‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 67 sur 416 · LE PÉCHÉ 3G · texte numérisé non relu

LE PÉCHÉ 3G

082. — I. Chute des anges; châtiment. — Au commencement Dieu créa le ciel et la terre ; dans le ciel il plaça les anges. C'étaient de purs esprits semblables A l>ieu, deslitiés a le voir face j\ farc, à le nosséder éternellement. Leur intelligence était inondée de lumière, leur volonté se portail au bien sans résistance. Dieu les n créés libres et ne veut pas les récotupenscr sans qu'ils le méritent. Il leur donne donc un temps d'épreuve, alin de s'assurer de leur fidélité. L'un d'eux, Lucifer, regardant les dons de Pieu dont il est enriclii, s'en glorifie lui-même, comme s'ils lui appartenaient et comme si la gloire lui en devait revenir ; Non servinm, dit-il. Je suis mon maître, je ne veux dépendre de personne. Il se révolte et il entraine dans sa rébellion \m grand nond)re de ces esprits bienheureux. Insensé qui se croit fort contre Dieu !

Le Seigneur ne prend pas la peine de le combattre. II envoie contre lui un de ses archanges, revêtu de sa force, qm' s'écrie : Quis ut Deus : Qui est comme Mieu ? Kl A cette seule parole, Lucifer, avec tous les com|»liccs de sa révolte, est précipité dans le puits de l'abime, pour y être tourmenté éternellement. Point de merci, point de pitié, pas une minute pour se repentir ! Lui »>ui occupait un tnine éclatant, est renversé, chassé du ciel sans espoir de retour ; ces étoiles resplendissantes deviennent des tisons d'enfer. Ces intelligences lumineuses se sont obscm'cies ; dans ces volontés qui aimaient Dieu, il n'y a plus de place que pour la haine. Les chants de louanges ont fait place au blasphème.

<> [léché, que de maux irrémédiables tu as entassés sur les anges euxnit-mcs ! Dieu a-t-il trop puni les dénums? Le penser, ce serait un crime. Kl les élus chantent éternellement sa justice ; Justus es. Domine. Qui ne haïra le péché cpie Dieu poursuit d'une haine si implacable ? Oui ne tremblera pas en vovani que les anges sont tombés et ont été si terriblement punis . Saint Louis Merlrand fondait en larmes à cette pensée : Les anges ont péché et se sont damnés ; moi, ver de terre, je puis pécher, je puis me d;iumcr.

i»«;i. IL Châtiment d'Adam. — Le Pieu qui a fait le ciel et la terre, et qui avait placé dans le ciel les anges, créa sm* la terre l'homme, .\vant de le donner pour roi à la création, les trois Personnes de l'ailorable Trinité tinrent conseil. « Faisons, dirent-elles, l'homme à notre image et h notre ressemblance ; (pi'il commande aux oiseaux du ciel, aux poissons des mers et a tous les animaux de la terre. Puisqu'il doit participer h notre autorité, qu'il ail uuelque chose «le semblable k nous. » (juel chef-d'œuvre nous [»ré|»are un tel dessein, que Dieu conçoit, que Dieu médite !

Le (Créateur, de ses mains divines, façonne ensuite le corps <le l'homme du limon de la terre ; il lui donne un corps élevé, une tête qui regarde le ciel ; et. de son souille créateur, il lui comuumique une tïme. qui anime le corjis et v répand la chaleur et la vie. (^ette Ame est iinuiortelle ; parée des dons de la grai'e, elle connaît Dieu, elle l'aime, elle se souvient tle ses bienfaits. Kl pour que rien ne man<pie A riioiinne. Dieu lui donne une compagne semblable A lui, belle el pure comme lui. Knsenible ils pourront parler de Dieu, sexciler A laimer et A le bénir. Lem- demeure est le paradis terrestre, séjour délicieux, A l'nhri de la mttrt et îles nuiladies ; une nature riante el fertile leur offre le tribut de ses charmes et de ses fruits.

