III. — I^ foi
762. I^ religion est nécessaire; il ny a qu'une religion bonne et vraie,
oblig^!^ <ie resier prolesianis, il en faut conclure que les païens ont mal fait d'embrasser
le cil >' les juifs, que les musulmans, que les idolâtres fonl mai de se faire
cbr> I int les protestants eux-mêmes leur f nvoient des minisires pour les
éva::-,.. r /-igé est donc faux d'après leur prjpre aveu, et ne doit point les
arrêter, quand lis veulent embrasser le caiholicisme.
[b) Sainte Mustiole était une riche romaine, parente de l'empereur Claude II. Etant encore païenne, elle entendit prêcher un prêtre chrétien, et en fut si frappée, qu'elle résolut d'embrasser la foi. Elle persuada ù sa mère Atlémie d'en faire autant ; et toutes deux reçurent le baptême. Le père de .Mustiole la fit fouetter cumme une esclave. Mais biemôt Dieu le frappa de mort. Artémie mourut aussi, et Mustiole devint maîtresse de granus biens dont elle se servit pour secourir les pauvres. L'empereur Aurélif n voulut l'en dépouiller, et Mustiole prit la fuite et se retira à Chiusi. Le persécuteur l'ayant découverte, Mustiole comparut devant Turcius, lieutenant de l'empereur, qui lui dit : • Pourqui us une autre voie que celle de vos ancêtres? — Parce qu'ils suivaient ui: voie qui conduit aux abîmes éternels. » Turcius lui Ht enfoncer dans la tcu ..... che de fer, et ainsi elle mourut martyre.
(c) Un ambassadeur de France en Angleterre, étant revenu d'une maladie mortelle,
Suelques seigneurs protestajits lui demandèrent s'il n'aurait pas été affligé de mourir et 'être enterré parmi les protestants. « Non, répondil-il, j'aurais seulement ordonné de creuser une fosse un peu plus profonde et je me serais trouvé parmi les catholiques, m Une religion qui date d'hier ne peut-être ceV.e du Christ. On l'appelle Réforne. Belle réforme, en vérité, que celle qui supprime la virginité, l'abstinence, le jeûne, l'indissolubilité du mariage, le sacrement de pénitence et même le purgatoire. Ce serait commode de l'embrasser, si elle osait encore nier l'enfer.
(dj Voici quelques passaires des Pères à l'adresse des béréliqaes de tous les temps. m Je sais tombé, dit saint Augustin, parmi des hommes qui avaient k la bouche un piège du démon, et une sorte de glue faite avec un mélange de votre nom, mon Dieu, de celui de votre Pil< ei de l'Esprit consolateur. Ces noms étaient sans cesse sur leurs lèvres; mais ce n'était qu'un son et un bru't de langue ; car leur cœur émit vide de la vérité, ils disaient vCrité, vérité, et jamais elle n'était en eux. — Corneille de Lapierre les appelle des loups ravisseurs sous la peau de brebis, des renards qui ravagent la vigne ; saint Cyprien, les singes des vrais chrétiens ; il dit que ce sont des hôteliers qui mêlent leur vin doux à la ciguë, la liqueur au poison ; saint Pierre compare leur crime & celui des démons.
{et Le père de saint François de Sales avait en horreur la religion protestante qu'il tenait pour fausse, par le fait seul que, sortie naguère du cerveau de quelques hommes sans mœurs, elle était plus jeune que lui de douze ans II l'appelait un champignon qui s'était formé en une seule nuit du limon de la terre.
(f) Le curé d'Ars reçut un jour la visite d'un riche protestant, qui ne se flt pas connaître; en le congédiant, il lui remit une médaille. • Vous ne savez pas, répondit te visiteur, que je suis prolestant ; mais j'espère quand même être un jour au ciel avec vous. — Pour être unis au ciel, répondit le vénérable Viaiiney. il faut l'être sur la terre ; où l'arbre tombe il reste. — J'ai foi, reprit le protestant, à la parole du Christ : Celui qui croit en moi aura la vie éternelle. — Le Christ a bien dit d'autres choses: Si quelqu'un «■'■ k ' '■ ' '^ // n'y aura qu'un troupeau et un seul pasteur. Il n'y a pas ir Dieu, il n'y en a qu'une bonne, mon ami, c'e>t cellfl dont il vcu. . .. ... >us le saint curé salue son visiteur, qui, réfléchissant à
ces paroles, ne tarda pas de se faire catholique.
^'l> Tutc^ If.'? hérésies viennent du libertinage, et y eondnisenl. « L'hérési<» proteste nom de réforme ; mais si elle en aflfecta le n ue ne de tort, en disant que c'est une de celles qui en plus
■• .,>,,,. <,..,.• I,,. f,jrg in.tulte et sans lui r. ,. ....^...or que
e et la convaincre. Car nous n'aurions
i]!. ;i l'iirs, pour lui montrer liliusion de la
vaine réforme qu elle s'eisl attriliuée , tt elle u« désavouerait pas que ces faux ministies
prêchant aux peuple», ne leur lissent .souvent ce.« leçons. Prenez farde, mes frères, leur
- : on vous ' '" '■ par les born , qu'il fallait se
. vous a U' iir le mIui dit que le jusic
t., ;;cr conlimu , ^r ne pas ili . la grâcejabus;
quand on a une fois la K'^^ce, quelque crime quo l'on commette, on ne la perd jamais. On vous a fait arrrore ';ie votM sviei une liberté pour rési'ter aux tentations : erreur; il n'y a plus de un terme qui ne signifie rien. On vous a
nourri dans la r; i : celte crainte est rriminelle et réprouvée.
On v«ius a préclie id |>'„,mi,ic i m.m..< »saire. et moi je vou.s déclare, disait Calvin,
que par la giàce du baptême tous vos péchés comtois et à cummettre, sont déjà remis.
i: L'sl ci'lk- i|uo Dn'ii a l'iaidie : c'est la relifiiDn callioliqiio (I) i, osl «Ion.; à ollo «lu'il laiil iir-cessaiiTinml nous attacher, romine à la planche de saint ijiie l>ieii a ulTerle i\ lliMiiiiiie. à la raniille, à la société ; or, èlre allaché a la rcliiiion. r'esl <l aitonl croire les vérités (inVIle nous enseigne, c'est avoir la loi. (ie devoir, io plus essentiel de tous, fera le sujet de cet entretien.
