afin qu'ils ne meurent pas sans sacrements.

it^S. Quod rohis dico, omnibus dira: vigilate. Ce n'est pas seulement <^ ces pieux nssorit's, mais A tous les lidèles que je dis avec Noire-Seigneur : Voiliez ; et avec saint Pau! : IVon durmiamus sicut et cœferi, sed ingilemus. Nous avons besoin de la vigilance.

I. Pour nous-mêmes, car f/ui sibi nequnm est cui alii bonus erit ? !<> Veillons sur nos sens. Spiritus enim promptus est, caro vero infirma. (En appeler n l'expérience de chacun.) Comment est-on tombé dans des abimes qui faisaient peur d'abord? par quelques négligences. « Ce que nous ne craignons pas de notre malice, craignons le de notre faiblesse : ou plutôt craignons tout de notre malice et de noire faiblesse tout ensemble, parce que de l'un à l'autre notre malice nous porte à tout, et que notre faiblesse sans défense et découverte do tous côtés, hélas ! ne résiste à rien. Soyons donc toujours en garde contre nous-m^mes ; nous avons à entretenir un édifice branlant, veut-on soutenir la Structure qui se dément de toutes parts, il faut être toujours vigilant, toujours attentif et en action, étayer d'un côté, réparer de l'autre, affermir le fondement, ai)puyer cette muraille caduque qui entraînera tout le bAlimcnt, recouvrir le comble ; c'est par là que la faiblesse succombe, c'est par là que les pluies pénètrent. » (Hossikt.) i^ Le monde, comme le vif saint Antoine, est tout recouvert d'un filet pour prenflre les âmes. 30 Vigilate quia adrersarius rester diabolus tanquam leo rugiens circuit quœrens quem devoret. Vigilat hostis ; dormis tu ! s'écrie saint Augustin, corde, fide. spe, charitate, operibus vigiln. Que sert à un soldat détre brave, s'il se laisse surprendre par l'ennemi ? Ah ! si dans un pays inconnu, nous traversions une (orèt dont les sentiers fussent parsemés de cadavres de voyageurs assassinés, quelles seraient nos transes et notre vigilance î Hélas ! (pie d'infortunés se sont endormis, et ils sont tombés. Samson dormait et on le livrait aux Philistins; Jonas dormait et on délibérait de le jeter à la mer. I»avid ne veilla pas sur ses yeux ; la femme de Loth non plus. Nous sommes entourés d'assassins, de pestiférés, nous sommes de la paille à côté d'un brasier, veillons. Les justes eux aussi ne doivent pas l'ouolier, nulla satis magna securitas ubi periclitatur œfernitas. {S. Greg.)

I/ours dévore on une gorgée tout le miel que mille abeilles ont mis une année à recueillir. Non quasi insipientes sed ut sapientes. Anima quœ amat vigilat, dit saint Bernard ; elle craint de déplaire à celui qu'elle aime et de perdre ses \'a.\eurs. Sapiens corsuum tradet ad vigilandum diluculo ad Dominum et in conspectu altissimi depreca/jitur. Qui mane vigilant ad me invenienf. On a besoin de son secours tout en veillant. Nisi Dominus custodierit civifatem frustra vigilat qui custodit eani. Il ne suffit pas de veiller le matin, il faut veiller la nuit. Dormio et cormeum vigilat.

2i;V.K IL Veillons sur les autres. Mandavit unicuique de proximo suo. Les méchants veillent |»our nuire ; les bons, pour être utiles. Un met des sentinelles aux portos des cités ; on met, à la suite des troupeaux sur les montagnes, un berger qui passe la nuit avec eux; on fait garder la vendange pondant la nuit, et quel bien garde-t-on ainsi, de quels maux préservc-t-on? on cherche à conserver des biens matériels, à empêcher quelque dégât. Dans les hôpitaux même livrés aux impics, on veille les malades, on veut leur épargner un accident qui aggrave leur mal et compromette leur vie. Vous avez à veiller sur les ûmes. Et qu'est-ce qu'une Ame ?... Vous êtes des veilleuses d'honneur, des anges gardiens visibles. Ah ! ne laissez pas ces Ames s'égarer ni se perdre. Qu'elles vous soient plus clières que la wgne ne les! au vigneron, autrement, exterminavit eam aper de silvd. Qu'elles vous soient plus chères que les brebis ne le sont au berger, que les enfants ne le sont à leur mère. Quel malheur, si elles venaient à être réprouvées pour toujoiu's ! Ne dites pas qu'elles vous sont étrangères. Un chrétien voit des frères dans tous les hommes. Le seraient-elles, qui de vous ne se reprocherait pas comme un crime, s'il laissait un aveugle qui ne lui serait nen,

