‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 93 sur 416 · JUGEMENT GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

JUGEMENT GÉNÉRAL

leu\ plaisirs. Le jour les accusera pour avoir, à la face du soleil, commis tant de turpitudes. Leurs complices se dresseront contre eux, le jeune homme contre la jeune fille vanitoii.se, la jeune égarée contre son séducteur; les pierres de la maison, témoins des crimes, crieront. Les .\pôtresse lèveront : Lrur;/e,Deusjuflic(irausanifu(im.l\ est temps, Seigneur, de vous faire justice I On sest assez longtemps sin- la terre moqué de votre

loi, de \ de vos menaces, de votre sang versé, du temps que

votre mi?-. riiMidi- l.ll^^ait au coupable pour faire pénitence : Exurge.

\\X'^. :V' Sentence. \) Le juge se lèvera: son regard sera plus flamboyant que réclair ; sa voix, plus terrible que le tonnerre. La miséricore est passée, c'est l'heure de la justii'e. Ante furiern inf/ignatiouis ejus <^uis stabif ? {y-dh. 1. H). Ff/o sum, dira-l-il. C'est moi. (Joan. xvui. 6.) 11 dit ce mot : C'est moi, »n ta( r lies bourreaux qui venaient le saisir la veille de sa mort ; ils toml)èront tous à la renverse, comme foudrojés. (\. la note du n. 274.) Comment peindre dès lors le saisissement des réprouvés à cette même parole : C'est moi ?

i) Ses reproches. Moi, votre Créateur, que vous n'avez jamais servi ; moi, votre Sauveur, qui ai versé pour vous tout mon sang et qui suis mort sur la croix pour votre salut. Ingrats; Quid ultra dehui facere et non feci? .Malgré cela vous n'avez pas voulu maimer, ni vivre pour moi. Despexistis omne consilium Dei rohis.Mnlavé tout ce que j'ai fait pour vous sauver, vous avez voulu vous perdre. Vous m'avez payé mes bienfaits par des révoltes et des lil;ts[>lifmes.

:\) Si>ntence. Recueillez ce que vous avez semé, (a) rfisc«rft'/e: Retirez-vous, Vous i|iii n'avez jamais voulu «le mon amitié ni de mon ciel. Vous vous êtes periMtuellement séparés de moi par vos péchés : Discedite a me. de moi poiu* qui vous étiez faits, <le moi votre béatitude, de moi et do ceux qui vont m être unis à jamais, île Slaric ma Mère, de vos j»arenls, de vos enfants, ete. Vous n'.r 'idu de ma bénédiction, ni de la joie d'une bonne conscienee. ni

<|. ies gens de bien: vous n'aurez que ma malédirlion «pie je lance

coiiMi- MHi> Muledicti ! Oh ! quel coup, être niaudit de Dieu !...

{b) Ma/édiction lancée par tous les saints. Jeune homme, je suppose que votre mère, sur le [toint de quitter la terre, vous appelle auprès (le son lit de douleur, et. r»^fueillant ce qui lui reste de force, vous dise : >< Mon fils, à gonoMx. » Vous avez beau être fier et rebelle, à ses derniers moments, vous !>;i 1 'iriez ; et si votre mère, à cette heure suprême, vous tenait ce langage : . M' n enfant, je t'ai donné des conseils, j'ai pleuré, j'ai nrié pour toi. Tu as méprisé mes larmes et tout ce que j'ai fait pour ton salut, eh bien ! au nom du Père et du Fils, etc., je te maudis ! » Si, après celte parole, elle rendait le dernier soupir, écrase sous le coup de cette malédiction, vous n'oseriez pas vous relever. Le jour, la nuit, ici et sur la terre étrangère, vous entPii'Irii'z toujours à vos oreilles ces paroles terribles de votre mère. Vous tniiiMeriez de la peur de voir fondre sur vous toutes sortes rie maux. O terrible malédiction maternelle! Parents, ne maudissez jamais vos enfants (I) ! Mais s'il en est ainsi de la malédiction d'une mère, qu'en sera-t-il de la

