‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 39 sur 416 · M.OM · texte numérisé non relu

M.OM

Il faut ilonc. avant dv se mclire à table, l'aire tino courte prière, se bleri pcrsiKulor qu'on no doit boire et mander qu'autant qu'il le faut pour soutenir ses forros. (lélcruiiner il'avanre la quantité sulfisante des alinnents et de la boisson et savoir ne jamais la dépasser (i).

55'.». tJ" La colère, ou l'e/nportement ; elle est surtout grave, quand elle porte au fjlusp/ième, à la vengeance, aux injures graves à l'égard du prochain. La colère est pour Tbomme une folie passagère; selon la pensée de saint Basile, elle l'ail de lui une bêle féroce, un chien enragé, un serpent qui mort et qui tue. Klle rend pénible la vie et le commerce avec les hommes, elle terme les co'urs. enlève la confiance, empêche le succès des alTaires, elle engendre les inimitiés, elle provoque les meurtres, etc. (2).

follement dépensé toute sa fortane, réduit à «ouper avec une maigre olive, lui dit : « Si vous aviez toujours déjeuné ainsi, vous auriez ce soir un tout autre souper que cetui-là. »

(c) Un fort mangeur se présenta un jour devant Henri IV, espérant de lui quelque récompense pour son singulier talent. « Est-il vrai que lu manges comme six? lui demanda le roi. — Oui, Sire. — El tu travaille à proportion? — Comme un autre de ma force. — Si j'avais beaucoup d'hommes comme loi dans mon royaume, répondit le roi, je les ferai pendre, car ils l'auraient bientôt aflamé. »

(ri) Charles XII, roi de Suéde, dans un moment d'ivresse, manqua de respect à sa mère. Celle-ci se relira triste dans ses appartements et n'en sorlit pas le lendemain. Le roi en demandé et en apprend la raison; puis, prenant un verre, il va chez sa mère. « Madame, lui dil-il, hier, dans le vin, je me suis oublié à votre égard; je viens vous en demander pardon, et boire ce verre de vin à votre santé. Ce sera le dernier de ma vie. Depuis lors il ne but plus de vin.

(1) Le prophète Omos a dit : Malheur à vous q<ii cherchez les viandes exquises et les vins dplicieux, et qui n'avez point de pitié des misrres du peuple I

L'empereur Basile, surnommé le Macédonien, donna un festin somptueux aux princes et aux grands de sa cour; il avait fait auparavant jeter en prison son propre lils, héritier de sa couronne, nomme Léon-le-S.ige, prince très innocent, mais fiussement accusé de parricide, par les calomnies de Théodore Santabarène. Il avait déjà sept ans qu'il languissait dans le cachot ; mais, au milieu du festm, un perroquet qui était dans la salle, soit qu'on lui eût appris sa leçon, soit par la providence de Dieu, s'écria d'une voix plaintive, dans le langage du pays : Hélas i hélas ! monseigneur Léon ; les conviés tout étonnés s'arrêtèrent tout court, perdirent contenance et appi'til tout à la fois; ils devinrent immobiles comme d^s statues, et on vit couler de leurs yeux de grosses larmes. Qu'y a-l-il, demanda l'empereur? qui esi-ce qui vous arrête et pourquoi ne mangez-vous point? Hélas! dirent-ils tous, comment pourrions-nous manger en voyant que cet animal nous apprend notre devoir et nous reprend de ce que nous y manquons? nous sommes ici en liberté, dans le luxe et la bonne chère, pendant que le prince votre fils est en captivité et à la chaîne.

Vous savez que tant d'orphelins, tant d'autres pauvres désolés, qui sont les enfants de Dieu, les membres du Sauveur, sont dévorés par la vermine, faute d'un peu de linge; qu'ils sont transis de froid et qu'ils meurent de faim, faute d'assistance; eU'argenl avec lequel vous pourriez les secourir, vous le dissipez au milieu des plai.sirs. Quelle insensibilité I où est la charité fraternelle, où est la compassion chrétienne, où sont les entrailles de miséricorde que les prédestinés doivent avoir? Où est l'esprit de pénitence qui doit vous animer au souvenir de vos péchés?

Ci) (a) L'empereur Valenlinien ic" était sujet à ce vice. Donnant on jour audience aux ambassadeurs desQuades, il s'emporta tellement qu'il eut un regorgement de sang dont il mourut. — Un gentilhomme qui haïssait saint François de Sales, amena un jour sous ses fenêtres ses chiens et ses valets, les uns pour aboyer et les autres pour insulter le saint. Il monta lui-même dans sa chambre, vomit contre lui toute sortes d'injures. Le saint l'écoiila sans mol dire; et son ennemi prenant ce silence pour du mépris, redoubla de rage jusqu'à ce que, n'en pouvant plus de colère, il se retira. Les amis du saint, lui ayant demandé comment il avait fait pour ne rien répondre : « Nous avons fait un pacte ma langue et moi; il est convenu que ma langue ne dirait mol pendant que mon coeur serait dans l'émotion; et puis, pouvais-je mieux apaiser sa colère que par mon silence ?» — La colère avilit l'homme qui sy livre. Le philosophe Démonax, voyant un Lacédémonien en colère qui battait son esclave : « Cesse, lui dil-il, de te rendre semblable à lui. »

(6) Le philosophe Aihénodore donna à l'empereur Auguste un moyen assez plaisant de se corriger de la colère. Il lui conseilla de réciter les vinst-quatre lettres de l'alphabet grec, quand il sentirait l'aiguillon de cette passion. Il suflit, en effet, de prendre le temps de réfléchir pour éviter les excès auxquels conduit la colère. Or ce vice est par» fois d'une injuslice révoltante.

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560. 7'' I*a paresse, ou la torpeur dans le service de Dieu et dans l'acromplissement île ses devoirs. Ce vice devient grave, quand il fait ytéfjliyer en des points graves l'ohservation de la loi de iJieu et des devoirs de son état. Avcz-voiis pcnlii tin temps oonsi<Iéraf)lc dans les jeux ou la bonne chère, vous mettant ainsi dans l'impossibilité d'élever vos enfants ou «le remplir vos emplois ? « Les autres vices, dit saint Jean Climaque, ne détniisenl que les vertus qui leur sont contraires, la paresse à elle seule détruit toutes les vertus. » Per agruin hominis pigri transivi, et per vineain viri stulti; et ecce totum repleverunt urticœ, et operuerunt superficiem ejus spinœ. (Pmv. XXIV, 30.) L'Ame du paresseux est une eau qui ne coule pas, et qui se remplit de reptiles, une charrue qu'on n'emploie pas et qui se couvre ue rouille (l). Les moyens de combattre tous ses défauts à la fois et de

(c) Le marquis de Maani, entrant un jour chez Louis \III, qui était bègue, lui parla en bégayant. Le roi, croyant qu'il se moquait de lui, le prit parle bras et allait le faire tuer par ses gardes. Heureusement Richelieu, qui était présent, le calma, en lui apprenant que le marquis était bègue depuis son enfance.

(d) Dieu a fait l'homme comme une famille : les diverses puissances de l'âme et les membres du corps sont comme les domestiques; la volonté en a la conduite comme la maltre.>se et la gouvernante. Or, nous voyons que dans la maison d'un grand il y a ordinairement pour le moins deux chiens; il y a premièrement un lévrier qui a pour office d'aller à la chasse et de fournir du gibier à son matire; il y a en second lieu, un autre chien pour garder la maison et aboyer contre les étrangers qui pourraient la piller; ain.'i le bon Dieu s mis en nous comme deux chiens naturels, que les philosophes appellent appétit concupiscible. appétit irascible. L'appéUt concupiscible, c'est le chien de chasse qui va chercher ce qui est nécessaire ou utile à la conservation de l'individu ou de l'espèce; l'appétit irascible, c'est le chien qui garde la maison, qui a pour emploi de se fAcher contre ce qui peut nuire ou à notre âme ou à notre corps. De sorte que absolument parlant, se mettre en colère n'est pas péché, c'est une action qui est de soi iadifTérenle, bonne ou mauvaise, selon l'usage qu'on en fait ou selon le principe d'où elle procède. Il y a des chiens qui ne font pa.s leur devoir : Cartes muti non valent0$ Intrare. Ils n'aboient pas quand il est besoin, ils se laissent gagner par quelque amorce; le voleur leur jette un os, et pendant qu'ils s'amusent aie ronger, ils laissent piller la maison. Il y en a d'autres qui mettent tout en désordre, mordent les enfants de la maison, leur arrachent le pain de la main, dérobent les viandes sur la table, se couchent sur les lits; tous ces chiens ne valent rien, il faut les tuer. Il en est souvent de même de notre colère : quelquefois nous nous lai.<^ons flatter par les attraits de quelque profit ou plaisir sensuel, et au lieu de nous fâcher contre la tentation, nous nous amusons à en écouter les propositions. Quand on vous sollicite à une action noire, à porter un fati< ' ■ - "i consentir â une action déshonnôle, si votre colère était bonne, vous l'a eux qui vous en prient : Pour qui me prenez-vous T pensei-vous qnr , .ant T si vous ouvrez jamais la bouche pour m'en parler, je vous montrerai itic'eïi a luui qu'il faut s'adresser. Mais voire colère se tail, elle se lais^ ohHrmer par un bon repas, par une pièce d'argent, par une volupté sensuelle. D'il ' icn qui met tout en désordre d4ii- ition, fait perdre la mémoire, fil.. .... ,. .V, ,..,.^.. .... ....... .vU, il fautle tuer, celleculère

est vicieuse, il faut la moi pourquoi il est à propos de rechercher d'où bile

procède et quelles en soni

Il faut l'ii-irKiTf iis.sitût la cu <', afin qu'elle ne laisse pas de trace dans

notre c>i>;i : ai:;' ment elle e ^ inimitiés qui deviennent invétérées. C'est

ainsi ijiii' .!u >,:iii..- .' 1711' - ' '■- 'H'e bientôt,

laiiili> 'jiie SI I - iii •■ il ^--'^ -.

'' ' 'i I •• ■ . - ' . ., -lit à ses re-

osier et de les délaire ensuite; l'un d'eux s'en plaignait t là un travnil inutile. > Souvenez-vous, lui dit l'abbé, ij'i ■■<: p'u> uiile i^nc . ' •'■. »

(^ eux-mêmes avi ^ |)érils do l'oisiveté; el Pisistrate, roi

■' » "■■' '•• ••■"■'■ "■■• <(e la ville tous les oisifs, de leur

: inquaient, afln qu'ils pussent cul- 1 iiifandc.

(c; Un pa.s envoyer leurs

maftre ; m tire de ne pas envoy

lia uni liiu leurs éludes, il veut les envoyer à l'école d i. veté, el qui enseigne tuules les scieoccs mauvaises. .U

192 KXA^tEN DE CONSCIENCE

s'en guérir sont In prière, la frérjuenlation des sacrements, les réflexions suf les fins (lerniôres, sur la mort, le jugement, l'enfer, sur les exemples de Nolre-Seignour et des Saints. Heureux ceux qui prieront, qui se pcnclreront tous les jours d'une crainte salutaire des jugements de Dieu et de ses chfttinjcnls, et qui s'exciteront à rasscmhler j\ Notre-Seigneur et a«x Saints ! 11 est facile de prendre un instant, le malin ou le soir, après sa prière, ou avant de s'endormir, ou durant son travail, pour réfléchir à ces grandes pensées : Memorare novissima tua et in œternum non peccabis.

Sur les devoirs d'état, voir n» 572. C'est dans la négligence des devoirs de son étal que l'homme trouve plus d'occasions ile péclié. Les autres fautes se commettent comme par rencontre ; mais <piand il s'agit de cette négligence, on otTense Dieu d'une manière permanente et par habitude. Un marchand n'a nas tous les joiu-s l'occasion de s'enivrer ; mais il a plusieurs fois par jour celle de tromper les acheteurs ; un père de famille n'a pas souvent à .se hattre en duel ; mais tous les joure il peut malédiUer ses enfants et négliger de les surveiller.

561. IV. KX.VMKN DE CONSCIENCE OU SONT RAPPELÉS BRIÈVEMENT LES DEVOIRS DU CHRÉTIEN

N. B.— Il faut examinernon seulement les diverses espèces de péchés commis, mais encore le nombre des Taules graves et les circonstances qui changent l'espèce.

Depuis combien de temps ne vousôieâ vous pas confessé? Avez- vous reçu l'absolution? Avant la dernière confession, avez-vuus négligé l'examen de tous vos péchés? Avezvous oublié ou caché quelque fauie grave? Avez-vous négligé de demander pardon à Dieu et de vous exciter à la résolution de ne plus pécher jamais? Avez-vous accompli la pénitence ?

562. Premier commandement. — Etes-vous instruit des vérités que tout chrétien doit savoir? Avez-vous refusé de croire les vérités de la religion ou en avez-vous douté T Avez-vous fait connaître aux autres votre manque de foi ou votre doute ? ^Avez-vous parlé avec mépris de la religion, ou applaudi à ceux qui en parlaient mal? Avez-vous iu des écrits contre la religion?

tas. S'il laissait moins de fortune à son fils, celui-ci travaillerait comme son père : mafs parce qu'il sera plus riche que le père, il ne féru rien, il apprendra et fera toute sorte de mal.

Dans l'histoire des Pères du Désert, il est raconté qu'un jeune religieux étant fort importuné de tentations déshonnétes, les découvrit à son abbé avec beaucoup d'humilité et de couliance. Le Père lui dit : Je prierai Dieu qu'il vous en délivre; mais pour attirer bur vous sa grâce, lâchez de vous rendre obéissant à tous ceux qui ont quelque office dans la maison, et de faire diligemment ce qu'ils vous commanderont. Il donne secrètement le mot aux officiers. L'infirmier l'emploie à servir les malades, le cuisinier le demande pour laver la vaiselle, le jardinier le fait travailler au jardin. Le jeune homme ne •avait à qui répondre ; et après tout on le chapitrait et on trouvait à redire à tout ce qu'il faisait. Quelque temps après l'abbé l'appelle dans sa chambre, et lui dit : Mon frère, qu'en est-il à présent de vos tentations? Certes, mon Père, ces bons religieux sont d'excellents médecins; hélas! à peine ai-je le loisir de respirer, comment aurais-je le temps de penser au mal.

Quand on parle d'une ville, on a coutume de demander: Quel trafic y exerce-t-on? quel métier y est le plus en usage T Si saint Chrysostôme était ici, il répondrait qu en cette ville, le métier qui est fort commun c'est de faire des oreillers, il y a quantité d'honnêtes gens qui s'en mêlent. Des oreillers, et pour qui? pour le démon. L'esprit immonde aime le repos: il ne s'arrête pas au cœur d'un homme qui travaille, qui n'a pas le loisir d'écouter ses tentations, mais d'un homme qui est en repos; l'oisiveté est son oreiller. Saint Chrvsostôme dit : Otiositas, diaboli pulvinar. Quand vous travaillez à ce que votre enfant devienne noble, riche, à son aise, pour parler en bon français, vous l'obligez à être oisif, vous façonnez un coussin à Satan. Si vous faisiez apprendre à votre fils un bon métier, et si vous lui laissiez un médiocre patrimoine, il serait contraint de travailler, il dissiperait par son travail les suggestions du démon ; les richesses, les comiuoiilés de la vie, l'obligent à ne rien faire de peur de déchoir de sun rang; sou oisiveié est le gite et l'oreiller de l'esprit immonde: Spiritus immundus quœrit requiem. Otiositas diaboli pulvinar.

Cratès le Thebain, voyant un jeune bomme oisif, lui demanda : Que fais-la là, mon ami? Mecum loquor. Cave, ne cuin homine malo loquaris. Je parle avec moi... Prends garde que tu ne parles avec un mécnanl homme, donnant à entendre qu'eatro un bomme oisif et un méchant bomme il n'y a pas grande différence.

OLOSE 193

Avez vous désespéré de voire s«lut, ou de voas corriger de vos mauvaiies habitudes? wei vi'U» manqué de résifjnaiii^n dan<« vos peines, murmurant contre la Providence? \ -""■■[• Dieu en comptant trop sur vos propres

f iiurs de Dieu pour faire le mal? Avez-voos

pti... ,. ..-^^ . .. ^,.■ V. i^v^ .j,.,. . -us ferait plus tard miséricorde? Avez-vous

cru pouvoir faire voire salui sans bonnes œuvres?

