‹ Le prêtre et l'amiChapitre 29 sur 58 · I.KTIUKS l»K I.AMK.N.NAIS A LA lîAUONNK CdïTU at · texte numérisé non relu

I.KTIUKS l»K I.AMK.N.NAIS A LA lîAUONNK CdïTU at

lu'isc. Oli 1 (•oiiiiiiciil |,()u\ <v.-\ oiis Mil seul iiislanf. jiu'tlic 011 (louLc mou allrclion. Mou àinc n'esl pas de celles qui clian<!,eut; vous uie trou\ erez toujours le même, et toujours plus à vous, à mesure que vous paraîtrez plus abandonnée de ce monde qui fait le malheur et le fuit après. Mais je ^■ous dois la vérilé ; permettez donc que je vous la dise. Volrt; douhîur me parait dépasser les bornes que la relijiion devrait y mettre. Il y entre de la passion. C'est une créature que vous regrettez, et qui, dans cette sépai'alion même, remplit et domine tout votre cœur. V^oilà pourquoi Dieu n'y peut entrer; il n'y a pas de place pour lui. Voyez ce qu'il fait pour s'en créer une, et jugez du prix qu'il y attache. Ne voulez-vous point le recevoir ? Oh ! de grâce, calmez-vous et tout ira bien. Si vous pouviez èlre tran(|uille, vous verriez les choses d'un œil bien différent. Ce bonheur que vous croyez perdu, ne fut jamais plus près de vous. 11 vous assiège, mais vous le repoussez. Je ne vous en fais pas de reproche. Je sais qu'il y a un moment où Ion ne voil, où l'on ne sent qu'une seule chose; mais ce moment doit être court, et il ne faut pas que la volonté le prolonge. Que ne donnerais-je pas pour être près de vous? Il serait trop long- de vous dire ce qui m'en empêche, et puis Dieu veut évidemment vous apprendre à ne compter que sur lui, parce qu'il n'y a que lui que vous soyez assurée de trouver toujours. Ménagez votre santé, je vous le demande en grâce. Nous nous reverrons bientôt. Qu'est-ce que cinq ou six semaines? Ne prenez aucun parti qu'au pied de la Croix, en présence de ce Jésus qui nous jugera. Courage ; si l'épreuve est grande, la récompense sera inOnie. Je suis tout à vous en Notre-Seigneur. Mettez-vous plus que jamais sous la protection de sa Sainlo Mère. Adieu, ce n'est pas sans

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peine que je vous (juitle. Adieu, je vous laisse Jésus, Jésus en croix pour vous consoler.

A la Chênaie, le 1 i juillot.

Je vous crois maintenant assez calme pour entendre tout ce que la raison et la relit:ion doivent A'ous dire dans une circonstance où, quelque parti que vous preniez, se fixera le sort de votre vie entière. Je vais vous parler avec la franchise du meilleur ami que vous ayez; mon attachement pour vous, mon caractère, ma conscience, me font un devoir de ne vous déguiser aucune vérité. Soyez persuadée d'abord, ou, si vous ne le pouvez pas, croyez qu'en ce moment personne au monde n'est moins en état que vous de juger de votre position, même sous le rapport du bonheur. Vous êtes sous l'empire d'une violente passion. Vous ne voyez rien qu'à travers les nuages qu'elle accumule autour de vous. 11 s'en faut bien que votre félicité me parût aussi sûre qu à vous, si vos désirs s'accomplissaient. Vous voyez l'avenir comme vous le souhaitez, et peut-être (n'oubliez pas ceci), peut-être ne vous plaignez-vous que de la protection de la Providence. Il y a un an que vous luttez contre elle : il y a un an que Dieu vous poursuit et que vous lui résistez, puisque. toujours il se trouve quelque chose entre vous et lui, et que ce quelque chose l'empoite toujours. J'ignore quels desseins vous sont réservés; mais que vous épousiez ou non M. C.., ce que M. D...^ exige de vous est également sage,

' Labbc Uc'sjardins.

