‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 38 sur 416 · PÉCHÉS CAPITAUX · texte numérisé non relu

PÉCHÉS CAPITAUX

ne peut pas manger an même repas de la viande cl du poisson. Il faut s'abstenir de l'une ou (le l'autre. Quand une santé débile ne permet pas d'observer l'abslinenre, il est bon d'exposer ;\ son confesseur ses raisons el <le lui demander ce qu'il en pense, afin de ne i>as s'égarer. La lui de l'abstinence oblige et chez soi, et hors de chez soi. Quand donc on se trouve en voyage, il faut éviter deprendreses repas avec des compagniestpji ne respectent pas la loi de l'Eglise, et avoir soin de demander des aiiuients maigres. Le tout est de le vouloir rcsolunient : avec son argent on a le droit de se faire servir en chrétien. Quelle lAcheté que de céder par respect humain ! Toutefois si on ne trouvait pas, en en faisant la demande, des aliments maigres, et qu'on eut besoin de prendre son repas, on serait ilispensé de l'abslineuce.

\ •■'. !(> vove/.. l'Kglise est une bonne mère qui n'exige pas de ses enfants l>le. Elle ne leur impose pas un fardeau au-dessus «le leurs forces; M . ii. M iir commande quebpies pénitences, elle ne le fait que pour qu'ils se préservent du péché. Encore elle les en exempte, s'ils ne peuvent pas les accomplir. C'est donc être ingrat envers elle et ennemi de soi-même, que de ne pas faire tout son possible pour observer ses lois, .\ussi avons-nous la conlîanceque vous y serez désormais fidèles jusqu'A la mort.

.'tôt. 111. Péché» capitaux. — On appelle ainsi des défauts auxquels notre pauvre nature humaine est sujette et qui sont les chefs ou la source de de beaucoup d'autres péchés, lo Ii'oriçneilj ou un amour désonlonné de soi-même. Ce péché est grave quand il nous porte : \) à désobéir gravement à nos supérieurs ; 2) à mépriser gravement le prochain.

5;)5. 2*> li^avarice, ou un trop grand attachement auœ biens de la terre. Il y a péché grave quand elle nous pousse : \) à commettre des injustices à l'égard des autres; 2) à négliger gravement le soin de sa santé; 3) à ne faire aucune aumône a uo" pauvres lorsqu'on le pourrait cependant très facilement et qu'on le devrait (1).

cdté; bien plus, pour se punir de cette faute involontaire, il se condamna à jeûner tous les vendredis du Carême au pain el à l'eau.

(d) Le père de la vénérable Sœur M. de Sales Chappuis tenait auberge dans le Jura suisse, quand, en 18! i, à dix heures du matin, des courriers prussiens viennent lui annoncer que leur roi devait dtner ctiez lui. C'était un vendredi. Chappuis s'y refuse, disant qu'il n'a pas la permission de faire faire gras le vendredi; ei pendant que les courriers parlementent avec lui, le roi arrive. Chappuis lui dit qu'il ne peut pas faire faire gras. Le roi lui répond qu'il sera heureux de faire maigre chez un honnête humme, Chappuis el sa femme se mettent en besogne, sans que le cuisinier royal, qui pestait, voulut s'en mêler. Le rot mangea de bon appétit, et félicita ces braves gens, en les quittant, de leur aitarhpnient à la religion.

Le Vendredi-Saint I89i, un impie d'Aunay-sur-Odon (Calvados), avait voulu se payer la fnntaisie de la manducation d'un bifteck. Une brave chrétienne à laquelle il demanda de lui préparer cet aliment, refusa catégoriquement. Une autre personne s'y prêta de meilleure cràce. Le ctwliiment a suivi de bien prés la faute. Un cancer alTieux a rongé

la lant'iie ■'■•■ -•• ■■ ■ i >^ w- '"i'" «irle que, depuis le Vendredi-Saint, il n"a jamais pu

ni.'irj^'i'r i 11 a soufTert horriblement jusqu'au jour de son

dé.fs. -2!