La terre porte de riches uioissims, sans qu'il soit nécessaire de la cultiver. .l.iiM.iis In chaleur du soleil, ni les frimas, ne viennent troubler leur parfait liixili.'ur. Les animaux, aujourd'hui féroces, sont iloux connue des agneaux. Point de larmes, point de souftirs, point de deuils. ,\<lam et Kve s'enlrelenaienl faniilirreinent avec Dieu, qui les chérissait ; (luelle paix ne trouvaient ils pas dans cette inlimilé avec lui ! Tous les peuples lUit gardé la tradition «le ce temps d'iini«»ccnce, que les païens on! appelé l'Age «l'or, (.lue n'a-l il «liu'é l«)uj«»urs ! (,>iif hms nivirners parents eussent été Immutiix, «^'ils fussent restés lificles ! .\|i u'oiilé longtemps sur la terre la lélicilé

«]ue Dieti lem- avait faite, - , c par la mort, ils fussent entrés ilaus le ciel, pour y oeeuperles troncs d ou les anges rebelles avaient êlê précipites. Nous eussions joui «lu même bonheur.

Hélas ! le déinon. qui avait l'ait sa propre ruine, voulut faire la w '

mit ail cmir de nos première parents la révolte, et leur fit croire que s'ils désobj'issiupnl à Dleii. ils lui (leviemlraient semblables : Efitis sicut dii. Eve, plus faible, se laisse tromper, et elle entraîne Adam dans sa dés(d»''issance. i.Q fut le premier p«''cbè mortel commis sur la terre, il la bnulevorsa. I/homme. le plus grand coupable, est le premier puni. Il sent son intelligence s'envelopper de ténèbres. Son cœur n'aime plus Dieu irrité. Le remords de sa faute le tourmente et chasse la paix du cœur <pMl goiUait. Son corps se révolte contre sa raison. Il a honte de ces désordres (juil sent en lui, il fuit la face de Dieu, il se cache ; mais dans (juelle forêt assez profon<le trouvera-t-il un réduit, pour se dérober à l'oîil qui voit tout ? Dieu le poursuit, comme le juge poursuit un criminel.

Dieu lui parle; mais c'est pour l'accuser et le condamner A mourir. Avec Adam, il condamne la complice fie son crime, il enveloppe «lans leur disgrAce les enfants qui naîtront d'eux. Il maudit la terre <|ue Phommc devra travailler A la sueur de son front, alin d'en tirer l'aliment dont il aura besoin. .Adam et Kve sont bannis à jamais du paradis terrestre. Ils s'en vont emportant la sentence de mort. Ils ont des enfants; mais, hélas! quelques années plus tard, ils voient avec épouvante Abel, le plus vertueux d'entre eux, étendu mort, baigné dans son sang, sous les coups de son frère (^ain. O'iel deuil «pie celui d'Kve en face de ce premier cadavre ! Cette mort n'était (ju'un prélude de toutes celles qui ont désolé l'humanité.

Que de douleurs, que de maladies, que de guerres, que de famines, que de tremblements de terre, rjue d'épidémies de toute sorte ont jonche de cadavres la lace ilu monde (1) ! Tous ces maux sont le fruit du seul péché d'Adam et d'Kve : Deus morfem non fecif. (Sap., i, 12.) I'eccatumi?i hune jnundum in t ravit et per peccafum mors. (Kom., v, 42.) Kst-ce trop de tous ces chAtiments pour j)unir un seul péché? iNon, c'est la justice suprême qui a fait cela. L'n péché méritait donc tout cela ; Scito et vide t/uia malum et amarutn est. Oh ! si nous voyions cent convives s'asseoir à une table, s'y nourrir d'un mets empoisonné ; si, quelques instants après, ils se roulaient à terre et expiraient dans d'horribles convulsions, qui serait assez insensé pour s'approcher :'e cette table et se nourrir du reste de ce mets, qui leur aurait «lonné la mort ? Cette folie est celle du pécheur.