HV.\. {•> Qu'est-ce i/ii'aruir lu fui ? '■ — (Test croire sur la parole d'un autre ce rpie l'on na i»as vu. .Nous croyons qu'il existe une ville en (Ihine que l'on nomme Pékin. Personne d'entre nous ne l'a vue peut-être ; et nous ne doutons pas lie son existence ; nous avons la foi en la parole des voyageurs qui l'ont visitée. Croire sur la parole de Dieu, c'est la foi religieuse et divine dont nous traitons ici. (iette foi divine, c'est une vertu par la(pielle nous sommes fernicment convaincus des vérités révélées par Dieu et enseignées par son Kglise. Kllc est le fondement de nos espérances, la preuve de ce que nos regards ne découvrent point. La foi perce le nuage des ohscurités de notre raison, elle nous fait connaître Dieu, elle nous éclaire de sa lumière, elle nous apporte l'espoir de le voir im jour, tel (pi'il est, de posséder sji béatitude et ses richesses infinies, elle nous communique des pensées, des sentiments sm-nalurcl, elle ajoute une vie divine à notre vie (2).
7Gi. 2"> La foi est-elle nécessaire f — Comnje le fondement à un édifice comme la racine k l'arhre. Kleverune maison en l'air, c'est chose impossible, tout aussi bien que de faire produire des fruits à un arbre détaché diitrom;; il est pareillement impossible sans la foi d'élever l'édifice de notre sanclilication, et de faire produire à notre Ame des fruits de salut : Raili.r et fun- (lamentuin jiistificationis. C'est l'enseignement divin. Sans la foi, il est impossible fie plaire à Dieu, dit saint Paul, et celui qui veut s'a/iproc/ier lie son Créateur doit d'abord croire (/u'il existe. Celui t/ui croira sera sauré, a dit Notre-Seigneur, et celui qui ne croira pas sera condamné. Si vous ne crof/es pas en moi, vous mourrec dans votre péc/ié. Celui qui ne croit pas est déjà condamné, (l'est par la foi ipie le ciel nous est acquis; celui (pii n'a pas !a foi renonce au ciel de lui-même, en instillant Dieu, dont il n'accepte pas la parole. .Si un enfant, au(piel on apprend les lettres, prenait l'envie de contester avec son maître et de soutenir (pie la première lettre de l'alphabet n'est point un a, le maître le renverrait avec indignation; mais si Dieu «pii commande au ciel, daigne nous instruire lui-même, l'homme qui, dans son fol orgueil, ne veut pas accepter son enseignement, mérite d'être chassé de sa face. (> même homme, en elTet, ne sait au fond que ce que d'autres lui ont appris. 11 est si docile à d'autres hommes dans toutes les
On vous a persuadé qu'il y avait beaucoup à faire pour gagner le ciel ; rien du tout : croyez, et vous voilà jusiifiés, cela suftit. Au resle défailes-vous de mille superftitions importunes qui vous gênent. Eles-vous urètres ? Renoncez au célibat, nous vous en donnons le pouvoir. Eiesvous religieux? Abandonnez votre profession, et nous vous recevrons parmi nous. Mais j'ai promis à Dieu la continence : cette promesse est folle el impie, répondait Luther. Le joug de la confession vous pèse t-il ? Secouez-le hardiment et sortez de cet esclavage. Etes-vous assujettis au jeûne du carême? C'est une invention des hommes. Mai.s l'Eglise le commande ; laissez parler l'Eglise, elle n'a nulle autorité pour lier vos consciences. Mais il faut lui obéir comme à notre mère : oui, par cérénr ■ - -- ■ 1 ,p mjjg „(,„ p^g sous peine de péché. Car encore une fois, ce sont là Ir ince el de pratique qu'il» débitaient, el je me croirais coupable d'y
n- . i[!es-nioi. mes chers auditeurs, si la vérité et la pureté de la loi chré-
tienne pouvaient s'accommoder de tout cela ? » (Bouhdalous.)
(1) On récapitule brièvement ce qui a été dit ci-dessus.
(i) ia) Quand saint Antoine, quittant son désert, alla visiter Didyme l'aveugle, après une conversation mule céleste, ce dernier avoua à son saint visiteur qu'il éiait bien affligé d'avoir perdu la vue. • Ah I mon frère, répondit Antoine, qui admirait les sublimes connaissances de Didyme, pourquoi regretter les yeux, qui nous sont communs avec les mituches et les fourmis, quand nous possédons une lumière intérieure qui n'appartient qu'aux saints el qu'aux anges I Cetie lumière, c'est la foi. »
Celle lumière nous fait connaître Dieu, l'àme, le ciel, l'homme sous un jour éclalan». Ces choses existent sans que l'homme les croit, loul ainsi que les fleurs, les arbres, les plantes existent pendant la nuit, lors même que nous ne les voyons pas; mais de même qu'un rayon de soleil nous fait discerner clairement les objets que la nuit nous cache, de même la foi nous éclaire sur les vérités surnaturelles.
LA Kor 273
sciences limnainos oi inAino «liins Ions los arts. o\ \o vnilà qui se fait rchollp f.onlrc l»ieii soûl. (Juel iiii)iistnieu.v oi-^ufil ! Il outrage Dieu, celui ijui, dans la tlôlxiiiclio, lue la raisou que Dieu lui a donnée; il n'esl pas moins coupal)le celui qui repousse la loi (pie Dieu lui appelle pour son salut ; par là il se condamne lui-môme à une perle clernellc.
765. L'indôpcn<lance, c'est, ose-t-on dire aujourd'hui, le terme du progrés de la nature humaine; et il n'y a rien de si contraire à celte nature, l'renez l'enfant qui vient de naître, es»-il indépendant ? Quand il commence à se tenir deb^.ut, il mourrait de faim ou s'empoisonnerait, si sa mère neJui apprenait il manger. Quaml il mange, ce que sa mère lui oiTre, de la manière aue lui indique sa mère, il obéit. (Juand il apprend à lire chez le maître d école, quand il apprend une langue, il obéit au maître d'école ou de langue ; chaque lettre, (;ha<|ue son qu'il re(.oit sur la parole de celui (jui le forme est un acte d'obéissance, de soumission à un maître. Celui-là sait davantage <[ui a le jtius bjngtemps obéi. Par contre, celui qui a le moins obéi est celui qi>i sait le moins, d(|nt l'intelligence est le moins développée. Prenez (jnelqu un qui n'aor 1 i.irri lis obéi en rien, s'il est possible de le supposer^ ce sera un sauvage. Si e est si utile pour acquérir la science la plus commune, [tour
appi uianger même, pour ajjppendre des mots, l'homme n'en a-t-il
pas besoin pour acquérir la science la plus élevée de toutes, la science de hieuet de lui-mèrne, et des rapports de Dieu avec lui. Science d'autant plus grande que les autres, que son objet est plus grand que celui de toutes les autres. Sans l'autorité que deviendrait la religion et la société ? .Mais, dira-Ion, on obéit pour ce qui est nécessaire à la société ; l'indépendance n'est un progrès (pi'en matière tie doctrine religieuse, (l'est là le dernier degré de l'échelle de l'aveuglement où Dieu laisse tomber le inonde, pour le punir.
7t>G. L'homiiie est l'esclave de l'homme; c'est le joug de la divinité (piil rejette. On obéit avec servilisme aux feuilletons et aux mauvais journaux.
