‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 37 sur 416 · US · texte numérisé non relu

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La-doMus, lâ4 nobles tt'empr«is»«real Jd porter au Va^ cô doal ili lui éuical rede* vab!(S.

180 GLose

rilUK l'om* recevoir le pardon de beaucoup de péchés, il suilit de s'en rôpeulir sincèreinenl cl de s'en confesser avec la résolution de ne plus les conjmcUre. Mais il n'en est pas ainsi des torts qu'on a faits au prochain. Non dimittitar peccatnm nisi resfitiiatur uhlutuin, comme le dit un saint M(»cleur. H y en a qui, après avoir fait tort aux autres, se plaignent de ce tpi'un confesseur exige Ja restitution ; ce n'est pas le confesseur qui l'exige, c'est la conscience, c'est l'honneur, c'est la justice. Un confesseur n'a pas le droit do donner ce qu'on a volé et ce qui ne lui a{)partient pas. Le l'apc luimême n'a |)as ce droit, et l'on ne peut recevoir le pardon de sa faute qu'autant qu'on veut rendre le bien d'autrui et réparer le dommage cause au prochain. Si l'on est dans l'impossibilité de restituer, mais (/u'on soit disposé pourtant à le faire quand on le pourra et décidé à se gêner un peu, à faire dos économies pour accomplir ce devoir au plus tôt, on peut recevoir son pardon en ayant soin de se conformer aujc avis de son confesseur; mais si on peut restituer aussitôt, c'est sans retard qu'on doit le faire. Tarder longtemps c'est se rcn<lre coupable. Aurie/-vous dilTéré de rendre le bien d'autrui à la suite de précédentes confessions? Ce délai, au lieu de vous exempter de ce devoir, n'a fait que le rendre plus urgent (i).

VA ici, laissez-nous vous donner un conseil salutaire: si vous aviez quelque peine de conscience sur les points que nous venons de traiter, exposez-la sans crainte à un bon confesseur qui vous aidera à sortir de ces inquiétudes, et puis si votre confesseur vous dit i[ue vous devez restituer, faites-le aussitôt ; il aura soin du reste de vous indiipier un moyen sûr et facile de le faire sans que votre réputation soit compromise;. Mais ne tardez pas, restituez. Si vous n'avez pas ce qu'il faut pour cela, einpruntez.il vaut mieux avoir une dette claire et liquide qu'une dette secrète.

Si vous ne faisiez pas votre devoir à cet égard pendant une retraite, vous

(1) (a) Le bon vieux Tobie, devenu aveugle, entendait bêler un chevreau, et il disait à sa femme : « Prenez garde qu'il n'ait été dérubé. Hendez-le à ceux à qui il appartient, car il n'est pas permis de manger de ce qui aurait été dérobé^ ni même d'y toucher. » Heureux ceux qui ont une tell« délicatesse de conscience.

(b) Clotaire 11, voulant se faire faire un siège royal magnifique, s'adressa à l'orfèvre Eloi, et lui fournit à cette lin de l'or et d^ pierres précieuses en qui>ntité. Eloi, après qu'il eut achevé le siège royal, alla le porter au roi, qui en fut émerveillé et récompensa largement l'artiste. Quelque temps plus lard, il lui en porta un second non moins riche que le premier: il l'avait fait avec les restes du premier. Le roi, pour récompenser sa fidélité l'éleva aux plus hautes dignités du royaume. Plus tard, Eloi devint un saint évéque.

(c) Au siège de Jéricho, Âchan, contre l'ordre de Josué, avait soustrait au butin ua manteau de pourpre de grand prix et une somme d'argent qu'il enfouit dans la terre; mais Dieu permit que ce vol fClt découvert d'une manière si extraordinaire, que le peuple en fut épouvanté. Âchan fut conduit dans la vallée et lapidé par tout le peuple, et son cadavre fut recouvert u'un tas de pierres.

(dj Zachée, au jour de sa conversion, promit à Notre-Seigneur de rendre quatre fois plus à ceux à qui il aurait fait quelque tort.

(e) Robert, duc de Normandie, s'étant fait baptiser en 913, exhorta ses sujets à suivre son exemple, et bientôt ses sujets devinrent des chrétiens si fervents, qu'on n'entendait plus parler de vol parmi eux. Aussi le duc raconte qu'ayant suspendu sa cravate à un arbre, il l'y retrouva trois ans après, telle qu'il l'avait laissée.