Ce triste individu, uiépriaé de tous ses compatriotes, a refusé les sacrements de la rel'tgion el, sur sa demande, il a été enfoui civilement.

I4t population a été très impressionnée du ch&tiinent terrible infligé par Dieu au coupable.

(Semaine religieuse de Grenoble, 2M octobre 1894.)

(i) la) Valère Maxime rapporte que, pendant qu'Annibal assiégeait i'réneste, une grande famine se déclara ilans la ville. Un avare, qui n'avait rien à manger, prit une bouris ; mais comme on lui en ofTrit cent deniers, il la vendit et mourut de faim, tandis que celui qnj r.ivait rlii'Tpmpnt payée eul la vie sauve.

il' ■ c 11 parle roi des Tarii ver la rançon de

ses - -1 que le vainqueur n . un qu'une valeur

éqUUn,. ,,,, .. .Ml ,... ......r:.„ I ,1... !.. ... ..f., i.l

mettre h mort tons :■ vrit les yeux, et poui

d'être puiu en ce monde. Il fui exaucé: ses soldaUim lévoliereul ol prucUiutieul I'Im-c^iS empereur. Phocas Ht tuer Maurice, après avoir fait égorger sous ses yeux cinq de ses enfants.

'O Mêlsnie, noble Romaine, visita anjoar saint Pamkoo dans son déMft d'Egypte. Elit

Lr Hicnlieiirpux Frère Gilles comparait à la taiipo qui rhcrchc toujours A s'enfoncer sous terre, ceux qui sont toujours préoccupés des choses d'ici-tias. Saint Honaventure les compare aux porcs qui ne sont utiles rpTaprès la mort. Avarida est ùtololorum serritus (Kpli. V. 5.) (1^. C'est une cliaine qui lie l'homme A la terre, une plue (jui em|»éche les ailes de l'Ame de s'élever en haut. Aussi iNolre-Seipneur a-l-il flétri l'amour'des richesses, car il dessèche le cœur et la piété ; il crée des soucis sans fins pour accjuénr ou conserver des biens périssaliles qu'il faut quitter à la mort (2J, et il a loué la pauvreté d'esprit, ou le détachement delà terre. « Les Juifs charnels, a dit Pascal, tiennent le milieu entre les chrétiens et les païens. Les païens ne connaissent point Dieu et n'aiment que la terre. Les Juifs connaissent le vrai Dieu et n'aiment que la terre. Les Chrétiens connaissent le vrai Dieu, et n'aiment point la terre. I^s Juifs et les païens aiment les mêmes biens. Les Juifs et les (Chrétiens connaissent le même Dieu. » Les gens baptisés qui ne connaissent pas Dieu sont des jtaïens pratiques ; et ceux (jui connaissant Dieu n'aiment que la terre, sont Juifs plutôt que (Chrétiens. Kt, chose étrange, la vieillesse ne fait "u'augmenler ce vice. Les avares sont aussi insensés qu un voyageur (jui ferait

'autant plus de provisions qu'il aurait moins de chemin à faire. Comment oublie-ton qu'on n'emporte pas les richesses, mais seulement les péchés que l'on commet en les entassant? 0"pH<^ folie délaisser ici le profit, cl d'emporter avec soi le dommage; de laisser aux autres le plaisir et de prendre pour soi la peine et le tourment ; de faire tant de cas des biens de ce monde qui passe, cl de n'avoir aucun .souci de l'Ame qui est immortelle!

356. 30 La liixnre, ou l'amour déréglé des plaisirs des sens, que nous

le trouva occupé comme tes frères à tresser des corbeilles et lui offrit en don des vaisselles d'argent. l.e saint, sans quitter son travail, lui dit : « Que Dieu vous récompense, ma fille ! » Et appelant son économe, il lui dit de faire porter celle offrande aux monastères de l.ybie, qui étaient plus pauvres. Mélanie, étonnée, lui dit: « Mon Père, il est bon que vous sachiez qu'il y a cent cinquante marcs. » I.e saint, sans se retourner vers cesricbes* ses, lui dit : « Ma fille, celui i qui vous offrez cet argent, c'est Dieu qui pèse les montagnes. Il n'est pas nécessaire de lui en accuser le compte. Que voire main gauche ignore ce que donne votre main droite. >

