‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 80 sur 416 · LE RESPECT HUMAIN · texte numérisé non relu

LE RESPECT HUMAIN

on flit qu'il faut laisser parler le monde, et on ronlinue, malgré ses censures, unf vie de désordre ; et on lient compte do res criti<iiics. quand il s'agit de l.iii'^ le bien! Soiait-co donc au crime souI à aJIertt'^te levée, et à la vertu à ! -ir el à so r.iclior? Le monde lui-môme, loiit pervers quil est, n'en est In. Il sait rn'uro aduiiror l'homme <le Lion qui se mot au-<lessus de ces iiiUques, et mépriser celui qui n'a pas le courage de les braver (1).

(1) (a) Les premiers chrétiens étaient à toat l'univers un objet de mépris el (|e raillerie; chacun tes foulai! aux pieds et les rpjelait comme les ordures et les excréments de la terre: Tanguant pnrgamenta hujux mundi. (1 Cor. iv, 13), ainsi que parle l'Apôtre. On eût dit que les pris.in> n'étaient faites que pour eux : aussi éiaient-eites tellement remplies de ces inn^^i^rnis ootipables, qu'il ne restait plus de place dans les cachots pour !?i malfaiteurs. Dans les crimes les plus énormes, les lois ont réglé de la qualité da -':,. :ice, il n'est pas permis de l'étendre au-delà de ce qu'elles prescrivent. C'est ainsi f; 1 • 1 es ont voulu donner des bornes ménoe à la justice, de peur de lâcher la bride à la cruauté. Les chrétiens seuls étaient une espèce de criminels à l'égard desquels on n'appréhendait d'excéder qu'en les épargnant; il fallait donner toute licence k la barbar '^ cl leur arracher la vie par tout ce qu'une ingénieuse cruaulé peut inventer de plus main: Per alrociora infienia picnarum, dit le grave Tertullien. Quelle fureur I i:ii;^ ce n'est encore rien. D(inn>'r un chrf'lien aux bétes farouches, cVlait le divertis- >ement ordinaire du peuple romain, quand il était las des sanglants spectacles des glaliatenrs: de là ces clameurs si cruelles dont on a vu souvent résonner les amphithéàmiani ad be$tias, chrUtiani ad bestias : Que l'on donne les chrétiens aux hes ! Aires cela, est-il étonnant qu'on n'observât contre eux ni formes, ni .,v. : Cela était bon p"ur les voleurs et les meurtriers, mais pour les chrétiens, méritaient pas qu'on prit tant de précautions. Aussi les iratnait-on aux gibets, :.e on mène de pauvres agneaux à la boucherie, sans qu'ils ouvrissent la bouche, r.i aux plaintes, ni aux murmures. Et qu'auraient-ils dit pour leur justification qui pilt èire éc iuté ? C'étaient des incestueux, des maglcien.s, des parricides qui mangeaient leurs propres enfants dans des sacrifices nocturnes. S'il se trouvait quelqu'un qui voulût les défendre de ces horribles reproches, c'était en les faisant passer pohr de pauvres insensés, pour des esprits faibles qui s'amusaient à de vaines superstitions ; de sorte qu'on ne les excusait qu'en les chargeant de nouvelles calomnies. Et voilà. Messieurs, sans feinte et sans exagération, quelle était l'estime que l'on avait dans le monde des premiers chrétiens.

Ah! race de tant de millions de martyrs qui nous ont engendrés en Jésus-Christ par ]p„r cin.r i.m,;.. la vertu de ceux qui nous"n' >^rA.-c',i,in ,jans la foi ne réveillera-l-elle . - mouvements généreux du me 1 Jusqu'à quand porterons-

r :tre de chrétiens, pour fairr r par les impies le saint nom de

Diéu i|iii a é!>5 invoqué sur nous 7 Que notre esprii. que nos coeurs sont opposés à ceux des saints martyrs, qui. faioant profession du christianisme dans un temps où il était odieux à toute la ■ --- '• -t rendu illustre par la gloire !*.- ' — '«Iles actions. El nous qui l'avons emhn lu'il est devenu vénérable les peuples, nous à

qui il serait si fm: re ses préceptes, de régler n ite sur ses maximes,

nous ne cessons <le le drsh'norer par nos dissolutions. Ob$ecro vv», fralres.per misericrir'Ham fW. ut digne ambuletis vocalione qud rornti eslis «Ephes., iv. h : Je vous r ' les, par les entrailles de la mi<' "■• Dieu, de iuire

