‹ Le prêtre et l'amiChapitre 28 sur 58 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

AlaChênaie, 6 juillet.

Au moment où Je vous écris, vous recevrez probablement ma lettre du 2. J'en attends une de vous incessamment. Elle m'annoncera, j'espère, que votre àme est plus calme. Plus j'y pense, plus il me semble quà beaucoup d'égards vous avez lieu de vous applaudir de ce qui s'est passé. Songez à ce qu'eût été pour vous un mariage fait, en quelque sorte, par autorité de justice, contre la volonté des parents de M. C.., et qui lui faisait perdre toutes ses places; songez à ce qu'on en eût dit. Au lieu de cela, tout le monde sait qu'il n'a tenu qu'à vous que ce mariage se fit. que vous ne l'avez pas voulu, par des motifs de pure g^énérosité, et que vous avez sacrifié votre bonheur même aux sentiments les plus nobles. Cette conduite vous replace plus haut que ne l'aurait pu faire quelque établissement que ce fût, et a ous ne devrez qu'à vous-même la considération qu'ehe vous méritera. Soyez sûre qu'avant peu, le monde sentira ceci, et que vos ennemis, quoi qu'ils fassent, n'empêcheront pas qu'on vous rende justice. Ils ont, au fond, travaillé pour vous ; en égarant l'opinion par leurs calonmies, ils vous ont comme forcée de donner publiquement, et dans l'occasion la moins équivoque, une grande et éclatante preuve de la noblesse de votre caractère. Vous recouvrez ainsi, et au delà, tous les avantages qu'on avait voulu vous ôter, en restant libre de disposer de vous de la manière qui

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VOUS coiiN iciiilra le mieux, dans nu aNcuir plus ou nutins prochain. Ne croyez pas. au fesle, que J)ii'u Il ail [las ciicttit' îles vues parliculii'res «mi ce (|ui nous arrive. Je viens de vous parler selon les idées et les inl(''i"èls de la lerre : mais il y a ici qu(d(|ue chose de plus imporlani et de plus haut, \otre salul esl au fond de toutes ces douleurs. Il fallait une sorte de violence pour vous détacher entièrement de ce que vous avez trop aimé. Vous le reconnaîtrez un jour, en hénissant la main qui vous éprouve. Si a ous ne pouvez encore apercevoir la tendresse de la Providence et sa honte dans ces épreuves, coml)atlez au moins celte profonde tristesse qui peut-être vous en ferait perdre le fruit. S'afflii^er sans mesure, c'est accuser Dieu. Jetez-vous plulôt dans son sein avec une confiance pleine d'amour. Il sait mieu.x (jue nous ce (jui nous est hon. et n'a-t-il pas dit : Heureux ceuj- qui pleurent ? Mais il ne faut pas que nos lannes tomltent sur la leric. Je vous souhaite la paix, cette paix inelfalde (|ue Jésus-Christ est n enu nous apporter, et qui surpasse, dit saint Paul, tout sentiment. Croyez (jue personne ne vous est plus tendrement dé'voué que moi.

A la Ctiênaio, 8 juillet.

Je trouve l'occasion de vous écrire deux mots par un homme qui va partir dans quelques minutes pour Saint-Malo. Votre lettre du 2, que j'ai reçue ce matin, m'a causé une peine extrême. J'y vois tout ce que vous soutirez, je le vois, je le sens, et mou cœur se

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