DEVOIRS ENVERS L'ÉGLISE
I ijuo VOUS rappelez, lin père a à cœur de tenir cacliées les fautes inis. Si vous les lui découvrez, vous n'aurez pas la confusion des M'ut de Dieu, «icst le représentant de Jésus-Christ. M- instruits sur le sacrement de pénitence. Ce sacrement un des fruits les plus précieux de la mort du Sauveur, est \ r le pécheur, la clef du ciel. Nous saurons en user. Avant
inasion, prions, examinons notre conscience ; excitons-nous à la et au ferme propos. Puis approchons-nous du prêtre, comme ^ -■ "Mprocha de Jésus, avec ronliance ; faisons connaître à ce mê-
mes toutes les blessures (pie le démon nous a faites ; et il ver-
- .^ par l'absolution, le sanj; de Jésus-Christ qui cicatrisera nos
plaies .Nmiis retrouverons par là, avec l'atnitié de Dieu, nos droits au ciel et les i>insnl;iii(ins de la gn\ce.(l) « Nousavons dans le ciel un Dieu d'une miséricorde iutinie. quil fait exercer sur la terre par l'Eglise, dans le sacrement do l'éniten -e. Kcoutez les paroles par lesquelles Jésus-Clirist a institué ce sacrement ; Tout ce que vous remettre: sera remis, tout ce que vous délifrez sera délié, l'oint de bornes, point de nombre arrêté, point de mesure déterminée, miséricorde infinie. Unum haptisma. Il n'y a qu'un baptême e» il ne se répète plus. Les portes de la pénitence sont toujours ouvertes. ^ ■■'. dix fois, venez cent fois, la puissance de l'Eglise n'est point épuisée, iitaine du baptême est une fontaine scellée. Après s'y être lavé une ! ,~. on la ferme, on la scelle et elle ne soûvreplus pour vous. Mais par la [n iiiiencp s'accomplit la prophétie de Zacharie. Erit fotus pafens hahitan- ' m in ftblufionem peccatoris. tiette fontaine est publique et touà toute heure, à tous les enfants de l'Eglise Elle revoit loujMirs i.s |M .jieurs, et les lépreux peuvent s'y laver à tous moments. » (D'après UoS'^rKT). Venez dont;, venez souvent purilier vos âmes dans cette source dcau vive qui jaillit p(»ur la vie éternelle (i).
(I) \itr^ pn-nraimn d'aprrs Bourdaloue. Concluons donc avec saint Augustin inierpréiani Ihs (Kir.ii.s du Hmphèie, et les apoliquant au même sujet que moi : Confe.isij et pi tu ejus. l'i i ■, dit saint Augustin, ces deux
ctiuses n*- > .1 Dieu, la ' :ii p^ché et la beauté de l'àme.
Ilonfeisio tl ,.. .... dans ces pa. . , .. ji frères, p>ursuit le même sainl
Doceur, que vous apprenez tout à la fuis, et à qui vous pouvez paire, et par oii vous
lu; ;>>i;vfz plaire : c'esi par la confession de voire péché : \na% cui placeas, et quo-
nséquent, si vous aimez voire âme, si vous voulez la rendre pure
le Dieu, faites-vous Je la confession un exercice fréquent et or-
c ■•'•'}, $i affectas decorem.
<:z autant de passion pour plaire à Dieu, que vous en avez P . iiures ; et vous, femmes du monde, si vous faisiez autant éiai de celle KidCti luiéneure qui doit être le plus bel ornemeni de vos âmes, que vous en faites de cette grlce extérieure du corps, dont vous êtes si idolâlre», el qui di*vi«n( D&rlAi le scandile Ju pror!: ' -t quelle ferv i-on
fréquenter le tribunal de l;t lyer tanl i >^\xt
voQs y attirer? Diisqu- v.)U- n '> .'i .mu-
rer un jour dans celte disp r, comme
il n'arrive que trop, des aniK pour vous
' de ceue lèpre qai vouà Jeligui-«i ; a'me^-vouà pai a U juiate pi^ctue vous laver is purilier 1
u'i C'est proprement à vous, beaucoup plus qu'au para-
lyti'i 1 -i Km l'i'i'ct fifri ? 'Jun. f>. «.) Quid miieriu* mi-
tern it qu'il y a lieu de
s'apii pas oiiié de vous T
f' '■ , '!•■ H il veut la vue,
veut élre KUéri? V>mis éies pau el il faut vous
I s recevoir l'aumône ? voulaz-voui • çtiéri • et qui
.. vuu.s ua le voulez pas. Qu-I regret aurez-vt>ui a U luun ci ■> t de
Que' revroche. quelle honte et confusion, quand vous verrez que mtfl
■ni,
^ boni iret s'tiuUires . Ummpuk > liuiinê iU'ti/Uor ui»•l••^.^^iiit
luntum curari te siM. A uo m ..-puissant, il o'eai point da mai
324 CONFiinEXCRS
HHl\. Autre plan sur lu c/mffssion (ilapivs Massii.i.on).
