‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 66 sur 416 · III. — L.C salât · texte numérisé non relu

III. — L.C salât

918. Salva animnm tuam ne et tu simul pereas. (Gen., xi\, 17.) Sauvez votre ôme et ne vous perdez pas avec les autres. Sur le soir, deux anges vinrent à Sodome, lorsque Loth était assis aux portes de la ville. Le patriarche, les ayant aperçus, se leva aussitôt, alla à leur rencontre et se prosterna devant eux, les conjurant de venir passer quelque temps dans sa maison. Les anges cédèrent à ses instances; et, arrivés dans sa maison, lui annoncèrent que le cri des iniquités des hommes s'était élevé jusqu'au trOne de Dieu, et qu'ils étaient envoyés pour perdre les coupables. Le lendemain, dès le matin, les anges pressent Lot et lui disent : Surge, toile uœorem tuam et duas filias quas habex, ne et tu pariter pereas in scelere civitatis; et comme Loth tardait toujours, ils le prennent par la main et l'entraînent hors de la ville avec sa femme et ses enfants : « Sauvez voli-e Ame, lui répètent-ils, et ne vous perdez pas avec les autres. »

919. Les prêtres que vous accueillez avec la bienveillance et l'empressement que nous admirons dans le patriarche Loth, sont loin d'être des anges; mais pourtant ils arrivent à vous envoyés par Dieu, et comme les anges, ils viennent vous annoncer que le cri des iniquités des hommes s'élève jusqu'au ciel et attire sur nous sa fureur. Comme des anges, nous vous dirons: Prenez avec vous votre femme, vos enfants, tous ceux qui vous sont chers ; sauvez votre âme et ne vous perdez pas avec les autres ; et si, comme Loth, vous tardiez de mettre votre salut en sûreté, volontiers, comme les deux libérateurs qui lui vinrent descieux, nous vous prendrions par la main pour vaincre vos délais et vous soustraire au péril. Oh ! il faut travailler à notre salut et il y faut travailler sur le champ ; c'est ce dont nous allons vous convaincre, avec le secours de Celle par qui est venu le salut à la terre (1).

920. I. Salva animnm tuam. Il faut travailler à notre salut. 1° L'affaire est importante; 2o II est nécessaire que nous la traitions heureusement ; et 'M si no\is n'y travaillons pas, personne ne le fera à notre place.

4o La conviction profonde de l'importance du salut suffirait pour faire de nous des saints. In homme dort d'un profond sommeil. Or, pendant la nuit, un incendie se déclare dans sa maison. Le craquement des poutres qui se romoent, le pétillement des flammes, la fumée qui remplit son appartement l'éveillent. Il regarde étonné, il ne voit que feu, que fumée, que ruines qui le menacent ; il a compris le péril qu'il court, et dès lors, il se

(1) 0 Marie, c'est sous votre protection que nous venons donner à ce cher peuple dont vous êtes la souveraine, les exercices de la mission (ou du jubilé) ; c'est sur vous que nous compions pour le succès de notre ministère. Et afin d'attirer sur nos faibles efforts la grâce dont nous avons un si pres.^'ant besoin, nous vous consacrons dès celte heuie les chères âmes k qui nous allons annoncer la divine parole, nous vous con^sacrons tout ce que le peuple lidèle fera de bien pendant ce saint temps et tout ce que nous ferons nous-mêmes pour le sanciilier. Recevez tout, bénissez toul, offrez tout i J'.^sus. Que la mission soit vo;re œuvre I Réjouissez-vous, mes frères. Marie sera •vec nous tous, pour nousa;der et nous soutenir.

lève, il traverse les flammes, il sait qu'il y va de sa vie : rien ne l'arrête. Falliil-il se jeter en bas ilun troisième, il n'hésiterait pas. L'intelligence de la i:r;ivilé de l'afTaire du salut est capable de nous inspirer les plus généreux flans, les plus énergiques déterminations.

9il. Saint François d'.Vssise, pour fuir le monde, se relira sur les cimes les plus escarpées du mont Aivèrne ; et là, s'étant façonné un petit abri avec des branclics d'arbre, il se représentait sur la tète le ciel ouvert, à ses pieds l'enfer béant, et son Ame comme suspendue entre les deux, avec la faculté de s'envtder au ciel pour aller jouir éternellement de Dieu avec les élus, ou de se jeter dans l'abime pour >• blasphémer "éternellement avec les démons. Oh ! quelles affections, i^uclles anleurs, quels désirs excitait dans ce cœur séraphique la vue des biens et des maux éternels ! {Saint Léonard.) Kt li i. nous serions, comme ce saint, passionnés d'amour de Dieu, et

eiin travailler à notre salut, si nous pensions à ces vérités.

I>i2. <.:ii-. nous aussi, nous avons le ciel sur nos têtes, l'enfer à nos pieds, et suspendue entre deux, notre Ame au salut de laquelle Dieu a pensé de toute éternité; notre Aine pour Iai|uelle Dieu a créé le ciel et la terre; notre Ame pour laquelle le Fils de Dieu est descendu en ce monde, a vécu dans la peme et l'humiliation, et est mort sur la croix ; notre Ame qui. par conséquent, vaut plus que tous les biens d'ici-bas, à en juger par le prix «nielle a coûté à noire Dieu (1), Qu'a coûté à Dieu tout l'or et tout l'argent du monde ? Une parole : Di.rit et facta sunt. Qu'a coûté à Dieu une seule ftme ? Le sang de Jésus-Christ, et Dieu est assez sage pour ne payer les choses qu'à leur juste valeur.

923. .Notre Ame vaut donc en un sens ce <pf elle a coûté à Dieu. Elle vaut le sang de Jésus-Christ. Mettez donc dans une balance immense, d'im côté toutes les richesses que les hommes ambitionnent, toutes les dignités, tous les plaisirs, et de l'autre une âme. Cette seule âme, celle du plus petit en-

(1) « C'est noe chose surprenante que, dans ceMe vanité qui nous aveugle, et qui nous fait adorer toiKes nos pensées, il faille n(.<us donner des leçons pour nous apprendre à nous esiimer, et à faire cas de nous-mêmes. Mais c'est que l'homme est un grand abîme dai>s lequel on ne connaît rien; ou plutôt l'homme est un grand prodige, et un amus confus de choses contraires et mal a.^sorties : il n'élabiil rien qu'il ne renverse, et il détruit lui-même tous ses seniimenls.

Une marque de ce désordre, c'est que l'homme se cherche toujours et ne vent pas se Connaître; il s'admire et ne sait pas ce qu'il vaut. L'estime qu'il fait de lui-même fait qu'il veut conserver tout ce qui le touche; et cependant par le plus indigne de tous les mépris, il prodigue son &me sans peine, et ne daigne pas seulement penser à une perle si considérable.

Cette Ame est en efîet un trésor caché, c'est un or très fin dans la boue, c'est une pierre précieu'^e parmi les ordures. La terre et la mortalité dont elle est couverie empêchent de remarquer sa juste valeur. C'e^t pour cela qu'il a plu à Dieu que le mystère de notre salut se fit par échange, afin de mieux nous faire entrer dans l'estime de ce que nous sommet par la considération de notre prix. Ce n'est donc point dans les livres des philosophes que nous devons prendre une grande idi^é de l'honneur de notre na* ture La Croix nous d^'couvre par un seul regard tout ce qui peut se lire sur cette matière '* ■ '• '■ de Dieu, viens apprendre la dipniié à la Croix; Jésus-Christ .se

doiH le racheter. Prends courage, liii saini-Auguslin. Ame raisHunable,

et I . n tu vaux : 0 anima, ervje te, tanti raies. Si tu partis vile et

mépriiiatiie A cauiie de la mortalité qui l'environne, apprends aujourd'hui k t'estimer par le prix auquel te met la sagesse même. Si ros vobis terreua fragilitate rifuii* lis. ex pretio ve^lro" vos appendite. » (tioMvtt). Quand le blé, le vin, etc., sont à leur prix, on en fait peu de cas; mais si vous avez un objet de grande valeur, vous l'enfermez avec soin; vous avez peur qu'on vous le ravis.se, vous le vi.iitez souvent pour voir si on ne lui fait aucun dommaee. Habemus thesaurum istum in rasU fi('' tibus î — Cuj<odi temelipsum et animam tunm iof/»ci/e. Vous visitez vos greniers, vos c^ves. vos pruvi<«ion'i puur que rien nes'y perde, \onne anima plus est qwini esca ? N'est-il pas vrai que vouh faites plus de cas de tout ce qui est à vous que >ie

votre âme? Si vous avez •■■ > ■•! ix.-.,,.j qu-,) g„j| j,,,^ j( |,jpn f^,, .i-- <

jusqu'à vos souliers que v<. dixet ajustés; et v< ii< no \

pas que votre Ame s^il i .' mauvaif«, mal fniie rt s<'V

péché. On peut dire qn'acct^/>t< ta vantj animatn suam, une Ame rai»oniiiibie. c«iui

qui ne s'applique qu'à boire, qu'à manger, qu'à se divertir, à fa-rc la forlunqide Mi

enfants. liCs animBux n'en font pas moins, (ù Jkine).

fant qui est flans le saint lieu à celle heure, soulèvera fous ces trésors, ^q^,, ces mont'caux d'or el «l'argent, comme ime plume légère. Kt nous i-^^'p^ avons qu'une. La Providence nou.s a donné deu\ veux, deux oreilles, dci.j^ mains, nlin i|uc si l'un de ces orpanes vient à nous manquer, nous puission.' user lie l'autre. Kilt* ne nous a donné qu'une Ame.

t)2i. Mim IVére.ipii n'y pense/ pus, vous avez une Ame, image de Dieu, sd'ur dos anges, la merveille de la création, une Ame qui vous élève au-dessus des outres créatures (jue vous dominez par votre intelligence, une Ame, le prix de la passion et de la mort de Jésus-t-'hrist. Au-dessus de celte Ame, le ciel; au-dessous, l'enfer ! Là-haut, quelles suaves harmonies; en bas. quels horrihles rugissements! D'une part, que d'inelTahles délices ; de l'aiitre. •piels épouvantables toiu-ments ; «nielle lumière, «pielles ténèbres ; Dieu et seséhis, Satan et ses supp«'its. Il s agit de conquérir le ciel pour toijjours ou d'aller en enter pour jamais. Voilà l'afTaire du salut. Kst-elle grande? Estelle importante 7 Votre conscience el votre raison disent : Oui, la plus grave, la plus importante de loides: par consé«pient il faut s'en occuper, (jue diriezvous d'un jardinier qui recueillerait les feuilles et lais.serait pourrir les fruits? d'im agriculteiu* qui donnerait ses soins à la paille et laisserait se perdre les grains ?

Oif.'i. Que diriez-vous d'un homme qui serait à jouer aux caries et qui ne v«>udrail pas ipiitter le jeu où il aurait engagé cinnuanle centimes, après «juc l'on serait venu lui dire que sa maison, «l'ime valeur de cin(]uanle mille francs, commence à pren«lre l'eu ; mais qu'il est temps encore d arrêter l'incemlie, «pioitpi'il n'y ait |»as une minute à perdre? Vous diriez que c'est un in.sensé de risquer un tel malheur pour un si modique intérêt ; vous auriez raison. V«ius plain«lriez l'enfanl d'un prince «pii échangerait une croix de diamant degran«l prix, «jue sa mère aurait suspendue à son cou, contre un monceau «le verre poli qu'un rusé voleur ferait briller à ses yeux. Vous ne p«mvoz comprendre connnent lOsaii fut assez insensé pour vendre son droit dainesse el les richesses cpi'il lui assurait, pour un misérable plat «le lentilles. Kl vous me dites : L'enfanl dont vous parlez n'avait pas la raison, Lsaii l'avail perdue ; el vous ne vous trompez pas.

92(t. La sagesse, la raison, le bon sens consistent à faire passer ce qui est plus grave avant ce qui l'est moins, à sacrifier au besoin un franc pour en «•«inserver cent, à sidtir une peine d'un jour pluli)t que s'en attirer une «pii dure autant «pie la vie. Or, puiscpic le salut est plus important que tout le reste, il est de rigueur, si nous sommes raisonnables, de le faire passer avanl tout le reste : Quœrite primum regnum Dei efjustitiam ejiis, et hœcomnia (uijicientur vohis.

U'Il. Pour nous procurera nous el aux n«Mres la nourriture et le vêtement, que ne faisons-nous pas? Quels soins n'avons-nous pas de nos vignes, de nos «hamps «le nos troupeaux? Cela est permis sans doute; mais ne négligeons pas le salut de n«)tre Ame. Nous nous donnons tant de soucis pour les intérêts présents, il faut nous en df»nner davantage encore pour nos intérêts éternels. Si nous avons tant de soins de la santé et de la vie «ie nos corps, il faut en avoir encore davantage de la santé el de la vie de l'Ame; nos biens ne nous valent pas ; notre corjis, «lui va être la pAture des vers, vaut moins «pie notre Ame ; la terre moins que le ciel : Quœrife primum regnum Dei (1). Le salut,

(1) (a'i On raconte que Lucius Mummius, aussi vaillant générât que mauvais apprécialeur d'iibjcts aitisiiques. vendit au roi Aitale un tableau qui se trouvait parmi ie buttin pri» à remiemi, el lui «jit d'en Hxer ie prix lui-même. Atiale lui fit compter une .somme énorme. Le vendeur, étonné du prix que lui olTrait Attale, en conclut que son tableau devait surpasser encore de beaucoup celte valeur. Il refusa donc cette somme el lui préféra son tableau Or, il y a en nous une Ame qui esl inliniment supérieure à ce tableau, de Mummius Car, non content de l'avoir créée à son image, Dieu a voulu encore la racheter au prix de son sang. Donc il faut en conclure aussi que nous devons appliquer tous nos soins à la conserver, a la sanctifier, à la sauver.

(b) Saint Jean de l'Ile de Goto, un des vingi-«ix martyrs du Japon, fut conduit au supplic«> à r&ge de dix-neuf ans, peu après son entrée dans la C'>mpagnie de Jésus. Son père alla liy faire ses aJieux ; el le jfune bomme, au momeol d'être crucifié, lui dit : « Vous voyez, mon père, que le salut doit être préféré à tout; ayez soin de ne rien négliger

\ i! : ceci dabord, le reste après. D'autant plus que l'afTaire du

.ment n«Stossaire.