LETTRES DR I.AMKNNAIS A LA HAIiONNE COTTU 53

et son devoir est de rexiiiiM*. Je vous If (Ifinande : pouvez-vous sans cela répondre de vous-même, je dis de votre cœur? pouvez-vous espérer que son exaltation se calme. lors(jiie chaque jour vous verrez, vous écoulerez celui (jui l'excite, lorsque vous vous occuperez de lui, et qu'il vous en occupera lui-même sans cesse ? Que les obstacles à votre union subsistent, ou, chose possible, qu'il en naisse de nouvea 'X, vous nourririez donc volontairement en vous une passion que la religion, que l'honneur mrMne réprouve? Vous ne le pouvez pas, vous ne le voulez pas, mais vos sentiments vous aveuglent. Ils vous empêchent dapercevoir combien cette faiblesse vous exposerait, combien elle serait incompatible avec tout ce que vous devez à Dieu et à vous-même. Sondez votre cœur ; vous verrez que ce qui vous arrête n'est pas la crainte de compromettre vos espérances pour l'avenir. Mais si M. C... est digne de vous, son attachement, son estime, s'accroîtront des sacrifices que vous ferez au devoir. Si ces sacrifices produisent sur lui un effet différent, qu'auriez-vous à regretter? Il serait jugé par cela seul. Mon avis est donc entièrement conforme à celui de M. D... Je pense de plus, qu'après la démarche que vous avez faite, il y aurait de l'inconséquence à quitter sitôt la maison que vous avez choisie pour asile. Vous perdriez tout le fruit que vous commencez à recueillir d'une action noble et courageuse. Le public n'y verrait qu'un moment de dépit, et, dans votre changement, que de la légèreté. Restez donc où vous êtes, jusqu'à ce que votre sort soit mieux éclairci ; mais ayez soin de votre santé; ne vous fatiguez pas plus que vos forces ne le permettent, et tâchez qu'on vous donne une chambre qui soit à vous. Ne sortez qu'à des jours fixes pour aller aux' Missions et chez vos

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parrnis. cl t'iicoi't; si vous ries ceiiaine de ne pas leucontrer chez ceux-ci riioniiiie (|ue vous ne devez pas revoir, tant que votre position sera douteuse, par la volonté des autres ou par la sienne. Et moi aussi, je parais dur, je le sens, et cependant, jamais je ne vous donnai de plus sûre marque d'affection qu'en ce moment même. Il faut que vous vous vainquiez, il le faut absolument, Dieu le veut. Je vous le demande en son nom. Soyez vous, c'est-à-dire résolue à tout ce qu'il y a de bon, de noble, dlionorable et de saint, quoi qu'il vous en doive coûter. Je vous reverrai bientôt; qu'est-ce que cinq ou six semaines? N'altérez pas votre imag'e au fond de mon cœur. Vous serez beureuse, vous le serez, si vous n'y mettez pas d'obstacle; comment"? je l'ig^nore, mais Dieu le sait. Aimez, ayez confiance, et marcbez en paix dans la route que la religion ouvrira devant vous; queb(ue rude qu'elle vous pai'aisse. elle conduit au boniiour. nen doutez pas. Adieu, je prie pour \ ous, et vous suis dévoué avec la jdus tendre allection.

LYI

A la Chênaie, 22 juillet.

Je vois avec beaucoup de joie combien vous êtes plus calme. Peut-être ma dernière lettre aura-t-elle un peu troublé votre paix, mais vous la retrouverez bientôt et mieux assurée et plus profonde, si vous avez le courage d'accomplir le sacrifice que Dieu, je crois, demande de vous. Ne vous y trompez pas; il ne s'agit pas de renoncer à des espérances qui peuvent se réaliser dans l'avenir, mais de prendre le seul moven véritablement efficace pour vaincre une pas-