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tomber dans une rivière et s'v noyor, lors^iu'il aurait pu par une parole le prévenir, et l'arrêter ? C'est en enfer que ces âmes se précipitent et cette chute est irréparable. Si elles y sont plongées un jour, parce <pie vous leur avez refusé, par une négligence grave, un secours «pie vous pouviez et deviez leur accorder, ne vous accuseront-elles pas du sein des llammcs qui les tortureront, et Dieu ne vous demandera-t-ii pas compte de leur ruine éternelle? Pauvres paralvtiipies étendus sur le grabat de leurs inirpiités, les pécheurs, si vous ne vous occupez pas d'eux, pourront dire: Hominein non liabeo. Je n'ai personne pour me soulever et me jeter dans la piscine du salut. Il faudrait dans toutes les rues des villes, dans tous les hameaux de nos campagnes, des sentinelles vigilantes auxquelles le prêtre n'eût qu'à dire ; Custos quid de nocte ? auxquelles même il n'eût pas besoin de faire cette demande, et qui se hâtassent de le prévenir k la preuiière alarme.

Mais est-il vrai que ces âmes sur qui vous avez à veiller ne vous soient unies que parle lien de la charité que nous devons à tous ? Parents, n'avez- V0U8 pas des enfants ? Enfants, n'avez-vous pas un père, et peut-être une mère qui ont abandonné les pratiques religieuses? Epouses chrétiennes, votre Cfi'ur n'est-il pas dans des transes pour le sort éternel de cet époux auquel vous avez uni votre vie, et dont vous ne voudriez pas être éternellement séparées ; donc viyilate et orate. Veillez jour et nuit, veillez sur vous, veillez sur ceux qui vous sont chers. Priez, priez avec des larmes ; à la prière joignez l'aumône et le jeûne qui les rendent efficaces. Ptircc. Domine. ni> in œternufri irascaris nobis.

3K.VIII. — Distribution (1<>!4 prix

On peut donner le sujet, n*> 2423^ pour la bénédiction d'une école, ou le suivant.

. 244(J. Dignus est operariùs mercede sud. Olui qui travaille mérite une récompense ; vous avez travaillé, mes enfants, et voici que la récompense vous est offerte. Des couronnes sont prèles à orner vos fronts, et des prix magnifiques attendent qu'on les distribue à ceux dont les elTorts ont été couronnés de succès.

Toutefois les récompenses humaines, bien qu'elles soient justes et attribuées A (•Iia'un de vous par des maîtres intègres, qui vous aiment tous également, et qui voudraient vous voir tous i-ouronnés, se ressentent toujours de l'iiifiruiité de notre nature. Homo videt ea quœ parent : Deus autem intuetiir cor. Il y en a qui ont moins travaillé que d'autres et (pii ont mieux ,....,.,. : :| y gjj jj ,j,ji devant Dieu ont eu de grands luériles et (pii ne seront pas récompensés en ce jour. Peut-être qucl<pies-tms n'onl-ils mé- .... ... ...vant Dieu ni devant les hommes. Je dois en ce jour donnera chacune de ces catégories une utile leçon.

24il. I. Vous qui par votre application â l'étude et vos succès pouvez dire : re/Msita est mi/ii rorona, cette couronne est pour moi, réjouissez-vous! Vos miiitres, vos parents et nous, nous applaudissons â ViUrc triomphe ; mais n'oubliez pas, mon enfant, que les prix qui vont vous être donnés ne sont rpi'un symbole des récompenses que l»ieu réserve k l'cnlant pieux et laborieux, et que vous y perdriez beaucoup si, en étant couronné en ce monde, vous vous laissiez entier par l'orgueil jusqu'à mépriser vos frères ; vous risqueriez de n'avoir point un jour sur votre front la couronne de justice que Dieu rendra A ceux <pu l'aiment.

