‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 47 sur 416 · NÉCESSITÉ DE LA RELIGION · texte numérisé non relu

NÉCESSITÉ DE LA RELIGION

De Fontancs, que Napoléon \" avait fait sénateur en 1810, dit à Pie VII : « Toutes pensées irréligieuses sont des pensées inipoliticpies ; tout attentat contre le fliristianisnio. osl un attentat contre la société. » Les philosophes impics eux-nièiuos sont ohli^ijés de convenir que la société est impossihie sans la religion. De là, il faut conclure corabien est insensé le raisonnement

être» semblables enferme dans sa notion celle de certains rapports naturels entre ces ^ire« ..ar n..,,^.\.,„arn l'idéc d'ordre ; et de là vient qu'en détruisant l'ordre naturel entre les es êtres mêmes. ^

\.' iice que l'on afTecie d'attacher à la religion, vient de ce qu'on ne la

connaît pas; t-i ie malheur est qu'on crotl la connaître, parce qu'on en a beaucoup parlé soi-même, sans en avoir d'autre idée que celle qu'on s'en est formée au hasard, sous l'influcnee de miUe préjugés, et d'autant d'intérêts contraires à la vérité qu'on a de paissions. Si l'on comprenait seulement que la religion est. dans le monde moral, l'unique moyen deror1re,on pourrait la haïr 5ans doute, comme on peut haTr Dieu; mais l'on cesserait de la mépriser. Le crime de ceux qui la violent ne serait pas moins énorme, mais il serait' moins stupide. Comme l'ange d'orgueil, ils choisiraient entre le bien et le mal, avec connaissance. La perversion de la volonté ne s'étendrait pas jusqu'à la raison, lis épouvanteraient par leur audace désespérée, mais ils n'exci'eraienl pas cette pitié humiliante qu'inspire leur imbécile délain.

Les peuples ne subsistent et ne se raniment que par les croyances. En s'éloignant de Dieu, ils s'approchent du néant, domaine propre de tous les êtres finis, et leur unique souveraineté. Voilà pourquoi Machiavel, qui n'était pas apparemment un esprit faible ni on fanatique voue sans hésiter à l'exécration universelle ceux qui, ébranlant la religion, ébranlent la société : « Hommes infâmes et détestables, coff.me il les appelle, « destructeurs des royaumes et des républiques, ennemis des vertus, des lettres et de « tous les arts qui honorent .'e genre humain, et contribuent à sa prospérité ». (Di

LAVE.'V.filS).

Aatrpf.iis la religion intervenait comme législatrice et comme arbitre dans toutes les trai.~ cialès. Le mariage lui devait sa sainteté, et après avoir afTermi et consa-

cré nt de la famille, elle la conservait par an sage accord d'autorité et de

dêpcuua;itL'. toutes les instiiuiionsempruntaient d'elle quelque chose de moral; et. comme le pouvoir est nécessaire oii il y a réunion d'êtres semblables, dans la plus petite école aussi bien que dans le plus vaste empire, partout elle ennoblissait l'obéissance par de sublimes motifs. Chose admirable l elle substituait la vénération à l'envie, en mootrant l'image de Dieu dans tout ce qui participait à sa puissance. L'esprit de charité qui lui est propre, rapprochait les rangs sans les confondre, et les bienfaits, la reconnais.<^nce, formaient les doux liens qui le- unissaient. De cette s irte, et en détachant le chrétien des intérêts temporels, elle liait étroitement l'homme à l'homme, les familles aux familles, les générations aux générations, le peuple même aux peuples. Qu'a-t-on vu succéder à cet heureux état.

« Dans le mariage une brutale dissolution, et l'anéantissement du lien conjugal transformé en convention temporaire, l'anarchie dans les familles, l'aversion de l'autorité

dans le» inf> rieurs, la iluiet^ dans les l: ' ' ' .e ; la mauvaise foi dans

les contrats, le m^'pris siu;iilit:e des - 'vens, et des haines de

peuple à peuple, qui rappelUnt les pt ; ,, , . ...>ioire.

« La religion enfin existait 'dans les individus comme frein, (^e frein brisé, les actions que la loi ne saurait atteindre, sont demeurées sans autre règle que les passions. Toute la morale a été écrite dans les pages du Code criminel : morale effrayante, dont le magistral est le ministre, et le bourreau le vendeur. La distinction du bien et du mal corP'"-"-'- - < <<■ '■.'■■>- ■'■..-.< ., I, .-,..,i,.„ ,.„, .:.,,. 1. 1 ;.„ .... • -^ fférence. On

ft a paru des

in^'' . ■ grand pour

n'obéir (^u A l>i«M. il a rejtlé d^daifineuseiut-nl ie joug de I lioiume. De ce moment, les lois n'ont été pour lui que <ies obstacles, et des ob<tarle» impuissant» ; c«r on n'échappe point à la consicience, maison peut échapper à ' ' -sir est telle.

que, sans la crainte d'une vie future, il y aui o le tenter,

La sagesse consiste uniquement a compenser le i n <,u\-,ui-m

les vertus se sont évanouies. mais le crime, j'ai I. ,-

comme sans remords, n'est plus qu'une simple i' m

vulgaire, un calcul; moins que cela. un jeu dont l'enfance niLuic amuse son oi.-iivclé.cl ^ui di vient pour elle une habitude, avant que les passions en aient fait un besoin ». (De LAurniAis).

