I. — Ouierture d^une mission ou d'une retraite
{Prendre l'ejcorde au no 188 et l'invocation à la note du /p 919)
902. I. Qu'est-ce une mission ou une retraite ? — Ecce nunc tempus acceptabile. Dans l'agriculture il y a un temps propice pour défoncer, labourer, expurger, ensemencer le sol. Il y a aussi un temps propice pour labourer plus profond que de coutume, purifier et ensemencer nos Ames. Agriculturu f)ei. C'est celui d'une mi.ssion ou d'une retraite. Ces exercices n'ont pas lieu au moment des grands travaux. C'est le temps propice pour les Ames. 2" Kcce nunc dies salutis. C'est le temps du salut et des gr;\ces abondantes. Il y a des jours qui fécondent la terre à la'pielle est confié le grain : la pluie descend abondante. Mais il y a des pluies de plusieurs semaines au printemps. Tellt^ fst uiK^ mission ou «me retraite. Dieu y ouvre tous les trésors de !;i i.'i:V <• iiiit-res, instni.tions. bons exemples, remonts ; il met tout enjeu. ifdces rares. Non fecit taliter omni nationi. Que de fidèles, que -> en sont privées! .î»i in Tyroet Sidone factœ fuissent rirtutes, i/iiif /ucfœ sunt in te, in cilicio et cinere pœnifentiam et/issent. .\h ! si les s;iiiv;igos de l'Amérique ou de l'.M'rifjue avaient une mission ! 4o Grâces prélifiisfi. JiiL'i/cti par les missionnaires qui ont tout quitté pour les procurer ; [liir les [i.isiriiis les plus saints et les Ames tpii veulent faire le bien, cpii les font donner ; par les paroisses et les vrais lidélos qui les accueillent avec tant d'empressement et de reconnaissance; par le démon et les méclianls (lui font tout pour les entraver ; par les fruits quelles opèrent dans les populations. (Si c'est un jubilé, il a pour effet la remise de toute la j)eine due aux péiliés : il ouvre le ciel à l'Ame qui quitterait la terre, après 1 avoir gagné.)
'.toi. II. Motifs de profiter de res eo-'ircices. — 1" Nous devons à IHeu d fil profiter, c'est lui q>ii les envoie. Donum perfectum desccnilens a Pâtre. \ r/tfs, dit-il au prêtre, ^c rous enverrai auprès d'euj- voir si tout va bien. Mittiiin te ad cos, viilf si runcta prosjtera sint. Il a peur que vous ne vous |i< r.lit>z, il vous poursuit, il vous api)ellc : Venite ad me omnes ! \h ! quil „.. i,;iv^.. i.-is dire : Je vous ai appelés et vou.'< ave: refusé de m'entendrr. I I. une retraite est un «les fruits les plus précieux delà Passion du
^ "l'il ne nous lasse pas ce reproche : Quelle utilité arez-vous reti-
I santj, versé pour vous f Vous avez méprisé tous mes desseins de
n^' if!
'.M)."», i» Nous dfvons à nous-mêmes d'en profiter. 1) .Malheur à une jxtpul;iliiin qui repousse les dons de Dieu ! Jéru.salcm le lit et .Notre Sci-^Micur eu |.lruiM. {Jm ne conii.iil Ihisloire ile la ruine de Jérusalem et la 'i lu
|Mii|.lc juif ? Tout cela lui est arrivé j>arce qu'il n'a pas su ce: le
lemps où Jésus-Christ le visita (1). 2) .Malheur à une Ame qui repou^bc IMcii!
Ml Dès qu'il fut monté snr le irt'ir- t''"
ft-niiécs pur Achat son pèrs, et Ot '*
splendeur des plus t)eaux Jours liu pcupit- uo mru. h.uuim-. icj »vuij „^^,.^ -~ ..ju»
salem y avaient pris pari. Ou conviai donc d'envoyer dos messager» royaux dans tooM
Qui lui a rèsisti- ef a ru lu fiai.c ? W) Malheur siirloul si (cllc grAcc élail lu flerniriT ! Coiiiliion qui assishiionl à la «lernitTc mission, à la derni^ro rolniitc. of ipii no soûl plus! (Juds sont ceux i|ui en vorrnnl une aiitir 1 4) l't'cliours. vous avez l»os(iin lie la mission. Si vous restez rebelles h la vrrilr, ht'lHs ! c'pn est [loul-rlre fait «le vous. VA rexp«''rience prouve (|ue la mission
r>eut faire <le vous des saints. ;») l'ièdes, parre ipie vous ("^los dans cet «Hat, )ieu s"a|>juvle à vous rejeter : (Jui s /ternit inodicn, pnulatiin deritlet. /hci/c pusillaiiunis^ ronfortumini. Surf/e(/ui i/onnis. et it/uminahif te (,"/n'istus ! 6) (Juf re/ui (/ui eid juste le derienne davantage encore ! (."est vous, justes, qui a|iprët:iez davantage cello îîrAre (jui vous unit |)lus intimement (\ Dieu, l'our tous Jésus pa.sse, comme il jiassait en Judée et en (ialilée, p»»ur ressusciter les morts, guérir les malades, consoler les affligés. Profitons de son passaçe. Time, dit saint .Aufiuslin, Jesum franseuntem, il poiu-rail ne pas revenir. Hue de danmés qui n'ont |toint eu de mission, parmi ceux de voire eondilinii. «le votre Af.'c ! Oh! s'ils pouvaient revenir sur la terre, comme ils emploieraient ce saint temps' Nous comprenons assez le besoin que nous ayons d'une mission ou d'une retraite, le malheur qui serait le nùtre, si nous nVn ()ro(ilions |ias. quand Dieu nous rnlTre|l).