Il sait que le péché a donné la mort A toutes les générations qui se sont succédé depuis le commencement du monde, et il ose encore en approcher ses lèvres, et il se nourrit encore de ce poison ! .Arrêtez, mon frère, ne voyez-vous pas les ravages, les ruines (pie le péché a accumulés autour de vous? Ah ! ne soyez pas l'ennemi de voi.s-mème ; et si vous ne tenez pas à vivre, tenez au moins A ne pas perdre votre Ame. N'allez donc plus dans

(\) Supposons qu'un malheureux courtisan d'un roi, se rende coupable de rébellion contre son prince. Si le roi disait au minisire de la justice : Je veux que ce misérable soit condamné à mort, comme il le mérite, et non seulement lui, mais encore tous ses enfants et les enfants de ses enfants, même ceux qui m'ont ren-iu de bons services et qui se sont montrés afTectionnés à ma personne et à mon Etat; je veux que leurs corps soient donnés en proie aux aigles et aux lions pour être dévorés; et, afin qu'il n'en reste rien, si les aigles et les lions épargnent leurs os, je veux qu'ils soient jetés au feu, brûlés, consumés, réduits en cendres; ne dirait-on pas que le roi a en grande abomination celle rébellion 7 Cependant, aussitôt qu'Adam commet le péché que vous savez, qui, en apparence ne semble pas des plus noirs. Dieu le condamne à la mort, lui, ses enfants, ses arrières-neveux, jusqu'à la millième, cent millième génération, il les condamne à être exposés aux bêles : Damnali ad bcstias. Oui, vous, Monsieur l'abbé, le marquis, le conseiller, vous êtes condamné aux bêtes, à être la proie, non des aigles et des lions, ces animaux sont trop nobles : l'aigle, c'est le roi des oiseaux; le lion, le roi des animaux: vous êtes condamné à êlre 'a curée des plus viles, abjectes, odieuses bêtes qui soient au monde, les vers, même ceux qui ont eu toute leur vie de grandes tendresses et des affections très ardentes pour Dieu, et qui ont travaillé pour sa gloire de tout leur pouvoir, comme le saint patriarche Abraham, le prophète Jérémie, saint Jean-Baptiste, sainte Elisabeth; il condamne leur corps à être de la pourriture, la curée des vers. Et parce que les corps de quelques Saints semblent être dispensés de cet arrêt et exempts de corruption et de la morsure des vers, comme le corps de sainte Cécile, à Rome, etc., il enverra quelque jour un feu dévorant, par tout le monde, pour brûler, consumer, n'duire en cendres tous les corps qui ont été conços en péché origiDel. (Li

t.K PKCHK 3r»5

..■itt> maison où vous avalez le péché coinino l'eau ; séparez-vous de celte -iiie; brisez donc cette liaison. 0 terreurs «le Injustice divine!...

'>. — 111. l^e Déluge. — Ces terreurs n"ont pas sutli à guérir la perversité de l'hoMune, devenu plus aveugle et plus failde depuis qu'il a désobéi A Dieu. I^es enfants d'Adam se multiplient, et ils se familiarisent avec le spectacle de la mort, et ils ne comprennent plus qu'elle est un témoignage éclatant de la justice divine. Ils oublient leur Créateur et livrent leur corps à la corruption : Omnis niro corrupcrat viam suam. Dieu en est irrité au point que, selon le langage des divines Ecritures, il se repent d'avoir fait riionime ; il veut perdre la race humaine, par un châtiment digne de sa jiistii'o et des crimes qui débordent.

.N<M>. le juste, sera seul épargné avec sa famille. Prévenu d'avance par le Scij;nour, i\ ihen-lu'ra un asile contre sa colère dans une arche qu'il mettra cent ans à construire. A peine s'y est-il retiré-, que vient le déluge quatlesle la croyance de tous les peuples, dont les païens eux-mêmes ont dit les ravages , le déluge dont la srience trouve encore aujoiu'd'hui les traces dans les entrailles tle la terre. Dieu conmiande aux eaux du ciel et à celles dos nrt-ans do se ruer à la fois sur la terre. Il pleut par torrents, pendant iiu.iiinle jours et «piaranle nuits; les mers franchissent leurs digues, se dfvorsenl dans les plaines. Tous les llcuvcs sortent de leur lit et débordent. Les tonents renversent les maisons que l'homme a construites, déracinent les arbres, emportent dans un pêle-mêle affreux, des cadavres dliomines et d'animaux. Partout des cris déchirants , des hurlements épouvantables.

