XXXVI INTRODUCTION
De iiirino que la pensro de Lamennais se tourne avec leiulresse vers cette Brelagne où s'écoulèrent ses plus douces années, elle revient aussi vers les temps déjà lointains de ses premières relations avec M"" Cottu. On sent (ju'au milieu de sa vie militante, il regrette parfois ces jours paisibles, et ces retours vers le passé attendrissent un peu cette correspondance violente et rude :
Je pense à vous bien souvent, et cela me console. L'aiïcction si douce, si vraie, si profonde que vous avez toujours conservée pour moi a jeté sur ma triste vie un charme que je n'aurais point connu sans elle. Oui, vous êtes mot aussi, et ce qui a été séparé sur la terre sera un jour, j'en ai la confiance, réuni dans un meilleur lieu.
Et dans une autre lettre :
Croyez-vous donc que des souvenirs tels que ceux qui nous unissent depuis tant d'années puissent jamais s'affaiblir? Que jamais votre affection puisse cesser de m'être, au milieu des douleurs de la vie, l'une des plus douces consolations que m'ait ménagées la Providence? Non certes, et vous le savez bien. Il y a des choses intimes sur lesquelles le cœur ne saurait se tromper. Vous me parlez des Feuillantines. Cernay est du même temps. Tout cela m'apparaît aujourd'hui comme une sorte de rêve. Les réalités du présent sont si différentes! Dans notre triste existence, il n'y a de bon que des souvenirs sur la terre et des espérances dans le ciel.
Par moments même, bien que de plus en plus rarement, le prêtre reprend la parole, et glisse dans ses lettres des exhortations pieuses qu'inspire encore l'esprit chrétien. Au commencement de l'année 1834, M""' Gottu fut frappée par un nouveau malheur, la