In fiisjttirhdf initltitmto muf/tia lanf/iif/itiu/n, ctpcorum, claudorum, (iiidorum, crpec/anfiiiin tu/uœ mutum (Joan. V. W.)
Dans les ^nlorios de la |)iscine, élaienl étendus une foule de malades, alleiidanl .pie l'ange vint en agiter les eaux, afin de s'y plonger el d'y trouver la giuiisun. C'esl la ligure de la pénitence, ûù les anges de Dieu, les prêtres stuil toujours lA prêts à verser les eaux de la grâce sur les pécheurs, afin de guérir los nialadios de leur i\ine. D'où vient <lonc qu'il y a si peu de malades spirituels qui guérissent ?
(,"0|Sl que ; I. ces malades stmt aveugles, ne s'examinanl pas, ils ne se connaissent point el par conséquent sont incapables de s'accuser comme il convient.
II. D'autres sont boiteux, claurlorum. Ils ne marchent pas droit avecleur confesseur: ils cachent, ou flissinnilent leur étal.
III. Ariiloriitn, il y a des cœius secs et durs qui n'ont point de repentir «le leurs égarements. Voilà pourquoi, tôt jucehant et unus sanatus est, comme dit saint Augustin. (O/i conçoit (/u'il e^ facile de remplir ce cadre avec les détails qu'on trouvera dans le plan 'précédent).
1111. — L<*Kgli!s(e; iio!^ devoirs envers elle.
8S7. L'ICglise, c'est la société l'ondée par Notrc-Seigneur Jésus-Christ, pour conduire les hommes au ciel. Dans toute société il y a une autorité qui la gouverne et des sujets qui obéissent. Il en est ainsi dans l'Kglise ; il y a l'Kglise enseignante composée du Pape qui a succédé en ligne directe A saint Pierre, et des évèques, successeurs des Apùtrcs. Les simples lidèles forment l'Kglise enseignée et ils doivent aux i)astem's l'amour, le respect, l'obéissance.
HHH. I. Comment aimer ce ({ue l'on ne voit pas'! — Loin du pays natnl et de la patrie, l'exilé qui ne les voit plus les aime encore. La patrie des Ames, c'est l'Kglise. 1) Nous devons à Dieu de l'aimer, (a) Que dinlidéles, (pie d'hérétiipies phtngés dans Terreur et ne connaissant pas le vrai chemin du ciel ! Dieu nous a fait naître dans le scinde l'Kglise, quel bienfait! Ce serait être ingrat envers lui que de ne pas aimer l'Kglise. (b) .lésus-( Christ a aimé l'Kglise el s'est livré pour elle : qui après cela ne l'aimerait pas?