^ iJ Jésus «'tait à hëlhaoie ilans la maison de Lazare. Marthe était tout

-e à recevoir honoraltlenienl le Sauveur et se plaignait môme d'être

.1 cette tAchc. tandis que Marie, assise aux pieds de Jésus, écoulait sa

parole. « Marthe, .Marthe, lui dit Jésus, vous ctes en souci, et vous vous

,i' de choses ! Or, il n'y en a quune de nécessaire. Marie

[lart. -> Marie s'occupait de recueillir fidèlement la parole

, .11111 (1 en faire la règle de sa vie. II n'y a. en efTet, qu'une chose

pour nous, c'est de faire la volonté de Dieu. C'est lui qui nous

; tout en nous lui appartient ; il est notre maître suprême. Impos-

s as affranidiir de son autorité. J^ui-méme. tout Dieu (pi'il est, ne

[.. ... ......> •■■il'- i'^lépendants delui. ni se ilessaisir de ses droits. Il fautdonc

de toute II reen ce monde ce «piil veut quenousy fassions, ce pour-

.'ir.,i il nou.-. . .r la terre: Deum time et mandata ejus serva, hoc est

•>mnis homo. C'est là tout l'homme, et sans cela l'homme n'est rien.

' Oi-. du't'st-' 0 ijue Dieu veut de nous? Que nous nous procurions des

s, des honneurs ? Non. ce n'est pas pour cela qu'il nous

ané une fin plus noble; il veut que nous nous sauvions,

ipie nous aliiuns au ciel par la sanctification de nos Ames: I/œc est voluntax

Deisanctificatio vestra. La vie, il nous l'accorde pour cela : c'est donc à cela

in'il faut l'employer. Si nous ne le faisons pas, nous perdons notre temps et

nos peines, quand mcme nous réussirions en tout le reste. Que sert à l'hom-

'ne de gagner l'univers, s'il vient à perdre son dme * dit Notre-Seigneur.

Comme il y a des animaux ombrageux qui fuient certains objets qu'ils

loient périlleux, bien qu'ils ne le soient pas: ainsi, par une raison contraire,

: est des chrétiens qui aiment les objets que le monde présente comme

N ne le soient pas en effet. Or, comme ceux qui veulent

il à ces animaux, les font passer et repasser A l'endroit

Il - \i' «'u- L'ITrayés, afin de leur faire connaître «pie ce qui leur a fait

ji'iir 11 • ii ,u une ombre : ainsi faut-il (pie nous promenions ces chrétiens

inui it •^ ■•iiilires des chosesdu nïonde, qu'ils aiment si dérèglement, et que

:'ius leur fassions voir avec de meilleurs yeux, afin qu'ils puissent évidem-

' "• ...ii-.^ .jne ce qu'ils aiment n'est «pi'une vanité; et que comme

l'ut que les animaux ne méritent pas d'être redoutés, de

!.. s s'imaginent réels ne méritent pas d'être aimés.

« J'ai vn lies qui n'ont pas duré deux mois, des papes qui n'en ont

irr uiriiM eaux mariés qui n'ont vécu qu'une semaine. Et coud)ien

^ de ces exemples dans les temps passés, et combien en voyons-

i'>s jours?

« Ou sunt. dit le prophète, les princes des nations qui ont eu l'empire

:/r fps nnimnujc de la terre, qui ont cherché leurs divertissements dans les

- bètes et des I jouant avec les oiseaux du ciel? Où sont

Il entasî5é des n l'or e« d'argent. dans les4]uels les hommes

iil leur principale fi uuais de bornes A leur ambition?

rit «'pux qui nnt ii ni A ces grands et rirhes vases

' ' Ils sont maintenant hors de leurs

•rs. et d'autres occupent leur place.

vaut? (ju'esl devenu le curieux

!c la nature ? (Ju'esl devenue la

\ii\andre et le superbe Assuénis ?

•^ -^'^ ' • '" ■* !'■> pioi leur ont servi

I nombre de leiu*s

,, ...... ....>, leurs troupes de

I de llatleiirs qui i ? Tout cela na été

, . ... .libre et une filiriif 1'. 'irenadej.

[Klll

r vnotl'astorer. — Mon flis, je vous remercie, répondit le père; aoui ;e v<>ii« oxhorte

T r«rine jusqu'à la mort; vutre m^re et moi noas oommea préis 6 r la

i-aase. » Et le p^re se retira teint du sangde son enfant, qu'il baiis et. Voir la note du n t iS8 )

930. Au momoni où sninl Franoois Xavier, jeune encore, cliidiail à Paris, ne ri^vnnt que la gloire Inniiaine. il rencontra un «lo ses compafrioles, comme lui (l'une noble fauiillo, mais possédé d'une tout autre ambition, qui lui répéta la parole du Sauveur : fjuùl nroifeaf ? D'abord François Xavier n'y prit pas parde : mais Ignace de Loyola revint plusieurs fois à la charge : (Jiiid proilest f disait-il toujours. A la fin, le jeune homme a rompris cpie ce qu'il poursuit n'est que fumée ; il laisse <lonc la carrière du siècle, il renonce A cet avenir qui s'offrait brillant i\ ses espérances. Il se fait prêtre, il devient missionnaire, il part pour les Indes et convertit à l)ieu cinquante-deux royaumes. 0 puissance de cette parole bien méditée : Que sert à l'homme de (jaqner tout l'univers, s'il vient â perdre son dme (1)!

WM. Ne l'oubliez donc pas. Venez avec moi dans le palais du roi d'Kspagnc. l'hilippo 11 y est, depuis deux ans, tourmenté par la goutte, et depuis cimpiantedeux jours étendu dans son lit, réduit à l'état de cadavre avant d'être mort. La gangrène le ronge. Près de rendre le dernier soupir, il appelle son fils, le prince lMiilipj)e. et, découvrant sa poitrine, il la montre couverte de plaies ; ne semble-t-il pas lui dire: « Voilà, mon fils, par »pioi finit ton père, quand même il a porté plusieurs couronnes, quand même il a gouverné f)lusieurs royaumes. \ quoi m'ont servi tous mes titres et toutes mes richesses, si je n'ai pas fait mon salut ?» A quoi nous serviront l'estime de nos semblables, les richesses, les {daisirs, si nous nous perdcms pour toujours ?

\y\t. Allez au cimetière de votre église, arrêtez-vous sur la tombe d'un homme mort il y a vingt ans. .le suppose que tout lui ait réussi en ce monde. Il a été heureux dans ses entreprises, dans ses champs, dans ses troupeaux, dans sa femme, dans ses enfants ; sa vie a été longue et sa santé robuste. A-t-il emporté ses biens? Non, ses héritiers se les .sont disputes après sa mort. Si cet homme n'a pas pensé à son salut, s'il a vé<'u dans la disgrAce de Dieu, s'il est mort sans se réconcilier avec le Ciel, demandez-lui à quoi tout cela lui a servi. VA du fond de sa tombe, il vous répondra : Ergo erravimus. .\h ! je me suis trompé. J'ai travaillé pour la terre, il ne m'en reste rien ! Oue m'a servi mon orgueil, ma fortune, la considération dont j'ai joui : (Juid nobis profuit superbia f

\)'.V\. Avancez [dus loin dans le cimetière : voici la tombe d'un autre homme. (]elui-ci a été «lans une condition toute dilTérente. Son existence s'est écoulée dans la misère. Il n'a eu aucune consolation ici-bas, ni de la part des siens, ni de la part des étrangers. Il a été pauvre, infirme, méprisé. Mais il a cherché a sauver son Ame. Il y a réussi. Demandez-lui maintenant que lui importent la pauvreté, la souffran'^e, le mépris. Il vous répondra du ciel : Momentanenm et 1ère tribulationis nostrœ : J.,e temps de mes tribulations a été léger et d'un instant, il m'a acquis un poids éternel de gloire. Nous pouvons donc nous passer de tout, excepté du salut; Porro unum est necessarium. 11 y faut dcnc penser (2).

(1) la scandaleuse reine d'Angleterre, Elisabeth, avait fait à Dieu celte prière impie : • Seigneur, donnez moi quarante-quatre ans d-^ règne el je renonce au ciel. » Sun vœu fui exaucé, el après quarante-quatre ans de rèjjne, elle raourul dans l'hérésie. Près de trois siècles se sonl écoulés depuis, {juid prodesl ? (Voir la noie (d) du n-> 1099.)

(i) L'oubli de Dieu et du salul esl un si grand mal, qu'on vous parle en vain des intéré'S éternels de votre âme. si on ne vous persuade de vous en occuper souvent. Ecou- Ipt. o Israël ; le Seigneur votre Dieu, esl le seul malire Vous l'aimerez de loule voire 4me. Melifz dans votre cœur mes paroles el les lois que je vous donne aujourd'hui ; rac «niez les a vos enfants, médilez-les vous-même, soit que vous soyez assis dans voire roais'tn, soii que vous marchiez dans le chemin. En vous couchant, en vous levant, ay^-z-lrs toujours présentes, el quenes précepies roulent devant vos yeux, non comme un objet mort qui n'émeut pas, mais c^mme un objel mouvant qui éveille les sens. Voilà ce qui a été écrit noa pour les cloîtres, mais pour le peuple juif; el ces juifs d'aujourd'hui, loul grossiers qu'ils sjnt, ne les nieni pas. et si n lUS niions que ces recommandations fussent applicab es à la loi de Giôce, nous déshonorerions le christianisme el ferions honle à Jésus-Christ el à l'Evangile Le faux prophète Mahomet a prescrit à ses disciples d'adorer cinq fois par j<.ur, el ils sonl d'une fidélité scrupuleuse à ce précepte, et les chrétiens se croiraient dispensés de penser à D;eu 1

Certes, ce souvenir esl loin d'être impossible: loul ce que noos avons à cœur, nous revient assez à la pçnsée sans que nous ayons à faire effort. Demandez à la mère s'il

934. Donc, c'est au salut qu'il faut travailler. On dit quelquefois, il faut Tivre. Oui, mais si pour vivre il faut sacrifier son salut, il faut savoir mourir. La mort avoo le salut vous serait un gain, couïiuo à saint Paul ; la vie sans le salut, c'est la mort, mAme au milieu des richesses cl de tous les avantajies que la terre peut offrir. Je vous en t-onjiu'e donc avec l'.Xpôtre : L't vestrum rtPf/otium af/atis : Faites votre a/faire. Il y a divers emplois et diverses affaires en ce monde. Les affaires d'un marclianrl ne sont pas oelles d'im avocat; niais à tous l'affaire nécessaire, c'est de nous sauver. Il n'y a qu'elle fie nécessaire, ne vous occupez pas trop dos autres ; car en vous partageant trop, vous risqueriez de ne pas la mener à bien. Il est des sciences (pii sont de nature à absorber un homme tout entier, et s'il s'applique A d'autres, il ne les acquerra jamais. La science du salut est la plus nécessaire. Cherchez à l'acquérir, car si vous n'y travaillez pas vous-nu^mc, personne ne le fera pour vous. (Voir la note 1 du n'^ 978. Sainte Julitte.)

935. 3° Votre commerce ne réussit pas, vous pouvez le confier à un autre qui aura peut être plus de chance que vous. Vous avez un procès, vous ne pouvez vous en occuper, remettez-le à des avoués ou à des avocats. Vous avez des champs, vous pouvez vous dispenser de les cultiver et en charger un fermier ; un berger prendra soin de vos troupeaux, si vous voulez vous en décharger sur lui : un vigneron, de vos vignes; un médecin, de votre santé ; un instituteur, ime institutrice apprendront à vos enfants à lire, à écrire et à calculer. Pour l'œuvre de votre salut, ne comptez sur personne.

93t). Les crimes des autres ne vous damneront pas ; mais ils ne vous absoudront pas non plus. « .\ quoi nous servira au tribunal de Dieu, la multitude des négligents ? dit saint Êucher ; là nous serons jugés séparcnient, on n'exa- Mïinera que nos mérites, nous serons absous non par le peuple, mais par nos œuvres. S'il y en a qui s'oublient eux-mêmes, que ce ne soit pas pour vous une raison de vous oublier. Je vous en conjure, regardez toujoure les crimes des autres comme un opprobre et non connue un exemple à imiter. » Les vertus d'une épouse, d'une mère, d'un ami, «l'un frère, d'une sœur, ne vous saliveront pas non plus : Frater non redimit. Nous recevrons chacun selon nos œuvres. Bien plus, les bons exemples, les bons conseils de ceux qui nous entourent, les exhort^ations d'un prêtre zélé, ne feront que vous rendre plus coupables, si vous n'en profilez pas (1). La Vierge elle-nu'-me, avec son crédit tout-puissant auprès de Dieu, ne vous sauvera pas sans vous. Le Dieu si bon. (jui vous a créés sans vous, ne vous sauvera pas malgré vous, vous crie saint Augustin : L'niii/f/uisque anus suiim portabit. Quœ seminai'erit

faut la faire souvenir de son fils unique. Faut-il vous avertir de voiTs faire songer à votre fortune elà vos affaires? Lorsqu'il semble que voire espiil est ailleurs, n'élez-vous pas toujours vigilants ei secrètement attentifs sur cette raatiùre, sur laquelle le moin Ire root vous éveille? Si vous pouviez prendre à cœur votre salut et vous faire une foi» une

f;rande affaire de celle qui devrait être la seule, vous ne vous plaindriez pas qu'on vous ara;:- '■ f vnus pen.*eric'z mille fois le jour à un intértîlde cette importance. Mais si noii-^ iH ni à Dieu ni à nous-mêmes, nous ne sommes chrétiens que de nom.

(l)'u; '■ *i.) — Hélas! que de gens pcn^nt à toute autre cliose qu'à leur sulul,

et «e reniiKul semblables à ces serviteurs que leur maître envoie porter un message de grande importance ei qui s'amusent en roul^à toute autre chose; à ces enfants que leurs parents envoient étudier dam quelque faculté, et qui se promènent et jouent, faisant la iionle de leur famille et leur propre ruine.

(1) C'est bien de vous recommander aux prières des gens de bien; mais priez Dieu Tous-roéme pour vous, dit saint ('hrysosti^me : une bonne prière que vous ferez vousmême, vous pr '" — ■' .• .- . feront pour vous ; et ; ' "

Ifs religieux it cnt pour vous, si vi i

priez el si vous ■ vous convertirez jaiii i

vous que je vous le montre ? Dans certains royaumes de la chrétienté, il y a drs quai milliers de prêtres; parmi eux, il y en a de très vertueux, de Ires saints: lou prêtres prient Dieu tous es jou l'inent pour leur roi; ils le recoininan i.

Dieu dans la plus nuirusle et a:: <c qu'on lui puifSi' offrir, qui csi la pn

saint sacrifice ; ils nomm< nt leu; . . , ou propre nom au canotj di' !• -^ • ■

moins il y a eu des rois très mauvais qui ne se sont point cunsi ins . eux-mêmes la centième partie des prières qu'on a faites pour eux, il» de grands saiolc. (Lk JicRC).

3iG SKRMONS DE MISSIONS

homo lurc et melet. Oh ! a,ycz donc pitié de votre Ame ; rien ne la vaut ; ne la perde/ pas !

