LA FOI
doutes, et qat leur apprend à la combattre : Malunt iiescire, quia jatn oderunt. Ce sont des aveugles volontaires. Ils se sont mis un bandeau sur les yeux, et le soleil qui éclaire tuule la tene les laisse dans les ténèbres. Le bandeau est épais, c'est celui de leurs iniquités.
Ils n'ont pour toute science que quelques doutes usés et vulgaires, qu'on a débi'.és dans tous les temps, et qu'on débite encore tous les jour? dans le monde ; et ils ne savent qu'un certain jargon de libertinage qui passe de main en main, qu'on reçoit sans l'examiner et qu'on n'pète sans l'entendre : vous trouverez que toutes leur capacité et leur étude sur la Religion, se réduit à certains discours de libertinage, qui courent les ru«8, s'il est permis de parler ainsi.
Vuus n'y trouvez nul funds, nul principe, nulle suite de doctrine, nulle connaissance de la Religion qu'ils attaquent: ce sont des hommes dissipés par les plaisirs, et qui seraient bien fâchés d'avoir un moment de reste, pour examiner attentivement des vérités qu'ils ne se soucient pas de connaître. Ils ne savent que le langage des doutes, mais des doutes qu'ils ont appris, ils ne les ont pas formés, ils répèlent ce qu'ils ont entendu, c'est une tradition d'ignorance et d'impiété qu'ils ont reçue. On leur fait bien de l'honneur de les ranger parmi les impies, de les qualifier des titres affreux d'athées ou de libres- penseurs. Ils ne sont rien, ils ne tiennent à rien. Ou moins ils ne savent pas ce qu'ils sont, et ils ne sauraient nous le dire. — Eux qui nous traitent d'esprits faibles et crédules: eux qui vantent tant la raison, qui nous accusent sans cesse de nous faire une religion des préjugés populaires, et de ne croire que parce que ceux qui nous ont . précédés ont cru : eux, dis-je, ils ne sont incrédules et ne doutent, que sur l'autorité déplorable d'un libertin à qui ils ont ouï-dire souvent, que tout ce qu'on leur prêche d'un avenir n'est qu'un épouvanlail pour alarmer les enfants et le peuple : voilà toute leur science et tout l'usage qu'ils ont fait de la raison. Ils sont impies, sans examen et par crédulité, comme ils nous accusent d'être fidèles ; mais par une crédulité qui ne peut trouve! d'excuses que dans la fureur et l'extravagance, c'est l'autorité d'un seul discours impie, prononcé d'un ton ferme et décisif, qui a subjugué leur raison, et qui les a rangés du côté '»e l'impiété. Ils nous troinrent trop crédules de nous rendre à l'autorité des Prophètes, des Apùtres, des hommes inspirés de Dieu, des prodiges éclatants opérés pour établir la vérité de nos mystères, et à cette tradition vénérable de saints Pasteurs qui nous ont transmis d'âge en âge le dépùt de la doctrine et de la vérité, c'est-A-dire, à la plus grande autorité qui ait jamais paru sur la terre ; et il leur semble plus digne de raison, de déférer à l'autorité d'un impie, qui dans un moment de débauche, prononce d'un ton ferme qu'il n'y a point de Dieu, et ne le croit pas peut-éire luimême.
C'est d'ordinaire une société de libertinage qui fait parler le langage de l'impiété, on vent paraître tel que ceux à qui les plaisirs et la débauche nous lient, et il semblerait honteux d'être dissolu, et de paraître croire encore, devant les témoins et les complices de nos désordres ; afin que la débauche soit an bon air, il faut y ajouter l'impiété et le libertinage ; autrement ce serait être déhanché en novice: il faut l'être en impie et en scélérat ; on laisse à ceux qui ne sont point exercés dans le crime, à craindre encore un enfer et ses peines ; ce nsle de Religion parait se sentir encore un peu trop de l'enfance et du collège. Mais quand on a fait certain chemin dans la déhaucbe. ah l il faut se mettre au dessus de ces faiblesses vulgaires : on a bien meilleure opinion de soi, quand on peut persuader aux autres qu'on n'en est plus là : on se moque même de ceux qui paraissent encore craindre : on leur dit d'un ton d'ironie et d'impiété, comme autrefois la femme de Jol» à cet homme juste : Adhuc tu permanes in simplicitate tua f Et quoi vous en êtes encore là ? Vous êtes atisez simple pour croire tous ces contes dont on vous a fait peur quand vous étiez encore au berceau.
