X LA PRÉDICATION
traiter dans les missions. Il sert peu d'étudier si l'on oublie, et si l'on ne sait plus rf trouver les pensées et les exemples qu'on a découverts avec effort. Un rt''|>filiiire par orure dos lettres de 1 alphabet conserve tout, et il n'est besoin 1)110 de l'ouvrir pour retrouver toutes les richesses que l'on â possédées, int'iM'^ iti.rAs les avoir perdues do vue.
i" ii\ (pli n'ont qu'une science mo(liocre avec le zèle des Ames ne se
;Kiint. <i 11 arrive souvent que les plus grands et les plus fameux III' '•ont pas roux qui produisent le plus de fruits, tandis que d'auiii'ins de talonls naturels, mais (>lus do zèle et de meilleures inpKpiliiisent bien davantairo, dit le P. Saint-Jure ; les arbres les t.ls que les sapins et les chênes, ne sont pas ceux qui portent les ils. Leur élévation les fait voir de pins loin et les expose à être uts, tandis que les pommiers, les figuiers sont bien plus utiles. >>
■■ . .. ,.. . ■.ii-aleur doit être instruit. mais ne crovez pas qu'il lui faille absolument une science éminenle, écrivait saint François de Sales. Nous avons vu de notre temps, le cardinal Uorromée. qui n'avait (pi'une science médiocre, il n'en fais.iil |»as moins dos merveilles. J'en pourrais citer cent autres exemples... En prèrhaut, un apprend à prêcher. J'ajoute iju'on ne manque jamais de science, «juand on ne veut |)as en montrer plus qu on en a. Ne sommes-nous pas en état il'oxpliqiior V/n principio de saint Jean, laissons-le. 11 est bien d'autres sujets plus utiles. .\ chacun sa partie.» C'est une pusillanimité fatale que celle de quelques prêtres qui n'osent pas monter en chaire, parce qu'ils ne sont pas orateurs.
(Ju ils lisent du moins im catéchisme, et l'expliquent comme le leur permet saint Charles Borromée. Ce qu'ils diront sera bien re^u. Ne reçoit-on pas une monnaie njal enjpreinte. dès qu'elle a le poids et la valeur voulus?
49. (1 Les soruujns doivent traiter de choses nécessaires, utiles et non curieuses et rochorchces, continue le P. Sainl-Jure. Pour opérer des fruits, il faut se servir d'une doctrine sure, morale et facile, laissant les subtilités obsoures. les choses douteuses aux disputes de l'école, (et évitant avec soin les questions [miiliijuos) (1). 11 faut prêcher une doctrine qui soit à la portée do tous, de liniiiies vérités fortes et puissantes, capables d'inspirer l'horreur du vice, lamour do la vertu, la crainte do l'enfer, le désir du ciel et un sincère amour de Dieu et do Notro-Soignour, puisque c'est la tin de toute la loi. ».
La lettre circulaire de la Sacrée (iongrégatinn dit : « Il appert clairement que le svmbole et le décalogue, les commandements de l'Uglise et les Sacre- ,iif>r>i< I'- v'i|.(j,s q[ les vices . les devoirs propres des diverses classes do per- S"i us dernières de l'homme et autres vérités éternelles semblables,
i\" '-r la matière orilinaire <lo la [u-édieution sacrée. Mais ces très
gi sont aujourd'hui indignement négligés par beau»;oup de prédi-
eai. /inrrfutes (juir sua sauf , uoin/uœ Jesii C/trijf/i et sachant bien
que ce I - ces matières «pii sont les plus aptes à leur conquérir rotte
faveur ■ -lité «piils ambitionnent, les laissent entièrement décote,
|M iiii ii'il- ii]' ii! lans les tàiBêmes et dans d'autres occasions solennelles ; et • Il iiii iiif iiiii|is, le nom changeant la chose, ils substituent aux anciens scruKiusun genre njal comjwis de conférences, tendant à séduire l'esprit et
I iiiiiLMuation et non pas à agir sm- la volonté et A réformer les mœurs. Ils ne l'il ' pas que les prédications morales sont utiles à tous ; les conféi< 1 I ordinaire jtoiir un petit nombre, et ce petit nombre même, s'ils cil.»-! u' ctc I objet do puis do soins au point de vue «les mu'urs, c'ost-»\-diro si un 1rs eût mieux aidés à être plus chastes, plus humbles, plus fd»éissants à
II ' rKglise. ils auraient ou, par cela seul, l'esprit débarra-^-
III s contre la foi. et fdus disposé A recevoir la lumière et la \' imr M 1 ' ' muI chez les [topulali liques, ' issions du co-iir plu
les tVniUi^ wr I r>|>i H , mimii n- ijin tsi i. ili Itf rorilf eWIflint CO'jlim K>t(r;3
dr i iii<M> !\ J ftti» I •' raient K »°tbslenir do
tmilw itliinjthi'miii'. (, esl poiir((iioi. sur ffUo |iîmiir cm |p^.llllll^^M■, în.i u
insipieusinronleguo: non est /t.-iis. saint Auf:iislin fait cotlojiisfp roiiinrqne ; /// ron/c suo, non in menti' sua.
« (."esl cncoro un ^ciinl alnis do l'ôhMiucnro sacroo »|uo de Iraitor les sujets ri'liKioux iuiii|iif>iiifMil d;iiis riiilt'n^l do collo vip el do no pas parler de la vie liiliiro ; doninnorer les avantajfos apporlos à la soeit'-lé par la reli},'ii»n ohrélionne et do dissiinnior les devoirs ipi'elle impose ; do ilépeindre le divin H»'denipleiir ronin)o loiil charilo. ol no jtas [larlor de la jiisiice : de là le peu do IVuils de ces |)rédieutions d'où un lionuno sort persuadé <pip, sans avoir à rhan^'or ses niuMirs, il n'a (|uà dire : (( Je crois en Josus-dhrisl » pour J^fre un hon clirétien. »
.*>(). I.e sujet élant rlioisi, ronforuiéinent k ees sages el sidennels enseigneuienls. il faut (•liereliêr les nialériaiix ; « (l'est une grande erreur, dit sain! Liguori,(pie relie île ipielquos-iuis »pii, avant d'avoir trouvé les nialériaux, s'api)liipienl à délerminor les points et à ooniposcr le seruion. Il faut avant tout préparer les textes de l'IvriliuT, les argiunents. les siuiililudes, etc., qui doivent servira prouver la proposition que l'un a en vue. ».
"il. On trouve les matériaux soi! dans la théologie, soil dans les auteurs S|»iri(uels. soit dans eorlains livres écrits à celte fin el où tous les sujets sont classés par ordre alplial>éli(pie. ou enfin dans le répertoire qu'on a eu soin de l'aire scii-méme. « On noio. pélo-mèle, poursuit saint Ligiicîri. les sentences, les arguments, les simililu<lrs et les exemples qu'on parvient à découvrir. Knsiiile. en relisant le tout, on examine les points auxquels on ftout réduire le sermon. .Après cola, sur une rciiille, on ujanpie séparément chaque p()int désigné par un titre particulier sous loipiel, encore |ièlo-méle, on inscrit les matériaux (pii ap|)ai'tionnent à ce point, en donnanl à chacun un numéro dislincl. Lorsiprnn se voit en possession île maléi-iaux siiClisanls pour chaque point, on s'a|t|)lique à mettre toul en ordre, les aulorilés, les arguments, les miu-alités, etc.; chaque chose en son lieu. Cela fait, on commence à rédiger le sermon. »
52. (l'est là assm-ément la meilloiuT niiinière do composer. Saint François de Sales veut au.ssi que le prédicateur se l'orme un [»lan ; selon lui. l'intéi-éi el l'agrément on dépendent, (le plan doit être simple, clair et facile à saisii-. O Bietdieui-eux, écrit Mgr (latmis, « me recommandait souvent de bien préciser dans mon esprit, à chaque prédfcalion, la lin spéciales laquelle je voulais tendre. Vous ne .sauriez croire, disait-il, comhion cet avis est important et ciunhien de sermons, hien étudiés et bien travaillés, sont inutiles faute d'avoir un but parliculier (connue la destruction de quelipie vice ou la pratique de quelque vertu). (Juand on n a qu'un but el que joutes les raisons el ttius les mouvements frappent là, l'impression est plus pui.ssanle ; elle est jie nature à jiéuéli-er les co-urs les plus durs. «
^\\\. On garnit son plan sans |)erdre de vue le buta atteindre; on prend iIhTIs ri'lcrilure, dans les l'oros, dans la théologie, les preuves, les raisons, les comparaisons qui [)euvenl ronilio saisissante la vérité que l'on veut démontrer. « Pour ce qui logarde les cilalions des saints Pères, dit encore saint François de .Sales, elles doivent être courtes, frappanlos, énergiques ; triqt longues elles l'ont moins d'impression el rel'roidissenl l'audiloire. Les comparaisons ont une vertu romarquiible, soil pour éclairer l'espiil soit pour toucher les cd'urs. délies qui se tirent des choses ordinaires et familières, pourvu qu'elles .soient bien justes, sont les meilleures de loules. Les exemples ont une force
merveilleuse, surtout ceux des saints ; ils donnent de l'intérêt aux
disconrs. »
Pour obéir à ce conseil do saint François de Sales, nous avons recherché dans de nombreux volumes les faits historiques les plus frappants, et nous les avons entroniélés aux inslrudions du tome suivant. On trouvera d'autres faits non moins ca{iables d'intéresser dans les autres ouvrages que nous avons écrits ; nos lecteurs pourront y recourir utilement (1). Mais qu'on ne l'oublie pas, les traits bien choisis sont un des moyens les plus efficaces d'in-
(I) Surtout s celui quia pour lilre, Paroles et traits historiques K-s plus remarquables. Un beau v>Jume, pri» i fr.