767. L'indépendance est donc contraire au développement de nos facultés ; or, comme notre nature tenrl à ce développement, il s'ensuit que l'indépendance est di imélralement opposée à la nature. Donc, elle ne vient pas de riiouime. Vient-elle <lc Dieu? Qui oserait le prétendre? Que conclure sinon que ceux qui prêchent l'ibdépendance sont les suppôts du génie du mal.
708. De ce (pie nous venons rie dire comprenons le malheur des infidèles, et le malheur plus grand encore de ceux <pii, avant reçu linstruction religieuse, nient pourtant de parti pris les vérités de la religion, ou en doutent volontairement. Sans la foi point d'espérance, point d'amour surnaturel «le Dieu ni du [trochain, point de vertus capables <le mériter le ciel. L'o'uvre du salut est ruiné dans sa base (1). Perdre la foi, c'est donc tout perdre. Kl l'homme qui a un peu de sens doit par conséquent tenir à la foi plus qu'à tout autre bien. Soi/ f s pnolf/ifs romme (Us serpents, a dit Notre-Seignenr ; et saint Jean (ihrysostome dit que la prudence du .serpent consiste à sacrifier tout le reste de son corps, |)ourvu uu'il sauve sa tète, \olre tète, ce (lu'il y a de plus Important en nous, ajoute le saint Docteur, (-'est notre foi. Pour la conserver il faut donc, s'il en est besoin, sacrifier tout le reste. Perdons tout plutôt que de perdre la foi (i).Que les parents la transmettent à leurs enfants, comme le plus précieux héritage. Ils seront assez riches, s'ils possèdent ce trésor. Avec lui on peut acheter le ciel.
i De se tromper en criîyant vraie la religion chrétienne, il n'y a pas
(1) Frédéric n. roi de Prusse, était an philosophe impie: et souvent en comparant le son de ses sujeb, qui av.iii'ni une foinafve, avec le sien, il pleurait des larmes amures; et en voyant noriir les cilholiiiues de leurs éitlisea, il disait: « Ils sont heureux ceuxlà, ils croient; et Volulru lui écrivait dans sa vieillesse ° « Soyez sûr qu'on passe des moments bien triste à quatre-vingts ans, quand on na;;e dans le doute. »
(2; Sumentf!^ ncHtum fiiUl : une femme de Sparte en donnant un bouclier i son fil* qui allait i lui dit: ou rappurte-le ou qu'un te rapporte sur lui, on >
mieux aie: vie que le bouclier: à plus (urie raison vuu;-il mieux muui
de perdre ... ..,,. ., ..ludrait mieux avoir les pieds et les jambes coupés que di« Dit... une piqûre d'épingle nu cccur. Celle piqûre serait mortelle. La perte de la foi c'est la ruio« de toute vie surnaturelle.
•JTi roXFKRFN'-.RS
^ran»r»hosp ù pcrdro. .Mais iiiicl inallieurde se tromper on la nro;vant fausse.» a «lit Pascal.
im. .Napiil.'on sonlrclenanl avec M'"" de MonU-squiou au sujet de HernadoUe, un de se.s soldais qui (Hait deveim roi de Suède: « Voilà une grande fortune pour lui. dit-il.— Oui. mais il a un fameux revers à la médaille, » réjtondil .M"»'- de .Monlesquiou. Kn elTel. hernadotte avait dû, pour monter sur le Irone. abjurer le ralholicisuie. « Cesl vrai, dit .Napoléon, el moi qui passe pour ambitieux, je ne renoncerais pas à ina foi pour toutes les couronnes (1). •> Conliant a .M""- de Montesquiou l'éducation de son tils unique, qu'il avait fait roi de Home : << Madame, <lil-il. vous en ferez un bon chrétien.» (Juelquun qui était là se mit à sourire. « Je sais ce que je dis, reprit .Napoléon. .Si mon (ils n'est pas un bon chrétien, il ne sera jamais im bon français Ci). ■■
Cl). Dans la vallée de Mailigny en Suisse, l'empereur .Maximien donna l'ordre a son armée' de sacrifier aux faux dieux. La légion ihébaine, composf'e de plus de tu.OOO hommes, «lait chrf^lienne. Elle refusa d'obéir à cet ordre; l'empereur lit lucr par deux fois un soldai sur dix, afin d'obliger les autres, par la peur, à renoncer à leur foi. Sa cruauté resta sans résulial. Il menaça alors de les faire égorger tous; mais Maurice. Exupère et Candide, qui étaient les chefs de la légion, lui dirent: « Nous vous devons le service militaire, mais nous ne pouvons renier notre Dieu et le vôtre. Nous avons fait serment à Dieu avant de le faire à vous. Vous fieriez-vous au second, si nous allions violer le preinief? ■ El ces dix mille hommes périrent par le fer, plutôt que de trahir leur foi. L'Eglise les honore comme >es glorieux martyrs.
(2) En 203, sous l'empire de Sévère, on arrêta à Carlhage plusieurs chrétiens qui n'étaient encore que catéchumènes, entr autres Perpétue, jeune dame d'une haule condition, qui avait un enfant à la mamelle qu'elle nourrissait elle-même; et Féli"iié, jeune femme enclave. Perpétue a écrit eile-méme, dans sa prison, l'histoire de ses souffrances: « Nous éiions avec nos persécuteurs, lorsque mon père (encore païen) vint faire de nouveaux etlorts pour ébranler ma résolution. « .Mon père, lui dis-je, voye; ce va»e de lerre que voilà. Peut-on lui donner un autre nom que celui qu'il a? Non, rép"ndit-il. — De même, je ne puis être autre que ce que je suis, c'est à-dire chrétienne. » A ce ni>t, mon père se jeta sur moi pour m'arracher les yeux; mais il se conleola de me maltraiter, et il se retira confus; nous fûmes alors baptisés, el je demandais la patience dans les tourments. Peu de temps après, on nous conduisit en prison ; l'horreur el l'obscurité me saisirent d'abord ; car je ne savais ce que c'était que ces sortes de lieux. On m'avait apporté mon enfant qui était tout languissant, pour avoir resté plusieurs jours sans nourriture; je l'allaitais. Toute mon inquiétude était pour lui. Je ne laissais pas toutefois de consoler ma mère et mon frère (aussi catéchumèncfr) ; niais surtont je les conjurais d'avoir pitié de mon enfant. Il est vrai que j'étais sensibleinenl touchée de les voir eux-mêmes si affligés à cause de moi. Je ressentis ces pensèes-là durant plusieurs jours ; mais ayant obtenu qu'on me laissât mon enfant, je me trouvais toute consolée, et la prison me devint un séjour agréable. Au bout de quelques jours je vis arriver mon père, un chagrin mortel le consumait. « Ma (ille, me dit-il, ayez pitié de la vieillesse de votre père. S'il est vrai que la tendresse que j'ai eue pour vous m'a fait vous préférer à tous vos frères, ne • que je devienne l'opprobre de toule une ville. Songez à vos frères,
à iière de votre mari, à votre enfant qui ne pourra vivre si vous mourez.
