I. lit |*tirc«rail la
viiudei ^ue a en coàie<(-ii p«s pour aea4ier mi teveuri, que de •uiticitudes pvur ceux
1226 ALLOCITIONS DIVERSES ET SERMONS DK CIHCONSTANCE
qai vpnlfîH pirvenir. el mérae pour ceux qui sont parvenus I Quelle pauvreté an sein ri ice! car les désirs des mondains sont insatiables. L'envie s'y mêle, el on y
I iix, non seulement de son propre malhetir, mais encore de la prospérité
(i\.^...... 'J.i n'y peut ni assouvir ses passions, ni les vaincre; on sent la tyrannie et
on ne veut point en élre délivré.
Ah! si on pouvait traîner le monde entier dans les cloîtres, on lui arracherait facilement l'aveu de sa misère. On n'entend dans toutes les familles que gémissements. L'un est dans un désastre qui lui enlève tout le fruit de longs et pénibles travaux; l'autre dans son emploi souffre des dégoûts mot tels. Celui-ci perd; celui-là a peur de perdre; cet autre n'a pas assez; l'ennui les poursuit tous jusque dans les spectacles et les plaisirs. Tous s'avouent malheureux ; el chose étrange, les enfants de Dieu conservent parfois une estime secrète pour ce que le monde, tout vain qu'il est, ne peut s'empêcher de mépriser. Il en est qui, tout en étant bons, se laissent éblouir par un éclat si grossier. Ils sont étonnés d'entendre les gens du monde se plaindre de leur sort, comme si c'était là une nouvelle, comme si Noire-Seigneur n'avait pas dit: Malheur au monde.
3» Le monde es^t incompatible arec les vrais biens. Les pemes qu'il endure sont le commencement des douleurs éternelles, comme la paix des ûmes détachées du siècle e.st l'avantgoût des j(,ies du ciel. Le monde est le royaume de Satan; les ténèbres du péché couvrent cette région de mort. Oh! qu'elle est redoutable celte puissance de ténèbres qui aveugle les plus c'airvoyants? Elle séduit les esprits et leur enlève la vérité, après même qu'ils l'ont connue el aimée. Sous son influence, on ne voit plus ce que Ion voyait, on craint même de le revoir; el on se plaît dans son aveuglement. Aussi est-il dit à tous que l'amitié du monde est l'ennemi de Dieu, einolite diligere mjindum neque ea quin in mundo sunt. Aussi y avons-nous renoncé à notre baptême? qu'y avon8-n<ius promis? de renoncer aux pompes de Satan. ÎSe sont-elles pas celles du monde? Le renoncement aux vanités du siècle est donc nécessaire à la vie chrétienne. C'est ainsi que l'entendaient les premiers chrétiens. Sans quitter leurs familles ni leurs travaux, ils vivaient retirés du siècle comme les religieux les plus fervents.
On se taisait, on priait, on travaillait sans cesse des mains, on se cachait; en sorte que les chrétiens étaient appelés un genre d'hommes qui fuyaient la lumière. On obéissait au pasteur, au père de famille: point d'autre attente que celle de notre bienheureuse espérance pour l'avènement du grand Dieu de gloire; point d'autre assemblée que celle où l'on écoulait les paroles de la foi; point d'autre festin que celui de l'Agneau, suivi d'un repas de charité ; point d'autre pompe que celle des fêtes el des cérémonies ; point d'autre plaisir que celui de chanter les psaumes et les sacrés cantiques; point d'autres veilles que celles où l'on ne cessait pas de prier. 0 beaux jours! quand vous reverronsnous?
Quand on ne veut pas aimer Dieu, quand on veut suivre l'entraînement de ses passions, qu'on aime le monde et qu'on le cherche. Mais quand on croit à l'Evangile, quand on craint la justice de Dieu, quand on se défie de sa propre fragilité, quand on est chrétien enfin, on doit haïr le monde el ses maximes, fuir ses fêles et ses plaisirs.
Celui qui embrasse l'état religieux que fait-il de plus? Il s'éli'igne d'un ennemi avec lequel on ne peut jamais faire la paix ; il détourne les yeux pour ne pas voir ce qui peut le séduire. Est-ce là un grand sacrifice T N'est-ce pas plutôt un soulagement, une sûreté, une tranquillité? En laissant donc de côté le désir de la perfection, d'ailleurs si enviable, en ne considérant que l'intérêt, et le bonheur de celle vie pour une àme chrétienne, où sera ce bonheur, sinon loin d'une mer orageuse, où il n'y a qu'écueils et que naufrages? où sera-t-il, sinon loin des objets qui irritent les passions, qui empoisonnent les cœurs les plus innocents? Hélas! Je vois tomber les plus hauts cèdres du Liban et je craindrais de me mettre à l'abri de la tempête? Aussi quand saint Paul exhorte à la virginité, quelles raisons allègue-t-il? Il veut affranchir les ûmes des tribulations de la chair, et leur offrir an moyen de prier sans empêchements, en étant dégagé des embarras du siècle.
De là vient qu'ouvrant les livres des saints Pères, je ne trouve de tous côtés, môme dans les sermons faits à tout le peuple sans distinction, que des exhortations pressantes pour conduire les chrétiens en foule dans les solitudes. C'est ainsi que saint Basile fait un sermon i ; inviter tous les chrétiens à la vie solitaire. Saint Grégoire de
Nazianze, s !ome, saint lérôme, saint Ambroise, l'Orient, l'Occident, tout
retentit des 1 . ..u désert et de la fuite du siècle.
J'aperçois même, dans la règle de saint iJenoit. qu'on ne craignait point de consacrer les enfants avant qu'ils eussent l'usage de la raison: les parents sans crainte de les tyranniser, croyaient pouvoir les vouer à Dieu dès le berceau.
C'est qu'on pensait avec raison que puisque tout chrétien doit mépriser le monde, il est plus facile de le faire de loin que de près. Aussi, dès les premiers temps de l'Eglise, vit-on en Orient des hommes et des femmes qui menaient la vie religieuse. Dans l'Occident quelle foule de vierges et de personnes de tout âge et de toutes conditions qui, dans la retraite el le silence, ignoraient le monde f tétaient ignorées de lui ! Les persécutions poussèrent jusque dans les plus affreux déserts les patriarches des anachorètes, saint Paul et saint Antoine; mais la persécution fit moins de solitaires que la paix et le triomphe de l'Eglise, après la conversion de Constantin. Les chrétiens si simples et si