A LA PHÉDia-\TION 27
tôrpsser, de toucher cl même d'instruire nos auditeurs qui sont souvent inr;ipiiltlos de suivre un raisonnement, et plus encore de le retenir (Voir le
54. m. « DANS LA PRÉDICATION, II- FAIT PI.ITÔT VISER .\ REMl'KR LK COEl'R Ql'.X
ÉCLAIRER l'esprit ; non pas sans doute (iii'll faille néglifjer l'iiislruclion, mais )p [H .'iJii'aleur doit plutôt rendre ses auditeurs bons que savants. » (Saint, Kranroi.s de Sales.) C'est ce qui est vrai surtout pour le missionnaire. Lui surtout <loit remuer les cirui-s, les ébranler et les déterminer à renoncer à de coupables babiludes pour s'attacher à Mioii. Les conclusions de chaque point et la péroraison doivent être |iarticuliérement vives, animées, pressantes. Ouelle diiïérence entre un discours et un autre! Il y a moyen de parler pour ne rien dire; mais il est |)lus facile encore «le parler pour ne vien faire fct pourtant posui vris ut frucfum afferutis. Il y a des sermons qui liLssent ou qui f ndorment ; d'autres qui laissent froids ou (|ui ne f(»nt qu'amuser. Une iiiissininpii en est lissue fait quelque bien ; mais (piel bien comparé à celui qii Mpcrcrait celle où tous les sermons intéresseraient, porteraient dans les cspiils la lumière, dans les cu'urs la contrition, et ébranleraient les plus endurcis! l'n prêtre qui a du zèle doit donc le mettre d'abord à composer ses instructions. « Je suis convaincu, di.sail le I*. de Havi«,'nan que le travail fait tout pour la chaire. Ah ! c'est la |)aresse, cette maudite paresse qui énerve tout, fail tout le mal. » Mais que, dans toute la suite de ses discours le prédicateur ne penle pas de vue les simples.
'jri. Son style, tout en étant correct et pur, sera clair, limpide ; qu'il s'interilise les longues phrases ; que, comme saint Liguori le conseille, il n'emploie que des termes usuels, évitant ceux qui sont étrangers au langage des gens peu instruits (1). « Si le plus pauvre peuple ne me comprend pas, disait ce saint Docteur, à quoi bon l'appeler à I église.... Je pourrai avoir à rendre rom|)te de toute autre chose ; mais non de mes sermons. J'ai toujours prêché de manière à me faire comprendre de la bonne femme la plus ignorante. » « En chaque sermon que vous composez, dit le I'. le Jeune, regardez toujours ipjel protit en pourra tirer un artisan, une servante, etc., mais surtout faites en sorte qu'il n'y ait personne (|ui n'en pui.ssc retirer «pielque profit, parce que telle personne s'y peut rencontrer, qui n'a assisté et n'assistera flans toute I année à aucun autre sermon <|u'au vôtre, et (|ui s'y convertira si vous lui parlez. C'est une grande erreur île vouloir contenter par des discoui-s relevés, trente ou quarante personnes iloctes, et laisser à jeun un grand peuple qui Vous l'coiile. (iroyez assurément que les grands et les doctes sont ravis den- Itiili-.' un prédicateur «jui instruit et louiho le menu peuple. »
^' • Ms encore les enseignements qui émanent <lu Saint Siège :
lit, par leur forme, un grand nombre de« serm<uis ilau-
I ■ ■ iilement sont loin île cette rlarlé et de celte simplicité évaii-
w'ili.jiics qui tievraient les caractériser, mais ils se perdent dans un amas dOliMiirilé et dans des matières abstru.ses, supérieures à la capacité commune du peuple, et ils amènent sur les lèvres cette lumenlalion : Parvuli /Mifieriiitf jKinrin. ff non i-riil )fui ffdmii'rcl fis.
li..Iilll.iltr. 111)11- <•! 1 11 Ull'- 'l"llll«l( 'l VI r>il"l''
< '<nvrrti!>aen(. oolir b<>iku UnfrutJT n« fait qu «muMT tan» pniduirf «urun (niit. "
<« Mais qu'imporle les fruits niix nrédicateurs dont nous parlons ? Ce n'est pas \k ce (]u'ils rhcrchenl prin<ipuleincnt : ils chen-hcnt A plaire aux auditeurs, prurientes uuribus, p( pourvu (Qu'ils voient les églises jdeines, ils ne s'inquiètent pas que des Ames s en retournent vides. Pour cela, ils ne parlent jamais du péché, jamais des lins dernières, jamais des autres vérités les plus graves, qui poiu'raient sauver en imiuiélant ; ils ont seulement rerôa p/arenfia ; à cet elTet, ils usent dune éloquence qui est plus de la tribune
3ue de la chaire, qui est plus profane que sacrée, et qui leur attire es battements de mains et des applaudissements déjà condamnés par saint Jérôme quand il écrivait : Docentes in eccfesia te, non clamor impuli, sed gemitiis suscifetur, atuUtorum lacnjmœ laudes tuœ sinf. (Ad Nepot.) D'où il résulte ,que toute leur prédication apparaît enveloppée, tant dans l'église qu'au dehors, d'une certaine atmosphère théâtrale, qui lui enlève tout caractère sacré et toute ellicacilé sin-hmiiaine. U'où il résulte encore dans le peuple, et, disons-le. dans une partie aussi du clergé, la dépravation du goût de la parole divine, le scandale de tous les gens de bien et peu ou point de profit pour les égarés ou les mécréants, les<piel8, bien que parfois ils courent en foule pour enienilre ces rerba placentia, surtout s'ils sont attirés par les mots sonores de progrès, de patrie, de science moderne, après avoir vigoureusement applaudi l'orateiu' qui connaît la bonne manière de prêcher, sortent de l'église tels qu'ils y étaient entrés : Mii'abantur, sed non convertebiintur.
« Celte Sacrée Congrégation voulant, en accomplissant les ordres de Sa Sainteté, porter remède à tant et de si détestables abus, s'adresse à tous les Kévérendissimes Kvèipies et Supérieurs généraux des Ordres religieux et pieux Instituts ecclésiastiques, afin qu'ils s'élèvent contre ces abus, avec une apostolique fermeté et qu'ils en poursuivent l'extirpation <le tous leurs elTorts. Si les Ordinaires, après avoir accepté un prédicateur, sur les bonnes re<:omman<lations qu'il a présentées, le voyaient ensuite, dans l'exercice de son ministère, dévier des règles et des enseignements donnés «tans cette I..eltre, que par une réprimande ofiportune, ils le rappellent promptemcnt au devoir; si cela ne suflisait jias, qu'ils lui retirent la mission confiée et qu'ils usent inème des peines canoniques, si la nature du cas le demande.
« Au reste, comme celte Sacrée Congrégation sait qu'elle peut sûrement comptersurla diligence et le zèle des Révérendissimes Ordinaires et des chefs d'(Jrdres religieux, elle a confiance (pie principalement par leur action, on verra promplement réformée celte façon moderne d'annoncer ou plutôt d'altérer la parole divine et que, la prédication sacrée étant débarras.sée des séductions mondaines, elle retrouvera sa gravité et sa majesté Jiatives et avec elles son ellicacité surhumaine pour la gloire de Dieu, le salut des Ames el l'avantage universel de l'Kglise et du Monde. »
50. C'est en écrivant beaucoup et correctement, et en apprenant ce que l'on a écrit, qu'on prend l'habitude de parler facilement et avec suite. Un jeune prédicateur devra donc écrire et apprendre par cœur tout d'abord ses instru<tions, avant «le se mettre en campagne; autrement il deviendra verbeux, «lifTiis, d'une longueur insiqqtortable; et, par man«pie de précision, il ne laissera aucime idée nette dans l'esprit des auditeurs. Il fera bien, avant de mettre la dernière main à ses discoure, de les faire lire à un ancien expérimenté dans la prédication (I).
.^7. (Jiiand même les instructions ont élé écrites et même apprises, il ne faut pas se dispenser d'une préparation immédiate avant de les donner. «< Quand on doit nrècher, dit saint François de Sales, j'approuve qu'on s'y
Prépare dès la veille au soir et qu'on médite le matin, pour soi-même, ce que on doit dire aux autres. Faite devant le Saint Sacrement, cette préparation est d'une grande vertu, «lit Grenade, et je suis de son avis. »
(i) Saint .Vufrustin avait déjà fondé un ordre relig^ieux. écrit des livres admimbles. quand Vnlére, son Evpqiir. lui nrrinnna rie pr^rhiT. Ix saint s'en cxciis.i. dis.int qu'il no se croyait point capable d exercer un t. ., Valére une 1 'i il dit qu il est facile en effet de
rcnii lil. mai» il ex - les péril» auxquels on s'expose
en I' . . '' f*ut avoir, • , . - qu il faut y apporter pour le taire
digDciuuU , ù coujui'c Juuc 1 Lvci^ue de t'en exemptci , ou iv. lui accvrder ad moins quelques mois pour s'y préparer.
