LA CONFESSION
mal, en le déplorant, en le fuyant. Aussi saint Augustin a-l-il écrit : On pont bien dire qu'on n'a pas péché ; mais il faut être plus que barbare pour prétpri''--'^ "■■' "très avoir péché, on peut obtenir le pardon sans contrition (1). I)ti! :•• confession sainte sans douleur du péché, n'accusAt-on que des
fauU, . - .ls. El la contrition doit pratiqueinenl précéder au moins labsolution. Il laut même s\v exciter avant d'entrer au confessionnal, afin de no pas s'exptjsor à en manquer avant labsolution {"ij. VA ici remarquons la l*rovidence de Dieu qui fait servir la tristesse (qui pour tout le reste est ihutile) à nous délivrer du plus grand mal qui est le péché, à nous préparer le plus grand des biens, la grâce. Vous avez perdu un parent, un ami. un procès, votre forttme, pleurez tant que vous voudrez, vos larmes no ressusciteront pas ce mort, ne rétabliront pas vos affaires ; mais si vous pleurez vos péchés, ils TOUS seront pardonnes. Késervoz donc vos regrets, votre tristesse, vos larmes pour vos péchés qu'ils peuvent réparer.
867. b.) Quelles sont les qualités de la contrition ? — Elle doit èlre fl) intérieure. C'est le cœur qui a péché, c'est donc à lui à expier le péché. Il faut appliquer le remède là où est le mal. Les juifs, pour marquer leur repentir, déchiraient leurs vêtements, et Dieu leur faisait dire par le proplicle Joël : C'est votre cœur cl non vos habits qu'il faut déchirer de douleur. Les larmes, les paroles exprimant un acte de contrition, seraient stériles, si le repentir n'était pas au fond de l'Ame. Elles ne seraient même qu'une hypocrisie (3). On peut même dire intérieurement à Dieu des paroles menteuses : Linr/ua sua menfifi sunt ei. On voit dans le monde des hommes qui ont toujours à vous dire de bonnes paroles, à vous faire de belles promesses. Soyez dans le malheur et demandez-leur quelque assistance, ils s'excusent aussitôt, et déclarent qu'à grand regret ils ne peuvent vous remlre service. Certaines àmos disent à I)ieu même dans le cœur, bien que le co'ur n'y soil pas : mon Dieu, je vous aime ; mon Dieu, je me repens. Allons à la preuve de la sincérité de ces sentiments : Prubatio dilectionis ejchihitio o/)eris ; el malgré ces protestations on ne veut pas chasser de la maison celte personne, qui offre un «langer pro<'hain d'offenser Dieu, ni payer ses délies, etc. D'autres cessent de pécher sans se repentir du péché qu'ils ont fait, comme un marchand renonce à la navigaticjn sans se repentir d'y avoir consacré ime partie de sa vie. Un homme ne passe |»as pour bon cavalier parce que son cheval qu'il ne pouvait contenir, et qui l'emportait nuilgré lui, e«l arrêté tout à coup par un mur. Si le cheval s'arrête, s<jn maître ji'a pas lieu de s'en flatter. On n'est nas pénitent non plus quand, le cœur ne changeant pas. on cesse de mal faire parce qu'on ne le peut plus. Les démonstrations extraordinaires de contrition ne sont donc pas nécessaires. Pourvu que le cœur soit contrit et humilié. Dieu ne le rejette pas. Néanmoins, si la douleur sincère du civur se manifeste par des soupirs ou des larmes, c'est une grâce de Dieu. Saint Crégoire nous dit (pic nos péchés sont inscrits dans
(I) La Sainte Ecriture nous parle de deox confe-ssions célèbres.* celle de Saûl qui dit au prnj.h'^te Samuel : J'ai p'*ché, el Samurl r(<pondii : Le Seigneur roui a rejeté; et ce •\ : J'ai pf' tiin ri^a^nàn : Le Seigneur rous a
jii: doute la (' David était accumpagnée duo vrai
re(n:ii\ii. uiijiji- t)UL- cru; m; .>>dùl CO étail ui>)iuii»ue.
{2) Au xii* siècle, au moment oii la pénitence pul)lique était encore en nsaire dans
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expier •!<£« pécli«-6 ki éuurintr» / » lépondil le p'-mlent. l.'Brclirvi}i|ue, k viiyanl m cunlnt, lui dit; ■ Kh bien ! conipnle/v.iM rie iroi» jouru do jeftne. — Ah t mon père, ne me perdez pa« par Ir' i ' iis
donne d'autre pèm a
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corde de Dieu, et il expira de douleur. Heureuse mortl c'est celle des élus. '
se trouv ri, se lli n
terre avi <. une pauvi
« Malheureux, lu as beau te Ocguijktr. lu va^ dam un |>a)i uu i'uQ le icc.'aiiaUrs »
Les faux dehors du repentir oe trompent pas Dieu.
un livre c( que nos larmes sont l'éponge qui les efTnoc. Plusieurs Pères appellent les larmes le baptême des Ames. Saint Pierre, après avoir renié Jésus, pleura jus(pi'A sa mort, et les larmes creusèrent un sillon sur ses joues.