Avez-vous eu de l'indignation contre Dieu? Avez-vous eu en dégoAt son service? Avez-vous aimé une ciéalure plus que Dieu, étant disposé à offenser ce bon Maître plulûi que de renoncer à l'amour de cetie créature? Avez-vous ajouté foi aux songes, con-

s.;" ~ -.etc., était-ce pour nuire aux auires? Avez vous maltraité les personnes

r ' Avez-vous manqué de respect dans le saint lieu? Y avez-vous commis

' Mié d'y commettre des crimes qui le profaneraient? Avez-vous commu-

nié sans être à jeun?

Avez-vous profané les choses saintes et surtout le* sacrements en les recevant indignement? Avez-vous vendu plus cher des choses bénites parce qu'elles étaient bénites? Avez-vous tenté Dieu en vous exposant au péril, pour votre âme, ou votre corps, en comptant sur <■ ^ -«■■■■irs? Avez-vous manqué de faire votre prière et négligé de la faire fane à Vus ~ et à vos enfants?

.'>6;i. Iieuj nundement. — Avez-vous prononcé le nom adorable du Seigneur

sans respect, ou suuUert que ceux qui vous sont soumis l'aient blasphémé? Avez-vous dit de* paroles injurieuses contre Dieu et les saints ? Avez-vous assuré par serment une I ' 7, fausse, ou uni' promesse que vous n'étiez pas dans l'intention"

< vous engagé par serment à mal faire ; avez-vous confirmé par

5t -c? Etes-vous dans l'habitude de jurer sans nécessité? Avez-vous

néglitre u acciKripiir les vœux et serments que vous avez faits?

r.f;l 'l'rni^ifvu; commandement. — Avez-vous manqué ou ma! entendu la messe, le i! V étes-vous arrivé trop lard? L'avez- vous fait entendre à ceux sur qui vous

'■? Avez-vous négligé d'assister aux instructions de la paroisse, et d'y meirci ..- u ..iiesiiques et les enfants, lors même que ces instructions vous étaient nécessaires? Avez vdus travaillé ou fait travailler le dimanche sans nécessité, pendant un temps considérable ?

îtiôb. Quatrième commandement. — Avez-vous eu de la haine contre vos parents, votre époux, vos enfants, vos frères, vos sœurs? Leur avez-vous souhaité du mal? Avezvous sans ( ' ■ ' .ppé vos enfants, ou vos frères et vos sœurs? Avfz-vous menacé vos parent- - eu des préférences injustes pour quelques-uns de vos enfants? Avez-vrtus :. . . „.-aister vos parents, vos frères et sœurs, dans leurs besoins, de prier et iJl- faire prier pour eux pendant leur vie et après leur mort? Avez-vous refusé (i'nrrornp'ii leurs dernières volontés? Avez-vous manqué de respect à vos parents, ou à \ \, par des paroles, ou par des airs de mépris, par des injures graves, ou en I l'eux?

> ' ' ■ - -i--nts et à votre mari, de manière aies faire mettre en

• ' i ' l'me ? Avez-vous désobéi en matière grave dans les

mon de la famille? Avez-vous désobéi à vos parents

iiiujiinuaieiil d'éviter les mauvaises compagnies, les féies mondaines ou

ri<ide péchés? Avez-vous commis quelque imprudence pendant le temps

/^-vous abandonné seuls vos petits enfants? Les avez-vous laissés

? l*s avez-vous mis dans le lu à côté de vous, lorsqu'il y avait

; . Les avez-v "- ..<^.i< languir dans la malpropreté? Avez-vous

!i de les nourrir .' Les avez-vous conliés à d'autres enfants

— préserver d'ace: n avez-vous laissé endurer la faim? Avez-

';ur faire apprendre un éui ? Leur avez-vous refusé sans raison la per-

I iir? Avez-vous refusé à un enfant la permission et la dut voulues pour

ion de faire donner le baptême à vos enfants? Avez-

. par quelque accident, sont venus au monde longtemps

a^aiii le lermet Avez- >' d'envoyer vos enfants i des écoles vraiment chré-

lii-nncs* Aver-vofi* n- • ~iniire vos enfants et vos domestiques des principales

' lis et vos d. :

,1 vanité,

, , .i. ...,.., ^..,, . ,;.v* .....>,,..-. a votre l'Crv.,.,. „...>. >..,.,.,v.v..

^ .' Avez-vous eu soin de leur faire fréquemter les sacrements aussi

^ \cUié sur les paroles, les actions, les rapports de vos enfants et de vos <? Les avez vous loni;teinps perdus de vue sans les surveiller? Les avrz-vous

' -les et des ; - de sexe V"' — *

cabaret, j ' fait de i

iiienls du en :.., . danses soi itrr,' Ave«-V(iiis néglige ik- lepri-mlre vos domestiques et vos e.nfant:*, quitud ' les luis de Dieu ou celle.s >ie l'\L\i\tie1 Avez-vous lais<é seuls des domestiques ue -sexu aillèrent daasuoe maison d'où vous étiez longtemps absent 1

ia

l9i EXAMEN Î)B C0N8aKNCfi

Avez-voDS rendu vos domestiques complices de vos fautes? Les avez-vous scandalisés

t)ar vus panijes ou par une conduite mondaine? Avez-vous manqué de modestie en evant, en liabillanl, en portant les petits enfants T Avez-vous tenu devant vos enfants et vos domestiques des discours contre la religion, ou vous étes-vous permis des paroles trop libres ? Leur avfz-vdus faii parla^ier vos rancune:', ou vos injustices, ou vosdésor* drcs? Avez-vous négligé de prier pour vus parents et vos enfants?

Avez-vous manqué de respect et d'obéissance à vos maîtres? Avez-vous révélé leurs secrets de famille? Avez-vous perdu votre temps, laissé dépérir ce qui vous était conUé, fait tort A vos maîtres? Tuteurs, avez vous rempli, à l'égard de vos pupilles, vos devoirs qui sont semblables à ceux des parents à l'égard de leurs enfants ? Parrains ou marraines, avez-vous négligé, à drfauts des parents, de veiller sur la conduite de vos filleuls ?

566. Cinquième cummatuU'ment. — Avez-vous eu de la haine, du mépris pour le prochain? Avez-vous souhaité du mal à quelqu'un et quel mal ? Kst-il des personnes auxquelles par haine vous refusez de parler ? Avez-vous frappé quelqu'un, ou nui u quelqu'un dans sa vie ou sa santé? Vous étes-vous battu en duel, avez-vous assistée uii duel ? Avez-vous semé la division par des rapports vrais ou faux 1 Avez-vous porté I' prochain au mal, et ù quel mal, par vos conseils ou vos exemples? Avez vous aidé d< quelque manière les autres à faire le mal et quel mal? Avez-vous détourné quelqu'un de ses devoirs? Avez vous prêté ou vendu de mauvais livres, de mauvais journaux, procuré aux autres des occasions de péché? Avez-vous négligé d'empêcher le mal quand vous pouviez et deviez le faire? Vous étes-vous souhaité la mort par impatience? Avezvous cherché à abréger vos jours? Avez-vous exposé votre vie et voire santé imprudemment? Avez-vous négligé de faire l'aumône? Avez-vous repris ceux que vous pouviez et deviez empêcher d'oflenser Dieu ? Avez-vous négligé de faire administrer à temps les sacrements aux malades?

567. Sixième et 7ieuvièine commandements. — Avez-vous consenti à des pensées ou à des désirs contre la sainte vertu de pureté, et à quels désirs ? Vous étes-vous réjoui du mal que vous avez fait par le passé? Avez-vous dit ou entendu dire avec plais'r des paroles contre la pudeur, chanté ou entendu chanter de mauvaises chan.oons ou romances? En avez-vous appris ou fait apprendre aux autres? Avez-vous consenti à des regards ou à des actions contraires à la modestie? et à quelle sorte d'aciions? et avec quelle sorte de personnes? Avez-vous manqué de respect à la sainteté du mariage en n'y vivant pas conformément k la lui de Dieu? Vous étes-vous exposé aux occasions de chute par des lectures l('-gères ou mauvaises, par des entrevues et des liaisons avec des personnes de sexe difl'érent? Avez-vous assisté aux bals, aux danses, aux spectacles 7 Avez-vous fréquenté de mauvaises compagnies et tenu avec elles des discours mauvais ou légers ?

568. Septième et dixième commandements. — Avez-vous fait tort au prochain dans les marchés ou de toute autre manière? Avez-vous causé du dommage à autrui par votre faute? Avez vous négligé de payer vos dettes et en pailiculier le salaire des domestiques? Avez-vous gardé ce que vous avez trouvé, bien que vous en connussiez le maître T Avez-vous désiré de prendre ou de retenir injustement le bien d'autrui?

569. Huitième commandement. — Avez-vous, sans raison, soupçonné ou jugé mal les autres? Avez-vous dit du mal, vrai ou faux, du prochain, de manière à lui nuire dans ses biens ou dans sa réputation ? Avez-vous encouragé les autres à calomnier ou à médire? Avez-vous outragé le prochain par des injures ou des airs de mépris ou des railleries? Avez-vous menti, surtout de manière à nuire au prochain? Avez-vous témoigné contre la vérité devant les tribunaux? Avez-vous manqué de discrétion, en dévoilant des choses que vous deviez tenir secrètes, en lisant des lettres adressées à d'autres? Il y a obligation de réparer le dommage causé par ces péchés.

570. Commandements de l'Eglise. — Avez-vous négligé de sanctifier les fêtes commandées, soit en manquant la messe, soit en vous livrant à des travaux défendus? Avez-vous négligé de remplir l'obligation de la confession annuelle ou de la communion

ftascale, ou avez-vous soufTert que ceux de votre maison l'aient violée? Avez-vous violé a loi du jeûne et de l'abstinence sans dispense légitime? Avez-vous négligé de reprendre vos enfants et vos domestiques, quand ils ne l'ont pas accomplie ?

571 Péchés capitaux. — Avez-vous fait, pour satisfaire votre vanité, des dépenses excessives? On peut, à cet égard, se rendre gravement coupable devant Dieu. Par orgueil, avez-vous méprisé gravement les autres? Avez vous rebuté le pauvre sans lui donner l'aumône ? Vous éles-vous réjoui du malheur d'autrui, et avez-vous été jaloux de la prospérité du prochain? Avez-vous fait trop de dépenses dans les repas? Avezvous fait des excès dans le boire et le manger ? Ou en avez-vous permis à vos enfants? Vous étez-vous mis en colère? Avez-vous négligé d'accomplir vos devoirs d'état? Avezvous perdu votre temps dans des occupations vaines et frivoles.

572. Des interrogations à faire, d'après saint Liguori, aux personnes de divers états qui sont d'une com^cience peu timorée. « Vous avez dit les péchés de l'homme, disait un prêtre à un empereur d'Allemagne, mais vous n'avez pas dit ceux de l'empereur, a Que d'&mes damnées uniquement parce qu'elles n'ont pas rempli leurs devoirs de père, de mère, d'époux et d'enfants, etc. i

ÀiiJt juges : Avei-vous fait acception de personnes? Avez-vous instruit suflisamment la cause avant de juger? Avez-vous fttit traîner les causes en longueur? condamné sans preuve «umsante ou contre la justice?

Aux avocats et avoués : Avez-vous laissé isn^urer à vos riienis que leur cause n'était ni assi-z juste ni assez probable ; avez-vuus exigé un honoraire excessif?

Aux lutldirfi : Avez-vous pris les informations suflLsantes? Avez-vous augmenté ou diminué la l'>)rce de la déposition des témoins? Avez-vous fait des actes injustes, ou bien justes, mtis sans les formalités voulues?

Aux mëdfcina : Ktes-vous suflisamment instruit sur la science médicale? Etudiezvous dans les cas difliciles? Avez-vous donné sans raison la permission de faire gras? Avez-vous donné un remt''de dangereux, avant que l'étal du malade fût désespéré? Avezvous adressé les malades à un pharmacien s^ans science, ou sans remèdes eflicaces? Avezvous donné vos soins aux pauvres en cas de nécessité grave, et, en dehors de ce cas, si vous recevez un salaire à cette fin? Avez-vous omis d'avertir les malades de se confesser, quand la maladie était grave ? Avez-vous négligé de les visiter, arrivant trop lard?

Aux pharmaciena : Avez-vous donné à la mère des remèdes capables de nuire à l'enfant? Avez-vous vendu un remède pour un autre, ou avez-vous vendu trop cher?

Aux marchands : Avez vous fait de faux poids et de fausses mesures? Avez-vous vendu au dessus du prix le plus élevé? et tromper les simples pour acheter au prix infime? Avez-vous acheté des objets volés? Avez-vous fraudé la qualité des marchandises.

Aux tailleurs : Avez-vous retenu les conpons des habits? Avez-vous trouvé une occasion de pt'ché en prenant la mesure des habits à des personnes de sexe différent '?

Aux Courtiers : Avez-v.jus rttenu une partie du prix des marchandises vendues au nom d'un autre, ou avez vous fait payer plus cher ce que vous aviez acheté au nom d'autrui?

Ane h/irhiers : Avez-vous manqué la messe?

.1 /'tiers : Avez-vous trouvé une occasion de péché, en coiffant les personnes

d'u ,' (\Àç;unri, praxis, n. r»5 et suivants.)

/!..,. ,■,;■,,■ liers : Avez vous donné, sans raison grave, du vin aux personnes qui devaient s'enivrer? Avez-vous servi du gras seulement, les jours maigres, quand on ne vous en demandait pas? Avez-vous favorisé ou supporté des désordres dans votre maison ?

§ II. — Des moyens de salut.

)73. Dieu no s'est point content»'', dans sa bonté pour nous, de nous dire,

fiarsescoinniiindeinentsetceux de son Kglise, le bien ipio nous devons faire, e mal que nous devons éviter; il savait «pie [lar notre propre faiblesse nous étions inrapables d'observer ses lois el celles de son Kglise. C'est pourquoi, tout en nmis montrant la voie à suivre, il nous a promis el donné son secours pour y marcber racilemenl ; il a établi des moyens salutaires à l'aide desquels, si nous voulons en user, nous (louvons nous procurer abondamment sa grAce. Il y a la gn\c.e babiluelle. ou l'élal de grAce, que possèdent ceux (pii n'ont aucun péclié mortel sur la conscience et qui jouissent de l'amitié de

llM.,|.

nielles merveilles ne fail pas la vie végétative dans l'oignon d'une tuli[)C, I un lis. il'abord «lans la lige el ensuite dans la (leur.

tjiicis plus grau'ls pnidigi's opère dans un corjis la vie de l'Iiomme, l'Ame humaine! l'oiir le comprendre, il laiit supposer le corps d'une beaiilé, comme celle 'd'KsIber, privée pendant huit jours de la vie. (juel spectacle hnrrible ! (Jiie l'Ame revienne et <-e corps sera ca[»able de ravir Assnérus. ^i une force nalurcllo ojièrc ilo Icis résultais, qu'eu esl-il d'une force surnal'Ile, de la vie divine communiipiée A l'Ame par la grAce ! (.elle gr.'iee est la vie de l'Ame. Combien ceux qui la possèdent soni heu- TCux ! V.n le monde, on ne les distingue pas toujours des autres. Il est dillicile. en hiver, de discerner les arbres vivants de ceux ipii soûl morts ; mais, au priuieiiips, on s'en aperçoit sans elTort. Dans l'autre vie, il sera facile de coin ix qui auront eiila grAce aux l'riiitsde vie, ipTils auront pnidiiits.

Le de l'Amérique préféraient le 1er à l'or, «lont ils ne connaissaient

p»N M' jiri\ : mais en voyant l'ardeur que les Kuropéens mcllaieiil A s. curer ce métal, ils loimneni.-èrenl A l'appréeier. (,>ue l'estime que les onl lail lie la grAce, imus fasse comprendre que l'ainilié de Dieu est h ^.n.> ^rand de tous les biens !

l y u la grAoc actuelle, i\\\\ cal un secours que Dieu nous fournit pour faire

le bien. Sans celte grâce nous ne pouvons rien pour notre salut; mais avec la prAce nous pouvons tout, et nous sommes puissants dans notre faiblesse iiH-'uiP, selon le langaj,'e de saint l'an) (t). Los moyens d'obtenir la grAce sans laijuelle nous ne pouvons rien, ni peu ni beaucoup, sont les sacrements et la pruM-e.

