‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 55 sur 416 · V. — PriiicipaiiK^ de%oirH du chrétien et de» honinieti en · texte numérisé non relu

V. — PriiicipaiiK^ de%oirH du chrétien et de» honinieti en

particulier.

."Mii, I..I lui sims ifs ii'iivifs est une foi morle ; et 1 Ksfii n >.iiiii < oii.i.umic ceux qui confessent Dieu de bouche et qui le nient par les (ouvres. Si vous roulez entrer dans la vif éfrruelle, a dit Jésus-Cllirisl, observez les commandements, remplissez les devoirs qu'ils vous prescrivent envers Dieu, envers le prochain, envers vous-mêmes; sans <'.cla point de salut. Kl qu'on remarque bien que ces devoirs ne sont point des charges que Dieu nous iin-

(1) A des ceaseurs qui se plaignaient de ce qu'un prédicateur avait parlé trop lilirement à la euur, LuuisXIV r(H> n iit : > Le prédicateur a fait son devoir, faisons le nôtre. — L'abeilte et la canitian ! ' sur les mêmes fleurs; l'une en recueille du miel,

l'autre du poison ; ccU»* <!■ •' «•«•ux qui tournent il«» tr»»ei« Ja parole Je Dieu,

«jui la critiquent. — '' :i a ru Rom ' '.^ son

iroyage, ceux qui dé- ivec aitei. ^ iir

un il n (oissé, des mer. . , . .. , . . ...:t;, etc. Ceux ,. - .: , ^ . f» r.;

■ i->-, ne prêtent aucune atteniion A ce récit, ou du moins ils l'ouliiieni viio. < 1 1 1 , pr<*dicateur parle du ci.! !>•< m'>y?n« potir y arriver etc., ceux qui lienncnl

au (I ment aver i 'U.

(- e ne va d.iM illir de Iwlles fleurs qui se fano-

roiu t t ,1. iiiin ; lo ilr.-uo. j . .^.u. .lu-. ^.a...cs amèrea dont il composera un remiMe salutaire ijui .luera ionglcmp'i. toleodoos les prédicateurs 000 poar rtcoeillir les Heurj d'un jnir, nvr.^ de bonne? vérité».

pose, mnis plutôt une barrière salutaire qu'il nous offre, pour nous préserTef (le tomber 'lans le fjouffre «le la ilaimiation. La loi divine ne nous défenfl que ce qui Tait notre malheur en ce monde et en laulre. Nous ne sommes heureux ici-bas qu'à la condition delà garder fidèlement.

HiY.i. i*^ Envern Dl«'n, il est un deroir bien méconnu de notre temps, t'est ci'lui de la prière.— VA pourtant c'est le devoir le plus doux, (juel bonheur de pouvoir nous entretenir avec le Hoi du ciel et de la terre ! O'Jel consolation (le l'appeler notre Père ! Ceux qui ne prient passe privent de la plus grande consolation de l'homme en ce momie, et ils ruinent l'affaire de leur salut. L'homme ne vit pas seulement de pain. Il a, il est vrai, une vie temporelle qui lui est commune avec les animaux, et (]ui s'entretient par les aliment grossiers que nous donnons à noire corps; mais il a aussi li nourrir son Ame dont la prière est l'aliment, (ieux qui cessent de prier n'ont plus de vie surnaturelle ; il ne leur reste plus que les instincts de la brute. Quel malheur ! Donc prions ! et, si nous sommes en état de péché, nous obtiendrons la grâce d'en sortir; si nous sommes justes, Dieu nous accordera la per«évérance.

804. ±> .^fais ijfuand faut-il prier? — Surtout au moment de la tentation, c'est alors que la prière est plus strictement obligatoire. Car <lans les grandes tentations nous ne pouvons, sans le secours de Dieu, résister au démon qui est plus rusé et |»lus fort que nous. Ktce secours n'est accordé en général qu'à celui qui le réclame par la prière.

805. 30 Est-il nécessaire yuand on est tenté de se mettre à genoux et de faire de longues prières ? — Non certes, il n'est pas nécessaire non plu» d'interrompre son travail, pas même de remuer les lèvres. Il suflit d'un regard tourné vers le ciel, ou vers le crucifix, d'une élévation de l'âme vers Dieu, d'ime invocation dite du fond du cœur, sinon de bouche. Par exemple : Mon Jésus, miséricorde! O Marie, conçue sans péché ! Jésus, Marie, Joseph ! Voilà des prières ipii ne prennent point de temps, que tout le monde peut facilement retenir, ([non peut redire partout: à la campagne, en voyage, dans les travaux ; et elles sont d'une efficacité merveilleuse. Les anciens solitaires des déserts, en faisant leurs nattes avec des feuilles de palmier, ne cessaient de dire de courtes, mais ferventes prières.

8(Mj. -io Quand est-il encore bon de prier ? — Le malin et le soir^ comme l'a recommandé la Vierge sur la montagne de la Salette. Le matin, pour offrir sa journée au bon Dieu ; le soir, pour lui demander pardon des fautes commises et sa bénédiction pour la nuit. Oui sait ce que peuvent nous apporter de tentations et de malheurs une journée, une nuit sur lesquelles la prière n'a pas appelé le secours de Dieu? Pour n'être pas exposé à omettre les prières du matin et du soir, rien n'est plus salutaire que de les faire en famille. On peut du reste les faire courtes surtout le matin, et on les continue en se rendant à son travail ou à ses affaires. Quel bel exemple un père donne à ses enfants quand il prie avec eux ; et comme ses enfants apprennent a le respecter quand ils le voient respecter Dieu ! Et puis il y a une grâce particulière promise à la prière en commun. (Voirn<> 1339).

807. (Cherchons même à nous lamiliariser avec la prière, et à nous élever souvent à Dieu à la vue de ses œuvres. (Jue les laboureurs sont heureux d'être toujours en face des merveilles de la création ! Comment ne s'écrientils pas à toute heure avec David: Seigneur, notre Dieu, que votre nom est admirable par toute la terre! Saint Paul de la Croix, un grand missionnaire de lllalie au \viii"'e siècle, disait (jiielquefois dans le cours de ses missions : « Ndus faisons assez de sermons aux autres, allons en entendre un; » et il se mettait en roule, du côté de la campagne, appuyé sur un bàlon. Quand il rencontrait une Heur sur le chemin, il lui ilonnait un coup de bâton, et lui disait en pleurant ; « Tais-toi, tu me reproches de ne pas assez aimer le Dieu qui t'a créée pour moi. » Kt arrivé dans la campagne, il regardait le ciel, puis la terre, et il était tout ravi en Dieu (i).

(1) Saint Isidore le laboureur élail au service d'un rictie propriétaire de Madrid, nommé Jean de Vergas. Il consacrait enlièremenl les jours de fêle à prier, à entendre la parole de bieu, à assister aux orfices chantés le dimanche et surtout à entendre la

ftËVÔIRS DU CHRÉTIEN 2ôl

80S. Que le chant des oiseaux, la pluie qui tombe, la (leur, que tout nous fasse penser k Pieu. « Quand j'étais tout seul au champ avec ma pelle et ma pi(>r|ii\ ilisait souvent le curé d'Ars, je priais tout haut ; mais quand j'étais enciM, . \c priais à voix basse. Ni maintenant que ie cultive les ;\mcs, i'avai- - de prier comeiie lors(pie je cultivais mon cuamp, que je serais

iioiirciiv; im se reposait après diner avant de se remettre à I ouvrage; je m étendrais par terre comme les autres; faisais semblant de dormir et je ,..,.;.. i>:..,, ^e tout mon cœur. Ah! c'était le beau temps ! Et donnant mon •che je me disais : 41 faut cidtiver ton àme, en arracher la mau-

'. 5" Malheureusement, hélas! les invocations à Dieu ont été rem- , V /,,//• lf> hlasphéme. — Et c'est précisément ce qui attire sur le monde ^ de Dieu. Qu'y a-t-il, en effet, de plus horrible que le blas- 1 Mutes Ecrittu'es nous le représentent comme un crime abomi-

nable, et les saints docteurs vont jusqu'à le comparer au déicide des Juifs.

J<10. I) Le blasphémateur dresse contre Dieu son front audacieux et lance contre lui l'insulte. Oublier Dieu, le méconnaître, c'est déjà une grande r.iiito ; mais l'insulter et le braver !... Oui blasphémez-vous, contre qui élevezvous votre voix, dit un prophète? (Contre le Saint d'Israël? (Is. xxxvu. i:i). Contre Celui devant qui les anges se voilent le visage ; contre ce nom auquel tout genou fléchit au ciel, sur la terre et dans les enfers ; contre le nom que David invitait toute créature à bénir, (pie le grand Newton révérait de telle sorte qull inclinait la tète toutes les fois qu'il l'entendait répéter, que le saint curé d'Ars ne pouvait prononcer sans verser des larmes d'amour. Et voux de ce Dieu terrible que vous l'outragez ainsi ! quelle au-

'i'/ia ijiifi mal VOUS a-t-il fait ? Vous lui devez tout, dans l'ordre de la nature : dans l'ordre de la grâce, il est mort pour vous, il vous poursuit, il V " :it| et vous le blasphémez! Quelle monstnieuse ingratitude ! Com-

I - l'insultez, tout en acceptant le pain ipi'il vous donne!... Vous ne

1 ' ■.(< le nom de vos parents, ni même celui du démon, comment

s le nom du Dieu qui a épuisé ses veines pour vous sauver ? ! -:ilif-m;iifiit. iri.iis ils ne le connaissaient pas; et pourtant votre

liommes oui insulteni un patient qui va mourir

I par ses plaies ; et vous qui le connaissez, vous,

i<' prix de son sang, vous le blasphémez ! .\vant de le soiiflleler, les juifs

• liiriit I.T précaution de lui voiler la face. Dans cette maison où vous osez I 1-, il v a un truiitix, couvrez-le donc d'im voile au moins, afin de

• si horribles paroles, h't </uei fruit en retirez-vous f Ni plaisir,

lable intérêt. Quelle folie ! Quelle fureur! Où trouver

-si monstrueux? Est-il rien de semblable parmi les ani-

voil <in mordre la main qui les nourrit? Parmi les Turcs? osenl-

•mer Mahomet ? Parmi les idolâtres? jamais ils ne blasphèment

1 s. Ah ! ce n'e.st qu'en enfer qu'on rencontre quelque chose d'aussi

! I). Ne dites pas que vous ne voulez pas olfenser Dieu, quand,

mette avec une grande ferveur. Les jours ouvrables, il visitait de grand malin les églises de Madrid, qu'il arrosait Kouvf ni d'un torrent de larmes. Il prenait sur son sommeil le letDpt de ses dévoiions, et pouvait se rendre exactement à ses travaux. On l'accusa néanmoins de perdre son temps. Jean de Vergas vouliit le suivre de près, et un jour il vil deux anges qui aidaient le saint laboureur à conduire sa charrue. Depuis il eut pour lui la plus grande estime. Où. trouva intact le corps de 9aint Uidore quarante ans après ta mort.

(1) Celui qui enlève à un homme son honneur est plus coupable qun le voleur qui lui enlève ses biens. Qu'eo est-il du blasphémateur qui entreprend de ravir l'honneur à Uiea

lui-mèrae.

\jt hla4|)héroateur est pire que le meurtrier. Une maladie est d'autant plus grave qu'elle atteint plus directement la 5nurre <te la vie. Or, le blasphème attaque Dieu, la Source de inuie vie siiiriinelie. Aushi stini Thomas, l'Anime de l'tcole. dil-il : • Ir blat'

• ' ■ ' ' I — 'homicide.

It nuire

Le blasphémateur pêche plus graveuieol que ceruioa itéroii^uM, i^ui «unt daos U

:>1»2 CONFKUBNCi;-

si-ioiiiiiuMil, vous failos clurur avec les dénions iW 1 uulfr, cl (juanfl, sachant (|iio vous uxozfollr lialiiliulc dt'loslahle. qui dccliirc loiiles les oroillcs rliréticnnos, vous ne lailos aunin o!T»trl pour vous en coni^'oi-. Kl pcul-tMre vous ries |)èro, ol vous sraiidaliscz |>ar là vos onl'ants? Hoconnaissoz donc rénorniilc tic volio criino, cl ijin' toulo Anio qui aime Dieu gémisse en entendant le hlaspliéuie. et s ciToire de le réparer.

Hll. i) Toufi' faute mérite un ihdtiment en rapport avec sa f/rari/é. Mallioiu- don»; aux l)laspliéiualeurs, en ce inonde cl en l'autre ! Deux Israrlllcs se prirent de (pierclle ei l'un d'eux blasphéma. I.c peuple fut saisi (1 horreur en l'entendant, et Moise consulta Dieu. Conduisez ce blasphéuialeur hors du camp, et que tout le peuple le lapide : la sentence fui exécutée. Sennachérih assié^'e Jérusalem, et il écrit au roi Kzéchias une lettre pleine de blasphèmes contre le vrai Dieu. Kt le Seigneur envoie son ange qui Irajtpc lsri,(K)l) h(unmes rie larméo as-syiiennc avec leui- général. Sennachéril» prend la fuite et, entrant dans le "temple de ses faux dieux, il trouve ses lils armés de poignards qu'ils enfoncent dans le sein de leur oère, (11, Parai., xwn. 17.) Saint (irégoire de Tours rapporte qu'un certain Jean, de la ville de Poitiers, à la suite d'un hlas|»licme, devint sourd-muet, et périt misérablement après avoir perdu l'esprit (1). C'est le blasphème qui appesantit le bras de mon Fils, a dit Noire-Dame de la Salette. Un se plaint que rien ne réussit, (jue les récoltes ne récompensent pas les travaux des laboureurs. Ah ! la i»rièrc du blasphémateur est exaucée, il appelle la malédiction en maudissant Dieu, et Dieu le maudit. 1-e blas]:)hème est un trait lancé vers le ciel, il retombe impuissant contre Dieu, mais il perce en tombant celui qui l'a jeté. Le prophète Isaïe attribue tous les malheurs des juifs à leui-s blasphèmes. (Is., v, 24.)