On a vu du reste pendant la grande Révolution française, ce que devient une .société sans religion. Alors sur les débris de l'autel et du trdne, sur les ossements du prêtre cl du souverain commença le règne de Is force, le règne de la haine «l de la terreur : effroyable accomplissement de cette prophétie:

• l'n peuple entier se niera, homme contre bomoie, voisin contre voisin, «1 avec an

252 CONTlillF.NCF.S

de ceux <|iii pnMondonl quo los opinions poliiiiiiios iiuils [u'ofi-ssont no leur ppriiu'Ucnl pHs <ip pralitpitT In reli^'ion. S'ils sont amis du icf,'iiue polilicjiic de leur pays et «piils veiiillenl le voir durer, qu'ils relayent sur la religion nuireinent ils le verront crouler. La reli^non ne condamne aucune forme de gouvernentenl , et elle fleurit sous tous les régimes, sous tous les cieux,

a grand luroulte, l'enfant se lèvera contre le vieillard, la populace contre les grands, « parce qu'ils ont opposé leur langue et leurs inventions conlre Dieu. » € Pour peindre celte scène de désordre et de forfaits, de dissolution el de carnage,

■ cette orgie de doctrines, ce choc confus de tous les intérêts et de toutes les passions,

• ce mélange de proscriptions et de fêtes impures, ces cris de blasphème, ces citants si-

■ nisires, ce bruit sourd et continu du marteau qui démolit, de la hache qui frappe les « victimes, ces détonations terribles, et ces rugissements de joie, lugubre annonce d'un « vaste massacre, ces cités veuves, ces rivières encombrées de cadavres, ces temples

• et ces villes en cendres, et le meurtre, et la volupté, et les pleurs el le sang; il faudrait

• emprunter à l'enfer sa langue, comme quelques monstres lui empruntent ses fureurs.

■ Si le monde, avait dit Voltaire, était gouverné par des athées, il vaudrait autant f être sous l'empire immédiat de ces êtres infernaux qu'on nous peint acharnés contre « leurs victimes. » — Des athées gouvernèrent la France, et dans l'espace de quelques mois, ils y accumulèrent plus de ruines qu'une armée de Tartares n'en aurait pu laisser en Europe pendant dix années d'invasion. Jamais, depuis l'origine du monde une telle puissance de destruction n'avait été donnée à l'homme. Dans les révolutions ordinaires, le pouvoir se déplace, mais descend peu. Il n'en fut pas ainsi quand l'athéisme triompha. Comme s'il eût fallu que, sous l'empire exclusif de l'homme, tout portât un caractère particulier d'abjections, la force, fuyant les nobles et hautes parties du corps social, se précipita entre les mains de ses plus vils membres, et leur orgueil, que tout ofTensait, n'épargna rien.

Ils ne pardonnèrent ni à la naissance, parce qu'ils étaient sortis de la boue ; ni aux richesses, parce qu'ils les avaient trop longtemps enviées ; ni aux talents, parce que la nature les leur avait refusés; ni à la science parce qu'ils se sentaient profondément ignorants; ni à la vertu parce qu'ils étaient couverts de crimes; ni enlln au crime même, lorsqu'il annonça quelque espèce de supériorité. Entreprendre de tout ramènera leur niveau, c'était s'engager à tout anéantir. Aussi, dès lors, gouverner, ce fut proscrire, confisquer, et proscrire encore. On organisa la mort dans chaque bourgade; et, achevant avec des décrets, ce qu'un avait commencé avec des poignards, on voua des classes entières de citoyens à l'extermination, on ébranla par le divorce le fondement de la famille; on attaqua le principe même delà population, en accordant des encouragements publics au libertinage.

m Le raisonnement, l'autorité, l'expérience, s'accordent donc pour démontrer que la Divinité est le premier bc«oin des nations, la raison de leur existence, el que toute philosophie irréligieuse tend à détruire l'ordre social, le bonheur des peuples, et les peuples mêmes ». (Dk Laxr.nnais).

(e) La Société est malade. Tuus en conviennent el en gémissent; les méchants euxmêmes en enragent. Qui peut la guérir? Au premier rang se présente la science. Elle se vante de pouvoir à elle seule sufliie à celle immense et difticile besogne. Elle s'est mise à l'œuvre avec ses écoles, ses cours, ses petits livres élémentaires, ses résumés, ses almanachs, ses feuilletons, voire même avec ses pamphlets contre l'Eglise. Tous les systèmes ont pu se donner carrière sur des terrains où l'erreur a été libre, même plus libre que la vérité.

Eh bien! quel a été le résultat de ces soins très empref ses, si l'on veut, mais non pas Irés désintéressés, bien s'en faut? Toutes les vérités foulées aux pieds pour faire place à toutes les erreurs, à tous les délires de la raison humaine, toutes les vertus travesties ou niées, ou révoquées en doute. Bientôt tout a été vrai, excepté la vérité. Tout a été vertueux excepté la vertu ; tout a été honorable excepté l'honneur. Est-ce que peut être je me mets à déclamer sous l'inspiration d'un fanatisme aveugle? Est-ce que par hasard des hontes que la pudeur el le lieu saint défendent de nommer n'ont pas été réhabilitées, innocentées, présentées comme les conséquences d'instincts naturels el irréproctables?

Cnmment pouvait-il er. être autrement, lorsque dans le naufrage des intelligences on s'obstinait à fermer les yeux pour ne plus voir d'étoiles ni de boussole T Rien d'étonnant alors que toute dncipline spiriiuelle el morale disparaisse; que le doute devienne philosophie, l'anarchie gouvernement, l'alhéisme religion.

Il est facile de comprendre que les blessures el les p.aies de la Société, sons l'action d'un pareil traitement n'ont pu que s'aigrir el s'irrilerde plus en plus. Aussi la science humiliée, épouvantée des désastres qui ne sont que la conséquence de ses fonestes théories hésite et recule.