ÎXM). III. Moi/ens (t'en profiter. \" Assister aux instructions, y envoyer les autres; répéter les instructions à qui ne les a pas entendues, les noter pour soi Ci). 2" Mrier, venir A la messe. A la prière du soir, prier en famille et le long «lu jour ; '.V^ se corriger : si un [trèlre venait vous annoncer ipie dans «pielques jours chacun de vous aura dix mille francs de rente, et s'il vous oiTrail sincèrement une telle fortune, vous diriez aussitôt : 0" 'ivonsnous A faire? (Juid fademus. riri fratres ? VA vous feriez ponctuellement ce (pi'on vous dii'ail pour vous la jirocurer : Evanf/elizo vobis gauilium maf/nunt, the.taurum non dejicitntem in crelis, Le ciel est à vous, si vous comprenez le [u'ix d'une mission ou d'une retraite, l'ohligalion d'en proliter et «l'employer les moyens indiqués. A l'ouivre donc ! Reconnaissance et amour au Dieu si lion «pii noUs ménage celte grAce. .\h! que serions-nous devenus, si nous étions morts avant! Hésolution d'en profiter.
l'élendut* de la Palesline. Ces envoyés parcoururent tout le terriloire, annonçant aux villes el aux campagnes les onUes du roi. « Enfanis d'I.«raél, disaienl-ils, revenez à voire Dieu.... >e suivpz pas l'exemple de vos pères el de vos frères. Ils ool abandonné le ciille de l'Elernel, voilà pourquoi le Seigneuries a laissés périr sous vos yeux *^ervez le Dieu lie vos pères el il déiournera de vous les irails de sa vengeance. Si vous revenez à lui, vos frères el vos fils, capiifs de l'Assyrien, Irouveronl grâce devant leur maître, el ils seront rendu.s à voire amour. Notre Dieu esl le Dieu de la clémence el de la miséricorde, il ' , loucher par voire repentir. » Ainsi parlaient les messagers
dEzéchias. el ni de paster de ville en ville à travers les iribuf d'Ephraïm,
de Manassé et '
Les irilius d'hraél re.«tèren\ sourdes à ces accents; mais le royaume de Juda les accueillil svpc enilmusiasme. I.a bénédiciipn du .Seigneur se manifesta. Dieu exauça la voix de SI' -, et leur prière parvint jusqu'au pied de son iiône. Jamais, depuis
Saiomon. n'avait vu de plus belles solennités. La prospérité du roi Ézécbias
el de son j, ,., l'ionnanleà la suite de ce retour.
Dieu envoie aussi à chaque parois.'e des prêtres pour ramener à lui ceux qui l'ont abandonné. Ceux qui méprisent leurs exhortations courent à la ruine ; ceux qui sont dociles seront t>énis du ciel.
(h On pont sortir transformé d'une retraite. La fable du PWnix en esl la figure. Les •"''" ■"* t|ue cet oiseau se construisait, à la fin de sa vie, un nid de plantes
*"^' '■ lequel il mourait, et que de ses cendres il renaissait plus beau. Dans
la lei. 1 I. I ,iiiif meurt à elle-même, au milieu des suaves el fortes pensées de la foi, pour renaître pluséolaianle de grâce.
12» Réfi;' • ' ■''lextes d'après ce qui est dil à la conférence sur la parole de Dieu,
Il y ava en Italie des bandes de brigands qui assassinaient ei pillaient.
Un prince qui vouiail les exterminer, imagina celle invention : il promit grâce, et outre cela, deux mille écus de récMm;.eD«f à quiconque lui apporterait la léied'un de ces bandits; ce qui f . „i, chacun se déliant de son compagnon, el
plusieurs se ii mais il y en eul un qui fui moins crue! et
plus rusé que sc. ,...^... ,,.... ,,. .„■ , ,, ,„tis adroit que le prince. Il va le trouver et
lui dil ; Prince, vous avez promis grâce el deux mille écus de récompense à qui-
mvi.iif:uii lu; M'.vMXAi ~ I. 'NHHUR nu JUstH :^.33
II. — Le luallicur ilcm i:icr^rlul<>«t (>t fle<4 niéchaiits. et 1« koiilioui* de»* juMtea.
9Î)7. Divites esurierunt, inauirentes aufem Dominum non minuenfur omni ho/io (l's. \\\m). Les riches ouf eu faim, et ceu.v qui cherchent le Seiqneur ne rnam/uent de rien. — Ihiviil élait riclic, il t'iail roi heureux, selon lo niniitlo. il îiltandonna Dieu, ef il sentit le vide fiuéprouve une tVme au sein • les l>if'nsil'ifi-l»as, quand Dieu lui nian(jue. L'expérienf^elui avait donc dêniontré la vrrilé <|iril nous enseiijno et que nous devons méditer : Tout houiiue est Fait pourle bonheur, et v tend lonfuient (I). Donc tout homme doit pouvoir y attein<lre ; or il est manifeste que la plupart des hommes ne peuvent jamais, mal^r.' tous leui-s elTorls. aiquérir les biens de la lerre. et ceux qui les possèdent n'ont Jamais assouvi la soii'den acquérir ilavantage, et ne sont pas heureux par conséquent ; donc le bonheur n'est pas dans les biens de la lerre. Ils SfUit trop vils pour rassasier le cu.'ur de l'homme: ce qui nous rend lieurcux doit nous rentlre meilleurs cl être par conséquent meilleur (pie nous: car on ne rend (»as im petit vin plus excellent en v meltanl de l'eau, ou un autre vin moindre encore; or les biens de ce monde ne valent ni notre corps ni notre àme. De plus ce qui doit nous renilre heureux doit être en nous et non en dehors de nous; quand même les biens de. ce monde seraient n:eilleurs (jue nous, en les possédant nous ne serions pas meilleurs ; car la science qui n'est pas en nous ne nous rend pas plus sayanls, la blancheur qtii n'est pas en nous ne nous rend pas plus blancs, et les biens du monde ne sont pas en nous, mais hors île nous, (l'est Dieu que tout houune peut atteindre l'acilemenl ; c'est lui qui est meilleur que toute créature; c'est lui qui est en nous et qui nous est plus intime que nous-mêmes.. C'est lui seid «pii peut faire notre bonheur. I. Donc ceux qui abamlonncnt Pieu et la reli- .gion sont malheureux, parce qu'ils sont coupables. II. Ceux qui servent Dieu trouvent à'snn service tout bonheur dès ce monde, en attendant la félicité des élus. Sicut probis probitas est prœ/niam, ita malis nequitia est suppliciuin, dit IJoéce.
