‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 62 sur 416 · VII · texte numérisé non relu

VII

(!) (a) Un jeune liomme dont , lue, montrait h. un médecin une plaie qu'il

«vaii au buui du duigt. Le m : ussaai par la cuuleur de soa visage qu'un

SI

322 roM'j':riEN<.lîs

SS»i. Si |iiir uno liiui«lilo oxcessivo, on no se sentait pas le courage de

(tifo ses péi-liés. on poiiiTail les éi-rirc tels qu'on les connaît cl remellre au

■^seur le billet en lui disant : Je in'arcuse du [téclié que Je vous ai écrit.

; Li;;u<iri liii-iuèuio indique celte niétiiode. Si on ne savait pas écrire, il

liiuiliait dire à son conTcsscur avec conlianic : .Mon l'ère, j"ai une peine que

ji' IIP sais, ni n'ose déclarer, veuille/ ni'aider; du reste, on s'honore en

>sanl sa faute et en sortant du péché (l).Kt du reste, (jiie craigne/-vous i

lioinuie et par conséquent sujet aux mêmes inlirmités : il est entant

iir I llijlise comme vous, mcnd)re du même corps (pie vous, il doit compatir

.1 vos misères et clierclier à vous en guérir. Il est prêtre et par conséquent

l'ange de Dieu : et les anges se réjoui.ssent de la conversion du pécheur ; vous

lui dites de grandes fautes, vous lui témoignez par conséipient une grande

confiance : il faudrait qu'il eût un cœur de tigre pour ne pas vous aimer,

quaiKl vous allez .'i lui avec une telle ouverture de cœur. Il est père et c'est

abcès se formait en ses entrailles, lui dit: Mon ami, votre mal n'est pas au boai de votre doigl. Vous monlrez à voire confesseur, qui est le médecin spirituel, des fautes légères des péchés véniels que tout le monde voit, et vous ne montrez pas les ulcères de votre, cœur.

Kphraim faclus est panix subcinericiui qui non reversatur. (Ose. 7. 8.) Quand un pain se cuit dans le four, à la vue du inafiie ou de celui qui en a soin, sitôt qu'il commence ù se noircir, on s'en aperçoit, on le retourne et on empéclie qu'il n'acliéve de .se brûler; mais quand ii est sous la cendre, il se noircit, se durcit et se brûle, sans qu'on y prenne garde, e". sans qu'on le retourne.

Quand une àme mondaine se dérègle, son curé, ses parents, ses amis et ses voisins la remarquent, la reprennent et la corrifrent, ils font en sorte qu'elle se corrige et qu'elle se convertisse; mais si une àme qui est couverte sous la c-'ndre, qui porte l'habit ou qui fait profession d'une vie pieuse et pénitente, s'égare et cache ses défauts à ses supérieurs, à .son confesseur, c'en est fait, ses passions la noircissent, l'endurcissent et la brûlent entièrement.

(b) Saint Jean Cliraaque rapporte qu'un grand pécheur, résolu de changer de vie, alla frapper à la porte d'un monastère. Le Supérieur ne consentit à le recevoir qu'à la condition qu'il ferait devant tous les reli^^ieux la confession de ses péchés scandaleux. Le converti accepta, et dans l'égli.ie, devant toute la communauté, prosterné contre terre, il fit l'aveu de ses <:rimes publics. Un saint religieux qui était présent vit apparaître sur l'autel un personnage mystérieux qui tenait un livre ouvert, où étaient écrits les péchés du pénitent, et qui les efTaçait à mesure que le pénitent les accusait. C'est ce qui se passe tous les jours au saint tribunal.

(C/ La femme de Jéraboani, roi d'Israël, alla consulter le prophète Ahias: avant de se présenter à lui, elle se déguisa sous des vèttmenls empruntés, afin de n'être pas reconnue. Mais dès qu'elle entra dans la demeure du saint vieillard à Silo, l'homme de Dieu dont l'âge avait obscurci la vue, averti par l'esprit divin, entendant le bruit de ses pas : L'xor Jerohonm, dit-il, quare aliam te simulas? Le prêtre ne voit pas l'état des consciences à moins d'une lumière prophétique; mais que de fois en entendant la manière dont le pénitent s'accuse, ou plutôt s'excuse, il pourrait dire: Quare alium te simulas. Non seulement vos déguisements ne tromperont pas le Dieu qui scrute les cœurs, ils ne peuvent même m'en imposer à moi même.

(1) (a) Un disciple de Socrate sortait d'une maison de débauche, quand, voyant passer son maître, il rentra pour .se cacher; mais Socrate l'avait déjà aperçu, et s'approchant de lui : « Mon fils, lui dit-il, il n'y a point de honte à sortir de là ; mais c'est honteux d'y entrer. »

(b) Vers le milieu du xi* siècle, un seigneur de Languedoc, nommé Pons, célèbre par sa noblesse, par ses débauches et ses brigandages, touché de la grAce, résolut de changer de vie. i^ dimanche des Huineaux, à la procession, il se fait conduire nu-pieds et la corde au cou sur la place de Lodi-re, en présence de l'évéque et de tout le peuple, ayant à ses côtés un homme qui le menait par la corde et le fustigeait avec des verges. Là, il présente à l'évéque un papier sur lequel il avait écrit tous ses crimes; il prie l'évéque de les lire devant la foule. L'évéque s'y refu<e d'abord, mais doit céder enfin à ses instances : pendant cette lecture, Pons se fait frapper plus fort, il s'avoue coupable, il arrose la lerre de ses larmes, tout le peuple en est attendri et pleure avec lui, et en ce jour, Pons reconquiert l'e&time générale. On admire comme un saint pénitent celui qu'on redoutait avant comme un scélérat. .Son exemple détermina ceux qui auparavant avaient caché leurs péchés, à Ids accuser sincèrement.

(Cl Le P. Jean Heien, jésuite, nciour du collr-ge de Lille, était à la fin de sa carrière. Le Père qui l'assistait lui demanda s'il u aimerait pas faire une confession générale. « Je n'en sens pas le besoin, répondii-il ; car j'ai toujours fait chacune de mes confes- Biens, comme si elle eût dû être la dcrnicre de ma vie. a

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