‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 46 sur 416 · I. — Nécessité de la religion · texte numérisé non relu

I. — Nécessité de la religion

73i. I^ religion est une vertu morale qui porte l'homme à rendre à Diea |p oiiitf» qui lui est dii. C'est une érhelle mystérieuse qui met la créature en commimication avec son Créateur, un lien qui unit la terre avec le ciel. Puisqiip la roli::ion est une vertu, il faut en conclure en passant que l'irréligion est un vir.\ c'est un défaut qui ne peut faire honneur à personne.

7i^3. !• La religion est-elle nécessaire ? Oui, nécessaire à Tnomme, nécessaire à la famille, nécessaire à la société.

734. \i Faites-nous comprendre la nécessité delà religion pour chaque homme. — a) On convient sans peine quil est nécessaire que l'enfant respecte son père et sa mère. Lefilsipii prélentlrait ne rien devoir à ses parents aurait un cœur de tigre. Son langage ferait verser des larmes à ceux de qui après hieu. il tient la vie, et il révolterait tous ceux qui l'entendraient. Cet enfant dénaturé ne peut pas faire que son père ne soit pas son père. Il peut bien dans ses égarements méconnaître ce vieillard, mais il n'en a pas le droit; et, s'il le fait, tout cœur honnête sent qu'il commet un crime.

Eh bien, nous avons tous un Père de qui découle toute paternité : c'est Dieu, ce Dieu dont le nom est écrit par toute la terre et dont les cieux racontent la gloire. Sa puissance éclate h chaque pas autour de nous ; le brin d'herbe. l'humble fleur que nous foulons aux pieds nous la prêchent. Demandez à tous les puissants du jour, à tous les mécaniciens vantés de faire une violette, les bras leur tomberont, et ils se reconnaîtront impuissants. La providence de Dieu se manifeste par l'ordre admirable établi dans le ujonde. Dans ce vaste univers, rien ne se choque. Chaque astre, chaque étoile est à sa plaop et parcourt régulièreujent sa carrière sans s'en écarter jamais. Le jom à la nuit et la nuit au jour ; les saisons succèdent aux saisons

et 1 lit tour à tour des bienfaits. Le ciel, la terre, les mers, tout paie

à Ihuinuic son tribut et fournit à ses besoins. Il n'y a mje l'insensé qui ne sait pas voir Dieu à travers ses rruvres. 0"'ind un corps s agite, que ses bras, ses : ' ' '. vous dites : Cet homme est vivant, et vous prendriez pour

fou iondrail le contraire. Plus égaré encore est celui qui, k la

vuf MIS «iiivics admirables de la création, ne sait pas reconnaiti'e le Dieu vivant qui opère ces prodiges.

7:io. Si • -"^îint au milieu des déserts, vous rencontriez un palais splen-

dide coi! art, avant des portes, des fenêtres adnurablement dispo-

sées, et .j.. . ......i.l dans un des appartements de ce palais, vous trouvassiez

une table richement servie, avec «les mets cuits A propos, vous devineriez gan»; r..im^ iiiw , i> ri;il lis: iif» s'cst pas bAti scuI, que le vent en chassant le 8al> lié par hasard les unes sur les autres ces pierres

poh pignons de roule vous di.sait que ces constructions

se - - d ellesMuèmes, que ces viandes se sont apprêtées seules ou par

le il IIS vous ririez de lui, ou vous croiriez qu'un couf» de soleil lui a

fait tourner l'esprit. Mais quel ne serait donc pnsraveuglemenl,la folio de ceux qui, A la vue du gigantesque palais de l'univers, ne conviendraient pas qu'iuie œuvre aussi merveilleuse a été faite par un ouvrier toul-puissanl : Dieu {i) !

{V ? - ' ' religion il est bon de remarquer ces conseils de Pascal : « A

ceux lance pour la religion, il faut commencer par leur moncrer

qu'e. - , e à la raison : ensuite, qu'elle est vénérable, et en donner du

respect ; après, la rendre aimahie, et faire souliaiter qu'elle fût vraie, el puis, montrer par les preuves inroniesul)les qu'elle est vraie ; faire voir son aatiquiié et sa sainteté

[lar sa érandeur el par soo élévation, et enQo, qu'elle e»t aimable, parce qu'elle promet e vrai bien. » (Pensées).