'.)()8. l. Malheur de i/ui abandonne Dieu. — Dieu est l'auteur de tout bien, et il donne tout à t<ius. Dieu est juste, et il récompense chacun s«lon ses iruvres. l'oint de bonheur où il n'y a point do repos, et point de repos où Dieu n'est point. .Malheur donc à cetix qui transgressent sa loi ! Malheur des ictte vie, ù la mort, dans l'éternité!
1H)'.). \o I)P8 cette vie : !) malheurs temjMrels. — La vie est un combat : m.iis qui succombe le plus facileau^nt dans la lutte et reçoit fie plus cruelles blessures, sinon cehu qui. repoussant Dieu, n'est pas soutenu par son .se- <:ours :• La vie est une croix, même pour le juste ; mais qui est-ce qui le sent plus vivement, sinon celui qui n'a pas les consolations de la foi f et puis,
conque vous apportera la léte d'un bandit, vous n'avez pas dit la tête coupée, mais tout simplement la tête; voici la mienne que je vous apporte, vous êtes obligé par votre parolt; >le me donner la vie et la récompense promise ; ce qui fut dit, fut fau. Jésus ne (lein tn fe pas 'a tt'i*» rtf!"» p«'rhen'-«, ra^i» le cwur; il a promi* une grande r«'r.»mp*n!«e
qn >n, peut-être ne conv. s
les , . ils font le salut de
ti non I lia c>i;ui de sciiiiirat. qui avons mérité le supjjlicc de
l'enfer, > -, et venons offrir à Notre-Seigneur notre amour, nous
obtiendrons L:ia. r.
(\) Saint Aiuîustin qui faisait son profit de tout pour le mIuJ de» àme«, dit que d«
mtli tfiii.K, un chir.il.i;) 'l'ii .iv t;: ! i
M'-; îll.lllclll-^ .] !■•. .' ..jr - l! - . ;',
III'.:' ' ■ ' ' • ■ '
m II ' prix et d a''ti«lcr an
viiiiv '5.1UU n )rtiMir ; m 1 >
plus univerMllti, ail cCtl da <|i. i' "le ctuv qu.
étaient là présent*, mats de lou: >a bonheur.
qii"osl-ce (|iii crée surloul à l'hfuniiie des déceptions, des ainerlumes, des malheurs, sinon les égaremenis des passions: El ces égarements sont inévitahlos i|iiand on a perdu la crainte de Dieu. Tout sombre dans le gouffre de rirn'li;;ion : la rèjmtution d'abord, souvent même les biens et la santé (I). (Juel Iroiiblc dans l'ùine d'nn incrédule et d'un impie, malgré l'effort (ju'il l'ail pour ét(Miffcr les cris de sa conscience.
Si on o\)jei-te que les fausses religions drmnent le calme, Lacordaire répond ; « Ne croyez pas que vous ne pouvez rien dire de plus lalal contre vous, et (pie la fausseté même des religions possédées par des esprits de toute nature, et leur donnant la paix tpie vous n'avez pas, prouve (jue vous n'êtes pas dans la voie de l'humanité ; que le iNègre, le Caffre ou le Hottontol sont plus heureux que vous, qu'ils ont plus de vraie science que vous n'en avez ? Oui, les fausses religions parleront contre vous au jour du jugement ; oui. il vous sera dit : Savants, j'avais donné la paix à l'humanité, à mes nègres, à mes sauvages, à mes caraïbes ; ils vivaient tranquilles à l'ombre de mon nom ; vous (pii vous êtes torturé l'esprit, qui avez pris en vous votre point de départ et votre point d'appui, semblables à des malheureux qui voudraient s'enlever par leur propre effort, vous êtes restés plongés dans l'incertitude et l'agitation ; vous n'avez emporté de vos recherches qu'un désespoir qui ne vous a pas même appris votre impuissance. » Nous ne dirons rien des cbi\timcnts terribles de Dieu sur une àme qui a provoqué par ses révoltes son juste courroux ; et cependant il arrive souvent que les hommes de plaisirs sont des victimes qui s'engraissent pour l'immolation à laquelle les réserve la iustice divine. (2).
910. 2y Malheurs spirituels : a) perte de Dieu, voir, 992. b). Si l'homme n'était fait (pie pour la terre, plus il y occuperait de place, plus il serait heureux. .Mais l'homme est né pour le ciel : il porte écrits dans son C(jeur les titres augustes et ineffa(;ables de son origine; il peut les avilir, mais il ne peut les effarer. J/univers entier serait sa possession et son partage, ^ju'il senli-
(t) (a) On dit qu'Héliogabale faisait enchatner ses courtisans à une immense roue, que l'on roulait dans les ondes ; et ce tyran prenait plaisir à les voir, tantôt au sommet de la roue, tantôt submergés dans l'eau. Ceux que le monde enchaîne à la poursuite des hiens dt^. la terre, tantôt sont estimés et tantôt méprisés, tantôt au faîte de la fortune et tantôt dans la mi.sère, et le monde se nt des manœuvres de ses esclaves.
(b) Sésustris, roi d'Egypte, ayant vaincu plusieurs monarques, les traînait captifs à son char, lin de ces derniers, regardant attentivement la roue du char royal, Sésostris lui demanda pourquoi il la considérait ainsi. « Je songe, en la voyant, que ce qui est au sommet tombe vite dans la boue et que ce qui est dans la boue se relève bien vite. Ainsi en est-il du char de votre furtune : aujourd'hui vainqueur, vous pouvez être captif demain. * Sésosiris réfléchit à celte parole et il mit les captifs en liberté.