812. C'est pour éjiargner à leurs peuples les maux qu'attire un tel crinae, que des rois ont souvent puni rigoureusement les blasphémat^eurs. Saint Louis leur faisait percer la langue. Ses successeurs imitèrent sa juste sévérité. Kt qu'on ne se plaigne pas de cette rigueur; on a fait dans notre siècle des

bonne foi, par suite de leur éducation. Le blasphémateur est bien averti de la gravité de son crime. •

Il est pire que les Turcs, qui ne blasphèment ni Dieu, ni Jésus-Christ, qu'ils regardent comme un prophète, ni Mahomet lui môme, l'imposteur quia établi ieur fausse religion.

l'ire que les païens, qui, dès qu'ils connaissent le vrai Dieu, le respectent. Témoin Nabuchodonosor, qui, voyant les miracles opérés par le Dieu d'israél, fil une loi qui condamnait & mort celui qui le blasphémerait.

Pire que les Juifs et les bourreaux, si ccgnovissent nunquam crucifixis$ent. Celui qui donnerait un soumet à un président de tribunal lorsqu'il le rencontrerait en voyage, mériterait un ch&timent, mais bien moins grave que s'il lui faisait cet affront au moment où ce président serait assis sur un tribunal, au milieu de sa cour; les bourreaux n'ont blasphémé Notre-Seigneur qu'à la fin de sa vie mortelle et pendant le voyage qu'il a f»il sur la terre. Après sa mort ils descendent du Calvaire en se frappant la poitrine.

l'ire que les serpents et que les dragons, que l'Ecriture invite à bénir Dieu, et qui le font à leur manière.

l'ire que les démons: qu'un coupable maudisse son juge après qu'il en est condamné et quand il subit une peine cruelle, cela s'explique; mais qu'il le fasse quand il est sur le point de comparaître au tribunal, c'est de la rage.

Un taureau en furie jette son écume; un chien enragé, sa bave; un serpent irrité, son venin. Quand vous êtes en colère, pour décharger votre cœur, J'ai horreur de le dire (bourhez-vos oreilles. Ames pieuses), vous n'avez point d'horreur de faire ce qu'on ne peut dire sans horreur, vous lancez ce nom sacré contre le ciel, comme s'il était le fiel de votre bile, l'écume, la bave, le venin de votre rage.

Vous ne le faites, dites-vous, que dans la colère. En alléguant cette excuse vous vous lavez avec de l'encie. Dieu a une colère aussi, si vous ne vous corrigez pas de la vôtre. C'est min habitude. C'est ce qui vmus rend plus coupable. Vous excusenez-vous devant un tribunal oii vous seriez accusé d'avoir fait de la fausse monnaie, en disant que c'est votre coutume d'en faire?

(1) Pline nous apprend que de son temps, une peste terrible ravageait l'Italie. On en chercha la cause, et on découvrit que des vents contagieux qui sortaient de certaines cavernes répandaient l'infection. On boucha ces cavernes et le fléau cessa. Vomi des cavernes ténébreuses de l'enfer, le blasphème est la grande cause des maux qui désolent la terre. (Voir la note du n» 49t.)

lois pour protéger les animaux qu'on mène A la bouflierie. pourquoi n'y en aurait-i) pas pour pi*otéfrer llionneur do Dieuf (lerlos. les païens eux-nièmes n'épargnaient pas ceux qui hlaspliémaient leurs faiix dieux, et Sacrale mourut pour avoir été accusé de ce prétendu criuic. .Nalnicliodonosor, ce rni infidèle, porta un décret, ordonnant qu'on mit à mort le blasphémateur et

au'on renversAl sa maison. (Dan., ni, 2tî.) Si personne ne défend l'honneur e Dieu, il saura assez se venger lui-même; et s'il ne le fait en ce monde, il le fera dans l'autre, (.'hacun parle la langue de son pays; le hlasphème c'est la langue des démons ; et celui qui le profère ira un jour rejoindre ses concitoyens en enfer. Celui qui ntaudit Dieu enten«lra cette sentence ; Hetirez-vous. maudits, ailes au feu éternel. .\lle/ blasphémer avec les réprouvés, puisque vous ne m'avez pas béni avec les saints. Donc, renonçons k ce crime qui outrage Dieu et nous mérite de si redoutables cliAtiments. Pères, maîtres, chefs d'ateliei-s, proscrivez-le de vos maisons.

813. 6« // en est qui voudraient bien se corrif/erdu hlasphètne, mais la force de l'habitude les entraîne malgré eu.r. — 0"Plle détestable habitude î Olui qui ne voudrait pas l'extirper serait bien coupable ; mais quand on y a I ; ar une vrai contrition et im ferme propos sincère, si le blasphème

ins qu'on le remanpie parfaitement, il n'y a plus alors faute grave ; 1 itôt qu'on s'est aperçu de ce malheur, il faut le déplorer et prendre

lis pour l'éviter à l'avenir ; si on ne faisait rien pour se corriger, 1. 1.1. III nient on serait coupable.

814. 7" Quels sont ces moyens ? — 1) Pour quelques-uns qui ne peuvent se passer d'une locution grossière, il est bon qu'ils en aient une à leur service qui revienne fréquemment dans les moments d'impatience, parole pourtant qui n'offense personne et qui serve à préserver de l'horrible blasphème ; 2i se condamner à donfler un centime aux [>auvres chaipie fois qu'on s'oublie ; 3) faire un acte de contrition aussitôt après avoir blasphémé, ou baiser la terre le soir, lorsqu'on est seid, autant de fois (ju'on a eu ce malheiw. en promettant de se corriger ; 4) faire tous ses efforts pour empêcher le blasphème (I).

815. S» // est des hommes qui ne se contentent pas de maudire le nom de Dieu, ils profanent encore son jour ; faisons leur comprendre la yrarité de leur crime. — Dieu lui-même s'est rcr>(»sé le septième jour et l'a sanctifié. Et tous les peuples, même les païens, l'ont respecté ; les mahométans. les hérétiques le respectent. On sait et on voit encore combien scrupuleii>;ctuent les juifs l'observent. C'est à leurs pères que Dieu avait dit : 5om- I inf^r-vous de sanctifier le jour du Seif/neur. Malgré cet ordre, un Israélite In' tniiivé ramassant du bois ce joiu*-là, .Moise consulta Dieu, qui réjiondit : " (Juil soit lai'i ' -.1 femme et ses enfants. » et tous furent lapidés en pfTet. Et nous. enfants de Dieu, peuple choisi, nous devrions descendre au-dessous .us [uotestants et des infidèles eux-mêmes i (le serait :

i) Ine révolte contre une bti qui atteint tous les chrétiens : Mémento: 2) Ce serait une injustice à l'égard de Dieu. Il est maître de tous les jours. C'est un vol de lui ravir relui qu'il s'est réservé. Il est notre maître, nous avons des devoirs à remplir envers lui. <■• ''«"^i ''> iloicui.tn' un., m. us ouvons e tribut; (2)

(\) (a) Crésus, assiégé par Cynis, fut pris dan» 8<*n palais, el dans la cliaieiir du combat on soldat leva sur lui son glaive pour le frapper. A r** «(»pc»arip. un des enfants de Créso». qui était muet, fat lellemcnl ému. el lit un i. " le sa lan

Kue se rompirent, el il cria au soldat : « Arréle, malheu frapper. »

Kl II recouvra ainsi la parole. Ah I si nous avions lamou; ..^ ^ .... , ■■ osl au ciel,

que ne ferions-nous pis pour empéctier de l'insullcr /

(b) Marceau, lieutenant de vaisHeau. une fois converti, pmir r('p.ir?r ses péctiés passés, ^ hAla de se faire inscrire dans l'archiconfrérie réparai' ■ ; el, non coo-

itnt de répéter i tout instant : Que U faint nom de I répandait par-

tout de petits imprimés qui faisaient connalire celte pieuse ass^uciaunn.

^2) Un peu apr^n le* journées de jum ISt.S. un putilic nombrcus assistait k une (jrande réunion. I lansTundi ' ' ' " ' -• • ii.î...,rles

émotions d'une h. , élaienl en '*'"^

ayant essayé de p.i , .usement el c^ - :.;-. ;- .les

huées de l'auditoire inligné.

Un ancien ouvrier, nommé Brucker, astislail à la réunion. Devenu bon chrétien, oe

291 C0NrÉRENCî:>

816. 3) Ce serait un malheur (a) pour nous : a) .\ofre santé exi^'c lo repos. L'ouvrier suso plus vile olioz les nations où le dinianclie n'est nas respecté. C'est un fuil. Le lut-ul lui-ini^nie se plaifinait cpiand, aux jours de la Terreur, on voulu» le contraindre h profaner le diuianrlie. O'iel maître que Dieu ! Les autres prr - ouvriers en leur disant sans ce.sse : travaillez, etc. Dieu

dit aux M M/vuus.

I)) .\os i/irrrrif temporels le demandent. Si le Seigneur n élève une maison resl en vain <pic travaillent ceux qui la l>!\tissenl. Le travail du dimanche est comme le hien mal acipiis : il porte malheur. Dieu ne ment pas ; or, il a dit aux juifs : Si vous ne f/ardec pas mes préceptes je rous visiterai par la pauvreté. C'est en vain que vous aurez semé, l'ennemi dévorera vos n-ndtes. Le ciel sera de fer et la terre d'airain. (Lev. xxvi.) Vous mangerez la chair de vos fils et de vos iilles. Ces prophéties se sont accomplies à la lettre au siège de Jérusalem. Si no\is sommes aussi coupables qu'eux, et plus encore, serons-nous moins rigoureusement punis? On me dira peut-être que certaines familles doivent leur fortune au travail du dimanche. Soit. Mais combien lui doivent leur ruine, et lédillce de cette fortune bâti malgré Dieu, est-il solide ':' Ne croulera-t-il pas demain ?

c) Pour notre dîne. L'homme qui travaille sans relAche devient matériel comme la terre qu'il cultive, comme la machine dont il use. Point d'instruction religieuse sans dimanche, point de vertu ! Où se recrutent les révolutionnaires, les fon.ats, les impies? l'armi les profanateurs du dimanche. Quels instincts horribles chez ceux qui ne connaissent jdus l'église ! Entendez leurs discours.... De tels hommes ont perdu avec la vertu toute consolation véritable.

Agriculteurs, pendant six jours vous avez remué la terre, laissez-là le septième et cultivez votre Ame. .\rtisans, vous avez poli le fer, la pierre, etc., polissez votre conscience, etc.

redoutant rien, toujours prêt à jeter sa parole où son cœur ardent l'enlralnail, Brncker

86 lève*

« J'entends, s'écrie-l-ii, qu'on se plaint; et l'on a raison. Oui, le véritable ouvrier n'est pas liaiié comme il le mérite. On ne lui rend pas justice, on le méprise, et cependant c'est ce grand ouvrier qui est l'auteur de tout ce dont jouit l'opulenle inertie des riclies. Qu'y a-t-il de fabriqué sur la terre qui ne sorte des mains de cet ouvrier qui a toute la peine et que cependant on oublie et on méprise? » A ces mot», éclate une triple salve d'applaudissements.

Brucker reprend :

« N'applaudissez pas si vite, laissez-moi achever. Il n'y a qu'un seul véritable ouvrier, c'est celui qui a fait tous les autres. C'est Dieu I Nous ne faisons' que copier ses œuvrrs. C'est lui qui a façunné la terre, qui a créé le beau soleil qui nous éclaire, et sculpté le corps humain, cette statue plus belle que toutes les autres, qui pense et qui vil. C'est lui qui a fait les arbres et les plantes, créé l'air que nous respirons, formé l'étincelle du feu qui nous réchauffe.

« Et vous, vous prétendez être les grands ouvriers et les vrais travailleurs, parce que vous avez labouré la terre, que vous y avez jeté une foraine, après quoi vous vous êtes retirés. Non l le vrai Iravailleur, c'est celui qui pendant trois cent soixante-cinq jours fait luire le soleil ou verse la pluie; c'est celui qui d'une main répand la rosée du malin, et de l'autre la chaleur du midi ; c'est lui qui fa t éclore les fleurs et rai^rir l'épi qui vous nourrit. Voilà le seul véritable ouvrier. Lui rendez-vous, vous qui vous plaignez qu'on soit injuste pour vous, lui rendez-vous le peu qu'il vous demande? Il ne réclame pour salaire qu'une prière chaque jour et votre repos le dimanche. Les lui accordezvous? Vous vous plaignez et vous avez raison; mais lui, que dira-uil donc? Cet ouvrier infatigable ne travaille-t-il pas pour vous jour et nuit? N'esl-ce pas lui qui vous fournit le bois, le pain, les vêtements, le- forces et la vie? Certes, en voilà un qui travaille plus et mieux que vous. Et cependant, quand son dimanche arrive, et qu'il vous demande quelques prières pour lui, le repos pour vous, vous le repouss^^z. vous retenez son salaire et vous lui criez : ■ Va i je ne te connais pas l Tu n'auras rien, si ce n'est des blas- « ph^mes et des moqueries. >

« Et vous vous plaignez qu'on vous exploite ! Ah ! qui vous a jamais traités comme vous traitez Dieu? Voyons : ses droits ne valent ils pas les vôtres? N'esl-il pas pour le moins aussi respectable que vous? Oui, votre salaire est une dette sacrée, et vous êtes dignes de toute considéiaiion; mais commencez donc par traiter Dieu, le premier des ouvriers, comme vous voudriez l'être vous-mêmes : alors vous pourrez élever la voix avec tonte justice, et c'est Dieu lui même qui bénira vos réclamations. » La salle éclalt en applaudissement frénétiques. L'humanité tout entière avait parlé par la bouche de Bracker.

817. b) Pour la famille, elle n'a pour lien que le dimanche; si on le lui ôle pour lui substituer le hindi, elle devient un enfer. Kt »|uelle paix pourrait apporter au fover domestique Thommc abruti par un incessant travail, ou par la débauche du lundi ?