Les montagnes sont escaladées par ceux qui survivent : hommes, femmes, enfants, bêlos féroces auxquelles la peur fait oublier leur rage naturelle. C'est en vain qu'on espère que les flots, qui montent en bouillonnant n'atteindront pas les hautes cimes : grossissant toujours, ils les dépassent de quinze coudées. Tout est submergé, ef tulit omnes, excepté l'arche et ses huit heureux habitants, témoignage éclatant de la justice de Dieu (pii fait df- il- le salut dim homme vertueux, tout en faisant périr misé-

r.! ipables, qui abusent de la vie. 0 terreiu* des cliAtiments de

Dru . i.n . um-i «rime provoque ainsi sa vengeance? Le crime que l'on n'ose nommer : les pensées, les actions, les désirs honteux, voilù ce que Dieu

vt! ■'•■• I ' -is Ips eaux du déluge. (( malheureux esclaves de l'impureté,

|i > profanations (lue vous faites de votre esprit, de votre corps,

S( , , I ., , ,., ... «Ire à vous engloutir t«tut vivants (1).

'ts.i. IV. Sodotne et Uamorrhe. — L'enfant qui a vu emporter, par un 11. UN. i:i!)i.|p, un autre enfant du même Age, ne cesse pas pour cela d'aller Il 11 jouer sur la rive. La race du juste Noé, elle aussi, se midti-

pli lut perverse; et ses descendants <!aressorcnt encore les mêmes

l^^si^ns qui avaient perdu les humains. Cinq villes surtQut se laissent enir.uiiir au vice par la richesse et le bien-être, comme il n'arrive que trop souvent. Le cri des iniquités qui s'y commettent monte jus<pi'au trùne de Dieu. Il a promis à Noé de ne plus envoyer le déluge à la terre. Uuc va-t-il trouver dans les trésors de son courroux? Deux anges retirent de Sodome

ff: t le déluge, avaient plus <:

Av :-e. il y nviit i1«m ceints !

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cbangerex de langage. Ce sera trop lard. iD'aprda le F. Lk JiU.'ti.)

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.'j(;G SKIIMONS DE NOsSIOXf;

Lolh nvpc sa fenline cl ses filles. Ils s'étaient conservés dans la crainte du Seigneur au milieu île la conlagion générale. Puis, IMeu fait descentire sur ces cinq villes une pluie de soulre et de feu : im vaste enil)ra.seinent se déclare. Les jjalais sont renversés ; les richesses, les hommes, les animaux, dévorés ; le feu du ciel, le feu de l'incendie pénètrent jusque dans la terre et y cmbra-sent le hilume. qui était au-dessous du sol.

Les cinq nIIIcs sont eufilouties avec leiu's restes ardents dans une mer enllammée. qui se refroidit insensiblement; et, A la place de ces cinij villes, se forme un lac immense, connu sous le nom de mer Morte. Les vovageurs qui vont aujourd'hui en Orient peuvent le visiter. Ses eaux sont noirAtres et pesantes, aucim poisson ne peut y vivre. 11 s'en dégage des vapeurs malsaines. .\ucun fruit ne parait sur ses rivages, sinon une |)omme d'une couleur éclatante: i\ peine l'a-l-on ouverte «pie, sous son écorce trompeuse, on ne trouve ipie de la cendre. La malédiction de Dieu a passé par fti ! C'est par le feu que l>ieu «létruit Sodome : il faut le feu du ciel pour punir les hommes que brûle la flamme «lu vice. Si la foudre ne les consume pas, du moins n'échapperont-ils pas aux flammes de l'enfer.

1)S(). V. Autres châtiments. — Lt si nous voulions parcourir l'histoire entière du monde, nou.s trouverions partout les traces de la justice de Dieu et de la haine implacable qu'il porte au péché. Nous verrions des blasphémateurs, des profanateurs du dimanche, accablés pur une grêle de pierres, par ordre de Dieu. Nous verrions la terre s'entr'ouvrir pour engloutir les sacrilèges; la peste, la fairune, la guerre, s'empresser tour à tour de venger riujiu'e, que le |)éché fait à la Majesté suprême; mais il me tarde d'arriver à la preuve la plus éclatante de la justice divine, au chAlimenl le plus épouvantable du péché, c'est-A-dire à la passion et à la mort du Fils de Dieu.