(1) Roabdil. roi de Cren.ide. vaincu et chassé de sa capit&le, M reloornant vers elle,

s i^s ci 't ',(•■ . ifv ,r Sa mère s'approche de lui el lui du : «Pleure

11,)')- ri ri..' ■■,,■■ |ti« ui n'as pas voulu comhaUre comme un homme. >

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grai, a cel impudent, à cet in^olea', à cet flki'<:rat>le. k ce déie-<t.it>.t.-. à ce »t>>iiilrc, qui a osé attenter à l'homicide de la très haute, tr^s adurable, ms amiable, trùs louable, très reduuiable majesté de oolre Dieu ! (Le Jruir).

malédiciion <le Dion! Kl quand j/'sus vous mniidira, vofro pôrr. votre nièrp, s'ils sont A la droite pondant «jiic vous scro/, à la gaiiclie, lrt)iiveront la nialédiolion de Jpsus-(^hrisl teilomenl juste qu'ils vous maudiront avec lui. Ce prêtre (|ui s'oc»'upe averzèle de votre salul. ce prêtre dont la maléilictJon est plus redoutable que relie d'une mère, quand il sera à droite, devra vous maudire. (Juf»i ! pasteur, vous allez donc maudire ces enfants que vous avez baptisi's. instruits, etc. Ah! le Seigneur est juste et ses jugements équitables; et le nrctre sera obligé de vous maudire.

Kl le juste juge continuera : iJisredite a me, mafedicti, maudits par mon Père qui vous a créés, par u)on sang qui a été répandu inutilement pour vous, par mon Saint-Kspril que vous ave/ chassé de votre âme. Maudits par ma Sière dont vous n'avez pas réclamé l'assistante; mauiiits dans votre corps et dans tous vos sens, dans votre i\me et dans toutes ses jtuissances, dans le temps et dans l'éternité, (c) Allez loin «le tous les biens, dans tous les maux, in if/nem (Pternum, dans le l'eu éternel que je n'avais pas fait pour vous, mais pour le ilémon. Vous avez imité Satan dans sa révolte, partagez son supplice !

il-44. 3) Exécution de la sentence. VA quand Jésus-Christ aura porté sa sentence, un gouffre immense s'ouvrira sous les pas des réprouvés et ils y seront précipités avec fracas... L'abime se refermera sur eux pour ne plus s'ouvrir ; et il n'en sortira qu'une fumée, mêlée de soufre et de feu, qui rendra un éternel hommage à la justice divine. l*récédemment Jésus, s'étant retourné vers les justes, ses élus, fl'une voix douce comme une harmonie du ciel, leur aura dit : Venite, henedicti.\'enc7., non plus à la voie du calvaire, mais à la voie du paradis et du repos; benedicti, vous que le monde a méprisés, bafoués, condamnés; benedicti,]Q vous bénis! Tunclaus erit unicuiquea Deo. Venez, apôtres, (jui avez porté au loin la gloire de mon nom. Venez, martyrs, qui avez, etc. : vierges, etc., parents, etc; jeunes gens, etc., pauvres, persécutés, etc.. (1). Kt aussitôt la Vierge Marie, la porte du ciel, aura ouvert pour eux le séjour de la gloire sans fin. Klle y sera entrée la première, suivie de la foule bienheureuse, entonnant le cantique éternel. Quel sort épouvantable pour les uns, quelle félicité pour les autres !...

1145. Conclusion. (2) Où voulez-vous être au jugement ? Où y seriez-vous,

(1) Sainte Melchtiide, entendant le commencement de la messe da mercredi d'après P&ques : Venite, benedicti. fut transportée de joie, et s'écria : « Oh I Seigneur, si j'étais une de ces bi'nies qui entendront sortir de votre bouclie ces douces paroles t » Klle fut exaucée, et, à l'tieure de sa mort, Notre-Seigneur lui dit : c Venez, bénie de mon Père, etc. »

(i) Péroraison du P. Le Jeune. Vous ne savez pas ce que vous deviendrez ; vous n'êtes pas plus saint ni plus assuré qu'étaient autrefois Lucifer, Origine, Tertuilien, Pelage et tant d'autres qui sont tombés ; David dit que Dieu est terrible en ses desseins sur les enfants des tioromes; Je suis homme. Dieu est donc terrible dans les desseins qu'il a sur moi.