(d) Un malheureux ayant mis le feu à la grange du saint abbé Etienne, on vint lui en donner la nouvelle en disant : « iléiasl malheur à vous, tout votre blé est brûlé. » Le saint, sans s'émouvoir répondit: « Ah 1 bien plutôt malheur à celui qui y a mis le feu! »

(1) On n'adore pas une statue de bois ou de pierre, mais une idole d'or ou d'argen'. On lui sacrifie non, comme les païens, un vil animal, mais son ^me. Si on ne lui offre pas de l'encens, on lui consacre toutes ses pensées, toutes les affeciions de son cœur. On le sert de manière à négliger tous les commandements de Dieu. G'est pour acquérir les richesses qu'on fait de faux serments, qu'on profane le dimanche, qu'on se sépare de ses parents, qu'on se jette dans les procès et dans l'inimitié; c'est pour un vil métal qu'une femme sacrifie un trésor que tous les trésors des rois ne pourront racheter.

(% Les richesses ne sont cependant pas un mal par elles-mêmes. On peut les posséder sang y être attaché, il y a une différence entre avoir du poison et être empoisonné. Vous avez pris un peu d'arsenic ou d'antimoine, vous avez des soulèvements de cœur et des douleurs insupportables; vous êtes en danger de mortel aux abois. Si je demande à un apothicaire : Avez-vous de l'antimoine? il me répondra qu'il en a. Vous en avez et il en a. Vous n'en avez que quelques onces, il en a plusieurs livres, et il n'a point de soulèvements de cœur, point de douleurs ; il n'est pas aux abois ni en danger de mort; au contraire, il en gagne de l'argent, en le vendant. La raison de cette différence est que vous avez l'arsenic dans votre corps, dans vos entrailles, la chaleur du foie et du cœur agit sur lui; l'apothicaire n'a l'arsenic que dans sa boutique, dans ses bottes, il n'y a que sa main qui le louche; il a du poison, mais il n'est pas empoi.sonné. Ainsi vous avez vingt écus, cet homme riche en a vingl mille; vous êtes attaché désordonnémenl à ces vingt écus, passionné à les conserver et à les accroître, vous vous parjurez pour en gagner cinq; vous perdez la me>se ou le sermon en un jour de fêle pour traliquer; vous portez haine à celui qui vous fait le moindre tort : vous êtes empoisonné, le poison est en votre cœur, la chaleur de votre amour agit sur lui, vous mourrez spiritueilemenl. Cet homme de bien qui esl riche de vingl mille écus, les a dans ses coffres, non dans son cœur ; son esprit n'en est pas occupé, sa volonté n'y esl pas attachée; il sait faire le commerce avec cet arsenic, il fait des aumônes, ou d'autres bonnes œuvres de ses biens, il en gagne le paradis, il est pauvre non d'effet, mais d'esprit; ce n'est pas de lui, mais de vous qu'il est dit : Qui volunt divite» fieri..

Péchés (japitaû.^ 189

(irij/is combattu en ixu nuit (lu sixième et du neuvième commandements de Dieu (1).

557. i-J L'enyte, ou la tristesse oue l'on éprouve, en voyant les biens, tes succès du prochain, la joie que l'on ressent de ses malheurs ; nous en avons parlé au cinquième coniniandeiiienl. Les envieux sont les plus malheureux tics hommes, car ils souffrent de leur propre malheur et du bonheur des autres. Ils sont leur propre bourreau, .\ussi les anciens représentaient-ils l'envie sous les traits d'une femme maigre, se nourrissant de serpents et habitant dans un antre ténébreux. L'envie mène à tous les crimes. C'est elle qui til commettre à Cam un fratricide. C'est elle qui porta les frères de Joseph à le vendre comme esclave, et à faire ainsi la désolation de Jacob leur père. C'est elle qui inspira A Saûl de chercher à tuer David qui avait délivré le peuple de Dieu des Philistins. Inridid Diaboli mors introivit in orbem terrarum : imitantur iiutem illum t/ui sunt ex parte illius. (Sap., H, 2-4).