WM. Faites donc pour elle ce que nous faisons tous les jours pour les intérrts périssables du monde, qui, auprès d'elle, ne sont rpie des jeux d'enlants ; et A qui>i vous servirait tout le reste, si vous veniez à la perdre ! Oui vous sauverait si vous vous daumiez ? Ni le ciel ni la terre ne peuvent vous tirer de l'élernel al»ime. si vous vous y jetez en négligeant votre salut (1): Salva aninuim tiiam ne et tu simul pereas.

9:W. Ali! je le sens, votre loi. votre intelligence v«»us font assez comprendre qu'il faut travailler à votre salut ; mais le démon qui veut vous perdre |iar le uiensonge, dit peut-être à loreille de quel(]uun denlre vous : « Oui, travaille î\ ton salut, mais plus tard ; maintenant lu es jeune, laisse passer le temps de la jeimesse. Tu as des affaires qu'il faut régler, des enfants à établir, des contrariétés qui te détournent de l'y employer comme il faudrait. Deuiain. demain, tu t'y mettras sérieusement, rien ne presse. » V(»ilà le langage de Satan ; est-ce votre ami qui le tient ? Non certes : llomiridn est «A //m7/o. Ce langage est-il sincère? Mendn.i^ est et pater ejus. C'est cette pensée : .le travaillerai f)lus lard à mon salul, qui peuple tous les jours lenfer.

i):i9. 11. Si L(»lli eût lardé un jour de quitter Sodome, il aurait été, avec tous les siens, consumé par l'embrasement de cette ville coupaWe. (Test afin de lui épargner ce malheur que les anges le pressèrent, en lui répétant plusieurs fois : Safvd nnimam fiiatn: et comme il tardait encore, ils le |)rirent par la main et renlralnérent hors de la ville. Kt c'est ce <|ue nous faisons nous-mêmes, en vous disant de travailler à votre salut sans retard.

iJiO. 1" L'importance du salut l'exige. Si votre récolte est sèche, attendez-vous la pluie pour la rentrer ilans vos greniers? Le prisonnier auquel on ouvre la porte d'un cachot, se fait-il prier pour sortir? Le malade auquel on offre sa guérison attend-il (pielque temps avant d'accepter? Si on avait jeté un tison embrasé au milieu de la paille entassée dans votre grange, quand vous apprendriez cette nouvelle, combien de temps resleriez-vous sans le retirer ? Si on vous offre une alTaire (pii, en y donnant tous vos soins, vous prociu'era, pour vous et chacun de vos enfants, dix mille francs de rente ; si l'affaire est certaine et ne dépend que de vous, hésilercz-vous à l'entreprendre ? Et déjà peut-être un tison d'enfer est jeté dans votre âme i)ar un péché mortel ou par une mauvaise passion, et vous renvoyez de l'éteindre ; et de la part de Dieu nous vous offrons une fortune (pii est celle du ciel, des trésors que les voleurs ne ravissent point, que la rouille ne peut ronger, une héalitiulequi n'a point de termes, et vous diriez ; « Plus tard ! j'ai le temps,» vous qui peut-être vous mettriez aussitôt en mouvement pour une bagatelle ?

flil. 2" Kt sommes-nous libres, s'il vous plait, de renvoyer à plus tard ? Cette journée, cette heure, cette minute (pie Dieu nous donne goutte à goutte ne nous appartient pas. Pourquoi nous la donne-t-il ? Pour le servir et nous sauver par ce moyen. Ah ! malheur à nous, si nous usons de la jeunesse, de la vie, pour satisfaire uniquement nos passions, nos intérêts périssables (2)!

(1) Charles-Quint visitant un de ses ministres qui était mourant : « Demandez-moi, lui dii-il, en récompense de voire fidélité et, s'il se peut, pour adoucir vos soufTrancPS, la faveur qu'il vous plaira. — Ah! Sire, répondit le malade en gémissant, tout ce que je me permets de vous demander, c'est de prolunger ma vie de quelques jours. — Hélas I reprit Charl^-s-Quint, je ne le puis, les princes de la terre ne sauraient même disposer d'une seule minute de la vie humaine 1 r> A ces mots, le moribond levant tristement les yeux vers le ciel : « Insensé que j'ai été I s'écria-t-il. J'ai consacré toute ma vie au service de l'empeieur, et pour cela il ne saurait m'accorder un seul jour d'existence. Oh I si. au leu d'agir ainsi i'Hv„i< miiMix servi mon Dieu, je pourrais en espérer une vie de bonheur éternel. >

(2) Archias, roi de ThtMic^ <> r.j iii>-:iit dans un festin, où il avait été invité. Cn notaire lui envoya une lettre urgenie, lians laquelle il l'informait que des conjurés en voulaient à sa vie. Il renvoya au kndemain de la lire ; et pendant la nuit des sicaires regorgèrent.

LB SALIT 3n

942. 30 Dieu, qui est juste, ne peut laisser impuni l'abus que nous faisons de ses dons. Il nous olera prohablemenl cette vie, que nous n'employons pas à nous sauver. Kt c'est ce qui n'arrive que trop à ceux »]ui renvoient à plus tard. Sur cinquante morts, il y en a trente de subites ou d'imprévues: c'est, là un fait que chaque jour démontre, l'n autre fait pareillement prouvé I ' rience, c'est que la jeunesse elle-même n'est pas à l'abri des morts

;•».> »■ .Mais je suppose que Dieu accorde à celui qui renvoie toujours de travailler à son salut, le temps qu'il est loin de mériter, puisqu'il abuse de celui qu'il a, .scra-t-il plus facile plus tard de travailler à son salut ? Vous allenilez d'avoir moins de soucis pour vous occuper de votre Ame. Oh ! quelle illusion! Jeunes gens, jeunes personnes, sera-ce quand vous serez pères ou mères de famille que vous en aurez moins? Vous n'êtes pas assez aveugles pour oser le prétendre.

îUi. Parents, vous attendez la vieillesse pour gagner le ciel ? Je fais bonne mesure, je suppose, ce qui pour beaucoup d'entre vous n'arrivera jamais, que vous altemdrcz un Age avancé, je le désire même, esl-ce alors que la vie vous sera moins amère ? Hélas ! que de peines ont à supporter les vieillards, et que de fois leur faiblesse est écrasée par le poids de toutes sortes de contrariétés et de sollicitudes ! Les mauvaises affaires d'im enfant, la mauvaise conduite et les outrages d'un autre, la maladie des petits enfants, tout cela remplit plus que jamais leur esprit de préoccupations qui éloignent du salut.

945. .Xjoutezque plus on vit dans la négligence, plus on s'y encroûte. Les passions que l'on ne combat pas prennent plus de force ; la vue faiblit à mesure que 1 on avance en âge, et la lumière de l'intelligence s'obscurcit à pro-

rortion, quand celte intelligence n'a pas étudié et compris de bonne heure importance du salut. La volonté, que la grAce n'a pu ébranler dans la jeunesse, devient plus dure <pie jamais; c'est ainsi (jue les os d'un homme fait sont plus solides que ceux d'un enfant. La grâce elle-même que l'on a repoussée, devient ujoins ellicace ; en sorte que les difficultés s'accumulent à mesure qu'on avance, les obstacles se nuiltiplient avec les sollicitudes. .\h ! qu'ils sont â plaindre les infortunés qui renvoient à demain !

946. Ae flicas. miaeratio iJei muf/na est ; écoutez bien ce conseil du Dieu qui ne veut n.is la uiort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive : S'e (uljii 'nm ad perratum, ne tardes converti ad Dominum. Subito eniin 'ira illius.llodie si rocem ejus audieritis, nolite obdurare corda vesfra. Hodie, aujourd'hui, il est temps de vous y mettre : ne nous contenions plus de désirs, jamais suivis d'exécution, qui nous rendent semblable» à des solilals en peinture qui ont toujours l'arme levée et ne frappent jamais. Qui creavit te sine te non salvabit te sine te. (S. Aug.) Il faut mettre du sien, écarter les obstacles, le ftéché, et eujployer les moyens, etc. et même les moyens les plus assurés. Dans l'alTaire du salut, c'est pécher, dit St-Augustin.'tpie de préférer l'incertain A ce qui est certain. N'aime-t-on pas mieux passer une rivière sur un pont solide que sur une barque ? Dans un jeu même.

(1) Ca.i En 1878, on jeane homme d'une famille honorable est frappé ac collège d'Avipnfx , l'un coup de foudre.

(b)\in ini, une jeune llilede vinet-qualre an», ouvrière en soie, rentre chez

elle le san.. ,. y passer le dimanche. Le dimanche soir, elle cause gaiemenl comme tout le monde, puis va se coucher à c6té de sa sœur, ouvrière comme elle Le lundi malin, l'heure e«l venue de se lever pour aller au travail : sa sœur s« lève et l'appelle, elle ne rf^pond pas; sas(eur cherche à l'éveiller; elle était raide. Malhr 1

à ce jeune homme, s'il.* ont du : il faut que jeunesse se passe; je ira^

\ mon shIuI! Le Dieu qui a promis le pardon au pécheur qui se repc - r-^^

pniiTiis le temps de se n-peniir.

{Ci les anciens racontent d'un voyageur païen, qu'il avait promis d'offrir à Merenre la moitié de tout ce qu'il trouverait, comme i l'auteur de (oui proili in > jour, il trouva sur sa route un sac rempli de magnifiques noix. Il les'en alla déposer les coquilles sur l'autel de Mercure. N'f " des chrétiens, sacriflant \r temps de leur jeunesse au servi' terrestres, et réservant au service du Dieu les jours si tn^' vieillesse 7

348 BKRMONS DE MISSIONS

si on n un peu âo sens, enpapc-t-on une somme imnorlanle. si on n'a pas lioau jeu i Les |mto8. les saints firt^lres vons «iisent : invez le inonde, ses amusenienls ; d'autres vous disonl : c'est scrupule. C'est folie de ne pas croire les première (i). l/aiïaii-e est importante, nécessaire ; c'est vous rpii devez vous y employer, car personne autre n'y peut rien. Flndie. aujourd'hui, ce jour vous est donné |>our cela. Ce temps est un temps favorable, un temps de salut. Ilien n'est plus facile pour vous que d'en profiler; et, si vous le faites, quelles ipic soient vos chutes pa.ssées, quelles que soient vos habitudes coupables, vos prcoccu[mlions flafraires. l'enfer vous sera fermé, le ciel vous sera »)uvert, v(»lre Ame redeviendra l'amie et le temple de Dieu. (Si c'est \m jubilé : llodie, rK;;lise ouvre ses trésors de grAces. Son chef suprême déverse sur le monde catholique les indidgences du jubilé, q»ii ont fait tressaillir d'allégresse vos Itères et qui agitent eni:ore, dans tout l'univers, ces ileux cents millions de catholitpies «pii ont la foi.) Ce n'est pas vous qui endurcirez vos cd'iu's : yolife ohdurare corda restra.

Î>i7. Je Unis |»ar une histoire: l.e Souverain Pontife Pie IV était près de tnniu-ir. Saint (iharles Horromée accourut [»rès de son lit de douleur, et, se jetant à genoux devant l'auguste malarle,il lui dit avec émotion : <i Saint-Père, vous n'avez jamais rien refusé de ce que je vous ai demandé : aujourd'hui je viens solliciter de votre Sainteté une grAcc bien plus importante que toutes les autres. — Parlez, mon (ils, dit le Pontife, je vous accorderai tout. — Saint-Père, le moment est venu de vous préparer à paraître devant Dieu ; je vous en conjure, laissez de côléloute autre affaire, si sainte soit-elle. » Pie IV comprit, et aussitôt il ne pensa plus qu'à se préparer à une sainte mort (2).

948. Je viens moi-même vous demander une grâce ; et, s'il le faut, je vous la demanderai à genoux et les mains jointes. Je suis convaincu que si nous vous priions de nous rendre un service, vous le feriez cordialement ; eh bien ! c'est un grand service que je vous demande en suppliant. De grâce, occupez-vous de votre salut. Ne dites pas : « Je n'ai pas le temps ; » vous avez trois cents jours pour vous occuper de vos champs, de vos biens, etc. Je demande quelques jours pour vos âmes, et encore nous ne réclamons que quelques heures de vos joiu'nées. Le matin venez à l'instruction, venez-y le soir à la tombée de la nuit. Si vous ne pouvez venir tous deux fois, venez-y au moins une fois, (^eux qui viendront le matin garderont la maison le soir ; mais venez, je le répète, au moins une fois le jour ; c'est important.

Î)i9. Regardez le crucifix ; il vous dit : .Mon (ils, ma fille, voyez donc ce que j'ai fait pour votre salut ! J'ai été couronTié d'épines, etc. ; pour votre salut, faites au moins cela : cessez de jtécher, venez tous les jours entendre ma parole : Venite, filii audite me. {En dehors des missions, on ajouterait : Evitez les occasions, approchez-vous des sacreinents et priez.) C'est facile, cela ne vous coûtera rien ; à la fin de la mission vous n'en serez jtas moins riche et vous vous éviterez par là le regret d'avoir laissé perdre ma grâce : Venite

(1) Benadab roi de Syrie, assiégeail la ville de Sanarie, et l'avait réduite à l'extrémité ; mais Dieu, voulant la délivrer miraculeusemen' par les prières du prophète Elysée qui y éiaii, fil eniendre la nuit, au camp des assiégeanis. un grand liruil comme de chevaux, de ciiariois et d'une crande armée : les assiégeants, pi nsant que c'était un

f^rand secours qui venait à Samarie, lèvent prompiement le siège en plein minuit, aig«ent là montures, bagages, provisions, munitions de guerre et fuient, ne penâant, qu'à sauver leur vie. Faites comme eux quand vous entendez le bruit des menaces de Dieu, les prédications du jugement et de l'enfer : Intonuit de cœlo Dominus. Quittez tout, ne vous amusez pas à plier bagage, rompez avec ce méchant homme, sortez de cette mai.son oij vous tombez en pécJié de tpmp.s en temps, n'attendez pas que votre terme soit échu, qu'on vous ait payé vos gages, fuyez l'occasion de vous perdre : Anima$ tanlum suas salvare cupienles. (IV Keg. Vil. 7.)

(2) L'empereur Othon III avait une grande estime pour saint Nil de Calabre ; et lui disait un jour : « Demand»'z-moi tout ce que vous voudrez et je vous l'accorderai. > Le saint, mettant la main sur ta poitrine d'Othon. lui répondit : « Je n'ai d'autres choses à vous demander que le salut d»" cette âme. Tout empereur que vous êtes, vous mourrez et rendrez compte de vos œuvres. • A ces mots, Oihon \er->& des larmes et, tombant à genoux aux pieds du saint, lui demanda sa bénédiction. Il mourut à l'âge de vingtdeux ans. (Voir la note du n* 594 (C).

filii. Vous ;ill.v rÔDnndre loiis avec moi : 0 mon Jésus, jo vous remercie de m'avoir ; .lAre de la mission dont tant de paroisses sont privées,

de m'avc! vie jusque ce jour, afin que je puisse vous rendre

amour pour amour ! S'il ne faut, pour vous plaire, que vous promettre de ne pas vous offenser durant ces saints jours et de venir tous les jours entendre votre parole, je le fais de bon cœur; je veux être, bon Pasteur, de ces brebis dociles qui entendent votre voix !