818. c) Pour la société. Plus de dimanche, plus de culte, plus de religion. La religion étant le plus ferme appui de la société, celle-ci ne peut (pie s'en aller en ruine quand celle-là aura succombé aux coups que lui portent les profanateui-s du dimanche (1).

d) Pour l'autre rie. Jamais, s'il ne fait pénitence, il n'entrera dans le repos éternel des élus celui qui n'a pas gardé le repos du dimanche. La sanctihcation «lu dimanche au contraire a.ssuro à l'homme la santé, avec une longue vie; elle attire la bénédiction sur ses sueurs, elle féconde son travail (vohr Peut, xwiii); elle élève son àme. elle nourrit son intelligence par la

f>arole de Dieu ; elle réchautTc la charité aux pieds des saints autels, elle unit a famille, elle fait la prospérité des nations (i).

819. 9o C'en est asse: pour nous déterminer à sanctifier le dimanche, mais qu'avons-nous à faire dans ce but f — D'abord nous devons nous |)réserver du péché. Les juifs voulaient se saisir de Jésus et le livrer à la mort. Ils n'osèrent pourtant pas le faire im jour de fête, non in die festo. Hélas ! il y en a qui n ont pas ce scrupule, ils ôtent dans leur cœm- la vie à Jésus qu'ils bannissent par le péché. Les fêtes scandaleuses, les occasions, les promeniides, les lectures dangereuses profanent pour beaucoup de chrétiens le jour du Seigneur. 11 n'est cependant pas nécessaire quaml on accuse ses péchés d'expliijuer s'ils ont été commis un dimanche ou un autre jour. Nous devons ensuite éviter les travaux défendus. Travailler pendant un temps considérable à des œuvres serviles, c'est une faute gri\ve, à moins que la nécessité n'excuse.

820. lOo Mais quel est l'acte de religion le plus nécessaire à accomplir le dimanche ? — C'est d'assister à la messe, si I on n'en est pas dispensé, non

fiar une cause léçère, mais par une cause sérieuse. Manquer la messe par sa aute, c'est un péché mortel ; et certes, ce n'est pas connaître la messe que de ce priver par sa faute de l'entendre surtout le dimanche. La messe est l'exercice du culte le plus solennel, le plus salutaire pour les Ames. (J'est le sacrifice du Calvaire renouvelé et perpétué, c'est l'application faite aux Gdéles des fruits de la rédemption. Donc, allons-y toujours. Si nos alTaires nous appellent ailleurs, entendons le messe avant le départ, ou partons à temps pour être assurés d'avoir une me-sse dans la paroisse où nous devons nous rendre. Evitons, en allant à l'église, d'entrer dans les mai.sons, ou de rencontrer les compagnies, qui pourraient nous exposer ù manquer la messe. En

(1) La (ancliflcalion du saint jour, au contraire, aide puissamment à la paix et k la félicité social -8. En estil un seul parmi vous, qui n'ait éié quelquefois touclié du spectacle que présente une population chrétienne dans le jour consacré a Dieu ? l.vs voies publiques se couvrent d'une multitude ornée de ses meilleurs habits; tous les Â^es y paraissent avec leurs espérances et leurs peines, les unes et les autres tempéiée.s par on seniimeni plus haut de la vie. Une joie fraternelle anime les yeux qui se rencontrent ; le serviteur est plus proche de son maître; le pauvre est moins éloigné du riche ; tous, par la communauté du même devoir accompli et par la conscience de la même

5 race reçue, se sentent plus éiruitement les fils du même Hère qui est au ciel. !.« silence es travaux serviles, compensé par la voix joyeuse et mesurée des cloches, avertit des milliers d'hommes qu'ils sont libres, et les prépare à supporter pour Dieu les jours <>ti ils ne le seront pas. Rien d'austère n'obscurcit les visages; l'idée de l'observai ce est modérée par celle du repos, et l'idée du repos est emhellie par l'image d'une fête l/encens fume dans le temple, la lumière brille sur l'autel, la musique remplit les voilles et les cœurs, le prêtre va du peuple à Dieu et de Dieu au peuple : la terre monte et le ciel descend. Qui ne sortira plds calme? Qui ne rentrera meilleur T (Lacoiuiairk.)

Ci) En 1857, l'évêque de ChAlons, vénérable vieillard, conduisant un visiteur dans sa cathédrale, le Ht entrer dans une chapelle, et lui montrant une pierre tombale : « Voilà, dit-il, le tombeau que )e me suis fait préparer. Let mots que j'y ai fuit ftraver smit la seule épitaphe ip " "' ^e pencha pour la lin* ; elir '

ces mots ; Sun le jour du Seiiinrur '

voulait, même a^^ mde loi du diinan. hf 'V'in

et suiTants.)

5% • (ONFHUENCES

entrant dans le saint lieu, ne nous plaçons jamais h côté clc ceux qui peuvent nous distraire. Servons-nous d'un livre ou il un l'hapclot. (Voir n. 1461.)

Kii. 11" L'assistnnrc à lu messe est-elh la seule rruvre fte religion que nous ai/nni à arrnm/itir le tlimanr/ie? — Non, certes ; elle est seule, il est vrai, strictenieni i)lilif.':»lnire; mais Tassistanre aux vêpres comiilèle et sa«ivegardi' InssisLiiicf A la messe. Celui ijui déserte les vêpres, ne tarde pas de manquer la mosse. Kt puis, dû p.isse-t-on son après-midi le diruanclie, si on mancpie les vêpres? Sovon.s-v donc assidus ; et le soir du dimanche, visitons les malades, ou dislravons-nous saintement en parcourant la campn^'ne, et surtout n'oublions pas de lire en Tamillc quelques payes du catéchisme. . Sii. li'> yns pri/icipau.r fierai rs envers Dieu étant bj- posés, disons un mot (le nos obligations à l'égard de ceux qui tiennent pour nous In place de Dieu. — Chère jeimesse, vous ne comprendrez jamais ce cpie vous devez A ce père qui ne vit que pour vous, qui travaille, (jiu sue pour vous préparer une honnête aisance; à cette mère (pii vous a nourrie de son lait, a a[taisé vos premiers cris, et qui vous aime plus qu'elle-même. Malheiu* à vous si vous les contrisliez par l'ingratitude, par le mépris et surtout par des désobéissances graves ! Oui, malheur à vous, car Dieu n'a pas donné sans raison im père et une mère à des enfants. Etre or[)helin c'est un malheur; mais c'est plus triste encore d'avoir des parents et de résister à la >,'ri\ce de leurs conseils. Un jeune coursier encore indompté, attelé sans rênes li une voiture, s'emporte et se précipite jusqu'à ce qu'il rencontre un écueil où il se brise et la voiture avec lui. (Test 1 image de la jeunesse, quand elle n'est pas retenue f>»r le frein de l'autorité paternelle et maternelle. L'expérience ne vousTa-lelle pas appris? Donc obéissance, et surtout quand le père, quand la mère (car celle-ci a aussi bien que le père autorité sur l'enfant), défendent d'aller avec de mauvaises compagnies, ou commandent d'assister aux ofGces et de s'approcher des sacrements.

Si:i. Kt vous, parents chrétiens, n'oubliez pas que Dieu vous a confié comme un dépôt sacré l'Ame de votre enfant ; flonc sachez veiller, reprendre et surtout édifier, et pour cela gardez vos enfants autour de vous, leur apprenant à aimer votre vie simple et vos laborieux travaux (1). Malheur aux pères et aux mères qui n'écartent pas leurs enfants des périls, qui par faiblesse n'osent pas corriger, qui font la perte de ceux qu'ils sont chargés de sauver, en leur donnant l'exemple de la négligence des devoirs religieux, du blasphème, de léloignemcnt *les sacrements, etc Que l'homme toutefois ne

soit pas comme un lion dans sa maison, dit le Saint-Esprit, et qu'il ne bouleverse pas ceux qui vivent avec lui, par des querelles ou des colères. (Voir la noie n. -t68.)

Si4. \'M Outre les devoirs entiers Dieu et envers ceux qui sont revêtus de l'autorité de Dieu, l'homme n encore des devoirs envers ses semblables

? nie nous devons rappeler.— La grande obligation envers le prochain, c'est a charité. Nous la devons à tous, amis et ennemis. On n'est pas obligé de traiter ses ennemis comme ses amis, ni non plus d'aimer le mal qu'ils nous ont fait, ni même de leur donner ce (pi'ils nous ont enlevé injustement; mais nous devons vouloir du bien à tous, être disposés à rendre service à tous.

8±j. 1) C'est une obligation rigoureuse, a. Dieu nous l'ordonne, a) Quand la vengeance crie: Rendez le mal pour le mal. Dieu dit: Aimez vos ennemis, c'est mon précepte, pardonnez, faites-leur du bien, priez pour eux ; si votre ennemi a laim, donnez-lui à manger; s'il a soif, donnez-lui à boire. Que le soleil ne tombe pas sur votre colère, pardonnez septante fois sept fois, iou-

(\) (a) L'agriculture est l'an le plus utile et le plus nécessaire. Un seigneur qui vivait à la table de Louis XII, roi de France, avait maliraitô un paysan ; le roi, qui en fut instruit, ordonna qu'on relranctiât le pain à ce erenlilhomme, et qu'on ne lui servît que du vin et de la viande. L'ofHcier s'en étant plaint au roi, Sa Majesté lui demanda si le vin et le» mets qu'on lui servait ne lui suffisaient pas. Sur la réponse qu'il lui fit, que le pain était l'essentiel, le roi lui dit avec sévérité: « Et pourquoi donc éles-vous assez mal avisé que de mallraiier ceux qui vous le mettent à la main ? »

(b) On demandait un jour au chevalier Bayard quelles rictjcsses un père doit laisser à ses enfants. « La verto et la piété, répondit-il. Ces richesses ine8limat)le8 ne craignent ni ploie, ni vent, ni tempête, ni violence humaine. *

jours, b) Dieu nous fait les plus belles promesses, pour nous exciter à pardonner. l*ar«l<innez, (lit-il, et vous obtiendrez votre pardon, (j'if'le espérance! que de pétht's flans notre vie! Dieu les oubliera, si nous oublions les torts de nos frères, c) Oieu ajoute les menaces, l'n roi, faisant remlre leurs comptes à SCS servileui's, se montra plein d'indulgence pour l'un deux, ipii lui devait dix mille talents et ne pouvait les paver, ('elui-oi rem-onlrant un de ses compagnons <^ui lui devait cent deniei-s, les exigea avec rigueur. En étant averti, le roi le lit saisir et livrer à la torture, jusqu'à ce quil lui eut tout rendu. C'est ainsi, ajutite \otre-Seigneur, que mon l'ère céleste vous traitera, si vous ne 1 ' pas du fond du c(pur à votre procbain (.Matth. xvni, 24.) Sup-

p^>^ ne grave, sans pardon, point de pardon, ni au saint tribunal, ni

à I iiciirt' (H- la mort ; il y a im jugement sans miséricorde pour celui qui ne fait pas miséricorde. l*ardonnez-nous comme nous pardonnons, disons-nous cbaqnc jour à Dieu. .\h ! ayons soin de le dire d'imc manière sincère.

Si»», b. Les exemples de Notre-.Scigneiu' et des saints vieimenl confirmer cette obligation. Je vous ai donné l'ejcemple, dit-il. afin t/ue vou^ fassiec comme j'ai fait. Or, regardez Jésus innocent, il est crucifié: néanmoins : IHon l'ère. s"écrie-t-il, pardonnez-leur; car ils ne savent |ias ce qu'ils font. Les saints ont marclié sur ses traces, et jiendant que saint Etienne est accablé par une grêle de pierres, il dit : Mon Dieu, ne leur imputez pas ce péché. Des millions de martyrs ont prié pour leurs boin*reaux, et ont obtenu pour eux des miracles de conversion. Nous sommes les enfants des saints, il faut leur ressembler ; nous n'irons pas au ciel sans les imiter (1).

H27. c. I^a raison vient encore nous démontrer ce devoir, a) Dans notre ennemi, elle nous fait voir un frère, tme Ame créée à l'image de Dieu, rachetée du sang de Jésus-t^hrisl, que Dieu aime infiniment et qu'il appelle à le pims/ilrr dans le ciel. Comment donc la haïr ? Elle a des torts ; soit, mais ce n est jias lace q\ie nous devons aimer. Détestons ses torts; mais elle, l'image de Dieu, aimons-là. b) La raison, <pie nous dit-elle de la vengeance? Qn elle fait le tounmnl de celui ijui en est possédé, la division des familles, la ruine de la société (2).

Sis. i) Mais répondons aujc objections par lesquelles les vindicatifs prélenilenl s'excu.ser. a) Il n'est pas possible de pardonner. Dieu n'or'î : pas l'impossible. Lessaint.s n'étaient pas dune autre nature ipie nous. .1 avait été mallrailé et vendu jiar ses frères, il sut devenir par ses vertus i mtemlant de i'Iiaraon: et, pres.sés par la famine, ses frères durent aller chercher du blé aujirès de lui. » .Notre père et le votre, lui dirent-ils, nous a chargés de vous dire de ne plus penser au crime de vos frères. » Au nom de Jacob. J(»se[di se mit à verser des larmes et A serrer contre son cœur ses frères, qui .i\,ii.rit été pour lui prestiue des bourreaux. El nous, pour l'amour de notre l'ère céleste, nous ne pourrions pas pardonner? (Voir le n. TilG.) Hien n'est moins impossible que l'amour des ennemis ; s'il s'agissait de jeù-

(t) Le eénéral Damesne, lue en 1848 par la balle d'un insurgé, dit avant de mourir à la Sœur Je Chanté qui lui prodiguait ses soins : « Ma Sceur, \\ faut que vous me rendiez un service. Voilà cinq Trancs, vetiillez, je vous prie, faire dire deux messes, l'une pour celui qui m'a assas.siné, et l'autre pour moj. a

(?) Vœ elinir 'USseris.dH M\n{

Angusiin. Or. cordiam. Quelle

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sur la iiuife. I>r.^ auHlùlle^ .' A7 si -ici tneui <

aulftn non hnliurm, nihil mihi jn misericui . ;i

MCI :"■ ! (it r,iiri' le plus génOrcuN ^;ll n-

lici lux.