(3> Voltaire, au milieu d'un festin ob des impies osaient nier Dieu, attendit que l'borloge sonnât, et, la montrant du iloict. il dit : < Pour ma part, plu!i j'y pense et nmins je peux songer que cette liorloge marche et n'ait point d'horloger. •

2i8 CONFÉRENCES

Napoléon était sur son rocher de Sainte-Hélène. Le général Bertrand lui ayant dit un jour sur un ton inconvenant : <i 0»>'est-ce que Dieu ? L'avezvôuH vu? — Je vais vous le dire, répondit Napoléon : Le génie est-il une chose visible? Lavez-vous vu pour y croire ? Sur le rhainn de halaille, quand vous aviez besoin d'un trait de génie, pourquoi, vous le premier, tue chercbier-voiis rie la voix et du regard? Pounpioi s'écriait-on de toute part : Où est l'empereur ? O'ie signifiait ce cri, sinon que vous croyiez en mon

fénie. Mes victoires vous ont fait croire en moi, l'univers me fait croire en >ieu. » Un est-ce que la plus belle manceuvre auprès du mouvement dos astres (4) ? Or Dieu a sur sa créature des droits dont il ne [»eul pas se dépouiller. Si un homme a bi\ti une maison, qui a droit de Ibabiler sinon celui qui l'a bt\tie? Sil a planté une vigne, qui en doit recueillir les fruits, sinon celui qui l'a plantée ? Et, si un père a des enfants, à quoi peuvent être obligés ces enfants sinon au service du père qui les a engenrlrés ; quels doivent donc être les droits de celui qui est le .Maitre et l'Auteur de tous les êtres qui sont .sur la terre et au ciel? Il est nécessairement notre Dieu, et nous sommes nécessairement dépemlants de lui, par là même que nous sommes son fpuvre. Les pliilosojihes nous disent bien les diverses espèces de créatures, ils les divisent en corporelles et en incorporelles, en vivantes et en inanimées ; mais janiais personne ne s'est avisé de les diviser en dépendantes et en indépendantes ; car il n'en est point d'indépendantes et plus elles sont parfaites, plus elles sont dépendantes. Les pierres n'ont besoin de rien pour subsister, les plantes ont besoin île la terre, de l'eau, de l'air ; les animaux ont besoin en plus des plantes, etc: Ne pas reconnaître notre dépendance, c'est une révolte ; ne pas reconnaître les bienfaits de Dieu, c'est de l'ingratitude. Puisqu'il est tout-puissant et (pie nous sommes faibles, il faut recourir à luidans la tentation ; |)uisqu'il a tous les biens cl qu'il est prêt à nous les donner, il faut les lui demander par la prière, car nous manquons de tout. Et tous ces devoirs, nous les remplissons par la religion.

(i) (a) Un jour, le célèbre BraDcks, qui s'est immortalisé par ses voyages et ses découvertes, élail allé voir le roi Georges d'Angleterre. Durant la conversation, ce monarque lui demanda ce qu'il avait vu de plus beau dans son tour du monde : « C'est le Mattre de l'univers, Sire », répondit cet illustre savant. Quelle magnifique et sublime réponse t

(b) Le fameux astronome Kircher, voulant convaincre un de ses amis qui doutait de l'existence de Dieu, se servit d'un ingénieux moyen. Il plaça sur sa table un magnifique globe terrestre. A peine le visiteur était-il entré qu'il remarqua ce globe et demanda à Kircher s'il lui appartenait. Kircher répondit qu'il ne lui appartenait pas et même qu'il n'avait pas de possesseur. * Il faut nécessairement, ajouta-t-il, qu'il soit venu ici

Par un pur enel du hasard. — Vous plaisantez sans doute », reprit l'étranger? Mais astronome continua de soutenir sérieusement son assertion. Lorsqu'enfin il s'aperçut que son visiteur commençait à témoigner de la mauvaise humeur, il profita de celle occasion pour lui adresser ces paroles : « Vous ne voulez pas croire, et vous trouvez qu'il serait insensé d'admettre que ce petit glube existe par lui-même et qu'il doit uniquement au hasard de se trouver à la place où vous le voyez? Mais comment pouvezvous donc croire que le ciel, avec fes planètes et ses millions d'étoiles, soit le résultat d'un pur caprice du destin ? » L'étranger se lut. Il ne trouvait rien k répliquer à un argument aussi décisif.

