LA FOI
sans défense contre les objections des impies, et contre .l'influence des lectures et des conversations irréligieuses. Et cette ignorance grandit tous les jours avec les écoles sans Dieu (1). 11 n'est donc pas d'œuvre plus salutaire
qoe cette lamentable disposition du cœur : esclave que l'on est des plus vils penchants et des plus honteuses pratiqu*'S. un se drape dans la fierté d'une conscience sans reproche : on en appelle à son honteur, à sa probité, à son génie, et l'on couvre du nom de faiblesses aimables la prostitution de tousses sens à la volupté. On emploie un demisiècle à pervertir autour de soi l'ignorance de la jeunesse et la beauté le la vertu, et après avoir précipité dans l'abjection nombre d'àmes. dont on ne daigne pas même respecter les ruines dans su mémoire, au lieu de dire à Dieu, comme saint Pierre : « Seigneur, retirez-viius de moi, parce que je suis un homme pécheur »; on se plaint du peu de luaière que Dieu a mis dans ses œuvres, et on lui impute le malheur qu'on a de ne pas le connaître et de ne pas le servir. Croyez-vous, messieurs, que des miracles sont dus À de telles plaintes, et qu'il y ail faute à Dieu, de ne répondie que par le silence et l'endurcissement? (»h ! oui, les femmes que nous appelons perdues nous précéderont dans le roijanme du ciel, parce que pres(|ue toutes ont été victimes avant d'être mercenaires, et que du fuad de leur abaissement il leur arrive de lever vers Dieu ce regarà doux et humble qui "st plus qu'un remorjs, s'il n'est pas encore une vertu. Dieu les entendra; il entend le moindre soupir sincère, et il achève toute larme que l'on commence pour lui. Mats l'orgueil de l'ignorance, l'orgueil de la science, l'orgueil du vice, il les méprise tous trois; il les attend au jour où les anges chanteront une seconde fois, en présence de tout l'univers assemblé, l'hymne du Dieu fait homme : « Gloire à Diea, au pius haut du ciel et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! >
(0) Bouguer était un savant incrédule du xvni° siècle. Après sa mort, d'Alembert put dire : « Nous venons de perdre la meilleure léte de l'Académie >. Or, dans les emretiens qu'il eut, avant la fin de sa carrière, avec le P la Berihonie, entretiens qui préparèrent sa conversion, il lui dit : « Je n'ai jamais été incrédule, mon Père, que parce que j'éiais corrompu. Allons au plus pressé, non cœur a plus grand besoin d'être guéri que mon esprit. »
(1) M. Boyer, Salpicien, ami de Frayssinoos, portait toujours avec lui, dans ses voyages, quelques livres dont la lecture l'absorbait. Une dame voulant le distraire lui dit : f Savpz-vous, monsieur l'abbé, que je suis une incrédule et que je ne crois à rien. — Madame croit pourtant à l'existence de Dieu? — Pour l'existence de Dieu, soit .... — Madame admet-elle une révélation ? — Oh ! non, la révélation et tout ce qu'on en dit n'esi qu'un Conte. — Madame a-t-elle examiné les preuves de la révélation, quelques ouvrages de Bergier.de la Luzerne, de Frayssinous, les écrits de Bossuet et de Fénelon? — Non. — El, madame, reprend M. Boyer ; si vous ne connaissez rien de tout cela, dites
Sue vous êtes une ignorante, et non une incrédule. « Hélas! combien de gens aujourhui croient être incrédules et ne sont qu'ignorants!
Les yeux ont été faits pour voir la lumière, et tu es faite. Ame raisonnable, poor voir la vie éternelle qui illumine tout homme qui natt au monde. Les yeux se Udurrissent de la lumière : Luce quippe pascunlur oculi nostri, dit saint Augustin ; et ce qui fait voir.
pour?-'' " ■ ■ ' ' mme, que la luinière les nourrit et les fortifie, c'est que s'ils dtv-ov
rt- n' ! tns l'obscurité, ils deviennent faibles et malades. Cum in te '
fuer . ■ (ibid.) Et cela pour quelle raison, si ce n'est dit le même ^
qu'<ls »<>ii( privés lie leur nourmare et comme raligués par un trop long jeûne : Fraudati oculi cibo $uo . defali'janiur et debililanlur , quasi quodam jejunio lucis (ibid.). D'iiù il arrive encore un t " ' :>• : c'est que si l'on continue à leur dérober cette nourriture agréable, ou vii /. enfin défail'ir, par mxnque d'aliments ; ou,
■'ils ne meurent pas tout i fait, il la moins si débiles, qu'à force de discontinuer
de voir la lumière, ils n'en pourront pius supporter l'éclat : ils ne la regarderont qu'A demi, d'un œil incertain et tremblant. Ahl rendez-noos, diront-ils, notre ot)8Curiié; ôieznous cette lumière importune : ainsi la lumière qui était leur vie est devenue Tobjet de leur aversion.