A LA PKÉDICATtoK ^^
<. f.Miv .r.n prèclioronl s'y prépareront avec tout le Sdin possible. » (lest la re. lion de saint Léonard à ses missionnaires. « Qu'ils ne s'aven-
liii' .. , i parler d'abondance, mais que toutes leurs paroles soient miirement pest-cs ; (pi'ils se disposent surtout par la prière, enlremèlant leur élude de soupii*s enflammés, d'actes fervents, pour obtenir de Dieu que toutes les Ames soient touchées et se convertissent [»arfailement. Avant de monter sur l'estrade, qu'ils se prosternent la face contre terre, en confessant leur insuilisance, puisque la conversion des ùmes est l'œuvre de la toute-puissance de Dieu, et qu ils se relèvent ensuite avec une véritable confiance dans le secours d"en haut, déposant toutes leurs paroles dans le Cœur sacré de Jésus, afin qu'arrosées de son sang précieux, elles servent (l'instrument à l'Esprit-Saint pour briser les cœurs même les plus endurcis et les plus obstinés. » « Avant de prêcher, je salue les Anges gardiens de tous les auditeurs, disait saint François de Sales, et je prie chacun des Anges de préparer à mes paroles le cd-ur de celui d»uit il a la garde. J'ai reçu de très grandes faveurs par cette pratique. » Saint Dominique jamais ne parlait en public, sans s'être mis au- [laravant A genoux devant une image rie Marie.
5M. Le missionnaire est en chaire, il a préparé son discours, il a prié ; saint Krançiiis de Sales lui lionnc ce conseil . « Dites merveilles, mais dites mal, vous ne ferez rien qui vaille ; dites peu de choses, mais dites bien, vous aurez beaui-iiup l'ait. » Il importe donc qu'il n'y ait rien, ni dans la prononciation, ni dans les termes employés, ni dans les gestes, ni dans le ton, qui puisse ch(Mpior l'auditoire. Ne soyons ni monotones, ni langoureux, ni criards, ni d'une élégance affectée. Pour se corriger des défauts qui se glissent si facilentenl dans l'action et le débit, il faut prier quelques confrères intelligents de nous les signaler, et s'exercer, s'il est possible, devant eux.
« L'action, dit saint François de Sales, doit être aisée et non pas contrainte et étudiée, noble et non pas triviale et vulgaire, comme en quelques-uns qui ne cessent de battre la chaire de leurs mams ou de leurs pieds, et qui à tout propos poussent des cris elTrayants ; assurée et non pas craintive comme en plusieurs autres, si timides qu'ils semblent jiarler à leurs supérieurs plutiH qu'A leurs disciples et A leurs enfants. » 11 faut cependant respecter son auditoire. « En entrant en chaire, consiilérez que vous allez prêcher A plusieurs personnes (pii ont plus d'esprit, de science, de piété et de vertu que vous. Traitez-les donc avec grand respect intérieur et humilité extérieure. » Ainsi parle le V. le Jeune.
« L'action, continue saint François de Sales, doit être naturelle, sans artifice ni affectation ; mAle et énergique, et non pas efféminée, molle et sans vigueur; pieuse, par conséquent sans mondanité, sans flatterie... n'en déplaise à ceux (jui font A leur auditoire tant de saluts et de |ielits gestes. » Pour ne pas sortir du naturel, il est bien de chercher A garder le ton que l'on avait pris en donnant, avant le sermon, quelques avis pratiques, ou de se figurer •pie l'on n'a A parler qu'A une seule personne, .\insion évitera la déclamation, le ton chantant et leurs effets soporifiques. « Vous avez besoin constamment d'un ton fort, serré, vif, soutenu, dit hridaine aux missionnaires, tiounnent h's peuples siirtiront-ils de leiu* fatale léthargie, si nous sommes nous-mêmes faibles, languissants, semblables A'des morts ? »
yj. Hien [(ourlant qui sente la colère. « J'aime que la prédication respire la charité plus nue l'indignation, dit le bon saint François de Sales. Par la grâce de Dieu, tlepuisqueje suis berger, je n'ai jamais dit parole de colère A mes brebis... >» Quand on tonne contre les crimes, il faut (pie le pécheur sente (pi'on l'aime et (pi'on ne hait rpie ses égarements. Donc rien de dédaigneux, ni de dur pour sa personne; mais au contraire la tendresse et la com|>assion. « Appeler le feu du ciel, c'est facile; il ne s'agit pas de tout tuer, mais de tout convertir, dit le P. Valuy. Jacipies et Jean finirent par changer de méthode. »
n Vous ne croiriez |»a8, dit le P. le Jeune, comme la moindre passion iiu'im
trédicaleur témoigne, scandalise le peuple et empèehe le fruit de la panile île )ieu. Quand il y aura ipiehpie porte ou feu»''tre. un enfant ou »pielque chose, (pd fera du bruit, ou vous incomiiiodeni en (piebpie façon cjue < ■ gardez-vous bien de vous mettre en colère, mais priez doucomenl (pi on y im . iordre. Ne reprenez pas, pendant «lue vous prêchez, celui qu ivjenl lard ou ^\ni
30 I K.NSKILS KI.1..\I11> A l.A l'UKI'lCAIlO.N
sorlavHiit Ih lin : ne vous pliii;,;ii07. jainnis on c.liairo du pclil nombre ilo vos au<iit(>iu-K : m \o raisnnl. vous «'-les cause (juo ceux <|ui n'y [»ensaienl pas, romnienrenJ A y l'aire n''lle\ion. Si vous criez contre les présents, ijs ne sont pas coupahies; si, contre les absents, ils ne vous enten<lent pas. »> Kl s'ils vous enten<Uiient. en viendraient-ils mieux i\ l'KpIise f <• On n'attire pas les colombes, dit François de Sales, en leur jetant des pierres, mais du ^.'rain. » C'est surtout au commencement <les l'etraites. des missions et de l'exercice du ministère pastoral ipi'il faut éviter ces sorties. En atta<piant trop tôt alors certains abus, <ui i)eul ruiner d'avance tout le bien «pTon voulait faire.
f (jue le missionnaire ait pour maxime de ne jamais faire d'allusions personnelles en prêchant, » écrit saint Léonard. Kt il faut surtout observer cette recommandation A réf,'ard des ma^'islrats, des personnages dont l'inlhuMice. si on les a aifjris. peut tout compromettre. « Avez grande joie lorstpi'en moïklant en chaire, vous apercevrez |)eu de gens et (pie votre auditoire vous jtaraitra clair semé, dit saint François de Sales, (l'est une expérience de trente ansqui me fait jiarler : j'ai toujours recueilli |)lus de fruits des prédications (p»<>j ai faites en de petites assend)lées qu'en de grandes. »
(Kl. Saint Liguori avertit cpie, pour obtenir du peuple »me attention continuelle, il im[)<u'fe beaucoup de parler souvent par interrogation. L'fU'ateur rloit s'interroger et se répondre à lui-même, il doit supposer que ses auditeui-s lui soumettent leurs doutes, leurs diflicultés, leurs excuses, leurs (^as de conscrence et résoudre toutes leurs cpiestions avec clarté, force et bienveillance. La prosopopée peut être d'un grand secours |)our réveiller l'auditoire. On peut s'adresser tour i\ tour à Dieu, à Jésus-tibrist, à la Vierge, à l'.Ange gardien, aux .saints. i\ l'Kglise. au démon, au confesseur, à la conscience, à la raison, à ses auditeurs, aux justes, aux pécheurs, aux fervents, au monde et aux mondains, aux impies, aux vivants, aux morts, aux élus, aux damnés. Le P. Duplessis, au wni"* siècle, en prêchant sur le jugement de Dieu, citait tour k tour au tribunal du juste juge, chaque classe rie ses auditeurs. Qui êtes- vous, leur demandait-il ? Je suis marchand, père de famille, etc.. et il exposait les péchés (juc chacun avait pu commettre et portait ensuite la sentence. .\ la fin; il se demandait a lui-même: Qui es-tu? Il répondait : .le suis missionnaire, et reconnaissait SOS infidélités ; |)uis tombant à genoux, il priait son auditoire de demander pardon poiw lui. On conçoit sans peine que celte mise en scène peut produire de fortes impressions. « Un moyen de toucher le peuple et de concilier son attention, ajoute saint Ligiiori, c'est de varier le débit, tantôt en élevant la voix et tantôt en l'abaissant, mais sans excès et sans changement tro|) subit ; tantôt en faisant une exclamation plus longue, tantôt en faisant une pause, et puis en renrenanl avec un sou|)ir, etc., (letle variété dans le ton il la manière île ihre tient l'auditoire toujom-s attentif. »
(il. F.nfin lors même tpie, jiar la douceur, le charme, la variété de votre j)arole, vous réussiriez à intéresser, à instruire et toucher, sachez cependant desccnilre de chaire à temps. « (Iroyez-moi, disait saint François de Sales, c'est par expérience et longue expérience rpie je dis ceci, plus vous direz et moins on retiendra ; moins vous direz, plus on profilera : (tn éteint les lampes rpiand on y met trop d'huile. Les médiocres prédicateurs sont recevables, pourvu qu'ils soient courts, et les excellents sont A charge, quand ils sont intp longs. Il n'y a pas dans un prédicateur de qualité plus odieuse que la longueur. •> (l'est surtout au commencement d'une mission qu'il laut être court, sous peine de faire fuir les auditeurs qui ensuite ne revieudroirt plus. — Qu'on évite délaisser allumer des cierges à la fin des instructions, afin de ne pas distraire les fidèles.