0 mon Dieu I que l'impie qui semble vou» mépriser avec tant de hauteur, est petit et méprisable lui-même ? C'est un lâche qui vons insuite tout haut, et qui vous craint encore en secret ; c'est un glorieux qui se vante de ne rien craindre et qui ne nuus dit pas tout ce qu'il pense dans son (-(eur ; c'est un imposteur, qui voudrait nous en imposer, et qui ne peut réussir à se inim|)er lui-même.
Olons à l'incrédulité en la méprisant, la gloire déplorable qu'elle cherche, les incrédules seront rares parmi nous dès qu'ils seront méprisés ; et la même vanité qui forme leurs doutes, les aura bientôt anéantis ou cachés, dès que ce sera parmi nous un opprobre de paraître impie, et une gloire d'être ildèle. C'est ainsi que nous verrons finir ce scandale.
Les plus grands hommes du paganisme ne parlaient qu'avec respect des superstitions de l'idolâtrie, dont ils connaissaient la puérilité et l'extravagance : ils pensaient avec les sages, et ils n'osaient parler que comme le peuple. Ils n'auraient o.sé. avec toute leur réputaiion et leurs lumières, insulier loot haut un culte si insensé, mais que la niîijcsié des lois de l'empire et l'ancienneté rendaient respectable. Socrate lui-même.
riionneur de la Grèce, ce philosophe si estimé de Ici. ' • ' ' ' *•
(lier nu sien, perd la vie par un arrêt public d'Atln ''*
circonspection de ces dieux hir.nrp»; .inxanrl^ so^ n . >'i'l
et d'boDDCttr qu'à lui-même.
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781, 2) l'ar la «Diiuption des iimpiu-s (I). ^l I litrcsic cl I imjin'ic <iiil pour pèro l'orgiicil. elles ont pour inère, fanl-il le Hire. rimpiirclé. Luther tMail nn moine nrjiiieilleiix, jaloux, nu cd'iir souillé, et e'esl poiinpioi il sest fait rliefdii prnlestantisnie. Il serait facile de faire l'iiisloire de nos impies; ils ont eu la foi d'ahord. puis ils sont flevenus libertins, et du libertinage à l'impiété il n'v a qu'un pas. Il vient un moment où les passions veulent régner en maître sur im cœur corrompu, lui pei-suadant de repousser la foi qui les gène. (Juebpies-uns. dit saint l'aiil. en rejetant la boime conscience ont fait naufrage dans la foi (2). Messieurs, disait le Père de Mavignan, dans une de nos catnèdrales, devant un nombreux aiiflitoire d'hommes, sovez chastes et vous aurez de grandes lumières. D'un co'ur gAté s'élèvent des nuages de ténèbres qui obscurcissent l'esprit. Ah ! si ceux qui ont perdu la foi avaient le courage de rompre avec de honteuses habitudes, ils l'auraicnl vite retrouvée ! (3).
