XVIII.— Enfer
1 i i«j. Ifjunt hi m siipplicium œternum : Les méchant iront à un supplice éternel. (Mal. xxv. Hi). t]'esl .Iésus-(]hrist qui parle et nous révèle une vérité
oreilles pour ne pas entendre vos commandements et vos inspiralions, ne fermez cepen* datii point les vôtres à ma pauvre et indigne prière : Contra folium quel venta rapi' tur, lie ostendax potentiam Ituim : Ne vous en prenez pas à une pauvre feuille d'arbre, vous n'avez poini d'honneur de poursuivre un peu de paille, ni d'exercer votre pi "(*e de cendres ; je suis indigne de votre colère. Si vous craipnez
a e vie, vous serez rassuré k la mort : Timenti Dominum hcne
(? . . us craignez ain^i la justice de Dieu , vous obtiendrez sa miséricorde pour vous et pour votre postérité, pour le temps et pour l'éternité : Misericordia epii a profjcnie in proijeniet, limenlibus eutn. Amen.
{i) (a) Un verre d'eau froide ne restera pas sans récompense. Un soldat romain, sous le poid^ des plus graves firciisation*. fut irnduit au tribunal de Jules César. Mais avant i; " iioncée sa s< \ son juge: « Vous souvient-il qu'en parcou-
I ties d'K^pa .lusun arbre, accablé par la suif, et qu'un
s . . Jonna à bw... . :.. . .,..: moi. » Kt César, le re""-' >r.\ r.i,iH atten-
tivemerii. ic n r.>nnut, et au lieu de le condamner, le combla de f > Is éloges
np <!' iiiR-ra 'iwnc pas Notre-Seigneur à ceux qui auront fait que . < pour son
aiiHiiir I
(In Un jeune homme, nommé Spazzara. racootail à saint Philippe de Néri tous les
eiTnr;s qu'il faisait p<iur arriver à être docteur en drt)it. « V 'r-^-- '- ■ -- -• • ~
fcrc7V(.iU8 7 — Je plaiderai des causes. — Et puis T — J
de l'argent. — El puis 7 — Je Unirai par mourir. — Et j . ,
aurez Satan pour accusateur, votre conscience pour témum. Ji^sun-Chnsl puur jug^T »
l.e jeune homme p&lit.et quelques Jours après, il quittait l'étude du droit pour se coa*
sacrer au service de Dieu.
(2) Ce sujet, d'aprA.* le conseil des divers manuels des missionnaires, ne doit janais être omis dans 'es missions, ni même dans les retraites de communautés. On sait qoe ta vision de l'enfer tourna complètement vers Dieu l'Ame d'une sainte Tbértise elle-utno.
terrible et salutaire h la Tnis. Terrible pour tous; car personne ne sait s'il est difine d'amour ou <lp luiine ; et eussions-nous revu le punlon de nos péchés passés, qui nous garantit la persévérance finale? Mais terrible surtout pour le pécheur tpii vit dans le mal et repousse le seul remède qui lui reste, In péuilcnre. la confession. La mort peut le frapper à toute heure. Klle le frappera siiremont bientôt et au moment où il v pensera le moins ; et à la nu>rt il enicndra la redoutable sentence : Allez, maudits, etc.
.Mais, vérité aussi salutaire que terrible ! Que d'houjmes, en effet, ont été arrêtés sur le penchant du crime par la crainte fies tribunaux humains, de la prison ou rie la mort! Si la justice des hommes produit de si heureux fruits, que ne peuvent faire sur un esprit réfléchi les rigueurs mille fois plus redoutables de la justice divine ? Toutes nos fautes viennent de ce que nous perdons de vue le jugement de Dieu et les chAtiments auxquels il condamne ceux qui ont gravement péché. Par suite de cet oubli, nous dansons sur le bord d'un abime, au risque de nous y précipiter ; nous avalons l'iniquité comme l'eau. Héveillons-nous de ce sommeil, à cette terrible parole du Fils de Dieu : fbunf hi in supplicium œternum (2). Ils y iront: I, rien n'est plus certain ; 11, rien n'est plus redoutable.
4147. — 1. L'homme, à la mort, ne fait que commencer une vie éternelle. Le corps retourne à la terre d'où il a été tiré. L'Ame qui pense, l'Ame qui calcule, l'ilme <jui prie, l'àme immortelle remonte vers Dieu d'où elle était descendue. Le Créaleiu* ne l'avait placée en ce mon<le que pour éprouver sa lirlélité. Sitôt après la mort, il lui demande compte de ses œuvres. S'il la trouve juste et fidèle, il la récompense d'ime gloire et d'une félicité sans fin ; si elle est reconnue infidèle et coupable, il la condamne à une honte et à des sujtplices éternels, (lette dernière vérité nous est attestée, et par Dieu lui-même, et par son Kglise, el par la croyance unanime du genre humain tout entier.
1 1 i8. t» Dieu, h chacjue page des saints livres, où il nous enseigne tout ce qui intéresse notresalut, nous parle des chAtimentsquilré.serveauxméchanta. Je ne veux pas vous rap|)eler tous ces témoignages. Je me contenterai de citer les paroles les plus claires de Nolre-Seigncm" Jésus-Christ, le Fils de Dieu, la Vérité éternelle, telles que nous les trouvons dans l'Kvangile, la
Devan' an auditoire d'hommes, on donnera la première parh'e et on résumera la seconde; devant un auditoire de femmes, on abrégera en quelques phrat^es la première pour développer la seconde. Devant un auditoire mixte, le meilleur est de les cundenser toutes deux pour en fairu une .seule instruction.
<2) Exorde du P. Le Jeune. L«s ma^^istrats de Thèbes, ayant appris l'ordre qui régnait à Sparte, dépulërent un d'entre eux, nommé Philon, avec commission d'aller remarquer soigneusement toutes les lois, les coutumes et les usages de la ville, d'en faire un rapport, afin de former la république de Thèbes sur le modèle de celle de Sparte. Ce grand per>onnage s'étant acquitté desa mission et étant de retour en son pays, Assemble ses concitoyens; il fait dresser un théâtre sur lequel il fait apporter des roues, des gibets, des épées, des tenailles et d'autres instruments de supplice; il les présente à toute l'assistance, puis il s'en va sans dire un mot. On court après lui; on le ramène, on le prie, on le presse, on l'oblige d'expliquer ce que cela voulait dire : « Citoyens, ditil, vous m'avez envoyé à Sparte pour y remarquer et vous faire savoir par quelle voie les magistrats y savent si bien gouverner et policer la République; je vous déclare que les lois n'y sont pas meilleures que les nôtres, mais qu'elles y sont mieux gardées, parce qu'on punit très vigoureusement et sans rémission ceux qui sont si hardis que de les enfreindre: c'est ce que J'ai voulu vous apprendre par ces instruments de supplice, c'est pour vous dire que, si vous êtes désireux de bien policer votre ville, de la rendre heureuse el florissante, il n'est pas besoin de faire de nouvelles lois, mais il faut avoir soin de faire bien observer celles qui sont établies par la terreur des supplices! >
Il est certain, mes Frères, que le Dieu que nousadoronsest une majesté si haute, si ncble, Biexcellenle,si sainte et si digne de nos hommages et de nos respects, qu'il mérite d'être aimé, honoré, servi et obéi, quand bien même il n'y aurait point de châtiments piéparés à ceux qui l'ofTensent ; mais d'un autre côté, il faut aussi avouer que, supposé la corruption de notre nature, la dépravation et la malignité du cœur humain, qui n'a
Eoint d'autre ressort dans ses actions que ses propres intérêts, le meilleur moyen de ien policer la république chrétienne et de contenir en leur devoir les enfant.s de l'Eglise, c'est de leur remettre souveat devant les yeux la très effroyable justice qui sera infailliblement exercée contre (oas ceux qui sont si osés que de commettre le péché.
L'ENFEft 445
règle de notre foi : Les mèchanfs iront à un supplice éternel. Le ver qui les ronqe ne meurt point, et le feu qui les dévore ne s'éteint point.
plus loin, il nous révèle la sentence quil prononcera contre les réprouvés au jour de sa juste colère : /ietire:-vous r/e moi, maudits, aller au feu éternel. Nous acceptons le tciiinignage des hommes sur les choses que nous n \n[ viica, tesfimonium Dei ,majus est, le témoignage de Dieu a
1 lité ; quand Dieu parle, il a droit dètre cru. Insensé qui croirait
jt> iiiijn.> cl ne croirait pas Dieu ! C^mi non crédit jam judiratus est.
<14V>. 2« I/Kglise catholique a reçu de Dieu le dépôt de la vérité et la mission d'enseigner les nations de la part de son fondateur, Notre-Seigneur Jésu.s-Christ. Le Fils de Dieu lui a envové l'Esprit de vérité, afln qu'il demeure avec elle jusqu'à la fin. Dieu est avec elle jusqu'à la consommation des siècles, afin de la préserver de toute erreur. Or cette Eglise, dont la foi est celle que Dieu lui-même a apportée à la terre, nous parle par ses symboles, par ses conciles, par ses docteiu's, et tous nous disent unanimement : Ceux qui ont fait le bien iront à la vie éternelle ; mais ceujc qui ont fait le mal iront au feu éternel. Hœc est fides cat/iolira, quam nisi quisque fideliter firmiterque crediderit, salvus esse non poterif .{Symbole de saint Athanase.) Et tous les jours nous récitons ces paroles du Symbole des Apôtres : Credo ritam œternam : Je crois la vie éternelle.
115<). > Mais, pour affermir notre foi en cette vérité, nous avons non seulement la parole de Dieu qui ne passera pas. non seulement l'enseignement de l'Eglise assistée de Dieu et celui de ses grands et saints Docteurs, qui, comme des flambeaux, ont éclairé tous les siècles chrétiens ; nous avons de plus la crovance universelle des hommes et des peuples. Parcourez toutes les contrées (fu momie, pénétrez chez tous les peuples civilisés ou barbares, remontez à travers l'histoire jusqu'au berceau du genre humain, partout vous trouverez cette croyance, qui fait la base de toute religion et de toute morale, que des châtiments épouvantables sont réservés par delà la tombe à ceux qui font le mal durant la vie.
!''"ti a gravé cette vérité dans l'intelligence humaine, et les ténèbres de
trie ont pu l'affaiblir, mais jamais Peffacer complètement. Les poètes
.is ont décrit l'enfer des coupables, comme les joies des justes dans
I autre vie. C'est qu'on ne saurait mettre en doute cette vérité, sans renoncer à SI . uiisc ipnce et à sa raison. 1) Que nous dit la conscience f Elle crie quand I' s le mal. Vous souvient-il du premier [léché grave que vous avez I. want de le commettre vous hésitiez, vous trembliez. Après l'avoir lait, vous éprouviez en vous un ennui, une peine indéfinissable. Pourquoi ? Aviez-vous ipiehiue chose à craindre des hommes 1 .Non, ce péché que vous aviez fait, n '-(ait pas de ceux que poursuit la justice humaine; et puis personnne ne vous avait vu, et vous trembliez quand même.