95(). Pendant les saints mystères, vous renouvellerez tous celte promesse, surtout après l'élévation, en la faisant suivre de trois Ave Maria, afin de prier Marie, notre Mère à tous, de la bénir. Vous ferez ainsi, vous en particulier, chers hommes ; c'est sur vous que je compte; et, quand même le démon vous inspirerait d'autres pensées, vous suggérerait des prétextes pour ne pas faire à I>ieu cette promesse, n'écoutez pas votre ennemi, mais celui que vous connaissez à peine et qui déjà se dit ave<' assurance l'ami de vos Ames; car il vmis répèle : Satva animam tuam. Venez entendre la parole de Dieu et prenez avec vous votre femme, vos enfants, vos connaissances, afin qu'avec vous ils apprennent la voie du paradis, où vous conduisent tous le Père, le Fils et le Samt-P^spril.

N. H. On pourrait aussi faire voir combien il est facile de se sauver. Il suffît de le vouloir. ( Voir la note du n* 88t.)

IV. — Vtk devoir trop oublié : Ite zèle pour le salât «les antres (1).

951. Ignem vent miftere in terrain et quid volo, nisi ut accendatur ? (Lrc, xu, 49.) « Je suis venu apporter le feu sur la terre, » a dit Jésus- Christ. Quel est ce feu ? c'est l'amour des Ames ; il l'a répandu sur ses Apôtres, sur tous les saints. Qu'ont-ils fait? Ils se sont sacrifiés pour les Ames : Libentissime impendam et superitnpendar ipse pro animabus . — Nous voulons répandre ce feu dans vos cicurs. .Nous nous adressons aux Ames les [dus chrétiennes, il faut qu'elles deviennent toutes des apôtres, des missionnaires. C'est pourquoi : I. nous dirons la nécessité d'exercer le zèle ; II. nous indiquerons par quels moyens on peut l'exercer.

952. I. 1) Quel est le grand commandement : Diliges Dominum : Vous aimeres le Seigneur. Si f/uis non amaf, sit anathema. — Que fait le soldat qui aime son général et qui le voit maltraiter; quels sont les sentiment.*) de i enfant ipii aime son père et qui le voit insulter? Exitus aquarum dedujcerunt oculi mei, quia non rusfodierunt legem tuam. Opprohria e.cprobrantium tibi reciderunf super me. On ne peut se flatter d'aimer Dieu <piand on ne souffre pas de le voir offenser (2). .Saint François Hégis le comprenait

(1) Il importe, lès le commencement de la mission, d'exciter le zèle de tous, afin de

•" ' "■"'• "" •'■• •"" ■^. Il faui (juno souvent, ^el, pr«?sque tout le long de la tpjssion. il

Mnl ceux qui viennent aux inslrucions, les prier et les presser

'Il le fait en public d'at)<*rd, e( ensuite en parhculier, avec les

enfoui» «lu'un m vue, au catéchisme et au confessionnal, n'amener leurs parents, avec

les.jeune» flile*, le* femmes, voit au saiitl Tribunal, «oii en ctiair** On remmmande

' ' ' ' '• piiur

,> Je

, .; . ;jienir

■ ■'. de le» intéresser. Ce n'est que vers la lin de la mission, ifi't*e. qu'en chaire et en particulier, on peut recommander 'M-; ni lis toujours avec tant de discréiion et de • s hommes, «urtxut les indifférejus, ont un grand âu>.>,<..i » -c^diu <■<.-• au.x;.^ iriiMiii;.» . un peut obtenir beaucoup d'eux si, en les coofessaot, oo leur dit qu'un compte sur eux pour amener leurs voisins, leurs connaissances.

(i) Le tils de Crésus était muet, et voyant on soldat qui allait tuer son père sans le connaître, il rompit le lien que la nature avait mis à sa langue et cria : ArnHe. c'est mon père, c'est le roi. Kt nrtus verrions olFenser Dieu sans rien faire pour l'cm|M)ober T — Si un mari disait : Je ne bdt.4 pas ma femme; mais Je ne suis pas fiché quun la batte. Ne serait-il pas convaincu de ne pas l'ajoierY

Dieu a tant d'aiïection pour nous, nous lui sommes si chers, qu'il •'iaiéresM à tovl

■ i.'U ?;i:rmons de missions

si Uk'n, qiul aurait eslimr tous ses travaux bien récompensés, s'il avait pu i-éussir souIcMiont à faire éviter un péché mortel : Ille apud Deum in a/nore I .tjuiad ejiig ainorem pluriinos trahit. (Saunt (irkuoirk.) (1). i) Le sccoml coinmanilejDent est semblable au premier: Vous aimenv. MiiiT (uochain : hiHijes itroximum. Qui non diligit manet in morte. (Jue faut-il aimer surtout dans le prochain? Ce qui est plus précieux, plus iiohio. — (iomme ou se croirait coupable, si en rencontrant im |muvrc, glaïc, alTauié, blessé, etc., on ne l'assistait pas ! Le pécheur est pauvre, glacé, alTamé. blessé : on le laisse. Tôt occidimus, quot ad mortem quotidie ire tacentes ridemus. (Saint (iRKcwtiRK.) .Si un aveugle est sur le bord d'un préciiiice, on lui crie de s'arrêter. Si une béte de charge tombe, on s"em(tresse de la relever, si un monument public ou même une sinjple maison menace ruine, on se hAte de l'étaver, on n abandonne que les ilmes (2). Kl si ces ilmes sont celles de nos proches!...

'.J5i. 3) Si les intérêts de Dieu et des âmes ne nous touchaient pas, au moins sovons sensibles « ce qui nous intéresse. Les anciens Romains décernaient une couronne de laurier à ceux qui avaient sauvé la vie à un homme, Dieu réserve une coiu'onne immortelle à ceux qui sauvent les àmcs. Celui qui retire un pécheur de l'erreur de sa voie, couvre ta multitude de ses péchés. Vous voulez obtenir le panlon, en voilà le moven. (J'est Dieu qui vous le fournit (3). Donc exer«;ons le zèle. Ne disons pas: Nous ne sommes pas prêtres:

ce qui nous touche ; on ne saurait nous ofTenser tant soit peu, non seulement en notre personne, mais dans nos biens, el dans notre bétail, sans qu'il s'en ressente : quiconque nous atiaque, l'ortense ; et celui qui l'otTense ne nous olTensera-l-il pas? il est si sensible à nos perles, serions-nous insensibles aux siennes? Nos intérêts sont les siens; les siens ne seront-ils point les nôtres ? Il venge les moindres injures qu'on nous fait ; ne nous remuerons- nous ooinl pour tant d'injures qu'il reçoit ? (Voir la note du n» \i\\.)

(4) Quand sainte Hyacinthe Mariscotti, Clarisse deViterbe, voyait commettre une faute contre Uieu, il lui semblait que son cœur allait se br.ser, elle prenait sa part du péché et se cb&tiaitcomme si elle avait été elle-même coupable:* Mon Dieu, disaii-elle, pourquoi ne puis-je pas mettre sous les yeux des hommes l'enfer avec ses horreurs, afin de les ramènera vous par la crainte, sinon par l'amour! 0 mon Souverain Bien, pen.<ver qu'on ne vous aime pasi 0 lumière du monde, pensez qu'on ne vous voit pas. Quel plus cruel supplice pour ceux qui vuus connaissent et vous aiment I »

(â) L'ApAtre de la charité agis>ail tout autrement. Dans ses visites aux églises d'Asie, il rencontra une jeune hommi* qui lui parut animé de bonnes dispositions et désirait d'élre chrétien. L'Apôire le confia à l'évéque, auquel il recommanda de l'instruire et de le garder comme un dépôt sacré. Le jeune homme répondit d'abord au zèle de son protecteur; mais de mauvaises compagnies lui fireni perdre sa première ferveur, et il finit par s'enrôler dans une bande de brigands, dont il devint le chef.

Plusieurs années après, saint Jean revint et demanda à l'évéque ce qu'était devenu ce cher jeune homme. « Héiasl répondu l'évéque, il est mort à la grâce; il se tient dans les montagnes, avec les voleurs dont il est le chef.— Donnez-moi un cheval et un guide, dit le saint Apôtre, je veux le voir et le ramener.» Et malgré son grand âge, il se mil en route; la sentinelle des brigands l'ayanl arrêté, il demanda à être conduit à leur chef. Celui-ci reconnaissant son bienfaiteur dans le vénérable vieillard qui venait à sa recherche, se mit à fuir. Mais le pasteur le poursuivait en criant: Pourquoi fuyez-vous votre père, mon cher llls! Revenez à moi, c'est Jésus Christ qui m'envoie pour vous sauver. » Le chef des brigands s'arrête, il pleure, il se met à genoux devant l'Apôtre, qui le ramène, après l'avoir reconcilié avec Dieu.

(3) Si Dieu s'était servi de vous pour orner le ciel de lumière et parer la terre de fleurs et <le verdure, ce vous serait un grand honneur. A votre avis, qu'est-ce qui est le plus noble, de la lumière du soleil, qui est l'objet de la vue des moucherons? ou de la lumière de la foi. qui est l'ubjet de la vue des angesîQu'eslce qui est le plus excellent, des fleurs el de l'email d'un parterre, ou des habitudes de vertus? N'aimeiiez-vous pas mieux que votre enfant perdit la vue plutôt que la foi, qu'il .devînt aveugle plutôt qu'hérétique 1 N'aimeriez-vous pas mieux que toutes les fleurs de votre jardin fussent flétrie! et arrachées que si yotn; mari perdait la piété, la douceur, la chasielé et les autres vertus qui sont en lui? Nous tiendrions à grand honneur u'avoir été employés à la production de ce monde corporel, ne tien^ a très grande faveur d'être employés à la con-

version des âmes, à la ■ •: surnaturel? L'emploi le plus relevé, le plus

honorable, le plus gloriei :i que les hommes puissenlavoir.dit saint Paul,

c'est d'être les coadjuteurs <lu Kiis mc l>ieu dans ses plus hautes entreprises, dans sm opérations les plus divines : Dei adjulorei sumu$.

LE ZKLE 351

Mandavit unicuique de proxitno suo. Dieu ordonne à chacun «le s'occuper de son proi^hain (1), encore plus que de faire l'auujùne. Hélas ! comme ce devoir est |m^u couipris. Où ôtes-vous, cœurs zélés des saint Paul, des François d'Assises, des François Xavier, des Thérèse, etc. ?... Ne disons pas non plus: Je ne sais counuent faire le bien; caria chose est simple et nous allons inditpicr les movens à prendre.

'J5o. II. Movens. QuU tomeditur selo domiis /Mi .^ se demande saint .\u-

(1) C'est une pauvre jeune esclave, sainte Chrétienne, qui, ayant rendu par sa prière la Si ' t'Ibérie, au iv* siècle, convertit l£ roi de ce pavs et toute la nation

à la ~i.

S:i. -- .... c dit très bien : si votre cocher voyait une de vos cuillères d'argent

dans le fuœier de l'ecarie.el qu'il la laissât perdre, en seriez-vous content? Recevriez-vous son excuse, quand il dirait : Je n'ai pas charge de l'argenterie, voua ne m'avez pris à votre service que pour avoir soin des chevaux et pour conduire le carrosse ? Si votre cuisinière voyait tomber dans le feu la robe d'un de vos enfants et qu'elle ne l'en retirât pas, l'excusene" ■ " ■■->■' -'Ui dirait; Vous ne m'avez prise que pnur vous apprêter à manger, je ne inte des enfants, je n'ai pas charse de ieuis habits. Une Âme raisonnah- i^ précieuse qu'une cuillère d'argent ou qu'une rube de «oie? Comment dune. p4>uv«:2->ous souffrir, quoique n'étant ni curé ni évéque, comment, dis-je, pouvez-vous soulTrir en conscience que cette âme chHienne tombe dans le péché, et S6

fierde éternellement sans vous en soucier? N'ayez pas moins de vertus que les scribes et es pharisiens; ils eussent fait le tour de la t^rre pour gagner un pafen et le faire juif; et ainsi quels travaux ne devez-vous pas embrasser pour gagner un mauvais chrétien et en faire un bon catholique?

Dans le Pré spirituel, il est rapporté qu'un berger, nommé Pemnes, voyant des bêles sauvages qui attaquaient un pauvre passant, futjparesseux à le secourir, ou par lâcheté ou par négligence; quelque temps après il se lit religieux et pratiqua une rigoureuse pénitence ; plus lard il fut fait abbé d'un monastère : mais Dieu lui révéla qu'en punition de Sun peu de charité, il serait aussi dévoré des bétes sauvages, ce qui arriva quelques années après. Si, par votre négligence et faute de reprendre, d'avenir ou d'instruire votre prochain, si, faute de recueillir cette pauvre fille qui ne sait où aller, ils tombent en la puissance des béti's sauvages, des suppôts de l'enfer, il y a danger que le même mal heur ne vous ai e jour par la permission de Dieu.

Si l'une de v< trouvait votre enfant abandonné de sa nourrice et aux abois,

si, di'' '•' -N.. !. ... junr, faute de lui donner un peu de lait; serait-elle bien reçue

en ^ I eue vous dirait: Je n'y étais pas obligée, je ne suis pas la nour-

rice, , te, je n'ai pas charge des enfants, mais des brebis et de la basse-

cour. Vuus vo>c'z ce pauvre vil ageois qui se perd, parce qu'il n'a point de connaissance de Dieu ni des choses divines, et vous ne daignez pas l'en instruire, vous ne lui parlez que 1 ■ -- ei des choses temporelles; pensez-vous qu'au jugement de Dieu vous serez irgé en disant Je n'y étais pas obligé, je n'étais pas son curé ni son

confc- .. jvais pas charge d'âmes.

Vous avez une ferme et un Ormier, dit saint Jean Chrysostôme, et vous ne pensez qu'à y faire de beaux lardin», à y planter de bons arbres, à y disposer des chambres commodes; et i mettre la .^ le vertu eo l'àme de votre fermier, à lui en-

seigner les mystères de la i e à se confes-er ei à communier, vous n'y

t'»"^"' '■" ■= "■"■ si c'ét.».. -a.. .,.:-^. ■-., une épine croli dans l'allée de votre jardin,

iffrir , si une mauvaise habitude croit en l'àme de votre fermier, 'SUS, vous ne vous en souciez pas.