V{u; .1 parallre, si vous finissez v<is j "urs par les mains d'un bourreau. Sauvez vous^ afin de ne pas nous perdre tous. » En disant cela, il me baisait les mains; puis se jetant à mes pieds avec larmes, il m'appelait Madame. J'étais pénétrée d'une vive douleur, en voyant que mon père serait 'e'seul qui ne tirerait aucun avantage de ma mort. Je tâchais donc de le consoler le mieux que je pus. Il se retira avec uu abattement inconcevable.
« Un jour, comme nous dînions, on vient tout à coup nous enlever pour subir l'interrogatoire. Le bruit s'en étant répandu dans la ville, la salle d'audience fut en un instant remplie. On nous fil monter sur un espèce de théâtre où le juge avait son tribunal. Tous ceux qui furent interroger avec moi confessèrent hautement Jèsus-Christ. Quand Cl' f ■ ■ ■ 'parais à répondre, vuilà mon père qui paraît, faisant
\)' e. 11 m'éloigna un peu d^s marches du tribunal, et
av. , ^ , .jLiiies: «Serez vous, me dil-il, insensible aux malheurs
qui menacent cette innocente créature à qui voys avez donné la vie t ■ Alors le président Hilarien, se joignant h mon père : « Quoi, me dit-il, les cheveux blancs d'un père que vous allez rendi' ux el l'innocence d'un enfant qui va devenir orphelin
par votre mort, ne sont i -. de vous loucher, sacrifiez seulement pour la santé
des empereurs.— Je oe âd... ,....». pas. — Vous êtes donc chrétienne? reprit Hilarien. — Oui. je le suis. »
« Cependant mon père, qui, espérant toujours me gagner, était resté là, reçut un coup
La ioi 2^8
*10. 3*> Piilsffuf la lui f?ii if fondement ffii uiluf. Dieu a <lii nans rlmite l'asmeoir sur une base solide, afin (/u'elle ne fût pas ébranlée f — t;'est ce qu'il a fait. |{ion n'est si rerlainque noire foi. « Les impies ont levé contre elle toute arnie, colle de lu science et celle du mépris, celle du mensonge et celle de réloijuence; ils ont eu six mille ans contre elle ; la foi du peuple a été la plus forte, elle vit. elle renaît, elle vous parle, elle vous comman<le, et votre présence ici est une soumission aux ordres que vous en avez reçus. Oui de vous mourra tranquille, si la foi ne lui a pardonné? Oui de vous s'avancera sans crainte vers l'éternité, si la foi n'a oint ses pieds pour le passage :• Oui de vous a contre elle autre chose que ses vices? (1) » (Lacordaire). — (l'est (lue la foi repose sur la parole de Dieu ; 1) le témoignage des hommes, <le l'aveu de tous, donne la certitude. Que de faits dont nous n'avons pas été témoins, et dont nous sommes certains au point de n'en pas pouvoir douter raisonnablement, et cela par le témoignage des historiens, ou de lémoins dignes de foi! Si festimonium hominum accipiinus, testimonium Dei ma jus est.
Le témoignage de Pieu n'a-t-il pas une plus grande autorité? La raisonne nous dit-elle pas assez clairement que si Dieu pouvait, ou se tromper, ou mentir, il ne serait plus Dieu. Kt lui-méuie ne nous a-t-il pas fait connaître clairement qu'il est la science et la vérité inUnies ? N'a-t-il pas assuré et prouvé assez puissamment qu'il nous parlait lui-même en la personne de son Fils, par les éclatanLs miracles, que ce Fils adorable a opérés?
i) Nous croyons à ce (jue nous voyons; et pourtant nos sens peuvent nous tromper, et par le fait nous trompent quelquefois. Il nous semble que le soleil tourne, et il est très certain que ce serait une erreur de le penser. La parole de Dieu ne nous trompe pas. Dieu n'est-il pas la vérité éternelle ?
de baguette d'un haîssier à qui Hilarien avait ordonné de faire retirer mon père. Le coup me fut sensible. Je soupirais de voir mon père traité si indignement à mon occasion. Le juge prononça la sentence par laquelle nous étions tous condamnés aux béies. Après en avoir entendu la lecture, nous reprîmes galmenl le chemn de la prison Dès que je fus rentrée, j'envoyais demander mon enfant à mon père, qui ne voulul point me le rendre, et Dieu permit que l'enfant ne demandât plus a téter et que je ne fusse pa^ incommodée de mon lait. Nous fûmes tous mis à la chaîne. » Ici flnit le récit de Perpétue.
Félicité était enceinte de huit mois, et le jour des spectacles approchant, elle était inconsolable de penser que sa grossesse ferait retarder son martyre. Les autres martyrs n'en étaient pas moins affligés qu'el'e: ils ne pouvaient se résou<lre à laisser exposer au péril cette aimable c.iinpagne de leurs pemes. Ils se mirent donc en prière p<.iur obtenir sa délivrance. A peine avaient-ils fini leur prière, qu'elle sentit les douleurs de l'enfantement qui furent exiréniement vives, car elle n'était qu'à son huitième mois. La douleur lui faisait jeter des cris de temps en temps; et un des gardiens lui demanda comment elle ferait quand elle serait déchirée par les bétes; la sainte répondit: « .Maintenant c'est moi qui souffre; mais alorsun autre sera avec moi, parce que je souffrirai pour l'amour de lui. » Le soir qui précéita le martyre, on donna, selon la coutume, à tous les condamni'-s un soniier nommé le fosiin à di'^céti'in. I^e peuple y accourut, et les héros chr< tiens en proliicrent pour prêcher, à ce peuple inhumain, la foi et la crainte de Dieu. M Regarder, bien nos visages, dosait Sntur, alln que vous nous reconnaissiez à ce jour terrible, ou les hommes seront jugés. » Plusieurs crurent en Jésus-t^hrisl.
Le lendemain on les fit tous sortir de la prisyyi pour les conduire à l'amphilhéâlre. Tout rayonnaient de joie. Perpétue marchait lu dernière, baissant ses yeux dont elle voulait cacher la beauté. FéiiciU'; ne oouvr' -^ •' 're son bonheur d'avoir é\é délivrée à temps pour mourir avec ics antres. Lor^ i vis-à vis du balcon d'Hilarien. ils
lui encrent : « Vous nous jugez en ce moiM > rM vous jugera dans l'autre. » Pour
les en punir, on les condamna à être fouettes. Perpétue et Félicité virent déchaîner contre elles une vache sauvage, qui saisit d'abord Perpétue, l'enlève et la lai.sse tomber. Revenueielle, ' irtyre, n'apercevi ' ■ " l.irée, la rejoint prompte*
ment, moins ses soulTrancc> > pudeur ne fût blessée.