(f) Saïut Liguori raconte qu'un père de famil'e, dont la conscience était chargée de sommes mal acquises, se trouvait à l'article de la mort, et ne voulait pas entendre parler de restitution, bien qu'il laissât une fortune considérable. Un prêtre, apprenant cette nouvelle, alla le voir et lui dit « qu'il connaissait un lemède capable de le guérir, mais que ce remède était fort cher. » Ahl cotlta-t-il 10.U00, 15.000 francs, je n'hésiterais pas à me le procurer. — Voici, dit le prêtre : il suflit de faire couler sur vos plaies enflammées de la graisse fondue d'un homme vivant. — Ahl dit le malade, qui sait s'il est un homme qui veuille s'y prêter? — Vous avez trois fils, dit le prêtre, faiies-ies venir l'un après l'autre, et promettez de donner la grosse part de votre héritage à celui qui vous sauvera la vie. Le malade obéit, mais aucun des fils ne voulut accepter. « £h quoi! dit le prêtre, aucun de vos enfants, même en le favorisant généreusement, ne veut consentir à se faire brûler un membre pendant an quart d'heure pour vous sauver la vie, et pour leur conserver votre fortune vous voudriez brûler tout entier éternellement en enfer 1 t Le malade comprit la leçon; il Qt venir le notaire, et répara tous les torts qu'il avait causés.

COMMANDRMENTS 181

risqueriez fort de ne le faire jamnis; car jamais vous n'aurez d'o<'.casion plus favorable. Kl ce bien d'aulrui attirerait la nialé<liclion de Dieu sur vousclsur vos enfants, sur votre vie et sur votre mort, et ferait un jour votre damnation. La chose volée, si on ta encore, doit être rendue à son maître: si elfe est détruite, il faut en rendre la valeur, ("'est à celui qu'on a volé qu'il faut rendre: s'il est mort, c'est à ses héritiers; s'il n'a point d'héritiers, il faut restituer au.r ])aurres (1).

540. Hnlllènie commandement : Fauj; témoignage, etc. Ce commandement défend: I. Le fau.r témoignage. \^ Celui qui ne dit pas la vérité en justice pèche, quand même il cacherait la vérité pour rendre service au prochain. Le bien public exige que les malfaiteurs soient punis; et comment le seraient-ils, si les témoins ne disent pas ce qu'ils savent ? 2» Celui qui affirme, en justice, une chose fausse qui peut porter préjudice au prochain est plus coupable encore: il pècbc à la fois contre la religion par le parjure, contre la cliarité et contre la justice, et il est tenu à restitution pour le dommage qu'il a ainsi causé à autrui.

I/empereur Constantin punissait de mort les faux témoins.

541. 11. Le mensonge. Le mensonge est un pécbé, quand môme on le dit pour rendre un servire à autrui ou àsoi-môme. C'est une faute légère quand il ne nuit à personne ; mais s'il porte préjudice grave à quelqu'un, c'est une faute mortelle, et c'est ce qu'on appelle la calomnie (2).

(1) Dans un pays où les injustices seraient nombreuses, il serait bien de réfuter les prétextes qu'on allègue d'ordinaire pour ne pas restituer : i' Celui à qui j'ai fait tort est riche, cela ne lui servirait de rien, â" Il y en a tant qui m'ont fait tort. 3» Je ne veux pas perdre ma réputation. 4c Je ne puis pas. S» Mes enfants seraient mallieureux. Ils le seront bien davantage si on ne restitue pas. 6* Je restituerai plus lard. 7° Je n'emporterai pas mes biens. Mes héritiers restitueront. (Voir n» 117G, en note.)

(2) (a) André Avelin exerçait les fonctions d'avocat et ne défendait jamais que des causes justes. Il lui arriva pourtant dans la chaleur de la discussion de laisser échapper un léger mensonge Rentré chez lui et voulant selon sa coutume lire les saintes Ecritures, il tomba sur ces paroles : La bouche qui ment, tue l'àtne. Il en fut si frappé qu'il renonça i sa carrière pour se consacrer entièrement au service de Dieu ; il devint un saint.

(/)) Vainqueur d'Antoine et de Cléopàtre, Auguste rencontra un vieillard de soixante ans qui, lui assura-t-on, n'avait jamais menti. Auguste l'associa à son triomphe et lui lit ériger une statue au Capitole comme aux héros.

(C) Un ami de saint Thomas lui dit un jour en plaisantant : « Voyez donc un bœuf qui vole. » Le saint regarde alors de tout côté, tandis que son ami rit aux éclats de sa crédulité ; mais le saint le regardant d'un air sc'-vëre, lui dit : « On «init plus facilement croire qu'un bœuf vole que de penser qu'une bouche chrétienne profère des mensonges. »

{(i) Les anciens Romains brûlaient les menteurs sur le front avec un fer rouge. C'était un signe d'infamie ; et l'empereur Trajan les détestaient tellement qu'il les faisait placer sur un vaisseau sans voile ni gouvernail et les lançait ainsi au milieu des flots.

