‹ Le prêtre et l'amiChapitre 9 sur 58 · INTRODUCTION XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXI

Ueslcz donc où vous êtes, jusqu'à ce que votre sort soit mieux éclairci. Ne sortez qu'à des jours fixes, pour aller aux Missions et chez vos parents, et encore si vous êtes certaine de ne pas rencontrer chez ceux-ci l'homme que vous ne devez pas revoir, tant que votre position sera douteuse, par la volonté des autres ou par la sienne. Et moi aussi, je vous parais dur, je le sens, et cependant, jamais je ne vous donnai de plus sûre marque d'affection qu'en ce moment même. Il faut que vous vous vainquiez, il le faut absolument. Dieu le veut. Je vous le demande en son nom ; je vous en conjure à genoux. Soyez vous, c'est-à-dire résolue à tout ce qu'il y a de bon, de noble, d'honorable et de saint, quoi qu'il vous en doive coûter. Je vous reverrai bientôt : qu'est-ce que cinq ou six semaines ! N'altérez pas votre image au fond de mon cœur.

M'"" de Lacan cède à cette objurgation. Elle consent au sacrifice qui lui est demandé ; elle accepte de demeurer dans cette maison de retraite où elle avait cherché un refuge provisoire, de ne plus voir riiomme qu'elle aime; mais la vie, ainsi dépouillée de tout intérêt de cœur, lui paraît désormais vide et décolorée. Elle tombe dans le désespoir, et, sincère autant qu'elle était passionnée, elle fait à Lamennais l'aveu de ce désespoir. Aussi s'attire-t-elle une nouvelle lettre, plus sévère encore que la précédente, bien que la sévérité en soit tempérée par l'affection.

... Ne croyez pas que je vous oublie un seul moment. A^ous m'êtes sans cesse présente; je vois vos souffrances, j'y compatis et voudrais les soulager. Mais ne les aigiissezvous point par vos réflexions, vos craintes, par une sorte d'obstination triste à vous nourrir de votre douleur ?...

Je vous dirai avec franchise que votre dernière lettre m'afflige singulièrement. J'attendais de vous plus de force, plus deconstance,plusde cecalme quedonne un abandon parlait

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