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on y uienaft en rii^'iiic [c injusiemeit. l'h r: i- 'i; rabie de ; damnés i

oOCrate uO ic iju II rtiiaii iiiwiiin piiiM'viii. r-ii » mj'ui dini, ri'[»' ini.ui-ii, > jiU'ji m ^ 'i umu.i

que je mourusse coupable Y

298 rONFKRENCES

ner ou de luule autre olilipntion difficile, nous pourrions alléguer cette excuse; mais, qui ne peut aimer ? Si la haine semble [»lus forte que vous, priez et Dieu vous aidera,

8i«.t. h) C'i'ift /i avoir fMint de cœur, c'est être Idche que de pardonner. Alors .Noire-Ni-igneur et les saints n'ont point eu «le co'ur, et ont commis des lAcliot»''s. (le n'est pas ainsi qu'en ont pensé les bourreaux eux-mi^mes, qui souvent se sont convertis au spectacle d'une charité si héroïque. C'est être lAche et sans c<eur au contraire nue de se venj^er. C'est se l'aire l'esclave de la haine, c'est reculer devant le grand devoir du chrétien, l'n protestant avait loruié le projet <rassassiner le duc «le (iuise, qui était un défenseur zélé du catholicisme. Le duc en est informé, il fait venir cet h(unme. « Vous ai-je faitquehpie tort? — Non, ré|)onilit-il. — Pourquoi donc vouloir m'ôtez la vief — J'ai voulu défendre ma religion en la délivrant de son ennemi. — Eh bien ! si votre religion vous ordonne de m'assassiner, la mienne me commande de vous pardonner, et je vous |)ardonne. .lugez parla laquelle est la véritable. » Qui ne voit dans celte conduite la noblesse du cu-uret le vrai courage? Si vous n'aimez que ceux «pii vous aiment, (pi'avez-vous de plus que les païens? j'ajoute, qu'avez-vous de plus que les animaux? Donc, écoulons la voix de la raison, suivons les exemples de Notre-Seigneur et des saints, obéissons à l'ordre île Dieu. I.acliarilé fait le bonheur des familles et des partùsses. Pardonnons, si nous voulons que Dieu nous pardonne. La haine ne nuit qu'à celui tpii la garde (I).

(1) (a) En pardonnant on se fait des amis de ses ennemis mêmes. Cinna avait conspiré centre la vie de l'empereur Auguste. L'impératrice Livie dit à son mari: « Aax grands nviux il faut appurterde grands remèdes, e( lui pardonner. » Augu&te fait appeler Cinna et lui dit: « Je vouf^ accorde votre grâce malgré votre trahison, et je vous fais consul. > Depuis ce jour, Cinna resta lidèle à Auguste.

({>) Jean Gualberl naquit à Florence, au commencement du xi« siècle. Son père lui avait inspiré de bonne heure la haine mnrielie qu'il avait contre un seigneur du vuisinage, qui avait tué son cousin. Un jour que Jean revenait de Florence, son épée suspendue à la ceinture, il rencontre dans un lieu solitaire ei par un chemin étroit, l'ennemi de son père entièrement désarmé. Celui-ci voyant le péril qu'il court, tombe à genoux aux pieds du jeune homme, et le prie, les bras en croix, au nom de Ji^sus-Christ, de lui pardonner. A ce nom, Jean Ciuaiberl, attendri, l'embrasse et lui promet pour l'avenir une bienveillance sincère. Continuant sa roule, Gualbert rencontre l'église de SainlMiniat ; il y entre, et là se met à eenoux aux pieds du crucifix; et il voit le Christ s'incliner vers lui, comme pour le féliciter du pardon qu'il venait d'accorder. A la vue de ce prodige, Gualbert est transformé, il entre dans le monastère voisin de cette église, y embrasse la règle de saint Benoît, y vit désormais, et y meurt en saint.

ic) Les paient eux-mêmes ont compris qu'il fallait parduiner. Un célèbre homme d'état d'Athènes, l'hocion, à la suite de rivalités de partis fut condamné à boire du poison. En lui préï'entant la coupe empoisonnée, on lui demanda s'il n'avait rien à dire, t Je veux, répondit il, qu'on recommande à mes fils de ne point tirer vengeance du poison que je vais avaler injustement. *

(ci) Le célèbre alhénit^n Périclès, ayant été accablé d'injures dans sa propre maison par un de ses ennemis, écouta tuut sans mot dire; et quand cet homme le quitta par une nuit sombre, il alla l'accompagner ju.<que chez lui avec une lanterne.

[e) Le sultan A^an, ayant fait prisonnier l'empereur grec Diogène, lui demanda comment il l'aurail traité s'il avait été vainqueur. Diogène lui répondit qu'il l'aurait fait hacher en morceaux. Asan ajouta qu'il connaissait le précepte de Jésus-Christ et qu'il voulait l'observer, et, embrassant Diogène étonné, il lui rendit la liberté sans exiger de rançon.

(f\ Lacudus, roi d'Argos, voulant percer de son épée Prométhée de Thessaliè, ne fit qu'ouvrir un abcès dont il souffrait. En sorte que ce dernier dut sa guérison à la haine de son ennemi. Les reproches, les injures de ceux qui ntus persécutent, servent souvent à guéiir nos âmes de leurs infirmités, c'est ainsi que sainte Monique s'enlendant traiter d'ivrogne dans son enfance par la domestique de ses parents, se corrigea de l'habitude de boire du vin en caclielie.

(Q) l'n prince avait fait graver sur ses armoiries une autruche avec cette devise : « Elle digère les choses les plus dures. » Telle doit être la devise de toute Ame chrétienne.

(A) Quand l-ouis XII, doc d'Orlt^ans, succéda à Charles VIII. il se fil donner la liste de tous les coui! 'ur, et marqua d'une croix rouge le nom de ceux qui

avaient été ■• leis en furent effrayés; mais Louis les fit appeler et

leur dit : « So)...„., — ^. .^,.^ .^ .... de France ne vengera pas les alTronls qu'a essuyés le doc d'Orléans. Lacroix rouge n'est faite que pour me rappeler que je dois pardonner au nom de la mort sanglante du Sauveur. »

bl', N UIU>

CURÉTIKN 290

830. 14" Mais rion n'est plus opposé à la cliarilé ipit' le s<;andalo, qui consiste A entraîner son prochain an mal par de mauvais conseils ou île mauvais exemples (Ndir n. 522.) Le scandale 1) oufrof/e Dieu, a) le l'ère, en lui ravissant le cœur dime créature laite pour l'aimer. Parents, vous devez comprendre la i;randeur de cet outrage, ne vous senliriez-vous pas mortellement ofTensés si un scélérat débauchait votre enfant, et le rendait pour vous ingrat et rehelle ? b) le Fils, en rendant inutile son sang versé pour rame qu'on scandalise. A7 nunc antirliristi tnulii /acfi sunt; c) le Saint-Esprit, en le chassant d'un canir cpii était son temple (I).

8;il. // fait un tort énorme au prochain. Le voleur ravit l'or, le médisant la réputation, l'assassin la vie, le scandaleux ravit la grAce de Dieu, l'innocence, le ciel. Dieu lui-même. Il est pire que Cain qui tua son frère Ahel, mais qui lui laissa l'amitié de Dieu. Le mauvais riche, au fond de l'enfer, voulait faire avertir ses frères de son malheur afin de le leur épargner. Le scandaleux est plus dur pour son frère que ce damné. Il fait le métier de Satan. Prenez garde, défiec-vous de ceux </ui viennent à vous revêtus d'une peau de brebis, et t/ui, intérieurement, sont des loups ravisseurs. Ne craignez pus celui qui jieut tuer le corps, jnais celui qui peut perdre t'dme et le corps dans l'enfer. J/omicida erat ah initio, dit le Sauveur en parlant du démon. Kn effet, il donna la mort à nos premiers parents et à toute leur postérité. Cependant, le démon n'était pas armé dune épée au paradis terrestre, il y vint armé de sa langue empoisonnée, et il tua Ihomnie par sa parole. Ainsi no vous imaginez pas n'être point homicide qtiand vous persuadez à votre frère le péché (pu lue l'iime ; ou quand vous lui inspirez le niéjiris de la religion qui seule peut faire son salut. Votre langue est l'instrument du démon comme celle du serpent le fut pour Adam et Kve. Vous faites ce que Satan ne peut pas faire par lui-même. Il a tenté ce jeune homme, cette jeune lille, ça été en vain ; alors il s'adresse à un libertin, qui se charge de les perdre. 11 n'a pas pu triompher de la piété d'un enfant; il 8'a<lr-f'ssr .1 son pèrc, lui |»ersuane de le mettre dans des écoles sans Dieu, de M : devant lui ; de le laisser aller avec de mauvaises com[»agnies et

et ifux père accepte une telle mission et se fait le bourreau de son

enfant. U malheureux scandaleux, vous faites à une Ame une plaie que tous les remèdes «le la terre ne peuvent guérir ; vous allumez en elle un incendie qjie toute l'eau des océans ne saurait éteindre. Si vous avez juré à cet enfant, à cette jeune personne une haine mortelle, ne vaudrait-il pas mieux vous armer d un poignard et le leur jdonger <lans le sein, que de les damner, en vous perdant vous-même. Verumtamen uniniam illius serra; car

s:{2. 3) Le scandale perd celui qui s'en rend coupable ; c'est un crime digne de la mort et de l'enfer. (2) a) Paul de la Croix , dans sa jeunesse, avait réussi à |iersuador à tous ses compagnons d'éviter les chansons et les fréquentations scandaleuses. Un seul, nommé Tarpone, résista à ses conseils. Paul lui dit un jour que Dieu le punirait. En elTet. en revenant de veiller au[»rês d'une personne suspecte, il est égorgé par un jaloux, et on trouve, le lendemain, son cadavre sur le bord de la rivière de la IJormida. Malheur h

^1) l.e prophète Samuel ordonna de la pari dt; Dieu k .Saûl délivrer halaiiie aux Amaléciie*. de ruiner leurs villes et leurs champs, purce que quatre cents ans auparavant, ils ivaienl voulu barrer au peuple de Dieu le pussuge vers la terre prunii^. Que ><•■ f"' • pua Dieu contre ceux qui empf^chent Its autres d'aller au ciel t

(2) r ' t mérité la mort , • ^, lui dit : la reine a li>ut pouMur

sur le i, el elle peut v^ , et on lui n.i'nape une audience

de la pi , mais pendant qu'i . ^ i , . u dans le jardin du palais, où la

reine elle-même a planté des lys dont elle est si jalouse qu'elle ne peut soufTnr que personne n'y porte la main. On l'a avertie He cette cirrnnstance, el m.slsrré cela pendant que la reine le regarde par sa fenêtre, i " > d«

lys. quel accueil pensez-vous que la ren ii *

planté la vir^'inité sur la terre, elle a de-- .,,.i,v-,.,. - j. . ,. ^ . "*iir

qui a mérité tant de fois l'enfer, ne peut guère attendre ^nn pardon <\ rd»

de la Mère de Dieu, et c'est lui qui ose, pendimt que du haut du < ' ' r4-

garde, profaner par ses srandales, les (leurs de virginité dont Manu e.-^i. si julouM I Comment écbappera-l-il à l'enfer, celui qui par le scandale perd l'innocence 1

300 CONFKRBNGBS

IhomniP pnr nui le srnmlalp nrriv<», il vaiulrnit mîr^nx qu'on lui allacliAt une iiipiilf <lc moulin au cou ot (|u'on lo [)r(Vipiti\t ainsi dans la mer ! b) Ce crime est (iif/ne île l'enfer. Au liiliunal de Dieu, le seajj^alcux se verra chargé de tous les crimes (|u'il a fait commettre, il s'entendra demander compte des ftmes (pi'il aura perdues. Le sanf; d'AbcI criait vengeance contre (-'aîn. Le 8ang fie Jésus lui-mèmc criera vengeance contre le scandaleux. Celui qui a commis un meurtre se voit |)oursuivi jour cl nuit par le souvenir de celui qu'il a tu»''. Et vous ne trembleriez pas si vous avea donné la mort à une Ame ? .Ml ! à l'heure de la ujorl. vous verrez venir h- vous, les ftmes que vous avez perdues, vous verrez venir [tour vous accuser les mères de ceux nue vous avez pervertis ; et en enfer, tous ceux que vous y avez précipités s'élèveront contre vous. .Malheur alors surtout aux parents, aux maîtres négligents et coupables, aux époux qui se portent au mal !

8*.t3. \) Le scandale est di/ficile à réparer. Dans l'assaut que Titus donna à Jérusalem, un misérable soldat, du haut de la tour, jeta une torche ardente contre le temple, une des merveilles du monde. Un incendie se déclara. Juifs et Homains tentent tout jtour l'éteindre ; mais en vain. Cet édifice gigantesque est entièrement détruit, (l'est là l'image du scandale. 11 est facile encore de rendre le bien acquis ; mais comment arrêter le cours des habitudes coupables qu'on a fait contracter aux autres ; et si celui qu'on a scandalisé est mort dans limpénilence. sa perle est irréparable. El puis celui qu'on a scandalisé devient à son tour corrupteur des autucs, il portera au mal toute une famille, toute une génération qui perdra à son tour la génération suivante. C'est une peste qui se répand partout, un incendie dans une forêt. Et pourtant c'est un devoir grave de réparer le scandale par de bons conseils, par de bons exemples, par des prières; et quand il est impossible de sauver l'ftme

3ue nous avons perdue, lAchons au moins d'en sauver un très grand nombre 'autres. Veillons sur nos |)aroles et sur nos démarches. Que notre lumière brille fieront les hommes, afin qu'ils voient nos bonnes œuvres et qu'ils glurifent notre l'ère qui est dans le ciel (i). Nous ne sommes pas en ce monde pour nous aider à nous perdre, mais pour nous soutenir dans la voie qui mène au ciel. .Sur les devoirs que nous impose la justice à l'égard du prochain, voir les n»» Tjâî) el suiv.