(e) La flatterie est un mensonge. Ladislas, roi de Pologne, souffletait les flatteurp, et quand on lui demandait la raison de cette sévérité : « Je bals, répondait-il, ceux qui me battent. >

if) .Saint Jean de Kenti, en allant de Pologne à Ruine, fut arrêté par des voleurs qui lui enlevèrent tout ce qu'ils trouvèrent sur lui et lui demandèrent ensuite s'il n'avait plus rien. Il répondit que non ; mais après avoir fait quelques pas, il se souvint qu'il avait encore quelques pièces cousues dans ses habits ; ne voulant pas manquer à la vérité, il appelle les voleurs et leur offre ces pièces. Ceux-<:i furent tellement touchés de la naïve sincérité du saint, qu'ils lui rendirent tout ce qu'ils lui avaient pris.

'" '>" n'"-^! Il "nilanl obligé de dire toute la vérité, on peut quelquefois la ca-

c)i i la colère d'Henri II, roi d'Angleterre, saint Thomas de ('.an-

1(11 'lies, fut hissé sur un cheval qui n'avait ni selle ni bride, et

penduiil qu'il chuvauchuil ainsi, deux hommes armés, s'approchaot de lui, lui demandèrent s'il n'était pas l'archevêque de Cantorbéry. « th I mes amis, voyez et jugez vousmêmes si c'e>l là l'équiiiapc. d'un nrchcvéquc. »

(h) la duclii'^se dt- I,iii;:iicMiir, siUini vu refuser une faveur qu'elle sollicitait de Louis XIV. bf plaignait de lui d iiih> manière fort amère. St-s paroles furent redites au roi, qui reprocha au grand Condé, frère de la duchesse, les propos qu'elle avait tenus.

Condé loatenanl qu'elle n'en était pas capable, Loaia XIV lui répondit : c Demandez-

542. 111. La calomnie, qui consiste à prêter au prochain un défaut qu'if n'a pas, une faute qu'il n'a pas commise. Si, par la calomnie, on fai( ppr dre au prochain un emploi cpi il oxorcc, une place cpiil occnj)e. si on lui cau^' un (lommaf/e st'cieu.r clam ses liiens ou sa réputation, on pèche gravement,et on est obligé, en justice, lie réparer tous les torts qu'on lui a faits. en se rélrartant. ou en disant que ce dont le prochain a été accusé est faux, et en le dcdomuiii^'oant des pertes (pi'il a suhies (I).

r»4H. IV. La médisance con.sisle à faire connaître une faute, un défan' réel du prochain, mais secret, et cela sans une raison léf.'itime. Si la faul' d'autrui est pidilitpie la médisance n'est pas grave ; il faut cependant révitci comme hiessant la charité. Mais si la mauvaise conduite du prochain est secrète, et si en la révélant on lui ôte sa réputation, on lui fait perdre un emploi, si l'on occasionne des haines graves, on pèche gravement. 1) Aves-vous médit sérieusement d'autrui, et combien de fois? 2) Are:vous entendu médire avec plaisir et encouragé par là la médisance ou la calomnie ? Le médisant fait de sa langue un poignard qui blesse à la fois celui qui médit, celui (|ui l'écoute et celui dont on médit (2).

Quand on entend médire, il faut reprendre le médisant, si l'on a autorilr sur lui, ou détourner la conversation.

Obligation de réparer la médisance aussi bien que la calomnie, mais non de lu même manière. On ne peut pas dire que ce que l'on a affirmé du prochain est faux, nuiis on peut dire que l'on a parlé de lui légèrement, que ces paroles ont échappé mal à proj)os, et ensuite dire du prochain tout le hien po.ssible. Quand on fait connaître aux supérieurs ou aux parents la mauvaise conduite de leurs- inférieurs ou de leurs enfants, non seulement ce n'est point un péché, mais c'est un acte de charité qu'il ne faut point manquer de faire, toutes les fois qu'on le peut sans inconvénient grave (3).

le lui, et je m'en rapporterai à son If^moipnage. «Sur ce, Condé va trouver sa sœur et lâche de lui persuader de nier qu'elle ail tenu un tel langage. Il n'y put réussir ; elle aima mieux aller demander pardon au roi, qui, voyant cette franctiise, lui rendit set bonnes grâces.

(1) A qui comparer le caloranialeur qui ruine la réputation des autres et se réjouit de leur perte, sinon à Néron, qui fit mettre le feu à la ville de Rome pour repattre ses gens du spec'.acle de l'incendie ; et pendant l'embrasement il jouait de la lyre.

