‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 45 sur 416 · CINQUIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

CINQUIÈME LEÇON

C"' " I' I viTF.B LE pfAHf. FT DE PEnsÉvÉREB. — «On doit avoif soiii, coniinue

sa: lie rappeler souvent aux enfants les trois grands moyens de se tenir dans

la . Il, savoir : 1) fuir les mauvaises occasions et les mauvaises compagnies ; t)

se <T toujours à Dieu et spécialement dans la tentation, el invo<]uer Jésus el

lia' juenter les sacrements. » (xvi. p. 137J Venons-en 4 la pratique.

«KU. Premier moyen : Fiitk des .maivaises coMPAfi.vtEs. — Vous avez tous promis à Dieu de no plus pécher, mes enfants. Oh ! miellé consolation vous donnez à >otre-Seigneur Jésus-Christ, puisque vous allez l'aimer maintenant . -luclle joie pour la Sainte Vierge ! Mais .si vous voulez tenir votre l'i ivez-vous ce qu'il faut faire ? Flcoutez bien : Kviter les mauvaises

«iii Oiirlles sont les mauvaises compagnies f Les grandes personnes,

les grai is. les grandes filles, qui vou.s <lisent de mauvaises paroles,

qui voii faire le lual. Les petits garrons, les petites filles avec les-

?|uels \ «uvent offensé le bon Dieu, qui vous ont appris à jurer et à

aire di uneries. VoilA les mauvaises rompagnies. Kaiil-il aller en<<u'e

avec elles 1 .Non, jamais plus. — Et si vous ne promettez pas à Dieu de n'y plus aller, sans raison sérieuse, vous pardonnera-t-il 1 Non. — Ah ! vous avez beau dire que vous no voulez pas vous bniler, si vous mettez la main au feu. votre main sera rôtie. Vous aurez beau dire : Je ne ferai plus de fi. rht's ; <i V, ,!> .liiez aver de mauvaises rompagnies, voua en ferez toujours el \ ' - - ; • ; ■ ; ! is. Ouel malbciir !

•Si W.1I-. \..\i.'/. venir un loup on hiver, quand il y aurait beniicniipdo r-'^-j-' un ioujt qui est une bêle féroce plus gros.se qu'un chion. ipii dévore les 1 les cnianls, loulcc quelle trouve, esl-cc que vous iriez lui caresser la i i Non. — Que feriez-vou» ? Nous fuirions. — Eh bien ! que faul-jl faire quand

234 catp/:hisme des petits enfants

vous vovpz venir un mauvais compagnon ? H faut fuir de If»in. S'il sort par coltp porte (le l'eplise, sortez nar I autre. S'il vient par ce chemin, retournez vite sur vos pas pour ne pas le rencontrer, cl passez |)ar un autre chemin. S'il vous appelle, parrlez-vous de l'écouter, restez chez vous. S'il est sur une place, dans une <our, dans une grange, prenez garde d'y aller ; car il est plus terrible qu'un loup.

Pounjuoi cela ? Je vais vous le dire. Si un lotip croquait im enfant qui n'a point fait de péchés, ou qui a fait une bonne confession, l'âme de cet enfant où irait-elle 1 Kn paradis. — El si. quand un mauvais compagnon vous a fait faire le mal, vous veniez à mourir, où iriez-vous? Kn enfer. — Vous voyez donc qu'un mauvais compagnon vous envoie en enfer ; et le loup, en paradis. Kt le loup ne tue que le corps, et la mauvaise compagnie, qu'est-ce Î[u'elle tue ? I/Ame. — L'Ame vaut-elle plus que le corps ? Oui. — Oli ! mille ois plus.

W.'j. .Vinsi il ne faut absolument plus aller avec de mauvaises compagnies. Les petits gan.ons n'iront pas avec les petites filles, ni les petites filles avec les |)etils garçons, en s'en allant du catéchisme. Elles se sépareront d'eux en gardant leurs troupeaux, elles n'iront pas s'amuser avec eux. Et vous au55si, mes petits garçons, vous vous séparerez dans les champs, dans les chemins, partout, des autres petits garçons qui disent de mauvaises paroles. Si vous les voyez faire le mal, détournez les yeux d'un autre côté et fuyez. Les petites filles non plus n'iront pas avec les autres petites qui ne sont pas sages. Est-ce entendu? Oui. — Oh ! que le bon Dieu vous aimera! Et si, après la confession, il y avait encore des enfants qui fissent faire des péchés aux autres, savez-vous ce qu'il faut faire ? Ecoutez ; il faut le dire à votre mère ou à votre père, au maître ou à la maîtresse d'école, ou à M. le Curé.

Ainsi si un frère ou une sœur n'était pas sage le jour ou la nuit, ne man-

?|uez pas de le dire à votre père ou à votre mère, qui prendront la verge et les Guetteront fort, et qui vous aimeront dix fois plus, si vous leur dites cela. Si un enfant, un petit garçon, ou une petite fille ne sont pas sages en venant à l'école, en arrivant, il faut le dire au maître ou à la maîtresse d'école, qui leur donnera une forte punition, ou encore à votre pasteur, à M. le Curé, à M. le Vicaire, qui vous donnerontune image, quand vous leur ferez connaître les mauvaises compagnies. Ferez-vous comme cela? Oui. ^

Oh ! comme le bon Dieu vous bénira ! Et si vous voulez ne pas rencontrer de mauvaises compagnies, il ne fafSt pas quitter la maison, mais rester tou-

^*ours avec votre père et votre mère, ne pas allez courir dans les coui-s, sur es places, dans les rues avec les autres : il faut aller à la messe et aux vêpres avec vos parents et revenir toujours avec eux, jamais avec les autres; ne pas vous amuser en chemin en allant ou en revenant de l'école, mais marcner droit, sans vous arrêter ni regarder d'un côté ou de l'autre.

6()H. Deuxième moyen : La prikrk. — Si vous voulez être toujours sages, tout en évitant les mauvaises compagnies, il faut aussi bien faire la prière. — Avez-vous vu un petit enfant de neuf mois, qui ne marchait pas encore, et qui savait déjà dire papa, maman? Oui. — Eh bien! vous avez remarqué que, quand il était assis par terre, il s'appuyait sur ses mains, sur ses jambes, se soulevait un pou et puis retombait, mais ne pouvait passe lever seul; que faisait-il ? Il appelait papa, maman, et puis le père ou la mère venait, lui donnait la main et l'enfant se tenait debout, il faisait même des pas en avant, tant qu'il tenait la main ou le doigt de son père ou de sa mère ; mais si son père ou sa mère le lâchait, que faisait-il ? Il ne pouvait faire un pas, ni même se tenir droit.

Eh bien ! nous sommes tous comme cet enfant. Si notre père du ciel, qui est !e bon Dieu, si la .Mère de notre âme, qui est la Sainte Vierge, ne nous aident pas, une fois que nous sommes à terre, c'est-à-dire une fois que nous sommes tombés dans le péché, nous ne pouvons plus nous relever. Si nous sommes droits, c'est-à-dire si nous sommes dans la grâce de Dieu, si nous n'avons point fait de péché mortel, nous ne pouvons pas faire un pas en avant pour aller au ciel, sans le secours de Dieu et de la Sainte Vierge.

667. Que fait l'enfant quand il est à terre et qu'il veut se relever et mar-

cher, dites-le-moi? 11 appelle: papa, maman. — Kt nous, que devons-nous faire? Il faut appeler le bon Dieu et la Sainte Vierge à notre secours, il faut prier. — Quand faut-il prier ? Le matin. — Dès une vous vous éveillez, que vos parents vous appellent, avant mi^me de vous lever, il faut faire le signe de la croix ; faites-le tous, et puis dites : « Mon Dieu, qui êtes infiniment aimable, je vous aime de tout mon ccpur et pour l'amour de vous, je vous offre tous ce que je ferai aujourd'hui. « (On le répèle plusieurs fois.) Kt puis, vous vous levez vite, lestement et surtout modestement, vous glissez sous vos couvertures de manière à ce que tout votre corps soit bien couvert, comme si j'étais là k côté de vous. Car votre ange gardien est là, et Dieu vous voit.

Vous vous habillez vite ; et puis, quand vous vous êtes bien lavé le visage, que faites-vous ? Vous vous mettez à genoux devant un crucifix ou une image de la Sainte Vierge, et vous récitez le Notre Père, le Je vous salue, Marie, le Je crois en Dieu et l'acte de contrition. Oh! la courte prière ; mais vous la ferez bien sans regarder ni d'un côté ni de l'autre, les yeux baissés, ou fixés sur le crucifix, ou sur limage, et les mains jointes, mais surtout le cœur bien uni à Dieu. (On peut ici faire réciter les prières, par tous les enfants à la fois, en y ajoutant les commandements de Dieu, qu'il est bon de leur faire chanter.)

(>C8. (Juand prierez-vous encore? Ah ! souvent le long du jour, quand vous serez tentés, que le démon vous inspirera de mal faire, que quelqu'un vous portera au mal, que vous aurez là, dans la tète, une mauvaise pensée ; vous direz vile: Mon Jésus, miséricorde! ou bien: 0 Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ; ou encore : Jésus, Marie, Joseph ! "Voyons, que direz-vous le long du jour, surtout quand vous serez portés au mal ? Dites tous ensemble (on répète plusieurs fois ces invocations.) El de celte mauvaise pensée, qu'en ferez-vous ? Est-ce que vous la garderez là, dans votre tète ou dans votre cœur? Non.

