‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 56 sur 416 · VII. — Des conditions d'nne bonne confession · texte numérisé non relu

VII. — Des conditions d'nne bonne confession

861. La confession est la planche de salut du pécheur : mais encore faut-il qu'il sache s'en servir. Les hommes n'acceptent pas la fausse monnaie en

Efliiement de ce qui leur est dû ; et Dieu ne se contente pas d'im faux semlant de [lénitence et de confession pour nous remettre les dettes contractées envers sa justice, il a posé les conditions auxquelles il nous accorde le pardon ; il en avait le droit, puisque nous lui avions donné par nos péchés celui de nous perdre. A nous de remplir ces conditions (2) ; car saint Jean Chrysostome a dit que le «lémon nlios per peccatum,alios per jxenitentiam damnât , soit en les empêchant de faire pénitence, soit en leur persuadant de la faire sans les dispositions voulues, soit en leur inspirant de commettre le péché avec l'espoir d'en faire pénitence à la mort.

862. {* Quelle est la première disposition f — C'est l'examen, c'est-à-dire la recherche de tous les péchés commis.

(a) Sa nécessité. L'examen de la cause n'est-il pas en effet ce qui doit d'abord éclairer tout jugement ? Et quand il s'agit de péché, le coupable est en iii" ;.s accusateur et témoin. A lui par conséquent de faire les re-

> liri .'S sur ses fautes. La même loi qui lui impo.se de se confesser

• 'ic s'examiner; comment en effet s'accuser des péchés qu'on ne s, et comment les connaître sans examen? L'obli'Mtifin de s'oxaiiiiiii T csi telle que si, en la népliacant gravement, on oubliait des fautes sérieuses, la confession serait mauvaise.

863. L'examen, «piand il s'agit de fautes graves, doit être sérieux : diliijen-

'^m siii flisrugsionem. comme nous l'enseigne l'Eglise dans le concile «le

! ,-..ni.. ( optes^ quand il s'agit d'affaires qui intéressent notre fortune, notre

I . nous y pensons et repensons. N'en doit-il pas être <le même à

j. raison quand il s'agit du salut? Cet examen doit être proportionné

au temps depuis lequel on ne s'est pas confessé et à la gravité des fautes.

Ml G^n-iu Morrno, président de la République de l'Equateur, jeune encore vivait à l'ans, oubliant les pratiques ri'ligieuses de son enfince. Un jour, en .«e promenant avec d'autres jeunrs gens, on en vint à parler d'un homme qui était mort 'les

•acrementr. Quelques-uns lui donnant raison, Garcia se réveille aver sa

f'ii fi il prouve qu'une telle mort est tout ce qu'il y a de plus a;l: , rier

on, lui dit un contradicteur: mais alors pourquoi ne vous confessez-vous pas ? — ' argument a une valeur aujourd'hui, il n'en aura plus demain » ï.l laissant la compagme, il rentre chez lui, tombe à genoux, demande pardon à Dieu d'avoir oublié de conformer sea œuvres à sa croyance, puis va se confesser au premier prêtre qu'il rencontre. Le lendemain il était à la tabla sainte, et depuis lors, od te voyait tous les jours k la messe à Saini-Suipice.

(i) Uric était tout heureux de porter à Joab one lettre de David, croyant sans douta qu'elle contenait quelque chose de favorable pour lui. Iléla'% ! c'était une sentence de mort. Il est des pénitents qui te rassurent sur une absolution ; mais ils n'y ont pas apporté toutes les dispositions voulues, et celle ssnience de pardon devient pour eux une sentence de mort.

Celui qui n'a que dos péchés véniels n'est pas absolument tenu de s'examiner. Tout en apportant un soin raisonnable à 1 exauien des fautes sérieuses, il faut éviter de se tourmenter inutilement.