(c) L estime des hommes n'est pas plus stable que la fortune. Cicéron revenant d'exercer en Sicile les fonctions de préleur, s'imaginait recevoir des couronnes en arrivant à Rome. Voyant que personne ne s'occupait de son arrivée, il s'approcha d'un pays&n et lui demanda si on parlait de lui à Rome. « Qui éies-vous? répondit le paysan. — Je suis Marcus Tullius Cicéron, préteur de Sicile. — Ah I vous venez de Sicile, reprit le paysan ; la recolle y esielle abondante? Ici les vivres soni très chers. »
(i) Le cardinal Baronius rapporte, comme une chose connue par la tradition; le fait suivant qui arriva à saint Ambroise, dans un voyage à Rome. S'étant logé dans une hôtellerie, il s'informa de son hôte comment allaient ses affaires, et s'il n'avait rien qui l'inquiétât el lui donnât de l'affliction. Celui-ci, qui était un humme vain et présomptueux, se mil à vanter sa bonne fortune, et, sans rendre aucune action de grâces à Dieu, qui est l'auteur de tous les biens, il dil au bienheureux évéque qu'il n'avait jamais eu d'adversité, que toutes choses jusqu'alors lui avaient réussi selon son désir; qu'il ne se souvenait pas même d'avoir été malade ; que ses biens étaient abondants, el que tout lui souriait en ce jmonde. Alors le saint se souvint de ces paroles de l'Ecriture : m Ils passent leur vie dans l'abondance des biens de la terre, el tout d 'un coup ils tombent dans les enfers. » Il reconnut, par un mouvement divin, qu'elles allaient s'accomplir en ce misérable ; au&ii se tournant vers ceux qui l'accompagnaient, il leur dit . « Sortons d'ici prompiement, de crainte d'être enveloppés dans la ruine de cette famille. > A peine fureni-ils sortis que la terre s'ouvrii et ensevelit l'hôtellerie avec tous ceux qui éiaicni dedans; et ce funeste lieu fut changé en un lac, qui sert de témoin et de preuve éternelle d'uo si étrange accident, el nous apprend aussi que le bonheur des méchants est un fléau secret de Dieu; qu'il ne faut pas envier, mais plutôt dép'orer la prospérité de ceux qui paraissent les plus heureux du monde.
!\LIIKUK m .mi;l"11\NT. — I;'>.mii;lk m ji STE 33o
rail loujniiis qu'il so <lti;ra(lp. et ne se satisfait pas on s"v fixant : tous les objets i|iii lai tachent ifi-lias, iarrachent, pour ainsi dire, du sein de Dieu, son nrii:: I repos éternel, et laissent une plaie de remords et d'inquitMude
daii> •', qu'ils ne sauraient plus fermer eux-mômes ; il sent ton-
jours i.i .mm, MU' secrète de la rupture et delà séparation; et tout ce qui altère son union avec Dieu, le reml irréconciliable avec lui-nième.
On a beau monler et être porté sur les ailes de la fortune au-dessus de tous les autres. i;i félicité se trouve toujours placée plus haut que nousmêmes ; plus on s'élève, plus elle semble s'éloigner de nous. Les chagrins et les noirs somis montent et vont s'asseoir, même avec le souverain sur le Irone : le diadème, qui orne le front aujifusle des rois, n'est souvent armé que lie pointes et d épines qui le déchirent : et les grands, loin d'être les plus heureux, ne sont que tes tristes témoins qu'on ne peut l'être sans la vertu sur la tcrrt\ /{''mords, areutjlement de l'esprit, (voir la note G<) du n« 78i,) endiin issemenf du cœur. ri«/e au sein des plaisirs (l). Seigneur, dit saint Augustin, i^ous nou* are: faits pour vous, et notre cœur est agité, tant qu'il ne se rejmse pas en vous.
".»! l . 2". .-1 ta mort. <> La vérité donne rendez-vous à tousà l'heure de la mort : c'est là qu'il faut juifer de la sincérité et de la valeur des deux doctrines, de la valeur du catholicisme et de la valeur de l'incrédulité. Quel est le catholique, â rh»>Mre de la mort, qui regrette sa foi ? Kt combien, au contraire, d'in sent leurs lèvres mourantes sur le cruciûx, en adorant ce
qu i liémé et en maudissant ce qu'ils avaient adoré! D'.\lembert,
ce trr.iii'i i:.Mmtue. était à son lit de mort : un jeune homme s'approcha et hii dit avec une naïveté affectueuse : c .Monsieur d'Alembert, vous avez toujours été bon pour moi, laissez-moi vous demander une chose. Maintenant, tout ce que vous et vos amis, avez écrit du christianisme, vous paraitil certain? » D'.\len»bert, ému d'un mouvement généreux, répondit : « Ah ! certain ! » Voilà, Messieurs, le dernier mot de la science et du génie à l'égard de la religion, lorsqu'ils s'en sont tenus à eux-mêmes, et n'ont voulu conclure que par la raison isolée du témoignage divin. La science creuse la vie et ne la comble o.iv Oui, princes de la [tensée terrestre, vous avez creusé un puits profond ittle, mais vous ne l'avez pas rempli. Entre vous et nous,
pour toiii par un seul mot, voici la dilTérence : nous croyons et vous
duiiie/ ! ( LACoHu.MHK.Or, pour l'homme qui doute jusqu'à l'heure dernière, quels souvriiirs d'un pussf' eiTrayant! Quel présent, il faut tout tpiitter! Quel avenir i\\[fw\ riiomim- sans i nuscience! Voltaire, à ce moment terrible, se tordait «lans la raf:i' ••( If discspoir ; il en vint, dit-on. jusqu'à manger ses excré-
M) 'a) Voos avei essayé jun'ju'ici d'être heureux, en oubliant Dieu ; y avez-vous
< us avez p<<>: i les passions aussi loin que vous avez pu I votre
1 i-il été au- rimes t et en faisant tous les jours d» nouveaux
- ' - , ,.,;i, en avex-vous fait dans ia vie tiuureuse et tran-
^ inquiétudes urottre avec «os plaisirs, vos jours deve-
-int devenus plus crimmelsî el qu'avez-vous fait eo
vuus livrani tous leà j<>ui> <is, que vous former tous les jours de
nouvell)><i rh'iine4, et vous . ennuis ? Que l'expérience du passé du
njoiri- iiDpe, et revenez eniiiiau .■>eiy;ueiir par le Vi.lr -' '- '"- •^' '- " " quilé,
SI \ iivei encore revenir à lui par le jçutit de m. —
Tt. inp étant à la chasse, alla frappera la port< itaire
qui. int pas. l'invita à prendre quelque ctio»e. n'ayant tuuiefuis à lui
(itrn I? pain el de l'eao fraîche. L'empereur accepla.etàla lin il remer»
ci;i IcitiiiLc c. litre à lui, et en lui di»ant : « Que vous êtes heureux,
mon Pérc, le b >■( sous la pourpre. Je n'ai jamais été si heureux qu'en
m'en linj^eant votre paio et enb'iv' v.irpeau. »
,/< h saint De»le ou Déicole ^ ' : • D'où vient
que ^ ..unnaai de joief — C'est, m i Desie, que ncn
De peut lu. ravir luuii l>itu. • iri f'.harles V. roi d'K.fiiairne, empereur d'Occident, était las de aea coaronoea, et ne ■ ' nastère. Il remit le trône d'K«(>a!r^i' ^ '" ' ' '■
:< lur se retirer dans un in'u.i-i'r :> de la Vie monastique, et se yrepi:
rir I ^«ge de cet art de bien mourir, il Ht céiél^rtr *** fuaé-
rail V V aai de retraite, il mourut le !<■' tepieiBlire 1660.