1)87. Vl. Passion de Aofre-Seif/neur. — (Jue toutes les fourmis périssent, c'est un moindre niai cpie si elles molestent de leurs piipîres un enfant au berceau, (jue toutes les créatiu'es meurent, c'est un moindre mal que si le Sauveur souffre. N'y a-t-il pas une distance infiniment plus grande entre le (Créateur et les créatures, (pi'cntre im enfant et les foiu'inis? Si im roi, «lans son indignation, faisait mourir un de ses sujets sur dix, en sorte que dans chaque famille de dix membres, ou dans deux familles de cinq meuïbres, on vint choisir une victime de sa justice, tout son royaume serait dans la consternation .

Mais l'épouvante grandirait si le roi faisait, dans sa haine contre le mal, trainer au supplice son fils, l'héritier de sa couronne. On se regarderait avec elTroi ; un silence de deuil régnerait dans toTiles les villes, dans tous les villages, et ne serait interrompu que par <les sanglots et des soupirs. Kh bien, pour expier le péché, il a fallu ijue le Fils de Dieu lui-même .souflril et qu'il mourût. Qu'un Dieu souffre, qu un Dieu meure, c'est un malheur tel que la perte entière îles anges, des liommes et du monde entier, ne lui est pas comparable. Le Moi du ciel, dans sa justice, a laissé mourir son Fils unique, parce (pie ce Fils, dans sa miséricorde infinie, s'était chargé de nos iniquités et voulait porter la |»eine que méritait le |téché. Le Fils de Dieu est mort dépouillé de tout, même de ses vêlements, couronné d'épines, suspendu par ses [daies sur une croix, brûlant de soif, n'ayant (jue du fiel et du vinaigre pour l'étancher.

l'^sl-ce que le l'ère a commis une injustice à son égard ? Lui, qui est la souveraine justi<e. aurail-il été injuste à légard de son Fils ? Blasphème de le penser. Le péché, en quelque manière, méritait donc cela. Il fallait de telles souffrances, de telles humiliations, une telle mort pour payer nos dettes : il fallait le sang de Jésus pour laver les souillures que le péché fait à nos i\mes. Oh ! je ne m'étonne pas que la nature entière ait frémi en ce premier Vendredi saint, <pian<l elle a vu mourir son Dieu. Elle a frémi autant diniiignalion contre le pécheur que <le douleur d'une telle mort. Ce qui m'étonne, c'est que le pécheur ne frémisse pas, qiuind il commet le péché, quand il .se sent chargé du péché, quand il rend inutile par son péché la mort de Jésus-Christ. O péché, monstre exécrable, tu as crucifié mon Dieu!

Ah : vous qui un Jour avez fait une faute, et qui n'êtes pas épouvanté»

LK i-n iih :](i7

parla i-lnilc «les ;itu'i^< dni inmh.Mil des cieux par milliers comme frappés de la foudre, «pii ••iit-ètre en voyant le déluge qui ravage

la ttMr.> .riliiTo cl iiis, qni ne Ireniblez pas à la vue de la

Itli iç et lie leu qui consume cinq villes à la fois, levez donc la Icle

et' z le crucifix ! Voilà le fruit de nos péchés. Jésus soulTre, Jésus

voire hiéu, pour ex[>ier vos péchés et apaiser la justii-e de son Père. La nature entière est bouleversée à sa mort, (iroirions-nous que Dieu a cessé de haïr le mal :* Tu autem idem ipse es, et anni lui non déficient. Il cesserait plutôt d t'tre Dieu que de soulTrir l'iniquité ! Est-<'e que le péché serait <Jevenu moins horrible depuis quil a fait mourir Jésus-<^hrist, le Fils de Dieu i Kst-ce que, depuis di\-neuf siècles, vous ne voyez pas la main de Dieu toujours remplie de justice, ^'m*7i7«« ptena est de.vtera ejus, déverser des chAlimçiits sur des soriétés coupables, sur des familles qui ont cessé de la < ntindre. sur des hommes qui blasphèment?... "

