LE PURGATOIRE
aurez uutnnl d'avocals au oie) que vous aurez délivré d'ûmes du purgatoire. Si vous ne cherciiez pas A les f^oiûagev, un jut/ement sans miséricorde attend celui (/ni a rtë sans miséricorde pour autrui (i).
120i. — 111. -Vous pouvons soulager lésâmes du purgatoire. (2) Les
voler au ciel. Me voici. Je m'offre à vous, chargez-moi de toutes les peines que mon pérc doit souffrir dans le Purgatoire. » Et le Sauveur lui répondit : « Mafiile, je suis satisfait, l'àme de votre père sera préservée du Purgatoire; mais vous, aussi lonjftenips que vous vivrez, vous porterez dans votre corps la peine qui lui était réservée. » Calhenne dit humblement : • Votre jugemeni, ù mon Dieu, est plein d'équilé : qu'il me soit fait selon votre parole. » Aussiiôi el'e court au lit de son père, elle l'encourage, elle soulii-nt son agonie, et Giacomo expire dans les sentiments de la joie la plus vive. Toute la famille agenouillée sanijioiait : Catherine seule, débouta côté de ce lit de mort, s'écria : « Plût à Dieu que je fusse où vous êtes, ô mon père ! que le Seigneur soit béni l » Et à l'instant elle futsaisiede vives doulturs qu'elle endura jusqu'à la mort.
Hj (a) Saint François Xavier ne craignait pas de parcourir les villes qu'il évangélisait, une clochf^lte à la main, pour inviter à prier pour les âmes du Purgatoire. C'est par son conseil que. dans la ville de Malaca, on conlia à un homme la fonction de parcourir tous les soirs les diverses rues avec une lanterne d'une main et une clochette de l'autre, et de crier à tous ; « Priez pour les âmes retenues en Purgatoire. » El le missionnaire vieni aujourd'hui vous dire : « Secourez les morts, ne les abandonnez pas. » (bi Jean d'Kpinay, évéque de Nantes P^r mandement du i juillet 141H, ordonna, à la demande des gens de bien, qu'on établit dans les villes et les villages un crieur public qiii, à minuit, au son de la clochette et à haute voix, avertirait les fidèles de prier pour les morts.
(S) Sidonie Apollinaire a dit : Perpaucos esse conjicias qui moriuos vere diligant L'expérience prouve tous les jours la vérité de celte parole. On a aujourd'hui une certaine piété pour les morts qui mérite nos éloges, tout en laissant craindre qu'elle ne soit souvent une piété infructueuse et une piété d'ostentation.
J'appelle piété stérile et infructueuse pour les morts, celle qui ne consiste qu'en de vains regrets, qu'en d'inutiles lamentations, qu'en des cris lugubres, qu'en des transports de douleur, qu'en des torrents de larmes, qu'en des emportements et des désespoirs. Or il n'est pourtant rien de plus commun, Videmus, disait saint Bernard, dans le discours funèbre qu'il lit sur la mort de son frère, ridemus quolidie mortuos plangere mortuos ^uos, fletum multum et frucLum nullum, et verè plorandi qui ita plorant : Pious voyons tous les jours des morts pleurer d'autres morts ; nous voyons des hommes vivants, mais tout mondains, et par là morts devant Dieu, pleurer sincèrement et amèrement ceux qui leur ont été chers penilant la vie : mais que nous parail-il en tout cela? Beaucoup de pleurs et peu de prières, peu de charité, peu de bonnes œuvres, Flelum multum et fructum nullum, des géinis.seinents pitoyables, mais de nul effet; des excès de désolation sans aucun fruit. Or en vérité, ajoutait le même Père, ceux qui pleurent de la sorte méritent bien eux-mêmes d'élr»- pleures ; «^'^ verè plorandi qui ita plorant. Cependant, chrétiens, cet abus que condamnait saint Bernai d, semble avoir pas ' "^^"us, non seulimeut en coutume, mais ce qui me parait bien plus étrange,
en et en devoir; puisqu'aujourd'hui ceux qui se piquent de vivre selon les