(j2. (' Il est bon de vous appliquer, incontinent après la prédication, à vous humilier devant Dieu des fautes <jue vous y avez commises, et à lire quelques livres, ou à quelque autre bon emploi, pour éviter la joie qui peut remplir votre esprit, (piand vous vous imaginez d avoir bien fait, ou la tristesse déréglée, quand vous pensez avoir mal réu.ssi. » C'est le conseil du P. le Jeune. Il est meilleur encore de prier Dieu avec instance de faire germer dans les Ames la semence du salut qu'on y a jetée.
in:(it.t:s v suivre-: au saiSt TRinilNAf,
CUAPITHK III
RÈGLES A SUIVRE AU SAINT TRIBUNAL, SURTOUT DASS LES MISSIONS ET LES REFAITES
Aktici.e I. — />^ /// confession */es ail 11/ f es.
C).i. Kombre de« eonfefseiir». — II imporlo i\no los missionnairos. ol los (•(inli'ssciirs ijuils aiijdimlrnnl ;i loiirs travaux, soioiil en nonihro siil'lisant, juMir «MiIcMnIro tous onix qui siiivoiit la inissioii. sans (pTil soit hesnin de rorourir aux |nvtros delà loi^alilé. L(\s inalados no seront pas privés non plus du bienfait de faire leur l'onfession à l'ini des missionnaires. On lixera done un jour jKturles visiter tous, ainsi que les inliruies. (."e jour pourrait être celui de la romniunit)n générale desfenmies, ou eneoreeeliii delaelôture.
Ecniiliinssiu" ce sujet saint Lijçuori : « Mgr Kaleoia, évétpie de Castellainare, disait, après avoir passé i[uarante années dans les missions, (pi'en certains endroits, quand il v a jteu de missionnaires, la mission sert plutôt à faire |»erdre bien desàmes qu'.\ les sauver. Il ne parlait pas ainsi sans raison. (Juant à moi, lorsque je n'ai pu avoir un nombre de missionnaires pnqiortionné à relui des fidèles de l'endnùt, j'ai trouvé mieux de ne pas v envover la mission, et de l'envoyer dans un autre lieu, pour leipiel les confesseurs devaient suffire; car s'il est nécessaire d'appeler les prêtres résidents à confesser, lessacnlèges (|ui existent, resteront en totalité ou en grande pai-lie.
<■ t»n ne peut dire que les pénitents, ayant la connnodilé de se confesser ;\ des étrangers, laisseront (•o\i\ de l'endroit ; car en voyartl leur confesseur ordinaire au confessionnal, ils am-ont trop de répugnance A laisser voir cpiils s'adressent à un étranger, et continueront ainsi à commettre des sacrilèges. Qu'au moins le missi(»nnaire prie les confesseurs de l'endntit, d'avoir la bonté d'accorder h leurs pénitents, pemlant ce temps, la liberté de se confesser aux missionnaires, et même de le leur imposer en vertu de l'obéissance. Parce «pi'il n'est pas rare «pie les personnes auxquelles on pense le moins soient précisément celles (pii en auront le plus grand besoin. » (Tome \V|. p. 2t)S.) Si les confesseurs manquaient, il serait bonde prolonger la mi.ssion de manière ii ce ipie les missionnaires pussent entendre toutes les confessions, (l'est le eon.seil <le .saint IJguori. Saint Lér)riai"d de Porl-Maurice ne voulait |)as (pie les missions durassent moins de quinze jours. .Mgr Dfuinet, archevêque île Hordeaux, v(milait (pielles durassent un mois.
tu. AH^idiiiié Hii cou IVfiMioii liai. — Les confesseurs doivent t\ l'édilicalirin ibi clergé et îles lidèlcs. de ne jamais se faire attendre des pénitents. S'ils ne se rendent pas au saint tribunal î\ certaines heures, qu'ils aient soin d'expliquer l'elle absence, |iar des raisons prises dans d'autres fondions de leur minisière. Kncore faut-il savoir faire quelques exceptions, sons peine de laisser dans la disgrAce de Mieu des pénileiils. qui ne peuvent venir qu'en dehors des heures régulières des confessions.
Huaml même il n'y aurait |»lus de pénitents. » il faut faire en sorte qu'il y ait lonjuiirs des confesseurs à l'église (du moins aux heures lixées pour les • unle.ssions), dit le P. .Macli. (Jiie de fois celte facilité de se confes.ser a donné lieu à de grandes conversions! » Saint Liguori ne voulait pas qu'un mi.ssionnaire quittât l'église sans la jtermission exi)resse <lu sujiérieiir. (Tome \VI,
<iri. (1 Soyez en sûrs, disait saint Léonard aux conlessenrs employés dans les missions, vous acquerrez |tliis de mérites, dans une nialinée passée au confessionnal, pour soidager de pauvres âmes. <nrei>-ime année entière, dans d'autres u'iivres quelque bonnes •'! saintes ipi'elles soient. Je vais jdus loin et je dis que, pour entendre une confession, il vayl mieux queliiuefois interrompre In iNéditalion. la lecture, l'oflice divin et loule autre foiiilion également sainte. (Jiti<i.gernni/nm snnrtum (ireijnriuin, nitllum f/nifius l)eo surrifiriitm uffi-rtur ifuum i/isa <'unrersio /lefcatoruni . J'ose avancer que nous ilevrions accepter avec joie de nous voir retarder la vision même de Dieu, pour consoler lc|
3;i nàdLBs A suivtie
pauvres péclipiirs. » (Confér. finpin versus). — Jo no savais pas la route la plus courte pour aller en paradis, disait un jour le B. J.-U. Hossi ; mais maintenant je la connais : c'est d'y comliiire les autres par la confession.
O ministère, toutefois, a de grands périls et pour s'en garantir, il faut savoir le remplir avec esprit de loi et en union avec Notre-Seipneiir. Le Bienheureux Perbovre écrivait à un jeune pri^tre : « Pendant l(tut le temps que vous restez au confessionnal, ne perdez pas de vue Jésus-dlirist <iont vous tenez la |»lace ; demandez-vous souvent : Si J.-C. était là, comment se comporterait-il 1 Que dirait-il? Klevez souvent votre cœur vers lui pour lui tleman- «ler les grAces qui sont nécessaires dans ces circonstances, tjuand vous êtes obligé d'entendre des choses «pii ont rapport h la belle vertu, dites-lui : i< Jésus, qui avez tant aimé la chasteté, avez pitié de nous, » Jesu amafor rastifads, miserere nobis. (Juand vous êtes tenté d'im|)atience. dites-lui : « Jésus, doux et humble de co'ur. avez pitié de nous. >» Jesu mifis et humilis corde, miserere nobis. Si vous êtes embarrassé pour donner une décision, implorez ses lumières en lui disant : « Jésus, ange <lu grand conseil, ayez pitié de nous. Jesu, mof/ni consiliianf/ele. miserere nobis.. » (."est une praiif^ue très utile tpuind on est au saint tribunal, d'avoir dans ses mains un criicihx et d'y porter souvent ses regards, alin d"y piiiser la charité, la patience et le zèle dont on a besoin. Je vous conseille de vous en servir. Mais gardezvous, surtout au confessionnal, d'écouter avec indifférence le récit des outrages qui ont été faits à notre divin Maître. Un dos plus grands malheui-s qui puisse arriver A un prêtre, c'est d'écouter froidement les péchés qu'on lui déclare. Comment oserons-nous prétendre que nous aimons Notre-Seigneur,si nous ne pouvons plus dire avec le Prophète : Les opprobres de ceux qui vous outragent sont retombés sur moi ; Opprobria e.rprobranfium tibi ceciderunt super me. n
Ouehjue important que soit le ministère de la confession, qu'on n'oublie pas néanmoins, (piil faut laisser le confessionnal poin* la chaire, à cause du bien plus étendu que font les sermons. Saint IJguori conseillait même de ne pas entendre les confessions pendant les instructions. Toutefois, il y a, semble-t-il, des exce[)tions t\ cette règle donnée parle saint.