S'il vous tombait un charbon dans la main, est-ce que vous le garderiez longtemps ? Non. — Ah ! vous secoueriez vite votre main et vous souffleriez dessus. Il faut repousser plus vile encore les mauvaises pensées qui sont un charbon de l'enfer, et dire des injures au démon qui vous les envoie : « Vat'en, Satan, je ne veux pas de ces abominations, va les porter à tous les polissons du monde, je n en veux point; >> et nuis vous travaillez, vous pensez à votre travail : en classe vous apprenez vos leçons et vous faites vos dcvoii-s; en récréation vous vous amusez bien; dans les champs les poliles filles font des bas, les petits garçons rauiassent des bou(piets pour la statue de la Sainte Viorgc, ils l'ont de jolis bâtons, etc. {InHiquer, pour les diverses classes d'enfants et pour les divers lieu.r. où ils se trouvent, des occupations aiurtfuelles ils pourront se livrer, f'e poinJ est important.)

W}5). Vous m avez dit qu'il faut prier le matin et le long du jour, quand on a des tentations, quand on a de mauvaises pen.sées, et faut-il prier le soir avant de se coucher? Oui. — Quelle prière direz-vous? La même que le malin : Notre Père, qui êtes aux cieux ; Je vous salue, Marie ; Je crois en Dieu, et l'acte de contrition. Puis vous vous déshabillerez bien modes- Irmcnt cl vous iroz vous coucher. Dans votre lit vous lien<lrez vos mains jr)inles sur la poitrine, et dans vos mains, vous tiendrez une médaille, un pelit crucifix ; vous direz à votre mère de vous les procurer et vous vous endormirez en baisant ce crucifix ou cette médaille, et en disant souvent Jésus, Marie. Joseph.

Voyons, rpic ferez-vous avant d'aller vous coucher? — El avant de vous endormir? — Que direz-vous ? — (/.es enfants répondent et on les aide au hesoin.) Donc, pour éviter le péché, la première chose à faire c'esl ? ... De fuir les mauvaises compagnies. La seconde c'est ? ... De prier. — Oui. de prier malin e\ soir, comme la Vierge l'a recommandé aux pelils beraers de la Salelte. Faites-vous bien voire prière, mes enfants, tlil-elle ? — Tous deux répondirent : Ciucrc bien. — Et elle ajouta: « Il faut bien la faire malin et soir. » N'oubliez |ias non plus dr vous recommandera Dieu dans la Icnlalion. (Les enfants vrjiètent les invocations.) 070. TrolsK^nie moyen : FRKyiK.NT.^Tio.N dbs sacbkments. — El quelle

236 CATÉCHISME DES l'ETITS ENFANTS

csl la Iroisièmp diuso ijiril faut Caire jKMir rvilcrlo iK-ché ?Voiis ne lu savez

rias encore, je vais vous l'apprenrjre. Il faut aimer A vous confesser réguièremenl. O'iHnd on sent que l'on va devenir hien malade, que fail-on? — On va trouver un mrilerin, pour qu'il nous donne des remèdes qui nous préservent de la maladie. — Kl (juand on est tombé et qu'on s'est cassé une jambe ou un bras, (pie fait-on ? On fait tout de suite venir le médecin afin qu'il remette en jdai-e cette jambe, ce bras cassé. (Juand vous sentirez que vous t'-tes |)n"'t à commettre un gros péché, ce qui est la grande maladie de l'ftme, nue faut-il faire ? Aller trouver le médecin de votre Ame. Kt ce médecin quel est-il ? C'est le prêtre. — Il vous encouragera, il vous donnera des conseils, des remèdes pour ne pas devenir malade de cette affreuse maladie. Kt si, en tombant dans un gros péché, vous avez brisé votre Ame. que ferezvoiis? Vous irez encore vite, vite trouver votre confesseur ; vous lui direz bien votre péché, il vous donnera l'absolution et votre Ame sera guérie. — Vous confesserez- vous souvent, mes enfants ? Oui. — Quel bonheur ! Ah! ne restez januiis avec un péché mortel sur la conscience ; car si vous veniez à mourir, où iriez-vous avec ce péché? Kn enfer. Oh ! quel affreux supplice ! Donc, si vous tombez, allez vite vous confesser et si vous ne le pouvez pas tout de suite, dites vile de tout co'ur un acte d'amour de Dieu qui est infiniment aimable, demandez pardon à Notre-Seigneur. lui promettant de l'aimer toujours et de ne plus faire de péché. Dites par conséquent un acte d'amour de Dieu et de contrition. — Voyons que fei'ez-vous si vous tombez? IS'ous nous confesserons. — Kl si vous ne pouvez pas vous confesser de suite ? Nous dirons un acte d'amour de Dieu et de contrition de tout cœur. — IJien. mes enfants, et vous irez ensuite vous confesser le plus tôt possible, n'est-ce pas? (On redit aver eii.r les actes de Charifé et de Contrition).

671. On voit qu'il sera facile d'étendre avec de petits enfants un catéchisme semblable, et de leur expliquer avec la même mt^ihode le h'oire Père, le Je tom salue, Marie, \eJe crois en Dieu, en insistant sur la vie de Notre-Seigneur et sur ges exemples sur ceux surtout qui sont mieux à la portée de l'enfance; puis les commandements de Dieu et de l'Efilise, en faisant remarquer la malice des péchés les plus ri'pandus, et enfin les autres sacrements; et surtout on n'omettra jamais de parcourir avec les enfants les principales actions de la journée: le lever, les repas, le travail, l'étude, le coucher, afin de leur apprendre à tout sanctifier. Rien n'est meilleur que de faire devant eux le tableau de l'enfant qui remplit mal ses obligations cl celui de l'enfant qui sanctifie touter ses actions. Les pasteurs le pourront faire sans peine, en réunissant autour d'eux ces chers enfants, une fois par semaine. Pour nous, nous devons nous bornera ce qui est indispensable pour bien préparer ces chères âmes à l'absolution. Les mères chrétiennes, les institutrices trouveront un exposé plus complet de la doctrine chrétienne dans un livre que nous avons publié sons ce titre : La mère selon le cœur de Dieu. .*»<* édition {\). — Les catéchistes des petits enfants aussi bien que les mères se serviront avec grand profil de la brochure que nous avons publiée «ous ce titre: le lAvre des petits enfants (2). Sur l'obligation de catéchiser, v. le n. 1743.

^11. — Traits historiques à raconter aux enfants.

672. Zèle pour le catèchixme et pour la foi. (a) Pendant la persécution de l'empereur Galère, il y avait à Antioche un enfant de sept ans, nommé Barula, qui se distinguait par son ardeur pour le catéchisme. 11 fut traduit devant le préfet Asclépiade, qui l'interrogea sur sa religion. Je suis chrétien, répondit Barula, je croia en un seul Dieu. ~ Se vaut-il pan mieux honorer plusieurs dieux qu'un seul? •- Il n'y a pas plusieurs dieux. Voici la vraie foi : Je crois en Dieu le Père toul-puissant, et en Jésus-(:hri.<it son fils unique... Il continua à réciter tout le symbole qu'il avait appris. — .V* snis-tu pas, reprit le juge, que cette religion est défendue? et que si tu n'y renonces, tu seras puni de mort ? L'enfant répondit qu'il riait prêt a mourir. Ce courage irrita Asclépiade; mais pour mieux en triompher, il dissimula sa colère, fil venir la mère de ce tendre enfant et en sa présence, ordonna de le frapper de la manière la plus brutale. Pendant qu'on le brisait de coups, 11 confessait le saint nom de Jésus-Christ, et son héroïque mère offrait à Dieu ce sacrifice avec une constance qui excilail l'admiration. Le petit martyr couvert de plaies el le visage tout en sang, regardait avec tendresse sa pieuse mère, disant qu'il avait bien soif. —Mon cher fils, lui

(1) Fr«m-o, 1 fr. &0. Se Irouvç au pèlerinage de U .Saletle, par Corps (Isèi-e). (i) Kranro » fr.

OltlîCHlsME Dlîâ PIÎT[TS ËN'^'AÎ4T^> ti'i

dit-elle. eHcore un peu de patience: bientôt vous arriverez à la fontaiiu de vie, et j^, .. ,■!..... . ... I ........ , i)Qiyg d'une eau qui vous désaltérera pour toujours.

0.. : trancher la léle a l'invincible enl'ant. La mère prit dans

st- ^ ■-, les bdisa avec respect, et levant les yeux au ciel, elle

(lu avec (les iarums «le bunheur: ElU est précieuse devant les yeux du Seigtieur, la mort de ses saints.

(b) Saint François de Sales, dès sa tendre enfance, écoulait avec une aviditti merveilleuse reuseiirnement du catéchisme, et il faisait lui-mt^me sur les mystères des demandes qui excitaient l'admiration. Dès qu'il savait un certain nombre de réponses, il surlait tout joyeux, convoquait les enfants du voisinage, à l'aide d'une clochette qu'on lui avait donnée pour son divertissement, les rangeait en cercle autour de lui, leur récitait ses réponses, puis les leur faisait redire à eux-mêmes par petites phrases coupées, jusqu'à ce qu'ils les sussent.

' - Maria Gallo, qui devint plus lard sainte Marie-Françoise des Cinq Plaies, d.i iiice, avait un tel désir de s'instruire des vérités de la foi qu'elle donnait son

pi' , :!• à ses sœurs aînées, afin qu'elles voulussent les lui apprendre.

67 J. .\mour de Dieu, (a) Madame Louise de Franca. lille de Loui&e XV, à quatre ans, disait à sa gouvernante, Madame d<; Soutlanges: « Vous savez que j'aime bien le bon Dieu et que tous les jours je lui donne mon cœur ; mais qu'est-ce qu'il me donnera à son tour.» Madame de Soutlanges lui expliqua que tous les biens venaient de lui; alors l'enfant, à chaque nouveau plaisir, demandait si c'était le bon Dieu qui le lui procurait, et son cœur débordait de reconnaissance.

(bj La Bienheureuse Véronique de Giuliani, étant encore au sein de sa mère, arrêtait avec plaisir ses yeux sur les images de Notre-Seigneur et ses mains s'agitaient pour les caresser.