Et ce trouble vous l'éprouvez encore, même de longues années après vos faute». Endormi ou étoulTé par des habitudes coupables, il «éveille quand la t'omlre gronde sur »os t»''tes, quand une maladie vous étend siu* im lit de douleur, quand la mort frappe autour de vous. Pourquoi vous troublez-vous, je vous le dcm.iii ' >' une fois, qiuind vous n'avez rien à craindre des
tiomtnes f Ah ! \ ^ <iue par delà la justice htnnaine. il y a une justice
divine i " urrible. Vous la re<fon' ' is, et ce trouble
que n' remords, c'est la voix e qui vous crie ;
[ r 11. ", •.,,»!. Sans un clMum.in m.Miable, le remords
n i.c reiu»»rds est comme une étincelle du feu de
IKil. i) Oui- m, us ihf hi raison f yiie Dieu est juste ; qu'un père qui laissfiiii I . I' ' i. I ■- •- . r, (iiu w:.ris i-.M.r.-ml rc ni chAtlcr Ics lil»<»rilii« <j;ms
II lait la ruine de sa i n r' ment au bien. A 1 i u.
à irerait la ruine de ^ •t 11' I ir la grâce de Dieu. I re de» percs. des ri uides nations <iui sont justes, et c'est pour cm un titre de gloire ; i c justice, qui la leur donne :" Dieu. pi:r me reget rtgnant et Ugum çonUilores Jutta décernant et patente* decernunt justi»
41G «KttMOKà DK MISSIONS
tiam (I'him. mu. l'.t.j iMeu ijiii doniio la jusiioe à tous les pèress et à tous les rois, ne l'aiirait-il point i Qui dune donne ce ([uil n'a pas ? (Jeiiiiqiii a façonné l'œil ne verrait pas. el celui qui a planté l'oreille n entendrait pas! Quoi ! Dieu n'aurait pas les (jualilés (jue nous admirons dans certains hommes! il n'aurait pas à son service la crainte des châtiments et l'amour des récompenses, que (Ivrus a|)pelait les deux bras des rois t
i'ei*sonne n'est aussi père que lui ; Koi des rois, il a plus de justice que tous les pères et tous les rois ensemble. Sa justice est infmie comme toutes ses perfections. Hien n'est incomplet en Dieu. Le pécheur se (ait une idée de lui à sa mode, il voudrait un Dieu bon qui le laissât satisfaire à l'aise ses mauvaises passions, (ju'il sache bien que la justice de Dieu est un grand abime, ahyssus mulfu, dont il est impossible à l'houîme de sonder les profondeurs. Klle est inliniment plus grande que nous ne pouvons le dire et même «pie nous ne pouvons le concevoir, tout aussi bien «pie la miséricorde. « Comme parla grandeur el par la grosseur d'un bras, nous pouvons juger de la mesure de l'aulro, ainsi par Ta grandeur du bras de la miséricorde, nous pouvons connaître celle du bras de la justice, puisqu'elles sont toutes deux égales.
» Si au temps où il voulut manifester au monde sa miséricorde, Dieu Ot des choses si admirables, qu'elles passèrent pour folie aux ^'eux du monde; que pensez-vous (pi'il fera au temps de son se<:ond avènement, dans lequel il a réservé de faire paraître la grandeur de sa justice. D'autant plus qu'il aura autant de motifs de l'exercer, (piil y a de malice dans le monde, tan<lis que la miséricorde n'a jamais eu hors de soi aucunes raisons qui la pussent émouvoir; car dans la nature humaine il n'y avait rien qui fût digne de la grâce ; mais la justice aura autant de motifs pour se produire, qu'il y a eu de néchés sur la terre. Et par-là considérez combien elle doit être épouvantable. » ((irenade.)
Or, Que demande la justice de Dieu ? (a) d'abord que le bien soit récompensé et le mal puni. Mais le méchant n'est pas toujours puni en ce monde, donc il faut qu'il soit puni en l'autre (i). Onel homme, gardant un reste de sens commun, voudrait que Dieu traitât de la même manière après la mort celui qui l'a aimé et béni, et celui qui l'a oublié et blasphémé? S'il agissait ainsi, il ne serait plus Dieu, et c'en serait fait de toute vertu.
1152. (a) Il ne serait plus Dieu. Un roi qui ferait des lois sans savoir ni pouvoir les faire respecter, auquel chacun de ses sujets pourrait dire : « Vous faites de beaux commandements, mais je les observerai si je veux, » serait un roi de carte, la risée de ses sujets et des peuples voisins, ht voilà pourtant ce qu'un impie voudrait faire du Hoi des rois, de Dieu. Si le pécheur avait outragé un grand, (|ui pût le faire saisir le lendemain parla police, incarcérer et conduire à la potence, il tremblerait jour et nuit ; et il a ofTensé Dieu en sa pré.sence peut-être cent fois, et il cherche à vivre tranquille ; il pense donc que Dieu ne sait ni ne peut punir; il se moque donc de Dieu. Il viole sa loi opiniâtrement. .\rrière la volonté de Dieu, je veux faire la mienne, dit-il. Ce n est pas Dieu (pii aura droit ni raison, c'est moi ; j'aurai le dessussur lui. C'est pire que Lurifcrqui a dit : Similis ero Altissimo.
Et si Dieu supportait une telle conduite, où seraient sa puissance, sa justice, sa sagesse, son honneur enlin ?.\ttendez un peu, le pécheur apprendra à ses dépens que Dieu ne ment pas quand il dit : A'//o Dominus : Je suis le maître. Le pécheur ne voit pas Dieu et il l'ollense hardiment. Il est semblable à la perdrix qui se croit en sûreté quand, ayant caché sa tête sous une touiïe d'herbe, elle ne voit pas le chasseur ; cela ne l'empêchera pas de recevoir le plomb. Ouand même l'impie révolté contre la loi divine ne voit pas Dieu, cela n'empêchera pas la justice de Dieu de l'atteindre; et il est nécessaire que cette justice 1 atteigne ; autrement, non seulement l'honneur de Dieu serait détruit,
1153. (b) Mais même toute vertu. Qui éviterait le mal, en effet, s'il n'était
(1) c Crois-to à renferf demandaient les ju^es du tribunal révolotionnaire de Lyon aa curé d'Amplepuii. — Eh l dit-il, comment pourrais-je en douter, en vous voyant p\, en considérant ue qui se passe T J'aurais été incrédule quejQ serais dQvinucroyaoïf 4
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pas piinî ; quî pratiquerait la vertu, si elle n'était pas récompensée f Certes, avec la justice de Dieu telle quelle est, il en est qui, tout en ayijnt la foi, ▼ivenl dans le péché ; qu'en serait-il donc s'ils n'avaient rien à craindre ? Qui oserait trouver mauvais que Dieu ne favorise pas le mal ? Ne serait-ce pas monstrueux, au contraire, s'il le favorisait ? Kt ce serait manifestement le favoriser que de le laisser iuipuni. Le moins intelligent des laboureurs sait que ce n'est pas assez de ne pas semer de mauvaises herbes dans son chauip, qu'il faut de plus les arracher ; et Dieu ne le comprendrait pas f Dans le champde l'humanité, il se contenterait rie ne pas semer le mal, et il ne ferait rien pour le détruire ! Ne serait-ce pas là laisser éloulTer toute moisson de bien .
1154. (b) Que demande encore la justice de Dieu ? (a) Que le châtiment soit proportionné au nombre et à la tjravité des fautes. C'est ce que tout le monde comprend dans les familles et dans les «(jciétés. Un père ne châtie pas si gravement son enfant pour un léger mensonge que pour une insulte à son autorité. Les tribunaux condamnent à une peine plus grave celui qui a mis le feu à une maison, que celui qui a commis un vol de peu d'importance. Dieii ne peut donc punir im péché léger comme un péché grave ; mais au péché grave il doit imposer une punition proportionnée à la gravité de la faute.
Or, quelle est la gravité dune faute sérieuse :* Pour le comprendre il faudrait comprendre Dieu. Aussi, n'est-ce bien qu'en l'autre monde que nous le connaîtrons clairement. Nous pouvons toutefois, dès ici-bas, en avoir une idée Le péché est une injure faite à Dieu. Or chacun sait que l'injure est d'autant plus grave que la personne offensée est plus respectable et plus élevée en dignité. In jeime homme rencontre un pauvre, qui ne lui fait ni bien ni mal, il le sounielle. C'est une injure. Le pauvre a des témoins : le jeune homme, devant les tribunaux, est condamné à une peine. Ce même jeune homme fait le môme outrage à un garde champêtre dans l'exercice de ses fonctions , sa peine sera beaucoup plus grande. Ce jeune homme est soldat, il donne unsoufllet à un ollicier, dont la diçnité est plus grande que celle d'un garde champêtre, il passera par le conseil de guerre et son chAliment sera terrible. .\ plus forte raison, s'il soullletait le chef de l'Etat, lui infligerait-on un chAliment qui ne unirait qu'avec sa vie.
Jugez, maintenant, ce que c'est que d'outrager Dieu, (pii est plus élevé audfssiis des empereurs et des rois, que le ciel n'est élevé au-dessus de la terre. 1,1' pt'iliê, par lequel on Koutrage, est un mal aussi grave que sa majesté est suMiuie. Kt comme la majesté divine est inlinie, le péché est une injure en nuel<|ue manière infinie. Il lui faut donc un châtiment qui ne Unisse (pi'avec 1 âme humaine, la vraie coupable; et comme l'Ame est immortelle, son supplire doit durer toute l'éternité : In iynem œternum.
(h) De plus, les pécheurs voudraient vivre toujours, afin de toujours satisfaire leurs passions. Dieu, qui doit punir dans sa justice leur intention perverse, les fera souffrir toujours (1). (v) Kn outre, tant que la faute n'est pas
(1) L'homme, c'est sa nature, voudrait conserver toujours ce en quoi il met sa féliciié. Uuand il l'a mise dans les biens périssables, il les poursuit avec acbarnement, il en jouu avec avidiié, il voudrait en jouir toujours, il s'aigrit contre les lois qui lui
interdisent les j ''"', il a peur delà n - .-«i-. i... i,,; arracher.
N'esl-il pas vr . iC tu te livres a ns, tu veux
pécher sans lli. - lu protesté aux < . idres que tu
ne leur serais jiinai.t ititiJeie f luuies tes protestations s'en vont en funit-e : le vent les emporte; parce f)ii« Kk-u Ciinfnnd te» projets : "mais «'est lA l'intention de ton cœur; tu ne w : et la marque que lu désires
piiii i tes crimes, tant que tu vis.
Coii....... .V f,- ,..^ ., ... j .^ .. , • .- i, de menaces, dont lu n'as
tiré aucun prutlt : tout passe pour loi comme l'eau. C'est en vain que le pt^cheur dit qu'un jour il vpiit «p r rnper. Dieu ne le J'ipfr.i pas solon <«p>^ pnrn'p», nii< «don ses œuvres : Sun lutum. dit saini a
ideo cum fini- nt. quia cim f\
tni" ■•■' •■ ■ ' •■'■■- j
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hdc vtla nunijuam voiuerutU car$r4 ^«;«;alu. «Lit». iV. Uiai., c«i>. XLIV, luia. U, p. 449.) (BoMCKT.;
448 ftKRMONS W? MlSSlOSfi
cxpioe, la poino ilnil rliirer. Or, le rônroiivé n'oxnic point sa faiilo ; il no s'oil iTpoiil pniiil. il coiilin'ic toujours do haïr Piou; il ost impossible de satisfaire h Dion sans la grAro, cl il on est à jamais privé. Dieu d(tif. donc prolonger ôtornellcmont son supplice. {(/) Knfin, celui «pii a commis un assassinat doit rosliluor, ;\ la veuve ot aux enfants de su victime, le tort (pi'il leur a fait, et pour le temps que l'on conjecture (pie la victime aurait jtii vivre. S'il avait dû vivre cent ans et qu'on en fut certain, il faudrait restituer en proportion. Le pécheur a tué son Ame <]ui devait toujours procurer la gloire de Dieu, il faut donc qu'il paie sa dette pour l'éternité, puiscpi'il a privé Dieu de la gloire éternelle qu'il lui devait {i).