H(»4. (b) Comment réussir à faire un examen sérieux qui rassure la con^•<rience f Le moven le plus fafile, c'est de se servir d'un livre d'examen. On le lit, ou on le fait lire, au besoin plusieurs fois, par quelqu'un de sa famille, en ayant soin de se rappeler en même temps les fautes ronimises contre les commandements de Dieu et de l'Kglise. sur les péchés capitaux et sur ses devoirs d'état, et cela par pensées, par désirs, par regards, par paroles et par actions. Kn temps de mission ou de retraite, il ne faut pas se contenter de s'examiner depuis la dernière confession, mais il faut bien étudier si rien ne serait capable, dans notre passé, de nous troubler à l'heure de la mort, et faire au besoin une confession générale. Si on ne peut lire, ni faire lire un livre d'examen, on parcourt du mieux qu'on le peut, dans son esprit, les commandements de Dieu et de l'Kglise et les fautes commises envers Dieu, envers ses parents ou ses proches et envers soi-même par pensées, désire, etc. Et puis, quand on a fait ce que l'on a pu, si on a encore la conscience embrouillée, on va trouver son confesseur avec confiance ; on lui dit qu'on a de la peine à découvrir ses fautes ; et le confesseur est tout heureux de rendre service au pénitent.

8(>.5. 2o Quelle est la seconde condition d'une bonne confession ? — Il ne suffit pas que le chasseur découvre le gibier, il faut qu'il l'abatte. (;'esl la contrition qui abat et lue le péché que 1 examen a découvert. La contrition, c'est la détestation et la douleur du péché jointes au ferme propos de ne plus pécher j\ l'avenir. l>a contrition a donc deux faces : avec l'une, elle regarde le passé, et avec l'autre l'avenir ; le passé coupable pour l'avoir en horreur et le déplorer, l'avenir pour le sanctifier, en marchant résolument dans la voie des commandements.

8(J(i. \) De la contrition, a. Sa nécessité. — La haine et la douleur du jtéché sont-elles nécessaires pour recevoir le pardon de ses fautes ? — Absolument nécessaires. Dans certains cas, on peut, avec la contrition parfaite, recevoir le pardon de ses péchés, même sans examen et sans confession, et même sans le baptême, quand, par exemple, on est surpris par la mort, sans pouvoir recevoir les sacrements ; mais ni examen, ni confession, ni viatique, ni extrême-onction, ni indulgences ne peuvent remplacer la contrition, si elle fait défaut. Voici un scélérat qui meurt sans sacrements, je ne puis dire : il est damné ; car il peut se faire (ju'il ait eu la contrition parfaite. .Mais vous êtes sûr qu'un homme de bien qui avait fait un jtéché mortel ne s'en est pas rejtenti, et vous m'apprenez sa mort. Je dis avec assurance, il est damné. .Mais, dites-vous, il a revu l'absolution, le viatique, etc. Mais il ne savait pas que la contrition fût nécessaire. N'importe, du moment où vous êtes sûrs (ju'il ne l'a pas eue, il est très certainement damné. Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous, a dit Notre-Seigneur ; saint Paul dit au pécheur : Par la dureté et iimpénitence de votre cœur, vous entassez des trésors de colère. Celui qui ayant jtéché. ne se reftenl jias, insulte (a) la ffrandeur de Dieu. Si quelqu'un vous a oITcnsé gravement, s'il passe et repasse devant vous sans vous témoigner le déjtlaisir de cet outrage, il envenime la plaie qu'il vous a faite. Vous avez offensé la majesté divine, vous êtes toujours en sa présence, vous dormez en paix, vous nez. Quel mépris ! (b) la justice de Dieu. Si un homme puissant que vous auriez outragé vous rencontrait et que sarmant de son épée, il vous menaçai de vous percer si vous ne vous détournez pas, ce serait le braver que de lui tenir tête. Dieu vous fait de justes menaces, et vous demeurez immobile comme un rocher ? N'est-ce pas vous moquer de lui ? (c) L'immensité de Dieu. Si votre valet avait jeté des ordures dans la chambre que vous habitez, vous exigeriez qu'il les ôtât ; et s'il se contentait de ne pas le refaire, cela ne vous satisferait pas. Dans votre âme, qui est l'image de Dieu et son sanctuaire, vous avez répandu l'infection de vos fautes, et vous voulez que Dieu le supporte. N"est-il pas juste que celui qui a offensé Dieu lui demande au moins grâce ? Le pécheur s]est éloigné de Dieu, en aimant le mal et en y trouvant du plaisir, il ne peut s approcher de Dieu qu'en revenant sur ses pas, c'est-à-dire en abhorrant le

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