Les insinuations calomnieuses ont parfois d'effrayantes conséquences. Des envieux inspirèrent à l'empereur Valentinien des soupçons contre Aëtius, son général. Yalentinien, irrité, le mande, l'interroge sur divers points, et Aëtius, qui ne se doute de rien, répond avec sa franchise ordinaire, et l'empereur, prévenu, prend son langage pour une injure. Dans sa fureur, i} tire son épée et frappe Aëtius; aussitôt accoururent les courtisans, qui achevèrent d>e leurs coups meurtriers le plus grand homme de son siècle, la terreur d'Attila et le soutien de l'empire romain.

(3) (a) Saint Augustin avait une telle horreur pour ce vice, qn'il avait fait écrire en vers, dans sa salle à manger, cette sentence : « Si quelqu'un veut mal parler des absents, qu'il sache que cette table lui et interdite I »

(h) Sotade, ancien poète grec, faisait contre les personnes les plus respectables des satires mordantes et pleines de médisances. Ptolémée Philadelphe, roi d'Eg)'pte, le fit enfermer dans un coffre de plomb et jeter dans la mer.

(c) Le 10 avrii 1857, dans le département du Nord, mourut, à l'â^ de 110 ans, la veuve Moutiers, qui emporta les regrets de tous ceux qui la connaissaient, parce qu'elle n'avait jamais dit ni laissé dire devant elle du mal de personne.

(d) Saint Pacôme, quand il entendait médire, tournait le dos au médisant et le fuyait comme un serpent; il rappelait S'uvent à ses religieux que Marie, sœur de Moïse, fut frappée de lèpre après avoir dit du mal de son frère.

(e) Quand Thomas Morus entendait médire, il passait aussitôt à une autre conversation et disait par exemple : « Que chacun dise ce qu'il voudra, mais voici une belle maison, et celui qui l'a construite était un excellent architecte. >

(f) Alexandre le Ciand pa.ssait un fleuve dans une barque avec Aristobule. Celui-ci lisait durant la traversée l'histoire du conquérant qu'il avait écrite et mêlée d'éloges, d'une flatterie outrée. Alexandre prit le livre et le jeta dans le fleuve, en disant à l'auteur qu'il mtTiteruit le même sort, car il était plus coupable que ses écrits.

(3) Il serait facile de faire un sermon sur la médisance, en suivant le plan suivant : fiolite detrahere aUerulrum (Rom. I. 30.) L'Apôtre nous fait à bon droit cette recommandalion. Tous en ont besoin. Les personnes pieuses ellss-mémes ont parfois & se faire

COMxMANDEMENTS 183

S44. V. L'injure, c'est une insulte faite au prochain, en face, en sa

r ' 'Vice. On peut insulter par paroles, par signes ; et si par là on fait un

iiit sérieu.T à autrui, on est tenu de le réparer, soit on faisanl des

iMuscs, soil en donnant des marques particulières de respecta la personne

ipii a été offensée (1).

<le sérieux reproches à ce sujet, parce qu'on ne comprend pas tout le mal qu'il y a dans la médisance, ni tout ce qu'il y a de futile dans les prétextes par lesquels on essaie de la justifier.

I. La médisance, quand elle n'est pas excusée par une vraie raison, comme celle de faire connaître aux parents, aux maîtres, les fautes d'un enfant, d'un ou serviteur, afin qu'ils les corrigent, on d'autres motifs de ce genre, est une faute, et cette faute est

f;rave, si le mal que l'on fait connaître du prochain est secret et qu'en le publiant on asse subir à sa réputation ou à ses biens un sérieux dommage. En effet, dans ce cas, la médisance : t» viole la loi naturelle \) en blessant la justice, qui défend de ravir au prochain son bien. Le bien le plus précieux de l'homme, ce n'est pas son avoir, son argent. Melius ett uomen bonum quàm divitiœ multœ (Prov., xxii, 1.) Le médisant est donc plus coupabe que le voleur; et, certes, les hommes n'estimenl-ils pas plus, s'ils sont honnêtes, leur réputation que leur fortune'/ Il est, du reste, plus difficile de rendre à quelqu'un une bonne renommée qu'on lui a ravie, qu'une somme d'argent qu'un lui a volée.

2) La charité. Quod tibi fieri non vis, alleri ne feceris. Or, qui voudrait qu'on lui ravit sa réputation 1 3) Elle blesse l'ordre en faisanl servir la langue que Dieu nous adonnée pour faire du bien à nos semblables et à la société, à faire du mal aux autres et à .semer dans un pays les querelles, les haines, les désordres. Veneninn aspidum sub labiia eorum.