H55. '.\) Réponse aujr objections, (a) Que l'insensé ne dise donc plus ; Pour un pèche ifui dure si peu, comment me damner pour toujours f — Quel tribunal a jamais songé A régler les rliAtimenls, qu'il inllige aux coupables, sur la durée «le leur crime ? Il faudrait donc. d'ai)rés vous, condamner à une peine d'un instant un assassin, »pii aurait commis un meurtre en une minute, et condamner A une peine do longue durée celui qui aiu'ait mis doux heures à renverser votre arbre. La justice humaine, et personne ne peut l'on blftmer avec raison, comlamno (|uolque fois A u^ chAtimont tpii no finira pas, pour un crime dun moment. S'.v (}n a-t-il point qui sont aux galères perpétuelles, qui ont perdu leur liberté jioin' toujours, [lour une faute d'un instant?
La poMio ne doit pas éiro projjortionnée A la durée, mais bien à la gravité <lu crime. Or, la gravité du péché est en quelque sorte infinie, donc, son chAtimont doit être éternel. Vous ne vous plaignez pas de ce que le ciel dure toujours, poiinpioi vous plaindre de ce que celui qui ost si riche en récompenses, même pour un verre d'eau froide donné en son nom, soit si terrible dans ses chAtiments pour les fautes graves?
Alexandre ilonna A Pérvllus, son favori, trente mille écus pour marier ses filles. (( Ce serait assez do six mille, répondit le favori. — Si c'est assez pour vous, ce n'est pas assez pour moi, répliqua Alexandre. >> Un roi doit tout faire grandement, en roi, quand il récompense et quand il punit; et Dieu doit tout faire en Dieu. Il récompense magniticpiemont et éternellement, il punit terriblement et pour to'ijours ; il faut qu'étant le maitre, sa créature ne puisse pas le braver et lui dire : « .le t'olTensorai malgré tout. Tu me puniras; mais unjour, ipiand môme, ma punition aura un terme; c'est pounjuoi je m'en moque et je no cesserai de t'oufrager. » Or, l'homme révolté pourrait tenir cet affreux langage, si le i-hAtimont do son impénilence n'était pas éternel.
\{\Ài. (//) .\e dicas : Miseratio Dei matjnu est : Dieu ost bon, il ne m'a pas fait pour me damner! — Certes oui, Dieu est bon, meilleur que vous ne ouvoz le dire ; et c'est pour cela «pie votre crime ost plus grand, (piand vous 'offensez. Sa bonté méconnue arme sa justice. Le père na-t-il pas plus de raison de se montrer sévère à l'égard de l'enfant qui l'insulte, s'il a comblé cet ingrat de grandes faveurs? Dieu est bon, mais qu'est-ce que la bonté de Dieu? C'est la haine du mal. On vantait un jour Carilaiis, devant un Spartiate : " Il est si bon, disait-on, qu'il fait grAce A tous les malfaiteur. » Le Spartiate répomlit : <« Comment serait-il bon s'il n'est pas l'ennemi des méchants ? » La bonté de Dieu étant infinie, il a pour le mal une haine infinie. Dieu n'est pas un être tronqué. Il est complet ; au'ant il est bon, autant il est juste (2). Deum malles, dit Tertullien, sub quo delicta aliquando
(1) Le comte Orloff, s'entrelenantavee un général russe, se naoquait arec lui de toutes les choses saintes et même de l'enfer. A la fin, ils convinrent sérieusement ensemble que le premier qui mourrait, viendrait dire à l'autre ce qu'il y a par delà le rideau. Quelque temps après, éclate la guerre avec Napoléon l«r. Le général part avec l'armée. Tout à coup le comte Orloff, au fort de la campagne, voit un matin le général, pâle et trembiani, ouvrir les rideaux de soa lit et lui dire : « Il y a un enfer, et j'y suis. » Orloff se lève effaré et court porter celle nouvelle au comte de Roslopuliiae, oncle de Mgr de Ségur, qui nous a conservé ce récit.
(t) Quoique vous fussiez dans la gr&ce de Dieu, il a permis, en punition de votre vanité ou négligence, que vous soyei tombé dans le péché, ne permettra l-il pas avec plus de raison, en punition de vos crimes, que vous tombiez dans la peine du péché, qui est un moindre mal que la coulpe, puisque Dieu ne peut vouloir la coulpe, et il veut, il approuve, il ordonne la peine 1 1l permet bien que vous soyez dans l'habitude du pécbd
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giiHiUrmt : et illum bonum judicares , qui hominem mrilwn faceret sfcnritate tlelicti. Ktrange Mée, aussi, pante que Dieu est bon de vouloir le faire menteur. Deum sdtatfunt /terhihere tuisericordem. et non verenfur pradicare fallacem. (<lreg.)
((.) Dieu ne m'a pas fait puiir me damner ! Non, certes; il a soulTerl et il est mort pour vous sauver. Il vous donne le temps, la grAce pour vous convertir; mais il ne vous a pas fait poiu* loutrager, et il a creusé l'enfer pour ceux qui l'offensent, afin de vous obliger à l'aimer, à le servir et à être Heureux par là en ce monde et en l'autre. Car il ne veut que votre bonheur, et tout ce qu'il fait a pour but de vous le procurer ; mais si, dans la dureté de votre cœur et votre impénitence, vous ne voulez pas de votre bonheur, si vous cherchez librement votre malheur, vous le trouverez, vous entasserez des trésors de colère pour le jour des vengeances. {\\<nxï., ii, 5.) Votre perte viendra de vous. Perditio tua Israël.
qui est le plus ba.? enfer : In inferno inferiori ; pourquoi ne permeitra-t-il que vous entriez dans l'enfer des damnés qui est un abîme moins profond ?
\ji roi David ayant appris que Naas, roi des Ammonites, était mort, envoya des ambassadeurs à son (ils Hanon pour le consoler et le féliciter sur sun avènement à la couronne. L.es gens de sa cour, en prenant ombrage, dirent à ce jeune fui : En vérité, peosez-vous que ce soil pour vous consoler, que David vous a envoyé ces ambassadeurs t e'tsl un prétexte qu'il prend pour faire voir à ses esp>ons les places de votre royaume. Le roi, croyant Irup légèrement cette calomnie, traite les ambassadeurs de David comme ses plus granls ennemis ; il leur fait raser la moitié de la barbe et leur fait soufTrir d'autres indignités. David était l'un des plus patients et des plus cléments princes que la terre ait jamais portés ; et toutefois, il fut si irrité de cette injure que je ne sais si jamais roi se montra plus terrible. Il envoya son capitaine Juab pour assiéger !a ville de llabat. capitale des Ammonites ; il y vint lui-même en personne. Ayant pris la ville, il en fit sortir tous les habitants, il les fit coucher tous pieds et poings liés dans une vaste campagne ; il Ht passer sur eux des charriots armés de tranchants. Quel horrible spectacle I quelle sanglante boucherie, de voir une grande campagne inondée de sang humain, jonchée de corps démembrés et taillés en pièces! Le père voyait le corps de sou fils haché en lambeaux. Lji mère voyait le tranchant d'une roue passer sur le visage de Ha lille. «l elle n'attendait pas un sort plus doux. Après cela, David ne lais.se pas de .rande douceur, en parlant à Dieu, à qui on ne peut ineniir, et devant len louer qui ne suit très signalé : Mémento Domine Dacid et omnis "". Fensons-nous que ce soit en vain que l'Ecrilure rapporte ce faiff lous apprendre parla, que David n'a point été cruel en celte occa- -é d'être loué de sa très grande douceur ma>gré cette effroyable [>^.. juc l'énormitédu crime la méritait bien; & plus forte raison Dieu ne per-
dra inté, sa miséricorde inlinies, quoiqu'il exerc4> contre nous un châtiment
~ ' ' ' ' •■ •' '■ hint illis. C'était une
|iar pure miséricorde, , . , ! nous consoler et nous donner »<jn secours: Aiium paracielum liuOil voOis Nous avons mis k mort son Fils, nouH l« foulons aux pieds tous les jours par des blasphèmes, par l'abus des sacrements ^ sacrilèges: nous traitons indignement et outrageusement le Saint-Esprit par le ses grâces. Je vous laisse à penser quel supplice nous devons attendre, .... ,. .,,. lard'urde sa colère, en la fureur de sa vengeance, il viendra punir ces injures, faisant écraser ei réduire en poussière les princes et les peuples entiers, comme le texte sn<-ri< n^.tis l'avoir.-.
" irque celte bonté, que vous pensez être votre pr -
ttc >j ; que celle que vous prenez pour votre avociii-,
t)iliru\ r .11 I iMii- III juré du peuple de Dieu, il iui faisail la guerre à feu el à sang, en se c^riiiii 1 II -M qu'il p^-nsail avoir aii|>rA« de la reini" K«th'*r, et en se vintHnl qu'elle l'.i ■ était du I'
qu'elle l'a ..,....., ,, ....
at il fut l< . quand au milieu du l
elle fit c 1 inbif i 11 p.itcni-e.
vous déc' . par l* C'>nliauco iju
en la fte>. ' vous est b<eii fav> i
Qu'elle vuui viuiiic, iju CMC »i)u» riiiiT«;i>c, »i.u-> iiiurril, vous Comble d« (/■ v.-^.ti..^.-.
Vous vous trompez, elle est du nombre des pcrfeciioos que vous osez persécuter, elie est
450 sKUMov- iM. .Mi.-.-.iu.>.^
IliiT. *.'nii,ii^r)ii. ~ Ainsi flnnr, la raison, la conscience, la cro^'ance univoi-sellc <lii iitMiro Inniiain, «laiis Ions Ifs sièrlos, en m^ine lemps que l'antorili* (le IK^ilisc calhuli«|iie el (jne lu parole île Dieu, viennent nous enseigner la vérité In plus corlaino <lc notre foi, et nous convaincre ipi'apros la mort il y a m» éternel enfer pour ceux qui, ayant olfensé Dieu gravement, n'en ont pas fait pénitence.
Ln proverbe vulgaire ilit; (Jui casse le verre le paie. Quand on entre dans un Inilel, on peut se faire servir, comme on le veut, des viandes délicates, des vins lins; mais après il faut l(»ut payer. Nous sommes en ce monde comme dans une liùlellerie. Si nous nous y pi-ocurons des plaisirs coupables, nous les paierons à In tin.
0 Dieu, terribilis in ronsiliis super filios liominum, je croisa cette vérité sur votre parole et sur l'enscignomcnt de votre Kglise. plus encore que sur le témoignage de ma conscience et tle ma raison. Trois fois malheur k ceux <pii iront voir l'enfer avant d'y croire ! Ils croiront alors ; les démons eux-mêmes croient et ils trcmhlenl. Alors ce sera trop tard. .Mais malheur aussi i\ ceux qui, croyant à Icnfer, vivent comme s'ils n'y croyaient pas. Leur foi ne fera que les condamner: Qui non crédit jam juiiicutus est. Nemo eurum r/ui f/e/iennum ante oculos habent in qehennam incidit ; nemo ijehennam confemnentium^Judicium e/fuf/iet, «lit saint (Ihrysostome. O mes frères, n'allons pas en enfer, r-ar i-ien n'est plus terrible (1).