^ — La politique a aussi la prétention de guérir la Société malade, en se passant de l'Eglise. Elle a improvisé des constitutions par dizaines, des lois par milliers, des impôts par millions, des niorninilps sans nombre qui devaient à l'entendre rétablir la Société

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' .iinmc il est l'ao.ilo de s'en convaincre ; mais, sons tous les gouverncmeuls, la siiiii'lé a besoin <le la religion, foininc de sa base la plus solide.

7 40. i" .1 <fUoi bon uni' rdif/iofi, oseront dire quelaues libertins : quand on est mort, tout est mort f — Tout esl niorl pour 1 animal, c'est vrai ; si les libertins se croient de njt^me nature que les brutes, libre à eux; mais ils n'ùleront pas. aux hommes qui se respectent, la foi en l'immortalité, ni le droit de ne pas confonilre leur destinée avec celle des animaux. Il y a en riionnne le corps et l'Auie ; par le cor[)s, nous sommes souvent inférieurs aux animaux : un cheval esl plus affile que nous à la roiu'se, le b<»'uf traîne do plus lourds fanleaux ; mais, ce (|ue nous avon» de plus, c'est l'ilme raisiiimaltle (1). L'Ame (lui pense, qui distingue le bien du mal, l'Ame qui prie; voilà <e que l'animal n'a pas, voilà re qui ne meurt point.

dans son étal normal et lui assurer la longévité de l'ordre, de la richesse, de la force, de la liberté et des prospérités de toute sorte. Mais hélas I Comment la politique irréligieuse, ne s'inspirant que d'elle-même et de son égoîsme rétréci, pourrait-elle guérir les maux de la SucitUé, i^ont elle ne connaît ni les maladies ni les besoins? Il faut avoir recours à Dieu pnur connaître l'homme et tout ce qui intéresse l'homme. Aussi voyei (.,,„,,,.. ..... nuiiiique sans Dieu esl aussi sans franchise et ne vit que d'e.xpédients. Elle

fn s aux vanteries, aux promesses, aux espérances d'un avenir qu'd faut

tti:.. .' rier.

La tlépii ile tant de lamentables expériences, la politique irréligieuse ne vient offrir aux sociétés modernes pour tout moyen de guérison et pour tout remède à nos décadences et à nos ruines morales, que des chemins de fer, des bateaux à vapeur, des manufaclures, des banques et des compagnies de spéculateurs, des salles de spectacle et pis encore. Mais aussi, en revanche, elle tient toujours prêts, comme aides indispensables le siiire et le bourreau, la prison et le bagne, le canon et la guillotine.

Nous n'avons pas à nous prononcer sur la valeur de ces moyens curalifs. Nous laisseron» ce soin aux sl;tt icielles. Or, d'après ces enquêtes authentiques, nous trouve-

rons un nombre toi; - mt de vols, de fraudes, d'empoisonnements, d'assassinats,

d'inf' •■' ■ I- ic uijels. d'incestes, de sacrilèges. Il demeurera constaté que la

coii homme régénère de plusen plus, en même temps que la cons-

titii' t. Tous les liens se relâchent, toutes les institutions se décom-

posent. Le bonheur maiénel, auquel on a tout sacrifié, fait défaut comme le reste. Ce n'est plus tel ou tel gouvernement, c'est l'ordre social lui-même qui chancelle et vacille sursa base. El la poiiiique aveugle, narce qu'elle est irréligieuse ne sait pas voir que c'est en minant la foi que le génie du mal veut faire crouler d'un seul effort et l'édifice intellectuel, et l'ordre civil, et l'ordre public, et l'ordre social tout entier.

Craigoant de voir clair de peur d'être obligée de se repentir, cette mesquine politiqne aime mieux abandonner les peuples h leur corruption, comme des malades incurables, elle se contente de leur donner pour gardien ses agents de police, plutôt pour empêcher le mal de trop paraître au dehors, que pour songer même à en restreindre les funestes ravages. (Veiiuka).

(1^ fl L'homme, a écrit L. Veuillot. ce fini si chétif, est l'œuvre de l'Infini, et dans Tceuvre

il y a qur' • ' '' - '' - ' — ' -n de l'Inlini Voilà plus qu'un monde!

L'homme. partout. La pesanteur et l'iiilirmilé de

son corps , , tout, il est avec elle partout oii elle va;

les espaces lui sont uuverUt, les temps lui sont donnés et il franchit encore la limite de.<< eiipacp^ et des temps. Cet être qui a peine à se saisir dans le présent, qui se palp 'dde s'il existe, cet être placé entre den . dont l'une n'est

phi- l'est pas, il vivait néanmoins avant si par ses ancêtres,

il vi '■■' - • "■■ri par ses descendants et .su.. „, ,,... ses o">vi"v i.m,,^

inii pour ne plus périr Captif, j'ai des ai

libr< ^f. pas les airs st haut que je peux voler; avt- s

du cote du jour, par dcià lu s»;cil, du côtt^ de la nuit par delà les ombres; mou regard va plus loin que tous les hon/ons. l'ouss'ière sans nom hier, et sans souvenir demain,

imperceptible sur celte Irr- ' ' - ' ' '-"• ' n

éclair dans la course du te

néanmoins, vivant dans le , . . , , i

je serai encore lorsque le temps ne sera plu». Uuitnd Dieu a du : « Faisuoa i'bumme à notre image. » Ce joar-là j» ««tii* né.