8X!». t) L'Kglise a tout ce qui peut nous inspirer l'amour, le dévouement. (a) Kllc n'a ni souillure.s, ni rides ; el!e est sainte el immaculée sur la terre, dans sa doctrine apportée du ciel, dans sa morale qui fait de l'homnie un ange (1), dans ses cérémonies <pii élèvent les i\mes el à côté desquelles tous
incurable; mais c'est le point important que vous vouliez être guéri, que vous le vou* liez d'une vraie vulonié, nun d'une velléité, d'une volonté raisonnable, efTeclive, qui veuille les moyens et la lin, que vous permettiez qu'on vous panse. Levez-vous, portez >oire lii, disait le Fils de Dieu au paralytique. Voire lit, c'esl voue corps, dit saint Bernard; votre àme y était alitée et atiaclié«, elie se rendait complaisante el condescendante à ses mauvais penchants; qu'elle se porte msinlenanl à l'église. Elevez-vous a la Considération des motifs d'une vraie cuntruion qui rende votre confession sainte et pure. Vnde tu domiim Iwim, allez à voire maison : votre maison, c'esl le ciel. Dieu pour montier qu'il y a destiné les domines, l'a exposé à nos yeu.\ et nous a caché l'enfer ; viius irez au ciel infailliblemeni, si vous le voulez. Pour aller au ciel, on n'a pas besoin de vaisseau, ni de litit-re, ni de carrosse; il faut seulement le vouloir, mais le vouloir non d'une volonté faible, lanjjuissante, qui se contente dédire: je voudrais; mais d'une volonté forte, vigoureuse, eflicuce. qui dise : Je veux, qui melte la main à l'œuvre, qui reirarde quels soni les empêchements, el les ôle. Si vous faites ainsi, vous vous acheminerez vers le ciel, el non seulement vous y arriverez, mais même vous y entrerez, vous y demeurerez, vous y régnerez, vous y verrez Dieu, vous le louerez, vous le bénirez, vous le gloritiurez à jamais. Amen.
(1) Les prolestanls, en abandonnanl l'Eglise, onl ébranlé la foi el la morale chrétienne.
« Dès que les princes sont raalires de prescrire à leur gré des symboles, dès que leur volonté esl toute la Religim, on ne doit plus parler d'Ecriture, de révélation, de vérité ; les croyances avilies deviennent une sorte d'impôt que le souverain établit sur
DEVOIRS ENVEBS l'lGLISE 325
les autres culfes sonl jfirtcés pomme la mort (!): dans ses pontifes élahlis ]>;ir .I.'siis Christ ; d«ns sos membres, les Apôlros. les vierges, tout ce qu'il y .1 '!•■ l'iir et «le nohie iii-has. ("omme Marie, elle est vierge |»ar rintéfrité l(> sa ilociriue; et eomiiie elle, elle est lëconile. Klle est l»elle «lans le ciel Il elle triomphe. Comment ne point l'aimer si nous avons le goùl du heau »■! du vrai !
80<). (hi Et qui rerlira les bienfaits dont elle noiiti a comblés ? — Le h-iplAme, l'éduratinn «•hrélienne, la première communion, le mariage bénit. I>''l'iiis le berceau jusipi'à la tombe, elle nous conduit par la main, nous souli'iii cl nous relève. Dans nos dernières luttes, elle nous lortiliera par le >■ I 1 i [ue et l'huile sainte, elle appellera tous les saints à notre serours, elle Il - ir.dnipagnera à notre dernière demeure; et ipiand tous nous auront IIS les ioui"s elle priera pour nous, nom-, ù Kglise, si jamais je i'% que j oublie plutôt ma main droite ; et que ma langue s'attache a mon palais !... (â)
la rai< ■\ pour le bien de l'Etat, qoe tantôt il allège, tantôt il aggrave, selon
les en nu ses st'iils caprices.
n I • ont suivi, ctiez les proleslanls, celles des doçmes : car, en
tniite n du dogme. Dune doctrine indigente natl un culte indi-
perii. L .... .i , .^u^e secle a conservé de dogmes, plus son culte a de vie,
de grandeur, et de pompe. Cela se voit clairement en comparant le cu'le des lulhériens avec le culte des calvinistes, et mieux encore avec le culte des sociniens. Les indépendants qui rejettent toute formule exclusive de foi, rejettent enfin toute forme exclusive de culte, et ils sonl conséquents en cela ; car les liturgies sont aux symboles à
T" ^ -^ !•• " 'its aux idées : quand les idées se perdent, les mots dispa-
r j plus comme ces inscriptions en 'angue inconnue, mysié-
n . r ancien peuple évanoui. » (de La!iie>nais).
(1) (a) L'empereur arien Valens, qui avait cherché en vain à ébranler saint Basile, •oit par des promesses, soit par des menaces, étant entré un jour de l'Epiphanie dans la cathédrale de Césarée, pendant la messe solennelle, fut tellement frappé de la majesté d«s cérémonie"! qn'il faillit «'évanouir.