574. I. De» BacrcmeiiUi . — (]'est là un des grands moyens de salut. Notre-Seigncur les a (Mablis pour nous rendre [tarticipanls de ses mt^rites : chacun d'eux est comme un canal par lecpiel découle sur nous la grAce de Dieu. I^es uns nous donnent lamilic de Dieu, quand nous avons le malheur «l'en Mre privés; les autres l'augmentent et la lortifient en nous, (^uand nous la possédons déjà ; mais chacun nous procure une grAce particulière en rapport avec le but que Noire-Seigneur s'est proposé en l'instituant.

il ne faut donc pas juger des sacrements d'après les apparences. Montrez un billet de bantpie à un enfant, il n'y voit qti'un njorceau de papier, avec lequel il s'amuse. Présentez-le à une personne intelligente et au courant des affaires, elle v voit une valeur précieuse qu'elle conserve avec soin, si vous la lui donnez. On homme qui juge d'après les sens, ne voit dans le baptême que de l'eau versée sur la tète d'un l'enfant ; un chrétien éclairé de la foi, y voit la grAce de Jcsus-<;hrist qui lave l'Ame, pendant que l'eau coule sur le front. (Voir w» H2.\.)

« Si quebpi'un dit que les sacrements de la loi nouvelle n'ont pas tous été institués par Noire-Seigneur Jésus-Christ, ou qu'ils sont plus ou moins de sept, savoir : le Baptême, la (ionlirmation, l'Eucharistie, la Pénitence, l'Extrême-Onction^ l'Ordre et le Mariage, ou que (pielqu'un de ces sept n'est pas un vrai sacrement, qu'il soit anathème ! <> Ainsi parle l'Eglise par le saint concile de Trente. Trois sacrements impriment A l'Ame une empreinte, une marque, un caractère inelTa»;able, et par consé(|uent on ne peut les recevoir fju'une fois, (le sont le baptême, la (lonfirmation et l'Ordre.

Les sacrements doivent, pour produire leur elTet, être administrés par les ministres que Dieu a déterminés pour chacun d'entr'eux, et il faut (pie celui (pii les administre ait linlenlion de faire ce que fait l'Eglise et emjtloie la matière et la forme voulues. Le ministre des sacrements agit au nom de Jésus-Christ (pii est leur ministre principal. C'est pourquoi leur elTet ne dépend pas des dispositions de celui qui les administre. Un buisson ne produit pas de raisins, dit-on, c'est vrai; mais la vigne est tellement fécondequellc étend <pielquefois ses rameaux sur des buissons et qu'elle étale ses grapjies sur leurs épines. Le voyageur altéré et «pii voit ces raisins s'en désaltère. Il cueille la grappe et laisse 1' épine. Jésus-Christ c'est la vrai vigne féconde qui étend ses fruits jusque sur les épines d'un ministre qui serait indigne.

Personne ne donne ce qu'il n'a pas ; mais un instrument peut servir à donner ce qu'il n'a pas lui-même et ce qu'un autre a. La plume n'a point de lettres et elle en trace de nombreuses sur le papier. Le pinceau du peintre n'a point de tête, ni de bras, ni de jambes, et il les reproduit dans un tableau. Le domestique d'un grand seigneur peut être bien pauvre, et il peut avoir commission de son maître de vous donner une forte .somme.

Le prêtre dans les sacrements est l'instniment de Jésus-Christ : il peut donc, n'eùt-il pas lui-même la grAce, vous la donner de sa part. Dieu envoya des pains au prophète Elle dans le désert, une fois par un ange, une autre fois par un corbeau. Elle ne s'en plaignit pas et ne songea qu'à bénir la Providence cpii veillait sur lui. Quand un homme est en prison, se plainl-il de ce que le prince lui envoie sa grâce par un messager contrefait ou mal vêtu ?. Un médecin malade peut quand même guérir un malade: il im[)orlc [leu que la

(1) Il est nécessaire, (oalefois, de coopérer à la grâce.

Deux solitaires transportaient de la terre dans des sacs, et le plus jeune s'impatientait toujours. L'autre l'invitait à la patience, lui disani de la demander à Dieu. < Il y a longtemps que je la demande, répondit le plus jeune. » Alors le plus âgé l'invite à l'aider à cliarger son sac, l'autre obéit et y met toutes ses forces; mais pendant qu'il soulevait le sac, le plus âgé le retenait tant qu'il pouvait, et le sac retomba à terre. « Que vous sert mon secours, s'écria le jeune ermite, si vous cherchez à le rendre inutile? — Et que nous sert la grâce de Dieu, si, après l'avoir obtenue, nous n'y coopérons pas et si nous y résistons?

semonce soit jetée dans un champ par une main blanche ou par la main d'un lépreux, que l'eau qui arrose une prairie passe par un canal d'argent ou par un canal de pUmil).

Les sacrements par eux-mcmos produisent la grAce dans celui «pii les reçoit ; mais cette grAce est plus ou moins abondante selon les dispositions plus ou moins parraitcs du sujet. Le l'eu hnile tant qu'il peut, si un bois pren<l l'eu plus diriicileuicnl qu'un autre c'est qu'il est trop vert. Le soleil par lui-même remplit l'air de lumières, mais les nuages peuvent empêcher sa lumière d'éclairer l'air. De là la néi'essitc de se préparer à les recevoir.

Si vous étiez en présence d'un coffre plein de pièces d'or et qu'on vous permit d'en prendre vos pleines mains ; si ayant les mains pleines de terre ou de paille, vous n'en saisissiez des extrémités du doigt (piecmq ou six, ne serait-ce pas votre faute ? Hélas! c'est ce qui arrive à ceux qui s'approchent des sacrements le cœur plein de pensées terrestres o\i de bagatelles.

575. IjC Baptême. — 1*> ^S'« nécei^sité. Sans le baptême, personne ne peut êtreatlmis dans le sein de l'Eglise catholique, ni participer aux autres sacrements. Par le baptême nous devenons chrétiens ; ef saint Louis, roi de France, était plus fier de son titre de chrétien que de celui de roi ; et au lieu de signer, Louis, roi de France, il signai! Louis de Poissy, parce que c'est à Poissy qu'il avait été baptisé (1) (v. no 480.).

Par conséquent, 1" obligation grave pour les parents de faire baptiser leurs enfants, lors même «pi'ils viendraient au monde peu après avoir été conçus. Si ime femme venait à moin-ir avant de mettre son enfant au monde, il faudrait que les parents prissent leurs mesures pour baptiser l'enfant qui ne meurt pas toujours en même temps que sa mère. 2° Différer pendant longtemps le baptême à un enfant, c'est une faute; ef, s'il y avait danger de mort, un délai serait bien plus criminel encore (2).

576. 2« Ses effets. — L'effet du baptême est de laver l'Ame, de la pux'ifier

(t) I>e général Drouot, comte de l'Empire, aide de camp de Napoléon I«*, qui l'appelait le sage de la grande armée, disait à l'empereur qu'il ne désirait qu'une chose, d'habiter sur la paroisse où il avait été baptisé.

L'idée de son baptême, par lequel il avait été fait enfant de Dieu, pénétrait son cœur d'un pieux souvenir, et l'église où il avait reçu ce sacrement de vie formait pour lui, avec tout son territoire, une patrie spirituelle, qui ne lui était pas moins chère que la patrie temporelle.

(2) Saint Augustin raconte qu'une femme, ayant vu mourir son enfant avant qu'il reçût le bapiéme, était inconsolable. Elle courut à l'oratoire de saint Etienne, et fît la prière suivante.» .Saint martyr, vous voyez que j'ai perdu toute ma consolation. Rendez-moi mon enfant, alin que je puisse le retrouver devant celui qui vous a couronné. » Elle pria jusqu'à ce que l'enfant fût ressuscité. On le baptisa et bientôt après il mourut ; et la mère, tout heureuse, le porta au tombeau : Elle avait l'espoir de le retrouver dans le sein de Dieu.

Un chrétien engendre un enfant qui est homme, mais qui n'est pas chrétien ; car il l'engendre non en lunt qu'il est chrétien ; maisen tant qu'il est homme. Nos parents nous communiquent le péché uriginel qu'ils n'ont plus, et non les autres péchés dont ils sontcou- Cables, car pn cnjondranl on communique la nature, et non les qualités de la personne. D savati un enfant ignorant. Vous semez un grain qui est dépouillé de toute

paille et ^ ez du froment enfermé dans l'épi ; vous semez un pépin de pomme

reinf " ■ .-z qu'un sauvageon qui aura besoin d'être greffé.

<j us d'être .sujet à la migraine ou privé de la vue 7 être sujet à

la iii ii; peine de sens ; être privé de la vue, c'est une peine de dam. Vous

voyez (Jolie par là qu'une peine de dam et de privation peut être souvent plus à craindre qu'une peine qui afflige les sens. Et si c'est une ni grande disgrâce d'être privé de la vue qui nous Ost commune .ivec les moucherori :: (ilus d êtres privés de la vue qui

nous csi ri.nuiiune a\(c ii-s archanges I S Me que c'est un si grand mal. de

ne point voir des jardius, des niawon» et i.. , ..es, combien plus de ne voir point

Dieu qui est l'assemblage et le trésor de luutes sortes de biens'. Oatendnm lihi omne bonum. Si c'est un malheur si sensible que d'être privé de la lumière corporelle pour un on peu de temps, combien plus d'être privé de la lumière spirituelle et divine pour une éterniié: L'enfant mort-né en sera privé, ne vous y trompez pas; c'est un article de

foi. •' "'"' ■ '■ '•■•-- ' •■'■' '•• ■'■■'■ ■'■• - -t l'aul : /» .1./am

oni nt Jean ; no 1 1rs

pa> 1 L'n bon linimnf

dont saint Augubliu parle, était luuibe dans un puits prufuiid uu il y avait assez d'eau

du p^ché originel et, si celui qui est baptisé était déjà avancé en Age, de tous les péchés qii il aurait i-oirimis depuis l'usage de la raison. F)e plus, le haplAme délivre l'Ame de hiules les peines dues an péché, en sorte «pie celui (pii meurt après le baptême ne passe pas par le purgatoire (1).

pour l'empêcher de se blesser, mais par bonheur il n'y en avait pas assez poar le noyer. L'a de ses amis, passant par là et l'enlendant crier, s'approche du puils et lui dit ; Kt comment êtes- vous tombé là? Il répond iSungez plutôt, luidit-il, comment vous m'en retirerez. Ainsi il iinpurte peu de savoir comment les hommes tombent tous dans le picbé par la désobéissance d'Adam ; mais il importe beaucoup de savoir comment il Taut les en retirer. Et c'est le baptême qui les puiifie de toute souillure. Nous l'avons reçu, ayons soin d'en conserver les effets.

Quelques auteurs assurent que Constantin avant sa conversion au christianisme, était infecté de la lèpre, et que les mi'decins lui avaient dit que, pour guérir, il fallait se faire un bain de sang humain, il se disposait à faire égorger plusieurs petits enfants pour avoir de leur sang; saint Pierre lui apparut, et lui donnant horreur d'une cruauté si détestable, lui dit qu'il devait plu'ot se baigner dans les eaux salutaires du baptême : ce qu'ayant fait, il se trouva entièrement guéri. Mais supposions qu'il ei^t suivi le conseil des médecins, et qu'ayant été nettoyé de sa lèpre dans le sang de ces petits enfants, il eût été si mal avisé que de hanter les lépreux et d'en reprendre le mal, qu'en eût-on dit? qu'en eût-on pensé? n'eûl-on pas dit qu'il méritait bien de n'en être jamais délivré? Vous étiez atteint de la maudite lèpre du péché, le Fils de Dieu vous en a affranchi par le baptême, en vous baignant en son sang adorable, dont la moindre goutte est mille fois plus précieuse que le sang de tous les enfants du monde ; ne serez-vou<: pas bien misérable, si pour un plaisir sensuel ou pour une folle pa.ssion, vous retombez dans le péché ! Ne le faites pas, jeunes gens, si vous êtes sages! Ne le faites pas, jeunes tilles I si vous avez encore la grâce baptismale, si vous êtes encore revêtue de cette belle robe, que saint Augustin appelle la robe de soïp, ve<item holosericum, de cette robe d'innocence qu'on vous adonnée au baptême, conservez-la soigneusement. Il n'y a point d'étofle si pn''cieu8e que la soie, mais il n'y a point aussi d'au.«si difiicile à nettoyer, quand elle est une fois g&lée : il n'est rien d'aussi grande valeur que l'innocence; rien d'aussi difficile à recouvrer, quand elle est une fois perdue.

(1) Nos corps deviennent les membres de Jésus-Christ ; de là découle le respect que nous nous devons à nous-mêmes. Ne serait-ce pas une difformité monstrueuse et bien dénaturée, si au chef, à la tête d'un très bel homme était joint un corps, de bête brute? si quelqu'un avait une tête d'homme, des pattes de lion, un corps de pourceau, une queue de serpent : Jésus est le chef de l'Kglise, nous en sommes les membres : quel déshonneur lui faisons-nous, quelle monstruosité mettons-nous dans son corps en lui étant si dissemblables? Il est doux comme un agneau, pur comme les rayons du soleil, et simple comme une colombe, et nous sommes farouches comme des lions, immondes comme des pourceaux et trompeurs comme des serpents. Fensons-nous qu'on puisse souffrir dans le ciel une telle difformité, que nous puissions lui être associés dans la vie de la gloire, en lui étant si dissemblables dans la vie de la grâce ? Je vous demanderai volontiers, mes Frères, si quand vous êtes venus dans cette église, votre tête est entrée par une porte, vos pieds et vos mains par une autre? Il est clairet indubitable, qu'il faut que le chef et les membres passent par un même chemin, qu'ils entrent par une même porte. Or, par quelle voie est-ce que Jésus-Christ est entré au ciel ? il le répète si souvent : Oportuit Cliristum pnli et ita inlrnre in gloriam siiam. Oportuil, c'a été une nécessité; donc il nous faut passer par là. ou bien n'y pas être reçus.

Bérenger, comte de Provence, qui fut depuis beau père de saint Louis, s'étant jeté dans de mauvaises affaires et étant presque réduit à l'extrémité par ses grandes profusions, un pèlerin se présente à lui; il le reçoit en sa maison; le voyant adroit, il lui met entre les mains l'économie de sa maison, et la surintendance de ses affaires. Il s'en acquitte si adroitement et avec tant de bonheur, qu'en fort peu de temps il dégage la maison du comte, il la décharge de toutes ses dettes, il triple son revenu, il remplit sescofTres d'or et d'argent ; il fait même de grands biens à tous les gens de mérite; il met cette famille dans une telle prospérité, que le comte ayant quatre filles, elles fuient mariées toutes quatre à des rois. Ce bon pèlerin ayant ainsi remis cette maison, voyant que des envieux le calomniaient auprès de son mattre.et disaientqu'll ne lui était point fidèle, il lui rend un compte exactde sa gestion et s'en va comme il était venu, le bâton à la main Ce départ ne fut-il pas un grand désastre pour cette maison ? Mais supposons que le comte, sentant combien il lui était néce-issaire, l'eùi rappelé, et que deux mois après, sans aucun sujet, il l'eût pris par les épaules, et lui eut dit : Sortez d'ici, on n'a que faire de vous; que quelques temps après, il l'eût encore rappelé, et puis chassé honteusement, qu'il l'eût ainsi fait dix ou douze fois de suite, qu'en eût-on pensé? N'eûl-on pas ditque le comte méritait que les enfants le montrassent au doigt, et qu'on lui jetât de la boue par les rues? Voilà cependant ce que vous faites, non pas à un pèlerin, à un valet ou à un homme, mais à un Dieu ; il y a doute, quinze et vingt ans. Le Saint*Espril est entré en votre &me par ie baptême, il a

SACBEMENTS 199

577. 3» Le minutrf de ce sacretnent. — (^est le curé ou un autre prt^tre, qui a obtenu la permission du curé, qui administre ordinairement le sacrement de baptt-me ; mais comme ce sacrement est si nécessaire, Dieu dans sa miséricorde n"a pas voulu uue personne en fiît privé, cl il veut cpj'en cas de I toute personne, homme ou femme, même hérétique ou infidèle,

, nner le baptême en avant l'intention de faire ce que fait l'Eglise.