(c) Marie-Xavier de Lorraine, fille du duc d'Elbeuf, donnait à ses compagnes tout ce qu'ellfs lui demandaient pour l'amour de Dieu. A dix ans, elle était pensionnaire à l'Abbaye-aux-Bois, quand les grandes pensionnaires firent croire aux petites que les Turcs étaient arrivés et qu'ils massacraient tous ceux qui ne renonçaient pas à Jésus-Christ. Pour compléter cette mauvaise plaisanterie, elles introduisent ces enfants dans une chambre obscure, où entre tout à coup une des grandes déguisée en Turc, et un sabre à la main; celle-ci fond sur la petite Maria Xavier et la menace de lui abattre la télé, si elle ne renonce pas à Jésus-Christ. La pauvre enfant i^pond qu'elle aime mieux mourir; le Turc préter.du lui bande les yeux et Marie-Xavier se prépare à recevoir le coup de la mort. Plus tard, il fut question de la marier au duc d'York, qui devint Jacques 11, roi d'Angleterre. Elle pria Dieu de tout s<>n cœur d'écarter d'elle ce qu'elle regardait comme un malheur. Ellrr futexaucie et entra au troisième monastère de la Visitation de Paris. Celle qui était devenue reine d'Angleterre, venait souvent l'y voir et lui disait : « Vous devriez être à ma place. ^ Oh I Madame, répondit-elle, j'aime mieux mon voile qu'une couronne 1 «

674. Sainte Ozanna de Mantoue n'ayant que six ans se sentit tout à coup le cœur touché par la grâce, et dans l'ardeur de sa prière elle demanda à Dieu ce qu'elle avait k faire. Aussitôt une voix intérieure lui dit : Ha fille, la bonne vie consiste à aimer Dieu de tout son cœur. Dans une autre circonstance, Notre-Seigneur lui apparut, sous la forme d'un peiit enfant ravissant de beauté, le front couvert de belles boucles de cheveux blonds, mais portant une lourde croix et une couronne d'épines. Il tendit en souriant ses petits bras vers l'enfant et lui dit: Chère Ozanna, je suis le Fils de Marie; à mon exemple, il faut te disposer à beaucoup souffrir. Cependant ne crains point: je ne l'abandonnerai pas. El il disparut; mais Ozanna demeura toute brûlame d'amour et désireuse de beaucoup soutfnr pour plaire à Jésus. Sa vie dès lors fut toute de prière et de pénitence. Obstacles à la virginité qu'elle avait vouée à Dieu, stigmates aux pieds et aux mains, mépris du monde, attaque des démons, rien ne manqua à ses mérites. Elle supporta tout. Elle avait coutume de dire: Oui j'aimerais mieux, aimant mon Dieu, me trouver avec Judas en enfer, que d'être sans amour la plus grande sainte du paradis.

tt7.*î. Au moment ob' Agricole, frouverneur de Sébaste, sous l'empire de Licinias, faisait traîner au supplice saint Biaise, évéque de la ville, sept généreuses femmes chrétiennes suivaient le martyr et recueillaient son sang avec des éponges. Les sol lata le» entraînent chez le préfet, qui u-s r.ni aussi décapiter. Or, l'une d'elles était mère de deux adolescents, qui l'avaien' lée au supplice. Quand le glaive du bourreau

l'eut fiappi^c. sendeux enfants - Allez, mère sainte, recevoir la couronne des

mai > hélas! pourquoi nous aliandonner ainsi sur cette terre désolée 7 Recom-

roa m saint évoque alin que, n'ayant pas eu le bonheur de mourir avec vous,

nou.-i |..ii:>^i .lis mourir avec In: >'■•><■■ i '^roique prière fut exaucée, le lendemain à la même place l'évi^jue et les deu eurent la téie tranchée.

076. la) En Di-J.', i|ii jeune e:. latre ans, Ignace Fernandez. subit le martyre

au Japon. Le Bienheureux Spinola avait baptisé cet enfant admirable, qui, apprenant que son père venait de mourir martyr, dit en bégayant: Moi aussi je mourrai martyr et vous aussi, ma mère. La vue d'une épéo le comblait de joie, et pour le faire pleurer, un «'avait qu'à lui dire qn'il ne pourrait pas mourir pour la foi. Bientôt il fut emprisooné

*238 <;.\tl:i;iii>mk \>\:> l'i';!!!."? hMAMS

avec »t mère et une foule de chrétiens, et condamné à avoir la (éle tranchée, le même jour que le Bienheureux Spinola dût monter sur le bûcher. Quand Spinola attaché à «on

Poteau et prêt à éire consumé, aperçut Isabelle Fernandez, la mère d'Ij^nace, mais non enfant qui était caché par un bûcher. Oii est mon petit Ignace ? demanda-t-il. Le voici, mon père, répondit Isabelle en élevant son lils dans ses bras. L'enfant, revêtu de ses habits i*e fi^ie, paraissait comme un ange. Il se mit ensuite à genoux et demanda la bénédiction du martyr. Plusieurs télés furent abattues aussitôt et roulèrent aux pieds de l'enfant, entre autres cePe de sa mère. Ignace n'en parut pas efTrayé. Il s'agenouilla dans le sang, rabutiit le collet de sa robe et présenta sa tête au bourreau.

{b) Pendant qu'on torturait :\ Tarse en Cilicie la sainte martyre Julilte, le petit Cyr ou Cyrique son (ils, qui n'avait que trois ans, voyant couler le sang de sa mère, poussait des cris attendrissants. Le gouverneur le prit entre ses bras pour l'apaiser ; mais lui le repousse et dit : Je suis chrétien. Je veux alleravec ma mère ; et pour lui échapper, il lui égratigne le visage. Le gouverneur furieux le prend par les pieds et brise sa tête sur les marches de son tribunal. La mère en rend gr&ces à Dieu, et a elle-même la tète tranchée.

(c) Un trait merveilleux de la part d'un enfant, nommé Cyrille, fit l'admiration de la ville de Césarée en Cappadoce. Le père de Cyrille était idol&tre. Dans sa haine du nom chrétien, il avait chassé son fils de la maison, l'abandonnant sans secours k la chanté publique. Cyrille fut amené par des soldais en présence du gouverneur. « Mon enfant, lui dit le juge avec douceur, il ne tient qu'A toi de rentrer dans les bonnes gr&ces de ton père; sois sage et renonce à ta superstition. ■• Le saint enfant répondit : « Je me réjouis d'être chassé de la maison de mon père ; Dieu me recevra dans sa demeure. »

Alors le Juge prenant un ton propre à intimider un enfant, le menaça des plus cruels supplices; il le lit lier, comme pour le conduire au lieu de l'exécution; il ordonna de préparer un bûcher et d'y mettre le feu. Le courage de Cyrille n'en parut que plus assuré. Il se laissa conduire, sans verser une larme ; on l'approcha du feu, comme pour l'y jeter; mais il ne perdit rien de sa constance. Le Juge avait secrètement donné l'ordre de ne pas aller plus loin. Quand on vit que l'aspeci du supplice n'avait fait aucune impression sur lui, on le ramena au Juge qui lui dit : • Tu as vu le feu, tu as vu le glaive, seras-tu sage à présent; et, par ta soumission à ma volonté et à celle de ton père, mériteras-tu qu'il te rende son afl'ection et qu'il te reçoive chez lui ?» Le jeune Cyrille répondit : « Vous m'avez fait grand tort de me rappeler ; Je ne crains ni le feu, ni l'épée. Ne tardez pas à me faire mourir, pour que j'aille plus promptement à Dieu. » Les assistants pleuraient en l'entendant parler ; mais il leur disait : « Vous devriez vous réjouir, au lieu de pleurer ainsi. Vous devriez m'encourager et m'animer à tout souffrir. Vous ne savez pas quelle est la gloire qui m'attend. Laissez-moi finir ma vie mortelle. » Ce fut dans ces sentiments qu'il reçut la couronne du martyre.

{d> Valérien, étant venu visiter la cité d'Autun, essaya d'y relever le culte des dieux et d'arrêter par le glaive les progrès de l'Evangile. Or, pendant qu'il faisait ofll'rir des sacrifices aux idoles et blasphémer le nom du Christ, un jeune apôtre de douze ans, nommé Floscel, courait de tous côiés rassurer les chrétiens et les afTermir daus la foi. ( Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, sans pouvoir tuer l'âme, « leur disait-il, « craignez uniquement Ceiui qui précipite en enfer le corps et l'Ame du pécheur. »

Un traître, Camarinus, le dénonça à l'empereur, et celui-ci le fit amener au forum par des licteurs et sortit pour l'interroger : « Détestable enfant, lui dit-il, quel complot oses-tu donc ourdir contre nous? Qui te pousse à détruire le culte des dieux visibles? — Persécuteur injuste et docteur d'iniquités, répondit Floscel, écoute-mui : si tu veux entrer dans la maison de Dieu, prends garde de ne pas souiller l'Eglise de Jésus Christ. — Et toi de n'être pas accablé de tourments comme le Crucifié, en paiement des perfides conseils que tu as tenté de faire prévaloir contre nous. — Je ne crains pas tes menaces, je crains le Seigneur notre Dieu. »

Ainsi provoqué, Valérien ordonne d'étendre Floscel sur un chevalet et de le flageller. « Le Christ est ma confiance, disait le vaillant soldat, sous les verges qui déchiraient son corps; c'est Lui qui nous aide et nous soutient. » Et Valérien, irrité, criait aux bourreaux : « Tourmentez-le plus activement, car il le mérite. — 0 folie : tu ne tireras nul profil de mes tortures ; car Je crois en Dieu qui donne la force. — Hrisez-lui la mi ':n qu'il cesse de nous insulter. — Mon courage augmente avec ma confiance di eur... » Alors, outré de colère, Valérien le Ht Jeter dans un cachot avec

un cel dit à Dieu : « Venez à mon secuurs, car vous êtes puissant. » A l'instant même, l'animal tomba mort à ses pieds ; le cachot fut miraculeusement éclairé par sept flambeaux, et embaumé de parfums très suaves; puis des anges lui apportèrent un pain mystérieux qui lui donna une nouvelle vigueur.