Ayant alors ap , . . ^i lé, que la vachL- i : . i', étendue sur le sable,
elle courut à elle, lui donna la muin et l'aida * ne relever. Tous, les martyrs plus ou moins meurtris furent ensuite a<!hevés par le glaive. Pcpétue fui égori^^e par un bourreau maladroit, auquel elle dut indiquer ou il pouvait plus sûiemeni la frapper.
(\) ul n homme qui découvre des preuves de la religion chrétienne est comme un héri» lier qui trouve les titres de sa maison. Oir«-l*il qu'il sont bux, et négligera- t-il dt iM examiner f » (Pascal. Pensées;.
2', G t'OSKKUBNC.ES
:t) Nous «Tovons .|iio tiens cl doux loni «jimlrc, notre raison nous Iç lail vnir. Mais . pie' de lènèhros dans noire intelli^'enre ! Nous ne savons expli«;ijer le tout de rien, pas mrinecoininenl le soleil lait londre la plaee el durcir la bouc. Ceux «lui ndnf que leur raison pour les guider, un jour admellent une opinion ella repoussent le lendemain. Socrate et Platon nous «lonnenl des philosophes de leur tcnjps la nième idée que celle qu'avait de ceux de son si»>clc Jean-Ja«-ques Uousseau dont voici les paroles: «Où est le pliiloso|)he qui. pour sa gloire, ne tromperait volontiers tout le genre humain ? Où est celui «pii dans le secret de son ca-ur, se propose un autre objet que de se distinguer : pourvu quil s'élève au-ilessus du vulgaire, pourvu qu'il efface l'éclat de ses concurrents, que dcmande-t-il de plus? L'essentiel est de penser autrement que les autres.
« A les entendre, ne les prendrait-on pas pour une troupe de charlatans qui crient chacim de leur côté sur une nlace publique : Venez à moi, c'est moi seul qui ne trompe point ! L'un prétend qu'il n'v a point de corps et que tout est en représentation; l'autre ipi'il n'y a d'autre substance oue la matière. Celui-ci avance qu'il n'y a ni vices ni vertus et que le bien et le mal ne sont que des chimères. Cellii-là que les hommes sont des loups et peuvent se manger en sûreté «le conscience. ».
Il n'y a pas d'erreur monstrueuse qui n'ait été cru [»ar quehjues-ims de ces esprits orgueilleux cpii n'écoutent «pie la raison. Pour Dieu, point de ténèbres: i/ est la vraie lumière f/ui éclaire tout homme venant en ce monde: il ne rhan(/e point ; le ciel et la terre passeront, tnais sa parole ne pansera pas. Toutes les créatures s'useront comme un vêtement, mais vous, ô Seigneur, vous êtes toujours le ynéme et vos jours n ont jamais de fin ! Ouelle folie est celle de ceux qui osent prétendre que la foi est contraire à la raison! Leibnitza dit: <* Comme la raison est un don de Uieu aussi bien que la f«i, leur combat ferait combattre Dieu contre Dieu. »
« La religion, a dit Massillon, n'est qu'une lumière, une raison divine, la jierfection de la raison humaine. ».
771. Rien n'est donc aussi sûr (jue notre foi. Si nous ne pouvons pénétrer tous les mystères (pi'elles nous fait connaître, qu'importe. Ne nous suffit-il pas que Dieu ait parlé? N'a-t-il pas le droit de commandera notre esprit comme A notre cœur? Ksl-ce à nous de lui demander raison de sa parole et sa parole n'est-elle "pas la souveraine raison? Quand il parle que toute intelligence s'incline et adore sans discussion. Nos pères savaient mourir, ils ne savaient pas discuter, dit un saint Docteur. Ne cherchons même point à scruter témérairement ce qui est impénétrable. Regarder en face le soleil, c'est s'éblouir et s'aveugler. « Vous seriez bien petit, Seigneur, disait à Dieu saint P'rançois de Sales, si vous pouviez être compris par un esprit, aussi petit que le nôtre (1). »
77i. 4'». Mais quelle est l'autorité à oui Dieu a laissé le dépôt de la parole ou de la vérité révélée f — (rest l'Eglise, nous l'avons dit plus haut. (Voir n. 749 et suivants.)
77:i. fjo L'Kf/lise peut-elle altérer la parole de Dieu ? — Pas plus que Dieu lui-même, car elle a reçu l'esprit de vérité. (Voir n. 7r>0.)
774. (io Tout homme peut se iromjier cependant ? — Oui assurément ;
(1) Un coeur innocent et docile entend d'abord la voix de la vérité : les doutes et les rechercties que forment l'ùrgueil, ioio de la rapprocher de nous, ferment les yeux à sa lumière: elle ne se communique qu'à ceux qui se font gloire <''en être les disciples. La soumission est la source des lumières ; plus on veut raisonner, plus on s'égare; plus on doute, plus Dieu permet que les doutes augmentent: la raison une fois sortie de la règle ne truuve plus rien qui l'arrête; plus elle s'avance, plus elle se creuse de précipices, aussi rtiérésie, d'abord timide dans sa naissance, va toujours croissant, et ne garde plus de mesures dans ses progrès. (Massillo.<().
Saint Augustin, se promenant au bord de la mer. cherchait à pénétrer, avec son génie, le mystère de la Sainte Trinité, lorsqu'il aperçut sur le rivage un bel enfant qui puisait avec la main de l'eau de la mer et la mettait dans une petite fosse qu'il avait creusée. « Que faites-vous, mon enfant ? lui demanda-i-il. — Je veux puiser toute l'eau de la mer et la mettre dans cette fosse. — Mais, mon enfant, c'est impossible. — Il est plus impossible encore, repartit l'enfant, qu'une intelligence créée comprenne la Trinité, a
mais Dieu, qui peut tout, peut préserver quelques hommes.de l'erreur et du
wf" -r-: '"■ 'l'empêcher la perle des Ames que l'erreur égare ; il a voulu
qi niont nous arrivât intact; sans cela il eût ftarlo en vain,
cl >t .; ,..Mis no serions plus sûrs d'avoir sa pari)le. C'est pourquoi il
a promis I assistance i\ son Kglise ; et il a tenu su promesse enrc}:istn''e dans l'Kvaniiile ; nolcz que tout cela est admirablement digne de Dieu cl salutaire
t>our nous. Dieu est le père des pauvres, des petits, des ignorants, qui ont >esoin de la vérité pour se sauver, aussi bien que les riches, les grands et les savants. Ils ont peu do temps pour l'étudier, ou mt-me sont incapables de faire celte étu<Ie. Dieu y a pourvu : rKglise est chargée de les instruire du nécessaire ; et, afin tpi'ils n'aient aucune crainte de s'égarer en suivant son enseignement. Dieu mettant sa puissance au service dos simples, assiste à leur profit IKglise et la préserve de toute erreur. I>e même que lui. qui a seul le pouvoir de pardonner les péchés, a donné aux prêtres, au profit des pécheurs, le pouvoir de les absoudre : ainsi lui, qui seul ne peut ni se tromper ni mentir, a donné à son Eglise et au Souverain Pontife, au Pape, l'infaillibil! à-dire le privilège de ne jamais errer et de ne jamais entraîner
]>■- ins l'erreur.
