‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 50 sur 416 · RELIGION CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

RELIGION CATHOLIQUE

du temps et lui rpprochoni comme un crime de ne pas suivre les évolutions des pro>:rès modernes, font, en croynnl la blAmer, son plus bel éloge. La société vient et dit : Jai changé, K^disc, pourquoi ne clian^'cs-tu pas? — Dieu ne change pas, répond rKgiise, ni moi non plus. — La .S(!Îencc dit; J'ai fait des progrès magnitiiiues. — (,'e qui est parfait ne peut progresser, celui-là seul acquiert a (pii il manque quelque chose. Ma d<>cfrine est divine, rien ne lui manfpie. on ne peut rien lui ajouter. Kllc est comme Dieu. Tu nutetn idem i/me es. — El ainsi s'accomplit la parole d'Isaic : Tahernaculum quod nequnquam transferri poterit. Les particuliers, les sociétés se dissipent, les Ktats sont détruits, les montagnes sont ébranlées et les collines tremblent (Isaïe -WXIII, 20) ; mais mon tabernacle est inébranlable, non auferentur clavi ejus in sempifernum. et omnes funiruli ejus non rumpentur. Il tomberait bientôt, si c'était l'ouvrage des hommes, il s'userait comme un vêlement ; mais mes ouvrages sont plus solides, et ce qu'il y a d« plus faible devient immortel entre mes mains (1).

75(i, c) Comment e.£pliquer les persécutions que la religion catholique a subies, puisqu'elle est la seule ivraie Eglise de Dieu f — Kien ne peut Juslilier la haine dont l'Kglise a été l'objet; mais il est facile de se l'expliquer. l)'abord rien ne justitie les persécutions (pi'elle a subies ; car toujours elle s'est établie par la persuasion et jamais par la vi(»leucc. Depuis son origine jus<|u'A nos jours, elle n"a fait cpie répantire des bienfaits à travei-s les Ages, pareille à un fleuve qui sème sur ses rives la fécondité. « 0 sainte Kglisc romaine, s'écriait le philosophe Joseph de Maisire, tant que la parole me sera conservée, je l'emploierai pour te célébrer. Je te salue. Mère immortelle de la science et de la sainteté. C'est toi qui répandis la lumière jus(praux extrémités de la terre, partout où les aveugles souverainetés n'arrêtèrent pas ton influence et souvent même en dépit d'elles. Cest loi (pu lit cesser les sacrifices humains, les coutumes barbares ou infAmes, les préjugés funestes, la nuit de l'ignorance, et partout où tes envoyés ne purent pénétrer, il manque quelnue chose à la civili.sation ; les grands hommes t appartiennent. » En efl'et, l'Kglise a délivré le monde de l'esclavage ; elle a rendu au pauvre sa dignité, en faisant voir en lui un frère, im aiiu de Dieu ; elle a assuré à la femme la liberté et les droits dont elle jouit ilans la société moderne; elle a donné à l'Kiwope et au monde la civilisation dont nos peuples modernes sont si fiers ; elle a ap(»ris aux houjmcs à s'entr'aimer. Point de larmes qu'elle n'essuie, {loint de tristesse (ju'elle ne (;onsolc ; et pourtant, ses fidèles ont été lra«piés oenilant les premiers siècles counne des bêtes fauves : plus de quatorze millions d'entreux ont ver.sé leur sang sous le fer des bourreaux ; et plus tard, <pie de lullcs ll'glise a soutenues contre les hérésies, contre ses pro[)res enfants qui déchiraient le sein <le leur mère par leurs scandales et enfin contre l'iuqdélé ! .Aujourd'hui encore <pie <le haines contre elle ! Quel nuil a-t-elle fait à ceux (|ui voudraient la détruire? Le plus souvent elle les a instruits des vérités du salut, elle leur enseigne l'horreur du vice ; elle les invite encore à rentrer dans la voie du ciel, el leur tend la uuiin pour les y guider. L'F^^iise est sur la terre l'image vivante du Sauveur. On a pom-suivi