Est-ce ma vraie naissaïK. ' M i a dit cell' .ilic au

moment marqué en .ses de-^ 'is sont en

Crfi'* -i.-w i.> I. - .„ •,■• ...suis i... , '••"■'

mou il les œuvres de l»icu

faiti'^ n'est rien. Cela est à

ce que mou Têletiivnl ett 4 mon corps, cl < t seul n'c.tl pa.4 moi. il est uu^^si

le\êtement qui s'use et qui change. J'ai cl> urs fois de vêlements, plusieurs

â54 CONFKRENCËS

Nous PII Iruiivods la prouve : al fld/is i'dme p.lle-m''inf. Que le corps sô liôroinposc piiive <pi'il est formé ilc parlies diverses, je le ronçois ; mais l'Ame simple oomme Dieu et (■«)muie la |)cnsée ne peut se déromposer, ni se délniire par consé(|uent. D'ailleurs, le corps lui-même n'est pas (lélniil; une partie en se décomposant se mêle à l'humidité du sol, une autre partie se mêle à la terre, une troisième s'échappe en gaz au milieu de l'air ; mais rien n'est anéanti. 0"i oserait prétendre (jue l'Ame qui anime et gouverne le corps est détruite, quand le corps lui-même suhsisto? Une des céléhrités médicales de notre temps, Claude IJernard, membre de l'Académie des Sciences, prouve que tout ce qui est matière en nous, même le cerveau, se renouvelle au moins tous les huit ans, et cependant nous gardons souvenir, à cinquante ans, de notre enfance, et nous sentons bien que nous sommes toujours les mêmes hommes (pi'il y a cinquante ans ; il y a donc en nous queluiie chose (l'immatériel, de permanent, de toujours présent, d'indépendant de la matit're, ce (/uelt/ue chose, c'est I'dme.

h) Kn Dieu, (le Dieu est nécessairement juste, sans cela il ne serait pas Dieu. Il doit donc récompenser la vertu et punir le vice; or le bien ne trouve pas toujours ici-bas sa récompense, ni le crime son châtiment. Il faut donc une autre vie, où chacun recevra selon ses œuvres {{).

fois de corps. Ouest mon corps d'enfanl? Où sont la fleur et la force de ma jeunesse? Cela est mort, aussi mort que les p.irfumset les sons qui ont traversé les airs. En resiel-il ce qui reste de l'herbe des loits? La vraie création, la création impérissable, est ce qui est à l'image de Dieu. C'est là ce qui a reçu sa perfection, dès l'origine, et qui ne périra pas. »

Homme, pouvez- vous penser que tout soit corps et matière en vous? Quni, tout meurt, tout est enterré? Le cercueil vous égale aux bêles, et il n'y a rien en vous qui soit audessus? On le voit, vous profilez bien des sentences abominables, débitées en prose et en vers par les incrédules qui préfèrent les animaux à l'homme, leur instinct à notre raison. Mais, dites-moi, vous qui vous riez finement de l'homme qui s'imagine être quelque chose, compteriezvous encore pour rien de connaître Dieu ? Conn>ifire cet être suprême, adorer son éternité, admirer sa toute-puissance, louer sa sagesse, s'abandonner à sa providence, obéira ses volontés, n'est-ce rien qui nous distingue des bétesî Tous les saints onl-ils en vain espéré en Dieu? N'y a t-il que les impies sensuels qui aient connu au juste les devoirs de l'homme? Comment ne pas voir que si une partie de nous-mêmes reiourne à la terre, celle qui connaît et aime Dieu el est par conséquent semblable a lui a d'autres destinées? Que la terre nous redemande ce qu'elle nous prête, soit, pourvu que Dieu puisse nous redemander aussi cette âme faite à sa ressemblance. Par conséquent, hommes sensuels, qui ne renoncez à la vie future que parce que vous rejouiez de justes supplices, n'espérez plus au néant, non n'y espérez plus, yue vous le vouliez ou non, l'éternité vous est assurée, et il ne lient qu'à vous de vous la rendre heureuse; mais si vous refusez ce présent divin, une autre éternité vous attend, et vous vous rendrez dignes d'un mal éternel, pour avoir perdu volontairement un bien qui pouvait l'élre. Ces vérités sont à l'abri de vos railleries et de vos murmures. Le rout-l'uissant a des régies qui ne changeront pas vos sarcasmes. Il saura bien vous le faire sentir quand il voudra. Changez donc vous-même, car il est terrible de tomber entre les mains du Dieu vivant. (D'après Bossuet.)

(i) Vous convenez avec moi, dit Guillaume, de Paris, de l'existence d'un premier élre ; vous reconnaissez un Dieu : mais répondez-moi, ce Dieu aime-l il ceux qui le servent et qui lâchent à lui plaire ? S'il ne les aime pas et qu'il ne s'intéresse point pour eux, où eslsa sagesse et sa bonté? S'il les aime, quand le fait-il paraître? Ce n'esl pas dans celle vie, puisqu'il les y laisse dans l'affliction ; ce n'esl pas dans l'autre vie, puisque vous prétendez qu'il n'y en a point. Cherchez, ajoute ce saint Evêque, ayez recours à loules les sublilités que votre esprit peut imaginer, vous ne satisL-rez jamais à celle difficulté autrement qu'en avouant l'âme immortelle, el confessant avec moi qu'après la mort il y a un étal de vie où Dieu doit récompenser chacun selon ses mérites. Car ce Dieu aevant élre, con.me Dieu, parfaii dans toutes ses qualités, il doit avoir une parfaite justice : or, une justice parfaite doit nécessairement porter k un jugement parfaii Ce jugement parfaii ne s'accomplit pas en ce monJe, puisque les p'us impies y aToni quelquefois les plus heureux ; il faui donc qu'il s'accomplisse en l'aulre, el, par conséquent qu'il y ail un autre siècle à venir, qui «^st celui que nous attendons. Sans cela, ou pourrail dire que les j;istes seraient des insensés, ettjue les impies seraient les vrais sages : pourquoi ? parce que les impies chercheraient les véritables el solides biens, en s'altachani à la vie présente, au lieu que les justes soutTriraieol beaucoup, et se consumeraient de travaux, dans l'allenie d'un bien imaginaire. Voyez-vous, chrétiens, comment ce savant évéque tirait des adversités des justes une raison invincible pour établir la W\ d'une vie et d'une béatitude éternelle? (Buuroalocb.) *