KH. lo'> // nous reste encore n dire nos devoirs entiers nous-mêmes. — Nous devons nous respecter, respecter notre corps et tous ses membres, respei'.ler notre Ame avec ses facultés. Ùr. il est un crime contre lequel il faut s'élever ici, crime si hideux qu'il se lient caché dans les ténèbres el qu'il ne peut souffrir qu'on le mette à jour. .Vussi voit-on les impudiques, car on nomme ainsi ceux qui en sont les esclaves, se plaindre quand le ministre de Dieu o.se dire, poin* le flétrir, ce qu'il» ne rougissent |»as de faire. .Mais malheur à nous, si nous ne prêchions pas l'Evangile qui les condamne, et si en

(1) (a) Les saint?, loin d'être pour aulrui une occasion de ruine, exposaient leur vie pour préserver les autres du danger de pécher. Saint Amliroise raconte qu'une jeune vierge d'Antioche, nommée Théodora, fui condamnée par les paTens à être Iratnée dans un lieu de débauciie ; un jeune soldai chrétien appelé Didyme apprenant cette afTreuse sentence, court le premier auprès d'elle. Théodora. qui ne le connaissait pas, tremblait de tous ses membres. < Ra.<!surez-vous. ma sœur, dit-il, je viens ici pour vous délivrer. Revêtez-vous de mes habits el je prendrai moi-même les vôtres, el à l'aide de ce déguisement Vous vous échapperez. » Théodora accepte et elle s'évade. Bientôt arrive l'ordre de la décapiter, et on iratne Didyme revêtu de ses habits au martyre. Théodora l'apprend, el elle vole au lieu du supplice. « C'est moi qui ait été condamnée, dit-elle, c'est à moi de mourir. » Didyme reprend : • En sauvant votre pudeur, n'ai-je pas mérité le martyre? » El pendant qu'ils se disputent ainsi le bonheur de mourir l'un pour l'autre, les bourreaux leur tranchent la tête à tous deux. 0 admirable charité I

{b) Quand le roi Anii >chus eul condamné le saint vieillard Eléazard à mourir, ou à manger des viandes défendues par la loi de Dieu, les amis d'Eléazard lui conseillaient de faire semblanl d'en manger, afin de se soustraire à la mon. t La feinte est indigne de mon âge, répondit il, il ne faut pas que, pour me conserver un reste de miséiable vie les jeunes ^cns croient qu'à quatre-vingt-dix ans j'ai embrassé la religion des infidèles, el soient trompés à mon sujet. Ce serait là imprimer à ma vieillesse une tache qui me vouerait à l'pxécralion. En mourant avec courage, je laisserai à la jeunesse un exemple de générosité. • El dès lors on le iratna au supplice. (U, Mach. vi, 24.)

blîVOlRS nu CHKTIEîi 301

gardant le silence sur de telles horreurs nous seniblions les autoriser ! Ce vice 1) entre tous les autres péchés, a des caractères de uialice qui l'ont A Dieu le plus sanj^lanl outrage, a) Notre Anieest faite A riuia}.'e de Dieu ; nos corps, par le haptéme, sont devenus les temples àc rKsprit-Saint, les membres de Jésus-tihrist, et parla coiuuumion nous ne faisons (piun avec Notre- Seiifneur. Or, l'homme qui se livre à sq^ passions honteuses, trame dans la houe l'image île Dieu. Il profane son temple, il fait servir à l'iniquité la plus monstrueuse les membres de Jésus-fihrist. Il est comparable au sacrilège qui briserait la porte du tabernacle et foulerait aux pieds les hosties consacrées. b) Le mépris que le |)écheur fait j\ Dieu est d'autant plus grand que ce qu'il préfère à Dieu est plus vil. Or, quoi de plus honteux (jue les infùmcs salisl'aciions que l'homme, esclave de ce vice, poursuit en abandonnant Dieu ? Kl pour faire à Dieu celte offense, il n'est pas nécessaire de commettre des crimes scandaleux : les pensées, les désirs suflisenl ; Percersœ cogitationes séparant n Deo.

835. i) Ce vire opère d'affreuœ ravaf/es flans les âmes : nous avons dit déjA les ruines qu'amoncelle, dans le cœiu* de ses frères, le scandaleux par des propos ou des exemples pervers, a) Le vice sème dans l'dme le remords. (Tesl le propre de tout péché sans doute ; mais il n'en est point qui remplisse un cœur de tant d'amertume <jue les passions honteuses. Le plaisir se présentait doux comme un ravon de miel, il est cruel comme du poison. « Le plaisir passe, dil saint Augustin, mais le tourment de l'Ame ne finit pas. » L'expérience ne vous l'a-l-elle pas appris ? L'enfanl prodigue mourait de faim A la suite des pourceaux et en partageant leur nourriture ; c'est lA l'image d'une Ame impure. El commenl pourrail-il en être autrement? L'honunc l'ail pour Dieu, peut-il se reposer dans des infamies? Quels scntinienls éprouverait un roi condamné à garder de vils animaux, une reine qu'on traînerait dans la boue.

836. b) Ce vice avilit et dèi/rnde. L'homme constitué en dignité, fait A l'image de Dieu, placé prescpic au niveau des anges, s'est comparé aux bètes de souuue sans raison et leur est devenu semblable. Saint Chrvsoslome dil que l'infection du tombeau n'est rien comparée A celle d'une Ame impure; el saint Pierre la comitare au pourceau qui ne se plail que dans la fange. Oh ! relevons-nous, regardons le ciel.

837. c) Ce vice amène l' aveuglement de l'esprit. Le corbeau quand il s'abal sur sa proie commence par lui crever les yeux, le démon impur fait de même. Plus d'idées élevées dans l'esprit du voluptueux, son intelligence s'abrutit ; il ne voit ni la laideur de son état, ni les abimcs où il roide, il en vient même A perdre la foi; c'est l'hisloire de tous les impics. Ils commencenl toujours parles égarements îles passions el ils finissent par l'incréilulilé. « D'où est née cette troupe tie libertins que nous vovons s'élever si hautement conlre les vérités chrétiennes ? Ce n'est pas ipi'ils soient irrités rpi'onleur propose A croire des ujystères, ils n'onl jamais pris la ^»eine de les examiner sérieusement. Ils sont prêts A croire ce qu'il vous phura pourvu «pi'on ne leiu* (He pas ce uui leur plail. (Jue Dieu fasse tout ce cpTil lui plaira dans le ciel, pourvu qu'il les laisse sur la lerre contenter leurs passions A leiw aise. .Mais la religion condamne les passions: c'est ce qui leur est insupportable, et qui fait leur rév(dle. » (Uossukt.) — di L'aveuglement de Icspril est suivit de Y end urcissement du cœur, le remords s'affaiblit. On prend en dégoùf la prière, les sairements, la parole de Dieu. Qu'est-ce qui pourra réveiller île celte léthargie, cl où cet endurcissement ne peulil pas conduire ? (1).

838. 3) Châtiment du vice. Dieu punit tout péché ; mais c'est A l'égard de

({) La volupté a é(é de tout temps la plus inexorable periécutrice de la vérité; il n'est

rien de sacré pour elle: tout ce qui s' • • ^i -i passion, la rcnil furir ■ - :■' ' '••••■■:

le sang, la natui-e, la relit^inn, l'am ' puint de druit ijuVIIc

liens qu'elle respecte: les crimes les ; i\ ne coûtent plus rii.-n

viennent nécessaires : et tandis qu'on nuus la représente sous les nolll^ dresse de cœur, de bonté de naturel, de fidélité constante, de senlui;' néreus; c'est une furie armée de fer et de poison, qui n'^psrjfrne rien, ci qu de tout, dès qu'on rmcommodc, ou qu'on la traverse. (NUssillo.x.)

302 CONFKRENCBé

celui (lonl nous parlons qu'il s'psl montré surtout terrible, a) En re monde (J'alM)nl.(Jii f'sl-''<* T" ^ '''" submerger la terre, embraser les rin(i villes coupables? Le vire.. '/»'/'e/r/./' /"'^re^, c'est un goulTrequi engloutit souvent fortune, répulillinn. Iionneur, santé, corps et Ame. Les méilecins comptent soixanle et onze nialiulies qui sont produites par ce péché (I). Kl si on s'étonnait de

(\) [a) L'Eglise est chaste, a dit Lacordaire. elle engendre la chastelé, et il n'y a pas de ni<L-uré sans la ctiasteté. C'est In chasteté qui Taii les familles, les races royales, le génie, les Kiaiirls et forts peuples. Là oii celle vertu n'est pas. il n'y a que de la boue daniun tomheau. Ah! s'il y a ici des hommes qui ne soient pas mes frères par la foi. je ne veux qu'invoquer leur conscience, je leur demanderai : Eies-vous chastes? Comment croirieivuus, si vous n'êtes pas chastes? La chasteté est la sœur aînée de la vérité; soyex chastes pendant un an, et je réponds de vous devant Dieu. C'est parce que nous possédons cette vertu que nous sommes furis, et ils savent bien ce qu'ils font, ceux qui attaquent le célibat ecclésiasiique, celle auréole du sacerdf^ce chiéiien. Les sectes hérétiques l'ont aboli parmi elle; c'est le thermomètre de l'hérésie: à chaque degré de l'erreur correspond un degré, sinun de mépris, du moins de diminution de cette céleste vprlu. »

Le sens dépravé, a dit encore Lacordaire, use sans fruit nos plus précieux organes, il dévore sans but nos plus admirables facultés. N avezvous pas rencontré de ces hommes qui, à la fl*^ur de l'âge, à peine honorés des signes de la virilité, portent déjà les flétrissures du temps ; qui, dé^'énérés avant d'avoir atteint la naissance totale de l'être, le front chargé de riies précoces, les yeux vagues et cares, les lèvres impuissantes à peindre la bonté, traînent sous un soleil tout jeune une existence caduque? Qui a fait ces ca lavres? Qui a louché cet enfant? Qui lui a ô'é la fraîcheur de ses années? Qui a mis sur sa face des siècles honteux? N'est-ce pas ce sens ennemi de la vie des hommes? Victime de sa dépravation, le malheureux a vécu solitaire, il n'a aspiré qu'à des plaisirs égoïstes; et le voilai il s'en va, pris du vin de la mort, et, d'un pied méprisé, porter son corps au tombeau ou ses vices domineront avec lui et déshonoreront sa cendre jusqu'au dernier des jours.

Ahl si ce n'est pas là un sens dépravé, quel nom lui donner? Un nom plus dur encore. Messieurs, car j'ajoute que c'est un sens abject. C'est un sens abject, parce qu'il lue le cœur, parce qu'il substitue l'émotion du sang à l'émotion de l'âme. J'ai déjà vu bien des jeunes gens, et je vous le déclare, je n'ai jamais rencontré de tendresse de cœur dans le jeune honiine débauché, je n'ai jamais rencontré d'âmes aimantes que les âmes qui ignoraient le mal ou qiii luliaienl contre lui.

Le sens dépravé est l'oppression et la ruine du monde Lâche autant qu'égoTste, le

sens dépravé ne s'aliaque pas à l'homme dans .sa force, mais dans sa faiblt.«se ; il n'ira pas tenter l'homme qui peut le regarder en face; il va bassement, comme le ver de lerre, se gli.sser au sein des fleurs que le printemps vient d'ouvrir et qui n'ont qu'un jour. Il va solliciter ce qui ne peul pas se défendre ; il se présente à un être faible et trop facile à déduire, parce qu'il a autrefois séduit le premier; il se présente à lui sous les dehors d'un cœur touché. L'hypocrite ose mettre la main sur celte région de l'âme; il cache sa débauche et la tiah*son sous le geste de l'amour et de lafldélité : puis, l'heure passt-e, après qu'il a détruit ce qui se réédifie jamais, il abandonne, il s'en va, déserteur du mal qu'il a fait, se consoler du dégoût qu'il éprouve par un d<'goût qui n'est encore qu'à venir. Quelle oppression y aura-t-il dans le monde si ce n'est pas là de l'oppression, et quelles ruines, si ce que je vais dire ne compte pas pour des ruines?

Le sens dépravé n'épargne pas même les nations. Un temps vient, el pour quel peuple n'est-il pas venu tôt ou lard? un temps vient ou l'histoire civilisée succède à l'histoire héroïque: les caractères tombent, les corps diminuent, la force physique et morale s'en va d'un même pas. el l'on entend de loin le bruit du barbare qui s'approche el qui regarde si l'heure est venue d'enlever du mi nde ce vieillard de peuple. Quand cette heure a sonné, quand un pays se sent trembler devant la destinée, qui a passé sur lui, quel souffle a tan sa vie? Toujours le même. Messieurs, la mort n'a jamais qu'un grand complice. Ce peuple s'est abâtardi dans les homicides joies de la volupté ; il a versé son sang goutte à goutte el non plus par flols sur les champs féconds du dévouement.