(1) « Il y a plaisir d'ôire dan» un vai'<i»«au balUi tie l'orage, lorsqu'on est assiir** qu'il ne p4^rira pnini Le.s persécutions qui travaillenl l'Ks^lise sont de ceue nature. » f^i'A.sr.iL )

« N'ayez pas peur, enfants de l'Eglise, dirons-nous avec Lacordaire, el tout en connaissant ce que l'honrtme peut contre l'ouvrage de Dieu, connaissez unsi ce qu'il ne peut pas. Oui, il y n i ' ' n^ l'homme, car Dieu esl avpc lui : oui. il y a

une grande force (\:ii i esl avec lui; oui, Il y a unf grande foioe

dans l'homme, car l'h' : :iif;mais Dieu à sa droite, S.'dan à ra gauche.

et loi aa milieu, l'homme n'est pas capable de détruire ni de créer un alogie ; un atome suini pour arrêter toute sa puissance éternellement : combien plus l'nnivers! Soixante siècles au service de notre liberté ne nous ont pas donné la gloire de f'nrc ou d'anéantir un grain de poussière ; combien plus nous résisteront la nature, la rai^i-n et In religion ! N'ayez donc pas peur: ni vous qui doutez, ni vous qui croyez, n'ayez (>»» priir. Dieu e^t en tout ce qui esl, il mainUcnl tout ce qu'il a une (ois voulu ; et n'>lre liberté, si sérieuse qu'elle soii. n'est que l'écueil où l'océan se brise en demeurant l'océan. Aussi, enfant de la vérité dans ce siècle profondément ému, j'écoute la tcmpét« sans pAiir ; je m'éclaire de la rmidre qui lunitie sur le temple, el, la tétc appuyée au s*uil du parvir.ja dors le somme divin d'une infaillible foi. ■

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et (Turifié J«>8ii«-(:hrisl sans raison : Pemecufi siint me f/rafis. C'est là aussi lp sorl lie l"K};lise ; innoronlc connue son <livin Fonilalein-, comme lui elle goiiiïre el prie |iour ses hourreaiix fi). Toutefois Dieu prend sciin de la venger et l'histoire est j>leine des traits de la ven^'eance [toursiiivant les perséciiteru-s de IK^'lise (i). Ils sont donc bien avcuKlcs ceux qui l'attaquent, ils ne ruineront pas l'Kfilise qui est immortelle. « Je remuerai votre chandelier. dit. Jésus à rK^lise d'Kphèse. Je vous oterai la foi. Je le remuerai ; il n'éteint pas la lumicre, il la transporte, elle passe à des climats plus hein-eux. Malheur A qui la perd ; mais la lumière va son train ; et le soleil achève sa course. » (Hossi'KT.) Mais ceux qui ne veulent pas de sa lumière attirent sur eux la nialédiclion de Dieu (3).

<1) Sophocle, ce poète immortel, fut accusé de démence par ses enfants, qui voulaient entrer en possession de ses biens. Pour toute défense, le poète lui à ses juges son dernier poème ; on couronna le glorieux vieillard, el ses indignes enfants furent flétris par l'opinion publique. Pour se défendre contre les accusations d'enfants rebelles, l'Eglise n'a qu'à montrer son Evangile, el à présenter ses œuvres.

(2) (a) Un des plus acharnés, Néron, empereur romain, ou plutôt monstre couronné, vil ses soldats se révolter contre lui. S'élant éveillé pendant la nuit, il s'aperçoil que ses gardes eux mêmes l'ont abandonné ; il s'élance hors de son lit, appelle ses amis, personne ne se montre. Il se met à courir dans les rues : toutes les maisons lui sont fermées. Il ordonne de faire venir un gladiateur pour lui donner le coup de la mort ; aucun ne se présente. « Je n'ai donc plus, dit-il, ni ami ni ennemi ; » ei il court pour se jeter dans le Tibre; mais il n'en a pas le courage, il tire la butte d'or dans laquelle il avait du poison, et on la lui enlève. Enfin un esclave affranchi lui ofl're sa maison de campagne, mais ses ennemis découvrent vite sa retraite, el, entendant les pas des chevaux qui le poursuivent, Néron &gé de trente et un ans seulemeol, s'enfonce son épée dans la poitrine.