Ch-'- -. -' — — " - •" "-l'il nous en <•"' --■■•■>< ■*- "-a„,..o ,i..; ..» .„:,
nou de la ve
rais- !>• céleste, ei .
devient languiss«nie et exténuée, elle ne peut plu» voir qu'avec peine, après, «Ile ne
désire plus de voir; enfin elle ne hait rien tant que de voir. Ahl qu'il n'est que trop
véritable, qu'il n'est ■ ri •
criminels, on ne cht
et la raison en e'-t > .'...,.■ • , .
ses yeux n'est plus avec lui : Lumen ncuiorum meorum et ipiurn U'.n tps. XXXVII, M.). ViiuIpz-vous éirr cnvaincus qu'il r.e ^eut pa.s soir ; An : ■;
ombres qui l'environnent, un s.iee ami s'appr>'Che de lui; il observe s'i' t
quelque tndroit par nu on loi puisse faire enireviiir le j"ur; ma\s il en déu
il oe veut point voir la lumière, qui loi découvre une erreur qu'il aime, < > " liâ
veut pas >e désabuser : Oculos suos ttatu^unt declinare in terrant. (Ps. XVI. u.)
(BOSSUCT.)
I M.M lJil,.\i.KS
q>ip (1 ; le rat«M-liismo ou la doctrine chi-étiennc aux paiivros entants
abaii' 1 aux ignorants ; et. pjir ignorants il faut entendre roux qui
sont iiiMiuiiv, mais qui ont oublié les vérilVîs de la foi. Dans chaque paroisse, il faudrait un certain nombre de personnes qui eussent le soin de rechercher les enfant-s sans instruction religieuse, de r^-pandre et de faire lire des livres instruilifs dans les familles.
"><:<. (J'en est assez. Nous comprenons la nécessite de la foi, sa certitude \t'e sur la parole de Dieu, qui sait tout, et ne peut se tromper, sur la iiion «'clatante que Dieu nous a faite, et dont la divinité et la certitude sont attestées par les plus grands miracles, et par le témoignage humain le plus irrécusable. La certitude de la foi est appuyée sur l'enseignement infaillible de l'Kglise, et du Souverain Pontife assisté d'une manière merveilleuse par Dieu, comme le prouvent les nurades opérés par les saints, qui seront à jamais dans l'Eglise catholique, la seule vraie et divine. Croyons, si nous ne voulons pas nous perdre à jamais. Croyons sur la parole de Dieu <pii ne nient point. Croyons avec l'Eglise, avec le Pape infaillible, avec les .\potres, avec les martyrs, avec toutes les ftmes pures de tous les siècles ; en croyant nous sommes en bonne compagnie. Laissons les impies et les libertins faire cause commune, et s'unir poiu* attaquer la vérité et la vertu; loin de nous joindre à eux . fuyons leurs discours et leurs écrits ; et , par la docilité d'une ftme humble et la pureté d'une vie chaste, gardons justju'ù la mort cette foi qui nous ouvrira le ciel ; car la foi est le crépuscule de la gii>ire. (i).
IT.— Dn g^and moyc^n de ft*infttrnire des) Térités de la foi ou de la parole de Ilieu.
784. Homo quidam fecit rœnam maç/nam. (Luc. XIV, 16.) Un homme donna im jour un grand festin, (.et homme c'est Jésus-Christ, le Fils de Dieu fait homme poiu* notre salut. Le repas qu'il nous a préparé, c'est sa divine parole, l'aliment de nos Ames. Il a dit, en effet, lui-même que V homme ne vit pas seulement de pain, tnaisde toute parole qui soi't de la bouche de Dieu. (."est pour faire apprécier cette céleste nourriture de nos âmes que nous traitons ici de la parole de Dieu.
