LE PURGATOIRE
1190. 30 La raison confirme cette vérité: toute inifiuité, petite ou grande, floil ^Iro punie nu par rhoinuic pénitent ou par un Dieu vengeur, c'est le raisonnouiont de saint Augustin. Or, il en est (pii nul confessé loin* péché avec contrition, mais <pii n ont [las pu ou ipii nont {tas voulu cx(»ier suClisamment la peine temporelle «lue au péché déjà pardonné. Où achèveront-ils leur pénitence ? En enfer? Alors Mieu les traiterait comme s'ils ne s'étaient pas repentis et il ne servirait de rien de se confesser. Dans le ciel ? Ce n'est
fias le lieu de l'expiation, mais de la béatitude. Il faut donc à ces Ames un ieu mitoyen entre le ciel et l'enfer.
D'autres, après avoir fait pénitence de fautes graves, sont tombés dans des fautes Irgèros et nu^urent sans s'en repentir. I)icu ne peut les ré()rouver puisnueiles sont dans sa grAce ; il ne peut les introduire au ciel où rien de souillé n'entrera; il ne peut les traiter comme des Ames exenjptes de toute tache. .\ ces Ames encore il faut un purgatoire. Aussi les païens eux-mêmes croyaient-ils, connue en témoignent leurs poètes, à im lieu île souffrances qui n'était pas le i-hAtiment définitif dû au scélérat, mais une préparation au bonheur ; et diverses partiques, en usage aujourd'hui encore parmi les infidèles, attestent la même croyance. La raison et la croyante des peuples s'unissent donc à l'enseignement de l'Eglise et à la parole de Dieu pour nous dire : il y a un purgatoire.
4200. IL Nous devons soulager les âmes qui y souff'renf. \'> C'eul l'intérêt de Dieu ; il aime ces Ames ; elles sont ses épouses, ses élus. 11 ne peut les délivrer lui-même, sa justice s'y o(q»ose. Il altenrl <le nous que nous les soulagions. Ces Auies au ciel le glorifieront parfaitement.
Nous admirons ceux qui travaillent à la conversion îles infidèles et des pérheurs. Ils ne procurent pas moins de gloire à Dieu ceux qui introduisent au ciel les Ames du purgatoire, l'n pécheur converti peut retomber, une Ame délivrée est fixée pour toujours dans la béatitude.
1201. 2" C'est h'nfén't de ces âmes. 1) La charité nous fait un devoir de
nec prosunt nec obsuiU, quant deerunt Us quitus prosnnt.S'oUk commenl nous raisonnons, et nos adversaires sonl obligés de confesser que selon nos maximes nous raisonnons bien. Or je me sers contre eux de celle règle, et je reprends de la sorte : vous ne savez pas s'il y a un purgatoire; priez donc toujours pour vos frères; afin que s'il y en a un, Ils n'y soient pas a>)andunnés à la rigueur des jugements de Dieu. Car la vérité du purgatoire ne dépend m de votre opinion ni de la mienne, et quoique vous et moi nous en croyons, il est, ou il n'est pas. S'il n'était pas, comme il vous piall de le penser, ma prière serait inutile à ces âmes ; mais s'il est, comme je le crois, vous ne pouvez disconvenir que vous ne soyez coupables envers ces âmes snuIVranles. Moi qui m'intéresse pour elles, je ne cours aucun risque; mais vuus qui les délaissez, vous risquez et pour elles et pour vous-mêmes. Quand vous me dites : à quoi bon prier pour les morts, s'il n'y a point de purgatoire ? Il m'est aisé de vous répondre, que quand mes prières seraient inutiles pour les morts, eMes seront toujours méritoires pour moi, parce qu'elles procèdent toujours de la charité qui en est le principe et la fin. Mais quand je vous dis que s'il V ■ " ■' '\ en ne priant pas pour les morts, vous manquez à un des devoirs les
Slu« la charité, vous n'avez rien qui vous défende ni qui vous mette
cm. i-he.
Apiè:i une sAiigiante bataille, on annonce à une mère que son fils a été fait prisonnier et qu'il dépend d'elle d'adoucir sa captivité ou de l'en délivrer. D'autres lui disant qu'il n'en ■ ' ■ ' lu'rà le délivrer, HIe mettait
touti I. et pniieslait qu'à moins
d'unt ,. - -, L. - : , , - e la moindie démarche pour
lui f Ne la traiteraii-on pas d'insensée ou ue dénaturée? Ur voilà justement le procédé des hérétiques. On leur dit que de^ ftmes qui leur hont chères et dont ils rivouent qu'ils doivent avoir à ci^ur |i-s 1 dans un lieu de yon'T >• nous
appelons purpaimrr.iîi (|iii vent par des moyens fn tirer.
