‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 61 sur 416 · LV CONFESSION · texte numérisé non relu

LV CONFESSION

8^i. Toutefois, tant que I homino est en ce inonile, il est sujet à faillir. La rechute, quand elle a lieu assez longtemps après la confession, ne prouve pas que le ferme propos n'a pas été eflicace, sm-lout si elle a été précédée d'une vraie résistance aux tentations. L'efficacité du ferme propos consiste donc : a) :\ être, au moment ou l'on se confesse, résolu de se corriger de toute

lui est imprimée et qui s'afTaiblit petit à petit , et enfin se perd et s'anéantit. Si vou n'êtes pieux et vertueux que p)»rce que votre confesseur vous fait rendre compte de vos exercices spirituels, ou parce que voire mère vous exhorte à la vertu, quand votre confesseur s'en sera allé, votre dévotion s'en ira, quand votre mère sera morte, votre vertu sera aux abois.

Il y a une grande différence entre la velléité et la volonté ; entre un homme qui dit : Je voudrais et: je veux, la velléité, c'est an désir mou, stérile, oisif, ineflicace, paralytique, qui ne fait rien, qui veut la tin sans les moyens. La volonté, c'est un désir résolu, effectif, qui met la main à l'œuvre, qui s'applique à la recherche des moyens nécessaires pour parvenir. Je SUIS assuré que vous avez eu la volonté de venir au sermon. Comment est-ce que je le sais* C'est que vous êtes sorti de votre maison, vous vous êtes mis !en chemin. Si une dame qui demeure au lit ju-iqu'à onze heures, quand touies les messes sont dues, disait : Je voudrais bien entendre la messe, on lui dirait : Vuus le voudriez, mais vous ne le voulez pas; si vous en aviez la volonté, vous vous lèveriez plus matin, vuus vous hAteriez de vous habillei, el vous vous mettriez en chemin pour aller à l'église. D'où vient que tant de gens se confessent et si peu se corrigent? tant de gens désirent se sauver, el si peu se sauvent? C'est que tous le voudraient, et fort peu le veulent; tous en ont la veliéiié, fort peu la volonté. Or la seule velléité ne sert de rien; il faut mettre la main à l'œuvre, il faut voir <iuelle vertu nous ne pratiquons pas, que nous pourrions pourtant pratiquer, et commencer dès aujoun'hui à y travailler; quel est le vice qui prédomine en nous, et par quelle vnie nous le pourrons arracher. Par exemple, vous désirez être cbiriiabie, parce que le Fils de Dieu a dit : Bienheureux les miséi'icordieux, car ils obtiendront miséricorde. Ce n'est pas assez d*- le désirer, il faut penser par quel moyen vous pourrez le devenir; commandez à votre fille ou à votre servante de vous avenir, quand il y aura quelque pauvre malade dans le voisinage, et allez le visiter; de vous faire ressouvenir d'aller k l'hôpiial, ou d'envoyer à dîner à quelque pauvre. Vous désirez corriger le vice qui règne le plus en vous, afin que ce désir ne soil pas une velléité, mats une vraie volonté, commencez à faire quelque pénitence toutes les fois que vous y tomberez.

