INTRODUCTION XVII
souvonirs VOUS me rappelez!) je mettrais mon Ijonlicur à faire passer jusqu'à lui loutc l'afTecliou dont je serais l'objet. Si j'avais connu M. Benoist avant vous, j'aurais voulu qu'il vous aiuiiit. Si vous ne le connaissiez pas encore, je voudrais que vous l'aimassiez. Je ne sens qu'un désir, c'est d'augmenter le bonheur de ceux que j'aime, et ne trouvant en moi-même qu'impuissance à cet égard, j'appelle à mon aide d'autres affections et plus vives et plus douces. Ma grande misère ne me laisse que cette voie de répondre aux sentiments qu'on daigne m'accorder.
L'orage ne tarda pas à s'apaiser, et cette amitié à trois, 01^1 Lamennais s'attribuait un rôle plus modeste que celui qu'il tenait en réalité, dura encore de longues années, jusqu'au jour où, moins fidèle que M'"' (le Lacan, Benoist d'Azy, fit défection. Dans la vie intime de M"'^ de Lacan, un événement devait bientôt survenir qui apaisa son cœur, en donnant une satisfaction légitime aux besoins de sa nature passionnée. Mais cet événement devait encore être précédé pour elle d'un temps d'épreuves auxquelles Lamennais fut étroitement mêlé. Il eut à lui demander un grand sacrifice, et ses exigences mêmes établirent plus solidement encore son influence sur elle, car il y a certaines natures de femmes dont on obtient d'autant plus que plus on leur demande.
M""* de Lacan était, nous l'avons dit, depuis longtemps séparée de son mari. Quelques mois après son entrée en relations avec Lamennais, M. de Lacan tomba malade. M"" de Lacan se conduisit avec beau-