>: ivenable à votre vucation Rele\ i notre cou ^ du

r ., , ,cà faveurs du monde, puisque nou.^ .... ^ .....ues plus obl.^.o w. ^asser

I e des tourments. (BosstET.)

hre érrivriin se rendit à Bruxelles dan* un moment où s'y trouvait le même de son arrivée, il écrivit au général pour le prier de n malin à » pt heures. « Je vais à Waterloo, lui disait-il;

- -'•'-- le champ de balai" " ■■ ' '' — ■ - ' imo»

is demain, non a irce

<. » F.n agissant lulo

Confesser hautement hv» cmyances. dans l'espoir que cet acte de fianott>i>4' agirait heureusement sur la conscience de son ami. Il avait frappé juste. L'historien, qui rat> tendait, lui avoua qu'il ressentait un immense besoin de foi el qu'il lai enviait le bonheur de croire

Et de nos Jours aussi ce sont des honme» de mensonge, des horomei pour qui tout est vrai, excepté la vérité, tout est objet de pa$sion , excepté la vertu, tout oblige, excepté le devoir, tout est honorable, excepté l'hnnnctir ; ce sont ces gens-là qui cal<>mnirni, qui tournent en ridicule, qui per^< i et

ruinent, s'ils peuvent, ceux dont la présence est pour eux un est

honorable, sans doute, (t cl "^ " ' "• ^" ' >■•■

d'avoir de pareils ennemis. M 'T*

à de tels hommes. ..n p^u-*^- • ^*

l'incrédulité, de l'inC-Iigion, ou tout su moins de I imiilKuiue l Ualheureux hypoctites du vice ou de l'erreur, plus mépnsables'que les hypocrites m

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1067. 4) C'est un fiéshonneur. La lAcheté, un ignoble esclavage, la folie ne furent jamais un titre do gloire. C'est la consrienre et la vertu qui font honneur A un honiuic. L'esclave <lu respeti liuu)ain n'on a pas. C'est un honune sans principes, il ne parle que (rapn''s les autres, il est senihlahlc à la {inussicro (pii est le jouet «les vents ; il ne faut pas s'ét<inner s il est méprisé (le ccuvmèmes dont il redoute la critique. (1) A> thfweritù. Ce (jui est le plus à craindre en vous, c'est la crainte m6me ; tant que vous ne craindrez rien, vous serez victorieux : un- homme pervers ne pourra rien contre vous ; et quand môme il en viendrait aux effets, que peul-il contre une i\me qui est avec Dieu, et qui a mis toute sa confiance en lui? Qu'est-ce <pie la puissance humaine contre un tel rempart? Que sont des vagues contre un rocher ?

Kl quand le mal que vous craignez vous arriverait, que serait-ce en comparaison de l'oiïense de Dieu, et du mal (|ui vous en doit arriver? Vous craignez un nain, non un géant ; une fourmi, non im lion ; la piqiire d'une épingle; non un coup d'épée. Le plus grand mal (pion puisse vous faire, c est de vous faire mourir; et Jésus vous dit : Notife timere eos f/ui occidunt corpus. Ne craignez pas ceux qui ne peuvent tuer que le corps. Ce

la vertu et de la fui I car si c'est une lAcheté, sans aucun doute, que d'affecter dans les paroles une foi qui n'est pas dans le cœur, et d'emprunter les apparences d'une vertu démentie secrètement par les actions, c'est encore une l&cheté plus grande et plus abjecte de se vanter d'excès que l'on n'a pas commis, de professer des erreurs que l'on repousse par toutes ses convictions, de vouloir dérober une espèce de gloire parle vice et l'impiété que l'on méprise au fond. Ce n'est pas une moindre lâcbelé de ne pas avoir le courage de sa toi, tandis qu'on a celui de son opinion politique, de rougir d'être reconnu comme homme de l'Eglise, tandis qu'on ne rougit pas d'ôire homme de parti, de se déclarer et de se passionner pour un mattre en philosophie, et d'affecter de ne pas avoir de maître en religion, d'accepter le cuite de l'homme et de renier Dien. (Vem-