1158. — il. Descendons en enfer pendant que nous vivons, c'est le moyen de n'y pas descendre après notre mort (2). Personne n'a rw Dieu, «lit saint
voire plus grande ennemie, elle crie vengeance contre vous; c'est peul-étre par justice et non par giâce qu'elle vous fait prospérer en ce monde. Répondez, si vous pouvez, à ce dilemme qui vous doit convaincre : ou vous connaissez la Ijonté de Dieu, ou non. Si vous ne la connaissez pas, pourquoi vous appuyez-vous sur ce que vous ne connaissez point, pourquoi fondez-vous votre espérance sur un pilotis qui vous est inconnu? Si en commettant le péclié, vous dites que vous connaissez la bonté de Dieu, saint Jean vous dit que vous en avez menii, ne vous en déplaise, que la vérité n'est pas en votre bouche, ni en voire pensi-e.' (Jui dicit se nosse Deum, et mandata ej us non serrât, mendaxest et veritas ineo non est; et Dieu dit même par Isaie : (5à. 8.) Mes pensées ni sont pas les vôtres, et vos Voies ne sontpointles miennes: car comme tes cieux sontéloi* gnésde la terre, ainsi mes desseins sont éloignés des vôtres, el mes pensées de vos pensées. Si un juge parlant d'un criminel de lèse-majesté, disait à ses amis : Un tel pense être renvoyé quitte, il est bien loin de son compte, ses pensées ne sont pas les miennes, qu'en pourrait-on esp rer'/ Vous pensez : Dieu est miséiieonlieux ; quoique je sois cruel à celle veuve, à ces orphelins, quoique je retienne leur bien, quoique je trahisse ce villageois, mon client. Dieu me fera miséricoide; el au contraire, il vous dit : Mes pensées sont bien loin d'élre les vôtres, mes voies sont la justice et la droiture même ; elles sont bien loin de soufTiir vos injustices et de les laisser impunies. Il ne dit pas : Sicat elongantur rœli, mais sicut exaltantur, pour vous faire savoir que Dieu n'est pas bon à votre mode, mais i la sienne ; que sa bonté n'est pas telle que vous pensez. Vous vous imaginez une bonté basse, lâche, qui favorise le péché, qui protège la malice ; c'est comme si vous vous imaginiez une blancheur qui ne serait pas contraire à la noirceur; une chaleur, non contraire au froid ; une douceur, non contraire à l'amertume; une lumière qui ne dissiperait pas les ténèbres ; c'est-à-dire une bonté qui ne serait pas bonté, mais malice ; c'est vous imaginer une chimère, une chose qui n'est point, qui ne sera jamais, et qui ne peut être. Sicut exallanturcivU. Les pensées el \es inclinations de Dieu sont plusrelevce.s que cela ; sa bonté n'est pas une fausse el imaginaire bonté, c'e«t une bonté qui s'emploie à venger le tort qu'on fait au bien ; c'est une bonté qui est opposé*» au mal; elle lui est opposée, puisqu'elle lui est ennemie; elle lui est ennemie, puisqu'elle le persécute ; elle le persécute puisqu'elle le punit : Qiiis boni auctor, tiisi quiet exactor? Quismali extraneus, nisi quiet inimicus f Quis tnimicus, nisi qui et persecntor f Quis persecutor, nisi qui et ptnitor ? iTerlull. libr, i. contra, Marcion.) (Le )r:t;^E).
(1) On pourrait finir là ce discours, en résumant la seconde partie el en disant ce qu'il faut faire pour ne pas aller en enfer. Dans le second discours, on résumerait brièvement la première ; L'impie, le libertin voudratent qu'il n'y eût point d'enfer ; mais la conscience, la raison, la croyance de tous les peuples, la foi lui crient : Il y a un enfer.
(2) (a) Dans les premiers siècles de l'Eglise, vivait à Héliopolis une fameuse pécheresse du nom d'Eudoxie. Le moine Germanus, passant par cette ville, alla loger cher un de ses parents, voisin de la courtisane. Comme son appartement n'était séparé que par un
L EXFEU 451
Joan : maii le FiU unique de Dieu nous l'a fait connaître. On en peut dire renier. Jèsiis-Chrisl, (|iii ne nous a rien laissé ignorer de ce qui noire salut, nous a révélé tout l'enfer, en nous faisant connaître la sfiii. h (• (ju'il prononcera au jour du jugement; Retirez-vous de moi, allez au feu f^fernel : Tout lenfer est là. il ne s'agit que de niétiiler ces paroles. li.'iV». — lo Diacedite a me. voilà le grand supplice du réprouvé: la séparation de Dieu. (Jui nous donnera de le comprendre :" Ici-bas, Thoninje pécheur est peu louché de la perte de Dieu. Il préfère à Dieu un plaisir dont il rniiu'ira tout à l'heure, un intérêt dun instant qu il perdra demain. El aprcs a\oir renoncé à Dieu par son péché, il n'en é[)n)uve (juune légère douleur, l'eul-ètre même en vient-il, dans son aveuglenient. à prendre le parti de se passer de Dieu et à vivre pres(|ue tranquille loin de lui II n'écoute
Ras sa raison ni sa foi, (pii lui disent que rien ne vaut Dieu : Quis ut Deus f !i les hieus, ni les plaisirs des sens, ni l'estime des hommes, ni la santé, ni la vie, rien n'est comme Dieu.
.N'écoulant ni sii raison ni sa foi, il est dans les ténèhres de l'ié'norance. Son intelligence est obs.-urcie comme t:elle d'un enfant, .\vez-vous vu ce pauvre orphelin qui avait à peine trois ou quatre ans à la mort de son père 1 (Juand il a vu venir à la maison, pour les funérailles de ce pauvre père, le prêtre, les enfants de chœur avec des cierges ; «piand il a entendu les chants, il a cru que c'était un jour de fête ; il s'est mis à sourire, à trépigner de joie : el ceux oui étaient là versaient des larmes en le voyant, u Pauvre enfant, disaient-ils, il ne connaît pas l'étendue de la perte qu'il vient de faire, il ne comprend pas combien la vie de son père lui était nécessaire ! » Cet enfant, c'est le pauvre pécheur cpii ne rélléchil pas : il perd Dieu par le péché el il se console, et il s'amuse dans des divertissements.
1 DMI. .\u Tribimal de Dieu, le bandeau (]ui couvi-ail les yeux du [técheura été déihiré. .V la clarté de l'éilair foudroyant de la sentence divine, il a connu Dieu. Il a senti que Dieu était le bien inlini, le seul vrai bien, la félicité suprême, la beauté t|ui ravit les anges, la gloire qui couronne les élus. 11 a compris qu'il était fait pour Dieu seul, qu'en dehors fie lui il n'y a que douleur el désespoir, (pi'en le penlanl il a perilu tous les biens à la fois. Kl il s'en voit éloigné par celle terrible parole : Discedite, retirez-cous. Il s'en va, loin de Dieu, en criant :
Util, i) J'ai perdu Dieu. .\h ! quelle perle ! — Oui, malheureux, lu l'as nerdu par Ion péché ; lu le savais bien d'avance, on l'avait bien averti ! l'ousse des cris de rage, fais retentir tout l'enfer de les gémissements ! Apprends par là leur malheur à ceux qui, sur la terre, se séparent de Dieu el qui, aveugles comme tu l'as clé. ne savent pas le plem*er 1 ils pleurent la perle d'un parent, d'un au)i. d'un procès; le dirai-je ? d'im vil animal, et ils n'ont pas une larme jKMir pleurer Dieu, quand ils l'onl [terdii ! ijue les cris, ù r. iHiMiv.', arrivent Jusqu'à leurs oreilles, alin de les réveiller de leur indi l'éi. li -■ ! — Ah ! j'ai penlu Dieu, continue le malheiu'eux réprouvé ; j'ai perdu le mnilre le plus aimable et le plus tloux, le père le jdus tendre, le sauveur le plus miséricordieux, l'ami le plus lidèle, le bienfaiteur le plus généreux, le
nur peu épais de celui qu'hahiiail Rudoxie, celle-ci l'enlendait réciter les psaun)p<«,
piii« lire a hauie v<h\ la rtescriphon dca luurmenls de lenfer. Elle eo fui «"■;'■■ "• ■<'
lt;ric|i-iij.i II t-: r iIp dlia à Voir (•crmanus, pour lui demander si elle éiait |>
j.iiu.ti>. !.«' iii :ii< .111 dit que. .SI elle fdiHaii pénitence ei recevait le baptéinu,
perati a l'enfer, buitoxiele lli. elle disinbudses biens aux pauvres et édilii pat une vie
aainle iou.h oeux qu'elle avait kcandaiisés.
''■ !>■'■— •■ ■ ' ' '■ -'■'•■■< ■'■-- •:- --rand ofllcier '■ '• ^-
rfu m vuyage ^
il \ Il en lut t , , . (•
daiue lui en ilunna i e&piicotiuii et lui <iil ce qu il y avait 4 Uire pour échapper a ces tourment!». Domthéi» devioni p<>n«ir et n^ son^^ plu* qu'à prier et A «e sauver. S-s roiiipaj ' ■■ "1 Vf, -i
qi" ■■ - - —
le - <i bomme A saint Uoroihée. ' plusieurs
lou 1 que par ces mots : Je oeuj. ^"jr. Il est a
Vii;aluo jidiul.
452 f5EHM0N?^ l'i; MIsjslu.Ns
plus teiiliT "ifs f[>im\. Ilœc enim tanta pœna (/uantiis ille, tiil saint Bernard.
MOi. â) Arec lui J'ai tout perdu (développez) : j'ai perdu le ciel, j'ai penlii Marie, mes parenls. mes amis, mes enfanls (pii sont là-huul. fléau rie), voire porle m'est à jamais fermée, H) pour un peu d'or, pour un vil iiilt-nM. un honteux plaisir qui n'a duré qu'un instant ! Ergo erravimus, o nos inseiisati ! t) vous, mes parents qui êtes flans la gloire, que vous avez liion fait de servir Dieu, de combattre vos passions! Vitam eorum œstima- Ixuitus insdniam. Je me riais de votre crair,'.; de Dieu. Ecce t/uomodo computdfi sunt inter fîlios Dei. Esaii, tils d Isaaf', ne fait aucun cas de son droit dainesse, quand il le cède pour un plat de lentilles ; mais bientôt après, s'apercevant de sa perle, il rugit, irruf/iit clamore imuino. (Gen. wvii, 34.) Le réprouvé prenait le paradis pour rien, il le sacrifiait pour une bagatelle, et njamtenant il fait entendre des rugissements.