KâcESî^ITÉ UIÎ LA REl.IiilDS 255

( I ijun.^ KL • , uifiincp univfrselie du genre humain. VMiowi et toujours les hoiuuies ont <TU à l'ininiortalité lie l'Âine (1). Ils ont honoré les morts, ils ont prié pour les morts, (lest insulter à la croyance imiverselle que de tenir ce langage : U'iand on est mort, tout est mort. Otlc impiété ne peut ftre proférée que par ceux qui n'ont pas plus de cœur que de raison (2). Allez finnc dire à ce vieillard qui pleure son enfant que quand on est mort tout est mort, vous le condamnerez au déses[)oir; allez donc le dire à la jeune lille qui va déposer des fleurs sur la tombe de sa mère, vous ôterez à sa douleur toute consolation. C'est le propre de l'irréligion de tout enlever à l'homme.

741. 30 // y rt des savants qui n'ont point de religion. — Qu'est-ce

(1) Qa'OD étudie, poor s'en convaincre, les cérémonies funèbres, de tous les peuples. Chez les anciens Romains, par exemple, on croyait que l'âme s'échappait avec le dernier souHle de la bouche, et, avant de la fermer, on y mettait une pièce de monnaie, afin que le murt eût de quoi payer son voyage pour l'autre monde. Quand on avait brûlé le corps et aspergé les cendres, tous criaient ? c Puisses-tu être sauvé, adieu t adieu t »

(1) L'académicien Maxime Ducamp a écrit :

« A ceor pour qui la récompense n'est point de ce monde, nul sacrifice n'est onéreux. — Au delà de cette vie, iis aperçoivent un point éclatant vers lequel il marchent sans détourner la léte : plus l'action est pénible, plus le dévouement est absolu, et plus le point lumineux grandit. — Ce sont donc des criminels, ceux qui cherchent à éteindre cette lumière. — Nier l'existence de l'Ame et son immortalité, c'est chasser de l'homme le soufHe inspirateur, c'est le condamner à la bestialité. » —

« Une crt-ature ne périt que par une de ces quatre manières : 1« par la soustraction de la cause dont elle dépend et qui la produit, la lumière du soleil se retire quand le soleil disparaît; â<* par l'action violente d'une autre créature qui lui est contraire, c'est ainsi que l'eau s'évapore par le feu, que le feu s'éteint par l'eau, que la chaleur chasse le froid; S» par la destruction du sujet qui porte cet être, quand une muraille est démolie la blancheur qui la revêtait disparaît; 4<^ par la privation de ce qui l'alimente : le feu s'éteint si on n'y met du bois, la vie animale périt si la nourriture lui manque. Or, l'àme raisonnable ne peut périr d'aucune de ces manières. Elle n'a pour cause que Dieu, et Dieu ne relire pas ce qu'il donne à sescréatures. Si quelque créature péril cela ne vient jamais immédiatement de Dieu : elle périt par l'etTort et la violence d'une autre créature qui lui est contraire et opposée. Or, l'âme étant une substance spirituelle, elle est au delà des atteintes de tout agent corporel, s'il n'est renforcé d'une vertu divine, qui lui donne le pouvoir de la brûler sans la consumer.

Elle ne p<:ut aussi périr par la destruction de son sujet ou de son appui ; car on ne peut pas imaginer qu'elle ait un autre appui que le corps, et tant s'en faut que le corps soil son appui et qu'elle dépende et relève de lui, qu'au contraire, il ne subsiste que par elle; sans elle il n'a point de vie, de vigueur, de mouvement, ni de sentiment, comme cela se voit à la mort. Et Tertullien a dit, avec justesse : L'âme ne s'endort pas avec le corps; quand il est couché dans son lit, elle n'est pas abattue; mais c'est alors qu'elle a coutume de se mouvoir, de s'agiter, de se promener et de rôder partout. Comment serait-elle capable de mourir, vu qu'elle n'est pas même capable de l'ombre et image de la mort, qui est le sommeil?

Enfin, elle ne peut périr faute d'aliment, comme le corps; le corps ne se nourrit que de certaines choses. l'Ame se nourrit de tout, et, ce qui est admirable, elle se nourrit d'elle-même. Comment p^t manquer d'aliment celle à qui tout le monde sert de nourriture, et qui se nourrit d'elle-même?

« Elle se nourrit de choses incorruptibles, immatérielles et éternelles, ce qui est encore un puissant ar{r"m*»ni fj'ij montre son immortalité, l'nutnquodqiu ex iis niUritur ex q t > inférieures, ou égales

à soi; les créa piibles, et. s'en nour-

rissant, elles d. ■. ... ,- "■ -•■ r • ■'•e; la plante se nourrit

d'éléments et e: ne la vie; nourrit de plantes, et il leur donne la

vie scnsilive; I 1 nourrit d'à il iptir lonnr en lui la vie humaine;

l'âme se nourrit de chuMS incorrupi ; elle se nourrit,

se rend vigoureuse et se foriiiie de 1 1 f\ des sciences.