nuMils ; cl 1 roinliiii. '[ni lui «Iduna ses soins, n dil : « il soimiI a soiilmilt'i' ijuc iKis |tliil)*sii|ili)'s tMissciil fit' l('Miir)iiis du ii«>(!liiren)onl tic son Ame, (>n l»rnif A\i plus cnipl iviH'inls. (irl i'|»:)iivanlal>lo spoolaole oui (Ipssillr les yeux (le ceux i|u il avait cun-uinpus par ses ('•ci'its {l}, » (]u'il on foùlo à riioniiiio pour so pn-paroria rcprobalion. :{>» Malheurs éternels. L'homme moissonne re qu'il a semé, voir n^' IOi:i ol 101-4.
Nous n'avons parlo jjisipiici <|uo poiu- riioinmc pris individuellement ; mais il est vrai aussi «pie- les soriôirs ijui so rovoHent ronlrd Dieu cl onlre la \vv\\\ s'en vont aux altimcs. Kcoulons l.acordairc :
(■ La rt'volle «Munmence par la déificalion de la raison, elle se lormino par io n'îjiuo du voniro.
.. Hossm'l, pci;;nant qupl<pie part la décadence de l'empiro romain, dit cos mois : «. Uomo ril el meurt. » (lortescela est grand et di^'ne do Uo.ssuol. pourtant je ne sais s'il n'eiît pas mieux dit encore : Homo mange el meurt. Car le rire n'est (pic l'accidcnl des chutes humaines, cl n'exprime pas suffisamment peut-(^tre le matérialisme alijoct où se précipite l'homme séparé do Dieu. fJomeilif, c'est le mot par lequel l'Kcrilure achève le récit de la première révolution morale de l'humanité, moi fastlque dans sa bassesse, et qui se retrouve au fond de tout ce (pii finit.
<i Malthazar mangeait quand lomba sous l'épée de Cynis l'empire des (Ihaldéons ; il tenait à la main la coupe ravie aux sacrifices du vrai Dieu, coupe sacrilèifo renfermant A la fois la négation et la volupté, lorsque le doigt prophéiiipic écrivit sur la muraille, en face de lui, l'heure et la cause de sa condamnation. .Mnsi finit Habylonc dans un festin : ainsi Home passa dans un autre festin ; ainsi meurent tous les emi)ires, la coupe î\ la main et le blasphème à la bouche. Ainsi, Français, périra le votre, si vous n'écoutez pas ces vérités qui vous parlent encore, si les miu's de l'Kvangile. à moitié rompus par vous, ne se relèvent pour vous donner un abri. Ni vos sciences, ni vos arts, ni le formidable développement de votre puissance matérielle, avec quoi vous vous croyez assuré de contenir les hommes, rien de tout cela ne rotardora d'un quart d'heure l'avènement de votre chute appelée par voire corruption.
« Tout cela sera fait dans riieure d'une nuit, pendant que vous boirez et mangerez, comme les enfants des hommes au temps du déluge, comme les enfants d'Israël, quand le fils de Ves[)a8ien franchissait le umr de circonvallation. La même heure vous trouvera à la même table, le même coup de foudre dans le même vin. » (Lacohuaire).
{\) (a) Henri VtH, ce maltieureux roi qui a séparé l'Angleterre, l'Ile des saints, de l'Eglise catholique, épotisa cinq femmes qu'il fil conduire succes:iivement à l'échafaud. On rapporte qut^ $ur le point de mourir, il s'écria en regardant ceux qui étaient autour de lui : « Nous avons tout perdu : l'Eial, la renoramée, la cons<Mence et le ciel. »
(ft) Collot d'Herbiiis, impie et révolutionnaire fameux, qui avait fait couler à Lyon le sang de 1.600 victimes innocen.es, étant devenu pour tous un objet d'exécration, fut déporté à Cayenne par ordre de la Convention, là. il était en tiorreur aux blancs el même aux noirs qui l'appelaient le bourreau de la religion ; dans ce delà ssemeni, il s'écria : « Je suis puni, l'abandon où je suis est un enfer. » Saisi d'une fièvre brûlante
qui le r|i ' I •^ '} • I Vierge à son secours. Un soldat qui l'avait entendu
débiter i •. Le spectacle de ses derniers moments fut si af-
freux, li I dans un appartement écarté, ou, avant que le prêtre
pftt arriver, il i-xp>ia, le» yeux égarés, les membres horriblement contournés, en vomissani des fiiit» de sanff el dVctim-*. L«^s nègres ne l'inhumèrent qu'à moitié el son ci'i ' ' ' ' ' ■•■aux.
s et impie parmi les païens, avant de perdre
Si , . .. .^ , , , J'olcères et rongé par les vers; il n'osait pas
l'i 1 !• vint ses amis, a cause de sa puanteur et de l'horreur qu'inspirait son
ai""" 1 iiy •• - IL ■ I' ^p tel lit ca^^hi* dan'* un réduit, et leur montrait par la fente de la polie un i leur disant de juger par là de ce qu'il devait en-
durer par loi) ,()re à ses dépens à respecter la Divinité.
(d) Saint F,,. .. ... u><iit converti une grande pécheresse. Un jour qu'elle
assistait à un de > il lui dit en public : o Ma pauvre fille, qu'avez-vous ga-
gné par le péché is, quels piaisirs? — Rien, rien, répondit-elle tout en
pleurs, les vétemenu uiciues que je porte ne sont pas les miens; ils sont loués. » — Dieu! l'eaiendez-vous, s'écria le saint; tel est le sort de tout pécheur.