7S2. On raconte d'un jeune homme, qu'il alla demander à un prêtre une autlience. Il voulait, disait-il, lui faire résoudre des objections qui lui venaient à l'esprit contre les vérités de la religion ; le bon prêtre lui montre un prie- Dieu et l'invite A se mettre A genoux. — Ce n'est pas pour me confesser (pic je suis venu. — (ionfessez-vous d'abord et puis nous résoudrons ces objections. Le jeune homme se confesse et est amené piu' la charité de l'houime de Dieu à détester ses péchés et à y renoncer. La confession achevée : — Faites-moi connaître, maintenant, vos doutes, dit le prêtre. — Je n'en ai plus, répond le jeune homme. Oi'^n'l le cœur est guéri, l'esprit ne tarde pas de l'être (4). W) L'ignorance est un grand péril pour la foi. Les ignorants sont
Et parmi nous le Dieu du ciel et de la terre est insulté hautement, sans que le zèle public se réveille t et sous l'empire même de la Foi, des hommes vils et ignorants font des dérisions publiques d'une doctrine descendue du Ciel ; on applaudit à l'impiété.
('Ma>SILLOJ(.)
(1) (a) Les paTens eux-mêmes l'avaient compris. Quand saint Chrysanthe se convertit à la foi, son père, qui était païen, tenta tout pour l'en détourner; et ses amis lui conseillèrent de le corrompre, afln de le dissuader plus efficacement de son désir d'être chrétien. Le pt^re emp oya donc toutes sortes de séductions; mais le jeune homme triom^'ha par une ardente prière.
{b) Théodore de Bèze éaii un ministre protestant de Genève, presque aussi fimeux que Calvin. .Saint Françdis de Sales eut avec lui plusieurs entretiens, dans lesquels Bèze parut convaincu de la vérité catholique; mais il ne se convertit pas. Deshaies, gouverneur de Moniargis, se tmuvant à Gi-nëve, entra par sa belle humeur dans Tintimité de Béze. Il lui demanda un jour, comment un homme tel que lui pouvait être attaché à la réforme de Calvin. Bèze, se levant, fait entrer une jeune fille fort belle, et dit à Deshaies : « Voici ce qui m'attache à ma religion. »
(â) Lacordaire a écrit : • Le vice est tellement incompatible avec la foi chrétienne, que cette foi s'obscurcit ou s'éteint dans ceux qui ne veulent plus combattre leurs passions ; et l'incrédulité, sous ce rapport, est une de.« plus glorieuses couronnes du christianisme. Ni le musulman, ni le païen n'ont besoin d'aposlasier pour être tranquilles dans l'opprobre de leurs sens; le chrétien seul a un Dieu qui le force à rougir. »
(3) (a) Henri VIU. roi d'Angleterre, avait d'abord montré un grand zèle contre l'hérésie, qu'il avait combattue dans un ouvrage. Léon X lui décerna, à cette occasion, le titre de défenseur de la foi; mais une fois qu'il eut répudié Catherine d'Aragon, pour Vivre criminellement avec Anne de Boleyn, il devint schismatique, et, dans sa fureur, il immola 20 évêques, .VjO prêtres et 360 gentilshommes, qui avaient refusé d'approuver ses turpitudes.
(h) Nos doutes ne viennent que de l'obscurité de nos esprits. Saint Ignace avait reçu de telles lumières sur nos mystères, qu'il disait : « Lors même qu'ils ne seraient pas contenus dans l'Evangile, je ne craindrais pas de les prêcher, ni même de verser tout mon sang pour les défendre. >
(4) 10) Si le vice se dorble de l'orgueil, le danger est plus grand encore. « Il y a en effet, dit Lacordaire, un vice humble, un vice qui se connaît, qui se méprise, qui frappe sa poiirine : je ne dirai pas qu'il est cher à Dieu; mais Dieu peut le guérir plus facilement, comme il a guéii Madeleine. 11 y a, au contraire, un vice empoisonné d'orgueil, un vice qui lève la télé, qui nt et se moque : celui-là Dieu le hait, et il est un obstacle presque invincible à la toi, parce qu'il est la réunion de deux perversités, dont la rencontre ôte à l'Ame les dernières ressources du bien. Déjà l'orgueil tout seul e&i si insupportable à Dieu : que sera-ce du vice enorguilli? Or, rien n'est moins rare