(>(). Point «raoeeptioii de peraonnen ^ sinon pour leM hommes et les pauvres. — Les hommes doivent toujours passer avant les femmes. Dès qu'on les aperçoit dans l'église, il faut tout (putter pour aller à eux. Kn chaire, on a soin de les inviter à choisir de préférence le grand matin et, le soir, la tombée de la nuit, tout en les avertissant <pie toute la journée on est prêt à les accueillir. 0"'ind les jours sont longs, on peut avec fruit éviter de les confesser la nuit ius(|iie vers la fin de la mission. (>'esl le moyen d'en amener un certain nomnre à faire leur confession le jour. Toutefois dans la plupart des paroisses, les missions n'atteindraient pas certains hommes, si on refusait de les entendre (du moins les deux ou trois derniers jours), après le sermon du soir, il faut donc en prendre son parti.
Les pauvres, les pécheurs les plus rebutants, les esjjrits grossiers ont été de tous temps l'objet des préférences des saints; et c'est en les accueillant avec bonté et douceur que les saints ontconfjuis l'estime de tous. Saint Liguori disait: <t Plus une }\me est enfoncée dan.s le vice et engagée dans les liens du péché, > plus il faut tâcher, à force de bonté, de l'arracher des bras du démon, pour la jeter dans les bras de Dieu. 11 n'est pas ilifhcile de dire à quelqu'im : Vous êtes damné, je ne jtuis vous absoudre ; mais si (jn considère «pie cette Ame est le prix du sang de Jésus-Christ, on aura luu-reur de cette conduite. » Il serait bien suspect le zèle du mi.ssionnaire, qui n'aurait d'enqtressement que pour la confession des femmes, jeunes surtout, et qui négligerait la confession des hommes, des pauvres, des inlirmes. Ce n'est jamais sans une bénédiction spéciale de Dieu, et sans des consolations particulières, fjii'on agit contrairement aux tendances de la nature. Pourquoi juger des hommes d'après l'habit ou la condition ? Un colosse perd-il quelque chose de sa taille pour être dans un puits i Et un nain en est-il plus grand [«jur être sur une montagne.
(il. Fortifier au salut tribunal ce qui a été dit en chaire. — Combien il importe que tous les confesseurs, loin d'infirmer ce qui a été (iit en chaire, le forlilienl au saint tribunal, et que suivant tous les mêmes
principes <liuis rndininislralinn du sarromeni <Io Pi-nilonco, ils forment par là. solon io liuisiago de saint Léonard de Port-Mniirice. une sainte ligue contre le inal. (Test (tourquoi nous rappelons ici luicvenicnl les règles de conduite à suivre dans les cas les plus pratiques.
(>8. Favoriser le» coiifVi*HionH générales. — « Le plus grand fruil que nous avons à remporter de nos missions, écrivait saint Léonard, le prin(i|)al et le pius important de t»)us. c'est de l>ien <lél)rouiller les consciences, et de briser tous les filets dans lesipuds le démon les lient enlacées. L'unique moyen pour cela, c'est une confession générale ou extraordinaire, (l'est donc sur ce pnint que les mi.ssionnaires doivent concentrer leurs elVorls, s'ils veident procurer l>eaueou|> de gloire à Dieu. Kn conséquence, ils lAcheronl de faire l'aire un(- confession générale à fous i-ph.i' qui n'en ont jamais fait ; et ils trouveront presque toujours qu'il y a nécessité de la faire pour une raison ou pour ime autre. » C'est ce qu'on renianpic surtout chez les jeunes gens des deux sexes.
Onantn ceux qui en ont déjà fait, ajoute-t-il, on leur fera faire une confession e.rlruonlinaire. en remontant jusqu'à la dernière confession générale. Le missionnaire (pli mampie en cela, mampiedans le jioint le plus essentiel de son ministère et surcharge ses compagnons. >> (Léonard, Ma.rimes pour les missions, n» L%). Saint Ignace exhorte tous ceux qui veulent se convertir parfaitciiicut à Dieu, à commencer par faire une ctmfessiiui générale <le tous leurs |téchés. << Saint Vincent de Paul ayant entendu ime confession générale, prit de là le motif de faii-e ses premières missions, et de fon<ler ensuite sa «iofv.'i .■;.'. iiiciii. dans laquelle on lait profession expresse d'entendre les confessifi ics des pei-sonnes les (ilus ignorantes et dont la conscience est le
plii^ illée. » (Id.. Instrurlions.)
69. Fuisfjue les confessions générales .sont le principal fruit des missions, « est-il étonnant, demande, notre saint, que le démon fasse tant d'elTorts poin* en détourner? .Vux confes.seurs, s'ils sont novices ou s'ils manquent de zèle et ri expérience, il représente la confession générale comme une peine inutile (1). >»
L'ardent apôtre de l'Italie s'indigne contre ces confesseurs « qui. voyant A leurs [lieds un pauvre j»énitent résolu de faire une confession générale, s'emprcssciit de lui tlenianiler si la honte lui a fait cacher tpielque péché au confesseur, et, dans le cas où il répou<l négativemenl. le renvoient aussitôt, comme si le défaut de sincérité était la seule rai.son qui rendit cette sorte de confession iii.l" ' '. Oux-là font pis encore qui ne veulent pas entendre parler de
cdi nérale. qui lahlàmentet en détournent, i) ministres de Dieu, ne
V(i is quel tort immense vous pouvez faire à ces pauvres Ames que
v.M /.* Cornhien ne trouve-l-on pas «le pénitents, auxipiels un confes-
sci il. ou très imprutlent, avait dit que la confession générale n'était
pji- c. tandis (pi'elle leur était, à plusieui*s titres, d'une indispensable
ni ,^.lint Léonard. Ibiii.j
Tu II ne faut donc passe contenter de cette question, (pi'on doit faire au couMuiîi' ' oi.iii de chaque confession : Avez-vous oublié «pielque faute, ou Hve/-vii; rioute rjiie vous n'ayez pas assez expliqué dans les confes-
sion» Il Ml faut de plus ajouter : (Jiiand vous vous êtes confessé
|ii' rit. vous n'aviez pas assez de regret «le vos faides, vous n'étiez
|.;i- ilu de changer de vie, n'est-ce pas? Combien de temps resliez-
vi.iis ^.lus retomber après vos confessions? Vous ne faisiez pas d'etforts pour jMMsivcror ? *,.
« Quant à ceux qui, ayant vécu dans quelque mauvaise habilufle, ont continué de se confesser de tennis A autre avec |ieu ou point d'aujcndement, suivant le conseil de saint Charles Horromée. vous ne devez pas seulement les nccijoillir avec charité, mais encore les exhortera reparer, par une confrv lalc, toutes leurs confessions, comme n étant qn' 's
du u de sacrilège. •• .\insi parle saint Léoninl ; sain c
mciu" Il iigage. Toutefois, il importe <pu^ le pénitent se decnu- i i.hm muo
h /nftru-ti'.n iur la eonfettlon gén^ia'.f. On nf lâurat •»«*« recommander tux pntr» d«
cet i.jnmulf et le Dirtctoire qui le lu.t.
'A\ HKOLli.S A sriMlK
roiirossion firnt'Tiilc sans ri'puf;nanco. S'il la laisail à rontro-cu'tir, il ris<|iici'ait (lo n'rlro pas siiiirro ; il est «loue bon <lo lui ni faire sentir l(\s avantajfos et la laeilité. soil en chaire, snil en [tarliculiei-. (;'es( poui-inioi l'insli-iiclion ijne nous (Innnernns plus loin sur ce sujet, nous semble une des plus importantes du eoinmencemenl <les missions cl «les retraites. (Voir n" 'ii'A et 1071.)
1{. «1 II ne faut point rcrcvoir la confession de quiconque n'a pas as.sisté nu moins à tr»»is sernjons, dit le P. .Mach. Il n'est guère [tossible d'ordinaire «pi'on fasse une bonne confession sans avoir entendu la parole «le Dieu. On sera presque inllexible sur ce point; carie fruit «le la mission et le salut d'un ffrand nondjre d'Ames en "d«''pen«lent. Aussi les confessions ne doivent-elles ef)mmencer, pour les adultes «lu moins, «pie «juelques jours après l'ouverture «le la mission. » (Macli. Trésor tfu prèfre.)
72. .Mais n',v a-t-il pas lieu de craintire de faire naître des scrupules en exhortant ainsi i\ la confession générale et en la fjiisant faire prestpic à tous? Saint Lécuiard prévient cet inconvénient en «lonnnnt la rt'ffle suivante : « On se fera, dit-il. une l'i'gle invariable «le ne jamais permettre de confession générale A ceux qui. après en avoir «léj.'l l'ait, se sont cfti-rigés, ont eu la conscience satisfaite et n'ont aucune raison particulière de douter «le la vali- «lilé de leur ciinfessifin. Une chose excellente cependant, serait d'exhorter ces pénitents à faire une revue depuis leur dernière confession générale. »
73. On dira encore : Où trouver le temjis «le faire ces revues et ces confessions générales ? C'est une«liflicullé. il est vrai ; mais moins grande «jii'on ne se l'imagine, siu'tout si on suit la méthode tracée par saint Léonard. A l'aide (le celle méthode, on peut faire une confession générale presque aussi vile <|u'une confession de <pielques mois, surtout si on interroge soi-même le |»énilenl ; «-ar s'il fait lui-uu''me sa confession, il donnera beaucoup de délails inutiles et omettra «les points importants.