2» La loi diriue. Quœcumqne vultif^ ut factant rohis homines et vos facile illis. Detractores Deo odibilei^ : abominatio hominuw de/rac/or( Prov. xxiv, 9); et comment en pourrait-il être autrement. Semiitat inter fratres difcordias;\\ viole donc le grand principe de Îlotre-Seigneur : Aimez-vous les uns les autres. A cela on reconnaît sans peine qu'il n'est pas le disciple du divin Maître. On ne peut le comparer qu'à ces animaux immondes qui, foulant aux pieds des pierres précieuses, ne se nourrissent que d'ordures, à ces viles mouches qui sucent le pus des ulcères. Au lieu de choisir les qualités du prochain pour sujet de conversation, le médisant ne va chercher que ses fautes, et cela non point pour l'en corriger, mais pour l'en noircir. Faut-il s'étonner que le Saint-Esprit lui-même nous avertisse que qui talia agunt digni sunt morte, quand la faute est véritablement grave. Hélas, que d'âmes savent se préserver d'autres crimes, seront damnées à cause des péchés graves commis par la langue.

II. Car souvent on cherche à justifier la médisance, non par des raisons que Dieu accepte; mais par de frivoles prétextes.

1» Je n'ai dit que la vérité. Cela suffi pour être coupable, si ce que vous dites est secret, el si vous n'avez pas un motif suffisant de le révéler. Voudriez-vous qu'on vous rendit la pareille? ,

Je l'ai confié sous le secret. Si vous le confiez ainsi à tout le monde, il n'y a plus de secret. D'autres, du reste, surtout si vous les choisissez mal, le confieront de même ; et la médisance fera le tour du pays.

Les auiret et même les personnes piexises ne se gnient pas tant.Tani pis pour elles, et tant pis pour vous, si vous les imitez, il ne vpus servira de rien de vous perdre en compagnie.

Oh ! (le tels prétextes ne serviront de rien au tribunal de Dieu. Donc, réparez le passé, et pour l'avenir, attende ne forte lubaris in linguii.... et casus tuus sit insanU' bilts in mortcm. (Eccli., xxviii, 29.) Cum delreclatoribus ne cummiscearis.... Linguum uequam noliaudire. (Prov., xxiv, 21. Eccli., xxvin,f8.)

(1) (a) Xénocrate, se voyant un jour en butte aux plus graves injures, se tut. El comme on lui demandait le motif de son cilence, il répondit : • Je me suis souvent repenti d'avoir répondu aux injures, jamais de m'étre lu. «»

(b) Le P. Fernand(''8, nnipHcnf n rie saint François Xavier, prêchait à Amanguchi.

('- '- J r.n. Au niilifu d( n, un homme de la lie du peuple s'approche de

|: pour lui dire <;> < , et lui lance à la face un hideux crachat. Le

p: . sans s'émouvoir, >• visage et continue son discours, comme si rien

ne lui tin arrivé de fâcheux. Cette patience frappa tellement les infidèles que, malgré tous le» efforts de l'enfer, les conversions furent très nombreuses.

'f ) l'n saint Pèie raconte la disposition de trois solitaires dans les injures qu'on leur faisait. L'un se recueillait en lui-même el examinait en tremblant s'il ne s'était point emporté et n'avait point manqué de patience. L'autre regardait i-> im .i>' uni il était outragé, comme un homnie qui s'attirait de grands maux par le- iiienls de

Dieu, et il en était attendri jusau'à pleurer. Mais les larmes du ' <<ni bien

plus abondantes et bien plus ameres. parce qu'il s'attachait it considi'icr que les outra»

18 t OLOSE

5i5. ^^. Le jugement féméraire. Juger sans raison un autre et le touj)çonner, c'est une faute, rar nous devons estimer noire prochain, il nous est défondu de porter atteinte à sa réputation, mftme dans nos pensées. On n'est pas tenu de voir blanc ce qui est noir; mais juger, soupçonner sans aucune preuve , les autres coupables , c'est un péché contre la charité (1).

546. VII. Violer un secret et contrister par là, d'une manière sérieuse, la personne qui l'a confié, c'est une faute, à moins que des raisons légitimes n'excusent. C'est encore pécher que de lire des lettres secrètes écrites à d'autres. La discrétion est une grande et rare vertu (i).

C'en est assez sur les commandements de Dieu, assez pour votre instruction, et assez surtout pour vous faire comprendre combien cette loi est admirable. Quel bonheur serait le nôtre, si nous l'observions tous parfaitement ! Aucun ilroit ne serait violé : les «Iroils de Dieu, les droits de la conscience, notre vie, notre innocence, notre réputation, notre honneur seraient respectés et sauvegardés. Donnez-moi une paroisse où les commandements de Dieu soient gardés, et elle sera comme un petit coin du paradis (voir la note du n> 8î)ii. Aimons donc cette divine loi, mettons tous nos soins à la pratifjuer et i\ la faire observer autour de nous, et nous serons tous sur le chemm du ciel.