Eh I Mehsieurs, si un tariare venait frappé à voire porte el vous demandez une trahison contre la patrie, qu'elle ne sérail pas votre horreur? Pourtant le sens dépravé ne fait pas autre chose; le sang qu'il vous demande, ne fùi-il pas celui de l'éternité, serait le sang de la patrie et de l'avenir. »

Adultère.— Les em|iereur< Constantin, Constant el Constance, enfants du grand Constantin, publièrent un <' <• les adultères, les condamnant aux mêmes peines que les parricides, à éi is un sac el jetés dan» la rivière ou brûlés, parce qu'ils sont, disent-ils, sac) .., ,. ..iUiarwn. El je pourrais ajouter que vous engendrez des enfants d'iniquité, qui sont souvent privés de la oénédiction de Dieu, et qui porlent en eux les germes de vos vices, deviennent des enfants de perdition, pour vous maudire en l'enfer dans toute l'étendue des siècles. Je pourrais dire de plus que, privant les «ufaots légitimes de la portion de la successioa qui échoient aux illégitimes, vous vous

bÊVOIRS DU chètieK 303

ce que, coupables aujourd'hui, nous ne sommes pas punis par le feu comme Sodome, saint Chrvsostùmc répondrait : (l'est parce qu'un feu bien plus terrible attend les voluptueux, ainsi qu'un supplice qui n'aura pas de ternie. A> En l'autre monde, en ciïet. Dieu a allume les brasiers éternels pour ceux qui ont été dévorés ici-bas par le feu des mauvaises passions ; et si tout péché mérite l'enfer, l'impureté remplit l'enfer. C'est la jurande porte qui conduit dans cet abime ; et l'Apùtre saint Pierre nous avertit que Dieu sait surtout y tourmenter ceux qui courent selon les désirs honteux de la chair. Donc comme l'enfant prodigue, dites avec lui : Je me lèverai et j'irai à mon père. De l'énergie à combattre ce vice. Saint François d'.\ssisc, pour triompher des tentations s'étendait sur des charbons embrasés. Saint Benoit se roulait sur des épines. Saint Bernard se ploneeait dans un étang glacé (1). Point de mollesse donc; mais un courage viril, pour tarir les sources de ce vice. Or 839. 4) Les sources du vice sont : l'oisiveté, la vanité ou le désir de plaire,

obligez à des restitutions fort difficiles à faire; vous vous engagez dans un labyrinthe d'où il ne vous sera pas facile de sortir; vous vous meuezen danger d'élre surpris par votre mari ou par le mari de la femme que vous déshonorez; d'être tué en flagrant délit, en étal de damnation, de perdre en même temps votre âme, votre corps, voire honneur, vos biens ei voire salut; car saint l'aul (I Cor. 6.9.) déclare f|ue les adultères ne possèderonl pas le royaume de Dieu.

(b) En 1.J87, Carlos II. roi de Navarre, épuisé de débauches, consulla les médecins qui lui con:<eillèrenl, pour retrouver les forces qu'il usait dan j d'infâmes plaisirs, de se faire envelopper tout le corps dans un linceul imbibé d'eaude-vie Mais le serviteur qui l'enveloppa de ce linceul eut l'imprudence d'en approcher une bougie Le linceul prit feu. Le roi poussa des hurlements aiïreux, on accourut, mais en vain, il fut brûlé vif. (Voir la noie du n. 519, Rouski.)

(1) (ai Saint Nicéias, enchaîné par les paTens avec des liens de soie, sur un lit de

Îlumef. et obsédé par les séductions d'une courtisane, n'ayant aucun autre moyen de éfense, se coupa la langue avec ses dents et la cracha au vi>age de cette misérable. (b) Qui ne connaît l'histoire du chasie Joseph' Son amour pour la venu fut iraiié d'une manière héroïque par Bauilom. comte de Flandre, que son mérite lit élire empereur de i'.onstantinople. Vaincu et fait prisonnier par Joannice, roi des Bulgares, il fut visité mal?ré lui dans son cachot, par la reine qui. éprise de la beauté de Baudcin. lui offrit de i> i départir avec lui, s'il voulait l'accepter pour épouse. En vain, Bau-

doin lui I iue ce qu'elle mt^diiail était un crime. Elle revint à la charge, mais

inutileme;., . ...■ .'.c des refus lU prisonnier, elle l'accusa auprès de son mari du crime dont elle était seule coupab'e. \a mi furieux, fait inviter Baudoin &un festin, et pendant le r,^pas, il le livre à ses soldais qui l'insultent, lui coupent les bras et lesjampes et le jettent dans une fossse où il vécut encore trois jours, remerciant Dieu de lui avoir donné la fori;e de oréférer la mort au crime.

Il- ■ •• ' ' ■ -■ -h.'ry venait d'aehevpr ses études, il alla consulter sur sa vor -lié d'Oxf'ird. célèbre par sa piélé au.vsi bien que par sa

scie a vertu de son disciple, lui conseilla de se consacrer à

Dieu par le vœu de chasteté perpétuelle. Edmond fit donc préparer deux anneaux d'or, sur lesquels il avait fait graver \'Are Maria. F*ui<*dans un sanL'luaire de Marie, devant l'image de la .Sainte Vierge, il prononra son vœu, et prenant un des anneaux, il le p'aca au doigt de la statue ("e .Marie et mit l'autre â son doigt, disant ainsi â la Sainte Vierge qu'il ne voulait d'autre épouse qu'elle. Il porta, jusqu'à sa mort, l'anneau qui lui rappelait ses .serments.

(d) Armand de Maillé de Brezé, qui fut nommé tout joiine amiral de France, et qui mourut frappé d'un coup de canon â l'âge de vin , reçut à Paris la visite d'une

dame du Poitou qui implora sa protection daris i . ellevenait soutenir. Le jeune

amiral fit tout ' '.>' pour ki faire rendrt> -' : '■ '■ e dame

lui amena si m jeune et belle, en i heu-

reuse SI elle y C'aire. Le j< une amiral i; , i jeune

fille vers la irnéire, il lui dil à l'ureiMe qu'il trtitiblait pour »a venu, pul^qu'«>lle avait nne telle m^rc la jeune fille Mo répondit en pleurant quelle avait dessein de se faire reliL lé de la sincérité de ses sentiments,

la

(t, ...... .n; ,,., , ,.-.,..(, la Cli»^l'>l'' «'•'l:iil ri'hré -nr un

rocher au milieu de la mer, ou ii \ivaii seul lin jour, un > les passagers périssent, excepté une jeune fille qui, à I'h . rocher, et apercevant le serviteur de Dieu, lui crie d'une vhix in uu je péris.» Martinicn la lire de l'eau, puis lui dil: • Usez de

ce que le marinier qui vient me visiter soit revenu; mais nou» ■.. t

ici ensemble. » Cela dit. il fait sa prière à Dieu, et plulùl que de rester exposé au péril,

.10 I W.MI.liK.X....-

lin iiis II- r ri le riiJiniicr, ot [tîir-dpssus loiit, Ifs iii.iu.,iiMM

or iliro Ifs lectures inaiivaisos où l»''j.'ères (voir la nnlo du n.

4.s.^r, l.-^ i.M^.i.i miMKJe, les danses par oxomplo, et principulciucnt les luaiivaifies compagnies, l'ivresse et la frt^quenlalion des pereonnes de sexe différent.

a} Jeunesse, fuyez les rotn/Kif/nies mauvaises ! J()sej)li Arger. jeune homme ilr viiiirl-lrois ans, fut condamner i\ mort a» mois de mai 1S44 par la (. 'S de la Seine-Inférieure .,^\rnvé au pied de l'écliafaud, il dé-

ni ' , nier il la foule (pii était inuTTcnse: « Je vais mourir, dit-il, parce

que j ai iréipienlé de mauvaises compagnies. Six semaines ont sufli. (^est Decnutqui ma perdu, je lui pardonne. Adieu, mon pauvre père. » Kt satiété tomba sous le couteau (atal. Décaul fut condamné aux travaux forcés. Voilà où conduisent les mauvaises compagnies. Vous f'tes elfrayés du sort de Jo.seph .\rger. O n'est pas ce qui m épouvante. Il .s'est repenti et est mort dans de hons sentiments. Les mauvaises compagnies |»euvenl vous mener plus loin (pi'à l'échafaud? où donc:* Au libertinage, à l'impiété, h une mort de répntuvé. Il faut entendre j»ar mauvaises compagnies, celles avec qui on est exposé à entenilre avec plaisir de mauvais discours ou à blaspliémei-, ou i\ manquer la messe (4 surtout k s'enivrer (1). (Vt ir Joas, n" 852.) 11 sullit de .s'entretenir un instant avec un pestiféré pour contracter soi-même la rontagion.

840. ùj L'ivresse étouffe la raison et ne laisse plus à Thomme que les instincts de la brute (2). C'est la ruine de la fortune et de la santé, le

il se JAlle à la mer. Le Seigneur lui envoya deux dauphins qui le portèrent sur un autre rivage.

(/) Saint Serenus exerçait à Sirmium l'humble profession de jardinier: une femme vint avec ses fliles lui demander à se promener dans son jardin à une heure indue. Serenus lui ferma la porte, en lui disant qu'il ne convenait pas à une femme honnête de se promener à ces heures. Furieuse de ce refus, celte femme accusa Serenus d'avoir voulu l'outrager, auprès de son mari qui était un officier de l'empereur Maximien. On conduit donc Serenus devani le juge qui admire la vertu de cet homme, et en conjecture qu'il ne peut éire que chrétien. Il l'interroge sur sa foi. Serenus, ou Cerneuf, comme on l'appelle à Billom oti son corps a été transporté, confesse sa foi, et ce jour même on lui tranche la lêle.

(1) Bernardin, de Sienne, dans sa jeunesse, était d'une telle réserve que les plus libertins le respectaient. Un jeune homme osa pourtant tenir devant lui un langage moins réservé. Bernardin en fut indigné, et ses jeunes camarades, indignés comme lui, chassèrent ce scandaleux et le poursuivirent à coup de pierres. Aussi quand les jeunes gen!> qui parlaient légèrement le voyaient venir : « Silence, disaient-ils, voici Bernardin. » Le saint n'était encore qu'un enfant, quand un personnage de condition dit devant lui, en pleine place publique, une mauvaise parole. Bernardin, indigné, lui donna au menton un coup de poing tel, que le bruit en retentit dans toute la place. Ce personnage n'osa pas se venger d'un enfant. Il profita même de la correction. Plus tard, en entendant prêcher Bernardin, il pleurait à chaudes larmes. (Voir Basile et Grégoire, note du n» 2449.)

(2) (a) Cyrus étant à la cour d'Astyages, roi des Mèdes, son grand-père le chargea de verser à boire aux convives; mais il refusa de goùler lui-même du vin, Asiyages lui en demaiidani la raison : « J'ai cru, dit-il, que cette liqueur était empoisonnée ; car naguère, après en avoir bu, tous les convives parlaient tous à la fois, criaient sans dignité et, se levant de table, avaient peine k se soutenir. — Est-ce que rien de semblable n'arrive à votre père, le roi de Perse î — Assurément non, répondit Cyrus; quand mon père a bu, il cesse seulement d'avoir soif.

(b) Saint Jean d'Egypte, depuis le jour oii il s'enferma dans sa cellule, promit à Dieu de ne jamais voir une femme; un maître de camp de Sienne vint le voir avec sa femme, qui était malade, et lui demanda de vouloir bien permettre à sa femme de venir recevoir sa bénédiction, car elle avait couru de grands périls pour obtenir celle grâce. Il refusa. L'officier insista en disant que sa femme en mourrait de douleur. Alors l'homme de Dieu lui dit : « Aller dire à votre femme qu'elle me verra sans quitter sa maison. » En eiïet, la nuit suivante il lui appparut en songe et lui dit : • Femme, votre foi est grande; mais ne cherchez pas à voir le visage matériel des serviteurs de Dieu, mais plutôt à contempler leurs exemples. Désormais vous serez guérie. » Sa prophétie se réalisa.

(c) Saint Appelle était un forgeron d'Egypte qui, touten travaillant le fer, savait prier Dieu el se préserver parla des tentations. Une infâme courtisane vint un jour dans son

,l.'s.^<i.c,!i- (le la famille, l'opprobre de la société, la perle do l'âme. D'après iquc publiée en 1873, il meurt annuellement 1,500 hommes en 1- suite «le l'ivrognerie. Au temps de saint Augustin, il y avait à Il jeune homme adonné au vin, nommé (Cyrille. Rien ne" pouvait : aux cabarets ni à ses compagnons de débauche. Un jour, rentré >a maison, il en vint dans s^i rage à assassiner son père, à tuer une de riirs, et à occasionner la mort d'une autre. Saint .Augustin, apprenant ; ' i. IV !!(> de tant de crimes à la fois, convoque le peuple à l'église. Il parle ; sanglots de ce qui vient de se passer; et tout le peuple verse des ' s à la vue de tant de ruines amoncelées par l'ivresse. C'est donc un ir grave d'éviter les occasions de s'enivrer, les compagnies, les maisons • Ml I on est exposé à le faire. Espérer qu'on se corrigera sans éviter ces ooiupagnies et ces maisons, c'est contirmer une fois de plus le proverbe : " i a bu, boira. >• Cainbrone, un ollicier du premier Empire, fut plus Ayant failli être comlamné à mort, à la suite des excès de boisson; il jui » «le ne plus boire du vin ; il tint parole et devint un héros. Pourquoi ne feriez-voiis pas comme lui, si vous êtes sujet au même défaut ? Si le vin vous !•:'>■■• 'i mort, en boiriez-vous ? 11 donne la mort à votre ûme. Donneriezmaison pour avoir le plaisir de boire ? et vous sacritlez le paradis. A.. ; » ;i tufer on a le temps d'avoir soif? (Voir la note du no 558.)

8ii. c) La fréi/uentation (tes personnes de di (firent sexe est, avec les

iiKiiiv.iisos . i,nii.MtM)ies, la source la plus ordinaire du vice. Obligation par

■r. Jamais de ces tête-à-tête, où le démon fait le troisième.

Ion. Oue les entrevues, même en vue du mariage, n'aient

lifu qu en présence des parents. C'est de la bonne éducation, c'est un devoir

de vigilance chrétienne. Çju'un jeune homme suive ces règles, les familles

les filus honorables l'estimeront, et les plus riches héritières voudront

l'avoir pour époux. .\gir autrement c'est risquer son avenir, car rien n'attire

i tion de Dieu sur les époux comme les familiarités coupables, »pii

rpielquefois le mariage. Donc jamais ne restez seul avec celte

ano qui vous a perdu, ne la recevez pas chez vous, ne vous arrêtez pas

'Ile en chemin (1).

11 faut même savoir veiller sur ses yeux (2). Beati immaculati in via :

3'-'' i-~--i-.j ^ lg g^dnirg • Appelle tire de sa forge une barre de fer ardente el la

1 e qu'elle ait pris la fuite.