7-i. Il faut donc que le «-onfesscur prenne de bon cœur le parti «le tout demander au pénitent, sans le renvtîver pour s'examiner. Si le pénitent tenait à diie d'abord ce «|u'il a préparé lui-même, on le laisserait faire, sauf à compléter sa confession par quebpies questions.
75. Toutefois, i-eniari|U(uis : 1» que les personnes ignorantes sont tenues à moins «pie les autres; c leurs confessions iieuvenl s'expédier beaucoup plus vite, «lit saint Léonard. .Nous ne sommes obligées de les interroger «pi'en proportion «le leur capacité et pour suppléera l'examen qu'elles devraient faire. » 20 11 n'est pas nécessaire «le dire les péchés véniels, ni 'A" de faire l'hisloire «lu jjéclié ; on en avertit les lidèles en chaire et au besoin au «'onfessionna], mais avec grande bonté. 4" Il n'est point nécessaire non jdus-ilc l'aire d'abord la c«tnfession courante ; elle sera comprise dans la confession de toute la vie. on en avertit le pénitent tout «l'abord.
5" On invile eu commun les pénitents î"! réciter le Confiteor avant «le se
f>résenler, et i\ ne pas le dire au confessionnal. On abrège la formide dabsoulion «juand on a une raison sulVisante. G" On ne s'arrête jtas à «les <-ho.ses inutib's, ni même j\ des conseils de perfection, «ju'on renvoie à un temps où l'on sera libre. Saint Liguori se plaint des prêtres qui perdent avec une dévote MH temps précieux, «pii sutlirait à réconcilier avec Dieu plusieurs Ames pécheresses. Et saint Krani.ois Kégis, dans l'espace d'un mois, avait entendu plus de «Icux mille confessions presque toutes générales.
7(J. « Je n'approuve pas, «lit saint Léonard, la méthode des confesseurs qui, pour bien faire la confession générale, veulent que les pénitents s'examinent Béparément sur les péchés de l'enfance, de la jeunesse, etc. Il est vrai «ju'il faut passer en revue tous les Ages; mais comme il y a certains péchés «pie l'on a commis Atout Age, on devrait, en suivant celle méthode, dire plusieurs fois le même péché, et cela sans nécessité. D'autres font pis encore : ils assignent difTércnls joui"s pour faire la confession générale, un pour confes.ser les péchés commis avant le mariage, un autre pour confesser les péchés commis après. Ou bien si un pécheur a commis vingt péchés de la même espèce, il les lui font expliquer un à un avec toutes les circonslances. C'est ainsi que le mancpie d'habileté du confesseur rend dui- et pénible le joug de Jésus-Clu-ist. » (Id., ibid.) Il n'est besoin, en réalité, que de parcourir une seule foia et dans le même
Al SAINT TUIIU NAl,
moiiicn! .... .. ,-. ^iv. u,, los cnmniHntloiUPnls de Dieu, linleiTogeant sur
chacun fies pcclifs pravcs (|u"onl couluinc de commettre les gens de sa condition, (ihez les simples, remtU'tiue saint Léonard, ces (lueslions se réduisent à un petit nondire.
77. il faut convenir toutefois que'Ies confessions de mission prennent du t(>mps. Si donc un grand nombre ile pénitents attendent, on doit, cpiand on prévoit (pi'ils ne poinront pas l'aire leur conlessinn avant la fin de la séance, les .nni.'édier en leur donnant ;\ cliacmi un numéro d'ordre et en leur promi'ltaut de les entendre les premiers à la séance suivante. (leci ne s'applKpie guère qu'aux femmes ; car il est bien important de ne pas renvoyer les hommes. Ne renvoyons pas non plus à plus tard la pénitente qui se présente <lis|>(isé(» A faire sa confession générale ou pour qui une confession générale est nc'fssaire. Kaisons-la lui faire aussitôt, c'est le moyen de lui ùter la tentation de ne point revenir et de gagner du temps.
7S. Il imp<»rte de se tracer à s(ji-méme d'avance, ensuivant les commandenii 1 ' ■' "de d'interrogations à faire, et cela non seulement pour les
I..I lies, mais même poiu" les ordinaires. (!elle que nous allons
intlii|Mt I kiiiiM ii.iusun grand nombre de cas; mais tout prêtre doit, dès tpi'il est appelé à entendre les confessi<His, avoir à s»»n usage un examen complet de tous les |»éi-liés graves. Voyez le norkil de ce livre et surtout l'examen qui se trouve au n" IU4 de notre Abrêr/é île t/iéofof/ie. Dans ce dernier ouvrage, nous avims traité A fond du sacrement de Pénitence.
7î». Première» Interrogation» A faire. — !« Vous aimeriez à revenir un peu sur vos çonl'cssinns passées, nest-ce pas? Si vous aviez oublié ou mal expliqué certaines choses, mettez-vous à l'aise avec moi. Plus vous me direz (le péchés, et plus je m'.intéresserai à votre âme. On ne manque jamais de poser cette question, même en dehors tles missions, c L'n serviteur de Dieu écrit .saint LéonanI, me disait que. par cette seule question, il avait cragnr plus d'Ames à Dieu qu'il n'avait de cheveux à la tète. ■> Surtout «pi'on se g;irdc de demander si l'on a rien caché ; on répondrait invariablement non. Il faut souvent une foule de détours bienveillants et habiles pour amener un pénil*»nt h dire qu il a déguisé ses fautes. Si le pénitent est décidé à faire nii II générale, on l'exhorte A la confiance, mais on ne l'interroge sur
If 'ju'à la fin (le ta confession, i\ moins qu'on n'ait pas le temps de
lui lau'- laire une confession générale entière.
80. Si on est très pressé, en effet, et «pie la confession générale ne soit pas n-' •l'on constate par les tpieslions ci-dessus |)osées adroitement
it 'Ulé), on se contente de laisser dire au pénitent «lui veut
[dus ; on ne cherche pas à compléter sa par cette question . Vous vous accusez bien, n'est-ce pas, de
rt .0 qui l'inquiète le
tuii- .. - |.- >.. - le pensées, de désirs, <le paroles, de reganls et d'actions? Il faut, disons-nous, à moins (pie le pénitent ne soil scruj)uleux, lui laisser dire ce qui l'inquièic, bien que cotte accusation nouvelle ne soit pas nécessaire. -Autrement, scion la remarque de saint IJguori (Tome XVI, p. 31)0), le pénitent, n'éi.iiii 1. 1- satisfait, irait trouver un autre confesseur; de h\, une perte de fr si l'on a reconnu que la confession générale est nécessaire, on
li. ■ pénitent h la faire entière, quel que soit le concours autour du
ronlessionoal.
Si |»e« i^crnpulenx. — Quant aux scrupuleux, qu'on ne leur ferme |i I • la bouche, tpi'on les laisse un peu dire leurs peines, afin qu'ils ne
n is <pie la décision qu'»)n leur donnera soit précipitée ou dictée par
I iiii|> iiKu. c. Knsuite on leur fait entendre qu'on les a bien compris, «pi on litsiii' les délivfpr i\c lours inquiétudes, et <pr»m leur donnera i\ cette lin le riiii.il'' !•■ (■ lous, c'est-A-dire l'obéissance ; ipion se charge de
lni;< I, iiv I la condition (pi'ils n'y reviendront [dus; qu'on les
.Iin|'. ii-«c (le Cl'. lie rc (iiii los in ■n'c^. .\[)rès cola, ou tient ferme
j>nm N.iincre leur opiniAtreté. avec une grande douceur. On
fi" i\. ra. A la fin du tome !•■', im rc^jinnoiit qu'on donnera avec protil aux ' I -pulcux (V. n"Ho9.).
^2. Premier commandement. — Doutes contre fa foi; réjatioit des vérités He foi; à quel d'je ont-il» commencé et cette f Combien de foii par semaine, par an f
30 UÙ3LES A f?HVRtï
«3. — IVoinbre de» pt'Olii's. — « On lAelio, <lil sain! Lôonanl, dfl découvrir lo noruhre prulial)!*'. ou loiil au moins la durôc cl la l'nMim'ncp «los cluites. J'ajoute ujôuip, \umr voire i-onsolation, <|iio dans une ronrossion générale, «-elte distinclion niiniéricpic dcg péchés n exi},'e pas nn aussi grand détail <le la part <lii pénitent que dans une conrossion lu-diuairc ; car l'ien souvent elle est inoralenienl impossible, et la bonté de Dieu ne nous astreint pas à des dillieidlés (pii sont au-dessus de nos l'orres. Aussi, ipiand un [lauvre pénitent est endjarrassé, il n'est pas prudent de lui faire violence pom* (-ela. ivOrsipj'on ne peut obtenir ni le nond)re certain, ni le nond)re probable, ni même la rréipienee, je dis «pie c'est assez de connaître la mauvaise habitude et de savoir cond)ien d'années file a duré, poiu'vii (|ue la l'réipicnce [dus ou moins grande dcsn-hules n'ait pas de conséquences; car. s'il s'agissait de vols, il faudrait ap|)t)rter plus d'exactitude. Mais dans les aidrescas, supposé l'embarras ou l'ignorance ilu [lénitent, il sullit «pie le confesseur connaisse le nombre le moins mal possible. Je dis i)lus, s'il |»révoil qu'en l'iiderrogeanl davantage sur le nombre il augmentera son endtarras, il peut passer outre, conjecturant en lui-même un nondtre approximatif sans tenir jibis longtemps ce malheureux à la torture, allondu que, connue l'a dit saiid Thfunas. i/i con/'esiione non ej'if/itur uù komine jj/us t/iium passif . (Léonard, Con/'êr.)