(b) Hunéric, roi des Vandales ariens, avait fait mourir un grand nombre de prêtres et d'évéques. La peste, la famine et mille autres fléaux fomlirent sur son peuple ; luimême fut saisi d'une maladie horrible, inconnue des médecins, qui l'étendu sur un Itt de douleurs. Son corps tout entier enfla d'une manière effrayante. Itien ne pouvait calmer les douleurs qui le tourmentaient jour et nuit. Les vers lui sortaient par les parties inférieures du corps el ses chairs étaient corrompues comme celles d'un cadavre. Il perdit la raison ; et, dans sa rage, il se maudissait lui-même, et se déchirait les bras avec les dents. Enfin il mourut dans ces accès de fureur el de désespoir.

(A) (a) L'académicien Maxime Ducamp a écrit: « Le premier devoir de l'homme collectif ett la charité ; la charité est le plus grand plaisir de l'homme vraiment religieux ; attaquer la religion qui provoque la chari:é, et supprimer les associations qui l'exercent, c'est marcher vers la barbarie. »

(bt Une dame disait un jour à M. de Montesquieu, en lui parlant de l'auteur d'un ouvrage impie : • Dieu a là un bien sot ennemi. — Madame, répondit Montesquieu, Dieu ne peut en avoir que de sots. »

(Cl Maxence avait tué un homme, qu'il croyait être Constantin son rival, et ce n'était que son esclave. Quel ne fut pas son effroi quand, s'applaudissant de sa victoire, il vit paraître Constantin qui lui reprochait son crime. Les impies croient avoir anéanti la religion, parce qu'ils ont banni ou fait mourir ceux qui la servent, elle leur survivra, elle est immortelle.

id) Comme l'a dit Lacordaire, l'an de nos plus redoutables crimes est de trahir la vérité el de travailler contre elle ; car c'est irahir noire premier l)ien, c'est nous frapper au sommet d'où descend notre gloire el notre félicité. Qu'est-ce que l'homme sans l'intelligence ? et qu'est-ce que l'intelligeoce sans la vérité ? Si tous lui ravissez l'intelligence, il n'est plus que le roi découronaé du monde animal ; si, lui laissant l'intelligence, vous lui enviez le don de la vérilé. c'est lui creuser un abîme aussi profond que l'infini, le tourment d'une faim qui ne sera jamais rassasiée, une aspiration qui n'aboutit qu'à saisir les ombres dans un vide immense et trompeur. Quoi de plus alfreux que ce sorti quoi de plus criminel que d'en être le volontaire inslrumenl I Aussi le men*'"'"» f"!-il toujours abhorré du genre humain, et même en chose oii sa légèreté paraKr > :•>,

il attire aux lèvres, qui se le permettent, un infaillible mépris. Nous ne pai \)H$

à l'homme qui. possédant le vrai, y substitue sciemment la parole adultère Jd l'erreur, Combien moins Dieu cl l'humanité pardonnent-ils à ceux qui se lèvent de dessin formé

contre les plus sain!p< .* ..ir.r.^.c „.,„ .,..„.. .;,..,( léguées les âges, et qui, di^ ^ de

le» vaincre par un. nt 'onire elles de toutes 1 es

de la ruse et de li i, et il ne faut jamais perdre île

protestii .,.>[ii de la force I on a vu de4 pouvoiis, msiitués

pour la is et de tous les biens, déclarer une guerre ouverte

au premiii ùcs di u-» ijui t-st ifim de connaître, au preaier des biens qui est la vérité.