Hlutarque dit que Démoslhene étant en la fleur de son âge, résolut de pousser sa fortune et de devenir fameux avocat k quelque prix que ce fût ; mais avocat à Athènes, Tille la plus policée qui fût alors au monde, ville qui était le rendez-vous de tous les beaux esprits, qui avait pour tmélaire la déesse des sciences, Minerve, et qui même en portail le nom ; avocat dans la ville d'Aihënes, oii il fallait haranguer non seulement en présence d'un cercle d'aréopa^ites, mais devant un peuple presque innombrable, si diflicile à contenter, que si l'orateur prononçait mal une syiluhe, les auditeurs le reprenaient sur le champ. Or pour arrivrr à cet honneur, et devenir célèbre avucat dans une telle ville, voulez-vous savoir quel talent il avait ? Point du tout : au contraire, il avait quatre grands défauts qui lui devaient fermer le temple de l'honneur, et lui ravir la palme de l'- loquence. Premièrement, il avait une léle qui faisait beaucoup de peine à ses pieds. C'était un jeune homme plein d'activité, volage, inconstant, qui n'rûl su demeurer dans sa chambre trois heures de suite. Qui ne sait que les Athéniens consacraient la tortue k la déesse des sciences, pour signilier que celui qui veut devenir savant doit être comme la tortue, se tenir dans la maison pour être collé sur les livres? En iecond lieu, il avait la voix faible, basse, languissante; n'était-ce pas bien pour se faire entendre à un si grand auditoire ? En troisième lieu, il était bègue : n'était-ce pas bien pour haranguer un peuple si cenneur et si criti,{ue? Saint Chrysostôme ajoute qu'il avait une épaule plus haute que l'autre En bonne foi, qu'est-ce qui vous semble plus diflicile, ou de corriger de tels défauts, ou de corriger la mauvaise coutume que vous avez de jurer, de maudire el d'injurier vos domestiques? Ces défauts étaient entrés et enracinés dans la nature de Démoslhene; les vôtres sont volontaires, el dépendants de votre liberté. Il n'avait pas la gi&ce de Dieu, point de sacrements pour s'en corriger ; vous les avez. Il ne pouvait prétendre, en se corrigeant, qu'à un peu do gloire passagère; vous pouvez prétendre el aspirer 4 une gloire éternelle, i' ■'<"••< 'i "\\. il s'en est corrigé et en fort peu de temps, et il y a si longtemps que vous v. set de vos blasphèmes et vous ne vous en corrigez point ; d'oii vient cette c'esi qu'il le voulait, et vous ne le voulez pas; vous le voudriez, mais voui nu le viviez pas; il le voulait d'une volunlé sincère, résolue, cfleclive, qui mettait la main 4 l'œuvre. Ecoulez ce qu'il faisan pour »e contraiQ<lre k demeurer dans sa c' '■'

se faisait raser la moitié de la barbe el des cheveux , pour rorlilier sa voix tumer à parler malgré le bruit, il allait s'exercer tout seul auprès d'un t' i Chait d'en surmonter le brait par ta voix; poor corriger le bégaiement de sa langue,

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haliiliide j^ravc. Il no suflil pas fie dire: je voudrais ne plus pérlicr, il faut dire : je ven.r ferme/neuf avec la grAce «le Dieu. El ici qu'on n'écoute pas le dcnion qui rherrhe A persuader qu on ne pourra pas vivre sans certains péchés lavoris. La vérité est que ce qui fait le malheur de l'homme en ce monde et en l'autre, c'est le péché. Malheur donc à ceux qui ne veulent pas renoncer à la haine, ni réparer les torts sérieux faits au prochain par le vol, la calomnie ou la médisance, ni faire la pénitence t^ue le confesseur leur iiii|Mise pour des fautes graves! Ils ne peuvent recevoir lem* pardon. .Si l'on Il iiiiiise que des fautes légères, il faut au moins vouloir sincèrement se corriger «le iiuelqu'unedentrelles {i),ù) à vouloir éviter les occasions prochaines et volontaires de ces fautes, voir n. 1021; a Un homme, dit Tertullien, qui a

il mettait de petites pierres dans sa bouche, et déclamait ainsi en particulier, afin que se sentant plus libre après les avoir ôtées, il parlât plus aisément ; enfln, pour se tenir droit, il se mettait en chaire dans sa maison, et suspendait une épée nue dont la pointe aboutissait juste à l'épaule qui était plus haute, afin de la forcer à se tenir au niveau de l'autre. Et si vous désirez savoir quelle récompense il eut de tant de peine, c'ebt, dit rhistorieo, qu'un jour, allant par la rue, il entendit une servante qui le montrait à sa compagne, disant : Tenez, le voilà, ce Démosthène. Il fut tellement rempli de cette vaine luuan^e, qu'il dit à un de ses amis qui l'accompagnait, que ce jour-là il avait reç'J le salaire de tous se.s travaux.

Et illi quidem ut corruptibilem coronam accipiant, nos aulem incorruplam, que ne mettons-nous la môme « nergie de volonté à renoncer au péché I II y a une pœnitentia lliealralis, dit saint Chrysoslôme, qui trompe et amuse les enfants, mais non pas les geii% de jugement. A la comédie, on vuit un acteur qui semble être blessé jusqu'au cœur, qui tombe comme mort sur le théâtre, et qui y demeure étendu sans se remuer; les enfants disent : Il est mort! c'en est fait I Vous savez bien le contraire, ce n'est qu'un semblant. A quoi connalt-on qu'il n'est pas mort? C'est que le lendemain on le voit aller par les rues aussi sain et agile que jamais. Voilà un homme qui semble re-

Îieniani, pénétré de douleur jusqu'au cœur, parce qu'il fait extérieurement comme font es vrais pénitents ; il vient à l'église, il se met à genoux devant le prêtre, il confessa 8ts péchés, il frappe sa poitrine ; les idiots disent : Il est mort au péché, il est bien converti ; mais 'es anges disent : Ce n'est que mensonge, tromperie si Une qu'il ne trompe pas seulement les autres, mais il se trompe aussi lui-même. A quoi le connaîton ? Huit jours après, il est aussi jureur, anogant, médisant, indévol et dissolu qu' auparavant. A quoi sert d'aller à confesse si nous n'obtenon» la tin pour laquelle la confession a été instituée, qui est le pardon de uos péchés?