'luiveot aussi être chastes, que du moins ils respectent les lois de leur eut, s'il.- n'uni pas le courage de pratiquer une chasteté plus parfaite. Saint Thierry était le fils d'un voleur de profession ; mais Dieu, qui fait fleurir des roses au milieu des épines, lui inspira de bonne heure l'amuur de la vertu. Devenu jeune homme, il fut contraint par ses parents de se marier; mais, dès lors, il chercha à Taire comprendre à sa femme le prix de la virginité. Celle-ci entra en colère, prétendant que son mari lui parlait ainsi parce qu'il ne l'aimait pas. Thierry, affligé, va trouver une sainte abbesse qui vivait à Reims et qui l'encourage el lui conseille de consulter saint Rémi, arche* V' -ims. Thierry raconte sa peine au saint prélat, qui lui dit qu éianl mané il

ter le célibai sans le consentement de sa femme ; mais qu'il l'exhorte à loi faiic i:iiieiiiiie que le vœu de virginité e" ' ' idus glorieux à Dieu, ei qu'il est

rt-compen»é au ciel par une couronne ly s'en va consolé: il parle de

l'excrllence de la pureté, parfaite a sa l> ... . fois, l'écoute avec douceur, et

finit par l'assurer qu'à son exemple, elle ne veut avoir d'autre époux que Jésus Christ. Thierry devin i prêtre et abbé du monastère du Monl*d'Or. Il ressuscita par ses prières une Mlle du roi Thierry.

(1) Quand Augustin, poursuivi par Is grâce, songeait à se convertir, un combat

terrible s'éleva dans son Ame. « Je secouais, dit-il, la cli .irgé sans

pouvoir la rompre ; mes habiiinles mauvaises se présent. i : Henses-

tu pouvoir te passer de noif ' " " ■ " '>iô, la ver ,,a,, .,..,: ses purs

attraits; elle me tendait les i a' une mu s saini>-s, d'enfants,

déjeunes gens, de veuves. <i' i suivaient, i : i : « Tu ne iiourras

pas ce qu'ils ont pu? n'esl-ce pa-i ^ar la gr&ce de Dieu qu'ils ont réussi 7 Jette-loi entre le* bras de Dieu, ii ne te laissera paa tomber. > Auguslio comprit et devint ua saint.

fS) Tool Païen qu'il ëlail, Alexandre le Grand, (nalgré les instance* qn'on loi en flt, refusa de voir une captive d'une grande beauté. Il écrivait i Parménion, un de m» gênéraux, qu'il n'avait pas vu, qu'il ne voulait pa« voir la femme du roi d« Perte, Oariof,

;>,()(; coSi-i:ue.ni:ks

Heureux reux (jui m«iclionl sans SDuillure dans le chemin tracé par la loi (Ju Seigneur ; ils arriveront au bonheur du ciel !

YI. — De 1» confe^HÎon.

sa. Il est un des devoirs que nous impose la foi dont l'importance mérite quon le (raile i\ fond; c'est celui de la confession. Le plus s^ige (les philosophes païens posa un jour ce problème à la foule de ses disciples : Comineut peut-on se réconcilier avec la Divinité ? Il avoua modestement qu'il était impuissant à le résoudre lui-même, et il ajouta : Je ne doute pas que Dieu n'envoie un jour aux hommes cpiehiu'un (pii leur révèle le plus important de tous les mvstères, savoir connnent les péchés peuvent être remis. Les vœux du philosophe païen ont été exaucés. Jésus-Christ est venu nous a|»prendre cpie c'est par la confession que les péchés sont pardonnes. Malgré cela, des préjugés impies ont été répandus par les passions humaines contre la facilité, l'utilité, la nécessité de cette obligation et nous avons à les ilissiper.

843. {0 La confession est pénible, dit-on. — On a aussi souvent de la peine k faire fortune ; chacun pourtant y travaille ; et lors même qu'il y aurait de la peine à se confesser et A se procurer par là le ciel, ce ne serait pas le paver lro[> cher. Voyez un naufragé, dont la tempête a englouti le navire, (pièls elTiu-ts ne fait-il pas pour saisir une planche, pour l'embrasser afin de ne pas couler à fond ! ij\ic de fois il lutte contre les vagues, que de gorgées d'eau salée il avale, que de monstres marins il voit et redoute, et tout cela pour échapper à une mort qui passe en un quart d'heure. Que ne faut-il donc pas tenter pour échapper à la mort éternelle? .Mais n'est-il pas plus pénible de garder un abcès (lui tourmente cpie de le faire ouvrir : n'y a-t-il pas plus de consolation à déclarer ses fautes qu'à les commettre ? Ah ! si le chef d'un Ktat accordait la liberté à tous les prisonniers, à condition (juils avoueraient à l'un de leurs compagnons d'infortune le crime qui les a fait enferiiier, comme cette condition leur paraîtrait douce ! C'est n'avoir ni foi, ni raison que de trouver dure l'obligation de confesser ses péchés, pour en obtenir le pardon. i\"esl-il pas plus facile d'avouer sa faute cpie de soutenir la manifestation qui en sera faite au tribunal de Dieu (1)? Mais voyons en détail ce qui peut nous sembler pénible dans la confession.

844. io Que penserait-on de moi ? — .\insi raisonnent les esclaves du respect humain. 0"'un enfant soit intimidé par cette vaine crainte, je le concevrais peut-être; mais un homme qui a de la conscience et qui doit avoir du courage ! C'est inexplicable. Mais (pii donc trouvera mauvais que vous fassiez votre <levoir? Ceux qui n'en font |)oint ; par conséquent toujours ce • piil y a de moins consciencieux dans une localité. Est-ce la ligne de conduite que nous tracent de tels hommes que nous devons suivre ? Me vaut-il pas mieux tenir compte de l'opinion des bons chrétiens qui se réjouiront, en vous voyant être lidèles à Dieu? VA ceux mêmes qui vous railleraient, si vous mépri.sez leurs moqueries comme elles le méritent, vous en estimeront davantage. Le général Hedeau. en t846, au retour d'une de ses glorieuses expéditions d'Afrique, rencontra un prêtre ; il lit faire halte à sa colonne; et, en présence de ses soldats, il se mit à genoux au pied d'un arbre à c6l.é du prêtre, pour lui faire sa confession. Quand il eut flni : « Mes amis, dit-il

qu'il avait fait prisonnier, et qu'il ne permettrait même pas qu'on parlât en sa présence de la beauté de ceue reine. — Cyrus avait aussi refusé de voir Pantbéa, épouse d'Asiradate, roi des Scylhes. quand il l'eul faue captive : « Les yeux, dii-il, sont des traîtres dangereux ; de vainqueur que je suis, ils pourraient me rendre esclave. » (Voir la note du n. Ib'?..)

(\) Un célèbre médecin protestant de Lausanne, Tissol, aimait à raconter qu'une jeune dame se Irouvani dans un étal des plus graves, il lui avait selon sa coutume, conseillé de recevoir les secours de la rfiigioi^. Dés lors on fit venir un préire. Elle se confessa et reçut tous les sacrements. Et les consolations de la religion répandirent un tel calme dans son àme que le lendemain elle était tiors de danger.

l.A l UM KSSIO.N • oU/

•- '"MiiLs en avez besoin, sortez dos rangs et faites romine mfii (I).

H" Main j'ai fait de trop grands crimes, nue pensera de moi mon

, -ieur ? — Si vos crimes sont grands, raison de plus de les conlesser,

puiscTue c'est le seul moven d'en obtenir le pardon, à moins que vous ne preniez le parti de les voir révéler h votre honte à la face de l'univers. Mais èles-?ous plus coupables que Pierre, que Madeleine, qu'.\ugustin, que l'enfant prodigue? Ah! déiiez-vous du démon qui fait paraître le péché léger avant qu'on le commette, et qui en exagère la gravité quand on l'a commis. Le loup saisit la brebis à la gorge alin de l'empêcher de se plaindre et d'appeler le pasteur. Le démon ferme la bouche au pécheur alln d'en faire sa proie tout h l'aise.

" - f)ensera le confesseur f — Que pensa Notre-Seigneur de la femme

le f Que pensa de son tils repentant le père de l'enfant prodigue? N'y

a-l-il pas plus de joie au ciel pour un pécheur qui se convertit, que poiu*

quatre-vingt-dix-neuf justes qui persévèrent? Il en est ainsi dans le cœur du

f»n"^tre. Kien ne le console comme le retour à Dieu d'un homme éloigné de ui depuis It.nglemps. La mère qui voit couler les larmes des veux de son enfant, oublie ses fautes et pleure de tendresse avec lui. Il en est ainsi du prêtre. »* Que pensez-vous de moi ? demandait à saint François de Sales un P'--'' '•■' r'rès sa confession. — Je pense, mon (ils, répondit-il, que vous êtes III l'ami de Dieu, puisque vous avez recouvré sa grAce. Les larmes

qi.. I i. ai vu vereer ont fait sur mon cœur le même effet que l'eau sur le

brasier d'un forgeron : elles n'ont fait qu'embraser l'amour que je vous

4» Mais si le confesseur venait à faire connaître mes péchés ? — z-vous à quel inviolable secret le prêtre est tenu à l'égard de toute faute à lui confiée ? C'est la loi naturelle, la loi divine, la loi de l'Kglise ellemême qui lui imposent, sous les peines les plus graves, ce rigoureux devoir. Ne sa*ez-vous pas que Dieu lui-même veille à la garde de ce secret ? On a vu des prêtres subir la mort plutôt que de le trahir. Témoin saint Jean Népo- ■\f' qui fut jeté tians un fleuve par l'impie Venceslas, pour n'avoir pas révéler la confessiim de la reine. Mais jamais, depuis dix-neuf siècles, tre n'a révélé un péché à lui confessé. Dieu n'a pas permis qu'il se soit un apostat, ni même un prêtre devenu fou, qui ait trahi son péniut (i).

847. 50 3fais comment me souvenir de mes péchés ? — Le prêtre est là

. ' ivice, il vous aidera. Recherchez vos fautes aussi bien

!l)le, et ensuite allez à lui hardiment, il achèvera votre

• ;>si(in n'est donc pas pénible. Voltaire lui-même l'a avoué.

Mitniries, a-t-il dit, quand ils sont tombés dans quelque grande

■llement rln remords ; s'il y a quelque chose qui les console

-I de pouvoir être réc(mfiliés avei- Dieu et avec eux-mêmes (3).

stante venait depuis longtemps raconter ses peines à Mgr de

• il plus tanl archevêque de Honleaux. La peur de se confesser

>• "lu catholicisme qu'elle était décidée à embrasser; « Ma-

it, la confession n'est pas autre chose que ce que vous

, iips avec moi pour voire consolation. »

(1) Ce trait rappelle celui de saint Looic, roi de France, qui, en revenant de Palestine V •! qui dura deux mois et demi, que tuus ses soldat» et tous

s'oiïrani lui-même à faire la manœuvre cumme l'un d'entre euv |i . ICI ic kcui^d de se ciinfcsser. Les paroles du roi furent si efflcacea

que p! . lots, qui ne s'étaient pas confessés depuis longtemps, s empreasôrenl

de reniii .^ir.

(i) ï.a <ii)^, un meurtre fut commis à OratofT, près de Kief, en Podolie; et l'assassin alla de çrintl mnim n la sacristie de l'église, où il se confessa a l'abtié Kihylnwics. curé <i' oiliranl, il Uisia a la sacristie un vdtt'^ sa

\ ; ■ à la justice. L<9 prêtre fut accusé II <'r,

■'■■' venu sa i:onfes»''- ' - nu mcmc 1. ju»«

jrel lui rendre le curé aima mienx

lu.lly passa seizi .risque le coupable*

k 1 ariicl« de la uiurt, se fût fait coiinalire lut-oièuM. ;3j Voir les réponses d« Mgr d« bégur que aous oe bisoaa presque qu'abroger»

ij^^ ^j; ïoir ICI

308 CONFURBKCBS

84S. In lapilaiiir iIp cavalerie entra un jour par rnriMsité dans une église. où le ei'Iolire J'. Uiidaine «Jonnait une mission. Célail le moment où le mis sionntiire exhorlail »i faire une conlession gt'nérale. Le caj)ilaine est saisi par In fçrùce et il va fiire sa «!on!V'ssiun générale. Tonl le monde le voit sortir <iii eonfes-sionnal, versant des larnie.s. (l'étaient des larmes de joie, car dès que Hridaiiie rentra A la sacristie, rofficier Vy suivit, et lui serrant la main en présente des autres prêtres : « Père Uridaine, dit-il, Louis XV <pie j'ai servi pendant vingl-cinq ans, n'est pas si heureux dans son palais, «pie je le suis d'avoir fait ma confession. » Qnï ayant exercé le saint ministère, n'a pas renc(»ntré des Ames jusrpie-lA bourrelées par le remords, vei*sant des larmes de joie après une confession bien faite f Ce bonheur sera le votre.

S^li). t»° (.'cu.c qui se confessent ne raient pus mieux que ceu-c qui ne .v confessent pas. — Les protestants eux-mêmes n'ont pas toujours été de cci avis. Le débordement des passions fut tel, quand ils eurent supprimé parmi eux la confession, que les magistrats luthériens de N'.u-emberg et de Strasbourg envoyèrent des ambassadeurs à l'empereur pour le prier de rétablir la confession, (ieux <jui se confes.sent ne valent pas mieux que ceux qui ne si confessent pas! Allez voir aux Cours d'assises ceux qui y sont cités, dans 1<~ galères ceux qui y sont enfermés, et demandez-leur s'ils étaient à la confes sion fréquente, miarul les gendarmes les ont saisis. L'expérience prouve (pic quand un jeune homme veut se livrer sans frein à ses [)assions, il abandonni' la confession, pour y revenir quand il reviendra A la vertu. Sans doute, il esi des hommes qui peuvent abuser de tout. Certains estomacs malades changent en bile la meilleure nourriture, est-ce la faute de cette nourriture, et en concluerez-vous qu'il ne faut plus manger? Voici la vérité : la confession est par rapport A l'Ame ce qu'est l'aiguille par rapport A une horloge. C'est par l'aiguille que vous connaissez le mouvement intérieur de l'horloge que vous ne voyez [)as, cl c'est par la confe.ssion que vous connaissez l'étal intérieur des consciences. Celui ipii ne se confesse i)as, n'est plus chrétien, celui ^ui se confesse A I*At|ues est un chrétien vulgaire, etc.