785. 1" Qu'est-ce que la parole de Dieu ? — (J'est la vérité que Dieu a fait ■onnaitre aux homiries. C est l'enseignement catholique apporté par Dieu à la terre et prêché par les pasteurs de l'Eglise à tous les fidèles qui sont dans l'univers ; c est l'Evangile, que tous nous devons croire et pratiquer.
786. 2o Dieu a donc parlé au.x hommes ? — flelui qui donne la langue aux créatures, serait-il impuissant à leur parler lui-même ; et s'il ne nous avait pas parlé.comment aurions-nous connu parfaitement les choses de l'autre vie? Uni a vu Dieu, qui a vu la récompense qu'il prépare à ceux qui le servent,
(1) «Quand nous serons dans la gloire, ce sera le temps de satisfaire l'esprit, maintenant c'est le temps de purifier le cœur. Aussi voyons nous que le Fils de Dieu nous a donné des lumières, non autant qu'il en faut pour nous satisfaire, mais autant qu'il en faut pour nous conduire. Quand au milieu de la nuit on pr(*senle une lampe à un iiorome, ce n'est pas pour réjouir sa vue par la beauté de la lumière : le jour est destiné pour cela. Alors on voit le soleil qui anime toutes les couleurs et qui réjimit par une lumière éclatante toute la face de la nature. t>ette petite lumière qu'on vous met, en attendant, devant les yeux n'est destinée que pour vous conduire. Ainsi en a-t-onfait aux hommes ; el ce n'est pas moi qui le dis, c'est l'Ecriture elle-même, qui compare la sainte doctrine à une lampe pendant la nuit : Qua$i lucernœ lucenti in caliginoso loco. (II. Petr. I. 19.) Voici le temps de l'ob-iicuriié : ténèbres de toutes parts. Cependant, de peur que nous ne nnus heurtions. Dieu allume devant nos yeux un petit luminaire : Lu7ninare minus. utprrresf.et nocti. (Gen.. I, 16.) Il y aie grand luminaire qui préside au jour; c'est le luminaire de gloire que nous verrons. Il en faut maintenant un moindre pour présider la nuit : c'est la doctrine de l'Evangile, au milieu des ténèbres qui nous environnent. Un petit rayon de clarté nous trace un sentier é'roii, par où nous pouvons marcher sûrement, jusqu'à ce que le jour arrive et que le soleil se li^ve en nos cœurs : Lucernœ in caliginoxo loco donec dits illurescat, et lucifer oriatur i>i cordibus noatris. Ne vous arrêtez pas à cette lumière seulement pour la contempler. Si vous voulez jouir pleinement du spectacle de la lumière, attendez le jour; cependant marchez et avancez à la faveur de cette lumière, qui vous est donnée pour vous conduire. » (Bossuet.)
LA PAHOtE UK iwi.r 285
Ifs rlitUiinciits i|ii"il réserve aux inéchanls ? Si Dieu n'avail pas parlé aux Il ;ii!!i' >. qui aurait pu clairenionl découvrir ce que nous avons à faire et à < V , iirlui plaire^ L'homme ici-bas serait en quehjue sorte sembjable à <-rranl dans la nuit, à la faible lueur d'une lampe, au milieu i' - -.au risque d"y tomber et de s'y perflre. Dieu, qui est notre
l'ère, du iiHul du ciel, voyant les ténèbres de notre raison, ne nous a pas abandonnés. La mère abandonnerait plutôt son enfant. Aussi a-t-il toujours eu pitié de sa créature; et jamais, dans aucun temps, il ne l'a livrée à son ignorance et à sa faiblesse. Toujours il a fourni A l'homme les moyens de le connaît ro oX de l'aimer ; à travers tous les âges, il s'est révélé à lui, soit par le iiiiiiisi. IX' des anges, soit par les prophètes qu'il éclairait de ses divines lumières.
787..Voi'i«*im« tocutus est nobis in Filio ; et enfin il nous a parlé par son Fils, qui est venu sur la terre. Ce divin Fils a conversé avec les hommes jiendarit trente ans, et leur a fait connaître tous les secrets de son Père; ses [taroles ont éd- ■• ■■ -^^Mies avec soin par ses disciples. (J'est là l'Evangile que croient tous pies, tous les protestants même. Dieu n'a pas voulu
que la vérité t. .i travers les siècles. En effet, nous ne serions pas
plus siii-s de la vérité qu'avant la venue de Noire-Seigneur, si nous n'étions entièrement certains que sa parole est arrivée intacte jusqu'à nous, et l'œuvre divine serait manquée. Lorsque Dieu se charge d'une mission, il ne la remplit pas à demi. Il est le Père et le Sauveur de nous tous, aussi bien (pie de ceux qui vivaient au moment où il prêchait son Evangile. Aussi a-t-il voulu que sa parole nous arrivât toute entière, et c'est pourquoi il a établi les .\pàtres, les pasteurs, pour enseigner les lidèles. Je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles. Je vous enverrai l'Esprit de vérité, afin qu'il demeure avec vous jusqu'à la fin.