Cependant Valérien recommanda aux licteurs de voir ce qui se passait dans la prison, et apercevant l'éclat de la lumière, le lion étendu mort, et le Jeune martyr qui chantait des hymnes, ils s'empressèrent de rapporter au prince ce qu'ils venaient de voir. Celuici, frappé d'un fait si merveilleux qu'il attribuait à la magie, ordonna aux bourreaux de le brûler vif. On alluma donc un bûcher, mais les flammes s'éteignirent sous des torrent» de pluie occasionnée par un orage survenu tout à coup, et le martyr fut encore une

CATÉCHI^MK DES PETITS ENFANTS 239

fois délivré. Alors on lui perça les mains et la langue, puis on le dépouilla de ses véle-

m- -■' ■ - 'i" couvrir d'une tunique de lin, ei on lui trancha la léle sur la place publi-

qti 'lice d'une multitude barbare et sous les yeux d'un prince plus barbare

enc ivait pas honte de verser le sang d'un enfant de dix à douze ans.

(ej Sdinle tuphrasie n'était encore qu'une enTanl; elle considérait le crucifix ; et pensant que les bras ouverts de Notre-Seigneur étaient une invitation à l'embrasser, elle se jette sur le crucifix, l'enserre dans ses bras d'enfant et promet à Jésus de n'avoir d'amour que pour lui. Elle tint parole.

677. (f) A Alcala en Espagne, déjeunes petits frères. Juste et Pasteur, étant aux écoles delà ville, apprennent que Oacien meta mort les chrétiens; ils jettent leurs livres à terre et courent au maityre. Dacien les arrête et les fait rouer de coups de bâtons ; mais tous deux s'excitent à la persévérance; on les traîne hors de la ville oii on les fait égorger par le bourreau.

61». Prière. — (a) La vénérable Marguerite du Saint-Sacrement, à sept ans, n'avait d'attrait que pour la prière ; dès que sa bonne s'était retirée, elle glissait sous son lit et passait des heures à prier, insensib e au sommeil et au froid.

(b) Saint Félix de Cantalice, n° 1335. A l'église, on voyait saint François de Sales tout enfant, les deux genoux en terre, les mains jointes, les yeux fixés sur l'autel et tout le corps dan;, une posture si respectueuse, qu'il semblait un petit ange.

679. (c> Saint Gautier était d'une des meilleures familles d'Aquitaine. Tout enfant, il fut placé pour son éducation dans l'abbaye du Dorât. Le Bienheureux Hervée, trésorier du monastère de Saint-Martin de Tours, dont les prières avaient une efficacité partout célèbre, étant venu dans l'abbaye, le petit Gautier, qui avait des goûts sérieux, voulut se rendre compte de la manière dont il priait afin de pouvoir l'imiter. Il se plaça donc, sans qu'on s'en aperçût, sous le prie-Dieu préparé au Bienheureux; et là il prétait une oreille attentive ; mais le saint homme versait d'abondantes larmes, sans prononcer aucune parole articulée. Gautier comprit que de^^ soupirs et des larmes valaient mieux que toutes les formules. Uervée, ayant connu la pieuse espièglerie de l'enfant, prédit quelle serait un jour sa sainteté.

680. (di E/Jîcacité de la prière des enfants — Nabuchodonosor, roi d'Assyrie, avait commandé d'exterminer tous les dieux de la terre et poussé l'impiété jusqu'à vouloir loi seul être appelé dieu par toutes les nations. Dans celte vue, il envoie Holopherne, son général, en Judée. Le culte du vrai Dieu est menacé d'une ruine immense, Béthulie et Jérusalem vont être exterminées. Alors Eliachim, grand prêtre du Seigneur, conduit les enfants devant les saints Tabernacles, et là, il les fait prosterner la face contre terre, pour conjurer la miséricorde divine. (Judith. 4, 9.) C'était énergiquement dire : Seigneur en faveur des innocents, miséricorde, grà^e pour les coupables. On sait comment le féroce Holopherne tomba sous les coups de la courageuse Judith et la Judée fut sauvée.

681. Dans l'Eglise primitive, avant de commencer la prière pour les catéchumènes, le diacre disait devant l'assemblée sainte que les fidèles prient et surtout les enfants. La même chose se pratiquait pour les pécheurs soumis à la pénitence publique.

682. En 9b'i, les barbares Hongrois inondèrent l'Allemagne et vinrent mettre le siège devant Augsbourg. Le saint éréque Ulric, craignant pour son troupeau, fil apporter tous les Jeune^eofants qu'on étendit àterredevanl les autels, afin que par leurs cris innocents ils priassent à leur manière. Pyur lui. prosterné au milieu d'eux, il conjurait Dien d'envisager ces pures victimes, encore teintes du sang de Jésus-Christ qu'elles n'avaient point effacé depuis leur baptême, et de détourner le» traits de sa colère, qu'elles n'avaient pas méritée. Le ciel se laissa fléchir, et comme les Hongrois se disposaient à livrer l'assaut, on apprit que le roi Othon arrivait au secours de la place.

683. Comme François Xavier ne pouvait dans le cours de ses missions suffire à soigner les malades et à instruire les infidèles, il se servait des jeunes enfants qu'il avait baptisés ; sur la recommandation du saint ces enfants priaient. A leurs prières les malades étaient guéris, les démons chassés, les idolâtres convertis. (Vie de saint François Xavier, livre 2. p. 61.)

684. Qu'il fut beau le spectacle dont Paris fut témoin en 1450. Par les ordres de l'illustre pontife Guillaume, un>- ■ u de uouzc mille enfants, au-dessous de quatorze ans, sortit de l'église df>> jocents, parcourut la ville en chantant des

cantiques et se dirigeant vers i ., ■- Notre-Dame. La voix de toute l'enfance en

prière, ravit tous les re(;ard« et attendrit tous les coeurs. Ce touchant spectacle ne seraitil pas encore aujourd'hui, comme alors, plus agréable au ciel qu'à la terre'? Quel autre fat jamais plus capable de désarmer la vengeance divine î

Voilà comment la Sainte-Ecriture, la Liturgie, les Saints Pères. la pratique des saints nous découvrent le crédil puissant des prières de l'enfance. Combien ne pourrait-on pas encore citer de conversions frappantes de pères et de mères obtenues, de nos jours, par les supplications de leurs enfants?

685. (e) La Bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque étant toute jeune, s'assit un jour pour dire son rosaire La Sainte Vierge lui dit d'un Ion sévère ; « Je m'cMonne, ma fille, de ce que lu me sers négligemment. • Ces paroles lais.sèrent dans son esprit une impression profonde et lui servirent toute sa vie à se tenir avec respect dans la prière.

240 t:.\ïij:iiisMi; i>i:s i-ktits eni ams

68C. Piélé. (a) Siint Ambroise de Sienne donna, dès le lierceau, des marques éton* nanies de piété. Dès que sa mère récitait devant lui roflice de la Sainte Vierire, il lui demandait ce livre, et pleunii jusqu'à ce qu'elle le lui etU donné. Il le reullletait en.suile, comme !>'il y eût enletilu r|uelque chose. Sun p(^re lui lit faire deux livres remplis d'images; l'un n'avait que des sujets religieux; l'autre avait des sujets profanes; l'enfant, des qu'il eut vu ce dernier le repoussa, et il faisait ses délices de parcourir l'autre. Jusqu'à sept ans, il ne s'occupa qu'à tailler de petites croix, à dresser des oratoires, à faire des processioius avec d'autres petits enfantt;. Dès Và.ge de sept ans, il récitait tous les jours l'oflice de la Sainte Vierge, jeûnait à la veille des fétt-s de plusieurs saints, et se levait la nuit pour lire leurs vies. A dix-sept ans, il entra dans l'ordre de saint Dominique, el fui comme saint Thomas, disciple d'Albert le Grand. (Pour les servants de messe v. le Bienheureux Bernard, noie du n» 1i70, (f), (q)el (r).

(b) La bienheureuse Françoise d'Amboise fut élevée à la cour de Jean V, duc de Bretagne. La duchesse Jeanne, Ulle du roi Charles VI, n'ayant point de fille, donna tous ses soins à la petite Françoise.

D'ailleurs, c'était une si aimable enfant, spirituelle, naïve, facile à diriger et à conduire, d'une gravité enfantine pleine de grÂce et de modestie. Elle aimait déjà, el au> dessus de son Age, la prière, les offices de l'Eglise et les pauvres. Ces derniers étaient ses amis de prédilection, el sans comprendre encore tous leurs maux, elle y compatissait, et se plaisait à les soulager. On raconte, à ce sujet, qu'un jour, ayant lixé dans l'église un tableau de saint François d'Assise, elle revint le cœur bien gros et tout en larmts. Comme il faisait grand froid, sa gouvernante crut que la souffrance était cause de ses pleurs Elle la prit donc sur ses genoux, el, lui ôtani ses chaussures, se mit à lui chauffer les pieds à la flamme d'un bon feu. Mais loin de se calmer, l'enfant s'écria au milieu de ses sanglols : « Oh ! n'avez-vous pas remarqué mon saint patron et père, saint François, qui est pieds nus à la cathédrale; allez lui porter mes souliers. »