Ce- dii un gentilhooime mondain, une pauvre femme, nommée Antoinette,

eut . de le convertir. A cette effet, elle loua tout exprès un petit coin de

chani ' ' ... "y avoir entrée et d'y éire quelque-

fois ' is et À rendre d'autres services ;

elle ivoir), elle le priait delà lire; il

Allez, allez, vous eies une bizute, qu'ai-je à faire de votre livre? — Mais voii* prie au m uns d'en lire une r>nge, pS'* davantage II s'en moquait. — Au

iiieur

gagné par nu de Dieu. Il i leinm>-, s ' n ou voisine, qn leur ': > de ce qu'on a 'U, de ce que vous avoi lu que 1 sujet de leur p.i -ii, de la laideur du vim, de de la ... ... . . . f

pays.i

lonirl. , ., ,... . . . , ...

.1 li-r A cause de ses baillons, prier votre cooiesMur de l'enleadrc eu cuotewJuo.

Ji.L.\W)

.iO- SKRMONS DK MISSION

f^wsWn; f/iii omnid qu(P forte ihi videt perversa satagit emeufiare, cupit corrif/ct'p, non f/uiescif. Donc ii faiil agir, ol comment? l» par Icsparolcs et le roii' " lis-nous donni* un mauvais conseil dans la vie, dit une parole

i|ui ni M'? Quel inalheiu* ! Quelles suites a eues cette conduite ! Le

movcn <!.- !.s i<'|iarer:' Donner un bon conseil, adresser une bonne parole (1). (Voir n. 5(»7.) Pas un de ceux qui lisent ces lignes qui ne puisse ramener une Ame; il le faut donc faire. Le prclre souvent ne le peut pas. ("est donc à vous j\ t^tre missionnaires (2). Vides fratrem currere ad thentrum, prohibe, morte, rontrixtare si zelus domus Domini comedit te. Vides alios inebriari relie, prohibe, tene quos potes, quibus potes blondire, noli quiescere.

(SaI.NT .\l(lL'STIN.)

!>.>(). 2" Ktes-vous sùi*s que vos paroles auprès de tel et tel seraient mal remues, ils vous reste deux autres movens d'exercer le zèle: d'abord Vexemple : verba movent, exempla truhunt. Plus que toutes les paroles, les exemples sont éloquents (3). Christi bonus odor sumus. (IL Cor. ii, 15.) Sic tuceat liuc vestra coram hominibus ut videant opéra vestra bona

(l)On parcourt chaque condition, on indique ce que l'enfant dira, la femme, la mère, le voisin, la voisine, le chrétien à rindifl'érent,i l'impie. Recommander de ne pas discuter, quand on dit une impiété: mais de répondre d'une manière qui démonte la contestation, par exemple : Si vous vous trompiez, quel grand malheur I — Ou : A la mort vous ne pai leres pas ainsi.

(a) L'ermite saint Abraham avait élevé, avec le plus grand soin, sa nièce Marie dans une cellule vnisine de la sienne. Trompant la vigilance de son oncle, celte Jeune lille avait eu le malheur de faire une chute: et, dans son désespoir, etle partit en secret, et alla bien loin mener une vie de débauche. Abraham priait et pleurait sans pouvoir la découvrir. Ayant enfin appris où elle demeurait, il quitta sa cellule, après s'être déguisé; et, l'ayant aburdée, il se fil reconnallio. « Marie, ma filie, lui dil-il. qu'est devenue votre pureié angélique, où sont les larmes de bonheur que vous versiei dans votre cellule? Ahl revener, mon enfant, je me charge de vos péchés, je les expierai par la pénitence. Ne craignez pas. il n'est pas étonnant qu'on tombe; mais il est honteux de ne pas se relever. » El, mêlant ses larmes à ses exhortations, il eut le bonheur de déterminer sa nièce à pleurer ses fautes et aie suivre au désert, où, après quinze ans de pénitence, «Ile mourut de la mort des justes.

(6) Les saints n'ont pas ciainl, pour exhorter les âmes à se convertir, de sacrifier les consolations de la prière et de la retraite. Quand l'arianisme se répandait en Orient, saint Aphraate quitta sa retraite et se rendit à Aniioche. L'empereur Valens lui ayant reproché de se jeter au milieu de la dissipation du monde: ■ La jeune fille, répondit-il, ne craint pas de quitter sa chambre, quand elle voit un incendie qui éclate dans la maison de son père. »

(2) ia) Saint François Régis, n'étant encore qu'élève de philosophie au collège de Tournon, s'appliquait avec la plus grande ardeur à l'instruction du peuple. Il se charttea, avec le contentement de ses supérieurs, du soin d'apprendre les vérités du salut aux domestiques de la maison, et aux pauvres de la ville, qui, à certains jours, venaient recevoir les aumôn '8 du collège. Les dimanches et les fêtes, il allait dans les villages, et rassemblait les enfants avec une clochette, pour leur expliquer les premiers principes de la religion.

(h) Saint Antoine de Padoue est l'un des saints qui se sont le plus distingués par leur zèle à évangéhser les peuples. Il savait à la fois exciter la plu.s grande admiration des savants par la sublimité de ses pensées, et se rendre intelligible aux esprits les plus gro».sier«. [I parcourait les villes et les villages, et sa parole produisait les fruits les plu» abondants. Comme preuve du bien immense que ses instructions avaient opéré. Dieu permii qu'après sa mort, sa langue n'épruuv&t aucune corruption. Lors de la translation que l'on fit de ses reliques, on la trouva aussi vermeille que si le serviteur de Dieu eût été encore vivant, tandis que toutes les chairs de son coprs étaient consumées. Saint Bonaventure, qui était présent, la prit dans ses mains, la baisa respectueusement, et dit en fondant ea larmes: « 0 bienheureuse langue, qui ne cessez de louer Dieu et qui l'avez fait louer par un grand nombre d'àmes l 11 paraît présentement combien vous êtes précieuse devant Celui qui vous a formée pour servir à une fonction si noble et 81 sublime. »

(3) Il est encore sur la terre des âmes pures et fidèles; vous en connaissez dans votre rang et dans votre état, auxquelles vous ne pouvez refuser le litre respectable de la vertu Or, c'est par là en dernier lieu, que les bons servent à la condamnation des méchants, ils ôtenl à l'iniquité toutes ►es excuses. Car que pourrcz-vous répondre devant le Tribunal de Jésus-Christ, qut) leur exemple, ou n'affaiblisse ou ne confonde? Direz vous que vous n'avez faii que suivre des usages établis, et qu'il eût fallu se iciirer

i.r. AI. i,r. dÔO

... jirière. — Noilà qui est toujours possible, toujours puissant

Diou. Ce n'est pas le prêtre qui convertit : c'est lagr;\ce. La gri\ce

par la prière. Le succès d'un bon conseil, les fruits d'une nii.ssion,

lite, »1 luitarème sont assurés, si l'on prie bien ; impossi[)les. si l'on

I (S. Anios [(iouses, pères et mères «le famille, priez et faites prier vos

dans les déserts poar s'en dispenser? mais les jnstes, qni sont parmi vous, s'y cooformentilst vous excusex-voDS sur les suites inséparables d'une naissance illustref vous en connaissez qui, avec un nom encore plus distingué que le v6lre, en sanctifient l'éclat, et trouvent le -■•-" .<" i"fj.'" c»r.ir .,, .^i.iut. Quoiî la vivacité de l'âge? la délicatesse du sexe -, qui dans une jeunesse florissante, et avec tous

les t. il tous ces vains avantages comme de la boue, et

^r le ctel. ^uoi? la dissipation des emplois? vous en voyez char- ,ae vous, et qui cependant font du salut la principale alTaire. Votre g.jui poir ,e pniM; . l'amour du plaisir est le premier penchant de tous les hommes; et il est des justes en qui il est encore plus violent, et qui .sont nés avec des dispositions moins favorables à la vertu que vous. Vos affliciions? il y a des gens de bien malheureux. Votre prospérité? il s'en trouve qui se sanctiRent dans l'abondance. Votre sanié? on vous en montrera qui dans on corps infirme, portent une Âme remplie d'une force divine.

Chaque situation a ses saints, chaque âge a ses modèles, dont l'exemple est un grand

*'"— "" -""^nl pour ceux qui sont dans les mêmes conditions qu'eux. ^D'après Massillox.)

:itre dans des détails, sur la manière dont on donnera l'exemple, parcou-

.t classe, l'homme, la femme, les jeunes gens, les mettant chacun en scène et

faiMtul voir de quelle manière ils entraîneront les autres au bien.

(b) k l'approche des hivers, on voit des compagnies d'oiseaux fendre les airs et suivre la route que celui qui est en télé leur trace. C'e^i l'image de l'homme.

(C) Le Dauphin, père de Louis XV, se trouvant à Strasbourg pourra fêle du Saint- Sacrement, assista à la procession avec une telle piété, que le peuple en fut saisi et plusieurs protestants, à cette vue, se firent catholiques. On disait communément que sa piété avait converti plus de monde à la cour, que les sermons de Bourdaloue.

-e dit un jour à un de ses compagnons : « Mon frère, allons

: couru la ville avec une modestie angélique, saint François

- n« prêchons donc pas, demanda le frère? — C'est foit,

ié. ».

' '{ue l'exemple a son efficacité même parmi les animaux. i léunies ensemble, si l'une d'elless'envole, toutes la suivent; ■ aux, si l'un d'eux plus agile que les autres part rapidement, oc lui.

a même été parfois efficace sur les hommes. On rapporte

en. à la veille délivrer un combat contre une armée nom-

liffii^e oe l't'oes, u n. . ■ |in -.. < -i lits et leur momra des coqs qui se battaient entre

eux i\ n.'f- ••■r-itl'- i- " <; -'île les exiîiterait davantage qu'un discours. En

;iire avec acharnement, saisissent les ■i ennemis. Si brutorum exempta id ;.,..,..,.,..,., ,,. j^..,,;...^, .y<... /. .V-.. o. »,..,.. y, un» c*rfam«/ia in ckristianis f (Cor. a Lap.)

{fj Judi. IX. 48. — Ahimélech, apprenant que les habitants de Sichem s'étaient réunis dans une loarpourln; :*nte sur une montagne avec l'araiée qu'il commandait,

et, saisissant une hai une branche d'arbre, la charge sur ses épaules et dit à

se.« compagnons: c Fai>.es a i in^iant ce que vous me V". ' » Aussitôt, animés par

l'exemple de leur général, les soldats coupent à l'envie i s d'arbre, suivent leur

capitaine, et entourant la tour ennemie. 1^ r^JuisL-iit ,■

ig) Le Colonel Paqneruii, directeur <l Kochelle même les protes-

tant*, Tui d!«î»ien| « Ahî'<i Ions les ca.. • lui, demim nons serions

' ii; de la ii . Il a

' artillerie h des

w V..V, ...â plus morte; . - .... v,,,.. .o ^ -.■, ,v, .<;,,.uil :

• .><- i^; mais vivons b>en. La lumière des leuvres éclaira tout la monde et

fr

non point incrédule, msis i crise de la foi. Un jour, ' nouille dans un coin, t.

vivante Ci:::,' vision

ièr« le mi' a al

t loi et de . . :>ieu,

i rc<iiie cM^a.te. < te chapelet a'AiQ,>ére splvu faa sur :uji qu«

loos les Mrraoo«, •

354 SRUMoNS l)K NiiSStONS

curants! (J" •>" 1"'^ Icjour, la niiil. le matin ot lo soir, ilans le travail «le la j(Mirn»''(' : Mon Jésus, misériron/e ! Kt vous roussirez!

•>.'»K. Sainte Moniiiiie réussit pour AiiiKiislin et l'atrico. Sainte Thérèse eonverlil autant d'Ames que saint l-'ranrois Xavier (I). (Jiie denranls ont, converti leiii*s parents par la prière! (Voir n. TM.)

'.lot). A r<j'iivre donc, <ln zèle, de hons conseils, de saints exemples, une ardente et continuelle prière (i).

\. Péché. Outrage qu'il lait à Dieu.

'.»(»(). Srifo et vidf (/nia ttudum et uinarum est reliqiiisse te l)ominian. (Jkhkmik, u, lî).) (le qui ruine notre Ame et la pe^i, ce ipii est le grand obstacle au salut, cest le péché. LKf^lise catholique compte seize millions de martyrs ; et combien que l'on ne connaît pas! l'n j^rand nombre d'entre eux étaient noides, instruits, judicieux, prudents : ils ont sacrilié leurs biens, leur avenir, leurs parents les |)lus proches ; ils ont subi le fer, la dent dos bêles féroces, le l'eu, tous les tourments inventés par la rage des bourreaux. Poih-quoi:* Pour éviter un péché mortel. Il osl bien plus grand encore le nombre de ceux qui ont quitté le monde pour se retirer dans les déserts ou dans les couvents et qui ont sacrilié pour cela, biens, bonnem-s, plaisirs ; et pourquoi ont-ils agi ainsi? Pour fuir le danger <lu péché mortel.

îMîl. Tous ces hommes, tous ces jeunes gens, toutes ces vierges chrétiennes étaient-ils des insensés ? Non. le monde entier les a<lmire ; l'Eglise les honore. Ils ont donc agi sagement, en sacriliant tout plutôt tpic de pécher gravement. Le péché est donc un plus grand mal, (pie tous les maux tpi'ilsout subis? Oui, c'est l'outrage de Dieu : l'er prœvarirationern lef/is iJeu/n inlionords. VA outrager Dieu, c'est un mal plus granii que tous les maux que peuvent subir les créatures. C'est nous (pii sommes insensés, (]uand nous ne le comprenons pas. (Mierchons donc à nous en convaincre, sritu et vide, afin fl'imilerla .sagesse des saints et de nous séparer des réf>rouvés, (pii sacrilient Dieu à leurs passions.

9(»i. Une faute grave, c'est une désobéissance sérieuse à la loi de Dieu, une tran.sgression grave de ses comujandements. Le blasphème, la négligence à entendre la messe par sa faute, le travail sans raison suflisanle pendant de longues heures le dimanche, les grandes haines, les assassinats, les pensées, les désirs, les actions contre la pureté, ce sont là des péchés graves. Or, considérons ensemble tout ce qu'il va d'odieux dans l'injure, i]ue lait à Dieu toute faute mortelle, afin de nous exciter à une horreur salutaire de nos égarements passés et de nous déterminer à v renoncer à jamais. Tout péché grave est: I. une révolte audacieuse contre bien; II. un mépris de ses perfections infinies; III. une noire ingratitude pour §es bienfaits.