H(]H. h) \a\ oonirilion doil-ètre surnaturelle, c'est-à-dire A" ahord, produite en nou.f par la unire. et non par les propres forces «le notre Ame. L'homme peut se tuer ; mais il ne peut se ressusciter. Quand nous sommes sur un toit, nous pouvons bien tomber sans échelle ; mais si nous voulons remonter, nous avons besoin d'une échelle ou d'une corde; nous tombons de l'état de grAce par le poirls de notre faiblesse ; mais si Dieu ne nous tend l'échelle de sa grAce, nous ne pouvons remontera cette dignité sublime d'amis de Dieu. La conversion rlu cœur est un plus grand miracle que la résurrection d'im mort, au témoignage de saint Thomas. 0<'i oserait se prétendre capable d'onérer un tel prodige? Si une femme venait de mettre au monde un enfant, seule au milieu d'un désert, et Mu'elle vil cet enfant sur le point de rendre le dernier soupir, si elle avait la foi, elle chercherait vile de l'eau; et si partout le désert était aride, et qu'elle vil le ciel couvert de nuages, elle se jetterait à genoux, conjurant Dieu de lui envoyer la pluie pour baptiser son enfant, afin qu'il ne dît pas privé éternellement de la vue de Dieu. Quand nous sommes en état de péché, les larmes delà pénitence nous sont au.ssi nécessaires que l'eau à cet enfant. Personne ne peut nous les procurer que Dieu. Donc, il faut prier pour obtenir la contrition. Convertissez-nous à vous, Seigneur, et nous serons convertis, disait Jérémie. Avant toute préparation A la confession, prions avec ferveur {\).
8(»î). La contrition doit être surnaturelle il ans les raisons, les motifs oui l'inspirent. Deux hommes se prennent de dispute ensemble. L'un, en frappant l'autre, se foule la main. 11 dit à celui qu'il a frappé, qu'il se repenl thi coup, à cause tle l'accident qui lui est arrivé, mais qu'il ne se repent point de lui avoir fait mal. Pensez-vous (pie celui qui a reçu le coup accepte cette excuse? Se repentir du péché parce qu'on a subi un dommage dans ses biens, dans sa réputation, ce n'est point une contrition surnaturelle ; il faut se repentir du péché parce qu'il offense Dieu, et qu'en offensant Dieu, il nous mérite ses chAliments et nous fait perdre ses récompenses. Mgr de la Molhe, évêque d'Amiens, en se préparant à la confession, faisait par la pensée trois stations : la première en enfer, la seconde au ciel, la troisième au Calvaire. Faisons ainsi avant chaque confession (2).
870. Notre-Seigneur fit voir à sainte Thérèse la place quelle occuperait un Jour en enfer, si elle continuait à mener une vie tiède. Hélas ! s'il nous montrait à nous l'enfer, il nous dirait : Voilà la place que vous avez méritée, auUint de fois que vous avez commis une faute grave. Regardez ces brasiers,
(1^ Supposons qu'ayant fait naufrage, vous nagiez an milieu de la mer, ne trouvant rien à quoi vous accrocher, et qu'il n'y ait point d'autre moyen de vous sauver la vie que la corde qu'un maielot vous pourrait tendre, comment la lui demanderiez-vous; comment cri^riez-vous; avec quelle instance le prieriez- vous de vous la tendre? Vous ayez fait naufrage de votre salut par le péché, il n'y a point d'autre planche, point d'autre ressource pour vous que la vraie conirilion. Dieii seul peut vous la donner; vous l'avez souvent déméritée, vous seriez donc bien négligent de votre salut, et bien ennemis de vous-même; si vous ne la lui demandiez souvent, humblement et avec ferveur. C'est ainsi que David faisait après son péché ; il devenait tout enroué à force de crier; ses yeux perdaient leur éclat. Us étaient tout flétris et languissants à force de les élever au ciel pour invoquer celui qui y réside. Faites comme lui : priez, pleurez, gémissez; et on vous dira comme à lui : Dominas transtulit peccatum tuum.
{il Qu'on remarque, toutefois, que la crainte, servilement servile. est incapable de justifier, même avec le sacrement de pénitence. Un homme vous a offensé gravement, puis rentrant eh lui-même et songeant que vous avez grand crédit devant la justice, que vous pouvez lui faire infliger un châtiment exemplaire, il vient vous faire des excuses, il vous proteste qu'il sera votre fidèle serviteur, qu'il vous honorera devant tous. Si vous étiez sûr que dans son cœur il pense qu'il se moquerait bien de vous, si vous n'aviez pas tant d'influence et si vous étiez impuissant à le faire punir, seriez vous empressé d^accepier ses excuses? Celui qui serait disposé à pécher, s'il n'y avait point d'enfer, qui se repentirait, non d'avoir offensé Dieu, mais d'avoir mérité l'enfer, ne pourrait recevoir son pardon. L'écolier qui ne s'abstient do ieu que par crainte du châtiment, retire bien sa main du jeu; mais il n'en relire pas son coeur.