Ceux qui observent les commandements, pratiquent totites les vertus, et la la vertu pratiquée d'une manière surnaturelle, est le seul ami qui nous accum-

ges qu'on lui faisait étaient autant d'offenses contre Dieu, dont il était l'occasion quoique innocemment.

(d) Saint Félix de Cantalice, étant encore laboureur, répondait à ceux qui l'injuriaient. « Que Dieu vous rende saint. »

ie) Saint François Régis, ayant appris qu'il y avait dans une hôtellerie une troupe de libertins qui y tenaient des discours impies, s'y rendit afln de faire cesser le scandale Ses discours furent méprisés; il y en eul même un de la troupe qui lui donna un soufflet. Le saint, sans marquer la moindre i-molion, lui présenta l'autre joue en disant : « Je vous remercie, mon frère, du traitement que vous me faites; si vous me connaissiez, vous jugeriez que j'en mérite bien davantage. > Les libertins se retirèrent pleins d'une salutaire confusion.

l/') Les habitants d'Antioche avaient renversé et traîné dans la boue les statues de Théodose et de l'impératrice, son épouse. L'évêque Flavien alla demander pardon pour ce peuple coupable envers le meilleur des princes. » Allez, mon I*ère, répondit Théodose, hftiez-vous de vous montrer à votre troupeau. Pourrais-je refuser le pardon à des hommes semblables à moi, après que ie Mattre du monde, s'étant réduit pour nous à l'état d'esclave, a bien voulu demander pardon à son l'ère pour les auteurs de son supplice, qu'il avait comblé de bienfaits? »

(4) Un ancien disait qu'il n'y a point d'art dont tant de gens Tassent profession que de celui de médecin. En effet, n'eussions-nous qu'un mal de dents, que chacun nous indique les remèdes; mais il en a un plus grand nombre encore qui s't^rigent en juge des actions et de la conduite de leur prochain, et cela sans mission et contre la défense de Notre-Seigneur. Nolile judicare. Le plus souvent ce sont les oisifs qui, n'ayant rien à faire chez eux, rôdent de côté et d'autre, cherchant des nouvelles et voulant en apprendre à autrui. Quand ils n'en ont pas ils en inventent, et, semblables à des guêpes qui ne font point de miel, ils bourdonnent çà et là, jugeant tout le monde, el croyant facilement tout ce qui leur vient à l'esprit. Ils seront jugés sévèrement.

(2) (a) Socrale parlait fort peu. Un indiscret lui ayant demandé un jour si ce n'était pas par ignorance qu'il gardait le sileDce : « Un ignorant, répondit-il, ne sait pas se taire. »

(b) Zenon, se trouvant no jour en compagnie d'un jeune homme qui parlait beaucoup, lui dit : « Sachez que si nous avons deux oreilles et seulement une bouche, c'est afin que nous écoulions deux fois plus que nous ne parlons. »

[C) Pythagore condamnait pendant cinq ans ses disciples au silence, afin qu'ils apprissent à parler à propos. « C'est être sage, disait-il, que de savoir se taire. La locacité, c'est le signe de la folie. > Et les Chinois disent : « Tête sage, langue courte. »

(d) L>es médecins jugent les maladies par la langue du malade, et par les paroles on juge de l'état moral d'un homme. On ne peut faire que peu de bien, si on dit trop le bien que l'on veut faire, on arme contre soi les jaloux. La poule, par ses cris, trahit l'œuf qu'elle vient de pondre, Aussi un proverbe allemand dit-il : « Ne parlez pas sans avoir retourné neuf fois dans votre bouche ce que vous «vez à dire. »

pajme au tribunal d«Dieu ; nos richesses ne nous suivent pas même jusqu'au tombeau: on se garderait bien de les ensevelir avec nous ; nos parents et nos amis de la terre nous accompagnent, il est vrai, jusqu'à la tombe ; mais là ils nous laissent pour aller ensuite se réjouir avec nos richesses qu'ils se partagent. Seule, la vertu nous suit aux pieds du juste juge pour nous faire ouvrir le ciel (1)