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sidii i|ui \(>us avait xairiciic cl i|ii il ne ^■^^us est pas permis, ilans FincertiLude oii nous êtes sur vos futures destinées, de nourrir volontairement. Voilà ce que j'ai dû vous dire, même avec la certitude de vous ailliger; voilà ce que, plus tard, vous me saurez gré de vous avoir dit. C'était de ma part un devoir pénible, etjamais je ne vous donnai de marque plus certaine d'attachement Vous avez été sur le bord de l'abîme : examinez ce qui s'est passé en vous-même depuis un mois, tout ce que vous avez pensé, tout ce que vous avez souffert, tous les projets, toutes les idées vagues qui ont traversé votre cœur, et puis dites-moi s'il n'a pas fallu une protection toute particulière de Dieu pour ^ous alfermir au milieu de ces orages, et s'il n'y aurait pas plus que de l'imprudence à vous y exposer de nouveau. Vous craignez que M. C... s'éloigne, si vous cessez de le voir et de lui écrire, jusqu à ce (jue NoIre position se soit éclaircie. Mais que seraient-ce donc alors que ses senliments? et ne pouvez-vous faire votre devoir (ju il n()rii)lie le sien? Quand il ne s'agirail que de voire bonheur terrestre, une épreuve de cette nature serait encore un conseil de la sagesse. Il y a eu bien des choses obscures dans ce qui s'est passé, et quoi qu'il arrive, vous ne pouvez vous ménager trop de garanties. Revoyez M. D... conduisez-vous par ses avis, et ne vous rebutez point de ce qu'ils peuvent avoir d'un peu dur dans la forme. Gela même est pour vous un moyen de sanctification, et d'autant meilleur qu'il n'est pas de votre choix. Je ne saurais vous dire encore l'époque fixe de mon retour à Paris. Cela dépend de ma sœur', qui veut venir voir ses enfants après trois années de si-paration. Je pré-

M'"" Amko, Bhtizo.

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.siinio (('pondanl que nous arriverons dans la première seniaiiu' do septembre. Adieu, madame, Je pense à vous et prie pour vous avec le plus sincère et le plus tendre attachement.

La Chênaie, flimanchc l»' août.

Vous avez vaincu dans le dernier combat; j\^n bénis Dieu de qui vient toute force. Maintenant vous goûterez sa paix, une paix triste peut-être, mais pure et inaltérable. Il n'y a plus rien entre le ciel et vous, que cette vie qui passe si vite. J'étais affligé de la peine que je savais devoir vous causer ; j'avais aussi quelque inquiétude: maintenant je ne sens plus que la joie d'une victoire qui vous élève si haut, et pour laquelle vous devez à Dieu tant d'actions de eràce. Par ce qu'il a fait pour vous en cette occasion, iuoez combien vous lui êtes chère, et ne doutez pas que ses plus abondantes, ses plus salutaires bénédictions ne soient le fruit et la récompense d'un sacrifice que lui seul pouvait vous donner le courage d'accomplir. Chose admirable, le vrai bonheur est de renoncer à ce que tous les hommes appellent des biens, de s'oublier, de se résister à soi-même, de poursuivre et de combattre dans ses derniers retranchements cet indestructible moi, source de toutes nos peines et de toutes nos fautes, pour ne tenir à rien qu'au devoir, et ne plus vivre que de Dieu, aliment infini de notre pensée et de notre cœur. Le monde est si à plaindre, il est si aveugle qu'il ne conçoit même pas cette grande, cette ineflable félicité des souffrances, qui précède et enfante, pour

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ainsi dire, rélenicllf IV'licilp de la joii;. IMalheur, luallieiir au inoncle ! (^alnie, allégresse, consolations toujoni's renaissantes à ceux (jui le quittent en esprit de foi !