Si. (Juand le pénitent n'accuse j»as des péchés iidérieurs contre une vertu, on peut ordinairement se flispenser d'interroger sur les paroles cl les actions; cependant cette règle a de nombrcu.ses exceptions avec certaines consciences qui ne voient de nud (pi'à ce qui est extérieur.
Sr>. JNLoyeuH rte t'HOiliter les aveux. — l'n mot d'encouragement va bien après charpie accusation, et sert merveilleusement i\ ouvrir les l'Onsciences. Si le pénitent entre dans des détails inutiles^ il ne faut pas en parai- Ire fatigué, mais lui dire avec ilouceur <pi'il n'est pas nécessaire de prendre tant de iteine pour expliquer, qu'il sullit de dire le péché tout net. Hien qui puisse montrer létoimemeid ou la peine qu'on éprouve à la suite de certains aveux. Jamais de reproches dans le cours de la confession. iNe [tressons pas trop le pénitent, ce serait lui fermer la bouche et lui faire tout oublier. Qu'on évite de poser les interrogations de numière à amener une négation. Au lieu de ilire ; N'avez-vous pas eu de mauvaises pensées? Vous n'auriez pas lu de mauvais livres? disons : Vous avez eu de mauvaises [tensées, etc.? — > Très souvent, n'est-ce pas? — Pas très souvent, répond le pénitent, —r Est-ce trente fois par jour? — Pas aussi souvent.
Une question (pii semble supposer le pénitent plus coupable, l'enhardit. Il accuse volontiers dix péchés par jour, si le confesseur send)le croire fpi'il en a commis vingt. Kn répondant dix, il pense s'excuser. — Vous êtes retombé aujourd'hui? — Non, Ider seulement. — 11 y a trente ans ([ue vous ne vous êtes pas confessé ? — Oh non! il n'y en a tjue vingt. On évitera avec soin de regarder les pénitents, soit en dehors du saint tribunal, soit au saint tribunal, et aussi de paraiire les connaître. Moins on cherche à remarquer les lidèles auxquels on donne la nussion, j)lus ils sont à l'aise pour l'accusation des péchés. C'est ce qid doit commander une grande réserve avec les chantres, les chanteuses, les employés de l'église, etc. ^Hqualiter ignora. Les personnes (pion a rencontrées dans une preuuère mission, sont souvent bienlièresde ne pasètrc connues dans une seconde. Il importe de leur laisser ignorer qu'on les reconnaît. Pour cette même raison et aussi pour éviter tout péril avec les femmes, mufuus aspectus fuyiatur ; qiiid enim prosunt crûtes ferreœ, si per oculorum januani intromittutur hostis ([uem illœ arcere dehereat? Evitons aussi avec un pénitent de parler d'un autre pénitent, et même de nous faire passer pour curieux, en nous faisant raconter ce qui se l'ail ou se dit dans le pays.
SG. Si le pénitent s'accuse d'avoir consenti à des pensées contre la foi, on l'interrot/e sur les paroles dites ou entendues et sur les lectures ; et on lui fait promettre de détruire ces livres avant l'absolulion, ou du moins avant Ja communion, de ne plus recevoir de mauvais journaux, et d'éviter les compagnies où il aurait l'occasion de tenir de tels discours.
87. Désespoir. Arec-vous désespéré de votre salut et cherché par suite à l'ous/'aire du mal f Aves-vous murmuré dans vos peines avec unsentiment
AU SAINT TKinUNAL
,.'...".. . •■c-rous offpnsé Dieu pluslihrement, dann la pensi-> < ferait misèrironlf ? l'otm êtes-rous c.r/tosë auj" ocraiions fff
/!'■ :it.:nt sur le seroura île hieu ? Superstitions, lesquelles f Pas
1"'- y sur la piionv (in lo l'ail au Iroisiriiie coininandpiiicnt . si
If I ltii)ult'iii|is sans aller à la iiiosso ; s'il v va assez n''j{uliére-
nient, il nCst pas •msi' avoir vinli- ^^raM-nienl le préroplo île la prière.
ss. Deuxième coniniaiideiiieiit. — Blasphème. A quel dge a rrimmenvë l'habitude ? Combien de fois par jour ? Serments faïuc, injustes. Vœu.r non arromplis ({).
8î). Troitiiètno ooiuniandcuient. — Messe manquée. Travaujc du dimaiti lie. faits on ( inniniiiKlf^.
ÎXJ. Quatrième ooniiiiaiidenieiit. — Haines, insultes, désobéissante, rnaiirais traitements à l'i-ifanl des parents. Aujc parents, s'ils ont maltraité leurs enfants, s'ils les ont laissé aller ainsi que leurs domestiquas avec de mauvaises com/iar/nies. au,r danses, auj.- mauvaises fréquentât iuns. Au.r épouj- : mauvais traitements entre eujc. l/aine entre frères et s'enrs. insultes, cou/is.
1>{. Cinquième et liiiitiènie coBunandemeiitM.— Haine contre le prochain, souhaiter du mal f/rave. se réjouir des malheurs f/raves d'autrui. dire du mal f/rave qui ait pu nuire t/ rarement : vrai, combien de fois ? faiur. combien de fois ? A-t-on fait perdre ptar là au prochain un emploi ? On indique les niovens <le réparer ee «loniniage, en disant du bien de lui. en restituant s'il y a lieu. — Ave:-vous insulté (/rarement quelqu'tinf L'arfc-vous frappé ç/ravement ? Duel.
< 1"- haines din'enl-eiles toujours ? Il faut pardonner, rendre service, parler, au m'iiis si nu a eonunencé à insulter ou i\ l'aire du «lal, être disposé ù a"i('|ili'r lis <\ 'i^es qu'on nous ferait (i). Si on rencontrait des esprits divisés j>ar «lis ipii'siidiis ilinlérél, ou «les époux séfiarés. il serait bon de les amener devant .M. le curé et. devant les missionnaires. d'enten<lre les raisons des deux partis et d'essayer par \h de les réconcilier à l'amiable.
t>2. IlMliitiides inanvnleief*. — A mesure que le pénitent l'ait connaître des lialtiliidfs j^ravcs qu il a peine à rompre, on lui fait |tren<lre la résolution d'y renoncer. S'il conteste, il faut bien se garder de le blesser, mais au contraire avoir l'air de le supjioser meilleur qu'il n'est, lui dire qu'assurément à l'avenir il ne veut pas aimer le mal. qu'A la mort il serait effrayé d'avoir toujours vécii ainsi, qu'on priera pour lui, tpi'il [u-iera lui-même. Et on conclut : .Nous y renoncerons donc, n'est-ce pas i
\y.i. Sixième et neuvième eommaiidenientsi. — Le confesseur <Ii>i( reiloiiter un double écueil flans les inleri-ogalions à faire sur ces deux - 'uiimandements, t^hi'il crai;;ne j»ar-dessus tout rlappreniireau (ténilent le mal qu il iiinore. et d'autre part qu'il évite de laisser des doutes dans les Ames, (iondiien en effet qui, soit par fausse bonté, soit faute de savoir exjirimer ee qui les inquiète, caclient, sinon des fautes graves, du moins des détails qui
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leur parnissenl nécessaires à cxplifpier! 11 faut donc venir à leur secours et les avertir à temps quand on voit que l'explication est suffisante, afin de les rassurer et de les détourner de donner d'inutiles «létails; mais, en poussant les (piestions selon les besoins d'une Ame. qu'on ne se serve jamais que de termes parfaitement convenables. On rencontre en elTel des pénitents qui demandent à être interrogés, et dont le but est de se faire un jeu dans certaines compagnies, des questions faites par le confesseur. 11 est urgent d'expédier les interrogations sur cette matière, pour ne pas laisser le temps au pénitent de s'v complaire, ou de mal juger le confesseur. On pourra aussi les interrompre de Ittin en loin, pour rappeler au pénitent la présence de Dieu et lui dire d'invoquer Marie.
9i. Vous avez eu des »?««/»>«, des r/^«ir5, vis-à-vis de toutes sortesde personnes, n'est-ce pas ? ,\|»rès le mariage comme avant? Il faut faire distinguer les péchés de désirs et d'actions eommis avant le mariage de ceux (pii ont été commis après. Ueyards (on avertit qu'il n'est pas nécessaire de dire ce qu'on a vu). Lectures de mauvais livres ou journaux : on fait promettre de brûler les livres avant l'absolution, ou du moins avant la communion et de n& plus recevoir ces journaux. Paroles arec mauvaises pensées; en présence d'enfants ou (le jeunes r/ens. — fJ/iansons. Danses. — Théâtres. — Actions seul, cum sensufionihus jiessiwis. après et avant le mariage ? Quanam wtate eœperiri has roluptates tniilas inc.episti ? Cette (pieslion est très importante, car, peccafum soUtarium ( onsummatum multa duhia posf se in anima relinquit , «pue t(d/unfur per taies inferrof/ationcs. Il est bon d'avertir le pénitent (pi'il n'est pas nécessaire d'accuser les moyens emplovés ad hanc voluptatem so/ifarie capiendam. .\vez-vous eu des familiarités coupables avec d'autres et quels autres ? Quelles ont été ces familliarités ? Klait-ce avec des personnes de même sexe, de différent sexe, mariées ou libres, parentes ou non? Les complices habitent-ils dans la même maison? An tactu tantum aut alio modo, et cum voluptate mala in utroque complice? An concept io secuta sit , an proies edurafa fuerit.