788. Oiiand Dieu promet il tient parole. Il est avec l'Eglise, et par elle il re ce qu'il a enseigné, il y a dix-neuf siècles ; et cet enseigne- . que l'on reçoit partout dans toutes les chaires, sur toute la surra<:e lie li icrrc, de la part des prêtres catholiques, en communion avec les évêqiies catholiques et avec le Souverain Pontife de Rome. Ma doctrine n'est foctrine, peut dire tout prêtre, mais la doctrine de celui qui m'a I ). La parole de Dieu c'est une lettre écrite par Dieu à l'humanité. «juauM I empereur de la Chine écrit une lettre, il l'enferme dans une enveloppe de pourpre, la place sur un siège de son trône, et la fait porter sur un
H) Ost l'Evangile de Jésus-Chrisl qui a civilisé le monde. « Du haut de la montagne .,:, In nn.-.,i«> sainlc 3 pHS suD eMor, voyez comme elle piaae sur le monde sans s'élever de peur d'éblouir au lieu d'éclairer, sans descendre trop ba;, de peur que la 1 iii temps ne ternisse l'éclat de ses ailes. Elle court, elle vole, elle passe, elle
reviura, cile n'a ni repos, ni limites. Elle range de siècle en siècle sous la même loi. les Goibs d'Alaric. les Francs de Cluvis, les Lombards d'Alboin. les Hongrois de saint Etienne, Ir ' .Js de Rollon et de Robert Cuiscard. les Incas du xti* siècle et les
Chinois du ^ s'est harmi>nis«^e avec chaque gouvernement sans en épouser les
excès, avec , de s-in» en prendre la couleur, avec chaque peuple sans ei» revêtir le caractère. Lie demeure immuable au milieu des changements el de la mobilité, indesliuclible au milieu de:i destructions et des ruines, toujours ji^unc et (mijimr.s nouvelle au milieu des philosophies qui vieillissent et qui pas- ic au milieu des
philosophies qui naissent et qui brillent un momen'. . ute. pleine d'en*
!■•"'""" '■^ "■■'■■■< ■n la déclare abolie »*' '■"•'!■'■••. ,...,j,.„. , . land on la con-
•\ quand on la pi j4 n'envie . 'ur des Apôtres
I, '..:s l>''vrps (1*> leur lie Nous \ ■ 'l'ils n'ont point
vu . o«>uà V loul connue, i< mc. pailuul bénie. Nous la
voyons rc .bats, de tout l'. iiiquité et animé»^ pourtant
de toute l:i - -• -.i ; i;/e limijinfs qui la rfc ;; ■ sonl
(juatre cem <: t<>mps marche, plus iug>
inrnie ni . ; i<'nitioo nouve'le qui r . j en-
f >ndeur. et <|uan(i nou» f^mnA place a d autre* pour aller rejoindre les svixanle
' 'jtji ont rtéj!» fntcnilii leThritl «vsnt nom, celte parole, dchnut aux portes
il'- ■. hes en méiii .« le ber-
ri\iu I grâce, à < mce; SM
etVels ....,1 ,...,, ..ui.» .■■,.,..... *. ......V ... .j...... v...,.v.. , ..DUS inspire .v ■ ■• Mgr
Kesso:^).