<bt En 1870 . lit à un de ses amis : « Je ne sais rien de con-
solant corail • imme les cérémonies de l'Eglise, rien de beau
comme la litu .. j ,....o d'offices assez longs, et fai toujours quitté
l'église avec peine: je puis dire que le temps que j'y ai passé, est le meilleur temps de ma vie. » iVoir la note 2 du n* 2172.)
(C) • I.a religion catholique est bien par excellence la religion faite pour le cœur, i-rivait le céli^brc Tayer, ministre prolestant de Boston, après son abjuration. Quelque
invinci^' " - ' ' nombre qui m'ont convaincu qu'elle est la seule
vériia' iiret la joie qui inondent mon âme suffiraient
seuls p Euchaiistie qui m'avait paru si incroyable, est
devenu pour moi une source intarissable de délices. La conlession que j'avais regardée comme un joug insupportable, me semble infiniment douce par la tranquillité qu'elle produit dans mon âme. Ah I si tous les protestants pouvaient comprendre les doaceurs que j'éprouve, il» cesseraient bientôt de 1 être! »
, irrivée à ses derniers moments, t ' ses
f, remercia de tout cœur Noin .lir
in.-c •■.. .,t 1 L^i.ar Cl ut pcimeltre qu'elle mourût dans le m.... - ... ..^.ise.
« Oui. .Seigneur, disait-elle avec un ioefTable amour, je suis certainement la lille de
KEglise. »
(b) Quand Pie VI était traîné en captivité à travers les Alpes, la marquise de Savines, «on liiin d'F.mhrun, deniand.i 1 honneur de rci-t-voir. dans son cliàte.'tu. l'auguslc
.i -es
■ ur-
ion civile ') I c Smiil-Hert) ci-u.-'old cl lnl'itil cette
lard, Mgr n-v^no ti d»* nieillfiir» sentiments,
vint frapper à la poilu Uu cL'iti , " ■ ' li le
laisse à la porte. — Ma mère, im us
IT'- f='- ■'"-'- ■ ■•- '■■• • ^. i- -.--,.-■",
I, e» ; « Ma m<*re. itii-ii, n'y *•!•
i' ml ptst voti« viiti'rr fiire péni-
/. eitircr Jdii» U ' '*
ians un apparlein ""
n.ini piu.s 11 un caiéije. elle lui aopiT-.i mu^ les imihn hm ii.un n ••<- .■-.■■, ->• • "■•
mettre de sortir. L'évéque ne cessa de pleurer sa faute jusqu'à sa dernière heui.
8Î)1. 2» En quoi lerons-nous consister notre amour pour iEylise ? — {) A désirer son triomphe qui esl ocliii «le Dieu et celui des àiiies. 2) A nous réjouir de ses succès, ù nous atlrisler de ses douleurs. M. Fréniiol, |)résident du parlement de HoiuTogne, devenu veuf, prenait ses trois petits enfants sur ses fjcnoux et leur parlai! avec une telle foi des douleurs et des joies de l'Kfîli.se. qu'ils en versaient des larmes. A seize ans, sa fille, M"'R de Chantai, qui devint plus tard fondatrice de la Visitation, ne pouvait voir sans pleurer ' -lises ruinées par les protestants. (Juand donc tous les parents inspires à leurs enfants ce même amour de l'Kplise ? .:'. 3) Procurons l'exaltation <le l'ICçlise. (Juand il s'apit d'elle, tout chrétien est soldat et doit la défendre. Sainle Catherine était l'humble fille d'un teinturier de .Sienne. Elle consacra sa vie h procurer la prospérité de l'Eglise. Elle ne craignit pas dans ce but d'aborder les rois de l'Europe, les cardinaux, les souverains pontifes eux-mêmes; et elle décida le l'ape à quitter Avignon pour retourner à Home. Si nous ne pouvons faire autant qu elle, du moins nous [touvons (a) prier. Que votre règne arrive, ô mon Dieu ! {b) Contribuer à l'éclat des cérémonies de l'Eglise, orner les autels. Madeleine répawlitsur les pieds de Jésus un parfum d'im grand prix, et A cause de cela, elle est louée par toute la terre et dans tous les siècles, (c) Travailler pour l'œuvre de la Propagation de la Foi et celle du denier de Saint-Pierre ; (d) mener une vie sainte, car ce uni fait la gloire de l'Eglise, c'est la vie porc de ses enfants, comme la vie déréglée de quehpies-uns fait sa honte (1).