547. 11. IjCU commaiidemenU de l'EKliHe.— Si quelqu'un n'écoute pas l'Eglise, c'est-à-dire les pasteurs de l'Eglise: le Souverain Pontife et les Evéïjues ; regardez-le comme un païen et un publicain. Ils ne sont donc chrétiens que de nom les hommes qui n'observent pas les lois de l'Kglisc, sous prétexte qu«^ ces lois n'ont pas été faites par Dieu. Dieu est offensé de leur coupable r sLstance aux ordres de son Eglise, comme s'ils transgressaient ses propres commandements. « Celui qui vous écoute, m'écoute, et celui qui vous méprise, me méprise, a dit Notre-Seigneur aux chefs de l'Eglise, et celui qui me méprise, méprise celui qui ma envoyé. » Quand vous ordonnez à votre enfant de faire tel ouvrage, que lui du-iez-vous s'il répondait: mon {lère, vous n'êtes pas Dieu, et il n'y a rien dans les commandements de Dieu qui m'imposent de faire cet ouvrage. N'y a-t-il pas, lui diriez-vous un commandement qui dit: Honore ton père. Hespect donc et obéissance aux lois de l'Eglise, si l'on ne veut pas encourir la colère divine et l'éternelle réprobation.

Premier et, deuxième commaudemeiits : Les fêtes tu sanctifieras, et les dimanclies. la messe ouïras, etc. Nous en avons traité au troisième commandement do Dieu, nous n'y revenons pas ici.

548. Troisième commandement : Tous tes péchés confesseras, etc. !•> Passer une année entière sans se confesser, quand on s'est rendu coupable de faute sérieuse, ce serait un péché grave. 2o On pèche aussi gravement contre ce commandement, quand, pendant une année entière, on se confesse mal, sans les dispositions nécessaires. Toutefois, quand on a dit à son confesseur que pendant dix ans on s'est confessé mal, le confesseur a compris suffisamment qu'on a manque dix fois au précepte de la confession annuelle. 11 y en a qui disent: J'aime mieux ne pas me confesser que de ne pas bien le faire, et ils croient s'être excusés par là de leur négligence. Point du tout. On se damne de deux manières : en ne se confessant pas, et en se confessant mal. Il faut donc éviter à tout prix ces deux abîmes. C'est ce que l'on fait en se confessant bien. Ce n'est pas même assez de se confesser une fois l'an: c'est la dernière limite, celle qu'on ne peut franchir sans tomber dans \m affreux précipice. Mais le grand moyen de vivre saintement, c'est la confession fréquente.

549. <(natrlème commandement: Ton Créateur tu recevras au moins à Pdques. Ohliqation grave de communier au temps pascal, c'està-iiire en règle générale, du dimanche des Hameaux au dimanche de Quasimodo, et. dans beaucoup de diocèses, du quatrième dimanche de Carême au second dimanche après Pâques. 1» Ne pas communier pendant ce temps, lor» même qu'on l'aurait fait à une autre époque de l'année, ce serait une faute grave, 'i^' Communier durant ce temps, mais en état de péché mortel, se serait plus grave encore : uuiis si l'on a dit en confession qu'on a mal fait ses counnunions, pendant plusieurs années, cela suffit.

3" La communion pascale doit être faite dans l'église de sa paroisse. Pour la faire ailleurs que «lans l'église de sa paroisse, il faut en deuuindor la permission à son curé ; mais cette permission n'est pas nécessaire pour faire sa confession en dehors de sa paroisse. La confession est complètement libre, on peut toujours s'adresser pour sa confession à tout prêtre approuvé ; l'important, c'est de choisir un confesseur auquel on puisse bien «lire tous ses péchés et tous ses doutes.

■>:»(i.(Muqnième commHMUletneniiQuatre-temps, vigiles, jeûneras, elr. (thligafutn p<ir conséquent , /mur toutes les personnes qui ont vingt et un ans armmplis et moins df soi.rante ans. de jeûner les trois jours des quatre-temps des quatre saisons de l'année, au.r veilles de la Soéljde la

0) Le philosophe Rias envoyant son (tls en Egypte, celui-ci lui demanda ce qu'il pour* rail lui apporter qui lui ftl plaisir. Son père répondit: « Tachez d'acquérir ce trésor quf 1« Vieillard moarant peut emporter tvee lui, c'est-à^dirt la vertu, a

186 GLosr:

PentecAff. He l'Assompfion, (Je la Toussaint, le samedi avant la solennité de la fête de Saint-Pierre et de Saint-Paul, et fous les jours, les dimanches e,rrH/ttés, depuis le rnertredi des Cendres jusqu'au jour de Pdi/ues. Mani/uer au jeûne, sans raison, par sa faute, c'est une faute r/rave pour les personnes qui ont l'df/e voulu. Mais un ijrand nombre de personnes sont e.remptèes du jeûne, à raison de travaujc pénibles, d'une santé faible, d'une nourriture peu substantielle.

riîil. Alin dp no pas se In ire illusion sur les raisons que l'on peut avoir de s'cxemptor du joimo. il est bon de les ex|toser î\ son confesseur et de s'en tenir à ses dérisions. Si l'on est léfiitinieinent dispensé de jeûner, il ne faut pas oublier cpion n'est jinnais dispensé de faire i)énilenre; avons donc soin, surtout les joursde jeiine, de uioi-titier nos veux, en veillant sur nos regards ; sur noire lant;ue. en nous privant de toute parole légère ou rapal)le de blesser la charité; sur tous nos sens, en leur rehisanl toute satisfaction dangereuse (I).