M.vi.MKt K ir .MKciiANr. — i5<jmii:l"k du JI SIE .)'M
912. II. Bonheur de l'homme religieu.T. — Dites au juste : Bien! dif le Seigneur rlans Isaie. Hien «lans cptle vie, bien à la mori, bien dans l'élerriilé. \* En cette vie : Cherche: d'ahoril le royaume de Dieu et su Justice, et tout le reste vous sera donné pur surcroît, a dit Jésiis-(;hnst. A'ous sommes
; il est rr«i, disait le vieux Tobie à son lils; mais nous aurons
' de biens, si nous crni</nons Dieu et si nous nous éloif/nons de (,„.ir .„n/uitë (l). Il nous faut deux sortes de biens qui correspondent au double besoin de notre corps et de notre dme.
9i:i. I) Biens temporels. — J'ai parcouru la terre, disait David, et Je n'ai Jamais rencontré un juste abandonné, ni ses enfants mendiant leur pain. Craignes Dieu, dit le Seigneur, e^ votre grenier sera rempli de grains, et vos caves regorgeront de vin. (Frov. III.) « Si la récolte se gâte, a dit la Vierge de la Saletle, ce n'est qu'à cause de vous autres. Si les nommes se convertissent, le blé croîtra jusqu'au milieu des rochers. »
Santé. Craignez Dieu, dit encore le Sage, et vous aurez la santé ! Mon fils, n'oublier pas ma loi, et que votre cœur garde mes préceptes, et ils vous apporteront de longs Jours et des années de vie, en même temps que ta réputation ; car vous trouverez grdce devant les hommes, *jui savent encore mépriser le vice et estimer la vertu, (l'rov., III.) Voir saint (lamille, note du n. 1397.) Il est vrai, toutefois, que S'otre-Seigneur n'a pas promis les biens du temps à ceux (pii le servent, et qu'il permet souvent qu'ils soient éprouvés par la soulTrance ; mais alors les justes trouvent une abondante compensation dans les
914. 2) Biens de l'dme (a) La Grdce et l'Amitié de Dieu. (Test là le vrai trésor de l'homme. « Tout ce qui ne vous met pas dans un cœm', ô mon Dieu, n'y met ou que de faux biens qui le laissent vide, ou que des maux réels qui le remplissent d'inquiétudes. » (.VIas.-^u.lon.) — (h) La Pai.r. Il y a pour tous des épreuves, mais la paix promise par Notre-Seigneur adoucit tout. Klle est le partage de «eux qui le servent ; elle est le fruit de l'amitié de Dieu et île l'espérance du ciel que <lonne la vertu. (J'est elle nui faisait dire à saint Paul : Je surabonde de Joie dans toutes mes tribulations. Dieu déverse sur le juste toutes ses faveurs. Le père aime plus son lils que mille esclaves rebelles. Qui n'aime plus son ami que des millions d'ennemis (i) ?
(I) Les deux saints Macaire passaient un jour le Ni', dans ane barque, en compagnie d'ofllcierâ suivis d'un nombreux cortège. Les officiers, frappés de la joie el de la sérénité qui reluisaient sur le visage des mouit-s. se disaient l'un à l'autre : « Comme ces gens paraissent heureux! — Oui, répondit l'un de* Macaire, je suis heureux et de nom et d'effet ; car je ne désire rien et je ne crains rien : mais si nous sommes heureux en méprisant le monde, que penser de ceux qui se plaisent dans ses chaînes? a Ces paroles saisirent tellement un des officiers, qu'il distribua son bien aux pauvres el alla partager le bonheur des solitaires.
(1) (a) Dites-moi de grâce, dit saint Bernard, quand vous êtes au bal et que vous entendez l'harmonie du violon, qu'est-ce qui se réjouit en vous ? Quand vous savoures une viande de haut goût, un vin délicat, quel est le «ujel de ce pldisir? qui esl-ce qui qui reçoit ce coiucntement? E-sl-ce votre corps seulement? Non. Autrement un corps mort aurait du plai>ir, quand on lui jouerait un air, qi: ' ' i mettrait à la bouche quelque viande. C e>t v >ire âme qui, par la liaison et i ' qu'elle a avec votre
Corps, se réjouit el xe délecte de ce que son corps jou', ;ii le satisfait. Si donc
elle éprouve une saii^faclion des aises de son corps, combien plus vivement sentira-l-elle ses propres délices I Un cavalier, dii saint Bernard, prend un grand plaisir, qtinnd il >n cheval mange l'avoine en l'écurie, Oiinbien plus, quand lui : >
re avec ses tuant Noli enjo errare. noli teduci, ut non si" -, .•• . :ii,in,^ ,rf,i,,i n,.,t,i, ,-., i-, .,.,,./•/.„ ^ .1 .■ i..,-i .1 fi Pens«-z-vous qii» 1 ...n, .. .,.;
f»as ■ le de* nensations exii^'UMiies : el
es \ is plu4 de pouvoir de réjouir une
âme el iic lui Uuiuicr au piai»ir, qu uuti dur luoiU: u en peui donner A votre tfuùt, un son haniionieux A votre oreille, un parfum A votre odorat' Dieu n'a-i-il paa autant de pouvoir que les créatures? Il afll itp se.s ennemis et réc" ' ' .
pareil, mais avec boiucoup il efCii c iic. Quand le roi ville rebelle, il faul des caintame:*, dos soldats, des épu . ,
poudre; Dieu, p<iur combattre tout un royaume d't^ypie et un roi i'nariton, ne v«ut que aes oioucbtrooi ; et, au cootrAiro, quand les hommes veulent faire festin A leurs
'J15. i^ A la mort, l.e juste osl rassuré. Kcoiilez encore saint Paul : Je sais sur qui je compte. J'ai comhaftn te hon combat, j'ai achevé ma
amis et Icor donner dtt conleniement, il faul de» cuisiniers, des trois et quatre services,
des II: 'i'^- Dieu donne plus de joie & une à me dans l'oraison, par
une \> int-E^prit, qu'il répandra dans son cœur, qu'elle n'en irou-
( i,i|.ijiu< j .uia de noces : ilelius est modicum juslo super divilias
I multas ; un peu vaut mieux à l'ûme jusie. Ln peu, de quuii 11 ne le lui
. I (le comprendre tout : un peu de pain, d'eau, de repus, un peu même d'afflic-
liuii ei de mortification, vaut mieux & l'àme pieuse que toutes les richesses du monde
à l'âme pécheresse.