(c) On demandait un jour à un pauvre Arabe du désert comment il s'était assuré qu'il y a un Dieu. « De la même façon, répondit-il, que je connais par les traces marquées sur le sable s'il y a passé un homme ou une bête. *

(d) Cicéron disait : c Lorsque vous examinez une grande maison, lors même que vous D'en voyez pas l'architecte sous vos yeux, vous vienl-il jamais à la pensée qu'elle est l'ouvrage des souris ou des belettes I Comment pouvez-vous donc croire sérieusement que tant de magnificence, tant de variété, tant d'harmonie dans les corps célestes, la vafle éteiidue de la mer et de la terre, etc., n'est que le pur efTet du hasard? Si quelqu'un était porté à croire, d l-il encore, que tout ce que nous considérons n'est que le produit du hasard, je ne comprends pas pourquoi celui là ne prétendrait pas aussi, qu'en jetant çà et là une grande quantité de lettres, elles s'arrangeraient de telle sorte qu'elles parviendraient à former les Annales d'Ennius. »

Un athée est un enfant qui se fatigue à se persuader qu'il n'a pas de père. Nemo, dit Terlullien. Deiim non esse crédit. >tisi eut non esse expedit. Nous ne comprenons pas quelquefois comment les païens pouvaient être si grossiers, que d'adorer des dieux inf&mes, incestueux, adultères ; et saint Augustin nous assure qu'il le comprend bien : c'est, dii-il, qu'ils étaient intéressés à avoir des dieux comme ceux-là, et qu'il leur était

NKCESSITé DE LA RELIGION 2-49

736. h) Du resle, le Dieu qui nous a faits ne notis a pas demandé conseil pour nous créer; il ne nous a pas consultés non plus «tu- la inaniéro dont il devait nous former. .Nous sommes obligés do nous prendre tels (}u'il nous a faits. Il nous a donné un corps avec une tête droite, deux bras et deux pieds ; tous les hommes naissent avec ces membres, sauf les monstres auxquels il en manque quelques-uns. Il nous a donné une Ame intelligente et raisonnable, et c'est la raison <jui élève l'honnue au-dessus des aniuuiux. 11 y a cependant des hommes ipu sont privés de l'exercice de leur intelligence, soit par une inlirmité du cerveau, soit par suite de débauches qui ont étouffé leur raison ; on les appelle aliénés. Dieu a donné aussi à l'homme le sentiment religieux et tous les hommes l'ont eu. tjuelques-uns peuvent l'étoutTer sous les ténèbres de riL'niirMnce ou du vice ; mais ceux qui en viennent là ne sont pas des hommes r(iiii|il. is, ils sont ou des monstres ou des insensés; il leur manque une ries j,i, . , . itKtiiiitives de la nature humaine, le sentiment religieux, qui a existé de -; dans l'humanité, comme le prouve l'histoire. Kn effet, dans

tou- l'S, par toute la terre, l'homme civilisé on barbare a eu une reli-

gion et a cherché par des pratiques à honorer la Divinité (1).

737. r) D'ailleure, que devient l'homme sans religion ? (2) (Juel frein a-t-il

avantageux dans le moment qu'ils succombaient à une passion honteuse, de pouvoir s'autoriser d'un le! exemple : voilà tout le fond de l'idolâtrie et du paganisme. Mais nous n'avons pas besoin de remonter si haut, et il ne faut ici que nous consulter nousmêmes : car, quelque obstiné que soit un libertin du siècle, il ne désavouera pas, s'il veut répondre sans déguisement, qu'il n'a commencé à douter de l'autre vie que quand il a été de son intérêt que tout se terminât à celle-ci, que l'enfer ne lui a paru une erreur populaire que quand il a été de son intérêt qu'il n'y eùl plus d'enfer, qu'il n'a traité le péché de bagatelle et de galanterie que quand il a été de son intérêt que le péché ne fût plus péché, et que s'il en est venu comme l'athée, jusqu'à conclure dans son cœur qu'il n'y a point de Dieu, ce n'est que quand il a été de son intérêt que l'être de Dieu fut anéanti. (Bocrdaloue) (KoJr la note du n° 780.)