âi^ I UNI i.ici.Nrh-
rhar osforlé il<» sa g.inlr'. (iliaque (ihinois «aliic la missivo impériale par des g<'niill«^\i(ins. {}[io\ resperl ne inérile donc pas la parolede Dieu ? Les hommes • (|iii l'uni des discours dans nos Iribimaiix, ou dans les (.'hambres
i s. ne disent (uviinairetnenl que des choses humaines ; le pK'lre vous
HiiinuK !• des choses divines. Ils plaident la cause désintérêts du temps ; nous, nous pliiidons celle de vos destinées éternelles. Mous ne vous disons rien de rioirv propre fonds, nous n'inventons rien, ce serait un crime pour nous d'altércrcjiioi que ce soit de la vérité divine. Nous vous la transmettons intacte; le canal par lequel elle vous arrive peut être d'or, de fer, ou de bois, selon le talent plus ou moins grand de celui qui prêche: peu importe. C'est toujours la parole de Dieu que nous vous parlons. Quel exilé, loin de sa patrie, |irendrait garde à la manière de parler de celui qui lui en apporterait des nouvelles? Malheur à nous si nous ne prêchions pas la parole de Dieu ! Mais si nous devons la prêcher, c'est îi cause de vous ; et votre malheur serait plus grand encore si vous ne veniez pas l'entendre régulièrement.
789. Si» Est-il important pour tout chrHien d'entendre la parole de Dieu ? — KsI-ce important d'avoir la foi ? Assurément; car. sans elle, il est impossible de plaire à Dieu, et relui i^ui ne croira pas sera condamné ; mais la foi s'établit par l'ouïe, et l'ouïe est frappée par la parole de Dieu prèchée, comme le dit saint l'aul. ÎSous avons déjà la foi. C'est renseignement qui nous a été donné dans notre enfance, «pii nous l'a mise dan» l'esprit et dans le «•tiMir; mais il ne suffit pas de l'avoir d'une manière quelconque : Auf/mentes notre foi, disaient les .\potres, et nous devons le dire nous-mêmes. Kt notre foi se développe par ce qui l'a établie déjà,c'cst-A-dire par la parole de Dieu, l.a parole de Dieu c'est l'huile qui entretient la lampe de la foi. Ceux qui refusent de l'entendre Unissent par perdre les connaissances les [dus élémen- Utires <le la religion, les eussent-ils même possédées dans la jeunesse. En fermant les yeux à la lumière, leur esprit s'aveugle , et c'est en vain que la vérité brille, elle n'arrive i)as jusipi'à eux. Ils ont jeté sur leur esprit le bandeau de lindillérence; aussi, marchant dans les ténèbres, ils ne savent plus où ils vont, de[iuis qu'ils n'ont plus à leurs pieds, comme un flambeau pour les guider, la divine jiarole. (Ps. cxvui.) Kt à mesure qu'ils négligent de l'entendre, ils la redoutent davantage. C'est ainsi que celui qui est resté longtenqis dans un lieu obscur ne peu plus ensuite supporter la lumière. Ils la fuient, comme les bêtes féroces, les feux allumés dans une forôt; tandis que les oiseaux du ciel voltigent tout autour, attirés parla clarté. En la fuyant, ils ruinent l'alTaire de leur salul.
790. Le dégoiit d'entendre la parole de Dieu, une négligence coupable à .l'^sister aux instructions, une sorte de répulsion volontaire pour les vérités ciisiignées du haut de la chaire, sont une marque de réprobation : Propterea non auditis quia e.c Dec non estis. 1/appétit est un signe de santé et le dégoût pour la nourriture un symptôme de maladie. !..a conversion des âmes ne s'opère que par les lumièi'es qui éclairent l'esprit, et par les bons mouvements qui touchent le cœur ; or, c'est la parole de Dieu surtout qui illumine l'intelligence et qui retourne les cœurs attachés au mal ; c'est elle qui brise la pierre d'une Ame endurcie. Le pécheur qui refuse de l'entendre, s'en va doni- à labime. Et ceux qui s'appliquent à l'entendre ne laissent pas d'en retirer des fruits, bien qu'il leur semble qu'ils n'en retiennent rien (1).
(i) ia) Un religieux se plaignant à un ancien Père de tout oublier ce qu'il entendait, f,f,\.,. ... i..i, (jjj jg prendre un des deux paaierti, qu'il avait dans sa cellule, et d'aller i< iTctier dt^ l'eau à la source voisine ; il te fit, mai^ l'eau ï-'échappait auHsiiût.