Dieu fait puur les bonnes âmes, comme un père de famille pour son enfant. Quand il a un riche trésor, il se garde bien de le iiiel're dans les coffres travaillés en belle m«nuiserie, dans les bufTeis couverts de tapisserie de soie, dans les comptoirs polis et brillants Quand le vuleur entre dans la maison, la première chose qu'il fait, c'est de crucheter ces coffres et ces buflets, et il les trouve vides; ils ne sont que pour parade. Il n'y a que l'enfant bien-aimé qui sait le secret du p6re, qui trouve le trésor dans les cendres, dans quelques vieux haillons, dans quelque recoin de la maison. L'homme sensuel, entrant en ce monde, cherche le plaisir qui est le trésor de Dieu : il se flgure qu'il doit élre dans les dignité^, les pompes, les richesses, qu'il voit briller, et il se trompe. Dieu le réserve pour ses enfants adopt ifs. pour les âmes choisies; il leur découvre son secret, il leur dit : A'o/t in commessationibus et ebrietalibus, non in cubilibus et impudicitiis- Le repos d'esprit, le calme, le vrai contentement n'est pas dans les festins, les danses, les Jeux, les débauches; mais dans la cendre de la pénitence, sous les haillons d'une robe religieuse, dans un petit recoin de quelque solitude ; et si vous ne voulez pas le croire, expérimentez-le vous-même; c'est une chose étrange que vous soyez si incrédule. Si quelqu'un vous disait que, dans un tel endroit de votre maison, il y a un trésor, vous y feriez fouiller, quand même ce ne serait qu'un charlatan qui vous l'assurerait, ne serait-ce que pour découvrir son imposture et voir s'il aurait dit vrai ou non. Voilà toutes les Ecritures, tan< profanes que sacrées, voilà tous les plus sages de l'univers, qui vous assurent que dans vous il y a un trésor caché , et vous ne le croyez pas : Les mines qui ont leurs métaux à fleur de terre ne contiennent que du plomb ou du fer. Pour trouver de l'or ou de l'argent, il faut creuser dans les profondeurs de la terre. Regnum Dei intra vos est. Jésus-Christ vous dit qu'il y a un trésor de joies à servir Dieu ; les saints vous en assurent, les âmes pieuses le conlirmenl et disent l'avoir éprouvé, les bons religieux que vous honorez tant en témoignent; quand ce ne serait que pour voir si c'est vrai, il le faudrait expérimenter. Faites-le donc, creusez ua peu, découvrez cette veine, ûtez cette terre qui la cache, cette affeciiou à la terre et aux biens de la terre; faites une bonne confession générale, avec amertume de cœur et vraie volonté de changer de vie; et vous vous en convaincrez par expérience, et vous direz comme saint Augustin : Hoc certe scio quod non est mihi bene sine te et omnis copia quœ Deus meus non est, egestas ett. (Le Jku.me).
(b) De la vient que les justes ont en ce monde une salutaire influence. Ce sont leurs exemples qui maintiennent la sùi-elé publique, la bonne foi dans les affaires, la probité dans le commerce, la dignité dans la conduite. C'est à eux que le monde doit les ressources inespérées dans les calamités publiques, la tranquillité des peuples, le bonheur des siècles ; tout vient de là, car tout se fait pour les Elui. Nous en faisons honneur, nous, qui ne jugeons que par les sens, à la puissance ou à l'habilelé de ceux qui gouvernent : mais si nous voyions les événements dans leurs causes, nous les trouverions dans les gémissements secrets des gens de bien; dans les prières quelquefois, d'une âme simple et obscure, qui, cachée aux yeux des hommes, décide bien plus auprès de Dieu des événements publics, que ceux qui paraissent à la tête' des affaires et qui semblent tenir entre leurs mains la destinée des peuples et des empires.
Comparez, disait autrefois Tertullien aux pa)ens, les malheurs passés de l'Empire à la tranquillité dont il jouit aujourd'hui ; d'où vient ce changement ? N'est ce pas depuis que Dieu a donné des chrétiens au monde? Ex quo Christianos a Deo orbis accepit. C'est depuis que l'Evangile a montré à la terre des hommes justes, qui offrent au Seigneur des prières ferventes pour les Princes et pour les Rois, que les Césars sont plus heureux, l'Empire plu» norissani, !e« peuples plus tranquilles : c'est nous seuls qui,
levant des n ^ par nos clameurs; et cependant lorsque
nous en av . e. Jupiter en n tout l'honneur dans voire
esprit: El ^.^. ....unus, Jupiter honoralur. Qad don, mes
Frères, la misencuiue de Dieu lait a la terre, lorsqu'elle s'y forme un Elu ! Quel trésor pour un peuple, pour un enipirc, pour le monde entierl Quelle r>*ssource pour les hommes d'avoir encore .■. i'eux des serviteurs de Jésus-Christ I (Massillo;».)
(C} Taulère était un i cnieur de Cologne; un jour qu'avec ferveur il avait
prié Dieu, dans l'église, Jt, .... ... c mnaiire le meilleur moyen de le servir, ii rencontra
à la porte, accroupi sur une des maiciie.-s, un pauvre couvert de haillons, n'ayant qu'un Iras et qu'une jambe et la tête rongt-e par un ulcère : « Bonjour, mon ami, lui dit
MALHKUR du méchant. — UONHEL'R DI JUSTE b30
•ourse, j'ai ffardt' la foi. Lti couronne df justirt' m'attend, elle m'ii.-<f réservée. Le juge me la rendra : sa justice me lu doit (1).