558, 5'^ La gourmaiidiBe, ou les excès dans le boire et le manger. Ces excès deviennent graves : 1) quand ils nuisent sérieusement à la santé; 2) quand ils rendent l'homme incapable de remplir ses devoirs d'état; 3) quand ils altèrent la raison. La gourmandise est une honte pour un homme raisonnable. Quorum Deus venter est et gloria in confusione ipsorum. (l'hil.. 111, l'J.)Les plus stupides aniniaux savent s'arrêtera temps dans l'usage de la nourriture et de la boisson. Certains hommes ne savent pas le faire. Ce vice rend la prière et l'étude fort difficiles, il ruine la santé ; dans la seule Angleterre, l'ivresse ocr^asionne la mort de 50. (XX) personnes dans l'année. Ce vice développe les plus honteuses passions. L'ivresse en particulier fait la désolation des familles, le scandale des enfants, la ruine des fortunes les mieux assises. (Voir n" S-iO). Hemanpions ici que celui qui a la coupable habitude de s'enivrer, est tenu d'éviter les compagnies, les lieux où il serait exposé à retomber; sans cette fuite des mauvaises occasions, il ne se corrigera jamais ; 4) C'est encore une faute que de pousser les autres à s'enivrer, ou de leur offrir, sans raison sérieuse, du vin à satiété, quand on voit qu'ils s'enivreront ; 5) celui qui s'enivre, sachant bien que datis l'ivresse il blasphème, il entre en fureur contre le prochain, il consent à des pensées coupables, prend la responsabilité de tous les péchés commis dans l'ivresse (2).

(1) (a) C'est parce qji'il aima d'une manière infâme Uérodiade, la femme de son frère, qu'tlérode devint le meurtrier de saint Jean-Baptiste.

{b) L'empereur Galère, par suite de ses vices, fut atteint d'une maladie honteuse, conir> lis étaient impuissants. Les remèdes ne faisaient qu'augmen-

ter > ~ hanches jusqu'aux pieds, son corps tombait en pourriture.

Des pc. .^^ vv. ou..^ V vielles, des ulcères dont la puanteur infeciail tout le palais,

une multitude toujours croissante Je vers le rendait un objet de compassion et d'hor* reur.

(c) L'empereur Justin, en punition de ses désordres, perdit les forces do corps el ria< telligence elle-même, et il mourut dans un accès de rage.

((i) Les anciens Saxons encore païens avaient en hoireur l'impudicité. Si une jeune fille déshonorait sa maison, si une femme était intidële, ils les condamnaient à s'iMrangler de leurs propres mains, puis brûlaient leurs cadavres et pendaient leur séducteur à côté du bûcher. D'autres fois, la coupable était traînée sur le pavé par d'autres fem< mes, qui la tourmentaient à coups de verges, ou avec la pointe de couteaux jusqu'à ce qu'elle expirât.

(?) in) ¥.n 16.V), un vicrneroD alsacien, nommé Adam Steckmana, revenait ivre do ca-

< I absente Son petit garçon lui demande du pain et sa petite fille

i i : \\ s'en sert pour taer ses deux enfants. Un troisième qui était

^- • "■" ' ' " ■'■ •■ • ' ' ■ :\ l'arraclie au beiceau et le jette

cont!. ^l au spectacle des cadavres de

•es ir :..'.. '' Le misérable père Unit bienlùl

après sa vie do U maib du b<'Urre«u. — Les anciens Komains défendaient aux jeunes gens de boire du vin avant trente an», et leurs fnnmes se l'interdisaient toute la vie.

', n ne. vécut cent quarante ans. ('."m-

' avait fait p"ur conserver se.-* j»»ura

'~ o , , - -r -.. ,- ......a... .c\é de table sans avoir un reste d'appétit.

(b) Les excès de table aœèoeal la misère. Diogèae, voyant uo Jeuoe hoame qai av&il

Page 1