11G3. 4) Par ma faute. J'aurais dii et pu faire comme les saints : rien ne m'en empêchait. Comme tel jeune homme, j'aurais pu fuir les mauvaises compagnies;comme telle jeune fille, comme tel père, telle mère, tel négociant, etc. ; je ne l'ai pas fait. Ùien ne me manquait. J'ai été baptisé comme eux et je suis damné. Secours extérieurs. J'ai fait ma première confession, ma première communion et je suis damné ; j'ai pu assister à la messe, m'ins- Iruire de mes devoirs, suivre une retraite et je suis damné (i). (trdces intérieures. J'ai été poursuivi par les remords de ma conscience qui m'ont rendu la vie mille fois plus dure, que si j'avais servi et aimé Dieu de tout mon cœur, et je suis damné. Ingrat, j'ai oublié ses bienfaits ; parjure, j'ai méconnu mes serments! Justus es, Domine, et ma perle vient de moi. Le IK'ché passe vite, comme le <lit saint IJcrnard: Etsi facere in tempore fuit, sed fecisse in ceternum tnanet. In œternum ergo necesse est ut cruciet, fjuod in œternum te fecisse memineris. Oii'une femme d'honneur ait cédé une fois à la séduction, c'en est assez pour empoisonner sa vie. (l'est une douleur ipii l'accompagnera jusqu'au tombeau, tjii'un honnête homme dans un moment d'emportement ait tué son ennemi, il n'oubliera jamais ce coup fatal qu'il a donné en un instant. Ah! quand l'Ame a connu au tribunal de Dieu la gravité de toutes ses fautes, c'en est assez pour son supplice de se souvenir qu'elle les a faites. L'Ame réprouvée s'en va donc emportant ce ver du regret éternel qui la rongera et qui ne mourra point ; je suis damné par ma faute et
11G4. 5) Irrévocablement. Et un chaos, un abime infranchissable se creuse entre elle et son Dieu. Jamais Dieu ne s'approchera plus de sa créature rebelle; jamais la créature ne pourra s'élancer vers son Dieu; elle est confirmée dans la haine de Dieu et de tout ce qui est saint : Peccator videbit et irascetur, dentihus suis f remet et tabescet. Désespoir inutile ! f/e*irferiu/« peccatorum peribit. Nous que le péché a séparés de Dieu, nous pouvons le retrouver encore par le repentir, les larmes, la pénitence, la confession. liAlons-nous, demain peut-être, il sera trop tard. Si la mort vous surprend en cet état, pour vous Dieu est à jauiais perdu! Quœrite Dominum dum inveniri potest. De gn\ce, ne restez pas séparés de lui.
Ce sont vos iniquités qui mettent un mur de division entre votre Dieu et vous. Henvei"sez ce mur avec le marteau de la contrition : Pater, peccavi in rœlum et coram te.jam non sum diynus vocari filius tuus. Traitez-moi, mon Dieu, au moins comme un de vos serviteurs : Ne projicias me a facie tua. 0 mon Sauveur, mon Père, permettez encore au plus ingrat de vos enfants de vous donner ce nom ! 0>ioi ! ma langue faite pour vous bénir serait donc destinée à vous blasphémer et à vous maudire; mon cœur fait pour vous aimer devrait donc vous haïr A jamais avec les démons. Ah ! la mort plutôt qu'un tel malheur : mille morts, s'il le faut ; plus dépêchés...
(\) Solon avait prédit à Crépus que son ambition le perdrait. Ciésusn'en croyait rien d'aburd, mais quand il Tut tombé entre les mains de son ennemi, et enfermé dans une cage de fer, puis mis sur un bûcher pour être briilé, il s'écriait : « Ohl Solon, Solon, que tu m'as bien dit la vérité.» Les prédicateurs annoncent l'enfer aux blasphéntateurs. aux impénitents, on n'en lient pas compte. Un jour viendra oii on ne les accusera pas d'exagération.
l'enfer 453
Et vous qui vivez dans l'amitié de Dieu, iene qnod hahes : dites : Mihi
niHi<rrt'rt> i)eo boHum est. Te/tui eum, ner tlimittam : Je le tiens, je ne le
is. Kvitez les set'(»iissos(|iii peuvent vous le faire lâcher, le monde.
Priez : Seigneur, tenez-moi hion. afin que je ne vous échappe pas.
ration de Dieu est le plus grand supplice de Fenfer, ce n'est pas le
: ii.int pour nos esprits obscurcis par lignorance.
ll«j,i. i' In ignem œternum qui parafas est diaholo.eic. (i). Demandonsnous litinc ? 1) Dans quelle compagnie il va te trouver celui qui a perdu relie de Dieu, celle des saints. Le séjouroùil va, était réservé: (a) au démon, paratus est diabolo. Le voilà livré à ce tyran cruel qui lui promettait des plaisirs, le bonheur. Le portide ! le menteur! Un avait bien dit au réprouvé (lue le démon perdait les hommes, dès le commencement, par le mensonge, flrmt il est le père. Il l'a écouté quand même, il a obéi à toutes ses suggestions, comptant arriver par là à être heureux. Ergo erravimus. A peine est-il arrivé en enfer que Satan, ne pouvant se venger de Dieu qui l'a puni, s'en prend au réprouvé et déchaîne contre lui toute sa rage, il ' ■ '' i! lui reproche sa révolte contre Dieu, le mépris qu'il a fait de toutes (ions, l'ingratitude dont il a payé ses bienfaits. 11 s'acharne à le i.MM .,,. ii.t'r comme un tigre sa proie, comme un vautour un cadavre, IIW. (b) Et anfjelis ejus (a) Le prince des démons n'est pas seul; autant
il a eu <l'-> • "'irnons de révolte, autant le réprouvé a de bourreaux :
démon (II. r. démon du blasphème, démon de la jalousie, démonde
bi ib"»ii" . ijuent à l'envi. ^6> .4 «.^e/iA- e/Ms. Tous les scélérats (laumés
lieront contre lui. Là, le réprouvé rencontrera les victimes de ot elles lui reprocheront les exemples, les conseils, les séductions qui les auront perdues. Le fils accusera son père, qui n'aura pas veillé sur ':n=; rnnipagnics ; la fille maudira sa mère, qui n'a pas rompu ses liaisons s. L'épouse criera à son mari : Je suis la victime de tes honteuses I i,e mari répliijuera : C'est toi qui par tes plaintes, tes reproches,
111 .i.^ t'utrainéà blesser la chasteté, «lui convenait à notre état. Le libertin s'en |trf>n'lra a la vanité, au désir de plaire de la jeune fille. La pauvre perdue 1 '^ra contre ses séducteui-s. Voilà coihment finissent ces amitiés
-, ces fré(picntations dangereuses, ces liaisons du monde î l'ii ; [t'Ile déjà un enfer une maison, où l'on vit dans la guerre et de f..'rii'iii.|les querelles. .\h! ce n'est qu'une ombre de l'enfer! On trouve si I . Il" vivre ([uelqiies années avec une personne pour qui on éprouve de la ilsion; (pion sera-t-il d'être condamné à domeiu-er toujours avec les ■' • ' ' onfer ! l'armi vous il y a des Ames nobles et délicalos ; si on dans im cachot, où vous ne rencontreriez que des forcenés '■■ juc le visaiie, n'ayant sur les lèvres >\ne des paroles l'-iiieet de libertinage, les jours d'une telle prison vous
., .. .^lè(*l0S ■ ''I »^' Viim; ili^vii'/ v ■•<>cli>r iil ii>.ii'i 1 1'< 'ii>iv-><^ V"?*-"
uiournez de douleur.
(1) Les U-gi»lat«urg avaient sagement onlonné qu'un criminel accusé et convaincu de
;,.ii ruMi.' ^ii.iii riiiix.i (i:.fi< rin »ai; (Je CUIT OU de loile cirée, et ainsi jelédans la mer ou
il en rend la raiiun : Ils n'ont pas feulement voulu re, mais ils se snnl efri>rcé3 de le liannir du monde, iii l'avait ■ ils l'ont privé des éléments qui
. >s4>s. ils I vterminer delà nature, le priver
■: '•■•■-■ ■■ "■ •••— '■' ' - .Mer
an k ' . . . . . 'Te à
c«u)i (jui i>»iU iitoru, que la mer a ciiuii qji soni p.iitui im vogues, c( que le t>urd de l'eau à ceux qui «ml fait naufraifet tl c.» malheureux, le peu d(> lemp« ((u'il vil dans Suo sac funeste, 11' i ïes
os ; et élnnt au ■.■. une
jciiih nti!f peine da , , .. . , , ,.e de
I re : la terre ne le poricra plus, mais l'engiouiira; le feu le brùiera tans
n'nttrs point d'air pmir respirer, pas une petite goutte d'eau, pas plus que
1' lires ne voudront jamais rendre aucun service à celui
i.'antir le Crétieor : Pugnabit pro eo orbis terrarum
154 SERMONS m: .missions
Et pourtant, les soélôrnls au milieu desquels vous seriez jetés sont coupables, il est vrai ; mais ils peuvent encore se cfinvertir et devenir des saints, (ieux que le réprouvé Iroiivoni en enfer, sont fixés pour toujours dans le mal ; et il seraavor piix pour loujiHirs. Oli! riiorrihlocompagnie ! (Ju'ils s'attenricnt à la trouver, ceux (pii ne se Irouvonl l>ien en ce uu)n<le (ju'avec les libertins, dans dos sociétés mondaines ou impies.
llt!7. 2) .Vais res ré/iroiirés fous ensemble, où se trouvent-ils réunis ? Quelle est leur |irison 1 Le feu, in it/nem. La porte de leur cachot est de feu, les murs sont de (ou, le pavé est de feu, in if/nem. Le ijrand saint Patrice, l'apolre de l'Irlande, ne |»eut d'abord, par ses [laroles. ébranler les cœurs endurcis et inlidèlesqui riiabitont: mais il ébranle la terre par un miracle. Kn elTet. au moment où il prêche, la terre s'entrouvre et vomit des flammes horribles, et on entend des hurlements, des lamentations, des blasphèmes ; alors tout le peuple éclate en sanjflots et demamie le baptèirie, et s'applii|uc avec tant d'ardeur aux devoirs du christianisme «pie, pendant |>lusieurs siècles, celte contrée fut appelée l'Ile des saints. l'uis(pie nous ne pouvons faire un si grand miracle, du moins cherchons à vous peindre cette horrible prison de feu, et puissions-nous par là faire de vous tous des saints.
IKjS. (n) Ce feu est terrible. Kn ce monde, que de maux ! infirmités, maladies et cette multitude de douleurs qui forment le jouf; «pii écrase tous les enfants d'Adam. Que n'ont pas soulTert les martyrs! les glaives tranchants, les peignes de fer, le plomb fondu qu'on leur faisait boire, les dents des tigres, les grils embrasés, les biichers, les huiles bouillantes. Quels sup|tlices! Kn ce monde, Dieu ne laisse toud)ersur nous les maux que goutte à goutte; mais si tantd est stilla. qui/l erit forre/is, <lil saint Jérôme. (liriddine. i. i,\\().) Kn ce monde, le même homme ne porte pas toides les douleiu's à lu fois : en enfer, le réprouvé les subira toutes : Con(/re;/aho su/jcr eos mala. Omnis dolor irruet super eu/n. (Deiil. xxxu, i3. Job. XX. 23.)
Kl n'y aura-t-il en enfer que les douleurs de la terre réunies sur le même réprouvé ? Ah ! saint Augustin vous dit que tous ces maux à la fois ne sont rien : //trc omnia non modo jmrva sunt, seil ntilla, en comparaison de ce que soulTre le réfirouvé des flammes de Icnfer. (I) Quel bourreau cruel que le feu ! Qui de nous pourrait tenir, pendant un quart d'heure, le petit doigt siu' la flamme d'une lampe, sans pousser des cris qui épouvanteraient tous les alentours et sans plem-er 1 Kn enfer, ce n'est pas le feu de la terre, qui, si cruel qu'il soit, n'est qu'un bienfait de Dieu, un don de sa miséricorde. Le feu de l'enfer a été attisé par le souille de la juste colère de Dieu.