TORA.)

(c) Le vénérable César de Bus était d'abord un gentilhomme mondain de Cavaillon. Touché par sa gr&ce, il se convertit, et dès lors rompit énergiquement avec le monde. Ses amis conservaient quelques puésics licencieuses qu'il avait aulreTois composées, il les leur demanda, sous prétexte de les reloucher, puis il les jeta au feu en leur présence et leur dit: « Voilà, Messieurs, l'usage que je voulais en faiie ; je vous demande pardon du scandale que je vous ai donné par ces écrits ; j'en reconnais maintenant la vanité et la folie, et j'y renonce pour jamais. Suivez en cela mon exemple, si vous ne voulez pas le faire, ne m'empécbez point de persévérer dans ma résolution. » Il eut une autre occasion de manifesier ses nouveaux sentiments et de vaincre le respect humain. Un jour, comme il priait dans l'église de Cavaillon, Louis Guyot, le pieux sacristain, vint tout à coup lui présenter un cierge, et lui dit d'accompagner le saint sacrement qu'on allait porter à un malade. L'épreuve éiail rude. Il fallait traverser !a ville. César portait encore son habit de cour, l'épée au côté, une plume sur la léte. Ses amis, ses anciens compagnons d'armes, étaient en çrand nombre à Cavaillon ; un général môme s'y trou vait alors. Toutes ces considérations se présentèrent à la fois à son esprit : il les Ht (aire, prit courageusement le cierce, marcha dans les rues à côté du petit clerc qui précédait le préire, et supporta ensuite avec patience les railleries que cette action chrétienne lui attira de la part des mondains.

(d) Saint Jérôme écrivant à une dame romaine nommée Lseta, rapporte que la vierge Eustochium, fille de sainte Paule , était nièce d'un grand seigneur de Rome, nommé Himeltius. Cet oncle, qui était orgueilleux et mondain, commanda à sa femme Prstextate d'ajuster sa nièce mondainement. de lui friser les cheveux et lui mettre des robes de soie, ce qu'elle lit contre l'inclination de la .«ainte fille et de la mère : la nuit suivante un Ange apparut en songe à Pratr-xlale, lui fit de terribles menaces et lui dit: Avez vous bien osé faire plus de cas du commandement de votre mari que de Jésus- Cbrisl, et toacher, ainsi de vos mains, la léie d'une vierge sacrée, vos mains en seront desséchées afin que vous connaissiez par là le mal que vous avez fait ; et dans cinq mois vous en serez punie en l'autre monde, si vous ne vous amendez, et votre mari et vos enfants mourront bientôt. Saint Jérôme assure que tout cela fui effectué de point en point ; puis il ajoute: C'estainsi que Jésus-Christ est jaloux de ses perles et de ses précieux ornement.-* qui sont les vierges chrétiennes. C'est un mauvais métier par conséquent que de porter à l'amour du monde ceux qui cherchent à s'en garantir.

(1) Constance Chlore, empereur païen, avait de nombreux chrétiens dans son palais. Il les réunit tous et leur fil les plus terribles menaces, s'ils ne renonçaient à leur foi. Quelques-uns, intimidés, apostasièrent. L'empereur, indigné, les renvoya et garda auprès de lui ceux qui restèrent fidèles. Les chrétiens les plus généreux sont parioul les plus honorés; et, comme l'ombre, l'eslime des hommes poursuit ceux qui la fuient.

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