XVIII INTRODUCTION
coup (le noblesse. Elle olTi'itde venir s'installer, ponr 1(> soiuncr. au chevet Je celui dont clic n'avail eu (|u";i se jjlaiiulrc. l\Ial cnlourc, M. de Lacan refusa, et il mourut sans secours d aucune sorte. Le lendemain de cette mort, Lamennais vint voir M'"^de Lacan. La trouvant attristée et troublée de ce qu'elle appelait la fin aride de son mari, il lui dit ces paroles miséricordieuses dont, bien des années après, le souvenir devait lui revenir : « Un seul mouvement vers Dieu, le dernier soupir exhalé vers lui suffit à sa miséricorde ; ce qui est imperceptible aux hommes, il le voit et s'en contente. »
A vingt-neuf ans. M"® de Lacan se trouvait donc veuve et libre. Son passage dans le monde avait été trop brillant pour qu'elle demeurât long'temps isolée. Elle fut recherchée en mariage par un galant homme, le baron Cottu, conseiller à la Cour royale de Paris, qui sut toucher son cœur. Elle agréa cette recherche et leur union allait être conclue, lorsque la famille du baron Cottu y fit opposition, obéissant, à ce qu'il semble, à des motifs assez mesquins. Le baron Cottu était riche. M"'" de Lacan n'avait que peu de fortune. La famille du baron Cottu l'accusa d'avoir, en agréant cette recherche, poursuivi des vues intéressées. Indignée de cette calonmie, M""^ de Lacan rompit son engagement et, se laissant aller à un de ces mouvements impétueux auxquels elle était sujette, elle forma le projet de rompre avec le monde et de se réfugier dans une maison religieuse où elle mènerait désormais une vie de retraite et de bonnes œuvres.
L'appui moral de Lamennais ne lui fit pas défaut