I' ><;a par trois fuis l'opération, et k la fin il jeta son panier À c6té de l'autre,
dont li ne s'était pas servi. « Quelle différence y a-t-ii entre ces deux paniers? demanda l'ancien. — Point, répondit le religieux, sinon que celui avec lequel je suis allé à l'eau, est plus propre que l'autre. — Il en est de même de votre Ame, quand vous entendez la parole de Dieu sans la retenir. »
(b) Une Syrienne attirée par la réputation du solitaire Pémen, abbé de Srété, élant venue pour le consulter sur l'endurcissement du cœur, Pémen lui répondu : « L'eau est molle et la pierre est dure. Cependant l'eau, tombant d'un vase goutte à goutte sur la pierre, la perce peu à peu. Il en est de même de la parole de Dieu. Bien qu'elle soit molle en quelque façon par sa douceur, et que notre cœur soit dur par son insensibilité,
La i'\noi,K i>F. 1)1 Etî 287
TiM. 4» On ne peut dtmc jhis facilement se préparer à la communion fnis'dlp ni bien faire une mission, une retraite, sans entendre la parole ilf Uii'u f — Assiirémenl non, à moins qu'on ne soit dans l'impossibilité de se rendre aux instructions. Les manquer par sa faute, c'est se priver des gri\. es les plus abondantes, de grAccs peut-ùlre décisives pour le salut. U'»' sait si ce seruitm, que vous n'entendrez pas par pure négligence, n'était pas relui auquel Dieu attachait la grâce d'un retour sincère à lui? Kn ne l'entendant pas, vous risquez de ruiner les desseins de miséricorde de Dieu, vous restez ii;norants sur les vérités et les devoirs du salut. Vous pourrez faire malgré tout une confession ;, mais ne sera-t-elle pas comme tant d'autres, qui ne vous ont pas sinièrement convertis et vous ont laissés dans les mêmes habitudes coupables?
7î>i. Mien n'attriste un prêtre comme de rencontrer, à la fin des exercices du Oarème ou dune mission, des Ames qui n'ont assisté qu'à quelques rares oxerrires. Pourtant elles n'avaient pas plus d'alTaires. ni plus d'occupations sérieuses que d'autres, qui y sont venues régidièremenl. Klles n'en sont pas dt'vpnues pour cela plus riclies des biens de Ta terre ; mais au s[»irituel elles smdi .i in.- ii.iuvrelé qui désole. Le prêtre craint avec raison quelles ne soient I' I- - Ijdéles du Sauveur. Ses brebis, en effet, entendent fidèlement
su r ,|it par là mênie enrichies de sa grâce, éclairées de sa lumière,
touchées de son amour. Quelle différence à la (in d'une année, à la fin d'une mission, entre ceux qui n'ont pas manqué un sermon par leur faute et ceux qui n'y ont assisté que rarement !
793* — 5" Puisqu'il est si important d'entendre la parole de Dieu, et qu'on risque tant en s'en privant par sa faute, les hommes ont dû, de tout temps, comprendre combien ils sont intéressés à l'entendre ; et nous aimerions à connaître quelques ejcemples de l'empressement avec lequel ils ont recueilli cet enseignement divin (i). — Qui ne sait que quand Jésus parlait, les foules le suivaient dans le%iésert. oubliaient tous leurs intérêts t'Muporels et ne se mettaient pas même en peine de se pourvoir de nourritwie :* K'ies recueillaient avec avidité ses divines paroles et s'écriaient a[>r<'s l';ivnii- onten<lu : Jamais homme n'a parlé comme cet homme-là. C'est if ni.'iue Jésus qui vous parle par le ministère du prêtre ; et il vous donne aMJnurd hui les mêmes enseignements.
lîU. •)" \ous avons lu en effet dans l'Evangile, cet empressement des
foules à la suite df Jesus-dhrist ; mais a-t-on vu la parole du prêtre
,,. . ,,,.:ii.a ,..,j~ igg populations avec le même zèle ? — Qui ignore les pro-
tr saint Vincent Ferrier ? Il a parcouru une gran<le partie de
,,. ..linant après lui des multitudes, pendant que tous, même les
rois, accouraient sur son passage pour l'entendre prêcher le jugement dernier.
Quand François Xavier partit pour les Indes, le navire qui le (tortait relAeba dans l'Ile de Sorotora. et, pendant que l'équipage faisait des provisions pour la route, le saint s'occupa d'enseigner l'Kvangile aux .Socotorins. Ils avaient été evan;:élisés dans les premiers siècles, nmis n'ayant depuis longtemps aucun prêtre avec eux, ils avaient oublié toutes les vérités de la foi.
si on a soin d'écouter souvent cette divine parole, elle ouvre enfla le cœor, malgré sa dureté. p4>ar y faire entrer la crainte salutaire de Dieu. >
(c; Si Adam eut assisté a la création du monde, que'le n'eût pas été .«on admiration quand il eùl vu à la parole de Dieu, sortir du néant le monde, la lumière, les astres, le feu, l'eau, le.t (>lanti-'> i-- i- urs. A la parole du missionnaire s'opère des FfTels non moins merveilleux. I > «orient du néant du péché, leur âme se revêt de la
lumière de la grâce, sr .lu feu de l'amonr divin, «e lave dans l'eau des larmes,
s'éclaire des dons du Si-L»pru plus brillants que les planètes, s'emt>«llit des fleurs des vertus.