!Ki:{. I. liècolte 1" du fils. Vn vieillard fait venir auprès de lui son fils qui lui doit la vie, et à qui il a livré tous ses biens. « Mon lils, dit-il, écoute ton père. Tu duisie respecta ses cheveux blancs; il n'a jamais vécu que pour toi, et ne t'a rien commandé (pii ne fût pour ton bonheur. Mon fils, n'accable pas

(1) (a) Cette sainle éprouvait une joie indicible à voir les succès des hommes apostoliques qui avaient travaillé à la gloire de Dieu. Quand elle savait malade un prêtre zélé, elle demandait sa guérisoo k Dieu avec ferveur; si elle apprenait sa mort, elle en pleurait amèrement, elle qui ne versa pas une larme à la mort de son propre frère. (Voir n. 602.)

(ft) On raconte de l'empereur Conrad, qu'assiégeant une ville d'Allemagne, il jura de loui exterminer, si la place tardait à se rendre. L'ayant emportée d'assaut, il voulut exéciiler s-m scnnenl. Il d.inna toutefois aux femmes la permission de fuir et d'emporter ^^ cieux. Elles prirent donc sur les épaules leurs époux, leurs P' .siraire à la mort. Ah ! les femmes chrétiennes auraiente''*-' ■■ ' -iTer les âmes qui leur .-ont chères?

(C) N riiuiTia-s, lui dit;« Vous avez bien écrit de moi,

quelle If répondit : 4 Point d'autre que vous. Seigneur.»

A vous qui avrz iau;t; voa fities, celui qui ne laisse pas sans récompense un verre d'eau froide, vous demandera ce que vous désirez pour avoir écrit son nom, gravé son amour dans bien des coeurs. Répondez comme saint Thomas.

(2) Le sujet ci-dessus peut être liaiié sous forme de conférence. (Voir n. 241.)

LE l'KCHE 355

la vieillesse de ton |»èrc,ne foule pas aux pieds la plus douce des autorilt-s de la ti'iie, ne va plus avec des libertins. — Je n'en ferai rien, » répond le lils rebelle; et il court dépenser dans la «lébauclie l'héritage paternel, pendant ipie le vieillard, cpii lui a donné le jour, sèche de douleur. C'est une révolte indigne, ijue tous les esprits honnêtes savent liélrir.

961. i'J Du sujet. Un roi, aussi bon que puissant, est assis sur son trône, entouré de sa cour, l'n de ses favoris qu il a tiré de la misère, qu'il a admis en son palais, .s'avance, traverse l'escorte royale, saisit la couronne, qui est sur le front du prince, el le sceptre «piil porte, il brise le sceptre à terre et, prenant la coiu-onne, il la met sur la tète du dernier des valets. Chacun frémit à la vue d'une si audacieuse révolte. El nous ne frémirions pas en voyant l'audace du pécheur :* .Mi ! nous ne ciuinaissons pas Dieu.

îMj.5. 30 Dieu est le bon père du pécheur qui lui doit tout et qui ne lui commande rien qui ne soit poiu* son bonheur en ce monde et en l'autre. « .Mon lils, lui dit-il, tu me dois l'obéissance avec la vie. Je te veux voir heureux sur la terre et au ciel. Je t'ordonne donc de respecter mon nom, d'honorer les parents, d'aimer ton prochain, de garder ton cœur pur el di''ne de moi. — Je n'en ferai rien, n répond le pécheur, el il blaspiième et d méprise père et mère, il couve la haine contre son frère, et il traîne dans la boue son Ame et tous ses sens.

9<»(i. 4" Dieu est le roi immortel des siècles. Les anges l'adorent, il ébranle le ciel à son gré ; les astres ne s'écartent pas de la route qu'il leur a tracée ; il appelle les étoiles, et elles répondent. Il porte la terre de trois doigts; il commande au vent el à la mer et ils obéissent. Les hommes vertueux font de son plaisir la règle de leur conduite ; il gouverne les démons eux-mêmes avec un sceptre de fer. .Maître de tout, il n'est aucune créatiu-e qui ne ilépende de lui en tout (1). Mais au milieu des hommages el des adorations de toute créature terrestre et de tous les saints, voilà un être misérable qui ose dresser la tête et se faire fort contre le Tout-Puissant. (Jiiel est ce téméraire qui, par une audace semblable à celle de Lucifer, s'écrie: « Je monterai au ciel, I ■ l'vcrai mon trône sur les astres, je serai semblable au Très-Haut, el indéptridanl comme lui i » C'est le pécheur Ci). Il s'avance pour briser le sceptre df Uieu. lui arracher sa coiu'onne rovale el sur quelle tête la mel-il ?

'.M)7. 5» (Jui devient le roi du pécheur 1 jyulu/nus liunc rei/nare sujter nos,

disaient les Juifs ; nous n'avons point d'iiulre roi (pie (iésar. Ils ne voulaient

i...i,,i .1.. 1,1 royauté du Fils de Dieu, el leur rébellion sacrilège leur a valu

■ n du monde ; pendant des siècles, ils ont erré sur la terre comme

iu M;âis oiii-l i^i , >■ ( ."«ar que choisit le pécheur, lorsqu'il ne veut

pas : 1

\)' le ce valet infilme, que Dieu a chassé de son

palais, que le pécheur piuue la couronne ravie au Créateur. Tiens, dit-il, c'est

(i) Lessaihts aimaieal mieux braver tous lus ruiux que de lui désobéir. L'empereur Yalens avnt rh (r;^('- le pri^fet Hodente de faire embrasser à saint Basile, évéque de (lésarée >" les ariens. Modeste vint dune à CésarAe, et. s'untourant de

t'jiil e, il flt comparaître le saint devant lui. • l'uurquui n'éles-

^ ! Il lie l'emiiereur votre raattre? lui dil-il. — Parce qu'un maître

1 rnl. — Ne redouiez- viius pas le* elTeis de ma (luissanoe 'f — De

, : ' Il > i^iji • / j'ji ? — Il s'agit de la conflscaiion de vos biens, de lexil, des louriiiiMii.s, de U m(jrt. — Qui ne puss^ile rien, n'a rien à perdre. Je trouverai partout ma |i:ii'ie. par l'univers apparitent à I)f n, notre Pt*re. Je n'ai qii'ini souflle de vie, les

A ma péiii-

rencontré

.. ■ ...... ^,u „,.,.,,. .. ....<,...,. , .,.„,„..,„, ....j ,„,,...u,, .y..-, „.ci.^. es ne peu-

vi'i! l^lle, ni les promesses non plus. Il dit qu'il vaut mieux obéir à Dieu

i|ii',iii . »

(.i) L'histoire rapp'^rle que le fils do M.tnliu« Torquatus, ayant livré la bataille à

l'edueini sans ordre de son ;,'i'n«<i.il ri^ np iria une victoire glorieuse. iini>« iri^s inilheu-

!•• i-^f pour la; ; car c ' tout piflin de joie el ' ■. pensant

1^.1' f)ien reçu de ses 0 pAre, au lieu de lui 1 léto d«^

' ' :U tranciiLT ptr M III nu o un bourreau. C'était pmuvcr '{ue le désordre

i-e miliuire étaient bien odieux à c« grand homme. Le p^ohé l'est eo«

. Dau.

h toi que je viiis obéir ; je drsob/'irfii à Hieii ; innis à (oi je serai liilèle. Parle,

..^ I .•. oiiio ; et Snlan mirle ; il dit : IJlasphèine ; et le pécheur l)las|tlièine ; et

1 parle' encore, il attise nu ctnir du pécheur le l'eu de la haine, et le

ir ne rêve «pie vengeance contre ses ennemis ; et Satan |»arle, el il

le vent du vice dans l'Ame «lu pécheur, el le pécheur livre son cœur i\

loclions coupables, son corjts A des infamies. Valérien, chef d'un grand

• lupirc. se laissa vaincre par Sapor, roi de l'erse, ipii le traîna à la suite de

son char comme un esclave el «pii s'en servait en puise délrier pour monter

a cheval. Valérien se meltail à genoux et Sapor appuyait ses pieds sur ses

épaules. Q\ic] sort (1) ! C'est l'image du pécheiu-. Tant «^u'il fui fidèle à Dieu,

il était roi du momie et de ses passions ; dès «]ue, se laissant vaincre par le

démon, il a consenti à une mauvaise pensée, il est devenu l'esclave de Satan.

{J\u'\ étal (pie celui des jiossédés ! le démon les tourmente, les porte à toutes

sortes d'excès. Kl ce n'est rien comparé ù un péché mortel par lequel le

démon est maître de l'Ame. 11 vaudrait nneux avoir une légion de démons

dans son corps tpi'un seul dans l'Ame. Kt non seulement le pécheur est esclave

du démon, mais même,

2) Il coiu'be sa volonté sous le joug, non seulement du démon, mais encore de tous ses suj)pôls. Une infAme créature lui dicte des lois ; el il obéit à elle, celui qui i-efuse de se soumettre à Dieu. Il prévient tous ses désii-s. si hideux soient-ils. Il en nasse nar tout ce «pielle exige. '.{) Il obéit à d'infâmes passions, et s'en fait resclave. Qui f (ici t pecratiim sen^us est percad.Uicu dit : Henils ce bien d'aulrui, l'avarice crie : (iarle-le, garde-le. Arrière Dieu, dit le jiécheur, j'écoute la soif «le l'or (pii me dévore. Dieu dit : Ne fréquente plus celle maison où tu te perds. La passion dit : 11 faut aller encore avec ce libertin, avec celte femme. Arrière Dieu, dit le pécheur, j'écoute ma passion el non sa loi.

ÎMiS. ()'> Mdltfré les promesses et les menaces. Dieu promet sa grAce, son paradis, n'imp()rle. .\on servium. Dieu menace des cliAliments les [dus terribles ; il l'ail voir au pécheur les gouffres, où il a précipité ceux qui ont été jehelles à .sa volonté. .\'inq)orle. la passion parle plus haut que son tonnerre et que les rugissements de l'enfer. Le pécheur que Dieu, dans sa miséricorde, relient suspendu sur l'abîme où il se précipite, sur le point d'y descendre, se toinne vers Dieu pour lui dire encore: jXon servium. Quel outrage ! quelle fureur ! Kl si au moins celte scène d'horreur se passait dans un lieu, où Dieu n'eut onilil pas ces outrages, ne vît pas ces révoltes !...

ÎK»!». 7" h'/i présence de Dieu. Mais non, le jiécheur sait que Dieu le voit, qu'il l'entend, que sa nuijcslé, formidable aux anges mêmes, se dresse devant lui ; et c'est en face qu'il'foule aux pieds sa loi. 11 ose faire en sa présence ce qu'il ne ferait pas devant un homme, itas môme devant un enfant (2).

1)70. «" Et ce révolté (ju est-il ? 0 homme qui es-tu pour résister à Dieu ? Tu ijuis es ut respondens iJeo? l'ne vapeur que le vent dissipe, un ver de terre, un grain de poussière el de cen<lre, un néani rebelle. Kl c'est toi seul qui t'élèves contre Dieu el dixisti: Non serviam, quand la terre tremble sous ses pieds, quand le ciel s'incline devant sa puissance, <piand la mer en fureur n'ose franchir les barrières rpiil lui a tracées, (juand l'enfer même exécute sa justice. Quelle révolte ! el quelle injure, qui renferme déjà, il est vrai, le mépris de Dieu ! Mais ce mépris ressortira plus clairement encore de ce que nous allons dire.

(\) Sédécias, roi de Juda, fut vaincu par ISabuchodonosor, roi des Assyriens. Le vainqueur le fil amener devanl lui, le dépouilla de ia pourpre el du diadème, ordonna d'égorger ses deux llis en sa présence, l'uis il lui fit crever les yeux el traîna ce malheureux chargé de clialnes dans les prisons de Babylone.

(i) Gardez-vous donc bien d'offenser votre Dieu ; souvenez-vous qu'il est inflnimenl noble. Si un prince étranger, qui ne vous est rien, était en ce pays, banni de son royaume, dépouillé de ses Etals, captif et prisonnier, bien que vous fussiez .son ennemi, vous ne l'outrageriez pas, vous l'honoreriez, vous le traiteriez avec res;)ect, vous vous souviendrirz de son caractère ; oserez-vous donc offenser le Roi des rois, votre Dieu et votre .«souverain, sur ses terres, dans son domaine, en la présence de ses officiers et de son régiment de gardes; ce roi qui est si grand, qu'en comparaison de lui tous les rois du monde ne sont que des roturiers, des esclaves, des mendiants et des vers de Urre.

L8 PK<:m': 357

971. II. Mépris de Dieu. {^ Mépris des Juifs pour \nfre-Seigneur. Jésus avait passé parmi les Juifs en faisant le bien. Il avait guéri leurs malades, ressuscité Irurs morts ; il leur avait prêché sa doctrine céleste, manifesté la justice, la bonté et la safiesse inlinies qui étaient en lui. IMIate voyant son mnoccnce. (il savait tjue c'était par une haine jalouse qu'on le lui avait livré), voulait trouver im expédient |iour le sauver. Kn la fête <Ie PAques, on délivrait d'ordinaire un prisonnier, au choix du peuple. Pilafe jursenle donc au peuple ce Jésus, (pii non seulement ne leur avait point fait de mal, comme il leur disait ; mais qui, au contraire, les avait comblés de biens^ Jésus, leur Dieu. Jésus, leur Sauveur. Jésus, la beauté qui ravit les anges; et en même temps un scélérat, im séditieux, un voleur, un assassin infAine. nommé Barrabas ! « Letpiel voulez-vous que je vous délivre, lui deinanda-t-il , Jésus ou

r ' "* » due répondent ces misérables ? yon /lutir, sed liarrnbam. « Que

lonc de Jésus ? — Cruciliez-le : » ToUp, rrurifit/e eum : et il eut 1,1 .1. .1- .-• de le leur livrer et ils le i-.nicilièrent, et IJarrabas eut la vie et la liberté. Quelle monstruosité! Jésus crucitié, un larron délivré ! Ou<?lle indigne préférence ! (juel mépris pour le Fils de Dieu !

U7i. i" Mépris du pér/ieur pour Dieu. .\h ! n'est-ce pas ce que nous avons Hiit .iii;tnd nous avons blasphémé, (piand nous avons consenti h une pensée ' Lorsque nous avons commis un péché mortel, quel qu'il soit. Dieu '■nié à nous, Dieu, la justice, la sainteté, la beauté, la clémence infinies. Dieu la perfection suprême, le bien souverain, le bien de tous les biens, il nous a dit : Observe mes commandements, et je te donnerai mon amitié en ce monde. La créature s'est présentée à son tour avec un intérêt misérable, avec un plaisir ; et mis dans la nécessité de choisir entre Dieu, son amitié, sa grAce, sa gloire d'une part, et cet intérêt et cette satisfaction de l'autre, nous avons sacrilié Dieu(l).