(1) (a) Charlemagne, le plus grand prince dont l'histoire de France et de l'Earope puisse se glorifier, grand par ses conquêtes, grand par son amour des sciences, grand par ses sages lois, giand par ses vertus, venait d'être frappé de la manière la plus cruelle sur ses vreux jours. Il avait vu mourir sa fille et deux de ses fils. Il ne lui restait plus que Louis qu'il voulut asH^cier à l'empire ; il lui dit dune : « Y\\& cher à Dieu, à ton père et à ce peuple, toi que Dieu m'a laissé pour ma consolation, tu le vois, mon âge se bâte ; ma vieillesse même m'échappe, le temps de ma mort approctie ; me promets tu de craindre Dieu, d'observer ses commandemenis, de pruléger l'Eglise? » Louis le promit en versant des larmes. « Va donc prendre la couronne, (elle était placée sur l'autel), mets-la sor ta téie et n'oublie pas les engagements. »
{b) En 1873, la république de l'Equateur, à l'inspiration de son auguste président Garcia Moreno, s'est engagée à verser chaque année au Pape, tant qu'il sera privé de son pouvoir temporel, le dixième de ses revenus. Quand des sicaires eurent poignardé Garcia Moreno, on trouva sur lui un message sur lequel on lisait : < Puisque notre faiblesse nous oblige à rester spectateurs passifs de leur martyre (du Souverain Pontife), que ce pauvre don lui soil au moins une preuve de nu'.re affection et de noire tendresse, un gage de notre obéissance et de notre fidélité. »
(c) O'Connel sentant sa lin procl aine, après toutes ses grandes œuvres, après avoir fait triompher la foi chrétienne dans l'Irlande sa patrie, voulut aller mourir à Rome et déposer ses restes mortels aux pieds du représentant de Dieu sur la terre. Il n'eut pas le temps d'arriver k Rome. La maladie l'arrêta à Gênes où il mourut dans les sentiments les plus admirables. Dans ses dernières volontés, il laissa son corps à l'Irlande, son cœur à Rome et son âme au ciel.
Selon la belle remarque de tertullien et d'Arnobe après lui, il y a entre les fausses religions du paganisme et la religion chrétienne cette difT^^rence essentielle, que dans le paganisme ceux qui étaient bons et vertueux, ne l'étaleal point par religion, puisqu'au contraire les religions païennes ne portaient qu'aux vices, el en donnaient dans leurs prétendues divinités les exemples; de sorte que tous les désordres qui se comineitaienl parmi les pafens, on pouvait les attribuer à leur religion, ou plutôt à leur superstition, sans lui pouvoir rien attribuer de toutes les vertus qui se pratiquaient Mais par un privilège directement opposé, tout ce qui se fait de bien dans le Ciiristianisme, doit lourner à l'honneur de la religion chrétienne, puisque c'est el e qui l'ordonne et qui le persuade; et rien de tout ce qui se fait de mal ne doit tourner à sa confusion, puisqu'elle esl la premit^re el la plus rigoureuse à le défendre et à le condamner. C'est ainsi, mes Frères, qu'il en devrait être : mais nous savons néanmoins que par la malignité des esprits, il en va tout autrement : on a toujours voulu, cl l'on veut toujours, quoique injustement, que notre foi soit responsable de notre mauvaise conduite. Et qutl avantage en elTet pour les libertins, lorsqu'ils voient au milieu du peuple chrétien ei parmi nous, les trahisons et les perfidies, les inimitiés et les vengeances, les débauches et les impudicilés ?