î»SS. 7" Le perhé tui-ménie est un f/rand r/idtiment. — .Vh ! il suflit d'ouvrir les yeux pour voir passer la juslii-e de Dieu, et être effrayé de la haine dont elle puui-suit le péfhé. .Vvez-vous assez vécu pour avoir été témoin de quelques-mis de ces grands lléaiix qui s'abattent quehjuefois sur une province, sur tjne nation ? Avez-vous assisté au spectacle qu'offre une guerre qui sépare les tils de leur père et de leur mère en deuil, les frères de leurs so'urs ? d'une peste qui en un seul jour lait quelquefois dix-sept, vingt cadavres dans un petit bourg? La terreiir se répand partout, chacun <raint pour soi ; les plus inircdiiles sont saisis et s'efforcent d'apaiser Dieu. Uh ! combien cela durera-t-il, se rlemande-t-on ? Et si le fléau sévissait pendant deux ans, faisant <ha(iue jour de nouvelles victimes, ces deux ans paraîtraient longs comme des siècles. Jusques à quand aurons-nous des yeux pour ne pas voir? Kt pounpioi faut-il que nous soyons assez aveugles pour ne pas découvrir le fléau plus terrible que la guerre, que la famine, «jue la peste, (iiii fait tant de morts maintenant à l'heure où je vous parle ; qui enlève à tant d'hommes mille (ois plus ipie la santé, mille fois plus <pie les parents, mille fois plus que la vie ; qui les met dans im état mille fois plus redoutable cpie la mort ; ce fléau, c est le pédiè ! L'n seul péché ravit à l'homme sou Dieu, et Dieu n'est-il pas plus prérieux que la vie, <pie tous les biens ? Un seul péché donne la mort au pécheur, et non à son corps, mais à son i\me, et l'âme l'emporte autant sur le corps ijue le ciel sur la terre. (1).

Or y a-t-il de ces morts à qui Dieu manque, de ces malheureux h qui le

ttéché. peste cruelle, a ravi la vie de l'Ame ? Il y en a dans vos maisons, 'ères, mères, vous avez peut-être un enfant qui a perdu Dieu et sa gri\ce. Sipotf. \»»iis avez un frère. Knfanls, vous avez un père, et cela depuis peut- (ir. (Ii\ ans. depuis vingt ans. Si Dieu, pour les punir, permettait que leur iM .'^ i 1,1 ! il. qiip hi iri'Ii' r-.iv.iL'eAt leurs moissons et leurs vignes, i[u'une "•rirloul! . s'ils semaient touj<»urs sans jamais récol-

Aliliiii' 1 libie la justii'C de IMeu ! Que «''est être in-

sen.se que de ncr, de consentir à une pensée coupable! .Mais ces

mauxipie ser i i côté de celui qu'ils subissent?

Ils diit perdu l»ieu, ils ont jierdii sa grAce. Si la mort venait les surprendre, ils sccticnt damnés pour toujours. «) jiistiie de Dieu, ô châtiments du péché! Tombons i\ genoux : si nous sommes morts, demandons la vie. (irions vers Dieu niiséri' orde et (tanlon ! Si nous avons la gréce, demandons-hi pour

(I) Sainte Catherine de Gènes ^disail que si un homme avait assez de lumière poor eonoalire la gravtlé du péché, quand il serait plonge dans un é(ang de plunib fundu, il ne Toudrail pas s'en relir«r, s'il «avutl qii'ao «oriir de là, il dftl rencontrer le pCclii* C'esi-à-tijri -1

de bien, v

que (le rn .. ^

p#cti<f, Il |H>U8 faire in-nitiler l

dans un r. il la rrpmi>;>.i svt»>-

lui en jai lui-

même et l> . lui

Criaienl ; tri'ie ijim :«, •<: |>ii.iijis. I'Mh cmUci uiiu» [.im iiuif- m |i u^ ;;i i'hh- Il 'treor,

I : rrninie la plos Vive, il d«vrail suftlre de nous dire : il y a là un danger de péché (Ls

Jl LM. .

3t>8 SKRMONS DE MISSIONS

roux qui ne l'ont pas. Tous jurons une haine à mort au prché qui a entassé (le tout temps tant «le ruines. Henon<;ons-y pour toujours et gravons «lans nos ccEui-s celte nia^iime : Perdre Dieu, c'est tout perdre : plutôt la mort «jue le péché !...

Acte de (iontriliou el de ferme propos de se corriger, de se confesser et d'éviter les occasions, etc. Prière A Nolre-Seicneuret à sa <livine Mère, pour demander de moiu'ir plutôt <)ue de pécher. (1).

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