(1) Ursque les Juifs, apr Jérusalem,
toute la ma-vie du peuple s- .le la loi,
Esdras, de Im ap; f m l'i !■■ " "'< »"'"
une estrade de b et dès qu ("o-
ple se leva par r.: , , ' 'U. La leciu ~qu"à
midi : et les oreilles du peuple éuienl cuolinuellemenl atleuUve» à la lecture «ic cetlo l«i sacrée. (Voir les notes du o« 487.)
•Jss i:nNri:ui:NCES
Us Si» prossi-riMil «Idiii- aiilniir lie Xavier, pour apprcndro la docLnnc du saliil; ils Jiroiil Ions Ipius piTorIs pour le retenir au milieu «i'eiix ; mais l'ohéissanoe appelait ailleurs le saint, il ne put se rendre à leurs désirs. (Juand le vaisseau leva I an.re. la foide jjleurail sur le rivage, en voyant partir Ihoinmc de Dieu ; les leiniues tenaient aux bras leurs petits eniants, les montraient au saint, en lui criant: « C>"i les instruira mamfenant i » Xavier leur promit de leur envoyer un prêtre, et s'éloigna le cœur attendri par celte scène émouvante. Kl aujourii'hui, malgré les malheurs des temps, ne voit-on pas dans nos populations chrétiennes les églises se remplir tous les dimanches à la messe du prône, et <;ha(pie jour deux fois, durant les missions ? Nous avons eu souvent sous les yeux ce beau spectacle.
71^). 7» L'n grand nombre de fidèles ont, il est vrai, la bonne volonté d'entendre les instructions ; mais quelques-uns pourraient se laisser arrêter par diverses difficultés qu'ils rencontrent, si on ne leur apprenait pas à en triompher. Il en est qui ont des travaux qu'ils ne peuvent pas facilement interrompre. — // // a du temps pour tout, dit le Saint-Ksprit ; il y a le temps de travailler aux affaires temporelles et celui de travailler à son salut, tjuand vous donnez plus de trois cents jours de l'année à vos occupations matérielles, serait-ce trop de vous demander quelques joui's pour votre Ame ? Mais nous ne ilemandons qu'une heure dans la semaine, et une heure par jour durant les missions, cl encore celle dont vous n'avez pas besoin pour vos travaux. La reluseriez-vous ? (Je serait être ennemis de vousmêmes, car c'est pour vous que nous la réclamons ; ceux qui emploient des ouvriers, ou des serviteurs, savent bien qu'ils ont tout à gagner à ce que ces ouvriers, ou ces serviteurs soient chrétiens.
71MÎ. L'empereur Constance Chlore qui était païen ne l'ignorait pas. Il avait dans son fialais un grand nombre de chrétiens ; et, voulant les éprouver, il les réunit tous et leur lit les plus terribles menaces, s'ils ne renonçaient pas à leur religion ; la |)lupart répondiroât qu'ils étaient prêts à mourir pour la foi, quelques-uns pourtant s'intimidèrent et parurent disposés à apostasier. L'empereur alors se tourna vers eux et leur adressa d'amers reproches : «< (Comment, leur dil-il, puis-je compter sur votre fidélité, puisque vous n'en avez pas même pour votre Dieu? »
Les chefs d'ateliers, les maîtres de maison ont certes autant de bon sens que cet infidèle, et ils ne refuseront pas à tout leur personnel le temps nécessaire pour entendre la parole de Dieu. Nous avons vu, dans nos missions, quatre cents ouvrières dans la même fabrique venir aux instructions, sans que le chef de l'atelier leur retranchât rien de leur journée ; du reste on peut commencer la journée plus matin, et la prolonger au besoin plus lard. On a vu aussi des conducteurs de voilures publifpies payer cinq francs par jour, pour se faire remplacer par d'autres, ei pouvoir ainsi assister aux instructions en temps de mission.