77». tn vertu de ce privilège, l'Ame de tout fidèle, même d'un petit enfant, est en paix sur les graves intérêts de l'éternité. Elle peut faire ce raisonnement : Je n'ai pas une grande science, il est vrai, mais je sais que la parole de Dieu ne trompe pas. Je sais que l'Eglise ne peut pas me tromper, puismie Dieu est a>^ec elle, comme il le lui a promis et connue il le prouve par les miracles, qui s'opèrent dans son sein. Je crois ce qu'enseigne l'Eglise, je crois ce catéchisme que m'apprend mon pasteur. C'est le même qu'on enseigne dans toute la Erance, c'est le même qu'enseignent les Evêques, c'est le même u'enseigne le Pape, c'est le même qu'apprennent et croient tous les fidèles de l'univers ; c'est le même qu'ont su et praticpié tous les martyrs et tous les saints. Je suis dans la vérité. Et cette Ame d'enfant, avec ce seul catéchisme élémentaire, en sait plus sur les vérités les plus importantes q\ie n'en ont su les philosophes tant vantés de l'antiquité, plus que n'en savent aujourd'hui même les prétendus savants, qui ne sachant pas croire flottent à tout vent de doctrine, comme un vaisseau sans pilote (1).
770. 7» Puisque la foi est établie sur la plus (f ratifie des certitudes, la vérité de Dieu lui-même, puisque cette vérité nous est transmise par l'Ef/lise catholique et jmr le Souverain Pontife que Dieu préserve de toute erreur, que peiuer de ceux qui choisissent, entre les vérités de la foi, celles qui leur conviennent , et repoussent celles qui ne vont pas à leur esprit, ou peut-être à leurs passions ? — Ils sont, hélas ! dans une erreur étrange. Ils ont perdu la foi. Ils ne croient plus à Dieu, mais à leur propre esprit. S'ils croyaient A la parole de Dieu, ils accepteraient tout ce que Dieu a révélé ; maïs par lA même tpi'ils rejellenl une partie de son enseignement, ils le font menteur sur les points qu'ils repoussent. Ils ruinent par conséquent en eux le fondement même de la foi. Ils cessent donc d'être calholupies.
(1) Doctrini$ tariis et peregrinis nolile abduci. Par ce qu'on entend parier diversement, parce qu'on voit IfR esprits divisés, et que celui-là, seliin la prédiction du Sauveur du monde, soutient que le Christ est d'un côté, tandis que celui-ci prétend au contraire in'il psi de l'autre, on démettre dan» une daneereiioe perplexité, sans rèclc et saii ir à quoi s'en ii • \ frère ? à la foi de
Jés u est la foi de J -i. Mais oii est-il?
Là ..,. . ■• ^<-- ■ ■■ ■•-' • ' ■ •^•'' .(..n.n5
saint Vu-
tion, le - >
orales, c'est »ui celle piètre ; <■ ijue vou^ iïe\ti v.»iis réfugier . 'fl
chaire que vous devez vous ai i dans relte Kcli-«e que vous davf ■ %
vérité, d • ■ ' s
appoyer
et en soni . , ■*-
tance de votre foi. ci qi. ice de vtpirt- fui eu au^uunUra io
mérite ; et selon toute i't ■■ lera glorifiée et couronnée dans
l'éternité. (BotniDALoui.)
278 coM'iiuiù.Ncts
Il en m! de m^me dp ceux qui doutent volontairement des vérités du salul. Celui qui doute est un infidèle. La foi, c'est la certitude, c'est la conviction fondée sur la parole de Dieu. Hossuel après Tertullien s'élève contre les insensés qui veulent dans l'Kvanpile prendre et rejeter ce qu'il leur plaît. « Ah ! malheureux, dit-il, (pi'entrcprenez-vous ? Josus-(;hrist est-il divise? Pourquoi défigurez-vous sa doctrine? Oue vous a fait l'Evangile pour le déchirer de la «orle : Quid diviidias mendacio Christum f Tofus veritas est. Kst-ce donc
aue l'Evangile de Jésus-Christ n'est qu'un assenihiage monstrueux de vrai et e faux, et qu'il en faut |»rendre ime partie et rejeter l'autre? Totus veritas, il est tout sagesse, tout huuière. tout vérité. »
777. 8" Comment peut-on en renir ainsi à laisser ébranler dans son esprit la foi, si solidement étahlie sur la véracité de Dieu et l'enseignement de l'Ef/lise, — Tant que l'homme est sur la terre, il n'y a pas d'écarts dont il ne soil capahle, s'il écoute sa nature déchue, et surtout s'il rencontre autour de lui d'autres hommes sans religion, dont les iliscours s'insinuent tortueusement dans les Ames, pour y porter le doute. Aussi les saints voulaient-ils qti'on s'éloipnAt le plus possihie de ceux qui n'ont pas la foi. L'.\pùtre de la charité, saint Jean, recommandait de ne pas même les saluer. Luimême apprenant iin jour qu'un hérétiijue se trouvait dans la maison où il était: Sortons d'ici, dit-il, j'ai peur que celte maison ne s'écroule (Ij.
Uuand on rencontre dans la famille même, des dangers pour la foi, c'est un grand malheur. Si l'on veut, dans un semhlahle péril, garder sa foi, il faut autant (pie possihie éviter d'entamer des discussions en matière religieuse, couper court aux ohjeclions que l'on peut entendre, détourner la conversation et au hcsoin s'éloigner. Malheur aux parents qui laissent tenir des discours contre la foi, en présence de leurs enfants !
778. 1)0 La foi ne rencontre-t-elle vas d'autres dangers peut-être encore plus grands que les discours des impies. — Les mauvaises lectures ont encore une influence plus pernicieuse. On connaît assez la vie de ceux qui parlent mal de lu religion, pour que leurs paroles n'aient pas grand crédit ; mais un livre, un journal, dont on ne connaît pas les auteurs, et qui s'olTrenl à nous avec une ai)parence de science, peuvent amener plus facilement le doute dans l'esprit. Et aujourd'hui les publications de ce genre pullulent et arrivent jusque sous le chaume de nos montagnes. Défions-nous de ces productions de l'impiété, ou plutùl ayons-les en horreur. On a aujourd'hui fréquemment l'occasion d'acheter un journal d'un sou. On dit ordinairement, que quand les choses coûtent peu, on n'en a que pour son argent ; eh bien ! généralement le journal d'un sou se paie trop cher, il ne vaut pas ce qu'il coûte. Il recèle souvent un poison mortel capahle de détruire la foi et l'amour de la religion (2).