■ ûr^. \'> Matière et forme. — Voici maintenant ce qui est requis pour donner le baptême : \) de l'eau naturelle, de l'eau de pluie, de fontaine qu'on verse sur la tête de l'enfant, et en cas de nécessité, si on ne pouvait pas la verser sur la tète de l'enfant, on la verserait sur la poitrine, sur les épaules, ou sur toute autre partie du corps ; 2) Kn même temps qu'on verse I eau, il faut prononcer nécessairement ces paroles ; Kniant, je te baptise au nom du l'ère, et du Kils et du Saint-Ksprit. On ne peut omettre le moi je te baptise. Si donc on se contentait de tlire, en versant l'eau; .\u nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit., Venfanl ne serait pas baptisé. Il faut même éviter d'omettre le petit mol et : ainsi il ne faut pas dire ; Je le baptise au nom du Père, 'lu Kils, du Saint-Ksprit ; mais bien : Je te baptise au nom du Père et du Fils et liii "^aint-Ksprit. 3) Il faut de plus un parrain et une marraine, mais pas plus. <■ t'st un abus étrange d'inviter An baptême des jeunes gens de différent sexe qui, à celle occasion, se livrent à des fêles mondaines, à des conversations coupables. C'est un devoir pour les parents de faire cesser un tel usa^e et de le bannir de leurs maisons. Uappelons-nous souvent les promesses de noire baptême et examinons si nous v avons été fidèles (1).

payé toutes ses dettes, il l'a enricliie, anoblie, dotée, comblée de grâces, mariée au Roi des rois, vous le chassez honteusement de votre cœur, pour y recevoir son ennemi ; vous vous ravisez, et le rappelez chez vous, quand vous allez à confesse; et quinze jours après, vous lui dites : Relirez vous d'ici, on n'a que faire de vous, on y aime bien mieux Satan. Vous faites ainsi tous les ans, deux fuis, quatre fois, huit fois; et pour huit jours que le Saint-Esprit possède voire cœur, Satan le possède trois mois : Quelle horrible indignité? Quelle monstrueuse inj^ralitudel Quel atTront effroyable au Saint-Esprit ! Pensezvous que celte injure soit de mince conséquence ? pensez-vous qu'il soit aisé d'obtenir pardon d'un tel outrage! (Le Jeuie).

[a) An xiu* siècle, un prince mongol, Usun-Cassan, qui était païen, épousa la fille du roi d'Armt'-nie. qui était fervente chrétienne. Quand elle fut sur le point de devenir mère, le père défendit de faire baptiser l'enfant. La pieuse princesse priait Dieu avec larmes de changer le cœur de son mari. Dieu récompensa sa foi par un miracle. L'enfant naquit, mais portant sur son visage l'image du péché originel. Jamais on ne vit d'enfant plus hideux. Usun en parut au désespoir. La mère lui dit que le baptême seul pourrait faire disparaître celte laideur. Usun se laissa fléchir; et une fois baptisé, l'enfant devint beau comme un ange. Son père, ravi de ce prodige, embrassa la foi chrétienne.

(b) Ingo, duc de Carinthie, voulut un jour rendre sensible à tous ses sujets la noblesse que donne au chrétien le baptême. Il invita k un grand repas un grand nombre de pauvres qui étaient baptisés, et tous les nobles de son royaume qui n'étaient pas encore chrétiens. La table des nobles fut dressée dans une cour, et le duc ne leur fit servir que des mets grostiers; les pauvres, au contraire, furent admis à la table du duc, qui les traita avec une grande magnificence. A la lin du repas, les nobles furieux, lui demandèrent la raisc)n de cette conduite. «Ces pauvres, leur dii-il avec calme, sont les enfants de Dieu et méritent par là même tout honneur. Dès que vous vous en serez rendus dignes, par le baptême, vuus y aurez le même druit, » La leçon porta ses fruits, el bientât tous les grands se tirent chrétiens.

(1) (n) On raconte d'Alexandre le Grand, ce conquérant fameux, qu'on lui amena un jour un pirate ct'U'^hre par ses brigandages. Le prince lui demanda son nom. « Je m'appelle Alfxan.lr.'. mii mlit le pirate. — Il te faut changer de nom ou de profession, • rel>r t noire aom de chrétien, ou vivons selon les engagements con-

Ir

:r recule baptême, renonça à la foi de Jésus-Christ, et de- Vi es. Il cita à son tribunal le saint diacre Muritn. qui avait

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nilé. ■ A cp lan^ac'c Klp relira confus.

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^ ' passa an camp n II. Ce

•1' t iidltre, lui fil les i- . ...t , .-sse», »il

200 OLOSR

579. I<a Confirmation. — Par le baptême nous devenons les enfants de Dieu ; j>ar la coiilirmiilion. les soldats do Jcsus-(.'hrisl. O sacromeni donne au chrt'tipn la |»l('niliide des dons du Saint-Kspril, afin d'ailirnier en lui la foi el de le porter à la délentire généreusement. I.e Saint-Esprit, rest la troisième Personne de la sainte Trinité, vrai Dieu comme le l'ère et le Fils. (V. Kffets, n» 18U8).

riSO. 1) Sa nécessité. Quoique ce sacrement ne soit pas absolument nécessaire pour aller au Ciel, celui qui par sa faute négligerait de le recevoir, commetlrait une faute ; cl si quelipie personne déjà avancée en Age n'avait pas reru ce sacrement, elle devrait en parlera son confe.sseiu", el ensuite se présenter à IKvèque, dès qu'il administrera ce sacrement dans la paroisse, ou dans les paroisses voisines (1).

r>St. 2) /-e ministre. L'Kvê(pic, ou un prêtre ayant reçu ce i»ouvoir du Souverain l'ftnlife, peuvent seuls donner la con(irmali(m.

;>Si. S) Matière et forme. Il faut être présent, quami on reçoit ce sacrement, à rimi»osilion des mains de IKvèque qui se fait au commencement de la cérémonie, et surtoid il est nécessaire de recevoir l'onction <pie riOvèque fait au front de chaipie confinnand avec le saint chrême, qui est un mélange d'huile et de baume. Pendant cette onction. llOvêcpie appelant le confirmand par son nom. lui dit : .le vous nianpic du signe de la croix, et je vous confirme parle chrême ilu salut, au non» du Père, et du Fils et du Saint-Fsprit ; et c'est alors que le confirmand reçoit le sacrement.

58:i. -4) Af confirmand i\oA [a) être instruit des principaux mystères, delà foi ; (b) être en état de grAce ; ce serait un sacrilège de recevoir la conlirmation avec une faute grave siu' la conscience. Il est donc bien de s'y préparer par la confession ; mais il nesl pas nécessaire d'être à jeun pour le recevoir. Avons-nous le courage chrétien que ce sacrement nous a inspiré, et ne rougissons-nous j)as quel(piefois par respect humain des devoii-s que la religion nous impose et des prati(pies (juclle encourage ?

riSi. It'Eiicliaristie. i» — C'est un sacrement qui contient réellement et en vérité, le corps, le sang, l'Ame, la divinité de Notre-Seigneur Jésus- (Ihrist. Le même Fils de Dieu qui s'est fait homme, (|ui est né dans ime étable. qui est mort pour nous sur la croix, qui est remonté au Ciel après sa résurrection, est reellementdansrKucharistie.il est toid entier, soit dans l'hostie ou une parcelle d'hostie, sous l'apparence du pain, soit dans le cali(;e, sous l'ajiparence du vin. Kn vertu de la loute-[)uissance de Dieu, qui l'a ainsi voulu dans son amour pour nous, les paroles de la consécration, qui sont prononcées par le prêtre à l'autel, font perdre au pain el au vin leur substance et les changent au corps et au sang de .lésus-tlhrisl.

r)85. 2» Effets : \) (ioinme le pain terrestre nourrit le corps, de même le jiain céleste nourrit l'Ame : il conserve en nous la vie spirituelle. 2) Il nous sert de remède, nous [Mirilianl des fautes vénielles et nous préservant des fautes mortelles. 'X) Il déj)ose en notre corps \\n germe de résurreclion el de gloire.

58(J. 3» Dispositions : i) Du corps : (a) Il faut ôtre à jeun, c'est-à-dire n'avoir ni bu ni manger depuis minuit ; n'eùt-on avalé volontairement qu'une

lui indiquait les endroits faibles de la place. Le cliréticn révéla tout ; et quand .Soliman se fut emparé de la place, il vint lui demander la récompen.se de sa perfidie.* Misérable, répiindil Soliman, je vais le donner ce que tu mérites. » Kl aussitôt il donna ordre de se saisir de lui et de récorcher tout vivant. Au jour de .«es vengeances, le Seigneur punira d'une manière terrible ceux qui auront trahi les serments de leur baptême.

(1) (a) Dn certain Novatus, qui avait été converti à la foi, apostasia pendant les persécutions; et les fldèles crurent que cette lâcheté et cette chute avait pour cause sa népligence à recevoir le sacrement de confirmation.

(6) Thémistccle dit aux Athéniens qui reioutaient un général crélois nommé Theulides : « r<e craignez pas Theulides, car s'il a une épée. il n'a pas le courage de la tirer dn fourreau. » On peut tenir un semblable langage de ceux qui ont été baptisés et non confirmés.

(c) Les missionnaires du Japon au xvii» siècle assuraient qu'ils n'avaient vu nulle part les chrétiens recevoir avec autant de piété le sacrement de confirmation qu'au Japon, aussi le Japon fournit-il dans ce sièc e, deux millions de mar'yrs.

goutt<» d'eau, une tniolte de pain, on ne pourrait pas communier sans faire une Kai'riléue ; mais si on porte quelque rliose à sa houolie el (juon le rejette aussitôt sans avoir rien avalé, ou bien si Ion est pas sûr d'avoir avalé quelque chose, on |»eut roFiununier. {b] Il convient «l'être vêtu pro[)rement, mais modestement. I»es liattits pauvres, mais propres, sont bien vus du Dieu qui aime les pauvres ; une mise riche, mais immodeste, l'olTenserait.

il De idme. Il faut être en état de grAce. c'est-à-dire n'avoir aucun péché mortel sur la conscience. Si on a eu le malheur de commettre un péché mortel, t'est une obligation grave de se confesser avant de communier. Il ne suffirait pas dans ce cas de se préparer à la communion par la contrition parfaite, l'n péché oublié involontairement en confession n'empêche pas une bonne communion ; on va sans crainte à la table sainte, même avec un péché oublié ; mais on ne manque pas de l'accuser ensuite, dans sa plus prochaine confession. L'n péché véniel, commis depuis l'absolution reçue, n'empêche pas non plus de faire une bonne communion.

587. 4" Ohlif/ution iff communier : 1) Au temps pascal ; 2) A l'article de la mort. L'obligation de communier en danger de mort existe même pour les enfants ; dos qu'ils sont en état de se confesser, ils peuvent et doivent recevoir le viatique. Les parents seraient donc bien coupables, s'ils laissaient mourir un enfant de sept ans sans le faire confesser et communier ; il faudrait même faire recevoir ces sacrements ù des enfants plus jeunes, s'ils étaient ca|)ables de discerner le bien du mal et l'Eucharistie d'un pain ordinaire. Pour exhorter un malade à recevoir le viatique et avertir le prêtre, il faut bien se ganler d'attendre que l'état du malade soit désespéré. On risjjuerait par ces retards de compromettre son salut étemel, et on le priverait «l'un secours puissant (1).

r)SS. 3) « On dr)it savoir, ajoute saint Liguori, qu'il est très ditlicile de se iii;iititcnir dans la gnlce <ic Dieu, «piaml on se contente de comunmier une fdis cliaqiit' année, comme font ceux qui ont peu de soin de leur salut éternel. L'expérience prouve, ainsi que la raison, qu'une Ame longtemps privée de cette ilivine nourriture ne peut guère avoir la force de résister aux tentations et qu'elle tombe facilement dans le péché. Les personnes qui s'appli- «juent à la vie spirituelle (A la vie de foi), en faisant l'oraison mentale et en s'îilistenanl mêuje des péchés véniels délibérés (c'est-à-dire faits avec une |il.iiic connaissance), peuvent communier plusieurs fois par semaine avec I iws de leur confesseur.

u l'our celles ipii mènent une vie tiède, elles feront bien de comnuinier tous

les dimanches, ou au moins tous les quinze jours, afin »pi'elles |)uissent se

dans la grâce de Dieu. » (T. .Wl. p. '.^)l.) L'Eucharistie est en même

- un sacrilice. c'est-à-dire qu'à la sainte messe Notre-Seigneur s'im-

III • I omnie sur le calvaire, quoiipie dime manière non sanglante, et il s'y

uili ,• a sou l'cre pour notre salut.

.>;.i. Le fiiMrrenient de pénitence on Ia confesnion. — 1* Définition ef e/fi-tg. — .Ndtrc-Scigiicur a ilil A ses ministres : Je rons (tonnerai /.,. - l,'fs lin rni/fiiiine des rieii.r, les péchés seront remis à reu.r à qui vous mettre:. C'est en vertu de ce pouvoir que les prêtres donnent Vabsolu- ■ si\ iMiiitcl.u hi.Mi ,liv:r,Msés. (lesl là Ic sacreuient de Pénitence, qui après le baptême, et donne à celui qui le reçoit , ter aux tentations.

WM). t" htufiosition. 1) Im foi. Sans elle impossible «le plaire à Dieu. (On peut en rappeler les UHttifs et les princi|>nux mvsières.) i) I.' espérance. S/te > farti siimtis (en rappeler au besoin les motifs qui sont la promesse, la I - tnce, la bonté el la lidélilé de Dieu, les nu-rites de .Noire-Seigneur.) En i'i. iiarani A labsolutiiu). on ferait avec fruit ilevanl le peufde les actes de loi cl d'esj»érHnce. l'invitant à les produire.) 3) Ln prière. Sans Dieu nous ne pouvons rien. ImpoKoible de nous relever s'il ne nous tend la main. Appe-

(t) U général Drouot venait d'élrc sérieusement malade, en voyant arriver son médecin : « Docteur, dit-il, Je suis mieux. • l.e docteur constatant en efTel un mieux tn^s seosible : « O'oû vient, dit-il, cette amélioration? — J'ai communié ce matin •, répondit le général.

202 (ÎLOSE

lons-le donc à notre secours. Mon Jésus, miséricorde ! Couverte me et convertar.

.V.M. 4) L'examen. Par une négligence grave dans l'examen, oublier une ou pitisiours fautes graves, c'est faire ime mauvaise confession. Il faut donc panoiirir les ronimandenjcnts de Dieu et de l'Kglise et voir on rjuoi on les a îransgressés. Si on ne sait pas s'examiner, on chorrlie ce «juc l'on |)eiit trouver. Si t)n sait lire, on se sert d'un livre ; et on prie ensuite au besoin le confesseur de comjtléter lui-mCnie l'examen.

V\\)t. 5) La confession. Il faut fiire tous ses péchés mortels au moins, il n'est pas absolument nécessaire de dire les pécbés véniels. Dans le doute, si un péclié est f;rave, interrogez simplement votre confesseur. 11 faut <le plus rlire les espèces dilTérentes <les péchés njortels. Il ne sultit jtas de dire ; j'ai péclié ; il faut <lire cpielle sorte de [>éclié on a fait, si c'est un blasphème, un vol. H ne sullil pas même de dire : .lai péché contre la pureté, il faut expliquer quelle sorte de faute contre la pureté on a commise. 11 est nécessaire d'accuser de [dus les circonstances qui rendent un péché de véniel mortel; ainsi il ne suflit pas de dire: .lai médit ; il faut dire si c'est en matière grave, comme ce ne .serait pas assez «le dire : .l'ai volé ; il faut dire si on a volé une chose de valeur.

On est obligé de plus de dire le nombre des péchés mortels, aussi exact que possible: dire qu'on a fait dix péchés mortels, quand on est sûr d'en avoir fait onze, c'est faire une confession sacrilège. Si on ne peut pas trouver le nombre exact, il faut dire : .l'ai commis ce péché tant de fois environ ; si on a l'habitude malheureuse d';v' tomber fréquemment, on accuse environ, à peu près, aussi bien <pie possible, combien de fois par jour, par semaine ou par mois on a fait ces chutes et pemlaiit combien d'années. Si on ne sait pas expliquer certains péchés, ou .si l'on n'ose pas les dire, on prie le confesseur de vouloir bien aider à en faire l'aveu, et il le fera de bon cœur.