Ce n'est pas seulement un des membres du réprouvé qui y sera jeté, cesl son âme jusqu'à la fin du monde ; et après la résurrection générale, c'est son dme, c'est tout son corps, fpii y seront plongés et que ce feu tourmentera à la fois, niiris sed veris /«or//*-, d'une manière aussi réelleque merveilleuse. .Mors chaque sens aura son supplice. Libertins, vous vous servez de ros yeujc pour regarder des objets coupables: vos yeux sont pleins d'adultères et de flammes impures, auxquels succéderont en enfer des pleurs qui ne tariront plus. Ces yeux seront pimis par les ténèbres, par la fumée de ce puits de l'abime, par ces spectres hideux dont la vue ferait uiourir d'effroi.
1 IG'J. Les oreilles : on s'en sert sur la terre pour écouter des llalleries coupables, des chansons, des propos obscènes: en enfer, elles n'entendront que le pétillement des flammes dévorantes, (|uun affreux concert de cris de rage et de désespoir, de sanglants reproches, de malédictions et d'exécrables blasphèmes. L odorat. Ceux cpii ont tant aimé les parfums, ne sentiront que le soufre et l'odeur des charbons et des corps en décomposition, pro suavi odore fa-tor. (Is. m, 24.) Le (joùt. Ceux qui ont flatté leur palais par des mets délicats et des boissons exquises, rjui n'ont pas même voidu garder l'abstinence, n'auront pour nourriture et pour breuvage que des flammes: une soif Itnîlante les dévorera, ils ne respireront que du soufre. H7(). Les mains, qui ont commis des actions coupables, ne rencontreront
(1) Un poète païen, Virgile.a dit que lors même qu'il aurait cent bouches, cent languei et une voix de fer, il ne pourrait pas exprimer tous les tourments des méclianlfi.
i/bnfkr 455
f>our s'appuver que des brasiers. Le feu s'attachera à tourmenter ces pieds lahi'' ' ■ ' mse, ou à i;on'luire lo r»''[>rouvé «lans ces oompa^rnios, dans ces divt ; s, dans CCS maisons où ils se damnait. Le cor/ts tout entier,
qui li .. .• . juc pour le plaisir, .«jera einltras»'- cl semblat>lo à un for roujri ; le Teii hri'ilora la mor-llo des os et fera bouillir le sanif «lans les veines, l'oint <i autre lit (juc des charbons. Les réprouvés seront tous là comme dans un océan de flammes ; ils en chercheront les rives et ne les trouveront point ; ils dcsiondront dans les profondeurs du goulTre pour voir s'ils ne pourront pas rencontrer là quelque caverne moins brillante ; mais le pavé de l'enfer est rougi par le leu; ils monteront alors au-dessus de ces tourbillons de flau)mes, cherchant à mettre hore de la fournaise la tète, ou au moins les mains; elTitrts inutiles, il n'y a point d'issue !
!171. {b)Feu intelligent. Les péchein's seront tourmentés en proportion de leurs crimes. 11 est des malheureux qui osent dire : J'ai fait un péché mortel, je puis en faire un seconil. Ils ne savent pas que, si un premier péché grave mérite un enfer, un second péché mérite un second enfer. O juste Dieu! non, non, on ne se moque pas impunément de vous! Les damnés savent maintenant ce que c'est que cet enfer qu'on leur a souvent annoncé, et qu'ils n'ont jamais voulu redouter. Oui habitera avec ce feu? Quis poterit habitare de rohis cum ir/ne ? (Is. xxxni. I i.)
Est-ce vous qui ne savez pas vous imposer la plus légère pénitence; vous, voluptueux, qui n'avez pas renoncé au plus honteux plaisir ; vous qui, à la moindre contrariété, ne pouvez vous défendre du blasphénjc ; vous que les peines de quelques jours de cette terre jettent «lans le trouble et le désespoir? .\<in, vous ne pourriez pas y habiter, mais vous y habiterez; et si vous descon<liez en enfer, vous le trouveriez plein de vos pareils. Il y a là, en elTet, des libertins, etc. {énumérer) (1). Ils ont été ce que vous étés, si vous ne vous convertissez pas, vous serez ce qu ils sont.
1172. In des chels du protestantisme, .Martin Luther, s'eniretenant I foyer, pendant une soirée d'hiver, avec la misérable femme <|u'il lite, étendit le braspar plaisanterie et le mil au-dessus des tlammes; sa Icmme aussitôt le relira. Il lui donna un soulllel. en «lisant : Tu as mal fait ; car, après tout, il faut bien que tous ileux nous nous a(iprivoisions avec le feu qui nous attend en enler. Essayez donc de vous y habituer : vous en avç/ besoin, pécheur; car votre |»lace v est marquée. Ouoi ! Notre-Seigneuriit voir à sainte Thérèse la place qu'elle aurait en enfer, si elle continuait à aimer innocemment un jeune liouune, et votre place n'y serait pas marquée :* i;ilc .'sl prête, elle est bnilante, et vous y entassez toujoure tlu bois pour en a^ tiver la llan)me dévorante. Quel est ce bois ? Ce sont vos péchés, \ènHinfre:] -1).
{ \T.\. U-i i> feu ne se ralentit pn» ; le feu de la terre s'amortit, mais non ' ' ' ' ' ' ^ soiifTrances de ce monde, si cruelles soient-elles, ne résinent ; une main umie vient essuyer une larme, un breuv,i.. Ml 11. . .11111.1 1. s ardeurs de la lièvre, le s«unmeil vient itarfois interrompre la douleur. Kn enfer point d'amis, c'est le séjour de la haine ; nonseidemcnt toute charité, mais (oute humanité en est bannie. Le ciel est tout à fait fermé pour les damnés. .Mort, où es-tu ? Qufrrenf mortem et non inveniriif. La mort, cette dernière espérance, lem* est ravie.
( t . Ohice de r>r«sr.ia en Italie, laissé poor mort »ur le champ de bataille, dans une de M Age, eut une vision. Il vit les âmes lornber en enfer .1. ~. , . , < s que les flocons de neige qui tombent sur la terre.
Remis de ce? blessures. Ubice vOcut et mourut en aainl.
<?^ Marlinien, au f"nfl He <f>n d<^^erl, vil arriver ver» loi, pnr nn pranH orage, une
• lilie en lia:i > porte de
nie, et en •■%; c'était
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a allumé pour séclier \va ^OlcaienU Uc la pvcliiTCSM La liouk'ur t'ài bi vive qu '^ ^uusse
lies cris et se dit a lui-même . « Cummeol pourras-tu supporter les feux de l'enfer t • A
celle vue, Zoé se converiii.
Point de soulngomcnt. 0"'pst-r,e une goutte d'eau dans nne mer de feu? 1.0 mauvais ri<"lic qui avait rpl'usô au [lauvrc Lazare lesniiolles qui lonihaient «le sa lalilo. niourul, d fui enseveli «lans les enfers; et, dit lKvanj<ilc, des i»rolV»ndrurs de laliinie, iiperrevant Lazare liein*eux dans le sein d'Abraham, il poussa ce rri : IVre Al)rahaui, envoyez donr Lazare ; qu'il trempe son doigt dans l'eau Iraiclie et qu'il en laisse tomber une goutte sur ma langue brûlante ; car rrurior i/i /lac /faniffia. Lazare n'est point descendu, la goutte d'eau n'est pas tombée et ne tombera pas. (i)
1 174. ((/) Combien fie temps durera re feu ! Une éternité. La moindre peine qui <l(U'elongtem|isdevient insupportable. 0"i pourrailsupportcrderesler toute sa vie. tlans une couche molle? (2) (laïn est en enfer depuis six mille ans, son enfer n'a pas encore commencé ; si le mondedure encore six mille ans. dans si\ mille ans son supplice n'aura pas encore commencé, (-ombien d'années ou de sit'cles le réprouvé sera-t-il donc enfermé dans cette prison avec le démon et ses anges, dans les larmes et le désespoir, dans le feu ? Il y sera toujours. Ksl-ce que jamais il n'obtiendra miséricorde, n'y aura-t-il jamais d'interruption ni de soulageuient à son malheur? Jamais. Sur les voûtes et les portes de l'enfer sont écrits en lettres de feu ; Toujours Jamais. Je crois voirThorlorge de l'enfer avec un affreux balancier suspendu ii une voûte infernale, allant perpétuellement de droite à gauche, de gauche à droite, et redisant sans ce.sse ; toujours ! jamais 1 11 me semble entendre un damné, las de se tordre sur sa couche de fe\i. qui crie : Quelle heure est-il ? et les voûtes infernales répondent ; Eternité !... Aux pécheurs endurcis, afin de les réveiller du somuieil de l'indifférence, prêtres du Seigneur, criez : Eternité! à ceux qtu retiennent le bien d'autrui, (pii oublient leur Ame pour courir après les richesses, les plaisirs, les folles joies du siècle, dites : O'ie pèseront ces biens, ces plaisirs, ces fêtes dans la balance de l'éternité ? On ne pense qu'au temps (pii fuit comme une vapeur; on oublie l'éternité. Qui, s'il n'est insensé pour se procurer un rêve heureux pendant une nuit, accepterait de [lasser sa vie toute enliêrc dans les tourments T (.'ette folie est celle «lu pécheur (pu, pour passer <lans les plaisirs, une vie qui n'est qu'un songe, accepte de subir les tourments de l'éternité. <« Il est certain que si Dieu donnait le choix à un homme, ou d'être toute sa vie tourmenté de la goutte ou<lu mal dedents. si violemment «piil n'en pût es[»érer de soulagement ni jour ni nuit, ou bien de vivre en Chartreux ou en (iarme déchaussé, et de faire toutes les austérités auxquelles ces religieux sont obligés, il n'y en a point de si déraisonnable, quand il ne serait poussé à cela que par le seul amour de sa personne, qui ne choisit de bon cœur l'une de ces professions, plutôt que de souffrir ce martyre durant
(1) Si vous aviez le malheur d'être réprouvé, mon frère, et que du sein des brasierslevant les yeux au ciel, vous vissiez dans la gloire votre père, votre mère, votreépouse.dont vous avez méconnu les conseils et les exemples, quel regret mortel de vous en voir séparé ; mais celte st^paralion est telleque lors même que vous ne leur demanderiez qu'une goutte d'eau, eux qui ont eu pour vous tant de bonté, ne pourraient vous l'accorder. Ils ne 1 111 ruienl que vous diie, comme Abraliam au mauvais riche, que vous auriez reçu ce que % '!> inériuez pour avoir oublié leurs recommandations, et rendu vaine pour vous, la (en- (i . M' qu'ils vous portaient Hecepisti bona in vila tua. Rien ne vous avoil manqué I <i.i éviter un tel malheur, vous n'avez pas profité des secours que Dieu vous a ménagés.