loi- le, à force de pleurer leurs morts, se tiennent comii<e dispensés de prier
pour eux. A peine verrez-vous maintenant une femme de quelque condition dans le inonde, au jour ou de la mort ou des funérailles de son mari, approcher des autels et s'acquitter du devoir le plus essentiel de la religion. Vous diriez que d'y manquer soit une iiiari|ue de sa tendresse. Pendant que des étrangers plus oflicieux qu'elle, accompagnent le cerps et recomman lent l'âme à Dieu, celle-ci dans sa maison fait l'inconsolable et l.i (léM-.NpiTée : et au lieu qu'autrefois lis païens (ne perdez pas celte remarque) gageaient des lioinmes pour pleurer aux ob.séque8 de leurs parents, pendant qu'euxmêmes ils étaient occupés à faire les sacrilices ordinaires pour apaiser la Divinité, croyant, dit Sénùque. qu'ils remplissaient beaucoup mieux le devoir de la piété filiale par leur dévotion que par leurs larmes, cl qu'il était beaucoup plus juste de se décliarger mr d'autres de l'office de pleurer que de celui de prier : nous, par une opposition bien bizarre, et par un aveuglement encore plus déplorable, nous gageons au contraire des hommes pour prier, et nous nous contentons du soin de pleurer, Quel abus pour un siècle ausbi éclairé et aussi spirituel que le nôtre I On croil bien s'acquitter envers les nioiis de la reconnaissance (|ui leur est due. en «n faisant de sa propre douleur une lia^sKiii Passion (|ue s'iivent on pousse jusqu'à l'indiscrétion : passion par ou une veuve (li's< li^e veut quelquefois se distinguer, et dont elle fait gloire d'être un exemple et un iii'mIcIc : passion qu'on s'engage à soutenir, dont on est résolu de ne rien rabattre, et <|iii peui-élre par là même a plus d'affectation que de vérité : passion que les hommes inlerprèlenl mnlignement : dont la singularité sert déjà de matière à leur censure, Comme son reiàiliemrni pourra bien, dans la suite, servir de sujet à leurs railleries. Car n'est-ce pas ainsi que le monde même se moque de ses propres abus? J'appelle piété pour les morts d'ostentation et de faste, c«lle qui se borne à l'exlé-
morts sont secourus, dit saint (.hrvsostomc, non par <\os larmes ; mais par des pricros. <les aimjùnfs et des sacrifices : toutes dioscs mii sont à notre portée. \» Par r/es prières, swrioiii par celles qui sont enrichies d'indulgen-
des prières. <les aimiùnes et des sacrifices : toutes choses mii sont à notre
(ir r/es prières, swrioiii par celles qui sont enrichit
ces, pjir exemple, les six Pater. Ave et Gloria du scapulaire bleu ; le che-
min de la croix ; l'invocation souvent répétée ; Mon Jésus, miséricorde ! la prière : (J bon cl très doux Jésus, dite devant un crucifix après la communion. (Voir fndulf/enres; n" iG73.)
120"». :2« Par les aumônes faites dans ce but : et par là il faut entendre, non seulement Ies(Ruvresde charités corporelles, comme de fournir du pain et des vêtements à ceux qui en manquent, mais encore les œuvres de charité spirituelle, comme de donner un bon conseil, d'instruire les ignorants, etc. (juand les vignes sont en (leurs, et répandent dans l'air leur parfum, le vin qui est dans les cuves bouillonne comme s'il s'en réjouissait. Les Ames du purgatoire ont passé comme le vin parle pressoir de la mort, et quand les vivants ornent leurs Ames des llcurs des vertus en vue de les soulager, elles tressaillent du fond de leur souterrain. Kntre les œuvres enrichies d'indulgences, comment ne pas recommander chaleureusement celles de la Propagation de la Foi, de la Sainte-Enfance, du Denier de Saint-Pierre, de samt ÎYançois de Sales ? (Voir n" 2458.)