Si le blasphémateur perdait cent sous à chaque blasphème, il serait vite

corrigé. Si le voluptueux subissait la même amende à chaque mauvaise

1 'I n'en aurait plus. Ils préfèrent donc l'un et l'autre cent sous ;\ Dieu,

'. à la possession éternelle de lui dans le ciel. Le pécheur prend la

n main, il pèse Dieu et une pensée coupable et il trouve cpi'elle

que Dieu. Pour se pro<;urer ce plaisir, cet intérêt, il faut de grands

ii.ii>. •!. :i peines infinies, il serait bien plus facile de se procurer Dieu ; mais

Dieu, à ses yeux, n'en vaut pas la peine. Mais cet intérêt, combien <lurora-l-

jl ■* |)i.>,i ,w« -ternel. Opendant vous aimez mieux passer un ipiarl d'heure

avci iliire, qu'une éternité avec Dieu, un jour dans celte maison,

<pif' <les siècles dans son paradis. Est-il possible de mesurer l'étcn-

'iiic lagc ?

Oh , :>■. cfpli, super hoc ; mon peuple m'abandonne, moi qui suis la source d eau vive, pour des citernes desséchées. Filios enutriri et ejcaltari : ipsi autem spreverunt me. Oli ! père, dites la désolation de votre cd'ur, (piand vous voyez ce jeune homme, votre fils, vous fuir, mépriser vos conseils, vos larmes, vos tendresses, pour courir à une infiXme créature. .Mais quelle est votre douleur lorsque votre lillc. votre fille imiquc. se moipie de vos remontrances et court dans d'infAmes compagnies? (".oiuprenez l'outrage fait k Dieu par le pécheur qui ne veut plus de ses grAces, idus de s(m ciel, plus de son Dieu : Filios e.ifilfuri (i). Ce qui rend plus révoltant cet alTronI que

(1) Voyez, comme le moindre mépris qu'on fait de vous ou de ce qui vous appartient, vou<i est sen-iiiil<- ei insupportable. Si vous êtes père ou mère de famille, quand on mépris*- < lits ; si vous êtes avocat ou médecin, quand on méprise vos avis;

•i vi. . me, quand une fille que vntis rectierchei en mariage, v«u<» rebute;

Si voi, ,1 . >^ denrées >"■ i

<|ii. w. ;^ h' plus baSSr

,•■■■- ,• - . . .impare à ei.. .

. vous sortez bors de vous. P.tur qui mt; preiulon r A (|ui -{■\\ pour aller de pair avec mail Dieu fait les méiia-s pldiute.s contre vuu ; mais avec ti;en plus de sujet. fi) Pn jour de carnaval la bienheoren*e M«r?tierite Marie faisait réparation à Noir«- •■» intempérances des m i elle tout

^. couronné d'épines ' ■ :> disant:

-, ....- .io. » La Bienheureuse le „ ,..,......,„ , i i^i No-

ire-Seigneur lui dit: < YoiU ce que font les hommes en et temps^i. •

358 SKhMONS DE MISSION»

1p pécheur fait à Dieu en le méprisant, ce sont les bienfaits que Dieu a arronlos au pécheur et que le pécheur paie par l'ingratitude.

5)73. Ili. Ini/ratUtiih. O vous (pii, courltés vers la terre, ne regardez jamais le ciel, cnsevplis (pie vous rtes dans les préoccupations d'ici-has, "relevez un instant votre front et regardez au moins une fois votre bienfaiteur. Considérez-vous de la tt^te aux jtieds. (Jui vous a fait la vie dont vous jouissez, l'Ame, l'intelligence, la mémoire, le cœur, le corps avec tous ses sens, la position rpie vous occupez, la santé, les richesses, les vAtemcnts qui vous couvrent, l'air que vous respirez, la terre qui vous jtorte f l:)sl-co vous ? Non, il V a quatre-vingt-dix ans. vous n'étiez pas. et le rien ne peut rien faire. Faites donc un grain de poussière, et vous pourrez dire que vous ne devez rien k jiersonne. .Mais le plus gran*l empereur de la terre ne réussira pas à faire un grain de [uiussière, ni un brin d'herbe. Tout ce que nous avons, n'est qu'une pure aumône que Dieu nous a faite (I).

974. I" (Hthli (lest bienfaits, (tn rapporte d'un peintre célèbre de l'antiquité, (pi'étant malade, il reçut la visite d'Alexandre, roi de Macédoine, qui en le quittant laissa A son chevet un sac rempli de pièces d'or. 0'<?ind le malade s'en fut aperçu, il s'écria : « Oh ! le roi emporte mon cœur j » Dieu donne plus i]ue cela. A quoi nous serviraient les pièces d'or, si nous n'avions, ni air pr)ur respirer, ni eau pour nous désaltérer ? que de |»ièces nous flonnerions 1 Joseph, poursuivi par la femme de l'utiphar qui voulait le séduire, lui répondit avec indignation: Ecce Dominus meus mihi omnia trariitlit, quomoclo erf/o possum hor malum facere ? ((ien.xxxiv, 9.) 11 ne dit pas; Je ne veux, je ne dois pas ; mais je ne puis. Les bienfaits sont des chaînes. Et nous oublions notre Dieu et il ne ravit pas nos cœurs de son amour? Hien plus nors l'offensons.

i)7ÎS. 2" Nous l'oufrar/eons. D'est contre lui que nous nous révoltons ; c'est lui que nous méprisons. Kst-il un prince, un honnête houune, que dis-je, un enfant que vous voidussiez outrager, s'il ne vous avait fait ni bien ni mal ? et Dieu vous le mé[)risez ! Quel mal vous a-t-il fait ? Popule meus, quid feci tihi aut in quo ronfrisfuvi te, proier quod horum me lapidatis (Développer). La reconnaissance parle au cœur des scélérats eux-mêmes, elle amollit la rage des sauvages et jusipi'à celle des animaux féroces. On a vu des lions reconnaissants, et les bienfaits de Dieu ne diront rien à votre cœur et ne vous empêcheront pas de l'offenser? .\h ! (piellc ingratitude! lime semble voir David, quand il fuyait devant Absalon son (ils. N'était-ce pas un spectacle digne de compassion de voir ce roi, si juste et si bon, accompagné d une poignée de gens, sortir de son palais, de sa ville royale, pieds nus, les yeux baignés de larmes, la face voilée i)our couvrir la honte de l'alfront qu'il recevait, s'enfuir par les monts et les vallées, se cacher dans les cavernes des déserts, jMjur se soustraire aux pom-suites de son propre fils, qu'il chérissait comme la prunelle de son œil ? Cet atTront n'est rien à côté de celui que le pécheur fait à Dieu, (pi'il chasse de son cœur.

Dieu avait orné ce cœur pour en faire son palais, son sanctuaire, sa place ; et vous l'en exjtulsez, comme s'il était un malfaiteur : et à sa place, vous y introduisez une créature. Si inimirus meus maledia'isset mihi sustinuissem utique ; si c'était un païen, un infidèle, txi rero ftomo unanimis, mais vous I vous enfants qui avez fait votre première comumnion ; vous, à peine

(t) Taol que le poisson est dans l'ean, de quelque côté qu'il se tourne et en quelque état qu'il se trouve, sain, malade, en repos, en mouvement, vivant et m )rl, l'eau le mouille continuellement, parce que la nature de l'eau, c'est de mouiller. Nous sommes en Dieu comme le poisson dans la mer; saint Paul dit que nous vivons eo lui, que nous nous mouvons en lui et que nous existons en lui; il est bien fiu» dms la nature de Dieu de nous faire beaucoup de bien que dans celle de l'eau de mouiller ; il nous fait donc du bien sans interruption, en quelque <*lat que nous soyons de pauvreté, d'abondance, de santé, de mr,nfl;e. de vie cu de mort, et ainsi quelles tendresses d'amour, de respect et de rec< > ne deviions-nuus pas avoir pour luil

C'est donc ine monstrueuse dofTenser celui qui vous porte comme Ch

son spin. vous faito c mimiiii- ce maudit empereur, nommé Caracalla, qui lua son frère entre les bras et dans le sein de sa mère Julia. Vous opprimez ce pauvre homme, vous le ruinez de biens ei de répulaiiun. \ 'k le faites mourir de disette dans le sein de Dieu qui est votre pire. (Le JtDSEj.

LE l'ÉCHÛ 350

releré de la maladie qui devait tous conduire au tombeau, etc. Outrager un ami, au moment où il nous comble de tendresse et de biens, c'est déjà uno triiaut»^.

1*70. Mais 3'J se sTvir de ses biens pour l'insutfer. c'est de la râpe. Que

fienserioz-voiis du pauvre. i|ui venant de recevoir une auujône abondante, a lancerait A la ti'^le du riclie cbarilable «jui la lui a donnée, ou qui s'en servirait pour aciieter du poison et donner la mort à son bienfaiteur (I)? Une lail-il de sa vie qu'il lient île Mieu ? Il l'use dans de coupables plaisirs. Oue fait-il de son iulellitienec? Il l'emploie peut-être à trouver des raisons de ruiner la religion dans l'Ame de ses frères, ou à chereber des movens de réaliser de coupables desseins. Son cœur, il en prostitue les affections h d infAuies créatures. Ne fail-il pas servir sa langue au blaspbème. ses veux au vice, ses oreilles A d'borribics discours, ses mains à des actions désuonnêtes, toutes les créatures à ses passions? V a-t-il tin lieu ipi'il ne profane, un bien dont il n'abuse?

.Nous estimerions connue la plus gran<le injure, si on nous disait : Vous êtes un sans-r<riir et un ingrat. .Ab ! ne nous sentons-nous pas mourir de bonté, en songeant à notre ingratitude envers Dieu! Onoi, Dieu nous a fait tant de bien, et nous (diangeons tous ses bienfaits en autant de flècbes pour lui pener le cœur. Si le pécbeur ne ravit pas sa gloire à Dieu, il fait tout ce «jiii dépend de lui pour la lui ôter : par le scandale il lui enlève les Am?s qui l'aimaient ; s'il ne trouble pas le bonbeur inaltérable de son Dieu, il fait ce qu'il peut pour le conirister. S'il ne peut détruire Dieu dont la vie est inaccessible aux coups rpi'il lui porte, il lui ravit le dnùt qu'il a de vivre dans son cii-ur. Il détruit en Dieu tout ce <pril peut. Ouelle noirceur ! {i).

fi) Philippe, roi de Macédoine, était assis sur son tribunal, quand un honome lui demanda justice contre un des (ifflciers de l'armée, qui avait brillé sa cabane et s'était emparé de son patrimoine, ajoutant que cependani, un jour que cet oflicier avait fait naufrage, il l'avait sauvé de la mort et l'avait recueilli dans cette même cabane. Des témoins attestèrent la vérité de cette plainte. Alors le roi, indigné, déclare infâme cet ofScier coupable, et il lui fait graver ^ur le front le mot Ingrat. Le pécheur ne niérilel-il pas un plus terrible ch&liment?

(3) Fai.«ons une suppo.«ition : un marchand charitable a coutume de visiter les prisons, il y trouve on villageois convaincu d'un crime capital, à la veille d'être condamné: le regardant de prés, il remarque qu'ils se ressemblent comme deux gouttes d'eau, quant i la lai le du corps et aux traits du visage; il est si bon que par un excès de charité il loi dit : J'a> plus de courage et de force que vous pour endurer les tourments et la mort, d'habit, nous sommes fort semblables et on ne nous reconnaUra pas.

Le 1 é fait pas prier deux fois ; il accepte, il change d'habit, sort de la pri-

:;ic et du royaume; le bon marchand demeure pour gn:: ' t^p condam-

rfi au supplice et attacher au gibet pour le coupable. ' on? qu'en

l - - '0 1 je vous en fais le juge. Mais si un conseiller du pi usait cette

oeuvre de chxrilé, et si un président, si un prince du sang se faisait ainsi prisonnier, se laissait ainsi condamner, qu'en dirions-nous'' nous nous pâmerions d'étonnement, noua

riiion k la vue de cet excès r ce prince, quand on par-

. „, f,...^,. . ...,,,.„.., il .«ciait ému de tendrfS.«e,

!e prince par la reconnaissance d'une telle grâce; et s'il faillie ce n'e»t pas un homme, mais un tigre, un léopard, un luot.slic de U iiatuic; mais, si au lieu d'être reconnaissant, il offensait la mémoire du prince, s'il parlait mal de lui, s'il faisait la guerre à fes sujrts, on ne dirait plus que

> (U a ' r , . . . fure;

Dieu m'a délivré d'un tourment qui aurait dure des mOlntn» d'années, d'être biùié tout vif une éttrnittV Le pr-nre aurtiil endurt^ une mort douce, él.«nl éloufTé snr un gibet:

comparaison île Uicii '• l>ieu s'eat

misa ma place, a 1 1 , 'T h mf>rt,

attaché à un gibet, ei jt- n r.rande fui l'injn-iiirc dr

et débonnaire. DumitlCM le lit hhmh u «.m^MijtM n |).ir inirc (uiunuoii w.an ■> !..

360 SKRMONS DB MISSIONS

977. Récapitulation : gravité de cette injure. L'inpratilnde, jointe an mppris et à In rcvcillf. fait du pérhé l'injure la plus criante à la majesté divine. Or, linjure pnindil avec la dignité de la personne (pion insulte. On donne un soiifllet à un pauvre innoe.eni, qui passe par le rheniin, c'est un crime. O criiiie devient plus grand, si on l'ail le même alTronI à un homme lionornltle, et énorme si on attatpie un prince, un roi puissant. .\(laquer le roi du riel, le mépriser, se révolter contre lui, c'est une injure infinie en quehpie sorte, à cause de la dignité infinie de Dieu. Cette injure est si grave que toutes les pénitences des saints, des hommes, des anges réunis, tous les mérites tle la Vierge Marie elle-même a("cumulés ensemi)le pendant des siècles, jus(juà la lin du monde, ne sulliraient pas pour réparer lalTront, que l'ail à Dieu une seule mauvaise pensée (1).

de Bertuiphe. Sa femme, sainte Codeleine, était une dame belle, sage ei venuense; ii la prit en haine, le lendemain de ses noces, la mit en piiMjn, et enfin la fit étrangler. Grande fut l'ingratitude de Nérun. Sa mère Agrippine l'avait nourri et élevé avec tant de tendresse et d'affection qu'elle ne se souciait pas de mourir, pourvu qu'il fût grand, et ce fils dénaiuré fil mourir cette mère. Qu'en dites-vous? Olil les cruels, les barbares, les tigres et les monstres de naturel Quand vous dites ainsi, et que vous ne le dites pas contre vous, après que vous avei commis un péché, vous voyez une paille dans l'œil des autres et vous ne voyez pas une poutre dans le vôtre; c'est comme si Doniiiien, Bertuiphe et Néron se fussent fâchés contre un homme qui aurait écrasé une chenille. Il n'en faut pas douter; l'injure que Domilien a faite à son frère, Bertuiphe à sa femme et Néron à sa mère, n'était point si grande par rapport à celle qu'on fait à une chenille en l'écrasant, que l'injure faite à Dieu par un péché mortel ne l'est pas par rapport à celle de Doroitien, de Bertul|)he et de Néron envers Tite, Godcleine et Agrippine, parce que du fini à l'infini il n'y a point de proportion et toute créature étant bornée, l'injure qui lui est faite est toujours finie, au lieu que le Créateur étant infini, l'injure qu'on lui fait ne peut manquer «l'étre très grande et infinie. (I.e Jec-ve).