(i) « Noos lisons qu'on homme encore attaché aux vanités de ce monde, pensant un jour attentivement à cette éternité de peines, fut effrayé de cette épouvantable durée, el entra en cette considération : qu'il ne pouvait y avoir d'homme raisonnable qui vkuIûI accepifr l'empire de toute la terre, à condition de demeurer couché sur un lit, quoiqu il fût semé de roses et de fleurs, l'espace de quarante ou cinquante ans seulement. « Si cela est vrai, quelle est la folie des hommes, disait-il en son cœur, de se mettre en dantjer pi»ur des choiies bien moindres, de demeurer étendu durant une élernilé sur un lit de feu et de flammes f » Cette considération seule eut tant de pouvoir sur cet homme, et fit un si puissant effet, que dès lors il changea de vie ; et ce changement fut tel, que depuis il deviniun grands«ini et un grandprélat dans l'Eglise. Quediront à cela ces délicats que le seul bruit d'une mouche est capable d'empêcher de dormir touie la nuit? Que répoDdroot-ils, lorsqu'ils se verront couchés sur un lit de feu el environnés de tous côtés de flammes, non pas pour une courte nuit d'été, mais pour jamais 7 » (Grerwde.) »
l'enfer 457
ce temps. Qoelle n'est donc pas la folie du pécheur, s'il considère combien plus rigoureux sont Ips tourments dont nous parlons, comhien [dus longue est leur dun''e. et comt)icn ce que Dieu nous demande est moins que de vivre en Chartreux ou en nêfhuussé. » ((Irenade.) Klernité! Il laudrait graver ce mot sur le seuil, sur la porte, sur le mur de toutes les maisons, pour le rappeler à ceux qiM l'ouhlient.
Ajoutez les années aux années, les siècles aux siècles, supposez-les aussi nombreux que les feuilles des arbres, que les ijoutles d'eau des mers, que les crains <ic sable, vous ne concevrez point ce<}ui signilient ces mots : Toujours, jamais, éternité. Supposez qu'on enlève à la terre un grain de poussière tous les mille ans. il viendra un monjent où on l'aura emportée tout entière, mais quand ? .Notre imagination s'y perd. Eh bien ! quand ce moment serait venu, lélernité n'aurait pas commencé. Toujours la malédiction de Dieu, toujours le remords, toujours la compagnie du démon et des réprouvés qui tourmentent, toujours le feu qui brûle ; jamais un moment de repos, jauiais une parole amie qui console, jamaisune goutte d'eau qui rafraîchisse, jamais une lueur d'espérance.
Il V en a q<ii trouvent longs les malheurs de cette vie, ciuc dis-je. les offices, les sermons, les prières. Comment suuporteront-ils Vélernlté ? Ah ! je comprends qu'un des grands apôtres de rKspagne. le Bienheureux Jean d'.Vvda. ait converti une pécheresse publique par ces deux mots : « Ma sœur, un enfer, l'éternité (1) !... « Je comprends saint Polvcarpe, qu'on somme de renoncer à Jésus-tihrist ; c'était im vieillard : « .\ Dieu ne plaise, répondit-il, voici lnnctr'in|)s que je le sers ; il ne m'a jamais fait de mal ! « .Mors on le nu' ■ *■ brûlé vif. « Je ne redoute pas ce feu que vous pouvez allumer,
mil, inl bientôt ; je ne redoute que le l'eu de l'enfer. »
1 17.». Je comprends ce saint religieux dont parle saint Jean (llimaque. il faisait la cuisine à deux cents moines et il pleurait continuellement. Saint Jean (ilimaque lui demanda pourquoi. «< Le feu de cette cuisine me fait penser au feu de l'enfer. ré|»ondit-il. » (Juand vous êtes près du feu, approchez-en votre main et di^m mdez-vous ce que vous ne feriez pas, pour éviter de l'y tenir |i«iiiiaiii uni' li-iiie. Que ne faut-il donc pas faire pour échapper au malheur di' Il tiifer pour l'éternité ! Donc renonçons au péché, mais ce que
je I iids pas, c'est que le péché soit traité parmi nous d'acte de jeu-
ne.>i.>>. . ■■' ...É;.;ilité excusable, el souvent même de jeu de galanterie, de bel esprit, de belle humeur. Ksl-ce sluoidilé, est-ce insouciance ? est-ce furem* ? <;i-.. VMM.;-, ,,,,!« re [loinl fondamenlal du christianisme, ou ne le croyons-nous p.i le croyons, où est notre sagesse*Si nousne le croyons pas. où est
n<i! Il :• Si nous ne le croyons pas, que croyons-nous ? Nous renon-
çons au latbolirisme, et nous n'avons pas même le bonheur des païens ; mais si nous ne le croyons rju'imparfaitement, serait-ce une cause pour nous faire échappera l'enfer ? (le serait au contraire un juste motif de nous v plonger. Dont*, n^nonçons à notre impiété el à nos doutes, et pour être raisiitiii.ibles, renonçonsà tout péché : un seul péché mortel suffit pour mériter
Irnlrr.
ijuukI même tous les autres organes sont sains, une maladie ipii attaque Inii >\ oiix suHit pour donner la mort. Il y en a <pie le démon tente peu. ils mènent ime vie régulière en apparence. Ils ont une seule habitude grave ; Ils ont raclié un péché, il y a dix ans; ils sont époux et ne vivent pas chaste- MHiil st'Iou leur < ' ■ " urent en riisant ; « Je ne suis pas comme les
;oiiri> Itonimes. ^, impies, etc. » Le démon aiis.si se rassure.
Lrntanl oui a pris un ll|^t•;ll|, lui attailie un lil h la patte el le laisse aller, venir: à laide du lil il l'aura quand il voudra. Ainsi fait le démon pour les péidieurs. Il sidlit qu'il les tienne par une seule habitude gravement coupable.
(t Jiiï'eph I) ivant avocat italien (|ui naviii i. -s
meni- une vir 'lana une église. )l «^lUcnilil un e
pr^'dic.itfur réj'iui , » " K' '■■ ■ ..,,:.. .. ..^.lo
penste s« grava «la il eût quiUé le monde. Mansi »e
4D8 SKHMONS DE MISSIONS
Oh ! rompez toutes ces ctiaines, renoncez à toute faute, à toute occasion ; pleurez vos pérhés. eujttrassez la pénitence (1).
(,"est à choisir : ou vous pleurerez vos péchés avec les pénitents, ou vous les pleurerez éternellenjent et inutilement avec les damnés : qu'aimez-vous niieu\ f Ah ! mon Dieu, mon choix ncst pas douteux : //ic ure, hic seca, tiimlo in a'fernum jmrcas. Mon Dieu, je veux pleurer mes péchés en ce monde. Acte de contrilit)n. Des larmes, des larmes dans le cœur, sinon dans les veux. Ce n'est que par des pleurs qu'on peut éteindre les llammes de l'enl'er.
TtiHs sum ef/o, salrutn me fac. Malgré tout, je suis à vous, Créateur, Itédempleur. sauvez-moi ; pardon, miséricorde ! Vous voulez me sauver. Si vous avit'z voulu me perdre, je serais dei)uis longtemps en enfer. Misericordiip homini, </uia non sumus ronsumpti . Les damnés demandent en vain une heure. Ah! s'ils l'avaient ! Je l'ai, je veux en user. Confession, etc. (2). Vous voulez tous vous convertir, confiance, le ciel sera votre partage. Y en a-l-il un seul qui ne le veuille pas : miserere animœ /Mrf.Voudriez-voii« v..i.>; perdre seul ? Prions pour lui, et lui aussi, etc.
(\) On demandait à l'abbé Olympien, comment il pouvait habiter une cellule étroite, exposé aux piqûres des insectes et aux rayons brûlants du soleil. Il répondit : « L'étroites.sc de ma cellule me rappelle la prison des damnés ; la piqûre des insectes, le ver qui ne mourra pas ; les ardeurs du soleil, le feu qui ne s'éteindra jamais. »
d) (o) Pélagie était née à Antioche et s'était fait inscrire au nombre des catéchumènes, mais sa grande beauté la fit rechercher par des libertins, et elle s'était égarée d'une manière scandaleuse. Un jour que plusieurs évoques d'Orient éiaieni réunis dans une église, Pélagie y entra parée comme une courtisane et suivie d'une bande de jeunes gens éhontés ; à celle vue. le saint évéque Nonus se mit à verser des larmes ; et comme ses collègues lui demamlaient pourquoi il pleurait: « C'est, répondit il, parce que je ne mets pas le même soin à plaire à Dieu que cette pauvre fille en met à plaire aux créatures. » Le lendemain, le saint évéque prêcha sur les récompenses des bons et sur les châiiments des méchants. Pélagie l'entendit et a'ia se prosterner à ses pieds en fondant en larmas. L« saint évéque l'admit à la pénitence publique et au baptême, et Pélagie, convertie, passa le reste de ses jours dans une caverne du mont des Oliviers, où elle mourut en sainte. 0 efficacité de la pensée de l'enfei !
i\)) .Saint François de Girolamo, missionnaire admirable de la Compagnie de Jésus,
Prêchait à Naples, en face de la maison qu'habitait une femme de mauvaise vie. qui inlernimpait par de* cris discordants. Le saint homme n'y prenait pas garde et continuait son discours. Quelque temps après, passant devant celle même maison et la trouvant fermée, il demande à ceux qui l'entourent : « Qu'est devenue Catherine? — Elle est morte subiiement hier, répondit-on. — Morte, répliqua François, entrons et voyons-la. » Il monte l'escalier, on le suit, et en face du cadavre, au milieu du silence de l'assemblée : « Catherine, s'écria-lil, dites-moi oii vous êtes. » Et deux fois il répète les mêmes paroles. Lne troisième fois il les redit avec plus d'autorité; elles yeux du cadavre s'ouvrent, ses lèvres s'agitent à la vue de tout le monde, et une voix qui semblait venir d'une grande profondeur, répond : « En enfer ! en enfer! » Aussitôt tous ceux qui sont présents, saisis de terreur, s'enfuient de la chambre, et Fnnçois sort en répétant : « En enfer. Dieu tout-puissant, Dieu terrible, en enfer! » Ces paroles firent une telle impression que plusieurs n'osèrent rentrer chez eux sans s'être confessés.
(c) Ssint Prosoer d'Aquitaine, résolu de faire pénitence des fautes commises dans une orageuse jeunesse, se disait à lui-même : « Uabeat quanta nlibet cruce$ el it/nominias pœnilenlia, lerior erit ignis vei'ecundiœ qnam yehennœ. » l'écheurs, diies-le-vous aussi à vousniénies.
(d) Péroraison du P. Le Jcui^e. De mauvais œufs, mauvais corbeaux. Si vous saviez qae d'un œuf on verrait quelque jour éclore un millier d'aspics, de scorpions, de couleuvres, de vipères, ne l'écraseriez- vous pas si vous pouviez? Il vous semble que ce n'est rien qu'un péché mortel, parce que vous n'en voyez pas les maudits effets ; c'est un œuf qui contient en «u-mence et d'où l'on verra éclore mille funestes éternités ; éternité de d ■ ' adie, éternité de douleur, éternité de déshonneur, éternité de i< tl de flamme, éternité de regret, de tristesse, de dépit, de rage, ■ , . j.
lié ! mon Dieui qu'est-ce cela ! hé ! mon Dieu I qu'est-ce cela? A quoi penserons-nous, si nous ne pensons à ceci 7 Quand je médite cette éternité, je me perds, je ne sais où j'en suif, je suis tout hors de moi-même, il me prend envie de faire comme le prophète, d'aller par toufes les rues, pleurant, criant : Eternité, éternité, éternité ! Intelligite, insipientet in populo, et slulti, aliquando sapite , sommes-nous chrétiens ? Sommesnous hommes? AvoiiS-nous la raison et le sens commun? Où est notre foi T Où est
l'en 1ER 459
^ Portes de Tenler.