6) La contrition. Point de douleur du péché, point de pardon. Ou l'horreur du péché mortel dans le cteur, ou l'enfer. On s'excite à la contrition, en pensant au ciel <pie le péché nous fait perdre, à l'enfer qu'il nous mérite, à la passion de iNotre-Seigneur (pi'il a causée, aux perfections infinies de Dieu qu'il outrage.

riyiî. 7) Sans la résolution d'éviter le péché et de se corriger de ses mauvaises habitudes, il n'y a point de contrition sincère, et par conséqiient pas de bonne confession. Il ne sulTit pas d'être déterminé à éviter le péché", il faut de plus promettre sincèrement à Dieu de fuir les occasions volontaires et prochaines de l'ollcnser gravement, les mauvaises com|>agnies, les fréquentations dangereuses, les mauvaises lectures. Knfin, il faut être déteriumé à prier assez souvent et à s'approcher assez régulièrement des sacrements, nour éviter le péché ujortel au moins. Avec ces dispositions, on reçoit infailliblement le pardon de ses fautes.

594. li^ExIréme-Onclion. — i» « C'est un sacrement par lequel le malade, en danger de mort, reçoit, au moyen de l'onction que lui fait le pré- Ire, lagrftce de résister aux tentations du démon, de supporter patiemment les peines de la maladie, et nu^me d'en guérir, si la guérison est utile au bien de son âme. » (Liguori, ,\VI, <>00.) Les malades qui redoutent ce sacrement, sont donc comme ceux qui ont horreur des remèdes qui les pourraient guérir ; et c'est une folie d'attendre pour recevoir ce sacrement «ju'il n'y ait plus d'espoir. Onand vous serez malades, demandez au.ssitot ce tlivin remède qui a souvent réussi, là où tous ceux de la terre avaient été impuissants ; et quand vous avez un malade chez vous ou dans votre voisinage, vite déterminez-le à recevoir tous les sacrements et appelez un prêtre. < lest un des plus grands actes de charité que vous puissiez faire.

Les saints Docteui-s n'excusent pas de péché ceux qui refu.seraient ce sacrement en danger de mort ; et les enfants qui ont l'usage de la raison peuvent et doivent le recevoir comme les grandes personnes. Les parents (1) seraient donc coupables de les laisser mourir sans leur faire administrer ce sacre-

(\) (a) Le Dauphin, père de Loui» XV. apprenant qu'on de ses vieux sfrvileurs se mourait sans songera recevoir les sacrementâ, voulut lui envoyer son propre confesseur; puis il fit mieux, ij se rendit lui-même auprès de lui, i'exhoria à faire ses devoirs reli*

crement. Rien de plus utile que de prier un parent, un ami sincère, un médecin vertueux de nous avertir à temps du danger de mort, afin de nous mettre en rt'i;le avor Dieu. Malheur à ceux qui s'enlourent à la mort de gens qui écarteront le pn''tre ou les laisseront, jusqu'à la fin, dans l'illusion sur leur état ! Il arrive parfois que les parents égarés par une folle douleur, pleurent et se désespèrent autour des mourants, au lieu de les aider à bien mourir en leur inspirant des actes d'amour de Dieu et de contrition. Quel aveuglement (1)!

pieoT. Le pauvre mouiant fut si touché de cette démarche de son bon maître, qu'il se prépara aussitôt à recevoir les sacrements et fil une mi>rl chrétienne.

(b) Mgr de Cabr ères, évéque de Montpellier, visitant le général Arbo, étendu sur son lit de mort, et l'invitant à se confesser, reçut de lui cette réponse: « Croyez- vous, Monwieneur. que l'on puisse présenter f^a poitrine aux coups de l'ennemi et ne pas élever le rt ' n âme vers le maître de la vie? i» L« général Arbo se confessa et mourut ea

K»ireur Othon II(, l'élève de Gerbert, devenu Sylvestre H, tomba malade au

moment où il donnait à l'Eglii^e et au monde les plus grandes espérances. Il demanda aussitôt à recevoir les sacrements. On lui dit que son étal n'avait rien de grave. « A la fièvre du corps, répondit-il, il ne faut pas ajouter celle de l'àme. » Il se confessa donc avec une grande piété et mourut peu après, à l'âge de 2i ans.

(i) {ai Le Dauphin, père de Louis XVI, avait prié son médecin de lui rendre ce grand service, et au niument venu, le médecin l'avertit en effet : « La Breuiile, répundit-il, je reconnais ici que vous êtes un honnête homme, je vous ai toujours aimé et je vois que vous le méritez. » Et il fit aussitôt appeler son confesseur.

(6) Dans une crise terrible que subit avant sa mort le pieux Dauphin dont nous venons de parler, sa femme, au lieu de se lamenter comme les autres, détacha un crucifix, le colla sur les lèvres du malade, et l'exhorta à remettre son âme entre les mains de Dieu. « Quelle digne femme, dit le prince; après avoir fait le bonheur de ma vie, elle m'aide encore à bien mourir ! »

(o Le célèbre poète Lamartine a écrit de sa mère : «< Je l'ai vue souvent assise, debout ou à genoux au chevet de ces grabats des chaumières, on dans les éiables où les paysans couchent, essuyer de ses mains la sueur froide des pauvres mourants, les retourner sous leurs couvertures, leur réciter les prières des derniers moments, et attendre patiemment des heures entières que leur âme eût passé à Dieu au son de sa douce voix. »

(d) Le général d'Eudeville, commandant supérieur du génie en Algérie en 1877, devenu malade, demanda aussitôt les sacrements. A ceux qui lui disaient : Votre état ne l'exige pas encore ». il répondit: « 11 n'est jamais trop tôt, quand il s'agit de régler les affaires de sa conscience. ».

{e/ Louis XIV, voyant sa mère gravement malade, fit appeler les médecins qui lui donnaient des soins, ei leur dit : € Il est temps d'exhorter la reine à songer à la mort. L'un d'eux lui dit : « Sire, il serait à craindre que cette nouvelle ne h&làt sa fin i Le roi se récria : « Voulez-vous donc qu'elle meure sans sacrements après une nciii.iii- Mf. viv riii.is ! Cela ne me sera pas reproché », et il donna des ordres pour qu'on I voir les sacrements; ei après qu'elle eût reçu le saint Viatique, il alla

il <;,'nerla sainte Eucharistie jusqu'à la paroisse.

I.a pierre tle tuuche de l'amitié véritable, c'est l'adversité, le malheur. N.-S. est notre véritable ami, il a institué un sacrement exprès pour nous fortifier pendant noire dernière maladie, à ce moment où les honneurs, les richesses, les amis de ce monde ou nous quittent ou ne peuvent rien pour nous.

L'hi'ile signifie la force que ce sacrement donne à l'athlète chrétien dans la dernière lutte. Elle signifie aussi la miséricorde. Il aurait fallu durant toute sa vie racheter ses péchés par des aumônes, mais si vous y avez manqué, si vous n'avez pas fait porter la lampe devant vous, faites-la au moins suivre après vous, pour n'être pas tout-à-fait en ténèbres, quand vous irez en l'autre monde ; au moins que l'huile sainte qu'on vous donnp V .<w .vHPiisse de la miséricorde que vous devez exercer par voire testament envers I' '. et les pauvres

t admirablement : Vous êtes économe et amoureux de vous-même; mais vous ne l'éics pas assez ; je vous exhorte à l'être encore davantage. Quand on vous recommande l'aumône, vous dites que vous craignez d'en avoir besoin, (|uc la rharité bien r^*"'^" H'nce par S' " "^ ' "^ ' y a en cela quelque apparence ' mai»

•; 'Hes au lit s laissez vos biens à des giî 'US

en aucun gré, <; , ;x ce que vous aurez am.isvr ^ 'UW-

te, qu'est devenue cette chante, qui doit commencer par soi nién.> > lu votre

amour-propre? N'avez*vous pas peur d'avoir besoin de vos biens ? ^ lanl vos

richesses, aimez-les à la mort aussi bien qu'en la vie : emportez-les en i'ai:tre monde, elles vous y seront plus nécessaires qu'en celui-ci. Vous craignez tant la pauvreté, crai>

ÎS95. Jo Effpts. Ce sacrement a In vertu d'effarer les Tantes qui ne seraient point enc<»re ex|tii''Os cl lave les restes des |M'rhé8, c'osl-à-dire <iiril nous déli- Tre lies peines leiri[)oreIies dont nous sommes redevables à Dieu pour les fautes rnumiiscs ol il purge noire Ame de l'obscurité de res|»rit, delà rlurelé du cœur, do raltjubeuienl A la terre «pie les péchés avaient produits en nous. (Voir ci-dessus, les autres effets, n» 594 {\).

gncx aussi celle de l'autre vie; n'étes-vous pas plus cruel envers vous-m(*me, que ne pourrait VHrt l'ennemi le plus barbare du monde T 11 n'y a poinl d'ennemi si impitoyable qui ne s'apaise, et qui ne soit louché de pitié, quand il voit son adversaire au lit de la mort; cependant vous êtes si cruel envers vous, et si ennemi de vous-même, qu'étant au lit de la mort, vous vous dépouillez de vos biens, et vous les laissez à je ne sais qui ; vous ne songez pas à en emporter au pays où vous allez, pour y être le bienvenu, et pour vous y faire des amis; vous vous privez de l'unique remède qui vous reste pour éviter les peines du purgatoire, de la rançon que vous pourriez payer, pour être bientôt délivré de prison; enlin vous vous en privez, pour laisser riches des enfants ou des neveux ingrats, qui vous oublieront aussi bien que vous vous oubliez vous-même.

Dites comme l'empereur Héliogabale, mais en un sens plus spirituel et plus chrétien. Un de ses favoris voyant qu'il dépensait tout en excès et en débauche, lui dit qu'il mourrait pauvre, et qu'il ne laisserait rien à ses héritiers : Il n'y a personne, répondit-il, qui mérite mieux d'être mon héritier que moi-même. Mais si vous aimez tant vos enfants que vous les aimiez plus que vous-même, aimez-les sagement, et pour leur profit, donnez-leur un support qui les appuie. Mettez Jésus au nombre de vos enfants, faites-le votre héritier avec eux, donnez-lui par testament une partie de votre bien en la personne du pauvre ; s'il est au nombre de vos enfants, il les défendra contre ses frères, il les protégera contre les ruses et les injustices des chicaneurs, qui les voudront oppresser; il ne permettra pas que votre testament soit cassé et rendu invalide ; puisqu'il y aura intérêt, il aura soin de leur patrimoine, dont une portion lui appartiendra.

Il est vrai que Jésus nous ayant donné ses sueurs, son sang et sa vie, mérite bien que vous lui donniez une bonne partie de vos biens, même pendant votre vie, lorsqu'ils vous sont le plus nécessaires; mais puisque vous y avez manqué, au moins à l'heure de votre mort, quand vos biens vous sont inutiles, donnez-lui en quelque fL'u, c'est lui qui vous les a donnés, qui en est le propriétaire, c'est de lui que vous les tenez comme à ferme. N'est-ce pas raisonnable que, sortant maintenant de vos mains, ils soient réunis à son domaine au moins en partie?

Vous avez vu tant de gens devant vos yeux, qui ont été surpris de mort soudaine, qui n'ont pas eu le loisir de déclarer leur dernière volonté, ni de disposer de leurs biens; puisque Jésus vous en donne le temps, ne l'oubliez pas en votre testament. Il veut vous

faire son (•.'■<■■• ip tous les biens de son l*ère, de la possession d'un royaume céleste ;

faites le r vos enfants par la possession d'un peu de terre : l'ropinqitos sr-

ininis tui i.;s, dit Isaie. Quand vous oubliez dans votre testament de nommer

quelqu'un de vos plus proches parents, qui avait droit à votre succession, on vous hl;ime à bon droit, et votre testament est déclaré vicieux. Ne seriez-vous pas justement blâmé d'y oublier votre Sauveur, qui vous appartient de si prés ? donnez-lui au moins une petite somme, pour l'exclure de votre succession; mettez-le du moins au nombre de vos serviteurs. Vous avez horreur d'entendre ce langage, et vous n'avez pas horreur de faire encore pis que cela. Un riche lègue à tous ses serviteurs quelque somme d'argent pour réconipen.se de leurs sei vices, et vous ne léguez rien à votre Sauveur en reconnaissance de ses bienlails. Comment vous présenter à lui avec conlîance après n'avoir pas voulu lui donner une partie de vos biens quand ils vous étaient inutiles?

Agis.sez même plus sagement, n'attendez pas* pour lui donner vos biens qu'ils ne «oient plus à vous; si vous attendez de les lui donner si tard, peut-être qu'il les rejettera, qu'il permettra que vos héritiers cachent votre testament, qu'ils le fassent casser, ou négligent de l'exécuter. t>onne;-lui maintenant ; vous pouvez le faire plus sûrement, avec moins de bruit et avec plus de mérite. El parce que nous pouvons être surpris de mort subite ou privés de l'usage de la raison, et n'avoir pas le loisir ou l'esprit, à la fin de notre vie, de rendre à la majesté de Dieu et à ses divines pe^fection^, les hommages que nous leur devons ; choisissons, chaque année, quelque joar destiné à rendre à Dieu ces devoirs, et à nous préparer à la mort.

(t) (a) Le P. Gaspard Moreyra, jésuite, mort en odeur de sainteté en lti69, avait été infirme pendant vingt-cinq ans, ce qui ne l'empêcha pas d'en pasiser quinze dans les rudes missions des Iles d'Afrifiue. Quand il retourna à Lisbonne, on lui confia le soin d'évani: mi renvoyaient toujours à leurs derniers jours de rece-

voii , s qu'elle rendait infaillible la mort des malades. Le bon

mis>i. ....^,.c ...... ,co ..cMomper. Enfin il recourut à Dieu parla prière. Un seigneur, étant a l'extrémité, reçut ce sacrement, et aussitôt ses forces revinrent et il guérit rapidement, au grand étonnemeni de tous; et on comprit enfin que ce sacrement est un moyen puissant de guérisoa.

HOfi. lîo Dispositions. Mais pour produire ses heureux fruits, il faut que ce SI ■ soit ro<;u en état de grAcc ; c'est pour cela qu'on le fait précéder

<l sion et de l'atisoliilion. Le recevoir sciemment en état <ie péché

UMini. <■(' serait un sacrih'ge. Toutefois, le malade <|ui a perdu la parole et ne {>eul faire sa confession, peut sans crainte et même doit recevoir l'extrôme-niiftion (1).

5î<7. Ij^Ordre. — C'est le sacrement qui fait les ministres de Dieu et leur confère le pouvoir de faire les fonctions saintes, de monter h l'autel, de célébrer la messe, d'absoudre des péchés, de donner l'extréme-onction, etc., et il donne en même temps les grâces nécessaires pour bien remplir ces mi-" nistéres.

l'> La dignité du prêtre est au-dessus de celle des anges, et la plus noble ambition que puissent avoir les parents chrétiens, c'est de désirer que Dieu se choisisse im ministre parmi leurs fils. Les mères feraient une œuvre très agréable A Dieu, en cultivant <le bonne heure la piété el la vertu dans leurs fils, en leur inspirant le désir d'être prêtres un jour, et en priant Dieu de

(b) <t Ob ! combien de malades s:uéi iraient et vivraient de longues années s'ils recevaient à temps le sacrement de l'Extréme-Onction », disait en gémissant le Père Gustave Ëck, religieux allemand de la Compas^nie de Jésus. El en preuve, il racontait qu'un de ses amis, M. Arendt, converti au catholicisme depuis sept mois, était dans un état désespéré. Il lui parla de lui administrer les derniers sacrements. « Je reconnais bien là que vo n ami », répondit le malade qui accepta aussitôt avec bonheur sa propost-

ti - lu il eut reçu ce sacrement, il se trouva mieux. Le soir, il fit une partie

dt le lendemain, une promenade à cheval. Il était guéri.