779. iO» A"y a-t-il pas dans 7iotre nature elle-même, au-dedans de nous, des ennemis secrets de la foi qui peuvent, si on ne les combat, la détruire f — Assurément, et ces ennemis domestiques sont d'abord nos passions. Il ne sutlil pas pour y voir clair que le soleil luise et que les flambeaux soient allumés, il faut que l'œil ne soit pas impuissant, et nos vices rendent infirmes les sens de notre âme. Si les discours et les lectures ont
(l)/a) Saint Polycarpe, évéque de Smyrne, éUnt venu i Rome, y rencontra l'hérétique Marcion. qui l'alwrda en lui disant: « Me reconnaisser-vous î — Oui, répondit le saint, je vous reconnais pour le fils aîné de Satan. »
(6) En t667, lorsque la ville de Lille, assiégée par Louis XiV, fut réduite à se rendre, elle exigea comme condition de sa capitulation que le roi jurai devant Notre-Dame de la Treille, de mainienir dans la ville la foi cailiolique et de n'y env(.yer ni gouverneurs, Di officiers, ni soldats proleslams. Louis XiV le jura la main sur l'Evangile,
(2) Au mois de juin 187*, un soldai français, nommé Bonard. allait être fusillé. Il avait jei« dans la Seine un açenl de police et commis beaucoup d'au'res crimes. Il avait eu le bonheur de se préparer chrétiennement à la mort, et avant de subir son supplice. Il du : ¥ Je meurs plein de confiance en Dieu, à qui j'ai demandé pardon ; j'ai été bien coupable, mais il est des hommes qui sont plus coupables que moi ; ce sont les écrivains, les rédacteurs de mauvais journaux, qui m'oni perdu en m'inspiranl le mépris de la religion et la révolte contre toute auioriié. . (Voir la note du n» +88.)
LA lui 279
une influence falale dans les Ames, c'est parce que les passions leur ouvrent la place, ('oinfnent ont t.'omnieiiré toutes les hérésies?
780. 1) Par ror).'Upil. Quomodo ros /iotesfi:i crer/fre f Comment poiivezvous croire, a dit Jésus-Christ, vous qui chcrchoz la gloire )|ui vient dos hommes et <jui ne voulez point de colle qui vient de Dieu?... L'esprit orgueilleux ost indocile; il écoute plutôt ses propres pensées que celles de l>ieu; se détournant de la vérité, il se porte vers des tables, qui font son humiliation el sa honte. Ne voit-on pas, de nos jours, ceux qui ne croient pas à l'Kvangile, croire aux esprits, aux tahles tournantes, au magnétisme et jusqu'aux sorciers (1) ?
(1) L'orfîueil est la source secrète de l'incrédulité. Il y a dans celle oslentalion de raison, qui fail mépriser à l'incrédule la croyance commune, une déplorable sngulaiiié qui le flatte et fait qu'il suppo-e en lui piuâ de force et plus de lumière que dans le resie d*»» homme», parce qu'il a 05é secouer le joug qui les assujf itit tous, et contredire témérairement ce que les autres jusqu'à lui s'étaient contentés d'adirer.
Or, puur citer à l'incrédule une si affreuse consolation, il n'y a qu'à démontrer d'abord quil n'est rien de plus glorieux à la rais<jn que la foi, et rien de plus honteux que de ne pas croire. Eh quoi, mes Frères, serait-il donc plus glorieux à l'homme, de se croire de la même nature que les béies, et d'attendre la même fin? Quoi, l'incrédule croirait se faire plus d'hnnnour en se persuadant qu'il n'est qu'une vile boue, que le hasard a assemblée, •' ' ' iidia. sans fin, sans destination, sans espérance, sans aucun an et de son corp<, que celui d-- se plonger brutalement
comme Ils - -..; l. luplfSs charnelles ! Quoi, il aurait meilleure opinion de
lui-même, en se retjardani comme un infortuné que W hasard a placé sur la terre, qui n'attend rien au-delà de la vie. dont la plus douce espérance est de retomber bieniôt dans le nt'ant, qui ne tient à aucun être hors de lui, qui est réduit à trouver en lui-même sa félicité, quoiqu'il n'y trouve que des inquiétudes et des terreurs secrètes I Est ce donc
Ij pp..., ,..r i; ,;„.,. ,, qy, flaHe tant l'orgueil de l'incréclule* Grand Dieu I qu'il est
glor n'avoir pour ennemis que dos hommes de ce caractère 1 pour
moi, ' Ambroise aux incrédules de son temps, je me fais honneur
de croire des vériié» si honorables k l'homme: Juvat hoc credere. d'attendre des prooifsses si consolantes- Sperare delfctat Ce»! se punir bien tristement soi-même, que de refuser de les croire. Son " " i est. Ah i si je me trompe en aimant
mieux attendre l'éternelle soci' is le sein de Dieu, que de me croire de
la même n '''"■" ""■' 'es bêles, c'i. e ,.ie j'aime, qui m'est chère, et dont >•■ ->'
veux ja:: trompé: {Juod si in hoc erro ; quod me Angelis poil »/■
tociare u /* bettiis, libenter in hoc erro, nec iinquam ah hac o;/m
dum riro. iiaudari patiar.
Celui qui se fait un honneur de ne pas croire, sait-il ce que c'est qu'un incrédule-*
C'est un h ' " -îns probité, sans foi, «ans caractère, qui n'a plus !' —
règle que loi que ses injustes pensées, d'autre maître que -
sirs, d au e de l'autorité, d'autre Dieu que lui-même: enfani
taré, puisqu'il cruil que îe hosard tout seul lui à donné des pères; ami infidèle, puisqu'il oe regarde les hommes que comme les tristes fruits d'un assemblage bizarie el fortuit, auxquels il ne tient que par des liens passagirs; miltre cruel puisqu'il est [lersuadé que c'est le plus fort et le plus heureux qui a toujours raison. Car qui pourrait
désormais se flerà lui? Il ne craint plus de Dieu, il ne respecu- .i"' i ■; i. .......... . .-• m i
plus rien après cette vie; la vertu et le vice lui paraissent i
les suites de la crédulité des peuples. Les adultères, les
les perfidies noires, les abominations qu'on n'oserait nommer, ne sont plus pour lui qve des défenses humaines, et des polices établies par la politique des léirislateiirR. |,es
crimes les plus affreux, et ' '~- '• ■ •■••''
anéantissement éternel v
jours dans l'horreur du' , ,l
qu'un vient de vous donner de lui, iûlle-l-elie beaucoup son orgueil et pouvtz-vous en soutenir la ;»f nie image *»
D'aillcur ■ ■ ■ * , e de son esprit qu'il faut at-
tribuer s • «on cœur, cl qu'il n'a com-
me fi'-' *
L< on ne secoue le joug de la
foi, ; 1 aurait jamais eu d*ennemi(,
si elle n'avail été l'eiuniiot: il.. •-.