(c) Françoise n'avait alors que quatre ans, et que ne pouvait-on augurer de si heureux présages? .Mais l'année suivante devait encore accroître ces belles espérances. Et, en effet, Françoise était déjà sérieuse, fuyant l'oisivité, et s'essayant à filer, à coudre, à lire ou à écrire. La pieuse duchesse lui servait de maltresse en toutes ces choses, et de plus la menait avec elle, chaque jour, à l'église. C'était pour la jeune enfant une bien douce récompense ; car elle comprenait déjà quel hôte renfermait le tabernacle, el quelle victime s'immolait sur l'autel. Comme elle désirait, dès lors aussi, de se nourrir de son Dieu! Mais elle n'avait que cinq ans "! Il lui faudrait donc attendre plusieurs années encore. Celte pensée l'attristait profondément, et lui arrachait souvent des larmes et des sanglots, principalement les jours où le duc, la duchesse et toute la cour recevaient la Sainte Communion. On fut longtemps sans pouvoir se rendre compte de la cause d'un tel état. Mais un jour que la duchesse lui demandait tout maternellement le sujet de sa douleur : u Eh quoi! s'écria l'enfant, comment voulez-vous que je ne pleure pas, alors que je vois monseigneur et vous, et toute votre cour, recevoir le corps de Notre Sauveur, et que moi seule, faute d'âge, je suis privé de ce bien! » Cette exclamation, si naive de foi et de piété, atiendril Jeanne jusqu'aux larmes, el essuyant les yeux de Françoise elle les baisa et lui dit : « Apai.-ez-vous. mon petit cœur, je ferai en sorte qu'à la Toussaint prochaine vous communierez. » Elle en paria, en effet, à son confesseur, Yves de Ponsal, dominicain, qui fut, cette même année, sacré évéque de Vannes. Ce saint religieux reconnaissant le don de Dieu en cette enfant déjà si prévenue des bénédictions célestes, ratiila la promesse qui lui avait été faite, et Françoise ilt sa première communion à l'âge de cinq ans, le jour de la Toussaint, \i'.M.

687. Visite à l'éijlise. — Elisabeth de Hongrie disait aux compagnes de ses jeux d'enfance : « Voyons celle de nous qui courra le plus vite d'une seule jambe. » Elle parlait la première dirigeant la petite bande vers l'église. Puis, elle disait à ses compagnes : « Maintenant que nous sommes près du bon Dieu allons le visiter. »

688. — Dévolion au Saint-Sacrement. — Une carmélite, la Mère M. de la Trinité, qui fut .Maîtresse des novices de la vénérable Marguerite du Saint-Sacrement, étant encore enfant, passait quatre à cinq heures à adorer le Saint-Sacremeni et à douze an* elle était admise à la communion de tous les jours. (Sur la dévotion au crucifix, voir n* 1323.)

689. DMr de la communion. — La Bienheureuse Imelda, dès l'Age de onze ans, souffrait cruellement du désir de communier. Un jour, à la vue de toutes les religieuses de Saint-Dominique de Bologne, au milieu desquelles elle vivait, une hostie vint d'ellemême se placer au-dessus de sa tète, puis le prêtre vint la prendre et la communia; la jeune fille, au comble de la joie, mais trop faible pour soutenir son bonheur, ferma les yeux et s'envola au ciel avec son Bien-Aimé. (Voir ci-dessus 686, (c).

690. Communion spirituelle, désir de la communion. Dès quatre ans. la Bienheureuse Marie des Anges, d'une noble famille de Turin, désirait communier. Ce désir se développa avec l'âge. Un jour elle se rendit à l'église de Saint-Hoch ; et, voyant un grand nombre de personnes qui communiaient, elle se mil à soupirer et à fondre en larmes, en s'en voyant privée elle-même. Voyant un religieux de Saint François, qui entendait les confessions, elle aila se jeter à ses pieds et lui fit part de sa douleur. Le bon Pè:e la consola et lui recommanda d'ouvrir cl de fermer la bouche à chaque con)-

CATÉCHISME Dès PEtltS ENFANTS 1^41

niunion q i '' "ianl Notre-Seigneur de venir en «Ile. Elle le fil, et en

recul tant oublia de rentrer dans la maison. Ses parenls inquiets

durent la c . -- . uva toute ravie d'amour.

€91. Sainte Marie .Madeleine de Pazzi, dans sa tendre enfanca, ne pouvant encore communier se plaçait tout près de sa mère, quand celle-ci revenait de la table sainte, et éprouvait un bonheur indicible à se trouver parla, tout près de Notre- ''eigneur. Klle se fit carmélite, parce qu'elle savait que les religieuses du couvent qu'elle choisissait avaient le bonheur de communier tous les jours.

69a. Le Bienheureux Acha.s éiait un enfant admirable de Thourout, en Flandre. Les jours de féle, il avait l'habitude d'assembler les enfants du voisinage; à ceux qui étaient vicieux, il dépeignait les peines de i'enfer ; à ceux qui s'étaient bien comportés, il promettait la gloire du ciel. Son plaisir était de leur ap;>rendre à l)us le Pater et VAve. Quand son père faisait une faute, il lui disait, les larmes aux yeux : • Mon bien-aimé père, le prêtre ne nous dit-il pas que ceux qui font ainsi n'obtiendront jamais It- royaume des cieux? » Etant tombé malade, il demanda à communier, et comme un eut le grand tort de le lui refuser, à cause de son âge, il leva vers le ciel ses mains mourantes et s'écria : « Vous savez, divin Jésus, combien je désire vous recevoir. Je vous ai demandé et j'espère n'être pas privé de votre présence. » Ayant achevé ces mots il expira. Il avait sept ans.

è'y "■• ntion à la première communion, (a) Un bon religieux, engageant

ensii heureuse Marie des Anges à faire une neuvaine préparatoire à sa

pren :iiunion. elle la passa dans la prière et dans les larmes; et quand

il lui demandait ce qu'elle avait éprouvé, elle ne pouvait répondre que par ces mots : < J'ai pleuré. ■

(b) Le jeune Albini se prépara de bonne heure à sa première communion, en évitant tout péché. < Je ne veux pas, disait-il, que le démon entre dans mon âme, avant Noire- Seigneur. * Pendant la retraite qui précéda sa première communion, il voulut faire une confession générale, durant laquelle il versa tant de larmes sur ses fautes qu'on l'eût pris pour le plus grand pécheur. Sa joie, au jour de sa première communion, fut ineffable ; et après il continua de s'approcher tous les quinze jours de la table sainte.

694 Marie Eusielle Harpain, de Saint-Pallais, au diocèse de la Rochelle, se prépara avec soin à sa première communion , et, dans ce but, elle renonça aux rondes qu'elle faisait avec ses compagnes, et elle Ht quatre fois par semaine le chemin de la (îroix. — (Napoléon, voir la note du n* 142;<.)

695. EJfelt de la première communion. — Madame de Maintenon écrivait du Dauphin, père de Louis XV : « Depuis la première communion de M. le duc dé Bourgogne, Il vu disparaître tous les défauts qui, dans son enfance, nous donnaient d* le pour l'avenir. > Comme on le félicitait un jour de ce que depuis sa fi-»" ion, il savait si bien réprimer les saillies de son humeur « Elil cou. cMre le même, répondit-il, depuis que j'ai reçu un Dieu qui veut que iihiable à luil C'est sa douceur infinie qui a corrigé l'âpreté de mon humeui.

696. Saint Benotl Labro, déjà si pieux depuis sa plus tendre enfdnce, après sa première communion fut tout transformé. Après avoir goûté la manne céleste, il perdit tout goût pour tes choses de ce monde. Il se privait dès lors d'une partie des mets qui lui éiaient donnés, et les faisait passer par une fenêtre à un pauvre auquel il avait donné rendezvous, il s« serait fait un scrupule de cueillir un fruit du jardin de son oncle, fût-il même tombé de l'arhre. Il n'éprouvait de plaisir qu'A converser seul à seul avec Dieu.

697. l.< 'Use Marianne de Jésus de Uuito, bi^atiHéepar Pie IX, avait une telle piété, un ice si précoce, qu'elle fut admise à la première communion à sept ans ' •■ ' , .iwHt elle fut in- ■■''^" '•" ''iiir-là, éclatait sur son visage. Elle n'eut qu'un ch.t. lier en ce j'>ur soie, que lui avait procurée son beau • frère ; car irpheline. On fui ' la lui enlever. A vingt-six ans elle mourut coni nie.

!'■■' ranre. — Un jeune garçon nommé Georges, était, en 4862, un des élève> s do catéchisme d'une des pi '.<• Rouen. Il fit sa première

con •; piété admirable; et ayant le au catéchisme qu'if fallait

res^;,-.-. f-s souvenirs pri'-cieux les véic . i jour de la première communion. Il prit la résolution de porter toute sa vie une cravate blanche et de ne la quitter que s'il avait le malheur de faire une faute gr^ve. Au collège, oii il rommtininit tous les huit jours, il pardait Iniijuurs sa crav.ite blanche, bien que •'

lui attirât quelques rnillerips. La uin'rre de 1M70 éclate, 'ieortjes est di à

s'en^'^'t»^ roinr-- •'"'■■!(• iluns les znuiives de r>- ••■••".■ •■■■— ■ — ■■" ■• •'i f

l.l.iii- ht. A ; ! M.Kis. il fui k la UHr

tiiTiii'iiie n ri' '^ posili 'MS miporlanli-

ment dans la luUe et on le port.i il;ins l'ambulance voi»ine, le l-t janvier l>s:i .m mitin ; le prêtre qui l'avait ronfess*', lin apporta le saint Viatique (leurges pria I'huih iimt d'ouvrir son sa. ' ' sa premièri- a

brassard qu'il i cl ces objet- r

de «on enfance, - . - ne foi et un «

ia

242 Catéchisme des PBTits enfants

quiiutt pas. • Monsieur l'abbé, lui dil (".eorges mourani, je suis heureux ; je ne regrelW ICI que ma mère, vous lui diier que son Georges est nmvi en chrélien, el vous lui enverrez ma cravale blanche el mon brassard de première communion, n Celle cravale navail rei;u d'aulie larlie que celle du sanijde sa blessure.