■ '<lll;et ces ChO-'-^ mijcih:» .m iiiiuJi. SUX ' " ~'X

ils; car, que le ' partie, c'est une véi

1 tout it^nius <Mi i t;n toute nation; I ânn i

iinmaiéiii'lle, m le , cl c'est avec vérité, main avec sujet de fra)fur

pmir ni>ii-(, nu' •;/f * qu6 'cs réprouvés cherclnTont la mort et ne

la I ' .115 irouser ; {juarcnt mortem, et non invenient; desiderabtmt mori,

(l r : ib eis. »

2r,(; C.ONFliRUSCKîî

que cela prouvo ? sinon <|iuî la scienre ne donne pas un hrevcl do sainlclt'-. I^es savants sans relijrion ressemblent A un astronome, qui regardait toujom-s les étoiles, (ie qui lui i-ause qu'en passant sur un pont d<in;fereux, il tomba dans un torrent et faillit y périr. Comme on disait A un paysan cpie la victime de ret ao.eidenl était un fiomme de }^ranil savoir : « (.c qu'il faut savoir avant l(»ut. quand on |>asse siu- un pont, répondit-il, c'est d'y marcher sjins se jeter à l'eau. >■> I..es savants sans religion ne savent pas traverser le pont de la vie, sans se jeter en enfer. Oommeles autres, ils seront jugés selon leurs (l'uvros et condamnés s'ils ont mal vécu. Toutefois, les vrais savants, en général, ont été et sont religieux, il serait facile de prouver par l'histoire que les plus grands génies ont aimé et pratiipié la religion.

74:2. In célèbre mathématicien du \i\>' siècle, le baron Cauchv, disait : « Je crois à la divinité de Jésus-tlhrist, avec tous les grands astronomes, tous les grands jdiysiciens, tous les grands géomètres des siècles jtassés. Je suis catholi(pie sincère, ciunme l'ont été et le sont encore un çrand nombre des hommes les plus distingués de notre époque, de ceux (pn ont fait le plus d'honneur à la science, à la pliilosophie, à la littérature, qui ont le plus illustré nos académies. « La science sérieuse, profonde, approche de Dieu, il nv a qu'ime science médiocre, doublée d'orgueil, qui enlle l'Iiomme et l'éloigné «lu Dieuipii résiste aux superbes. Ces prétendus savants (U'gueilleux sont du reste, le plus souvent, dans la plus hideuse ignorance des choses du salut. Les passions dont ils n'ont pas su triompher leur ont fait prendre en détlain la religion qui les condamnait. Demandez-leur combien d'années ils ont consacrées à l'étinle de la vérité, et de (luel maître ils ont suivi les cours? Toutes leurs études se bornent souvent à la lecture de «pielques mauvais livres. l'',t ils veident passer pour savants! ils ne le sont que dans l'impiété ! Kncore ne font-ils les braves ([ue quand ils se portent bien ; quand ils sentent venir la m»trt. ils ont onlinairemcnl le bon sens de revenir à la pratique religieuse qu'ils n'auraient jamais dil abandonner, pourvu qu'ils ne soient pas ciri'onvenus alors par de faux amis qui écartent le prêtre (1).

711L -i" La rt'fif/ioH t'sf honiip pour les fetnmex et pour les enfants, dit- OH encore. — Ou la religion est vraie ou non. Si elle n'est pas vraie, le mensonge n'est bon pour personne : et il faut l'abolir. .Si elle est vraie, la vérité est utile à tous, et elle convient admirablement à l'homme. Malheur à lui. s'il ne l'acceptait pas! Un jour elle le condamnerait. Je vais plus loin et je distpie l'homme doit toujours et en tout occuper le premier rang. Il est le chef de la famille : c'est lui qm doit marcher en tète de tous les siens ; c'est à lui »nie Dieu a donné la force du corps, la sûreté de l'intelligence; c'est lui qui défend la patrie ; c'est lui qui dicte des lois à la nation; c'est lui qui

(1) la) D'Alembert, qui avec Diderot avait écarté le prêtre de la couche oii Voltaire mourant se tordait de désespoir, demanda, avant de mourir, à voir le curé de Saint- Oermain. Un de ses amis sortit, soi-disant pour l'appeler; mais il n'en fil rien. D'Alembert insiste ; il sort de nouveau et rentre en disant que le prôtre était empêché, mais ne tarderait pas d'arriver. Le malade, elTrayé d'attendre toujours, fait porter un billet au curé par un de ses domestiques; mais quand le prêtre arriva, d'Alembert n'était plus qu'un cadavre. Malheur àceu.xqui, de leur vivant, s'entourent^d'amis impies!

(b) Un incrédule du xvui« siècle, Volney, se rendait du Havre à New-York par une belle journée, et il étonnait nos soldats par les impiétés qu'il débitait sur le pont du navire. Voici que les vents changent, la mer s'agite et un naufrage devient imminent. Que fait Volney? lise rend au fond du navire, tremblant, il prie un bon religieux qu'il rencontre là de lui prêter son chapelet, et se met à le réciter de tout son coeur. L'orage s'étanl dissipé, les soldats cherchent notre incrédule et se rient de sa peur et de son impiéié. « On n'est athée qu'au coin du feu, répond Volney: l'athéisme ne vaut rien quand la foudre gronde. »

(C) Le colonel Paqueron, directeur d'artillerie à la Rochelle, écrivait t c La science abstraite ne répond qu'à quelques-uns des besoins intellectuels de l'homme, la religioa répond à toutes ses aspiraiions. Le savant sans religion n'est qu'un animal perfectionné, espèce fort dangereuse; le chrétien, même ignorant, est un homme civilisé, agréable à Dieu, utile à ses frères et fort commode aux gouvernements. On vante beaucoup la foi du charbonnier, et elle a sa valeur; mais je ne dédaigne pas du tout la foi des gens d'esprit, l^e meilleur moyen de devenir {'avant, c'est de devenir pieux. C'est ce que ne comprennent point les savants du monde, et c'est pour eux que le Seigneur a dit ; « L« vérité est cachée aux superbes, mais elle est révélée aux petits, »