Quand on vous dit que vous êtes trop attachés aux biens de la terre, vous dites <pie c'est parce «pie vous avez plusieurs enfants. Ce n'est souvent qu'un prétexte car si un de vos enfants meurt vous ne faites pas plus d'aumône; vous dites que vous avez vos parents Agés à soigner. C'est bien ; mais quand ils sont morts et quelqu'un de vos enfants aussi, pourquoi ne pas employer pour leui*s soulagements une partie de ce que vous consacreriez pour les assister, s'ils étaient vivants? Du reste ils vivent devant Dieu.
> Par des sacrifices. D'abord ceux (pie l'on fait soi-même à Dieu par des pénitences volontaires, cojnine le jeûne et tous les actes de mortification ; mais surtout, couune le dit le concile de Trente, par le saint sacrifice de l'autel (1). (Voir n- U70).
420G. Les Ames du purgatoire ne peuvent plus mériter, elles sont incapables ilVxpier autrement que par leurs souffrances. La clef du purgatoire est en quelque sorte entre nos mains, nous pouvons l'ouvrir si nous le voulons. .\ nous donc d'avoir assez de zèle pour la gloire de Dieu, assez de
rieur des devoirs fgnèbres, aux cérémonies d'un deuil, à l'appareil d'un convoi (aux couronnes), à tout ce qui peut éclater aux yeux des hommes. Si nous en demeurons là, nous ne faisons rien peureux : car, comme l'a tr(';sl)ieii remarqué saint Augustin, tout ce soin d'une honorable .«épuKure est plutôt un; consolation pour les vivants qu'un soulaçemeol pour les morts : Solatia vivorum, non .^uhsidia morlaorum. Une âme dans le purgatoire nous est incomparabement plus obliiçéd des bannes œuvres et de^ aumônes dont nous lui appliquons le fruit, que de toute la dépense, et si vous voulez, de toute la magnificence de ses obsèques: une communion faite pour elle lui marque bien mieux notre reconnaissance que les plus riches et les plus superbes monuments; et il y a au reste une espèce d'iniquité, ou même d'infidélité à n'épargner rien quand il s'agit de l'inhumation d'an corps qui n'est dans le tombeau que pourriture, pendant qu'on néglige de secourir une &me qui estl'épouse de Jésus-Christ etl'héritiëre du ciel. (D'après BuurdaloubJ.
(1) (a) .Sainte Monique, sur son lit de mort, disait à Augustin : <( Déposez mon corps oii vous vuuilrez ; je ne vous demande qu'une chose, c'est que vous vous souveniez de moi à l'autel du Seigneur. » C'est ce que nous disent les ûmes du Purgatoire. Nous n'avons que faire, après la mort, de couronnes, de superbes mausolées, etc.
(b) Sainte Mathilde. (Voir note du n» 1000.; — L'empereur Lolhaire, qui moorut en 1137, faisait dire tous les jours une messe pour les défunts, et il y assistait avec une grande dévotion.
{C) Le grand saint Pacome, qui avait reçu de Dieu, par l'entremise d'un ange, la règle qu'il devait observer, visitant un jour les monastères qui étaient sous sa conduite vit qu'on pciria t en terre un frère qui avait été négligent. Le convoi était composé de plusieurs anachorètes et des parents et alliés du défunt, qui en voyant le saint, mirent le cercueil à terre afin qu'il pr>àt sur le mort-, le saint abbé leur défendit de chanter, fit ôter un drap mortuaire magnifique qui était sur le corps, le fit brûler devant tous ; les
Sarents s'en scandalisant : quel soulagement leur dit-il, pensez-vous lui procurer par cet onneur que vous lui rendez? On pourrait en dire autant à ceux qui chargent une tombe ou un cercueil de couronnes et de riches mausolées et qui ne font point célébrer de messes pour l'àme du défunt : c'est ie paganisme qui revient parmi nous.
FIN DE l'homme 475
' iiT! ! I pour elle? '" désir de nous faire des amis dans le ciel, pour
tMiip!"\pr A leur - ni, prières, aumônes et sarrifices (1). Ne passons
dun« rtucimjour >.ui> iiu. M|ues praliuues de charité, de zèle, de morliOcation ou de piété capables de liAter leur délivrance.