797. «u Quelques-uns trouveront peut-être que c'est pénible de venir à l'éf/lise après une lonr/ue Journée de travail. — On n'a rien sans peine, et nous en prenons tous les jours pour un bénéfice médiocre ; ne ferionsnous rien pour le ciel 1 Et n'y a-t-il pas même une vraie consolation à entendre parler de Dieu?
TM. î>» Evidemment la peine qu'il faut le moins regretter, c'est celle qu'on s'impose pour le salut de son dme ; mais que conseiller à ceiuc qui seraient tentés de se dispenser de venir aux instructions, sous prétexte qu'ils ont la maison ou les enfants à garder ? Dans les hameaux ou les inaisons ne sont pas écartées, il n'est point nécessaire de garder chaque maison ; deux ou trois personnes suffisent, car les voisins sont consciencieux, et vous ne les redoutez pas ; là où il est nécessaire qu'on garde la maison, on peut et il faut disposer toutes choses de manière à ce nue ceux qui ne peuvent pas venir au prône un dimanche, y viennent le dimanche suivant, et en temps de mission que ceux qui ne peuvent venir le soir viennent le matin ; ainsi chaque membre de la famille peut s'instruire des vérités du salut, ce qui est très important.
799. Les mères de familles, qui ont de petits enfants, peuvent s'entendre avec leui's voisines qui sont dans le même cas : l'une d'elles garde plusieurs
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lits, et toutes les autres sont libres pour se rendre au sermon. On a vu me Teinine garder onze enfants au berceau, dans \a uiAme maison, afin !• la liberté à dix autres d'entendre la parrde de Dieu. Durant imc i mère peut du reste venir le matin, et la jeune Ulle le soir.
KUiJ. lil" Puist/ue vous nous présentez comme si facile l'assistance au.jc instructions, nous irons fie temps en temps, ilirn quelqu'un. — .\h ! le l'iiKin n'a guère peur d'un sermon entendu de temps en temps, pas phis , ; ;iio armée n'a peur de quelques soldats ennemis, épars dans la oampa- ;.'ni'. Ce nui fait peur A Satan, r'esl un cnsemSle d'instrucrlions, se fortifiant les unes les autres, comme des bataillons serrés. Voili\ ce qu'il redoute, et il leru tout pour vous persuailer de n'y [loint assister. Ne l'écoutez donc point et venez aux instructions d'une manière régulière et suivie.
De bonne foi, si vous voulez faire apprendre un métier quelconque à votre enfant, vous contentez-vous île l'envoyer de temps en temps prendre les |... ,,iiw , l'un maître ? Si vous vous en contentiez, jamais il ne deviendrait I vrier ; il resterait apprenti toute sa vie. Comment apprendre à être
1 len en venant rarement aux instructions ?
î<(Jl. \{* Suffit-il d'y venir soi-même, n'est-il pas bon il'ij amener les autres ? — iN'èlre bon que pour soi, c'est de l'égoïsme ; nous devons faire tous nos efforts pour procurer à nos voisins indilférents le bienfait dentenftre la parole de Dieu, en les amenant avec nous aux instructions. N'allons jamais seuls à l'église. Conduisons-y avec nous cet ami, ce parent, «pii ne songe pas ù son éternité et pour qui un sermon peut être le dernier entemlu. Les parents, les maîtres de maison savent que c'est un devoir pour eux de veiller à. ce que leurs enfants et leurs serviteurs profilent des instructions. (Voir les n'»* I8i2 et suiv.)
Ah ! heureiu: les yeua: qui voient ce que vous voyez et< les oreilles qui entendent ce que mus entendez ! Celte parole de Dieu, qui par la prédication a dissipé les ténèbres du |iaganisme, qui a remplacé la corruption par les vertus cbréliennes, qui a cliassé la barbarie, qui a civilisé le monde, vniis est annon.éc. Si vous l'entendez avec empressement, elle éclairera vos esprits et loudiera vos co'urs, vos Ames seront transformées nar sa puissance divinr. nii.'Uc faveur du Ciel ! Hecueillons donc celte parole avec, respect. Inrs nn-nio qu'elle condairmerail nos vices (I), transmeltons-là ii ceux qui u<- piMivcnt l'entendre. médil(uis-la. Heureu-r les chrétiens qui entendent la parole de iJieu et qui la mettent en pratique ! (2). Celui oui én.nt^ „ui jHirole et croit en moi, a dit Nolre-Scigncur, a la vie éternelle.