De plus, mettez d'un rl^<é t' i la la religion a iunné» au monde
dans tous le» siècles, tt de " ■ • ■
l'incrédulité a produiis. i
prendre pour guides et m . . ,
souvenir qu'avec horreur, ce* monalrea qu'il a plù è la Provideace de permctlK i|u« t«
280 (JO.NFÉUKNCES
nature enfantât de temp» en lemp» ; ou Ips Ahraliams, les Josephs, les Moïses, les David», les h^ ,.s de Tancien cl du nouveau temps? qui oserait
soutenir ce i > saint Urùme dans une occitsicm diiïérenle, si
vous me ci . ;.i glorieux d»; me tromper avec de tels «uides:
Si me dfprehenderis errantem, parce me, quœio, errare cum talibus. (d'après Masmllok).
Rien n'est plus humiliant pour l'incrédulilé,' que de la rappeler à son origine: elle
Eoric un faux nom de science et de lumière : et c'est un enfant de crime et de ténèbres, 'incrédule c'est un homme qui a peur la nuit, et qui chante en mîirc>ianl tout seul dans les ténèbres, pour se rassurer lui même : la débauche nous rend toujours lâches et crainiifs. et ce n'est qu'un excès de peur des peines éternelles, qui fait qu'un libertin nous prêche et nous chante sans cesse qu'elles sont douteuses : il tremble, et il veut se rassurer contre lui-même : il ne peut pas soutenir en même temps ta rue de ses crimes et celle du supplice qui les atiend.
L'incrédule est un lâche qui chasse sa peur sous une fausse ostentation de bravoure. — La preuve qu'il n'est pas bien ras.suré, c'est le temps des grandes épreuves. Alors ce n'est pas h leurs compagnons d'impiété et de libertinage que les incrédules ont recours pour se consoler ; ce n'est pas dans ces railleries impies de nos mystères, et dans cette philosophie aiïreuse, qu'ils cherchent un adoucissement à leurs peines : ce sont là les discours de la joie et de la débauche, et non pas de l'affliclion et de la douleur : c'est la religion de la table, des plaisirs, des excès ; ce n'est pas celle du .■•érieux. des contretemps et de la tristesse : le roûi de l'impiété tombe pour eux avec celui des plaisirs.
A la mort surtout, quand Dieu qu'ils ont abandonné, ne les abandonne pas tout à fait, quelles sont leurs transes. C'est là que je voudrais faire parler le pécheur mourant contre l'incrédulité dont il a fait parade. C'est autour de son lit que je voudrais appeler tous les incrédules pour les confondre par un témoignage qui ne peut leur être juspecl, et dire à ce moment avec Tertullien : o âme I avant que vous sorliez de ce corps terrestre, dont vous allez vons détacher, souffrez que je vous appelle ici en témoignage : Consisté in medio anima : parlez dans ce dernier moment, où vous ne donnez rien à la vanité, et où Vous devez tout à la vérité ; dites-nous si vous recardez le Dieu terrible, entre les mains duquel vous allez tomber, comme un êire chimérique dont on fait peur aux esprits faibles et crédules? Dites-nous si tout disparais.sant à vos yeux, si toutes les créatures retombant pour vous dans le néant. Dieu seul ne vous paraît pas immortel, immuable, l'Etre de tous les siècles et de l'élernilé, et qui remplit le ciel et la terre 1 Nous consentons maintenant, nous que vous avez toujours regardés comme des esprits superstitieux et vulgaires, nous consentons que vous soyez le juge entre nous et l'incrédulilé à laquelle vous avez toujours paru si favorable : A te texlimonium flagitant Christiaiii, ab exlranea adversùs tm%. Quoique vous ayea été, jusques ici. étrangère par rapport à la f.Hi, et ennemie de la Heligion, la Religion s'en rapporte à vous contre ceux que le lien affreux de l'impiété vous ava i si élroilement unis : A te teslimonium flagitant (Jirtsttant. ab exlranea advenus tuos Si tout meurt avec vous, pourquoi la mort vous paraît-elle si fort à caindre : Cur in totum times mortem, si nihil est tibi tmendum pont mortem? Pourquoi ces mains suppliantes vers le Ciel, s'il n'y a point de Dieu qui puisse se laisser touchera vos çémissemenis et écouter vos prières? Si vous néles rien vous-même, pourquoi démentez-vous donc le néanl de votre être el tremblez-vous sur les suites de votre destinée? Si nihil es ipsa, cur menliris in te • D'où vous viennent dans ce dernier moment, ces sentiments de cainle, de respect pour l'Etre suprême? N est ce pas parce que vous les aviez toujours eus, que vous aviez imiiosé au public, par une fausse ostentation d'impiété, ei que la mort ne fait que développer les dispositions de loi et de religion que vous aviez toujours conservées pend.int voire vie? 1 " Q"' prouve encore que l'incrédulité vient des passions : c'est qu'on n'attaque que les ventes qui les contrarient : quelle que soit la profondeur des science smalhématiques, on n en trouve pas souvent qui les contestent, bien qu'ils n'en comprennent pas Jes problèmes. Il importe aux incrédules de vivre au gré de leurs désirs déréglés et cependant de n avoir rien à craindre après cette vie: voilà la seule vérité qui les intéresse : passez-leur ce point ; l'obscurité de tous les autres mystères ne les occupera pas seulement: ils conviendront de tout, pourvu qu'on les laisse jouir tranquillement de leurs
.„, .^j,„. ... t\ ■ . , rr- -■• ~. ^^ .^ ..v>M.......>. . Malunt nescire, çuia
&f fi? .'■' "■"" "es\.l''"s indécent el plus insensé, continue ce Père, que de înril. Si „'"'' M>r^ *"" '7"°'"« '• ^^ ^"^^ ce que la Religion demanderait de ces ïroTL lil "k^"' *^'^''"' f' f*""' *^°""-« «"'e. c'est qu'ils ne la condamnassent pas
vo I» IcTa*"'" '""""* • ^"""^ ^""^ interdum. ne ignorata damnetur. ^ inrrTJf.'ipT L n- ; •'" ^" "'"' P;**"'."^ '°"» '=^"'' q»* se «donnent dans le monde pour u «.i^Sn 1 • J''"""^ ''PP'"'^f«ndi, ni les difficultés, ni les preuves respectables de ™.n. &'.«V" »«""•/" «"«-ne assez pour en dealer. Ils la haussent : car com' ment timer ce qui nous condamne : et celte haine est la seule science qui forment leurs