2412. U. l'our vous qui avez consciencieusement par «les motifs de foi

rempli tout vos devoirs d'écoliers chrétiens, et <^ui doués peut-être d'une

MC moins heureuse que vos frères, n'avez non à attenilre en ce jour,

■ us de porter envie aux autres, ou de murmurer de ce iiiie le

ronné vos efTtirls. ou de vous laisser afin" le dccou-

l'st operariùs mercede sua. (l'est le S;r qui noua

I ,tn[M. nu .1 >.i j..irolc est la vérité suprême. Dieu a d'auit.^ - ...i.'unes que

celles qui s'étalent A nos yeux : Gloria honor et paj' omni operanti bonum.

(KoM.. Il, 10.)

2443. III. Pour voug qui durant cette année auriez consumé inutilement

11'J2 allocutions DIVEKSES ET SKUMONS DK CIRCONSTANCE

par votre laule les belles et utiles journées du nensionnal, les sacrifices de vos bons parents, les soins de vos inaitres si dévoués, vous ne recueillerez en ce jour que ce que vous avez semé: trihulntio et a/if/ustia iti omnem animam operanfis mnlum. (Hmm., u, 1>.) Le Iroiihie de votre conscience, les reproches de vos parents, si vous aviez été vraiment paresseux, ne seraient que votre moindre chAtiment ; Dieu en a d'autres: et c'est par delà cette vie (jue l'homme moissonnera complètement ce qu'il aura semé.

honc. mes enfants, que ceux qui vont recevoir des récomiienses s'en préparent de meilleures ; que ceux qui vont en être privés se réservent celles «lu ciel. Tous mettons-nous lueuflans l'esprit en ce jour que l'honneur devant les hommes, et les faveurs ilc Dieu sont attachés à l'accomplissement consciencieux des <levoirs. La paresse, la né.tfligence nous privent donc de tous les biens. Parents, faites comprendre ces vérités à vos chers enfants ; c'est à vous de les former à une vie sérieuse, appliquée et solidement chrétienne, l'enilant qu'ils étaient entre les mains tle leurs maîtres, votre solliciturle étant parta;;ée par eux, était par là même moins anxieuse ; mais voici que ces chers enfants vont vous être rendus |)enilant quehpies mois, vous serez seuls à réj)ondre d'eux: veillez à ce que les vacances ne leur fassent pas^ perdre celte pureté, cet amour du travail et de la discipline dont on leur a donné dans cette maison les salutaires habitinles. Préservez-les des lectures et <les compagnies qui poiu'raient leur être fimesles. Ktvous, mes enfants, reportez sur vos parents l'obéissance, la docilité, l'affection que vous avez témoignées à vos maîtres. L'obéissance des enfants fait leur salut, et leur aireclion pour leurs parents et pour leurs maîtres fait le bonheur des uns et des autres. Donc aimez vos parents, mais n'oubliez pas vos maîtres ; que leur souvenir vous accompagne dans vos vacances et durant la vie, si vous ne devez plus revenir dans cette maison : souvenez-vous des exemples et des priuripes que vous avez rerus d'eux. Quel maWieur pour vous, si ayant reçu un enseignement chrétien, vous viviez comme ceux qui ont été élevés sans Dieu ! Quelle douleur pour vos parents et pour ceux qui ont eu pour vous ici la tendresse il'un père ou d'une mère ! Kpargnez-leur, mes enfants, cette amertume, en demeiu-ant.chrétiens : ce n'est pas assez, en restant fidèles aux jjraliqucs île la piété nui a les promesses de la vie présente et celles de la vie future. C'est par elle que vous mériterez non seulement ces couronnes, aujourd'hui fraîches et ilemain llétries, qui orneront en ce jour vos cheveux blonds ou bruns, mais cette couronne d'bonneui- qui parera plus tard vos iheveux blancs, et les couronnes immortelles que Dieu prépare à ceux qui l'ont aimé et servi sur la terre.

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