Saint Paul dit que ses jugements sont incompréhensibles. Saint Pierre dit qu'à peine le juste sera sauvé, et si les saints doivent craindre, que doivent faire les coupables ? Si en punition de certaines faute*, Dieu a retiré ses grâces particulières de Salomon, de Nicolas, d'Arius, de Nestorius, et les a laissés tomber en des précipices, que fera-t-il à ceux qui commettent des méchancetés noires, dénaturées et diaboliques ? Si le juste sera à peine sauvé, que deviendra le pécheur ? En quelle appréhension, en quelle détresse et convulsion s'y irtiuvera-t-il? Il séchera de frayeur à la seule vue des signes qui précéderont :e jugement II se collera le visage contre terre, et criera : N'y a-l-il plus d'espérance ? Quoi I n'y a-t-il plus d'espérance ? Non il n'y aura plus d'espérance pour vous, quand vous serez présenté au jugement de Dieu en l'état de péché où vous êtes. Il y en a à présent, puisque Dieu vous a attendu jusqu'à cette heure; il y a quelque espérance de salul pour vous ; servez-vous-en si vcus êtes sage. Faites maintenant ce que vnus souhaiterez alors avoir fait. Vous souhaiterez alors d'avoir vécu selon les maximes de l'Evangile, d'avoir en la crainte de Dieu et d'avoir gardé ?es commandements, failes-le maintenant. Vous souhaiterez d'avoir eu du temps pour faire pénitence, vous prierez, vous pleurerez et vous gémirez, mais en vain et infructueusement; faites le maintenant que voos pouvez le faire utilement : prosternez- vous contre terre, crier, pleurez et soupirez devant Dieu, comme les saints pénitents. Si forte sit apes. Mon Dieu, y a-t-il encore quelque espérance de salut ? Oserai-je bien espérer de pouvoir faire changer la sentence de condamnation que vous aviez écrite contre moi T J'ai souvent bouché mes

l'enfer 443

8Î VOUS aviez élé frappé à telle époque, où si vous l'étiez encore aujourd'hui ? Paul fie la Ooix. dans sa jeunesse, élaul encore au uiilieu du monde, avait persuailé à tous les jeunes gens du pa\s de ne pas chanter le soir des chants ohscènes et de ne pas aller courir dans les veillées. Tous suivirent ses conseils, un seul excepté, Dainion larpone, qui s'en moqua et continua d'aller dans ime maison, où l'attirait tme liaison coupable. Paul, voyant que les conseils n'y faisaient rien, lui déclara que Dieu le punirait.

Pamien continua jusqu'à ce qu'un soir, on ne le vit pas rentrer tard comme à l'onlinaire. Le lendemain.il n'était pas arrivé non plus; on le cherche, on va dans cette maison ; il l'avait quittée à une heure avancée, mais il n'y était plus ; on suit la route qu'il parcourait d'onlinaire et on trouve son cadavre baigné dans son sang sur le bord d'une rivière ; il avait été assassiné par un autre jeune homme jaloux. A-t-il eu le temps de se repentir, je ne sais, nuiis ce que je sais bien, c'est que s'il ne l'a pas fait, nous le verrons à la gauche. Continuez donc, pécheur, si cette place vous convient... jeune fille jeune homme, mère, père, etc., continuez à mal faire, etc.

.\h ! dites-vous, que Dieu nous en préserve ! Que faut-il pour nous épargner ce malheur? Si nosmetipsos dijuilicaremus, non utique jndicnremur. Pénitence ou enfer : Nolo mnrtem impii sed ut converfafur et vivat. (Kzech. xwui. li.)Uu'il vive encore celui qui a mérité si souvent la mort, celte jeune fille, ce libertin, etc. 0 miséricorde de Dieu, oui, qu'ils vivent, mais à la condition qu'ils se convertiront ! .\ vouez ce péché caché, renoncez à cette habitude, à celte occasion ; priez, fréquentez les sacrements (^) : et N'otre-Seigneur dira un jour sur vous : Venez les bénis de mon Père ; et .Marie, la porte du ciel, vous ouvrira le séjour des bienheureux ; et vous y entrerez avec la multitude des saints.

Acte de contrition. Jude.r rrederis esse venturus : te ergo, quœsuînus, famiiUs tuis snhveni f/Hos pretioso sant/tiine redemisti. Ne soyez pas mon juge, mais mon sauveur... repentir, promesse de confesser ce péché, etc. 0 Mère de mon juge et de vos pauvres enfants coupables, Per te, Viryo, sim défendus in die judicii !

N.-B. — Voirie plan de Bossuel sur le même sujet, n« 1774.

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