(1) «Comme le remarque excellemment le grand saint Grégoire, ce n'est pas assez pour payer ses dettes que de n'en faire plus de nouvelles, mais il faut acquitter celles qui sont créées; et lorsqu'on injurie quelqu'un, il ne suffit pas, pour le satisfaire, de mettre lin aux injures que uous lui disons, mais encore, outre ce a, la justice nous ordonne de bien faire réparation ; et lorsqu'on cesoe d'écrire, il ne s'ensuit pas pour cela qu'on etface ce qui est dt^jà écrit, il faut passer la plume s.ir l'écriture que nous avons faite, ou bien déchirer le papier. (Pastor. III part. Cap., SO, C 11, p. 87>.

H en est de même de nos péchés; tuut autant de péchés que nous commettons, autant de dettes contractons-nous envers la justice divine. Il ne âuHit donc pas de n'en plus faire de nouvelles, mais il faut payer les anciennes, et lorsque nous nous abandonnons au péché, quelle injure ne disons nous pas contre Dieu? Nous disons qu'il n'est pas notre Créateur, oi notre Juge, m notre Père, ni notre Sauveur, etc. Est-ce donc assez, chrétiens, de cesser de lui dire de telles injures, et ne sommes-nous pas obligés de plus à lui en faire la &atisfactitiû nécessaire? hnlln quand nous péchons, nous écrivons sur no8 cœurs: Peccatum Juda scriplum est stylo ferreo... super latitadinem cordis eorum. (iereai , XVII, 1.;

Le péché de Juda est écrit avec un poinçon de fer sur la table de leur cœur. Ne croyons donc pas fane assez lorsque nous ne continuons pas d'écrire, cela n'efface pas ce qui est tcrii; il faut passer la plume, par les exercices laborieux qui nous sont prescrits dans la pénitence, sur ces tristes et malheureux caractères; ils faut déchirer le papier sur lequel ils sont imprimés. C'est-à-dire qu'il <aut déchirer nos cœurs. Scindite corda vestra. ("Jocl., Il, 13) ainsi ils seront eflacés. » (Bossuet).

Il est au moins nécissaire d'être dans l'inlentioa d'accomplir la pénitence que le confesseur donne pour des fautes graves. Une autre satisfaction m<'riioire et facile, c'est d'accepter les peines de la vie. C'est Dieu lui-même qui nous les envoie ; car rien n'arrive en ce inonde sans sa permission. Plus un prêtre est élev<; en dignité, plus il est sage, saint et intelligent, plus vous acceptez volontiers et accomplissez de bon cœur la pénitence qu'il vous impose ; vous receviez plus volontiers la pénitence qu'un évéque voui donne que c«ille d'un simp'e prêtre, celle qu'un pape vous donnerait, plus volontiers que celle d'un évéque; et principalement si vous savez que ce pape est bien saint, bien savant et bien spirituel. Quel prélat eut jamais plus d'auluriié, de sainteté, d^sci -v^e,