« La malice du péché, ne trouvant pas de prise sur Dieu qu'elle attaque, laisse nécessairement tout son venin dans le cœur de celui qui le commet l Comme la terre qui, élevant des nuages contre le soleil qui l'éclairé, ne lui ôte rien de sa lumière et se couvre seulement elle-même de ténèbres: ainsi, le pécheur téméraire résistant follement à Dieu, par un juste et équilable jugement, n'a de force que contre lui-même, et ne peut rien que se détruire par son entreprise insensée; il se met sn pièces lui même par l'efTort téméraire qu'il fait contre Dieu.

« C'est pour cela que le Roi-Prophète a prononcé cette malédiction contre les pécheurs. Gladius eorum intret in corda ipsorum, et arcus eorum confriiujatur . Que leur épée leur perce le cœur et que leur arc soit bri.<é. Vous voyez deux espèces d'armes entre les mains du pécheur; un arc pour tirer de loin, un glaive pour frapper de près. L'arc se rompt et est inutile, le glaive porte son coup, mais contre lui-même. Entendons le sens de ces paroles: le pécheur tire de loin, il tire contre le Ciel et contre Dieu : et non seulement les traits n'y arrivent pas, mais encore l'arc se rompt au premier eflTort.

« Mais il ne suffit pas que son arc se brise, et que son entreprise demeure inutile; il faut que son glaive lui perce le cœur, et que, pour avoir tirer de loin contre Dieu, il se donne de près un coup sans remède, si Dieu ne le guérii par miracle. C'est la commune destinée de tous les pécheurs. Le péché, qui trouble tout l'ordre du monde, met le désordre premièrement dans celui qui le commet.

« Ainsi tout pécheur est ennemi de soi-même, corrupteur en sa propre conscience du plus grand bien de la nature raisonnable, c'est-à-dire de l'innocence, d'où il s'en suit que le péché, je ne dis pas dans ses suites, mais le péché en lui-même, est le plus grand et le plus extrême de tous les maux; plus grand sans comparaison que tous ceux qui nous menacent par le dehors, parce que c'est le dérèglement et l'entière dépravation du dedans; plus grand et plus dangereux que les maladies du corps les plus pestilentes, parce que c'est un poison fatal à la vie de l'ùme ; plus grand que tous les maux qui attaquent notre esprit, parce que c'est un mal qui corrompt notre conscience; plus grand par conséquent que la perte de la raison, parce que c'est perdre plus que la raison, que d'en perdre le bon usage, sans lequel la raison môme n'est plus qu'une folie criminelle. Enfin, pour conclure ce raisonnement, mal par dessus tous les maux ; malheur excédant tous les malheurs, parce que nous y trouvons tout ensemble et un malheur et un crime, malheur qui nous accable et crime qui nous déshonore, malheur qui nous fait tout perdre, et crime qui rend coupables de cette perte funeste, et qui ne nous laisse paï même sujet de nous plaindre. » (BossueI).

(Il Macrobe dit que du temps d'Auguste, il y avait à Rome un gentilhomme qui était extrêmement endetté, et qui ne laissait pas, néanmoins, de faire grande dépense, et de se promener par la ville aux dépens des marchand^el de ses créanciers. Quand il fut

LE PÉCHR 361

078. Excuse du pêcheur. Et ce qu'il y a d'inouï, c'est que l'homme prend le péché pour une bagalelle; il en fait im passo-lcmps, et, pour s'excuser, il dit qu' il ne ponsc pas à insulter Dieu. Ah ! c'est ce qui prouve qu'il n'aime pas Dieu. Sil aimo une créature, il y {»cnse assez ; sil aime les biens, il y rêve ; qu'il haïsse quebju'un, il ne s'occupe pas de lui, il lui tourne le dos. Kn ne pensant [tas A Dieu, et l'ofTensant, il traite donc Dieu comme un ennemi ; quelle monstruosité! Ah ! les saints n'agissaient pas, ni ne parlaient pas ainsi. Saint P'rançois Régis disait (juil estimerait tous ses travaux hien employés, s'il empêchait un seul péché. « Je volerais aux extrémités du monde, s'il le fallait, disait sainte Thérèse, pour faire éviter un seul péché. »

Kudoxie croyait épouvanter saint Chrysostome par ses menaces. « Vous ne réussirez pas, lui dit un de ses courtisans, Chrysostome ne craint que le

féché. » et saint .Anselme : Si je voyais, dit-il, d'un côté le péché et de autre l'enfer, et que je fusse obligé nécessairement de choisir entre l'un et l'autre, sans hésiter je choisirais l'enfer. » Louis Vlll, père de saint Louis, roi de France, était atteint d'une maladie grave. Les médecins lui déclarent qu'il ne peut conserver sa vie que par un remède défendu par la loi de Dieu. « J'aime mieux mourir, » dit-il, et il meurt. Les saints avaient raison. Le'péclip mortel est le plus çrand mal de l'univers, puisqu'il otlense Dieu ; et pour laver l'iniure qu'il lui a faite, qu'a-t-il fallu: Tout le sang du Fils de Dieu lui-même (1).

mort, et qu'on vendit ses meubles à l'enchère, l'empereur fit acheter pour lai, le coussin et le lit de ce gentilhomme, et il disait pour raison : < 11 faut bien que le coussin ou le lit de plumes de cet homme ait quelques charmes secrets qui puissent faciliter le repos et communiquer le sommeil à ceux qui y couchent, puisque cet homme a pu dormir, étant ri---'' "' • ablé de tant de dettes.» Pécheurs, pécheurs I comment peutil t>e faire que s /. à votre aise et que vous dormiez profondément, quand vous êtes endetté du rtel? Ne faut-il pas dire que l'esprit malin a bien charmé et ensorcelé, non pas votre lit ou votre oreiller, mais votre esprit et votre jugement, de ne pouvoir appréhender le labyrinthe où vous êtes engagé?

Le péché est un plus grand mal que la perturbation du monde entier. Si tous les astres perdaient leur lumière, si la terre était plongée dans le chaos, si tous les fléaux s'y déchaînaient sur ses habitants, ce serait un moins grand malheur qu'un seul péché. Le mal qui atteint la fin, est plus grave que celui qui ne porte que sur les moyens. Votre fortunf» est en jeu dans un procès ; vous amassez les titres, vous prenez des avoués, vini- lin avocat, etc. Si votre avoué vous soustrait un litre, si votre avocat

<.u e va'oir, c'est un mal ; mais si, malgré cela, le juge connai.ssant la justice

a>- . prononce une sentence qui vous soit favorable, il n'y a pas grand mal.

Vol i que vous poursuivez est atteint; mais lors même que tous les autres

féru . ir devoir, si le juge vous condamne, c'est un malheur, peut-être irrépa-

rable pour Vous. Dieu n'a fait la lumière des asires, l'ordre du monde, que pour que l'homme aim&t son créateur; si, malgré toutes les merveilles de la création, l'homme offense Dieu, qu'importe que le soleil brille, etc. Le procès, de l'homme est perdu , son salut est compromis; Dieu, la fin de toute chose, n'est pas aimé. Quel malheur! <^uel mal I

Le pécheur est donc un grand coupable. Faut-il le dire? C'est un d'icide. L'impie a dit dans son cœur : Il n'y a point de Dieu. La parole du cœur, c'est l'affection du cœur, c'est le désir; et le pécheur, autant qu'il est en lui, entreprend de détruire Dieu. Quand il romniiïl le mal. il voudrait ou que Dieu ne le vit pas, ou qu'il ne pAt ni ne voulût le ch/itier; il vomirait donc r •■ •* ■ •■ fiM aveugle, ou impuissant, ou injuste et, par conséquent, iiu'ii ne fùl [las h ir rendre cette pensée plus sensible, quand vous roiimifupz le pCclif, voii- Dieu en sera content ou non. Dans le premier cas, vuiisv'.ulez qu'il approuve le njal, que vous condamnez peut être dans les autres ; tous vmiiIi 7 dune qu'il ne soii ni juste, ni bon, ni saint ; car celui i|ui approuve le mal en est la " T. ■ ' ' n,- lui ôltr .sa béatitude. Il ' , ^ que Vous lui portez.

M.t: . , : , 11' percer d'une épée son

s uvfiiiiii, serait-ii i l»e sous suu liatiit royul, lo roi porterait une

cuiia^sc, qui ne lai-- au fer meurtrier. 0 péché, monstre allYeux,

comment l'appeler, sinon uu ahouiuiablu parricide, un déicide comparable à celui dont se sont souillés les Juifs et dont ils portent la malédiction I (D'après Lk Jkumk.)

(1) (a) Le nom seul de péché fai.saii Julienne de Pakonieri; et il lui ar-

riva même de lomber inanimée au

(6) Sainte Julitte de C >sarée de t...,»... •• ,....^^édaii de grands bien». Diocléli<t« ayant privé les chrétiens de tous leurs droits de citoyens, un homme puissant eo profita

iîO'î SERMONS DR MISSIONS

979. Venez aux piefls de la croix, mon pauvre frère, qui avez <t(len8é Dieu. VoilA notre (Puvre quand nous avons péclii". Fera pessimn f/evoravif eiim, lo |mt1i»» est celle ItMe cruelle. Il avait déjA dévoré les aupes et Adaui et sa race, (ionsidérrz le Hoi des anpes et des hommes, IKleruel, le (Iréaleur de toutes cliosi?s, la l'uissance inlinie, .lésus-Clirist fait liouiuio par amour pour nous, il ne lui a pas sulli. pour expier celte faute qui nous semble une légèreté sans portée, de vivre pauvre.... Voyez: ses mains sont percées, vciyez sa tcte. son coté, son corps, son sang (pii coule. VoilA ce que lui a coûté ton crime, ton l)las|ilicme. Wm plaisir détendu, o pécheur!

ÎWO. (,tuel malheur! un Dieu meurt, les rochers s'ouvrent, la terre Iremhic, le soleil piend le tieuil, les anges pleurent, les bourreaux se l'rappenl la p(»ilrine. Kt nous. [)our qui il meurt, aurions-nous les veux secs, le cœur plus dm- (]ue la (licrre ? l'rappons-nous la poitrine et taisons un acte de contrition. 0 mon Dieu, confunflor et erubescn levare. fuciem 7neum\ Je me suis révolté contre mon Père, mon Hoi, mon Dieu. J'ai préféré une créature h vous, .Seigneur, mon bien unique. J'ai oublié vos bienfaits, j"ai trahi mon bienfaiteur, mon meilleur ami. Jai etnployé contre lui les biens que je tenais de lui. Ah ! major est inif/tiitas viea (juum ut re/iiam nierear.

O mon Dieu, respire i/i fariem Christi lui. ne considérez pas mes offenses, mais les expiations de mon .Sauveur! 0 mon Jésus, laissez-moi me cacher <lans vos plaies, afin que j.v trouve un abri contre la colère de votre Fère ! 0 mon Dieu, vous avez pardonné !\ vos bourreaux, pardonnez-moi : Parce, Domine ! Ah ! je veux laver mon péché dans votre sang par une bonne confession, et désormais plus de fautes, plus de blasphèmes, etc. Jurari et sfatui custodire judicia justitiw tiue. 0 Marie, refuge des pécheurs ! etc. (1).

AI. — Péolié des anfç^H ft des liomiuen. CliÂtimpnlti.

081. Scito et ride quia malujn et amarum est reliquiss^te Dotnitiam I>eum tuum. (Jér. n, i\).) Le péché, quel mal ! il outrage Dieu, il perd les créatures oui sen rendent coupables. Pour nous en convaincre, parcourons enseujble Ihisloije de la création et de Ihumanité, et nous aurons lieu de rencontrer partout les traces de la justice divine, et de nr)us convaincre «piil n'y a rien de plus malheureux [tour l'honmie que de violer la loi de Dieu.

pour s'emparer oes nctiesses de la sainte; et quand elle revendiqua ses droits devant le préleur, il l'accusa dêlre chrétienne. Le préleur fil donc apporter un autel cl de l'encens et dit A Julitie que, si elle voulait qu'on lui fit justice, elle devait offrir de l'encens aux idoles. « On peut me ravir noes biens, répondit-elle, on peut en enrichir des scélérats: mais ob'cnir de. moi ce qu'on demande, jamais. — Sacritlez, ou vous perdiez non seulement vos biens, mais encore la vie. — On peut aussi m'ôterla vie, je n'olTenserai pas m'm Dieu pour la sauver. — Pourquoi perdre ainsi vos richesses et vous même avec elles? — En perdant tout sur la terre, je Inuverai tout au ciel. »

El Julille fut condamnée à élre hrùlée vive. Elle monta elle-même sur le bûcher, et mourut au milieu des flammes, qui laissèrent pourtant son corps intact.

(1) Péroraison d'après Lejeune. Si je vous demandais co'nme Dieu à Pierre : Amas »nc? Aimez-vous Dieu? Vous n'oseriez pas dire non. Comment l'oseriez-vous, vous qui aimez peut-être un chien fidèle, un article de toilette de nulle valeur? Comment vous n'aimerifz pas votie Père, votre bienfaiteur, le bien suprême? Si vous ne l'aimez pas, comment viu'ez-vous qu'il soit avec vous? Votre valet ne resterait pas chez vous, si vous ne l'ainnez pas, et sans Dieu que pouvez vous devenir?

Si vous voulez aimer Dieu, comme vous y êtes ob'igé par devoir et par inléiél, haïssez donc le péché. Si diligitis Vonnnum odile, nialum l.e péché, c'est l'unique ennemi que Dieu ail et puisse avoir en ce monde. Le péché offense sa grandeur, méconnaît sa puissance, il abuse de sa bonté, il inile sa justice, il se rend indigne de sa miséricorde, il ne re.epecte pas son iniinensité. il est odieux à sa souveraineté, il contre-ca.re «es desseins, il ré.«isle à sa volonté, il anéantit se.-- grûces. Qui diligitis iJominutn odile maluin Le mal mériie d'être haï, comme Dieu "ménle d'être aimé. Tout tourne à bien à qui aime Dieu ; aucun mal ne peut nuire à qui hait le souverain mal. Donc renoncez au blasphème, etc.

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