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757. rf> Aisurément rien ne justifie les /yersécufions aiucqnelles l'Eqlise a été en hutte, puist/ue comme son fiirin Fondateur elle passe en faisant te bien. Dites-nous romment s'explique une si noire inf/ratitude des hommes envers elle f — il y a une liaino élernello du mal conlro le l>ien, de Terreur contre la vérité ; cette haine s'allume dans toutes les âmes qui sont ' lu mal et de l'erreur. Kl c'est le secret <les attaques auxijuelles

aolique est en butte. Regardez ce qui se passe. Dans les jouriiPi\ Il ) .i!i ux, <lans les réunions d'hommes sans foi, qui altaque-l-on ? 1 K^'lisc ratliolique seule, les seuls ministres du culte catholique. Les protestants foniifs par des moines apostats sont bien à l'abri ; que dis-je, les protestants :* S flcve-t-on même contre les musulmans, dont la religion abrutissante rl;;t(lio par la force et à main armée, é|Miise l'homme et la société par la cuniiplion rju'clle permet. Avez-vuus entendu altaipier l'horrible culte des V ni\ i.i-i de r.\frique centrale, qui adorent d'énornies serpents, et qui croient de religion en «lonnanl leurs enfants en pAlure à ces monstres? I ~ l'iever contre ces superstitions barbares, on flénigrera plutôt le pau-

vre missionnaire qui quille tout pour aller civiliser ces sauvages; on le traitera au besoin de fanatique. Ah ! c'est que toutes les croyance llattenl jilus ou moins les passions. Sciilo la religion catholique les condamne sans pitié ; elle défend menu' une pensée coupable et tend à faire de l'homme un ange; et c'est pour cela (lue les passions s'arment contre elle seule. Va. reli^itm catholique, disent-elles, tu veux nous enlever nos plaisirs, tu veux nous faire mener une vie céleste ; mais nous aimons mieux vivre comuje les animaux que comme les anges. Tu es trop parfaite pour nous ; nous ne voulons pas de ta chasteté qui nous gêne, pas de ta pénitence que nous abhorrons, pas de ton humilité qui froisse notre orgueil. Garde ton ciel et laisse-nous les biens et les jouissances d'ici-bas. Kl excités par leurs passions, tous les impies, tous les libertins s'unissent dans la même haine : les uns deviennent des persécuteurs cruels ; d'autres non moins redoutables s'arment de la calonmie. de la raillerie, du mé[tris. Le nombre des ennemis de l'Kglise ne doit pas nous étonner. Le grand Benoit. \1 Va dit : Quand les passions portent la bannière on est sur d'avoir une longue procession (1).

Jaloux de l'empire qu'elle exerce, et qui est. en effet, le plus grand qui soit an monde,

ils s'"" ' '■■ ' i''lroner pour avoir à sa place et à leur prolil le règne des inléiéls

et <1 i leur va mieux que la vérité ; ils exceptent tout excepté elle, ils

proi' .. ;•'(• elle, ils donnent la liberté à tout fxcepié à elle. Ils la pour.'ui-

venl st excluMveiueni, avec tant d'an et de persévérance, qu'ils la font reconnattre à celle mari|ne mémr, et que leur persécution devient un signe de certitude qui la présente aux adorations légitimes de toute la terre. (Lacordaire.)

H) « Stip ces simple» obwrvaiions, on peut juçjer de la bonne foi des écrivains qui ont ! lie s'était étatili naturellement. En effet il n'eut à sur-

mui "(M et les opinions. Armé d'une croix de bois, on le vit

loui ..-^ ...,. - „ ^. .1 des joies enivrantes et des religions dis*"!"*""^ •y<\n

monde vieilli ll»Il.^ la currufiiion. Aux fêtes brillantes du paganisme, au\ iiiiaees ilunt- inyilii)l.i:;it' cm iiaineresse, à la commode licence dt; la morale , -

que, a louies les .-itjinih.n^ 'i s aria et des plaisirs, il oppose les pompes de la duuleur. de piavps et luk'iiliies c ('it'in .nies, les p'eiirs de la pénitence, des menaces terribles, de

ie(li>ui«l)le.s iii\ ■'■ yanl de la } - ' ' ' " '■ ' " ' "=

symliules d'un t d'une c- i

ce que l'univci; ^ , i dans le cir , i-

cent avec fureur contre 1 ennemi qui se présente pour leur disputer t'rnip<rf . 1,«8 peuples h timniU ll'tH ^e pr<*ripifpnt «'nm jpiiri t>anni^res. l'avaricf y rofidiiit les prêtres de^ ■ 0

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