916. 3'* [tans l'autre vie, l'iril de l'homme n'a rien vu, son cœur /^'a rien senti ijui puisse être rompuré à ce que Dieu a préparé à ceuj- qui l'aiment. (\ . n. IISI.) (loniltions : quoiqu'on tous les gonros «le vie il v ait «le la peine, felle des int'i'ii.inls est sans (•oinparais(»n plus grande que colle des bons. Il y a do la peine à niarchor, quelque route que Ion suive,' puisqu'il la lin, tout chemin lasso ; un aveugle, néanmoins, qui lu'oni:lio mille fois le joiu*, a bien plus de peine que celui qui peut se conduire. Le méclianl ne se ri induisant pas selon les lois de la raison, mais par l'impéluosilé de ses passions, il est certain «|u'il marche on aveugle, puisqu'il uy a rien au monde de plus aveugle que la passion ; au lieu (|ue les bons étant conduits par la raison, découvrent «le loin les précipices et achèvent ainsi leur coui^so avec beaucoup moins de peine et plus de sûreté. Choisissons «lonc ! Voulons-nous les malheurs de l'impie, de l'intliirérenl. à la vie, à la mort et dans l'éternité, ou les biens promis et donnés à l'homme vortueu.\, au chrétien lidéle, dès ce monde, en attendant le ciel ?
917. L'n genlilhonjmo «le Itologne. nommé RoLan«l, poursuivait le bonheur dans les plaisirs du siècle. L'n jt)ur, il voulut s'accorder toutes les salisfai"lions misérables «le la terre, il ne se refusa rien. Le soir, rentré chez lui. en quittant ses riches vêtements, il se sent pris d'une grande tristesse. •< Maudit monde, dit-il, voilA donc où mènent tous tes plaisirs; je reconnais maintenant qu'il n'y a que lUeu «pii puisse me ilonncr le bonhetu". » i\ entre dans un couvent de saint Dominnpie, y morlilie son corps par la pénitence, et il est heureux, a .Mon Dieu, répétait-il sans cesse, s'il est si doux do souffrir pour vous, que sera-ce de jouir de vous ? « (Léon, de Port-Maurice.) — (Jii il est doux de servir Celui seul qui peut rendre heureux ceux qui le servent 1 Mon Dieu, c'est votre bonté pour moi qui a fait que la vertu soit nécessaire à ma
Taulère, en lai donnant l'aumùne. — Merci, répond le pauvre, mais je n'ai jamais eu de mauvais jours. • Taulère croyait d'aborJ avoir atTiire à un fou; cependant, remarquant ea cet homme un ct^rlain air qui le frappa, il s'assit à ses cAiés et lui demanda de s'expliquer : « Depuis mon enfance, dit le pauvre, je sais que Dieu est juste, sage et bon; je me suis du : " -'rive sans sa permission, il sait mieux que moi ce qui me convient. Je nie iraé à ne vouloir que ce qu'il veut. S'il m'envoie des ma-
ladies, je les re. .'t si elles étaient nés sœurs; s'il me donne la santé, je la
reçois avec pl«isir. S'il ne me donne pas à manger, je suis content de jeûner pour expier mes péchés. Si je n'ai pas de vétemtfnis, je me rappelle Noire Seigneur en croix, et je me irnuve plus riche que lui. Si je pleure d'un œil, je ns de I autre; car je veux li^ut ce que le bon Dit-u veut. » Taulére pleurait en entendant le pauvre, et il chercha depuis à l'imiter et à faire comprendre à tous que le bonheur est dans le cœur et non ailleurs.
' - •■ ■ "' 10 appelait la mort .sa plus d >: ^ - 'ition : « Mon âme. disail-
ide et soupire aurés vous, i < i-in, mon aimible pairie. •
le, il dit i ses ami< qui vt;:. .isiter : « .M'apportez -vous
I. r . .:4 me mettre en route? Que Dieu vuus récompense de ce joyeux
Il ns de mon bonheur. Il est iniiiuenî^iit arrivé, l'heureux instant de
0 mort, que les hommes
: Vous n'éies terrible que
• 3 ...it^, ,..,,^<. ,., ^..^•.. c. ...^-.^ ..,.,»; cudrez qu'il est doux de
: vivre dans la justice. • Et en achevant ces paroles, il rendit le
(bt Sainte Austreberte de Thérouanne. sur son lit de mort, au moment où les prêtres récilaient auitiur d'elle ie« liiames des saints ; « Faites silence, mes fri>res. leur ditellc, ne voy - • ■ ■• > ;-> ■ - ... - ■, . ■. • ...
vous avi'7.
ciel. » l'u .:. . . ..
à vous, mon Seidjucur, que j ai lant aimé. » (Voir les n >l<^s du n. Illi )
(C) La B Jeanne Scopelli. de Itt-^j^'o. fond^lrire d'un oonveni H«» Carmélile'». <Un< *a
dernière maladie, Vj! .ipp i-:ilin; N vêtu iJe M inc, qui Im :i|i.i o li;'.
fiiiin'ps (t'.nt il lui iri'^-iii iiiif ...\.. .. , ■. ,■■ - - '
ainielce a suivre l'A^-niMH . ei J.Miinr. ir,i;i>(i.iriee de JOie, dIClâ a SOS fl»*» «o» iWiê* oieiil spiiiluel, les bénit et expirj. (Voir a. lldi. )
:U0 SEBMONS DE MISSIONS
ft-licilé. C'est pour m'allircr â vous, que vous ne penneltéz pas que je trouve aucun bonheur loin «le vous.
Si la religion et la vertu font le bonheur d'un homme pris en particulier, elles font aussi la prospérité des peuples. Celui qui en douterait ferait mentir le Saint-Esprit : Justifia élevât gentem. Et toute l'histoire est là pour prouver cette vérité.
De ce que nous venons de dire, il résulte que les méchants sont dans la discrftce de Dieu, tandis que les autres sont dans sa grAce. Les uns sont dans la lumière, les autres dans les ténèbres. Les uns goûtent la joie des anges; les autres, les plaisirs des bètes et les reniords des réprouvés. Les uns sont vraiment libres et maîtres d'eux-mêmes et de leur passion ; les autres sont esclaves de Satan et des instincts de la brute; les uns ont l'espérance des biens éternels, les autres s'acheminent vers dos tourments sans fin. L'incrédulité et le vice mènent les nations à la ruine, la religion et la vertu les relèvent et préparent leur prospérité et leur triomphe.