:i, sur son rocher de Sainte Hélène, se voyant télé àiôte avec la mort, congt- . jecins el fit appeler l'abbé Vignoli, son aumônier : « Je suis né dans la re-

ligiou catholique, lui dit-il, je veux remplir les devoirs qu'elle impose et recevoir les secours qu'elle m'offre. « X cette nouvelle, certaines gens redoutaieol l'elTet que cette détermination qu'ils appelaient une far I esse allait produire à Paris. Là-dessus, Napoléon s'échauffa : « Que sont donc tous les hommes, dit-il, que serai-je comme eux dans ur. instant? l'ourritur*", proie des vers. Tout cela passe, Jésus-Chrisi subsiste. » L'empereur se confessa, et l'abbé Vi^nuli lui administra le Viatique et l'Extréme-Unclion. Après ce grand acte accompli. Napoléon dit au général de Montholon : « Je suis heureux d'avoir accompli mes devoirs. Je vous souhaiie, général, à votre mort, le même bonheur. J'ai tcajours eu la foi. le son des cloches me fait plaisir, et la vue d'un prêtre m'émeut. Je vo»'"^ f .... .... ...v-sière de tout ceci ; mais c'est de la faiblesse. » Il avait raison ce

gr . au moins de la faiblesse déjouer son éternité par un l&che respect

bini Mt même dire que c'est de la foiie.

fdy Le rui de Casiille, saint Ferdinand, mort en liî.'iS, quand il sentit sa fin prochaine, M Ht porter à la cathédrale de Séville, qui se remplit des évéques, des seigneurs du royaume ei d'une foule immense des peuples. Là, le saint roi se fit dépouiller de ses habits royaux ei couvrir de sac et de cendi-e, et voulut recevoir les derniers sacrements en présence de tous.

<«) M^r Van R<)nimel, évéque de Liège, alla visiter un homme de cette ville qui depuis longtemps avait abandonné ses drvoirs de chrétien. Il lui parla de réconciliation avec Dieu ; et le malade lui dit qu'il aurait soin de lui demander les services qu'il voulait bien lui offrir quand il en serait temps. Il tarda toutefois de les réclamer ; le mal empira, et dans un accès de fièvre, l'infortuné, trompant la vigilance des siens, se jeta par la fenéire et tomba dans la cour. Il était mort.

(f) Le maréchal Villars, blessé à la bataille de >It'- '■•■•■-' i^c trouva si - ' ' n parla de lui administrer les derniers sacrements. On le le faire -

il répondit : ■ Puisque l'armée n'a pu me voir mourir , il faut nu ;

me voie mourir en chrétien. » (Voir la note du no 843.)

(t)Dan« nos tri«t.- • - .mbien de malade-; - -

Quel affreux malben \>drgner à leurs «

campagnes et dans CI. . , : j de nos villes, li-> ^ dj ^: . - ^ ...-ls,

organisées en association, ou du moins formées d'avance à cette «ainle ceuvre, qui eussent un soin vigilant dp rechercher lei mnlndfs d«n* Ipur rue ou «Ir^ns leur qiiar icr. de

le» préparer à it d'assister à le>i

et I

Ni ' .iiidf pour atsitter Us mvuritnts, (\ut nous voudrions

voir dans toutes le» (aiuillei».

206 OLOSË

leur en donner la vocation {{). Los parents seraient bien coupables si, par des motifs liiiiiiains. ils détournaient leurs enfants d'embrasser cette noble carrière (4). Ils ne seraient pas moins coupables s'ils poussaient malçré lui leur (ils vers le sacerdoce, dans des vues dauibilion; car 2" cette dignité sublime demamle, dans celui qui l'embrasse, la vocation de Dieu qui se connaît à la sainteté «le la vie. sainteté non ordinaire mais excellente, à l'intention droite de faire le bien en sauvant les Ames, et non de faire fortune, ou de mener une vie commode {'.i).

'A*> Kniin cette dignité sublirac doit commander aux fidèles le respect du prêtre qui est souvent l'instrument deleursalut.tJarles fidèles ne se sanctifient que par les sacrements, et les sacrements ne s'administrent que par les prêtres. Uonc respect pour la personne et la réputation du prêtre. Legran<l empereur (lonstantin disait <pie s'il voyait tomber un ministre de Dieu, il le couvrirait de son manteau pour cacher sa faute à tous les yeux (4). 4o Ceux

(1) Us prêtres zélés qui s'occupent de i'œovre éminemment calholique de cultiver les Vocations sacerdotales el aposloliques, et les parents chrétiens qui ne peuvent, faute de ressources, faire élever pour le sacerdoce un enfant pieux, s'adresseront : à M. le Direcleup du pensionnai de Mont-Ciel, près Lons-le-Saulnier (Jura^ ; — à M. le t)irecteur du Pèlerin, rue François !«% 8, à Paris; — à M. le Directeur du pensionnai d'Uvrier. près Sien en Valais (Suisse); — à M. le Supérieur du pensionnat de Seyssinet, près Grenoble (Isère); — à M. le Supérieur des missionnaires du Sacré-Cœur d'Issoudun (Indre); —à M. le Supérieur du Ci)llèg<! d'Evian (Haute-Savoie; ;— ii M le Supérieur du séminaire des missions d'Afrique, Saint-Laurent d'Olt(Aveyron); — à M. l'abbé Gay, rue Vaugirard, iOi (Paris); — à M. le Directeur du pensionnat de Notre-Dame de Lumière, par Goull (Vaucluse); — à M. le Supérieur du Juvénat des Eudistes, à Plancoël (Côtes-du Nord) ; — à M. le Supérieur des prêtres du Sacré-Cœur, Saint-Quentin (Aisne); — à M. le Supérieur des frères de Saini-Vincentde-Paul. rue Dantzig, 3, Paris;— à M. le Supérieur du séminaire des Missions Africaines, tSO, boulevard Gambelta, Lyon ; — à Dom Gréa, Saint-Antoine (Isère) ; — à M. le Secrétaire du Pèlerinage de la Salette, par Corps (Isère).

Dans une encyclique publiée au commencement de son glorieux pontificat, Léon XIII déplorait amèrement la pénurie des missionnaires. « Ceux qui meurent, disait-il, ne sont pas remplacés, et les hérétiques nous devancent souvent au milieu des infidèles. » C'est vrai; il suffit pour s'en convaincre de lire les comptes-rendus de la Société des Missions élrangères.Cette considération ne suffirait-elle pas pour stimuler lezèlede tous les pasteurs et leur persuader de diriger vers les écoles apostoliques les jeunes gens qui donnent des espérances d'être un jour de bons missionnaires, surtout si on ne peut les faire admettre dans les séminaires 1

(i) Henri II, empereur d'Allemagne, en revenant de Rome, d'où il avait chassé l'antipape Grégoire et où il avait rétabli, sur le siège de saint Pierre, le pape Benoît VIII, s'arrêta à Strasbourg. Là il fut dans l'admiration À la vue de la régularité des offices et de la moiieslie des chanoines, el il demanda à l'évéque Wcrner à être admis parmi eux. Werner, ne voulant pas ravir à l'Empire un homme qui en faisait le bonheur et la

Sloire, s'y refusa. Henri insistait toujours; Werner, feignant d'entrer dans ses vues, lui it de se présenter le lendemain dans le couvent. Henri fui fidèle au rendez-vous, et l'évéque, lui ayant demandé s'il lui promettait de lui obéir en toutes choses, l'empereur le promit. « Eh bien, reprit Werner, je vous ord'inne de gouverner toujours l'Empire comme vous l'avez fait jusqu'ici. » A ces paroles, Henri fut dans l'affliction la plus profonde ; il voulut du moins fonder une prébende pour un chanoine qui ferait en son nom le service divin. C'est ainsi que les saints ont estimé l'étal ecclésiastique.

(3) .Saint Cyprien rapporte les faits suivants : « Célerin était un jeune homme de haute naissance. Après avoir souffert les tortures d'un horrible martyre, il est appelé par saint Cyprien aux fonctions de lecteur. Célerin résiste et s'en juge indigne. Un le presse encore. Une peut se résoudre. Il faut une vision pour vaincre sa modestie. Notreseigneur lui révèle que c'est sa volonté; et son évéque lui démontre qu'il doit obéir ; les fidèles ie solliciienl. Or il ne faut rien moins que tout cela pour l'obliger à subir celte charge. .Aurélius, son compagnon de martyre, à la fleur de l'âge et d'une haute naissance comme lui, oppose les mêmes résistances au saint Pontife qui le voulait ordonner lecteur. Tel était le respect religieux des saints et des martyrs, même pour un Ordre Mineur.

(4) Dans son inimitable style, le curé d'Ars disait: « Si nous n'avions pas le sacrement de l'Ordre, nous n'aurions pas Notre Seigneur. Qui est-ce qui l'a mis là, dans ce labernacie 1 C'est le prélru. Qui est-ce qui a reçu votre âme à son entrée dans la vie 1 Le prêtre. Qui la nourrit pour lui donner la furce de faire son pèlerinage? Le prêtre. Qui la préparera à paraître devant Dieu, en lavant celte àme, pour la dernière fois, dans le

qui ne peuvent devenir prêtres et qui ont le dessein de se consacrer à Dieu, peuvent embrasser la vie religieuse. L'état religieux est plus parfait et plus heureux que la vie du monde et mt^me que l'état du prêtre séculier. C'est une bénédiction pour les familles quand un ou plusieurs de leurs membres se donnent à Dieu. C'est dans la vie religieuse (pi'on se sauve plus facilement. Aussi les parents qui encouragent leurs enfants à l'embrasser, sans les y contraindre toulefois, méritent-ils une grande récompense, et (;eux qui en détourneraient leurs enfants seraient bien aveugles et bien coupables. (Voir le n» 2471 et suivants) (1).

C'est un fait que plus les paroisses sont cbrétiennes, plus les vocations saintes y sont nombreuses. C'est un mauvais signe, quand une paroisse ne donne aucun de ses membres au .sanctuaire, ni aux couvents. Cela indique l'abaissement de la foi. et laisse pou d'espérance pour un retour. Ce qui rattacbe à la religion les familles, c'est d'avoir donné jI Dieu un de leurs membres qui, avec l'onction que donne la tendresse, fait arriver à un père, à une mère, à un frère, à un oncle indifférents cpielques invitations chaleureuses à revenir à Dieu. Malheur aux familles privées de ce secours ! Les paroisses où un égoïsme ruineux retient dans le monde, sous prétexte de l'édilier, ce que Dieu réclame, perdent plus quelles ne gagnent. Depuis que le sacrifice du Calvaire a sauvé le monde, les familles et les paroisses se sanctifient par le sacrifice ; et plus elles donnent à Dieu plus elles reçoivent de lui. Malheur,

sang de Jésu3-Chri.<*i ? Le prêtre, toujours le prélre. Et si celte âme vient à mourir, quiïa ressuscitera, qui lui rendra le calme et la paix ? Encore le prélre. Vous ne pouvez pas vous rappeler un seul bienfait de Dieu sans rencontrer, à côté de ce souvenir, l'image du prêtre.

> Allez vous confesser à la Sainte Vierge ou k un ange, vous absoudront-ils ? Non. Vous donneront-ils le corps et le sang de Notre-Seigneur ^Non. La Sainte Vierge ne peut pas faire descendre son divin Fils dans l'hostie. Vous auriez deux cents anges là qu'ils ne pourraient vous absoudre. Un prêtre tant simple soit-il, le peut; il peut vous dire : « Allez en paix; je vous pardonne. »

» Ah I que le prélre est quelque chose de grandi

» Le prêtre ne se comprendra bien que dans le ciel... Si on le comprenait sor la terre, on mourrait non de frayeur, mais d'amour t. ..

» Les autres bienfaits de Dieu ne nous serviraient de rien sans le prêtre. A quoi servi» rail une maison remplie d'or, si vous n'aviez personne pour vous en ouvrir la porte? Le prêtre a la clef des trésors célestes C'est lui qui ouvre la porte; il est l'économe de Dieu, i'adminisiraleur de ses biens.

» Sans le prélre, la mort et la passion de Notre-Seigneur ne serviraient de rien. Voyez les peuples sauvages: à quoi leur a-t il servi que Noire-Seigneur fâl mort? Hélas I ils ne pourront pas avoir part au bienfait de la rédemption, tant qu'ils n'auront pas des prélres pour leur faire l'application de son sang.

» Le prêtre n'est pas prêtre pour lui; il ne se donne pas l'absolution, il ne s'admi» nislre pas les sacrements. Il n'est pas pour lui, il est pour vous. Après Dieu, le prêtre, c'est toull... Laissez une paroisse vingt ans sans prélre : on y adorera les bétes.

» Si M. le Missionnaire et moi nous nous en allions, vous diriez : • Que faire dans celle églis*? Il n'y a plus de messe: Notre-Seigneur n'y est plus; autant vaut prier chez soi... »

» Quand on veut détruire la religion, on commence par attaquer les prêtres, parce que là où il n'y a plus de prélre, il n'y a plus de sacnllce; et \k où il n'y a plus de sacriflce, il n'y a plus de religion. »

(I) Un jeune gentilhomme s'était retiré secrètement au monastère de saint Bernard, k Clairvaux. Quand son père eut découvert le lieu de sa retraite, il accourut furieux et menaça de mettre le feu à tous les coins de l'abbaye, si son lils ne revenait. Celui-ci sortit et vint lui dire : Je suis tout prél k vous accompagner ; mais à condition que vous ferez ce que je désire. — Désire ct^ qui te plall, dit le père, et tu l'auras. » Alors le jeune homme reprit : • Dans la seigneurie que vous possédez, rè^ne une certaine coutume, une coutume très ancienne. Si vous pouvez la supprimer, je consens de tout mon cœur à m'y établir. > Le père jura, par tout ce qu'il avail de plus cher, d'abroger cette coutume, si vieille qu'elle fût, pourvu ■ ■' itii à venir avec lui.

Le jeune homme lui répondit : « (^ette coulir ' dans voire seigneu-

rie les jeunes gens niourenl aussi bien que li :;^'temps que celle cou-

tume n'aura pas disparu, je n'y retournerai pas. » Le père, se calmant alors, respecta la noble vocation de son lils et le laissa libre de suivre la résolution qu'il avait prise. (Extrait de la Somme du catérhislc, par l'abbé Régnaud, k la'|uelle nous avons empruaté plusieurs traits.

208 OLOSIÎ

en particulier, à un pays ou, pnr suite des lois ou de l'indifférence, les prôtres viciinenl ii nianquer!

Si minislri desunf, *\i[ salut AyiguaWn, quale ejci/ium sef/uifur eos qui (ir istn Hii'viito, vcl non regfnerafi e.n'unt . Vfl lif/afi ! (Jualis luctus fit/e/itim suoritm qui eos in œternœ vitœ requie non hahchunt ?

La pvnuric des voaitions sacerdolales en France, qui a paru à des esprits 8«''rieux, dès 1870, un des grands périls tie l'Kplise de Krance, devient tous les jours plus désolante. Pour y remédier, des œuvres nouvelles surgissent, celles des vocations tardives où l'on fait faire en deux ou trois ans au plus, toutes les éludes, justpi'i^ la philosophie. A des jeunes gens (pie Dieu apiielle à i5, à 'M ans. 11 va là îles soldais (pii ont lait un congé, des sergents i]ui ont cpiitlé le service militaire pour le service de Dieu. Le H. J*. Féron, qui a inauguré celle o'uvre. la continue, en Angleterre, au prieuré Sainl-Juseph, Marnhull. Dorsel. Klle est élahlie au cidlège Saint-Lazare, près Montfort (llle-el-Vilainc), et à (iaen ((ialvados), 8, rue Haute. Nous entreprenons nousmêmes d'éluhlir une fKnvre df vocations tardives pour les missions étrangères; Sa Sainteté Léon .Mil a daigné la hénir: et nous y accueillerons v(dontier3 les jeunes des divei'ses nationalités qui veulent se destiner aux missions.

r»'.>8. Ite Mariage. — Le mariage est un sacrement par lequel l'homme et la femme, moyennant le consentement mutuel (pi'ils se donnent de s'accepter pour époux, en présence du prêtre et de deux témoins, demeurent perpétuellement unis et reçoivent la grAce nécessaire pour hien élever leurs enfants et supjjorter les charges de leur état. Le mariage est un état moins parfait et moins heureux que la virginité et rpie le célibat chrétien, c'est de foi. Heureuses les vierges ipii n'aiment (jue Notre-Seigneur ! Heureuses les familles qui possèdent ces anges de jiaix du foyer domestique! Les parents ne peuvent, sans faute, empêcher leurs enfants de garder la virginité, ni les contraindre injustement de s'engager clans le mariage. Qu'ils fassent même comprendre h leiu's enfants la beauté de la vertu des anges. Le veuvage passé dans la crainte de Dieu est plus parfait que les secondes noces. .V plus iorte raison le niariage est moins parfait et moins heureux que rétat religieux, «lonl les parents feraient hien d'expliquer à leurs enfants l'excellence et les avantages.