îC). KeHtitiittoii pro adulterio. — Si certumsit quod proies sit ex adulferio nata, tenetur ufen/ue adulfer et adultéra ad restitutionem. Si res duhia est. e.r o/iinione probahili ad nihil tenetur {\).
Wt. Alix lieux époux. — An atios desiderasti quam fuum. aut alias quam tuam ? N'ous avez dans vos devoirs du mariage qiielijuc chose îV vous reprocher? S'ils répondent qu'ils vivent bien d'accord, ou qu'ils ont eu des disputes, on pose autrement la question. Vous avez fait quelque chose contre la pureté dans votre état (2). On' les laisse expliquer cux-mr-ines ce qui les inipiièle. Si la chose n'est pas grave, on les rassure ; et on leur dit au besoin qu ils ne seront pas obligés «le s'en accuser à l'avenir, s'ils n'ont (pie cela h se reprocher, tout en les détournant des fautes légères. Vous avez encore quelque autre chose sur ce sujet : dites-le moi sans crainte. AccusQhit fursitan onanismum..
Aliud haltes dicendumf Et si hœsitat prrr ruitore, addis : Aliquns horrendas liherfafes cum voluptate conjuncfas extra modumordinarium multi/ilici modo commisisii per tactum ? per situ?n ? in vase indehito ? Quofiès ? Satis est, nisi pœnitens aliud dicere velit. Le confesseur |»eut dès lors dire au pénitent qu'il jieut être en paix, que son acctisation est conqdèle. Si conjuj- amisif. jter inceslum cum consanf/uineo alterius conjuf/is in primo et secundo f/radu. Jus petendi débit um, et si ifpiorat hoc impedimentum, probabile est, illum non illud incurrisse, et relinquendus est inbona fide,
(1) I.' —lur. en rpttp matière comme en toute autre, tienne grand compte de» opinions probable!', < ■ 1 d'imposer au pénitent des obligations douteuses. Il peut conseiller le jwirli le plus sur; mais I iiii».
(2) On sait que la .Sacrée Congn-gation, consultée sur cette proposition : yuiiqiinm c.ifH'dil, interrogare dr fine mnlrrin utriuxqur sej-us eonjugps. elinmiti prudenlrr timeninr ne abulanlur malrimonio. a n'-pondu : « l'ropiisilinnem prout jacrt, e.«,<te faisant, nimis la.ram, et in prn.vi perifulosum. 11 l 'ne mitre décision plus récente dit qu'il faut interroger, dans un doute prudent, lors nierne cju on pré\(iirail pour le [KMiitent la désertion des pratiques chrétiennes. De cette réi><>n>e. queli|ues-uns ont conclu qu il fallait toujours avertir ceux qui sont coupables de ce crime, lors même qu'ils sont dans la iMinne foi ; car il est contraire au bien commun : mais cette conclusion est fausse, d'après le texte piéiiie de la demande faite A la S. Pénilencerie, et d'après sa réjMinse. V. Notre Afirèffi' dr t/téolor/ie.
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SI 'OH/Pssunus non iuihet ffintltafem reddentli illijus amissum. vtl si mm spernt mnnitionfm profuturani (Ligiiori, Pra.ris. n" X(i). Avec les femmes on HJouto : Arec-roiis oftéi à votre mûri (fans /es (teroirs du mariaf/e?
97. lleoiiaiiistiH. — \'ir tumnistd débet proposifain hai^ere ref se perfecte continendi, rel (irtum foiiJKijdlfin secunduiti lef/eni nutiirafe/n perficiendi. Sine sepanitione tptoitd forum «te ro/ise/tsu u.ruris, diffirillime continentiam serrntnt. Instti/ntum est erf/o. ut de mutuo vonseiisu sese//nre/tt, ffuoad torum, si nolunt actum conjuf/afem perficere. L'j:or istiusviri non pofest petere deltitum nisi ruro. si moleste fert hoc jure diu prirnri. vel in periciito proprio inrontinentiœ. lieddere numpKim tenetur, potest tamen,si denerjuns timeat ijrare mrifum, l>l<tsphemius, r. 7.. sœvitias, infidelitatem conjugis, nec tenetur ritare, in artu propte^ustns causas ron~ cessa, omnevi rofuptafem, cum marmorea non sit : sed su// f/ravi i//i vitanda sunt ijaudium de percato viri, queru/(e r/e do/ori/jus /lartus, etc., et fptidt/uid obfirmaret maritum in isto aijendi modo : imo e.r charitate tenetur, si jiotest, sine r/rari incommoda , cansulere illi identidem ut se emendet.
Si maritus if/noret istius actus malitiam, nec sperefur i//um emendandum jtost monitionem, mu/ieri//i non rere/ii/nt hanc malitiam, sed suade/)it ut abstinent actihus inuti/ibus af/ens perfecte, re/. se continens. Si les époux paraissent icnorer la îiravilé fie celle t'aiite, tout en la conrcssant, le confesseur évitera de leur (iire (|iielle est grave, s'ils ne le lui <leman(lenl point, ou s'il n'y a pas certa spes emendationis. Après les avoir excités à s'en corriger sans rien faire qui puisse, ni les confirmer dans leur mauvaise conscience, ni les sortir de leur demi bonne foi. on passe A autre fhoso. et à la lin de la confession on leur demanile s'ils sont déterminés à éviter tout péché mortel ; s'ils répondent aflirmalivcinent, on peut les absoudre au moins sous condition. Caute ananistis suaderi potest e.r S. Pœnifentiaria, ut matrimonio non ntantur, nisi in tempore </uo concept io non /it.«/uod ref/ularitercurrit a die Vo post menstruas usque ad diem r/uartam anteeas. .Mais que le conlesseiM* ne dise pas cela comme venant de lui-même. 0""il emploie cette formule : Les médecins assurent, etc. Kn donnant prudemment ce conseil, il est rare qu'on n'obtienne pas du pénitent la promesse de s'amender. Sotandum est actum conjuf/ii sine seminatione peractum. non esse qrure pe.ccutum, si a/jest pericu/um po//utionis in iitro(/ue conjurje ; sed rara est absent ia pencii/i. (j'iand on a engagé avec bonté les ép(tux il dire tout ce (jui peut les inquiéter ; s'ils accusent des fautes graves en elles-mêmes, il ne faut pas facilement les croire, uuancl ils disent qu'ils ne savaient pas que c'était un péché. Un leur demande s ils auraient voulu mourir sans le dire, ou s'ils ne désiraient pas être interrogés là-dessus. S'ils accusent «les choses cpii ne stuit lias graves en elles-mêmes, on les ra.ssure, tout en leur demandant si cela les inquiétait dans les confessions précédentes; et [)arli\ on trouve l'occasion de réjiarei- beaucoup de cimlessions sacrilèges ou (huileuses. (Voii" n" KM».)
!»S. D«*M niarlHgeM iiiiIm. - Si con/'essarins norerit /uenitentem inra/ide contrarisse matrimonium o/> impff/inie/itum nccu/tum, et pericu/iim sit scani/a/i aut incontinfntia' .si nu/titatem muni festet , tune de/>et i//um re/in- «pifre in /tona fidf donec (d/linfiifur dis/tensatio. (Liguctri. liv. vi. n"(»ll). (\*oir dans h- roi'mulaii(> la manière de réhabiliter les mariages nuls, n" X\H).
*M). l>e ceux qui 8ontdanH la bonne Toi. — On sait (pi lui ne ()eul, sans se rendre ct»u|»able, refuser dinsiruire de ses devoirs, celui qui demande H les connaître, (piand même du prévoirait (pi'il ne les remplira pas. f.'eliii qui a la charge de c(uiseiller est tenu subf/ravi.i\'i\ .Suarez, de (humer un conseil sincère. Sous prétexte d'établir dans la bonne foi un pénitent ipii doute, l'an'ermir dans une manière de faire coiilraire à la loi de Dieu, c'est pécher gravement c(Mitre son devoir de docteur.
On n'est pas obligé pourlaul d'en dire Hu pénitent plus ipi'il n'en demande. Si le pénitent ne demande pas s\ connaître ses devoirs cl semble n'être pas dis|»osé à les acciuiiplir. ou bien si on doute qu'il y soil lidèle plus tard, on ne l'avertit pas de ses obligaliiuis. Si cependant s<ui igiKU-ance nuisait au bien commun, on devrait même dans ce cas l'avertir. Il faut pur conséipicnl rappeler A un prêtre les devoirs (pi'il oublie, et dont lu négligence fait la ruine des