5r3â. V. SixIèRie comniandemeiit ; Vendredi chair tie mangeras, etc. (J'est une faute que de manijer de la viande les Jours défendus, c'est-àdire les vendredis, les trois jours des quatre-femps, et au ?noins les mercredis, vendredis et samedis du (Jaréme. La permission de faire gras le samedi, fpii est accordée rians divers diocèses, n'entraine pas celle de mançer <le la viande les samedis des quatre-temps. ni les samedis du (laréme à moins d'une dispense particulière accordée A certains diocèses. C'est une faute grave chaque fois que l'on mange de la viande un jour défendu. Si donc on en mange trois fois le ynéme vendredi, sans dispense, on pèche trois fois gravement (2). ( Voir no 89H et suiv.)

553. Les jours de jeûne, quand il est permis de manger de la viande, on

(1) faj Stanislas Ilosius, cardinal évéque de Culm, un des légats de Pie IV ao concile de Trente, observait avec une scrupuleuse rigueur la loi du jeûne. Ses amis craignant qu'il n'usât ainsi sa santé: « C'est pour vivre longtemps que je jeûne, répondit-il; n'estii pas écrit. Honore ton père et ta mère afin de vivre longuement? Or Dieu me commande la pénitence, et l'Eglise ma mère me fixe les jours où je dois jeûner. » Un jeûne de toute la vie n'empêcha pas saint Paul ermite de rester dans son désert jusqu'à l'âge de cent treiie ans : et saint Antoine, malgré son jeûne perpétuel, vécut jusqu'à cent cinq ans. L'empereur Jusiinien pendant le Carême ne mangeait que tous les deux jours; et ses seuls aliments alors étaient des lieibes assaisonnées de sel et de vinaigre, et il ne buvait que de l'eau. Charlemagne jeûnait toutes les fois qu'il était indisposé, assurant que c'était pour lui le meilleur remède. N'est-ce pas un vieil adage que: « La table tue plus de monde que la guerre? » fait remarquer Joseph de Maistre.

(b) Stanislas, roi de Pologne et duc de Lorraine, jeûnait non seulement les jours d'obligation, mais k la veille de ses communions, lous les vendredis de l'année et souvent le samedi. Pendant le Carême, il ne faisait jamais collation, et depuis son dîner du Jeudi saint jusqu'au Samedi saint à midi, il ne prenait aucun aliment, pas même du pain ni de l'eau. 1! suivit ce régime jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans. Voltaire lui-même disait en parlant de lui : « J'ai trouvé le vrai sage qui se prépare la gloire des Saints en faisant le bonheur des hommes. »

(c) Jonas. de la part de Dieu, criait à Ninive: « Dans quarante jonrs Mnive sera détruite » ; et les Ninivues crurent en Dieu ; ils ordonnèrent un jeûne, et tous se revêtirent de sacs depuis le plus petit jusqu'au plus grand. Le roi lui-même se leva de son irône, quitta ses vêtements royaux, se couvrit d'un sac et s'assit sur la cendre, et il porta un décret commandant à tous de jeûner et de faire jeûner les animaux eux-mêmes. « Que tous reviennent, disait-il, de la voie mauvaise qu'ils suivent et de l'iniquité dont ils souillent leurs mains. Qui sait si Dieu ne nous épargnera pas?» Et Dieu, en effet, se laissa fléchir. Jon. IIL

(2) (a) Des visiteurs demandaient à saint Nil, solitaire de Calabre, quel mal il y avait à manger de la viande une seule fois dans l'année ; le saint répondit : « Quel mal y aurait-il si, après avoir passé une année sans faire une chute, vous veniez à tomber le dernier jour et à vous rompre la jambe? »

(h) Louis XVI avait ordonné une chasse un jour de Carême, on vint 'ui demander ses ordres pour le souper. « Comment ! souper : répondit-il, ne sommes-nous donc plus en Carême? » £t comme on lui faisait observer qu'après la chasse il aurait faim. « La chasse n'est pas de précepte, reprit-il. ■ Et il donna ordre 'le renoncer à la chasse.

(c) Le sire de Joinville, captifavec saint Louis, était souvent invitéàla table du Soudan; un jour, ne pen.^.inl pas que c'était abstinence, il accepta de la viande et en mangea. Un autre prisonnier le lui fit remarquer, et aussitôt, sire de Joinville mit son assiette de

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