(1) La religion est le propre de l'homme, elle convient omni soli et semper. Partout l'homme a été religieux, il le sera toujours, il doit l'être toute sa vie. Les théologiens disent, que de même que le feu, dès qu'on l'allume, s'élève dans les airs, de même l'homme, dès qu'il est homme, c'est-à-dire dès qu'il a l'usage de sa raison, est obligé de s'élever à Dieu qai est sa fin.

La religion est si propre à l'homme qu'on n'en trouve aucune trace dans les animaux. On trouve comme un rayon de prudence, dans la fourmi ou dans l'abeille ; de piété envers les parents, dans les cigognes; de ndélité, dans le chien; de chasteté, dans les tourterelles; mais rien cbex les animaux qui soit un vestige de religion. Ils ne peuvent connattre Dieu, l'homme est chargé de le faire pour eux.

(2) Quand on honore Dieu comme il convient, dit saint Augustin, cela profite à l'homme et non à Dieu. Qui s'aviserait de penser qu'il rend service à une fontaine en y buvant, ou à la lumière en la regardant 7 Dieu a une gloire telle, qu'aucune créature n'y peut rien ajouter; mais quand nous l'honorons, notre esprit se soumet à lui. et c'est en cela que consiste sa perfection. Il faut savoir que toute chose inférieure, en se soumettant à ce qui lui es) supérieur, devient païf ' le nous le dit l'ai:' ' !<^. C'est ainsi que le corps, en se subordoiinani . croli, sent et m n", placé dans une région inférieure au soleil et ! -, , - - i rayons de cet a.-. ., .. cnt clair et lumineux. Dans les ouvrages que fabrique la main des homrnes, l'argile se iaissani manier par le potier, passe de l'état d'une terre vile à un va<«e (te prix. I.e marbre, se soumettant à l'action du sculpteur, devient, d'uin ' île que l'on placera à&nn une caleiic (xnir (Miclianler la

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choses qui durent l'il lui a

données, parce que i.i.m..iiu- m.. .|uvm.-. «:.-.. ..m; i;,M(iiiiii .■!. .ii.Ki- .,ur.. .-...,..«. La société civile ne sauroit échapper à ses haines plus que la société religieuse. C'est e*core

250 CONFIÎHENCES

à ses passions ? Oiiolles consolations trouve-l-il dans le mallipiir? Paiivros Ames, auxquelles les inéclianls rhorrlicnt à ravir Dieu, (itie «loviondrez-vous au jour do réiircuvc, quand on no vous aura pf)inl laissé d csfiérance par-delà la tombe? Il ne vous restera, ho^^is ! que le désespoir et le suicide. « S'il fut jamais une doctrine barbare et désespérante, c'est celle t]ui dit aux hommes, condamnés, pour la plupart, à de durs et continuels travaux, à l'indigence, aux privations, à l'abais.sement, aux douleurs de toute espèce : Souiïrcz et mourrez; tel est votre partage, n'en attendez pas d'autre. » (De l^amennais.)

— Celui qui ne croit pas à la religion, disait le roi d'Angleterre A Lally- Tollendal. est bien malheureux ; mais celui qui veut empêcher les autres dy croire est bien criminel. ^S'i on rroi/ait utile de répondre à l'objection que I)ieu ne s'occupe de nous, on trouverait tes réponses nu n. 1*057.)