,-.... i> .-..i. .. .. w .. .. (rt) Elisabeih de Hongrie, en jouant avec ses compagne*, ^^ Il de réciter des Ave Maria; el, afin de cacher sa dévo-

Ij,,, -lies à mesurer en 8'élendanl parterre, celle qui élail la

plu»\'rttnde, eile sciemJaii la première; et. pendant que les autres étaient attentives à se mesurer, elle récitait des Ave Maria, le visage contre terre. —Jean-Marie Viannay. voir n» ia88. — (b- Catherine, fille d'un teinturier de Sienne, qui habitait aux derniers élai;es de la maison, en remontant chez son père, récitait un Are Maria sur chaque marche de l'escaiier; el comme cela durait longtemps, les anges vinrent quelquefois la irtnsporter chez son père. — (O Sainl Paul de la Croix el Jean-Uaplisle, son frère, priaient souvent ensemble la Sainte Vierge. Un jour qu'ils jouaient sur les bords du neuve Tanaro, il, y tombèrent el allaient s^ noyer, quand Marie leur apparut, les prit par Ja main, les porta .sur la rive et disparut. (Voir n" iàBo.)

700. Sainl Simon de Stock, à qui la Sainte Vierge donna plus tard le scapulaire, montra dès le berceau des marques merveilleuses de dévotion à Marie. On le voyait souvent tressaillir entre les bras de sa mère, quand elle prononçait le nom de Marie, il 8uf- «isail de lui présenter une image de la Sainte Vierge pour apaiser ses cris et calmer ses douleurs. Il n'avail qu'un an, lorsqu'on l'entendit articuler plusieurs fois \'Ave. Maria. Il sut lire dès qu'il sut parler ; el dès lors, il récita tous les jours le petit ofiice de la Sainte Vierge, qu'il continua tuute sa vie. Ayant lu un livre qui traitait de l'Immaculée Conception de Marie, il conçut un tel amour pour la pureté qu'il en lit le vreu; el pour le garder parfaiiemenl, il veillait exactement sur ses sens, sur ses yeux surtout, elil «'interdiaait toute familiarité avec les autres enfants.

701. La bienheureuse Marguerite, fille de Bêla, roi de Hongrie, savait déjà à quatre ans, l'office de la Sainte Vierge; elle lavait appris par cœur seulement en l'eniendant chanter parles religieuses, l'artout où elle rencontrait une image de la Sainte Vierge, elle se mettait à genoux el récitait VAve Maria. Elle demandait avec larmes déjeuner ou de faire quelque pénitence, la veille des fêles de Notre-Dame.

70'i. Dévotion à Marie et au Saint Enfant Jé:^us. — La Bienheureuse Lucie de Narxii en Onnbrie, n'avait que cinq ans encore, et elle trouvait tout son bonheur à aller dans l'église de Siint-Auguslin. voisine de la maison de son père, pour y prier devant une statue de niaibre de la Sainte Vierge, lenanl un enfant entre ses bras. Un j')ur, après avoir récité son Rosaire, la petite Lucie dit à la Sainte Vierge qu'elle aimait bien son enfant, el qu'elle serait bienheureuse si ellelelui donnait : et voici quela sialue descend de l'aulel.el déposel'enfant Jésus dans les bras de la petite Lucie; mais cet enfant n'est plus de marbre: c'est un bel enfant vivant, beau el gracieux. Lucie toute heureuse l'emporte. Une femme qui la rencontre, craignant qu'elle ne le laisse tomber, veut le lui prendre; mais elle pousse de tels cris de douleur qu'on lui laisse son précieux fardeau. Elle arrive chez Genlilina sa mère, qui est loiite surprise de voir ce bel entant, el croyant que sa fille l'a pris dans quelque maison du voisinage, veut le lui enlever. C'eût été lui enlever sa vie. Sa mère le lui lai.sse donc el Lucie emporte le sainl Enfant dans sa chambre, le place dans sa couchette et elle passe là trois jours el trois nuits à le prier et à lui faire les plus lendres caresses, sans qu'il fût possible à ses parent» de l'arracher de là, pour lui faire prendre une goutte d'eau. Du reste, ni Lucie, ni l'enfant ne paraissaient avoir besoin de quoi que ce fût. Les parents de Lucie el les voisins étaient dans l'étonnemenl. On cherchait en vain dans la ville, où elle avait pris cet enfant. On avait remarqué qu'on avait volé à l'église l'enfant Jésus de la madone; mais il était en marbre. Ce n'était point celui qu'avait apporté Lucie. Au boul de trois jours, Lucie s'endormit d'un profond sommeil, et, à son réveil, elle ne retrouva plus l'enfant Jésus : elle éiail incon^o- JaWe, croyant qu'on le lui avaii pris. Elle ne séctia ses larmes que lorsque, retournant à l'église de Saini-Augustin. elle le vit entre les bras de la Vierge.

7U3. Le Bienheureux Herman Joseph, né à Cologne, dès l'âge de sept ans, quillailles jeux pour aller se jeler aux pieds d'une statue de la Vierge, portant l'enfant Jésus dans ses bras. Il parlait tantôt à l'enfant tantôt à la mère, el leur raconUil toutes ses petites peines. « .Mon cli«r petit Jésus, disait il, ce malin, je n'ai eu pour déjeûner qu'un tout petit morceau de pain : cependant je ne m'en plains pas; car vous aussi vous avez enduré la faim. > Il disait ensuite à l'enfant Jésus ce qu'il avait appris la veille, el ce qu'il ferait dans la journée ; el avant de se retirer, il ajoutait : « J'aimerais bien rester longtemps encore avec vous el votre sainte Mère, mais il est temps que j'aille à l'école ; bénis8ez-moi et, en attendant que je revienne, pensez à moi. » Un jour qu'on lui avait donné une pomme, il l'ofTiii à la Sainte Vierge; et la statue de pierre ou de bois lendit la main pour la recevoir.

704. Sainte Agnès de Monte Pulciano, dès sa plus tendre enfance, élail d'une piété admirable Elle était très aimée de ses compagnes qui auraient voulu l'avoir toujours avec elle». Elle profilait d»; leur affection pour les conduire dans le» sanctuaire» voisins. Un j'iur. elle les conduisait à une (église de Monte-Pulciano, qui était sur une colline. Comme la pieuse eafani la gravissait, une multitude de corbeaux se précipitèrent sur elle,

catk«".hisme des piîtits enfants âl3

et lie leurs becs cherchaient à la déchirer et à l'aveusfler. La sainte enfant invoque le nom de Jésus et ces c<jrbeaux aussiiut s'enfuient. On dit q le ces corbeaux étaient des démons, que troublait la présence de cet ange de pureté, qui, à quinze ans, devait être fondatrice d'un couvent sur celte colline même.

705. Imitalion de Jr^^w^Ctirist. — Chrétienne de Janson, cinquième fille du marquis deJanson, aimait à prier avec sa mère. Une nuit de Noël, elle avait passé longtemps eo pr-i^rp; p' (^ m ne on lui demandait à quoi elle avait pensé : « J'ai pensé à la pauvreté •:.:■ J -^ - '? , . ir l'imiter, j'ai déchiré ma robe, • et elle montra sa robe déchirée : elle Il jv il 1 1(> 1 Mire ans. Plus tard, elle entra à la Visitation de Forcalquier, où elle mourut eu disaui : « Je le tiens, ce Bien-Aimé, je ne le laisserai point échapper qu'il ne m'ait introduite au ciel.

706. DHxr de la sainteté. — {a) La Bienheureuse Marie des Anges, carmélite de Turin, que Pie IX a béatiliée, d<^s sa plus tendre enfance s'entretenait des chcses du bon Dieu avec un de ses petits frères, qui partageait ses goi^ts, et avec une domestique qui leur racontait la vie des solitaires des déserts. Ces deux enfants furent si vivement frappés de ces récits que, désirant imiter la vie sainte de ces solitaires, ils formèrent le projet de partir secrètement tous deu.\ et de vivre dans quelque désert. Ils remplissent un panier de provisions fort secrètement, observent bien où l'on met la clef de la maison, et vont se reposer, se promettant bien le lendemain de partir avant que personne fût levé. Mais, le lendemain, la domestique alla les réveiller comme à l'ordinaire. La petite Marianne, voyant que son projet n'avait pas réussi, en était tout en larmes. En vain lui demandait-on la cause de sa douleur, elle ne répondait point. La découverte du panier de provisions l'obligea à s'expliquer. Elle n'avait que six ans.

(6) Sainte Thérèse, tout en lisant la vie des martyrs avec Rodrigue, son frère, forma le projet de partir avec lui chez les Maures, afin d'y mourir pour Dieu. Ils s'embarquèrent, en effet; mais un de leurs oncles les ayant rencontrés en chemin, les ramena avec I des reproches qui leur ôtèreni la pensée de repartir. Voyant que le désir du martyre ne pouvait s'exécuter, Thérèse se bùtit un ermitage dans le jardin de la maison, où elle se relirait fréquemment pour prier.

707. Vocation. — Saint Anschaire, apôtre de la Suède et du Danemarck, vit un jour entrer dans l'église une bande d'enfants tous légers, un seul excepté ; ce dernier prend de l'eau bénite et prie avec respect. Anschaire l'appelle, l'instruit, et Rambert, c'était le nom de l'enfant, devint son successeur, comme archevêque de Hambourg.

708. Sainte Claire de Montefalcone, dès l'âge de cinq ans, était appliquée à l'oraison. Elle flt tant par ses prières et par ses larmes qu'elle fut reçue dans la communauté où vi/ait sa sœur aînée ; elle en fut si heureuse que pour témoigner à Dieu sa reconnaissance, elle jeûna huit j^urs de suite, ne prenant pour toute nourriture que du pain et i,r,.. „,,n,,n.i l'.^nr f.i ..icup SOU amour dc la prière, sa Supérieure lui donna un petit

^ail parfois une demi-journée à s'entretenir avec Dieu. Là, la > un jour l'enfant Jésus, sous la forme d'un bel enfant. Claire Il \>&a Âcn approcher par respect, mais la Sainte Vierge lui dit : « Claire, venez embrasser votre Epoux. » Elle vint pour l'embrasser; mais le divin Enfant pour exciter ses désirs, se cacha dans le manteau de sa Mère et disparut. Claire alors le rechercha avec des ardeurs indicibles, tant la beauté de cet enfant l'avait ravi.