Et n'est-il pas à craindre qu'il soit de l'Eglise de Jésus-Christ, comme il en fut de Jérusalem, lorsque ses eni.emi8, la trouvant toute dépeuplée et déserte, lui faisaienl les plus cruelles insuites: llœccine est urbs perfecU decoris ? Est-ce là cette Eglise jadis si
DEVOIRS ENVERS l'ÉGLISE 327
80Ô. II. Respect aiw //asfenrs (/e f'Kf/li.<e. — I" I>o quelle vénération n'enî,.iii-. -t-nii i.Ms l.i< iiiiiii>;tros, les anibuss:ideiir.s des [tiiissunts de la terre ? Or, mes les ainhassadeiirs de Jésus-Christ, les ministres , ; s de ses mystères. Les [Miissances humaines peuvent
<'ii\ tir ou fermer les prisons ; mais les pasteurs de l'Eglise peuvent ouvrir ou 1. riuer le ciel.
> 'l. 2»> L'objet fie ce rps/)p/ f, c"esl d'abord : i). Le Saint Père le Pape, reniant df Dieu siu" la terre, vicaire de Jésus-<.'lirist, prince des évêques, -teui-s. père de la grande famille catholi<pie, gardien delà véil de rkglise, le monarque du monde, rar ses sujets sont réi .1; lus dans tout l'univers (1). 2) O sont aussi les ér^ques, successeurs des \i' 'res, ministres de Dieu, ftasteurs d'une portion du troupeau de Jésus- --t. L'impératrice, femme de Maxime, voulut servir elle-même à table Martin. évtMpie de Tours, et elle se tint debout pendant le repas du > ont droit aussi à notre respect à cause fie la part qu'ils ■< évèques. « Si je rencontrais un prêtre et un ange, disait ! 1 Assise, je saluerais d'aboni le prêtre. «
^' ;iioi devons-nous témoigner ce respect?!) Dans nos actions,
ti.iii> <i|i|M.>,iiii à tout ce qui peut ruiner l'estime due au clergé, lui donnant toutes les marques d'honneur et de respect, défendant son autorité en toute
tlorissanle et si belle? cette Eglise qui remplissait le monde de l'éclat de ses vertus, et
" 'leur de sa .<vain(elé: cette Eglise quisanclifiait les villes, les provinces, les empires;
Kglise qui consacrait les solitudes et les déserts, qui formait les apôtres, les mar-
- ■ "nfesseurs. les vierges : Hœccine est f est-ce là elle, fl en quel étal l'aperce-
Qui l'a ainsi défigurée, et quels traits pouvons-nous découvrir de son an-
• :nie\ir'! F acti suni fi m perdili. Les enfants qu'elle avait élevés dans son
(j'cile avait instruits à son école, qu'elle avait éclairés de toutes ses lumières et
.us de s«>s secours les plus puissants, sont devenus des enfants de perdition Ma-
■' ' -'• ■ ' ■■ ■;• j dexiderahilia ejus. Elle avait toujours combattu le
elle l'avait lani de fois vaincu et banni des cœurs où :relle tout l'avantage qu'elle lui avait enlevé; il a répanau Aua venin »ur luui ce qu'elle avait de plus cher, de plus sacré et qu'elle conservait avec plo? de sojn ; et la >)éprav»iion est générale. Faut-il s'étonner qu'elle en res- >. I, :i plongée dans l'amerluine ? Et ipsa oftpressa
- plaintes à son Dieu et à son Epoux ; elle lui re- , .ui dit-elle, con.-sidérez l'affliction oii je suis : Vide.
/ facta sum rilis. Mais tandis qu'elle geinii et qu'elle
e aux railleries et aux sangianLs outrages des impies,
.s Ue l'iiiirésie, qui ne l'envisagent qu'avec dédain, t'i qui s« jouent
-ervances. Viderunt eam et dcriserunt $abbata ejus, quuniam
à l'hi^nneur d'une famille où nous avons pris nais.sance, si orps où nous avons été associés comme membres : ne le serons-nous puinl à i honneur d'une religion où nous avons été si lieuieusenient régén-^rés, .1 qui no'js nous sommes <<i étroiiemenl engagés, par qui nousavons reçu tant de çrAces,
iironne immortelle? Car si ! -t'Ion
de nos in<eurs, la joie et \ ■■ tre
n. .»,...,., ■...,....,.,,. .,.^,..,. ^ *. :iiea, elle sera la nôtre, et a , „.. i'au-
runs honorée en celle vie, autant serons-nous gloriliés dans l'éternité. (Bourdalode).
'-■--■ ' • " ' "- " .■'•... -■■ >*"'!jne,
) de