''■•■' ' ,.. ...tîs n'y sont pas; ils i.,^,.,,.,. ....nt. ils
>ire ; ils prennent à partie ceux qui le croient et ■i pour montrer que c'est une chimère. Mais si mdeiienditiiiuient de leur» preuve», ce purgatoire est quelque chose de rt'el. et dont ils connaisiient que len iniérétu ne doivent pas leur être indifTiWfnis. des peines cxli' 'ni pas peti .
qu'elles y gémi- fn, ils se t
de tous les devi , ams: 1 si
sage? (D'après Boi'hdaloi i
47i 8EBM0NS Dlî MISSIONS
nous occuppr des inlérMs Hp nos fièrrs ; or les unies du purgatoire sont, iMiiiiiio nous, les enlants de Dieu. La mort a pu faire toinher lenveloppe tiirt-.slre qui nous unissait à elles; mais la cluiril»' ne meurt pas, dit saint Paul. Nous ne sommes don<- pas dispensés de les secourir : je dis plus, 2) c'est surltml à leuréjjanl cpie nous devons exercer la cliarité. Car plus grand est le malheur <lu prochain, plus estimable est le bien (pie nous pouvons lui procurer, plus nous sommes coupables si nous l'abandonnons, surtout si celui <pie nous délaissons ainsi nous touche de près. Si un homme, appelé à monter sur un trône, en voyaf:rant pour le concpiérir, tombait de fatigue et lépuisement. n'avant rien pour apaiser sa faim et que, le rencontrant dans >cl état, nous ne lissions rien pour l'assister ; si surtout cet homme était notre père ou notre frère, un remords cruel nous poursuivrait quand nous appremlrions sa mort.
litJi. Or («) lésâmes du purt/afoire sont dans une détresse extrême. Les saints docteurs enseignent avec saint Thomas que tous les tourments du uionde ne peuvent être comparés à ce «pielles endurent ; leurs souffrances sont plus grandes que celles de !Sotrc-Seigneur dans sa passion, selon la pensée de saint Thomas, qui enseigne «jne le ieu qui les torture est le même que celui de l'enfer ; il n'en dilTère <pie par la durée. Elles sont plongées dans des goulTrcs ardents ; et elles chercheraient en vain à s'en affranchir. La main de la justice s'appesantit sur elles, et elles ne sortiront de ce lieu fju'après avoir pavé jusqu'à la dernière obole. Ah ! (pielle ne serait pas notice compassion et notre effroi, si nous vovons ajiparaitre une de ces Ames, si nous entendions ces cris : Aye: pitié de moi, 6 vous du moins tpii êtes mes amis ! Nous, qui ne jtourrions voir sans être émus un criminel à la torture, resterons-nous insensibles ? t/uand surtout.
i'iO'A. (h) Ces âmes sont a/t/iefées à un lionheur infini: Dieu lui-même doit être leur récompense. N'avant {dus les illusions des sens pour les trom-
fter, elles connaissent Dieu et ce qu'il leur réserve; elles sont entraînées vers ui |»ar une anleur irrésistible. Quand viendrai-je, s'écrient-elles, quand paraifrai-je devant r-otre face ? Mais cette espérance retardée les afilige. Uuelle douleur est celle de la uiêre, quand elle se voit arracher son enfant ! Klle n'est qu'une faible image de l'Ame qui se sent séparée de son Dieu. I/élas ! dit-elle, (/ue mon eœil est lonf/ ! mon âme a soif de vous.
.Mais (rf cette Ame. qui est dans de tels tourments et privée du bien suprême, nous est-elle étrangère? Ne nous flattons pas facilement (|ue nos parents sont au ciel, il faut être si pur pour y entrer; ne désespérons pas non plus trojt facilement de leur salut. Il y a parfois à l'heure dernière des miracles (le la grâce, «iette Ame (pii gémit et qui soiilTre peut être celle de votre père ou de votre mère. Ces parents que nont-ils pas l'ail pour vous, pendant quilsétaient sur laterre!... Kn mourant ils vous ont tout laissé ; à leur dernier soupir, leur grande douleur fut de vous quitter; vous les embrassiez alors. v((U8 les inondiez de larmes, vous serriez leurs mains déjà glacées dans la V(')tre. ». .Ne m'oubliez pas, <■> vous disaient-ils; vous le leur promites. Hélas ! vos [iromesses ont vite été oubliées! Epoux, c'est votre épouse ; parents (•"est votre lils. c'est votre lille qui gémit et tend vers vous ses mains suppliantes! Ne les oubliez pas (I). 3" C'est votre intérêt autant que leleur. Vous
(1) Parents, vous avez peuléire perdu un enfant jeune encore, et vous n'avez pas songé à prier pour lui, le croyant innocent ; ei il est peut-être en Purgatoire.
(n> La sainte mariyre Perpétue se trouvait, en âO'i, dans la prison de Carthage, iors- '^ " (>ciil frèie Dinocrale. mort à làge de sept ans, se présenta
t. ayant au visage un ulcère horrible et cherchant en vain ---•- ■'■ r clttvée pour qu'il pûi l'atteindre. La sainte se mil à prier pour
cet enfant, et trois jdurs après HIe vit le petit Dinncrate, beau comme un ange, puisant une eau limpide dans un jardin délicieux, et se désaltérant pleinement. La sainte comprit que son frère, par sa prière, jouissait des délicisdu ciel.
(6) Le père de sainte Catherine de Sienne était à sa dernière heure, et sa fille voulant à tout prix lui (épargner le Purgatoire, dit à No're-.Seigneur : « Comment pourrais-je supporter que l'ôme rie celui qui m'a donné le jour, m'a élevée avec tant de soin, soit touinieniée dan» un feu si ardent | Je vous en conjure par votre bonté infinie, ne permettez pas qu'il meure avant que son flme entièrement purifiée, puisse librement s'en-