709. Le Bienheureux Alexandre était fils d'un roi d'Ecosse, et le plus jeune de trois frères qui avaient déjà embrassé la vie religieuse. Sainte Malhilde. sa sœur, qui avait les mêmes aspirations, lui dit : ■ Et quoi, mon frère, pendant que tous nous échangeons la terre contre le ciel, seriaz-vous le seul à vous attacher aux biens d'ici-bas T » Le jeune homme se mit à pleurer ; à la lin. il dit à sa sœur de faire de lui ce qu'elle voudrait. La pieuse princesse le prit par h ■•■■■> •■• '•■ ■•" '■"-' "le ferme oii »*"•■ i'" ''t

apprendre à tirer le lait et à faire k- li, tous de

rent la mer et vinrent à Ki)igny dans ;. i e entra C(.ii r

chez les Cisterciens sans se f -lire connaître; il y pait&a i>a vie à faire le fromage. Aprùs sa mort, il apparut à an religieux avec une couronne sur la tête et une autre entre les mains, en lui disant : » l.i i> entre les mains est celle que j'ai mé-

prisée pour l'ariiuur (Je Jt'^ i liilde qui s'était sanctifiée dans le voi-

sinage, le flt du lesii' >

7IÔ. La Bienheui' lési . de Florence , était tout enfant,

(]\)ni\<^ •'a ^Tor lui il Jy'^it!*, répoiilit-elle: et si on lui A:tn\i

douleurs.

711. (o) Saint Hubert était fils du seif^neur de Brétii^ny, pnV'* i1e Noyon. So« pirnx parents, qui n'iiviunt point d'enfinis. avaient obtenu i» la naissance Je ce lils unique. A d.iu/i' an», Hahert en'

le diaci« lire l'tpliie, et s"appi> ■ " ! n , r j n- > '-a iigniliail. Le vieillard lui lépuo ; c, c'est la nourriture de l'Ame ; car l'homme ne ... , — ,... - , uar les question»

d'Hub«rt, il lui parla de« grandes vérités de la foi, de'ia vie parfaite, ae la plua graudf

m CATÊcmSMR DES PBTITS ENFANTS

facilité qu'on a de la pratiquer dans les monastères. Alors l'enfant demanda à rester aa couvent. Son père et sa mère l'ayant appris, accoururent éplorés ; mais Hubert leur parla avec tant de force que, consentant A son entrée en religion, ils llrent le monastère héritier de leurs grands biens. Hubert eut la consolation de les voir mourir saintement, et mourut jeune lui-même, après avoir édilié Bréligny par sa pénitence, ses vertus et ses miracles.

ib) Vocation de saint Césaire d'Arles. — Ce saint était né dans le territoire de Ch&lon-sur-Saône. N'ayant encore que sept &n», il donna des marques d'une charité héroïque envers les pauvres: il prenait plaisir à leur donner ses propres habits ; et lorsque retournant à la maison, demi-nu, ses parents le réprimandaient de sa libéralité, il répondait agréablement que c'étaient des passants qui l'avaient dépouillé. A l'Age de huit ans ; sentant déjA, dans son cœur, de saintes ardeurs pour la vie évangélique, il alla de son propre mouvement, à l'insu de sa famille, trouver l'évéque de Châlon, saint Sylvestre, pour le supplier de lui donner la tonsure cléricale et de le consacrer au service de son Eglise. Le saint prélat ne put difTérer de le lui accorder, ayant remarqué sur son visage, et par la manière fervente et résolue avec laquelle il faisait sa demande, que la divine Providence le destinait à quelque chose de grand. En effet, il ne se trompa point; car Césaire, ayant passé deux ans avec beaucoup d'édification dans les fonctions de clerc, animé du désir d'une haute perfection, résolut d'abandonner non seulement ses parents, mais encore son pays, pour entrer dans le monastère de Lérins où il devint un saint. Il ne quitta son monastère, qu'A trente-trois ans pour devenir archevêque d'Arles.

712. Dévouement à l'Eglise. — A quatorze ans, un enfant du diocèse d'Arras fit voeu de se faire zouave du Pape, si son père, qui n'avait pas reçu les sacrements depuis cinquante ans, se convertissait avant de mourir. Le père se convertit en effet, et mourut en recommandant A son fils d'être fidèle A son vœu. Mgr Lequette mena A Rome l'enfant qui n'avait que seize ans. Pie IX sourit et dit : Il est trop jeune. — Saint Père, répond l'enfant, que je vous serve du moins parmi vos valets. » Le pape touché lui dit : f Noos ferons exception. » Et l'enfant devint un intrépide zouave.

713. Dévouement anx prêtres, — Pendant la Révolution, les prêtres du département de la Seine-et-Oise furent entassés dans les prisons de Versailles. Ils y manquaient de tout. Les petits enfants, sachant leur détresse, leur portèrent tous les assignats qu'ils pouvaient obtenir. Une petite fille de dix A onze ans vendit ses beaux cheveux A un perruquier afin d'en porter le prix aux confesseurs de la foi.

7U. Charité envers les pauvres. — a) Saint Bernardin de Sienne était orphelin à sept ans, et sa pieuse tante Diane s'était chargée de l'élever. Un jour qu'il ne lui restait qu'un pain dans la maison pour toute la famille, elle refusa l'aumône A un pauvre. Bernardin lui dit : « Pour l'amour de Dieu, donnez quelque chose A ce pauvre, autrement je ne pourrai ni dtner ni souper d'aujourd'hui. J'aime mieux jeûner que de le voir endurer la faim. — h) Saint Louis de Oonzague étant encore au bras de sa nourrice, s'il rencontrait q'jeique pauvre, pleurait amèrement jusqu'à ce qu'on lui eût fait l'aumône.

715. Quand le père de saint Vincent de Paul, encore enfant, l'envoyait au moulin chercher de la farine, Vincent, s'il rencontrait un pauvre, ne pouvait résister au besoin de lui en donner quelques poignées, et son père qui était homme de bien ne s'en plaignait pas. Un jour que Vincent rencontra un pauvre dans une grande misère, il lui donna trente sous qu'il avait mis de côté A force de travail et d'épargne et il ne s'en réserva rien. (Voir n» 7H {b).

716. Obéissance, (a) Dès ses premiers ans, saint François de Sales était admirable dans son obéissance envers tous ceux qui avaient mission de le diriger. Il sacrifiait au moindre clin d'œil du commandement ses goûts, ses inclinations, allant ou venant, faisant ou cessant de faire, tout comme on voulait.

(fc)Sa sœur Marguerite a rendu du vénérable curé d'Ars, ce témoignage : « Notre mère était si sûre de l'obéissance de Jean-Marie que lorsqu'elle éprouvait de la part de l'un de nous, de la résistance ou de la lenteur A exécuter ses ordres, elle ne trouvait rien de mieux que de se retourner vers mon frère, qui obéissait sur le champ, puis de nous le proposer pour modèle, en disant : t Voyez, lui, s'il se plaint, s'il hésite ou s'il murmure S Voyez s'il n'est pas déjA loin I •

717. Respect des parents. — Dans son enfance, Thomas Morus aimait A se mettre A genoux par respect devant son père et A lui demander sa bénédiction. Cela lui servit: il eut la gloire d'être martyr.

7i8. Respect de la vieillesse. — Des enfants insultèrent le prophète Elisée, l'appelant tête chauve. Des ours sortirent de la forêt et les dévorèrent.

719. Innocence. — Tant qu'un enfant est pur, son âme est le temple du Saint-Esprit, Léonide, père d'Origène, s'approchait avec respect et baisait la poitrine de son enfant, encore innocent.

720. Pureté. — a) Le Bienheureux Pierre Fourier, étant encore tout petit enfant, ne pouvait souflVir que l'on découvrit la moindre partie de son petit corps, lors môme qu'il était nécessaire de le changer de linge. Il versait tant de larmes et criait si haut, quand on ne le couvrait pas, que rien n'était capable de l'apaiser ; et sitôt qu'on l'avait revêtu de ses petits habits, il devenait en un instant paisible comme un agneau. Dans son

enfance, il s'éloignait toojours de la compagnie des enfants d'un autre sexe. On ne pouvail même loi persiiarter de Hemenrer aiipr^? de sa propre sœur,

r' n sommeil s'élaii un peu découverte sans

le il en tll une longue et rude pénitence,

cou....^ .-. V \. >...^ . .^.v V.. ......... ....,...,0 ...is, elle s'arrangeait pour dormir, de telle

sorte qu'il lui était impossible de se découvrir et qu'aucun de ses membres ne pouvait toucher on autre membre nu.

721. Mortification. — (a) Au monastère de la Visitation de Chambéry, plusieurs petites pensionnaires se promenaient dans le clos, au moment où le vent venait de faire tomber de belles prunes. Ces enfants, loin de prendre ces beaux fruits, se détournèrent pour ne pas marcher dessus. Sainte Chantai l'apprenant, ordonna aux sœurs converses de cueillir les plus belles prunes et de les poner de sa part à ces enfants. — (b) Sainte Rose de I.ima, dès sa plus tendre enfance, s'interdit l'usage des fruits. Sa mère, croyant ^ue c'était par un dégoût naturel qu'elle n'en mangeait pas, lui offrait les plus beaux. Rose les acceptait avec reconiiaissance, mais elle les donnait à ses amies. A six ans, elle commença à jeûner le vendredi et le samedi.