La mort de cette ])onne supérieure me touciie particulièrement à cause de vous. Pour elle, il n'y a qu'à se réjouir de ce ijue la Pro\ idence ait abrégé son temps d'épreuve. Au reste, ne croyez pas que vous soyez seule ; vous a^ez votre bon ange qui ne se sépare jamais de vous; vous avez la Sainte-Vierge qui vous regarde avec complaisance ; vous avez surtout le tendre et divin consolateur, roi)j(ît de votre amour, l'époux de votre âme, avec qui vous pouvez converser sans cesse. Est-ce donc là être seule? et puis vos parents, vos vrais amis, qui s'attachent et s'attacheront de plus en plus à vous, si c'est possible. Oui, sûrement, je vous verrai, el souvent et longtemps, en avez-vous pu douter? Je serai plus à vous, à mesure que vous serez plus à Dieu; vous m'aiderez à aller à lui, et vous ranimerez ma faijjlesse, qui est bien gi'ande. Mais de grâce, ménagez votre santé ; je crains que vos travaux ne soient trop considérables. Renoncez à toute fatigue excessive, et gardez dans le bien même une certaine mesure que la sagesse recommande. Il faut absolument que vous ayez une chambre pour vous seule. Cela est indispensable. Ne négligez rien pour l'obtenir. Je ne sais pas encore exactement à quelle époque je serai de retour à Paris. Je n'ai presque pas vu mon frère. Il ne peut venir ici que le 16 ou le 17. Ainsi, je ne présume, pas pouvoir partir avant la fin du mois. Je vous marquerai plus tard ce qui en sera. Ma santé est beaucoup meilleure, maisjeperds mon temps. Les importuns se succèdent sans interruption, et ne me laissent pas le loisir de travailler. J'ignore où en est l'impression des

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Mvlinn/esy Adieu, je suis (oui à vous Itirii (ciitlicmcnt en Notre- Soigneur.

LVTII

A la Chêna'c, le 8 août.

N'avanl point ici de bureau de poste, il arrive assez souvent que nos lettres sont retardées. Il faut ([ue les vôtres me soient envoyées de Saint-Malo ; il tc'ul que j"v envoie les miennes, et les occasions ne concordent pas toujours avec l'arrivée et le départ des coun'iers. Voilà l'explication du silence apparent qui vous a inquiétée. Ne croyez pas que je vous oublie un seul moment. Vous m'êtes sans cesse présente ; je vois vos soullVanres. j'y compatis et voudrais les soulager. Mais ne les aigrisscz-v(.us point par vos réllexions. vos craintes, par une sorte d'obstination triste à vous nouirir de votre douleur? Je vous dirai avec francbise que ^otl•e drrniJ'ic iellre m'afflige singulièrement. J'attendais de vousjdusde force, plus de constance, plus de ce calme t(ue donne un abandon parfait à Dieu. La passion vous maîtrise encore ; vous vous cramponnez à la terre, à mesure que la Providence s'elforce de vous en détacber. Les choses de l'autre vie vous toucbent peu ; vous n'êtes sensible qu'aux espérances dont vous auriez dû depuis longtemps reconnaître la vanité. A quoi sert de cbercber Je bonbeur où il n'est pas ? Vous vous raidissez contre l'ordre éternel. De là ces angoisses qui vous tuent et brisent votre âme en pure perte.

< Lami'iiuais préparait en ce moment la publication d'un pelit volume qui parut cette même année sous ce titre : Mélauf/es relu/ieii.v et philo'fopinqiie.t.

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Oli ! si VOUS connaissiez la iclij^ioii ! clic <j;iici'irai(, bien vite toutes vos plaies ; mais c'est cette j^uérison même que vous craij^nez. Quelle, morf, dites-vous, après tant de vie! Est-ce que ce mot ne vous cdVaie pas? Appelez-vous donc vie, un amour qui passe, et le sacrilice de vous-même à la créature ? Revenez, revenez ; la vie n'est pas là. Ouvrez les yeux sur le néant de ce qui vous séduit. Ainsi donc, à vous entendre, l'obéissance au devoir, l'exercice de la vertu, les consolations de la foi, l'amour infini de Dieu^T 1 éternité et ses espérances, ses joies, sa félicité, tout cela, c'est la mort! Non, vous ne l'avez jamais pensé; c'est votre boucbe seule qui a pi-ononcé ces paroles que votre cœur désavoue. Je n'en doute pas, j'en suis certain, mais voyez de grâce si le sentiment qui vous aveugle à ce point peut être toléré, s'il peut être nourri volontairemenl. Je m'en rapj)ortc à vous-nicmc. La conduite de Dieu sur vous est admirable. Il vous a sauvée du plus grand danger où peut-être vous fussiez-vous trouvée encore; il vous en a sauvée malgré vous. Vous le r(M"onnaîtrez plus tard. En attendant croyez, ayez confiance, aimez le Dieu (jui vous donne de si toucliantes pj-euves d'amour. Rien ne vous paraîtra pénible quand vous aurez pour lui ce môme amour qu'il a pour vous. Fortifiez votre âme par la prière, les sacrements, les pieuses lectures ; peu à peu vous sentirez renaître la paix qui vous fuit, ou plutôt que vous fuyez. Abandonnez l'avenir à la Providence. C'est elle qui en dispose, et non pas vous, beureusement pour votre bonbeur. Nous ignorons ce qu'elle nous réserve, mais nous savons que rien n'arrivera que pour notre bien, notre véritable bien, qui est le salut; ne voulez-vous pas vous remettre tout entière en de si douces et si puissantes