1IT«). !j(iffi porta quœ durit ad perdit ionem ; Klle est large, a dit Notre- Soii:npiii'. I.t [N.i't^ qui mène à la perdition, ou plutôt cette porte est composée li une iiiuliitiiile <raulres. Il y a. on eîTet. autant de portes de l'enfer «pie tlesMii.s .|f [1 . liés mortels ; mais il v en a trois qui sont phis fréquentées ; 1" Le 1.1. tsj. II. Mire, n'^ «01» ; 2» la profanation du diuianelie, n" S15; \\^ le vice, n" KM (I), et 4" (dans un pays où It-s injustices seraient communes, on ajouterait) l'injustice : voilà une porte redoutable de l'enfer par laquelle 1) il est f'arilede passer. Il est vrai que rinjustice est im crime abominable qui devrait inspirer de Iborreur à tous les èlirétiens ; car il attire sur l'homme la luléro de Dieu ; ne</ue fures ref/num Dei possidehunt ; il lui enlève tout re[ins. il lui fait perdre sa réputation aux yeux des hommes, et il fait desteniie sur sa maison la malédiction du ciel, liée est muledictio quœ reniet ad (lonium furis. et commorabitur in medio domus ejus et consumet enni. \.i! bien d'autrui est im appAt avec lequel on avale I hameeon par lequel Satan saisit l'Ame ; mais néanmoins les hommes sont si portés à l'amour des biens périssables que lem's héritiers se disputeront après leui; mort,
noire esprit t Où est noire jagemeni et notre intelligence, si nous n'évitons de cent lieue» loin, le bord de ce précipice, le risque, le danî^er, l'ombre du danger de celle élernilé malheureuse ? Et n'est-il pas vrai, noes chères âmes, n'esl-il pas vrai que j'ai grand sojft de pleurer quand je contemple que mainiemant, à l'heure que je vous parle, plusieurs de voire connaissance ei de la mif'nne, plusieurs de ceux qui ont péché comme ;; ■ ' avec nous, qui ont péché à cause de nous ei moins que nous, endu-
s ? El si vous me demandez ; (Juand est-ce qu'ils en soriironl ? Je
'• i .,,. , .. . lUtez moi : Jamais, jamais; non, jamais ils n'en sortiront ; n'ai-je
pas sujet de répandre des larmes de sang, quand je considère que de cette compagnie, (ah ! mon Dieu! mon Seigneur!) de celle compagnie, de ceux qui sont ici, de ceux qui me voient, de ceux qui m'entendent, il y en a qui souffriront toutes ces peines que j'ai racontées el cent mille fois davaniag*» ? Oui, quelqu'un de nous, et il n'y pense pas, et ce seia peulêire celui qui y pen?e le moins, qui y ira peut-être cette semaine, ou ce mois, ou, au |);u> lard, avant que l'année linisse. Mon Dieu, n'y en aura-t-il qu'un T Peui-éire plus oe .ieux qui brûleronl en enfer en toute éternité, peut-être plus de six, peut-être plus de douze de ceux-ci qui sont devant moi, de ceux-ci mêmes . ne sera-ce poinl vnus » Ne «era-ce point m^i qui prêche aux autres î J'ai plu* sujet de le craindre que per- ■ ■ , priez Dieu ; ' ' ' le Que
sef oii'un en ct l'ié t si
je i ,.. .. .. ,... . ,...., vi.'rer en son ,,, , ., . «jais, je
ne sais ce que je ferais, ce que je ne ferais pas; je descendrais presentemeiii de celle chaire, t\. iirennni tm cnicifix en main, soupirant el sanglotant, je me prosternerais à if< -, je le prierais, je l'exhorterais, je le menace-
ra .18 qu'il ne m'eût donné espérance de sa cn-
vei • ce réprouvé qui doit être à jamais l'objet
de s de l'enfer f Quoi I vous ne jouiiez jamais
de I .iius ne l'aimerez jamais! vous ne le servirez
jamais ) vuus ht le i^loi ilieiez jamais ! vous ne verrez pas la face de Jésus, plus belle mille foix et plus éclHlanle que le «oleil ' vous n'entendre?, jamnis la musique et les con-
.sa 1 l-il du que vuirif àine,
((il - ■" f).ip votre rorp*. qni
est à pi' " ■ *
Oh ! cou i
11. . .;l <■•,, a V'.u^ . e>er, U it-ire qui vuus pui tv, le puiu t|U(; Vtiuii utiiii^t:/, i'uir que ^ 'HS u'»p rcz, pui- I'u> tout cela ne «en qu'à nourrit et à conserver un dénaturé, un ennemi irréconci- Intl.- .le Dieu, un ! -^ ' ' *" • • f -■ . ■ .- réprouvé, je v..u^ I.- dis, el à 1. JS ne changeons de vil el si n^-- .. .- ... ^ ' ; .
(1) Il est facile de faire un discours avec cette division. On pourrait, au reste, y «jouter un quatrième poinl dan* un« |... -alité «.n Ion devrai! détiir quelque autre désordie généralemenl répandu.
4G0 SEBMONS DE MISSIONS
3u'aveuf(lés pnr la rupi<ii(é ils s'y laissent entraîner. Il y a d'ailleurs tant e inaniores «l'rire injuste. i|iic si l'on sait se garantir de l'une, on tombe faiileinoni ilans Inulre (I). (Voirn"" 529 et siiiviinls.)
i) Mais il est facile de rommeltre linjuslice, il n'est pas facile d'en obtenir le pardon ; car(«) on ne vent pas la reconnaître. Combien <pii cherchent à se faire illusion sur les fraudes, les contrats usuraires, etc. ; (b) on a peur d'en j>arler en confession ; (r) on ne veut pas restituer, ni paver ses dettes. On laisse ce soin i\ ses héritiers ; on se rassure en donnani quelques pièces de monnaie aux pauvres, lors môme qu'on connaît celui au<]uel on a fait tort. On [U'étexle I impossibilité, quand il serait facile de faire (piebpies économies. On a peur île découvrir sa faute en restituant, lorsqu'il y a mille moyens de rendre sans compromettre sa réputation (Voir la note du n« 539.)
(i) Ah! mon cher frère, écrivait «aint Grégoire à un homme du monde, considérez, je vous prie, que les richesses que vous avez amassi/es par des voies criminelles, vous abandonneront un jour; mais que les crimes que vous avez commis en les amassant, ne vous abandonneront jamais. Souvenez-vous que c'est une exiréme folie, de laisser après vous des biens dont vous n'aurez été maître que pour quelques moments, et d'emporter avec vous des injustices qui vous tourmenteront élernellemenl. Ne soyez passi insensé que de transmettre à des héritiers tout le fruit de votre péché, pour vous chart^'er de toute la peine qui lui est due, et ne vous engagez p»s dans l'affreux malheur de brûler vous-même en l'autre vie, pour avoir élevé en celle-ci des étrangers et des ingrats. Ainsi parlait ce saint Docteur, et j'ajoute avec saint Augustin : liedde pecuniam, perde jtecuniam, tic perdus animam. Rendez, mon frère, rendez cet argent qui ne vous appartient pas; perdez même, s'il est néce8.<'aire, celui qui vousappariienl ; pourquoi? afln de ne pas perdre votre &me, qui appartient à Dieu, et qui a o ùié tout le sang d'un Dieu. Car il n'y a point de tempérament à prendre ni de milieu ; il faut perdre l'un ou l'autre : voire âme, si vous voulez conservez cet argent; ou cet argent, si vous voulez sauver votre âme. Or, entre l'un et l'autre y a-t-il à balancer? et si vous délibérez un moment (d'une manière volontaire et réfléchie), en faudra-l-il davantage pour vous condamner au jugement de Dieu?
C'est ce que rApôtre saint Jacques nous a représenté dans une belle et vive image, lorsque s'adres«anl à ces riches engraissés de la substance du prochain, elles supposant entre les mains de Dieu comme de nlalheureuses victimes, que ce souverain juge immole à sa justice, il leur fa't ces rtproches, si amers et si désolants lAgiie nunc diviteSf plorate ululantes in mixerii$ veslris. Allez mainlement, riches avares, pleurez, poussez de hauts cris, et reconnaissez luffreuse misère où vous êtes tombés par votre insatiable convoitise. Que sont devenus ces trésors dont vous étiez si avides, et qui étaient les fruits de votre iniquité 1 Vous craigniez tant de les laisser échapper ; et malgré toutes les remontrances qu'on vous faisait, malgré tous les remords de votre conscience qui vous remettait devant les yeux vos injustices, vous ne pouviez vous résoudre aies réparer : aveugles, voiij^ ne pensiez pas que la mort vous les enlèverait, ces biens si injuslemcr" •' .; voyez en quelle pauvreté elle vous a réduits. Divitiœ vestrœ
P". -Il et arijentum veslrum an-uyinavit. Encore s'il ne vous était
poil ji ur que de les perdre: mais la perte même que vous avez faite, et
que vous ne pouviez éviter, puisque c'étaient des biens périssables et que d'ailleurs vous étiez vous-mêmes mor;els, c'est ce qui rend contre vous le plus convaincant et le plus sensible témoignage. Car d'avoir sacrifié votre &me. cette àme immortelle, à des bletis passagers et sur quoi il y avait si peu À compter, voilà le dernier (jpjT... .1., r ., ngiement et le plus grand de tous les désordres 1 Et œrugo eorum in testiv 'ts erit. Qu'avez-vous donc fait en accumulant revenus sur revenus, pro-
fits -. en prenant de toutes parts et à toutes mains, et ne vous dessaisissant
jamais de rien 1 Vous l'éprouvez à présent, et vous le sentirez pendant toute l'éternité. Thesaurizatis vobis iram in noiissimix diebus : Vous vous êtes fait un trésor de colère pour le jour redoutable des vengeances divines. Vous avez suscité contre vous autant d'accusateurs, qu'il y a eu de malheureux que vous avez tenus dans l'oppression et dont la ruine vous a enrichis. N'entendez-vous pas leurs cris qui s'élèvent au trône du Seigneur? Du moins il les entend, et c'est assez. Oui, il entend les cris de ces domestique?, d-nt vous éliriez si rigoureusement les services, et à qui vous en refusiez si imt : ', les cris des marchands, qui vous revêtaient, qui vous
noi; aient de leur bien, et qui n'en ont jamais touché le juste
prix,.^^^,, .^. - i^ui s'épuisaient pour vous de travail, et qui n'ont jamais
eu de vous leurs salaires ; les cris de ces créanciers que vous avez fatigués par vos délais, privés de leurs plus légitimes prétentions par vos artifices et vos détours, les cris dt ces orphelins, de ces puuilles, de ces familles entières : le Seigneur, encore une fois, le Dieu d'isracl les entend, ces cris; et qui vous défendra des coups de sa justice irrité* et des foudres dont son bras est armé pour vous accabler? Ecce mcrces optrariorum qui mf$$uerunt reyiones restras, quœ fraudata est a vobis, clamât : et clamor eorum in aures Domini sabaolh introivit.
LE ClËL -461