7^. Saint Jean de Vandières était clerc, et devait servir à l'autel du monastère des Bénédictines de saint Pierre de Metz. Il y rencontra une jeune pensionnaire nommée Gcise, élevée dans toutes les vertus par sa tante. Il crut apercevoir quelque chose de sombre au cou de l'enfant, il y porta la main, et toucha quelque chose de très rude. 11 en frémit, et demanda quel habit c'était là. L'enfant rougit d'abord, mais obligée de s'expliquer, elle dit : « C'est un cilice; ne savez-vous pas que nous ne devons pas vivre poiT ce monde; les plaisirs sont la perle des âmes et je veux sauver la mienne. » Jean comme réveillé d'un sommeil, se dit à lui-même : Malheur à moi t 11 faut que cet âge et ce sexe fragiles me donnent des leçons de vertus ; et dès lors il commença une vie nouvelle qui !e conduisit à 11 sainteté.

'■: lectures. — (a) L'année sainte de la Visitation raconte qu'au monastère

de ' (1, une petite pensionnaire, âgée de douze ans, d'un caractère très vio-

leni, ar'futidii une grande douceur en lisant la vie de saint François de Sales; on Voyait les veines du cou lui enfler et son visage rougir, mais plus une parole demporleroent. « Que la colère bouillonne en moi tant qu'elle voudra, disait-elle, je ne ferai plus rien en sa faveur. ■ — {b) Saint Pascal Baylon fut d'abord un pauvre petit berger d'Aragon. Il désirait ardemment pouvoir lire de bons livres, miis non les livres d'amusements, qui lui paraissaient insipides. Il eut donc bien aimé aller à l'école ; mais la pauvreté de ses parents ne le lui permettait pas. Il prit donc avec lui un livre, en allant garder les troupeaux; et il priait tous ceux qu'il rencontrait de lui apprendre les lettres. Son application fut si grande, que bientôt il sut lire et écrire. l'Ius tard, il entra dans l'ordre de saint François et devint un grand saint. Et bien qu'il ne fût qu'un humble frère, il laissa des écrits admirables sur les choses de Dieu.

724. Amour de l'étude. —Saint Lubin, qui devint évêque de Chartres, n'était, dans son enfance, qu'un humble paire ignorant, qui gardait des bœufs. Ayant rencontré un bon religieux, il le pria de tracer èur sa ceinture les lettres de l'alphabet, afin qu'il apprit à lire ; et par de patientes études, à la suite de son troupeau, il se mit à même de se faire religieux.

725. Saint Isidore de Séville, étant enfant, fréquentait l'école dirigée par son frère saint L^andre, évêque de celte ville. Ayant quelques difficultés à apprendre et craignant la sévérité de son frère, Isidore prit la fuite, et après avoir erré, il s'arrêta au bord d'un puits. Remarquant que la margelle en avail été creusée, il cherchait à en trouver la raison, quand une b» nne femme éiant venue puiser de r«au, lui expliqua que les gouttes d'eau, à force de tomber au même endroit lur la pierre, l'avait usée. L'enfant, réfléchissant à cela, se dit : • En travaillant constamment, je pourrai donc parvenir k graver dans mon esprit la science. » El là-d ssus, il retourna à l'école. H devint un grand philosophe, un i ' ' ' tloçien, un docteur de l'Eglise, (l'otr la note du n» 2449 (d).

7- s feux. — (a) Germaine Cousin n'allait jamais s'amuser avec les autres peiiU .... , i^ui gardaient leurs troupeaux dans son voisinage. — {b} Rose de Lima ne prenait jamais part aux amus^emenls des petites compagnes, qui venaient la voir. Cellesci crurent un jour la gagner en lui apportant leurs poupées. Elles demandèrent i voir celle de Rose qui n'en avait point, et lui ofTrireni de jouer avec les leur». Mais la sainte enfant s'y refusa et se relira dans un coin pour prier. Son frère alla la chercher, ei lui demanda f " ■ : référait un coin solitaire à ces jeux w" "" «Oh ! ditelle, ici j' ■; ne .*uis pas sûre de le trouver parmi ^ »

727. La -.' de Malines, n'était qu'une enfant. qu;r ents voulu-

rent la faire étudier; muti» elle ne pouvait s'appliquer à l'élude et n'aïuuil que les jeux. Ses matirMiteR loi dirent qu'au nel c'éuil une fêle, un congé perpétuel « Ah I dit lenfani. ' ■ Ht comprendre que pour y monter, il fallait

dev< . et plus lard elle fit vœu de chasteté, entra

dan- ili' sainli'lé.

•;: ; dit sa rot-re A l'Age de cinq or. < \

ans . de la piété de sa mère, s^ ' '■

endormi, il eut une vision, dans laquelle la Saune Vierge lui dit que, s'il voulait être avec

246 CATÉCHISME DES l'ETlTS ENFANTS

•a mère au ciel, il devait éviter les vains amusements de renfance et s'appliquer aux chobes sérieuses. Des lurs, l'enfaul eaipluya luul son temps à l'étude et à la piété (V. la Dol» du no fOn.)

729. Sailli Cuihbert, plus lard évéque en Ecosse, n'avait que huit ans, et il jouait avec un aulre enfant de trois ans. Ce dernier s'approchent de lui, lui dit gravement de quitter la parecse et les jeux et de songer à se morlirier. Cuthbert n'en tint pas compte. j{:, - : -fit se jetia à lerre et pleura si amèrement, que lous et Cuihbert luiai< pour le con$'oler. Alors l'cnrani g'adressant à lui : « Pourquoi, dit-il, fuiir >t>s qui conviennent si peu à voire dicnité, il ne vous sied pas de VUU8 amuser avt-c des enfants, vous que Dieu a choisi pour donner des leçons aux vieillards ? » Cuihbert, étonné de cette remontrance, devint aussi ôl un homme parfait, lui qui n'avail élé jusque-là qu'un enfant. Il se fit moine, et devint par la suite un saint évéque.

730. D'une noble famille de Mauis en Auvergne, sainte Flore dès son enfance méprisait les jeux et les amusements; elle fuyait d'inutiles conversations avec les compagnes de son flce. Plus tard, placée dans une école où s'instruisaient les jeunes fiHes de ta condition, Flore les dépassait pas son intelligence, et dès qu'elle sut lire les heurrs canoniales, elle \eè récita lous les jours. Son esprit était tr-llement rempli de Dieu et de sa sainte Mère, que les conversations qui ne les avaient pas pour objet lui étaient insipides, tandis qu'elle paraissait extrêmement attentive et heureu.«e si on en parlait. A quinze ans, elle entrait au monastère de l'Hôpital Beaulieu, où elle vécut et mourut saintement en 1347. En 1793, les révolutionnaires voulurent brûler ses reliques; ses beaux cheveux blancs étaient encore conservés, et ils ne purent pas parvenir à les brûler dans le foyer allumé pour cela. Un chrétien Tidèle. témoin du prodige, recueillit avec respect la téie de Flore, qui se conserve aujourd'hui dans le monastère de la Visitation de Saint- Céré (Lot).

731. Zèle. — Un célèbre prédicateur, le Père Carbois, prêchant à Lyon, disait dans une de ses instructions, qu'une prière faite avec une foi vive, pouvait obtenir un miracle. Une jeune enfant de dix ans. qui était présente, prit aussitôt la résolution de demander la conversion de son père et de sa mère. Le lendemain, elle alla trouver le missionnaire et lui dit. les yeux pleins de larmes : ■ Mon Père, vous avez dit hier qu'une prière faite avec une foi vive obtiendrait un miracle. Depuis que je vous ai entendu, je n'ai cessé de demander la conversion de mon père et de ma mère ; j'ai prié, j'ai pleuré toute la nuit, et voilà que mon père et ma mère ne sont point encore convertis. — Mon enfant, répondit le missionnaire, continuez à prier et le miracle s'accomplira. » Et comme la jeune enfant n'avait pas encore fait sa première communion, le missionnaire l'engagea à se préparer à la faire. Chaque jour elle revenait ie trouver, et chaque fois elle lui disait : « Mon Père, le miracle ne se fait pas. » El le Père l'encourageait. La veille de la première communion, qu'elle devait faire avec une de ses c<'impagnes, elle arriva comme de coutume, reçut l'absolution avec la piété d'un ange, puis elle s'en retournait, le cœur plein de joie, lorsqu'elle rencontra une de ses jeunes parentes qui l'embrassa avec effusion, en lui disant : « Berthe, lu ne sais pas? Oh! que je suis heureusel Demain, mon père et ma mère doivent communier avec moi. » Alors, la pauvre enfant devint triste et ses yeux se mouillèrent de larmes. Elle entra dans la maison où ses parents l'attendaient ; mais au lieu de la trouver heureuse et contente, ils la virent arriver les yeux gonflés par les pleurs. « Mon enfant, lui dirent-ils, tu nous avais annoncé que tu serais si heureuse la veille de ta première communion, et te voilà dans la tristesse. — J'étais heureuse il n'y a qu'un instant, au sortir du confessionnal, répondit l'enfant; mais j'ai rencontré ma cousine qui m'a embrassée, en me disant que son père et sa mère communiaient demain avec elle. Alors je me suis dit : Et moi, je serais seule; je n'aurai pas le bonheur de voir mon père et ma mère à côté de moi. » Le père et la mère sont touchés : « Oui. demain lu seras seule, lui répondirent-ils, les larmes aux yeux ; mais dans quelques jours tu renouvelleras ta première communion, et nous t'accompagnerons à la Table sainte. Nous allons trouver celui qui t'a préparée à la première communion. » Le lendemain, l'enfant triomphante amenait son père et sa mère aux pieds de son confesseur,ca lui disant : « Mon Père, vous aviez raison : le miracle est fait. » Quelques jours après, elle les voyait s'asseoir à côté d'elle à la Table sainte.

COXFJiRENC.ES. — NÉCESSITÉ DE LA RELIGION 241

CIIAPITHK III

Voir t e <|iio nous avons dit, n. 230 cl suivants.

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