7:W. 2). La relif/ion est-elle nécessaire à la famille ? Si chacun des membres d'ime famille a besoin <lc la religion, comment la famille entière pourrait-elle s'en f)asser? La famille n'a-t-elle pas, du reste, des devoirs à rendre à Dieu pour les bienfaits qu'elle en reçoit? N'a-t-elle pas des faveurs nouvelles à obtenir de lui par la prière ? N'a-t-elle pas un besoin urgent de son secours pour sa prospérité ? .N'est-ce pas en l'honorant par la religion qu'elle s'attirera ses bénédictions? Quel hideux spectacle olTrirait la famille où le père incrédule enseignerait aux enfants le blasphème, où la mère infidèle à Dieu le serait à plus forte raison à son époux ; où les enfants, à qui des parents coupables auraient appris à mépriser l'autorité divine, feraient fi des conseils et des ordres de leur père et de leur mère? Ne serait-ce pas là •me iujage de l'enfer? Tandùs qu'elle offre au contraire un avant-goût du ciel la famille vraiment religieuse : Ecce quant bonum et quant jucundum, habifare fratres in unum.

739. 3) La société peut-elle se passer de religion? A cette question laissons répondre le plus tristement fameux des impies du xviii'"'' siècle : « Sans la religion, dit-il, la société ne serait qu'un repaire de bètes fauves qui s'entredévoreraient les unes les autres (i). » Il serait plus facile, disait un paien illustre, Cicéron, de bâtir une maison en l'air que de fonder une société sans religion, .\vant Cicéron un autre païen, Plutarque, avait parlé comme lui.

à un élément de durée. Elle n'est plus pour lui qu'un malheur ou un anachronisme. Le voilà donc à l'œuvre pour dt^truire tout cela, et le refaire ensuite à son image au moule de ses rêves et de ses fantaisies. (VErruRà )

(1) (a} Le même Vollaire a dit : « Je ne voudrais pas avoir affaire à un prince athée, qui trouverait son intérêt à me faire pi'er dans un mortier; je suis bien sûr que je serai pilé. Je ne voudrais pas, si j'étais souverain, avoir affaire à des courtisans athées, dont l'intérêt serait de m'empoisonncr; il me faudrait prendre du contrepoison tous les jours. Il est donc absolument nécessaire, pour les princes et pour les peuples, que l'idée d'un Etre suprême, créateur, gouverneur, rémunérateur et vengeur, soit profondément gravée dans les esprits. »

{bi On parlait un jour, devant Napoléon, des gens qui ne croient pas à l'existence de Dieu. « El vous croyez, s'écria-t-il, que l'homme peut être homme, s'il n'a pas de Dieul « Il ne disait pas le chiélien, mais simplement l'homme, et il avait raison : « L'homme sans Dieu, ajouta-t-il, je l'ai vu à l'œuvre depuis 1793. Cet homme-ià, on ne le gouverne pas, on le mitraille! »

(C) Un jeune athée vint un jour trouver le P. Oudin. « Mon Père, dit il en entrant, je voudrais engager une di.«pute avec vous sur la Religion. — Monsieur, reprit le savant Jésuite, j'en suis bien fâché ; mais je n'aime disputer avec personne sur nos saintes vérités. Ainsi, trouvez bon que nous n'en parlions pas. — Du moins, répliqua le jeiine fashionable en se dandinant sur un pied, je suis bien aise que vous sachiez que je suis un athée. » A ces mots, le P. Oudin saisit un lorgnon et se mit à toiser son insolent interlocuteur avec un sourire plein de malice et de finesse. — « Que voyez-vous en moi de si curieux pour ro'examiner avec tant d'attention? s'écrie le jeune voltairien.

— Ohl c'est que je n'avais pas encore vu l'étrange personnage qu'on appelle athée et que je suis bien aise de voif comment il est fait. » Déconcerté par ces paroles, le jeune athée disparut.

(d) Comprenons, enfin, que si le créateur a établi nn ordre plein de sagesse et de majesté dans la collection des êtres matériels, s'il tes a soumis à des lois appropriées à leur nature et d'où dépend leur conservation, il est absurde de penser qu'il n'existe aucun ordre voulu de Dieu dans la société des intelligences, abandonnées sans règle, et sans lois aux destins qu'elles se feraient elles-mêmes. Cela répugne aux plus simples lumières de la raison. Tout ce qui est, est ordonné. L'existence simultanée de plusiears

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