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vu flans une tempête le oicl mMé à la tcrr«, à qui mille objets terribles ont remlii en tant de l'avons lu luorl présente, souvent renonce pour jamais à la navigation et à la mer. 0 mer. je ne le verrai plus, ni les Ilots, ni tes abîmes, ni It's i-'iicils contre lesrpiels jai été si près trécnouer ; je ne te verrai plus que sur I*' port, encore ne sera-ce pas sans frayeur, tant l'image de mon péril demeuro pressente à ma p»'nsée.< l'est, mes frères, ce <pi"il nous faut faire ; retir;-<! s.nntfiuent en Dieu et dans l'asile de sa vérité, comme dans un port, > de loin nos périls, et les tempêtes qui nous ont battus, et les vents ■ nt emportés ; mais de nous y engager témérairement, ah Dieu ! ne ~ pas. Hélas! o vaisseau fragile et entr'ouvert de toutes parts, minet des vents et des flols irrités, tu te jettes encore sur celte mer, iMiii IIS i-aux sont si souvent entrées au fond de ton Ame; tu sais bien ce que je veux dire ; tu te rengages dans cette intrigue qui t'a emporté si loin i. , I., .,,,,.1; (n renoues ce commerce qui a soulevé en ton ccnur toutes les et ne le delifs pas il'une faiblesse trop et trop souvent expérimen- : . . .... lu ne dois plus rien attendre qu'im dernier naufrage qui te précipitera au fond de l'abime. )> (Bossikt). — l^es soldats d'Alexandre, en partant pour les i-ampagpps d'.Vsie, brûlèrent leur, maison, pour témoigner hautenicnt qu ils iic \ allaient plus revenir dans leur pays. Brûlez ces lettres qui vous nul pnrii' ;iii mal, olc, pour prouver que vous ne voulez pas recommencera pt'cber. (•) A être résolu d'employer les moyens de se corriger, les sacrements par consé<pienl, la prière, surtout dans les tentations, l'assistance à la messe, l'audition de la parole de Dieu. Voudrait-il guérir, le malade qui refuserait d'employer les remèdes nécessaires ?

XS3. :J'> La confession. Nous avons dit sa nécessité, son utilité, sa farilité, voir n. K4i, mais </uelles qualités doit-elle avoir 'f — Qu'elle soit humble. c'est-à-dire qu'on confesse ses péchés, non comme si Ion s'en vantait, ni cdmme si l'on racontait une histoire, inais avec l'humilité du publicain (jiii se frappait la poitrine. La confession doit être simple, sans détails inutiles, sans excuses ni ilétours; prudente et disrrète, évitant de laisser connaître les ' nitiui; et surtout ^/é/»<»re et /"ra/tcAe", ne dissimulant rien, nexagé- La franchise sur les fautes sérieuses est si nécessaire que sans elle Il ■ Il .-^-ion serait im sacrilège, n'omit-on volontairement ipi'une seule faute ^'lavr. I.f I .Miiile de Trente (ses. xiv, can. 7) lance anathème contre qui-

-serait prétemire qu'il n'est pas nécessaire de droit divin de dire tous

s même secrets, ainsi que les circonstances qui changent l'espèce ... |-. . .,. .

HX4. Il faut donc accuser; 1) les espèces de péché. Il ne suffit donc pas de dire; J'ai péché ; ni .■ J'ai fait beaucoup de fautes graves; ni même: J'ai fait beaucoup de [téibés contre telle vertu; il faut dire quel péché on a fait, si ' '<vl iiii Idasjdiéme ou un parjure, si c'est un péché de [lensée. ou un péché ou im péché d'action ; 2) le nombre des péchés. Diminuer volonpt, ne serait-ce que d'une faute grave, le nombre des péchés mortels, t est faire un sacrilège. Un blessé qui a trois blessures mortelles, ne peut ;:ncrir, s'il n'en montre que deux au chirurgien. Quand on ne i>eut pas dire I • nombre précis, il faut dire le nombre approximatif, en v ajoutant le mot •■nriron. Si on ne peut même donner un chiffre approximatif, on dit: J'ai eu riltc iii.iiivais.' Ii.iiiiiiide jiendiinl tant d'années, et je succombais tant de fois pai- jour, ji.tr siinaine, (<ar mois, ou par an ; 3) /^« circonstances nui chani/é'iit ies/téce de pi'chés : par exemple, si on a frappé son père, il ne suffit [lits de dire: J'ai frappéiin homme. Quand riiomme qu'on a frappé ou insulté i!^l le pcrede celui tpii ItMiialIraite, c'est une circonstance ipii change l'espèce lin |>crlié et rpii doitêtre accusée en confe.ssion (1).

ii'inti-:iiL'>nce que Dieu inénae? Il (^rtanatl parfaitement la t^nindeur de .ta Majesté, qui i'>i MlfiiMje par le péctié, lu qualité Je vo* malailics jpuiluelles, le* remèile* qui vous sont |).as propres, les pénitences qui vous sont plus cnnvenaf)l68 ; quand il daigne vuus en inif>iisi;r par les rri>ix et les afiliciions de cette vie, vous dovex l'en remeicier, les

vous cliAiJe, adorer .vi justice qui vous piiml ea e; dire avec le prophète Michée : tram Uomini

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