Cependant le mariage est un état saint et le sacrement qui le consacre exige l'étal de grAce. .Malheur donc aux jeunes gens qui le recevraient en état de péché (mortel, qui ne se confesseraient que pour la forme avant de se marier ! Malheur aussi à ceux <pii s'y disposent par des fréquentations dangereuses et coupables ; et malheur aux parents qui se font. j»ar leur négligence envers leurs enfants, les complices de leui*s désordres ! .Mauvaise jeunesse, mauvais mariage, enfants maudits ; parents et enfants, s'ils ne changent pas, remj)lironl un jour l'enfer ; sainte jeunesse, mariage béni de Dieu et des hommes, parents chrétiens, enfants vertueux, parents el enfants élus de Dieu et héritiers du ciel! L'n mariage contracté avec un empêchement secret est nul. (Test donc un rlevoir grave [mûries époux, pour leurs parents, pour quiconque (tonnait l'empêchement de le faire connaître au pasteur, avant le mariage. (Voir les em|)êchemenls, n. 357.)

Le II si régulièrement indissoluble de droit divin ; et comme les

lois h' peuvent désunir ce que Dieu a uni, la loi du divorce et les

décisjini^ MIS wibunaux, ne rompent pas les liens d'un mariage indissoluble devant l'Kglise. Deux époux divorcés légalement restent mariés devant Dieu. Hs ne peuvent donc contracter un second mariage sans crime: el. le feraientils, que ce second mariage serait absolument nul, et l'K^'iise elle-même ne pourrait le légitimer, que dans le cas où le premier mariage aurait clé nul devant Dieu. Ce second mariage n'est qu'un honteux concubinage, ainsi que le mariage purement civil (1).

(D Lacordaire «'indigne, avec raison, contre les nations où est en vigueur i'iiorrible loi du divorce : « Là, dit-il, là, une femme, et une femme clirétienne, se voit chasser de la famille qu'elle a fundée de son sang; elle cesse d'être mère en cessant d'ôlre épuuse ; on lui enlève par le divorce, comme un bétail qui se divise, une part des enfants qu'elle a portés dans son sein, qu'elle a nourris de ses larmes et de son amour. Mais la luuve,

PRIBRK. — PATRR :àOO

.SlW. II. La Prière. — Les sacrcmcnls sont une jurande sourrc fie Vi\' ''à laquolle il nous faut nécessaircnient puiser, si nous ne vou-

011- lotre i\M»o se «lossèrlie et meure luisérablernenl. D'autant plus

que ri-:\\ ,[,ii ne fré(iuenteul pus les sacrements ne prient nresque [dus, ou bien ils pri(>nt niai ; ils tarissent donc du niilnie coup les deux sources de salut, les s.icrenients et la |>rière. Toutefois, les saercnienls ne sulliraient pas sans la [mI.mv. L'oiseau qui a une aile cassée ne peut voler, il faut que ses deux ailes soient saines. Il en est ainsi de rànie; pour elle, la frécpientulion des sacrements est une aile; l'autre, cesl la prière. Sans la prière, point de salut. .Nous avons dit qu'il est très bon de prier malin et soir, surtout en famille, ipiil est nécessaire de .se recommandera Dieu dans la tentation, en invo.niaiit 1rs siiints noms de Jésus, de Marie et de Jo.seph, etc.

V s prières devons-nous réciter ? (l'est ce que nous allons <lire. Il y

a il |irièn' en usaye dans le iliocèse et qui est excellente. (Juebpies-

uns trouveront qu'elle est trop longue, vu leurs travaux, leurs occupations incessantes. S'il en est ainsi, voici de courtes |irières les plus belles, les plus autorisées de toutes, que personne ne se dispensera de dire, malin et soir. (!e sont : le Notre Pèrf, le Je rou.t salue, Marie, le Je crois en Dieu, les commanilemenls de Dieu et de l'K^lise et l'acte de contrition (i). Nous allons donner l'explii'ation de ces prières. (Toutefois, nous renvoyons à l'article 111 l'explication du Credo.)

600. Notre Père. — 1^^ .\pprenez-nons à prier, disaient les Apôtres h Notre Seigneur Jésus-<;hrist, le Fils de Dieu ; et le bon Maître répondit : Voici cf)mment vous prierez : .Votre Père, nui êtes auj; rieu.r. etc.. (Test donc Dieu lui-même qni nous a appris le .\otre Père. Quel respect et quel amour nous devons avoir pour cette prière! Saint Hugues, évè(pic de firenoble, étant malade, le répéta jusrpi'à trois cents fois durant une nuit ; et son valet de cbambre l'ayant engagé à se modérer, de peur que la continuité de la prière ne le fatigui\t davantage, il répondit : Plus je répète cette prière et idus je suis soulagé (i).

Nous allons vous faire comprendre le sens des sublimes |»aroles du Xofre /''Tc. ,itin que vous vous en [lénétriez en les récitant. Les personnes pieuses, en nous entendant, apprendront comment on peut méditer tous les jom-s de sa vie en pensant a cbacime des demandes du Notre l'ère. Notre l'ère, c'est l'ûme qui s'adresse à Dieu et l'appelle Père. .\li ! personne n'est aussi Père une lui, et c'est lui qui veut que nous lui donnions ce nom ! (Juclle Icnilresse de .sa part, et quel bonneur poin* nous! Soyez tiers, (ils de roi, des gloires <lc votre naissance; l'bumble ouvrier, le modeste laboureur ont autant de litres de vraie noblesse que vous! Ils sont enfants du Koi du ciel (3). Notre

au fond des forëls, quand on lui arrache ses petits, on lui fait une injure qu'elle ressent ; et vou.<. dans un pays chréiien , vous arrachez l'enfant à sa mère ; vous ne craif^nez pas de lui faire une iujure que le ligre ne vous pardonnerait pas dans l'antre de ses déserta t

« Comment ezp'iquer un au.ssi étrange renversement des lois de la nature tl de l'affeclioQ ? Je comprends I'ahu<« de la propnt'lé, de l'esclavage. 1/esclave est un étranger; il est tombé dans i- ' n par le sort de la guerre ou de la naissance; il n'est

rien aux souvenirs re et à son cieur .Mais, la conipa!;ne que l'h^miiie a

choisie, qui a r-; '■ ■ "--n. qui est ?" "■ •■' ' ' ■ n vécu i

Sun f'iyer, h ! : . qui lui a :ns sa

mémoire et <).'s . '^, pourquoi ^ r fait!

Uu'y %'^%^^ donc 1 luinime 1 (L*c<iiiUAiHk.)

(1) Dans la glose, on devra forcément abréger l'explication de ces prières; mais on pourra la donner avec fruit inexlenso dans une des instructions du malin.

(i) Fré'iéric Soulié, un des fameux ruminciers dit l*J'>^ s r'<'Io. .ivait été élevé MHâ religion. Dans sa dernière mihidie. une s<ojr de chanté, près de son lit,

récitait avec ferveur ses prières. Frédéric l'entend, et qu.i dit : Notre Père

qui é'.cs aux cieux, le malade, saisi de la beauté de cetie pni-!c>, iieoi.tiulo À la réciter avec elle, ei la Sœur la lui fait redire comme à un enfant. Ce fut le principe de Sâ conversion sincère.

(3) (a) 1^ célèbre archidiacre d'Evreux, Boudon, rapporte qu'une pauvre femme vint on iour offrir ua écu & un prêtre, qui recoeillait des aumdnes pour rebâtir son égi^e. t Ma lllle, lui dit le prjire, Je m puis r«c«voir votre si généreuse olTranJe, voui éict

Pt^re, pI non innn Pi-re ; car nous ne soniiiies pus sos fils iini(|(icB. nous avons pour fivres lous les hoiiiiues, que nous devons aiuior comino (Hant dp la mi'^rnp famille f|uc nous. .

(>l)l. C^//i l'tes ativ rii'ii.r. Le rieK c'est le st'jour de sa gloire ; c est Irt (|u il noiisallend: cesl de là quil veille sur nous et qu'il répand siu* nous ses bienfaits: eest là <|uil nous |»répare et réserve son liénl^ige. Les hieus du père n'apparliennent-ils pas aux enfants? (Vw? votre nom soit «uncti/ié ! c'esl-A-dire «pie vous-in»^n»e. vous, la grandeur, la majesté, la sainteté, les perfections infinies, vous sovez <onnu. aimé, béni, liorioré et adoré de tous! yiie tontes les âmes se sanctifient elles-mAmcs en vous glorifiant ! Que toutes les langues, ipie tous les peuples, cliréliens et infidèles, vous célèbrent; que pei-sonne ne blasphème votre non) trois fois saint!

W)i. Que votre rèt/ne arrive. Ah ! par votre puissance vous régnez déjà sur les créatures; mais régnez encore dans tous les cœurs jtar votre grAce; faites-nous régner un jour avec vous dans le ciel (I). (Juil vienne bientôt ce règne complet, ce régne éternel «pii sera le vôtre à la fin des temps, i^uand, Satan étant dépouillé de sa puissance, vous régnerez par votre ruiséncordc sur les élus, et par votre justice sur vos ennemis à jamais impuissants! En attendant. Que votre volonté se fasse sur la terre comme au ciel. Les saints <jui sont avec vous en paradis, vous sont pleinement soumis; votre bon plaisir fait leur loi. Uue les liommesqiii sont sur la terre n'aient d'autres règles que vos saints commandements; »]ue non contents d'exécuter vos préceptes et ceux de votre Kglise, ils s'elTorcent môme de prati(|uer vos conseils, qu'ils aspirent à la |>i'ati<pie <lu détachement, du renoncement aux biens de la terre, de la chasteté parfaite et de l'obéissance ! Enfin qu'ils accei)tent avec résignation, et même avec amour, toutes les épreuves par lesquelles il vr»us plait de les punir ou de les purifier! Sainte Gertrude récitait trois cent soixante-cinq fois par jour celle prière : Que votre volonté soit faite. Et Dieu lui ofTrant un jour à ch(tisir la santé ou la maladie, elle lui dit : Je désire ardemment, .Seigneur, que vous ne fassiez pas ma volonté, mais la v(Mre. Répétons souvent les mêmes paroles au milieu des peines de la vie, et nous n'aurons plus de croix. Si. en elTel, on enlevait une partie d'une croix^ qu'on la mit sur l'aiitre dans le même sens on n'aurait plus une croix, ce qui constitue la croix, <e sont deux pièces de bois dont l'tme est mise au travers de l'autre. O qui fait l'épreuve et la croix, c'est (piand notre volonté est mise au travere de celle de Dieu. Tâchons de la tourner dans le môme sens que la volonté divine et nous serons toujours heureux (i).

pauvre vous même. — Moi pauvre, dit-elle, et ne sais-je pas la fille d'un grand roi et i'bériliëre de son royaume?

(b) Saint Gérard, frère de saint Bernard, venait de recevoir le viatique , lorsque tout à coup il se mit à chanter : Louez le Seigneur, louez le au plus haut des eieux. « On m'appela, écrit saint Bernard, pour voir un homme se réjouir de la mort. Je ne fus pas plutôt arrivé auprès du mourant que je l'entendis prononcer à haute voix ces mots : Irton Père, je remets mon ime entre vos mains. Puis se retournant vers moi, il me dit en souriant : Ouelle bonté a Dieu d'être le l'ère des hommes, et quelle gloire pour les hommes d'être les enfants de Dieu ! n Ce furent ses dernières paroles.

(1) Sainte Thérèse, pend int les quarante années qu'elle consacra plus particulièrement k la prière, ne demandait rien tant que l'agrandissement et l'afTermissement du règne de Dieu dans les cœurs. Quelquefois elle passait les nuits entières en oraison dans ce but.

il] Voir le trait de Taulère, fin du n- 914.

(a) Avant d'entreprendre quoi que ce soit, saint Vincent de Paul se recueillait en lui-même, se mettait en présence de Dieu et lui disait : Seigneur, que voulez-vous que je fasse?

(b) Sainte Thérèse écrivait à l'un de ses confesseurs : ■ Je n'ai plus d'autre volonté que celle de Dieu, et même il me semble que je ne pourrais en avoir d'autre. J'aime tout ce que Dieu veut, et j'en ai une joie extrême. »

(c) Saint Macaire, .nterrogé par deux personnes qui lui demandaient comment elles dev.T""' leur dit : ■ il n'est pas besoin de beaucoup de paroles, contentez-vous de neur : Que votre volonté .suit faite. »

(■' . ju'on demandait au commandant Marceau si un capitaine dormait bien

sur 6o% navire : « Je n'ai jamais mieux dormi, répoodit-il, qu'à la nuit qui a suivi ia

i'RIKRE. — PATËÛ âll

60S. i* l>:irts les ti»ls premières demainles du Notre Père, nous nous oubli - mêmes pour ne penser qu'à Dieu. Les intértHs de Dieu doivent

en > T avant les noires. Dieu avant, nous après ; notre premier

souci liuil oLre que Dieu soit connu, que son règne arrive, que sa volonté se fasse ; et si nous avons vraiment A ca'ur la jjloire et les intérêts de Dieu, si nous lui disons de toute notre âme : Que x^otre nom soit sanctifié, etc., nous faisons un arle de charilé ou d'amour parfait pour Dieu, acte qui efface 'ii'S et qui. chaque fois que nous le répétons, nous mérite une i\ Toutefois, S'otre-.Seigneur ne veut pas que nous oubliions iii)> iM>..iii> fi il nous apprend ce que nous avons à demanfler pour nous.

G04. Si nous pouvons faire la volonté <le Dieu comme les anges du ciel, nous ne pouvons, comme eux, nous passer du pain matériel ; aussi devonsnous dire à Dieu : Donnez-nous, aujourd'hui, notre pain de chaque jour. Notre pain, pas celui des anges qui ne nous sutTirail pas. Notre pain, pas celui des autres que nous ne pouvons ravir sans injustice, pas celui des animaux «fui serait trop grossier pour nous, que vous avez faits à votre image ; ne nous donnez pas smlemenl le pain dont notre corps a tous les jours besoin, mais donnez aussi le pain surnatiu'el A nos Ames. Ce pain, c'est la parole de Dieu, c'est la grtkce, c'est l'Kuiharistie. Nous tenons par un côté aux anges et par l'autre aux animaux, nourrissez en nous l'Ame et le corps par ces deux aliments qui sont propres à Tune et à l'autre ! .\h ! si nous entendions le sens <le ces paroles, nous nous exciterions en les récitant, à un grand désir de l'Eucharistie ; car l'homme ne vit pas seulement du pain ; et nous devons estimer l'Kucharistie, la communion, d'autant plus que l'Ame l'emporte davantage sur le corps.

Donnez-nousce «louble pain aujourd'hui, car tous les jours nous avons besoin de vous pour l'Ame et pour le corps ; et le mol pain signifie tout ce qui est nécessaire à l'une et à l'auThe ; et en nous le donnant bénissez-le, mon Dieu, afin qu'il donne force à nos corps et à nos Ames?