830. 7" Depuis le temps que je fne confesse, je suis toujours le même. — C'est déjà heureux de n'être pus pire. Les vêtements dont vous vous servez, après avoir été blanchis, reprennent de nouvelles tAches, cessez-vous pour cela de les faire laver encore ? Ksl-ce en vain <pje vous avez remonté volri> horloge, si vous devez la remonter plus lard? Uu reste ètes-vous bien le mèni' après la confession ? .\vant de vous approcher du saint tribunal, vous veille/ sur vous et devenez meilleur ; quelques temps a[>rès, vous vous observez encore ; et il en est qui gardent la grAce de Dieu plusieurs mois après la confession. .\h ! il ne vous manque que de vous confesser souvent, à temps pour ne pas retomber. Si les hommes recouraient fréipiemment à la confession, ils seraient tous des saints. //tt^eur/t 6o/iorM/«, dit un ancien \>TO'^Qrhe, confessio est malorum.

851. 8<> Je suis un honnête homme, je n'ai ni tué ni volé. — Si vous êtes parfaitement honnêl(^ devant Dieu et devant les hommes, vous ne trou vcrezpasdu moins la confession pénible. Pounpioi s'éloigner de Dieu, si ou a la con.science pure ? Pourtant, en général, ne nous vantons pas plus rpi'il ne faut. Le publii-ain qui se confessait grand pécheur, s'en alla justifié ; et le pharisien fut c<m<iamné.Tel<|ui se vanteflêtre honnête ferait peut-être mieux de dire comme le soldat : « Je n'ai ni volé, ni tué ; mais j'ai fait tout le reste. » Il n'y a pas en elTet que deux commaQdements de Dieu, mais bien «lix. et six commandemends de l'Kglise ; et la violation de chacun de ces commandemends, trop frécpiente, hélas! parmi ceux qui font parade d'être honnêtes, suffit [lour notre danmalion, si elle n'est pas réparée parla confession. .\u tribunal cle Dieu nous y verrons plus clair, prenons garde d'y être condamnés et <:<)ndanmons-nous nous-mêmes dès ce monde. D'ailleurs .serionsnous fie grands saints, qu'il nous serait encore utile de nous confesser. Saint Charles Uorromée, saint Léonard de Port Maurice et tant d'autres se confessaient tous les jours (1).

(i) On céièb»* homme d'Eial espagnol, la duc d'Ossone, qui mourut vice-roi de Naples en 162K visita un jour une paleie fi demanda h chaque condamné ce qu'il avait fait pour raéiiter une telle peine. Tous pioleslaienl de leur innocence, excepté un seul, qui

LA LONFLSSION 309

85â. 9* ÏM confession n'est bonne que pour les enfants. — Mais à la condition (jii ils feront seuls des péchés ; or ronfiince est l'Age de linnof'enre. C'est plus tard que viennent les grsndes tentations. Quand un vaisseau a-l-il un plus pressant bes«^in de pilote, sinon quand la tenip»He gronde? Connaissons-nous un peu nous-inêuies. S"est-il pas vrai que nous taisons des fautes que nous ne conseillerions pas à un de nos enfants? Nous avons donc à tout âge besoin détre guidés ; le l*ape qui gouverne rKglise en a besoin, et c'est pour cela que Dieu, qui sait la boue dont il nous a faits, a institué la confession (1).

Convenons-en donc, la confession est utile. Voltaire lui-même en a fait l'aveu: «< Ceux qui ont voulu retrancher la confession, dit-il, ont ôté aux hommes le frein le plus eflicare à contenir leurs désordres secrets. » La confession est utile à tous et à tout Age. Epoux, vous lui êtes redevables de la fidélité de votre épouse ; père, vous lui devez la vertu de votre jeune fille ; âme sainte, vous lui devez la vie de la grâce ; pécheurs, vous lui devez le salut, si vous néles pas ingrats ou rebelles envers le l>ieu qui Ta établie. Kllf est utile A l'individu pour sa direction et sa sanctilication, utile à la f;r I elle sauvegarde la moralité et le bonheur, utile à la société dont

eli' -les lois. Mais il est temps de dire qu'elle est nécessaire.

K)^. tl>' Pour éluder cette vérité on ose dire f/ue les prêtres ont inventé lu confession. — S'ils l'avaient fait, ils n'auraient certes pas travaillé A leur

f>rofit. Quel bénéfice auraient-ils trouvé à s'enfermer pendant une partie de eur vie. dans une prison, plus étroite que celle des forçats, à se condanmer À un m •> plus pénil)le de tous, (jiii, pour tout intérêt, leur rapfiorte la

haine ' nts? S ils avaient établi la confession, au moins s'en seraient-

ils exemples L-ux-inêuies et les prêtres se confessent fréquemment. Si l'Eglise avait établi la crinfession, elle en aurait exemple les Evêcpies. ou du moins le ■- in Puntile. on voit dans l'histoire que l'Eglise a dispensé des <ii-

v. lu'clle a faite, de l'abstinence, de jeune, de l'oftice. etc. Mais de-

puis ir .(iiiiinencement de l'Eglise, il n'est jamais arrivé et il n'arrivera jamais qu'un chrélien ayant commis une faute grave soil dispensé de s'en confesser. Que ceux qui tiennent ces propos at)surdes «lisent au moins qui a fait celle invention. Certes elle n'a pas dû passer inaperçue ; elle gêne toutes les mau- Taises passions, son établissement a dû faire du bruit dans l'histoire. On fonnail l'inventeur de l'imprimerie, de la poudre, des ballons, des jeux de rartcs ci jinlrcs, Qu'on nous dise donc l'inventeur de la confession ? Co que h 'uvent pas dire, nous vous le diront bientôt : c'est le Fils de

I» ist, qui a inventé la confession.

11" (//t ! dit un indiiïérent, ^e me confesse à Dieu, moi. — Si ce n'est iijr faire connaître vos péchés à IHeu, c'est inutile; si c'est avec la contrtliun et le ferme propos de ne plus pécher, fort bien; mais ce ferme propos suppose l'intention de faire ce que le bon IMeu veut de vous; or iMeu or- ■ aux prêtres. Toutefois, je crains ipie ceux ipii tiennent iifesse ni aux prêtres ni A Dieu dans les conditions voulues. Ceux qui le font sincèrement à Dieu sont les plus empressés de se confesser aux prêtres.

ffâ.'S. li«> (."est qu'iU en comprennent ta nécessité. — Et ils font bien, ('"est Il devoir crave. en effet, de se confesser, (l'est Dieu lui-même qui nous il ■' ''i', vous y lirez ces I' ' ' Jésus-ChrisI : Comme

1) rous envoie. Et en. ci: Je vous donnerai

'■ > in-/," iiii iiiijiiiiiiir iirscieu.r: les }}échés sr,<i„, ,t/nis n reu.r à uui vous ■■s remettre: et retenus à ceu.r à qui vous les retiendrez. Que fait Notre-

•voua an doc le crime qo'il avait commis, en lui disant qu'il aurai) bien mérité un pire châtiment. « Dans ce cas, dit le duc, vous n'éles pas ici à voire place. Vous qui êtes on coupable au miliru de tous ces honnêtes gêna, sortex d'ici, je vous rends la liberté.» Dieu ■e pardonne qu'à ceux qui s'accusent.

(I) Que peut devenir sans guide un pauvre jeune homme? Jnas, roi de Ja<ia, grandit dan« le temple sous la airecU(>n du (;rnnil pr^irr Jr. n.i* - et Ia i| duoDail les plus belles espérances Juiada vint k mr urir ; et cv jeune ;ueux, fut livré i de jeu-

nes flatleurs. Il devint vcicux et ii|i"i'tat. ci m a.

310 CONFinESCKS

Sei|?neur par ces paroles? Il établit ses niinislres médecins et juges des ftmes.

85H. a. N'csf-il pas venu, lui. pour guérir les Ames? N'a-t-il pas dit de lui à ceux qui lui re|trnchaicnt d'aimer les pécheurs: Cpux qui se pointent hinn n'ont iKis besoin de médecin, mais les malades^ Il veut que ses ministres remplissent lomine lui. auprès des pécheurs. lOITice de médecins. Or, la médecme ne guérit pas ce <]uelle ignore. Quand vous souffrez et nue vous allez consulter un homme de l'a ri, vous dites clairement le siège, la source, la nature de votre mal: si vous ne le faites point, vous ne devez nidiement comj»ter sur les remèdes qu'on vous prescrira.il en est de même des ftmes; le prêtre ne peut pas vous délivrer de vos infirmités spirituelles, si vous ne les lui faites pas connaître par une confession sincère.

«.57. b. Jésus-(;hrist établit ses apôtres juges et avec des pouvoirs que nous devons admirer. Les juges de ce monile peuvent ouvrir ou fermer les prisons, les prêtres peuvent ouvrir ou fermer le ciel ou l'enfer, l'n roi qui dirait à ses juges d'excercer la justice selon leur caprice, commettrait une iniquité ; il est^ nécessaire que les juges de ce monde instruisent la cause, interrogent les témoins, pèse la gravité plus ou moins grande de la faute, afin de porter un jugement selon la justice. Kt on oserait penser que Dieu, en établissant ses ministres juges des consciences, leur a permis d'exercer ce [louvoir à l'arbitraire ! 11 n'a pas pu ni dû le faire ainsi ; il faut donc que ses nunistres connaissent les fautes, leur gravité, les dispositions du coupable, pour porter une décision juste ; or comment acquérir cette connaissance de fautes le i)lus souvent secrètes? Comment ?Par un seul moyen, la confession. Donc la confession est nécessaire; et c'est Jésus-Christ qui l'a voulu ainsi.

SriS. c. C'est là ce que vient encore confirmer l'enseignement des saints Docteurs et la pratique de tous les siècles chrétiens, a) Il serait facile de citer le témoignage de saint Clément, de Tertullien, d'Origène, de saint Basile, de saint Crégoire de .Nvsse, des Pères de tous les siècles enfin, qui établissent la nécessité de la confession. Qu'il nous suffise de citer la parole du concile de Trente qui résume la tradition : L'Kglise catholicpie a toujours cru que la confession entière de tous ses péchés était d'institution divine et nécessaire de droit divin à tous ceux qui sont tombés après le baptême. (Ses. xiv,c. 15.)

b) Aussi la confession a-t-elle toujours été en usage. Saint Irénée ne dit-il pas que les feumies qu'avait séduites l'hérétique .Marc, confessèrent leurs pé chés, en abjurant l'erreur? L'histoire de saint Ambroise ne nous apprendelle pas que ce saint Docteur, en entendant les confessions, mêlait ses larmes à celles de ses pénitents? Ne trouve-t-on pas aujourd'hui des confessionnaux dans les catacombes, dans les souterrains ou se cachaient les premiers chré tiens pour se soustraire aux persécutions? La confession remonte donc aux ,\pôtres et a Jésus-Christ: etJ'Kglise déclare avec raison anathème à quiconque oserait nier qu'elle ne soit divine et nécessaire de droit divin.

859. c) L'Eglise, craignant que ses enfants ne désobéissent k Dieu, a usé i\'l'autorité, nu elle lient de Jésus-Christ, pour nous imposer la mèmeobliga lion. Voici le texte de sa loi : « Que tout fidèle de l'un et de l'autre sexe, parvenu à l'Age de discrétion, confesse avec soin tous ses péchés au moins une foi l'an..., sinon (pi'il soit privé pendant sa vie de l'entrée de l'Kglise, el à s;i mort de la sépidture chrétienne. » Si aujourd'hui la rigueur de ses peines ;i été tempérée, la même obligation reste; et celui qui passe plus d'une annéi sans se confesser, se rend coupable de péché mortel. Malheur à qui s'affrati chit par lâcheté ou respect humain de la soumission qu'il doit à Dieu et à sou Eglise !

860. ISoJe me «on fesserai à la mort, dira encore un pauvre pécheur. — C'est ce que disait dans un wagon, il y a quelques années, un marchand du Jura, à un missionnaire du diocèse de Saint-Claude. Le mi.ssionnaire, que nous connaissons bien, se tournant vers lui, lui dit :« Mon ami, on ne se moque pas de Dieu: vous mourrez sans confession. » A quelques mois de là, il rencontre le curé de cet indifférent et lui rlemande de ses nouvelles. Il est mort répondil. — Et comment?— Il s'était couché bien portant, et on l'a trouvé mort le lendemain. •> Un catéchumène des premiers siècles différait de se faire baptiser pour continuer sa vie licencieuse.il fut suppris par la mort <lans une forêt

LA CONTESSION , 31 1

OÙ i) n'y avait point d'eau, quelqu'un qui accourut, l'onlendil irier : Munlapnes, liaptis-v moi. et il n'y eut point de haptAuie pour lui. Un de ces jours vous sorcz siir[iris d'un accident. Vous direz: Vile un prêtre; ce prêtre sera absent. Vous crierez : Confession! Kt il n'y aura point de confession pour vous, peut-clro parce que vous n'en avez pf>int voulu dans votre vie. Un dira après V' ' *^ mort : Ah ! si on lui eut dit que cela lui arriverait. Certes Dieu le lui t>iii dit; les prédicateurs le lui avaient dit! l'exemple de tant d'hommes i|ui meurent de mort subite le lui faisait assez voir. Soyez donc mieux avisés. •le me confesserai à la mort, dites-vous ; vous voulez donc vivre, comme vous ne voudriez pas mourir? (Jue faites-vous d'une vie que vous passez loin de Dieu? C'est une existence perdue. Pouvez-vous compter (pie Dieu vous don- ; I le temps de vous confessera la mort? Et supposé même qu'il vous l'ac- ■'. n'oubliez pas la parole d'un saint: « Je crains bien que la pénitence I un mourant, qui n'est pénitent qu'à la mort, ne soit ime pénitence réprouvée. » Donc hàtez-vous, n'endurcissez pas vos cœurs : amenez les indifférents à se réconcilier avec Dieu, si vous avez quelque charité pour leur Ame (I).

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