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monte â l'aulel ; c'est lui, par ronst''qiient. qui doit Atre le premier à praliqiior I;i ivILinii : »t. sil ne le fait point, c'est pur<-e ipiil ne comprend ni st)ii •. Kl vims. jeune homme, gardez-vous de croire que

pai i'itis enfant, vous commen<"ez à ne rien devoir à votre

W-v 1 t:iel.<;liacun de vosjours, en multipliant ses bienfaits, augmente

vol! avers lui. Ne dites lionc pas : « Il faut que jeunesse se passe. »>

Kllc pissera, en eiïet. et tl'autant plus vile que vous serez moins religieux. Mais «pie c'est grand dommage de profaner par l'indifférence et le vice les plus belles années de votre vie ! Prenez garde d'attirer par des égarements la colère de Dieu sur votre avenir : Adotesrenji jii,rta viam suam etiam cum settuerit non recedet ah éd. Ne vous promettez donc pas de faire mieux plus tard, atin de continuer à mal faire. Savez-vous si vous aurez le teiii ■ :* 11 meurt plus de jeimes gens que de vieillards. Du reste,

no 'frir ;\ Dieu que les restes d'une vie coupable? Donc, pen-

dant 'iix' II' MIS m avons le temps, faisons le bien. L'honneur de la jeunesse n'esl-il pas de craindre Dieu, comme le dit saint .\mbroise?

TH. '>" On peut être honnête sans religion. — Veut-on dire qu'on peut sf passer de tuer et de voler sans religion ? Si c'est cela qu'on entend par lii>nri>'it>(é, on pourra peul-r-tre l'avoir sans religion. Je dis peut-être, car je i-p.is ipie vous V regarderiez deux fois, avant de confier votre bourse à qui n'a aii.:im sentiment religieux. Olez la religion et la crainte de Dieu, il ne reste plus que la peur des gendarmes; et si on peut «lire : Pas vu, pas pris, votre argent et votre vie ne sont guère en sûreté. Un homme d'esprit a tlit : « Après Dieu, je ne crains rien tant que celui qui ne craint pas Dieu. -> l'n jour que d'.Membert et Condorcet dînaient chez Voltaire, ils voulurent parler impiété. Mais Voltaire les arrêta tout court : « .\ttendez, leur dit-il, que j'aie fait retirer mes domestiques ; car je neveux pas être égorgé cette nuit. « Mais t 'est être honnête à bon marché que de se contenter d'éviter le vol et l'assassinai. L'ivrogne, qui boit les larmes de sa femme et de ses enfants, avec la liqueur qui épuise sa raison, est honnête à ce conjpte. Le voluptueux, qui ravit à la jeune [»ersonnc son honneur, à l'enfant l'innocence, à la iemmc mariée la fidélité cpi'clle doit à son époux, est aussi un honnête homme. I*as diffii-ilo roloi i]ui se contente d'une telle honnêteté, qui ferait honte à li! i'! .Mais pour être honnête sur toute la ligne, devant

Di. utiles, la reUgion est nécessaire. Kt celui qui cesse de

l.i ■• à l'égard de Dieu, dont il méconnaît les

dr < droits de Dieu ne sont pas plus sacrés

quf <tii\ <jii<- IIS niiioim ^ ^MiiMiM avoir sur leur bien et sur leur vie même (!) 1

(1^ Je sais que le monde se vante d'un fantôme d'honneur et de probité indépendant

de In i-.ii.'i,,n li .-nul nitnn ii^mi ^ir,. li.i.M.» ,iiix hommes, sans être fidèle à Dieu; être tn: -, sans avoir celles qu'exige l'Evangile;

en i-n.

>). , . .1. n, ne pas lui disputer une gloire

'ia>-i .11- t l'il renonce aux venus des saints,

l'ji |H"'r 11 .i-r par son endroit sen-'' ' 'ît;

^ '1 :•[•;,;.■• bien qui lui reste, i'

snlo lie li |j. Jer d'un honneur el il , îé

qu'il croit n'apparieiur qu'à lui seul, «l qu'il dispute laéme souvent aux Jusie^.

Ne le lroiit)l(>rn «tonc (la* dan* «ne poM*»«ion <»i puisible et en même lempi» si injuste.

"•il '^ >>urel de orobilé qu'il fait tant valoir;

'! ' 'u-^ lt;^Jlul^ .i><;i. une ciiicce d'insuîte el d'oslention aux véritables

' lieux dont le monde se fait tant d'honneur, n'ont au fond souvent

pour eu\ que re>reur publique. Ain^ lidôles, je le veux, mais c'est le i^oilt, la vantlé ou l'intérêt qui les lie; el dans leurs anus, ils n'aiment qu'eux-aiênics: bons citoyens, il est vrai ; mats la gloire el les honneurs qui nous reviennent en servant la paln« sont l'u*