G05. Et (limitte nohis débita nostra. Jusqu'ici nous avons demandé à Dieu des biens pour lui et pour nous, maintenant Notre-Seigneiu" nous apprend à •loinander A être délivrés des maux. Le plus grand <le tous, c'est le péché, ••'es' ' '1......... ,je nieu. Personne n'en est innoi:enl, car le juste pèche sept

f(.i< . remettez-nous nos dettes, contractées envers votre justice par

ni»v -lies qui nous ont rendus passibles d'éternels supplices (1).

l'u' 'tus nos offenses comme nous les pardonnons à ceu.r r/ui nous

tni' Vous avez dit. Seigneur, que si nous pardonnions, notre Père

i.irdonnei'ail. Le pardon des injures est donc la condition nécesicnir votre miséricorde : nous voulons remplir cette condition ; c est pourquoi nous sollicitons avec confiance notre grAcc, puisrpie nous n'avons dans notre cœur aucune haine. Heureux ceux <jui peuvent dire cela

nui, ei la Vf

çant ces paroles, garderaient clans leur c<pur la rancune et la vengeance ; ils diraient A Dieu de les détester et de les haïr, comme ils détestent et baissent leurs semblables! .\h! vindicatifs, si vous ne pardonnez pas, arrêtezvous A celle prière, avant de la [irononcer ; et pensant au besoin pressant «pie vous avez de la grAce de Dieu, n'hésitez pas A vous la procurer en pardonnant A vos ennemis; vous [«niirrez dire ensuite avec confiance Sirut et nos dimittimiis ("i) : et si vous n'aviez pas assez de raturage pour jtardonner, ne

p«rte de mon gouvernail, au milieu d'eflTroyab'es lerapéles. C'était une position terrible. Après avoir pris toutes le- pie je devais prendre, j'ai dit en me promenant :

Fiat voluntax tttn, le mi^ de fois que sainie Gertrude ; puis je suis allé me

couclier , je oui j^iuais mieux tjniiin. >

(\) Saint François d'Assise avait établi cette belle coutume dins ses couvents d'Espa*

pagne : nr - ' - " — ' ' '■ • - "" -"vt frappera louiss les cellules, et

criait au\ i Pater pour ceux qui voulaient

aller se c , i "e.

Ci) Saint Jean l'Aumônier disait la messe devant un prince qui «strj.iil au cœur la haine contre son ennemi. Quand il fut à ces paroles : Sicut et nos dimittimnt, il s'arréia U prince l'entendant, continua lui-même : Skut et noi. Alors le patriarche se loumant vere

(THignez pas néuniuoins «le dire souvent celle demande du Sotre Père. Kn la n't^ilant avec foi, vous ohliendre/ lu g«''nérosilé (|ui vous luaufjue.

6lHi. Et ne nos indurus in (pututionem. Uit'ii ne lento personne. Deu» neminetn tentât : mais il uerniet ijuc nous sovons tentti's par Je dénion, le monde et nos i)roures penchants nmuvais. Quel malheur [loiir nous si nous venions à suocomuer 1 (Test pouri|uoi nous demandons d'être préservés de la chute ; car sans le secours de Dieu nous serions impuissants. Demandons même' à Dieu, décarier de nous les tentations. Quelques saints, il est vrai, dans leur courage et leur grande confiance en Dieu, ont demandé des tentations alin d\v trouver des moyens de prati(pior la vertu et d'augmenter leurs mérites;' cependant il est ordinairement plus sûr de fuir les tentations ou de les écarter par la prière. (Juand elles durent malgré nous, il ne faut pas néanmoins nous en effrayer ni nous en décourager, mais les combattre en recourant à Dieu avecconûance.

607. Sed libéra nos a malo. Le mal dont nous demandons à être délivrés, c'est le péché qui peut suivre la tentation; le mal, c'est le démon (jui nous porteàce quiestcoupable ; lemal, c'est, dans un sens plus complet, tout ce qui peut nous porter au péché et nous arrêter dans le chemin de la vertu. Quand nous avons dit cela i\ Dieu de tout cœur, il ne nous reste plus rien à demander. Celui qui a (d)tcnu par cette prière la protection de Dieu peut être en sûreté et en paix. Qu'aurail-il à craindre du monde celui que Dieu défend dans le monde !

Saint Augustin pourtant pense que, par ces paroles, nous demandons à être délivrés de tout mal par la béatitude éternelle. Là, plus de fautes, plus de tentations, plus de passions pour nous entraîner. Je désire mourir pour être avec Jésus-Lhrist ; nui nie délivrera de ce corps de mort ? disait Samt Paul. Désirons tous le ciel où il nous sera impossible d'offenser Dieu. Aînen. Qu'il en soit ainsi! C'est un résumé de tout ce qtrc nous avons dit à Dieu. Farces mots : Ainsi soit-il, nous approuvons et renouvelons encore toutes les demandes précédentes, en priant Dieu de les agréer et de les exaucer.

608. A»e Maria. — Dans le Notre Père nous nous adressons à Dieu notre créateur, noire sauveur. Sa bonté est telle qu'il écoule tous ses enfants et que nous pouvons toujours recourir à lui sans crainte. Toutefois nous avons besoin d'une médiatrice auprès de noire Médiateur lui-même, (jui est Jésus- Christ. 11 est si grand, et nous sommes si petits ; il est si puissant et nous sommes si faibles ; il est si saint et nos Ames sont si coupables, qu'il faut avoir soin d'appeler à notre secours la Vierge Marie, sa Mère, celle qui a toute puis.sance sur son creur, celle A «pii la pureté sans tâche donne si facile accès et si grand crédit auprès de Dieu !

609. Nous devons réclamer son intercession d'autant plus fréquemment que la dévotion à Marie est un gage de salut, le sauf-conduit qui nous fait échapper à l'enfer; aussi n'y a-t-il point de dévotion jtlus ancienne, plus autorisée dans l'Eglise de Dieu, mieux établie sur la raison éclairée de la foi, plus répandue dans le peuple fidèle, plus accréditée par l'exemple des saints, plus fructueuse poiu* les Ames. .Sans l'invocation de la Sainte Vierge le salut devient très difficile. Marie, en effet, est la Irésorière et la dispensatrice des grAces qu'elle communique à qui elle veut, et comme elle veut, selon le langage d'un saint. Or^ point de prière à Marie plus autorisée, plus respectable par conséquent, m plus efficace que Y Ave Maria ou la Salutation Angéli(iue, que nous joindrons toujours au Notre Père.

Comme l'Oraison dominicale, cotte prière a doux parties. Dans la première, nous glorifions, nous louons la .Mère de Dieu ; et dans la seconde, nous l'invoquons, nous réclamons sa protection maternelle. En sorte que l'aire J/arï« renferme nos prin<:ipaux devoii-s envers la Sainte Vierge.

610. {^ Ave. Je vous salue. C'est un archange qui apporte du ciel ce salut etrofTre à une humble vierge. II nous faudrait avoir, quand nous le répétons,

loi : < Voyez, dit-il, ce que vous dites à Dieu à ce moment terrible : Pardonnez-moi comme je pardonne. » Ces mois furent pour le prince comme un coup de foudre. « Tout ce que voui m'ordonnerez, lui dit-il aussitôt, Je suis prél A le faire >, et il se réconcilia sur le champ avec son ennemi. A son exemple, bannissez toute haine de votre cœur, pardonnez géoéreusemeDi en récitant celte prière.

PRIÈRE. — AVK MARIA 213

toute la pureté et tout l'amour d'un Séraphin ; car Jésus lui-même a dii le redire souvent A sa Mère. Divin enfant, une disiez-vous à votre Mère, le matin, le s<jir, dans lhunil)le maison de Nazareth ? Ah ! Sans doute ces mots: Ave, Je vous salue. Disons-les donc nous-m^mcs avec le même res-

f)ect et le même amour; d'autant plus que cha<pie fois que nous adressons à a Vierge ce salut, elle nous le rend. Il nous arrive quelque fois de saluer des personnes tellement lières, ou tellement grossières, qu'elles ne nous rendent pas le salut. Mais nous n'avons rien de semblable à craindre en disant à la Sainte Vierge : Are.

Saint Hernard, en entrant dans un monastère, avait l'habitude de s'incliner vers la statue de Marie, et de dire Ave Maria. L'n jour la statue s'incline et répond : Je te salue, Bernard. Ce miracle n'aura certainement pas lieu en notre faveur, nous ne le méritons point; mais sachons que Marie est la plus polie et la plus gracieuse des créatures, selon le langage d'un saint. Jamais nous ne lui adresserons un salut qu'elle ne nous le rende; et le salut de la Sainte Vierge, c'est une bénédiction, une grAce qu'elle nous obtient.

611.. 4 iT .Varia. Le nom de cette Vierge que l'ange et que Jésus ont saluée, que l'univers enfiergloriOe, c'est Marie; Marie, ce nom les anges le chantent au ciel et s'inclinent en le disant, comme au nom de Jésus. La terre le bénit ; la mère apprend à son enfant à le redire ; la jeune fille le miu'mure dans sa prière ; le pécheur l'invoque; le vieillard v puise l'espérance du ciel. L'enfer à ce nom recule d'épouvante et le démon est mis en fuite (1). Marie, ce nom dit la force et la douceur.

La force, car il signifie souveraine; Marie est Reine du ciel et de la terre ; la douceur, car il signifie aussi lumière, étoile de la mer. Lumière qui éclaire notre esprit au milieu des ténèbres et des tempêtes, où nos Ames sont jetées, et nous guide vers le port du salut. Qui a redit souvent ce nom sans qu'un rayon de consolation ait pénétré dans son Ame, sans qu'il ait senti l'espérance renaître dans son cœur, sans que le calme se soit fait au milieu des orages? (jue de tentations surmontées par la seule invocation du nom de Marie ! Qu'il soit toujours sur nos lèvres et dans nos crpurs. Nos lèvres glacées le diront encore, avec celui de Jésus, à noire agonie; et quand elles ne poiu-ront plus l'articuler, notre âme, en s'arrachant à notre corps, le répétera encore.

(il2. (Jratia plena. Il est dit du Fils de Dieu fait homme, qu'il est plein de grAce et de vérité. Il est la .sotirce de toute grA<e, et il répand toute grAce sur toutes les Ames. De cette soinre abondante découle unlleuvequi déborde, c'est .Marie ; et de ce fieuve, d'innombrables ruisseaux, qui sont les saints, dans les Ames desquels toutes les grAces coulent par Jésus, qui en est la source, et par Marie, qui en est le canal. Aux autres, la grAce est donnée par portions, dit saint Hernard ; mais en Marie a été répandue la plénil»ide «le la grAce. (Test en elle qu'il la faut puiser par la prière. Heureuses donc les Ames qui prient souvent Marie !

(il3. Dominug tecum. Dieu est partout par sa présenre et sa puissance, il es» drtn<5 l'flrue df»s justes i»ar sa grAce, mais son union A Marie est en proqu'il lui a faite, et A la«p»elle elle a correspondu avec une , > ne pouvons concevoir. Le Père est avec vous et il fait

vulic si>n piopn- 1 ils, ô Marie ! Le Fils est avec vous, puisqu'il va habiter Totrc sein virginal et .v opérer notre rédemption! LKspril-Saint est avec

(I) La féie da nint nom de Marie, célébrée auparavant dans pla^i<>nr« églises partiealière», fui étendue à l'Eglise universelle par le pape Innocent X' ' ■". en mémoire de la vicloire de Vienne en Aulriche. Celle ville était assiégée p . mille Turcs ou

Tartares. La ctirélienlé cnli^rf éivi n,..tia,-^<. m ii.,n^ la W: crselle. on invoquait parloul le ni>m de Marie. 1 'Je siège, la ville aux abois était sur le poini de se rendre. Jean > "ne, parut sur les montagnes avec son armée. Il assista 4 la Messe qu'il »crMi lui-méuic, les bras étendus vers le ciel; il communia. Il pria le prêtre ds bénir l'année; puis il dit k ses soldats : • Marchons à l'ennemi sous la protection du ciel et l'assistance de la Sainte Vierge. » L'armée élec- Irisée fond sur les Turcs, qui sont taillés eo pièces et prennent l« fuiie. Jean Sobipski va aussitôt à l'église y faire cbanter le Te Deum, avouant devant lou.< qu'il ne doit la victoire qo'à la faveur do ciel et à la protection de Marie.

VOUS, piiis.iiif «■ (Si lie iiii que NOUS alloz conccvolr le Fils <lii Tr^s-llniit ! Kt. ce Fils du Tr^s-Haut, vous approcherez de lui de plus près que tous les anges ; ear auquel des anges a-t-il dil : Vous Mes ma Mère? il vous le dira, et vous l'appellerez voire Fils; vous le porterez dans votre sein et entre vos bras; vous le nourrirez <ie voire lait; vous ne le perdrez jamais de vue; vous l'accompagnerez dans ses courses apostoliques, vous le suivrez jusqu'au Calvaire; au ciel, vous serez placée à sa ilroile.

Ah! oblcnez-n(»us d'être avec lui dès ici-bas, puis aussi dans le ciel! Icibas, car pour arriver ù lunion éternelle avec; Dieu, il faut lui être uni en ce monde par la grûce sanctifiante, (i'est le péché mortel qui nous sépare de Dieu. Il faut donc le haïr .souverainement et le fuir de loin; et pour nous préserver du péché, rien de plus cflicace que de tenir unis à Dieu nos esprits et nos coeurs, en pensant à lui, en lui parlant, en écoutant sa voix, en ne perdant pas de vue sa présence. Dieu est en nous et nous le fujons; insensés, nousfuvons notre bonheur!

i\\\. Ht'uedictn tu in ?nulien/jus. Débora, Judith, Ksther, ces femmes admirables qui turent le salut de leur peuple, ne sont que de pfties images de Marie, qui a donné au monde entier un Sauveur. Kve, notre première mère, nous donna la mort en même temps que la vie; Marie, en nous donnant Jésus, détruisit l'empire de la mort et du péché et nous transmit la vie surnaturelle. Aucune femme qui réunisse autant de bénédictions qu'elle; elle a les gloires «le la virginité et celles de la maternité, et elle est Mère d'un Dieu. Bénie entre toutes les femmes, elle communique à toutes les femmes les bénédictions dont elle est enrichie.

Kve. par sa désobéissance, avait attiré l'opprobre et la honte sur toutes ses (illos; Marie, i»ar sa fidélité A Dieu, a relevé le sexe faible, dont elle est la plus pure gloire; Vierge, elle entraine à sa suite des multitudes de vierges, qui sont le plus bel ornement de l'Kglise; Mère, et Mère d'un Dieu, elle a attiré sur la femme chrétienne, avant elle méprisée et maltraitée comme une esclave, le respect et l'amour de son époux et de ses enfants. Kt puisque les femmes lui doivent l'honneur dont elles sont environnées dans ia société chrétienne, il faut que toutes la bénissent et l'honorent.

Kn glorifiant Marie, nous ne pouvons oublier Jésus, à qui se rapporte tout le culte que nous rendons à sa Mère. Rien en Marie qui ne- vienne de Jésus, et rien de. ce que nous faisons pour Marie qui ne tende à exalter Jésus !

(;'esl pourquoi, aux paroles de ÏAve Maria, que prononça l'archange (labriel et qtic nous venons d'expliquer, se joignent, dans cette prière, celles que sainte Klisabeth, cousine de la Sainte Vierge, adressa à. Marie en recevant sa visite. Il est béni le fruit de vos entrailles. 11 est béni par les anges, il est béni par les hommes, il est la source de toutes les bénédictions répandues sur Marie elle-même. Toutes les langues et toutes les bouches le louent el le chantent au ciel et sur la terre. Il s'appelle Jésus, car il a sauvé du jtéché et de l'enfer le genre humain tout entier; et voilA pourquoi à côté de votre nom, ù Mère, nous plaçons toujours son nom sur nos lèvres et dans nos cœurs. Jésus, Marie I Jésus notre salut. Marie par qui il nous a été donné !

(>15. 2" Sancta Maria, Mater Dei. C'est l'Eglise «pii a ajouté ces parolçs et les suivantes à la Salutation angéli(pie ou h l'Ave Maria en i'M, lorsque le concile d'Kphèsc condamna l'impie iSestorius. Cet hérétique voulait qu on appela Marie, Mère du Christ et non .Mère de Dieu. Kt, depuis lors, tous les fidèles protestent tous les jours contre ce blasphème, en disant à la Sainte Vierge : Sainte Marie, Mère ffe Dieu. Sainte Marie. Il y a un grand nombre de saints et de saintes dans l'Eglise de Dieu; Marie est sainte par excellence, c'est elle qui est entrée le plus avant dans la sainteté de Dieu. Tu supergressa es unirersas. Sola sine eaemplo placuisti Domino. Mère de Dieu (1). C'est là la dignité incomparable de Marie. C'est pour

(1) Quelqu'un, faisant l'éloge de Philippe, roi de Macédoine, ajouta : a Pour tout dire, en nn mot, ce roi est le père du Grand Alexandre. » Mais tout ce qu'on peut dire de Marie ne saurait é<?aler ce seul éloge : Elle est la Mère de Dieu. .

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