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mains"? Je ])ailirai à la lin du mois, et jCsprrc à ceLb; i''pO(|iit' ailmiiei- en nous (U^ nouveaux ellets de la gràco divine, et vous trouver en possession de ce calme qui, dès ici-bas, est la récompense de notre fidrlité. Adieu, comptez sur mon dévouement et ma tendre aiïection.

A la Chênaie, le 13 août.

Je reçois votre lettre du 8 août. Je n'ai qu'un moment pour y répondre. Qu'il me tarde de pouvoir m'enlretenir avec vous, de vous entendre, de vous répondre, de vous dire tout ce que je souffre en vovant combien vous soufîrez. Ce temps viendra, et puissè-je alors recevoir de Dieu quelques-unes de ces paroles qui calment, et que lui seul connaît. Ma dernière lettre vous aura peut-être peinée. S'il s'y trouve quelque chose de trop rude, je le désavoue, et vous en demande pardon. Mais je voudrais vous voir plus de courage, plus de cet esprit de foi à qui tout cède, et de cet amour qui remplace tout. Ce qui fait votre tourment, ce qui déchire votre cœur, c'est quil est partagé, c'est qu'une passion toute terrestre le domine encore. Vous êtes attirée violemment en deux sens opposés. Terminez ce combat, et vous serez heureuse. « Vous ne demandez, dites-vous, qu'une goutte d'eau; mais cette eau, se peut-il que la religion en ouvre la source ? » Oh, comihen vous serez étonnée de vous-même, lorsque, les illusions qui vous séduisent étant dissipées, vous verrez les choses telles qu'elles sont ! Aujourd'bui, vous ne le pouvez pas; il y a comme un voile entre le ciel et vous. Il

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VOUS laut un bonheur acluel, quehjuc^ cliosc quo vous sentiez, autremi^nt la xw vous devienl insujip()rlal)le. Maisesl-celà cequeJésus-ClirisI vous a pioniis / Eslcelà ce que vous avez lu dans son Evangile? Y esl-il dit qu'on n'ait jamais à lutter contre ses penchants, jamais à se vaincre, à se sacrifier soi-même? Je tueurs tous /es jours, disait saint Paul ; et c'est que tous les jours il portait cette croix dont se doivent charger tous les vrais disciples de Jésus. Ce que vous éprouvez, tous les saints 1 ont, de manière ou d'autre, éprouvé comme vous, et avant vous, et plus douloureusement que vous. Ils ont été fidèles dans la souffrance, et voilà ce qui les a faits saints. Vous comptez pour trop le temps qui vous est donné ici-has ; voyez au delà, portez vos regards sur l'éternité, et tous vos troubles s'apaiseront. Je vous engage furlement à rester oi^i vous êtes, jusqu'à ce que votre sort se soit éclairé. On a eu raison de s'opposer au projet que vous aviez conçu. Vous n'êtes pas assez calme pour prendre aucun parti. Attendez, et cependant ayez soin de votre santé, que tant de secousses détruiraient à la long-ue. Je ne cesserai point de prier pour vous et de vous être tendrement dévoué.

Saint-Malo, 21 août.

J'arrivai ici hier au soir, et je suis ce matin accablé de visites. Je me dérobe un moment pour répondre au moins quelques mots à votre lettre du 16. Vous ne vous trompez pas quand vous pensez que mon affection est toujours la même. Je vous lai dit bien des fois, je ne changerai jamais, mais mon amitié

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