258 cONi'KUKNniifî

Tin. 0" J'iii ma religion dans mon cœur. — «i csl la rcssoiirco de ceux qui sonloiit iiu'il est lionloiix <le dp point avoir de religion. Mire irréligieux, c'est une fli'lrissure, un o|jproi)re. <;c ne l'ut jamais, pas m»Mnft parmi les sauvaifcs, im litre de gloire d'être imiiie. Ce.ix donc «jui se voient accusés il'irréligion, se rlélendenl en disant qu'ils ont leur religion dans leur c(pur. Kile est ià-l»as si profonde que personne ne la voit, pas même Dieu. Klle est en effet imperceptible, cette religion ; et si ceux qui s en vantent étaient sincères, ils reconnaîtraient qu'elle leur lait ahscdiiment délaut. II est dans la nature de l'honnue de manifester au dehfu-s ses sentiments, à moins (pi'il ne soit hypocrite raffiné ; et quand on ne laisse rien voir en fait de religion, c'est ime rireuve (pi'on n'en a pas. (ieux oui honorent Dieu dans le cu'iir ne sont pa.-, es derniers à l'honorer en public ; ils sentent (pie Dieu est maître de notre corps, comme de notre Ame, et (pie tout en nous doit lui rendre hommage. En effet, si nous avons un front, c'est pour le coiu'ber ;si n(jus avons des genoux, c'est pour les fléchir devant lui ; si nous avons une bouche, c'est pour le bénir, l/honime est fait pour vivre non point seul, mais en société ; il lioit aux autres l'exemple de la religion ; il a besoin de s'exciter au bien par l'exemple des autres : et s'il ne s'unit pasi\ eux pour adorer son Créateur, ce (juî lui reste de religion s'effacera bien vite(l).

7" Si je mi' montrai X relif/ieii.r, je perdrais mon emploi. — Kst-ce siîr ? N'y en a-t-il point qui exercent le même emploi et qui savent rester chrétiens :* Généralement plus on est religieux, plus on est estimé. Mais s'il était vrai que vous dussiez perdre certains intérêts en prati(iuant la religion, que sont ces intérêts comparés A ceux du salut éternel ? L'emploi (jue vous avez esl-il le seul du reste qui puisse vous procurer le nécessaire 1 Prenez-en un autre s'il le faut ; mais ne vivez pas, sous prétexte d'y trouver un avantage, d'une

nique lien et le seul devoir qui les attache ; amateurs (Je la vérité, je l'avoue ; mais ce n'est pas elle qu'ils cheicheni, c'est le crf^dil el la c mliance qu'elle leur uc(juiei-t parmi les hommes : ol)servaicurs de leur parole ; c'est un orgueil qui trouverait de la lâcheté et (te l'inconsiance à se dédiie.

M^n's quand la probité du m<>nde ne serait presque pas toujours fausse, il faudrait convenir du moins qu'elle n'est jamais sûre. Le juste peut tomber? Mais la vraie vertu seule peut le défendre, ou le relever de ses chutes; elle seule marche sûrement, parce que les principes sur lesquels elle s'appuie sont toujours les mêmes : les occasions ne l'autorisent pas contre le devoir, parce que les occasions ne changent jamais rien aux règles ; la lumière et les regards publics, sont pour elle comme la solitude et les ténèbres; en un mot elle ne compte les hommes pour rien, parce que Dieu seul qui la voit doit être son juge.

Trouvez, si vous le pouvez, la même sûreté dans les vertus humaines. Nées le plus souvent dans l'nrgueil et dans i'amour de la gloire, elles y trouvent un moment après leur tombeau : furmécs par les regards publics, elles vont s'éteindre le lendemain, comme ces feux passagers, dans le secret et dans les ténèbres : appuyées sur les circonstanci-s, sur les occasions, sur les jugemenis des hommes, el/es tombent sans cesse avec ces appuis fragiles; les tristes fruits de l'amour propre, elles sont souvent sous l'inconstance de son empire: enfin le faible ouvrage de l'homme, elles ne sont, comme lui, à

l'épreuve de rien Soyez bienfaisanis, justes, généreux, sincères: vous pouvez être

utiles au public; mais .«ans la grâce de Dieu vous devenez inutiles à vous mêmes vous faites des œuvres louables aux yeux des hommes; mais en ferez-vous jamais une vertu digne de mériter le ciel? (D'après Massillom.)

(<) (a) Brucker. écrivain et romancier de ce siècle, après quelques écarts redevint sérieusemenl chrétien . Une grande dame le vint visiter et lui fil des objections contre la doctrine caiholique; il n'eut pas de peine là-dessus à la convaincre, c Mais, ajoutât-elle, les cérémonies, le culte extérieur de l'Eglise, comme c'est mesquin l Avouez qu'il serait bien mieux de s'en passer, » Bruclier, qui jusque-là avait été de la plus exquise courtoisie, se l«ve. prend la dame par la taille et lui dit : « Oli ! que lu as d'esprit. » La dame, inditrnée, recule en disant : « Pour qui me prenez-vous? Vous ignorez donc les premiers éléments de la politesse? — Madame, répondit lîruclier. pardonnez-moi de n'avoir pas compris que vous exigiez pour vous le culte extérieur, auquel vous attachiez tout à l'heure si peu d'importance. Le culte extérieur n'est autre chose que les formes de la politesse que l'homme di>it à Dieu. »

(b) L'homme «omposé de deux substances, doit à Dieu l'hommage entier de son être ; ou, pour parler le langage profondément philosophique du catéchisme, il doit connattre Dieu, l'aimer et le servir; le connattre par sa pensée, le servir par ses sens. La nécessité d'un cult« extérieur dérive donc de la nature de l'homme, être intelligent et phi*

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manière ruinousc <|ui peut vous comliiire à une perle éternelle. Tous donc servons ce Dieu à qui nous devons tout. Rien n'est plus nécessaire ni plus salutaire pour nous, pour nos familles, pour la société dont nous sommes membres. Kl alin de forlitier ce sentiment relij;ieux qui nous amène au pied des autels, allons exactement entendre la parole de Dieu.

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