‹ Le prêtre et le medecin devant la sociétéChapitre 23 sur 37 · S II · texte numérisé non relu

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II faudrait des volumes pour rappeler, nièmc sommairement , tous les travaux littéraires et sieiuiliqucs du clergé et des moines. 'Les services qu'ils ont rendus aux sciences et aux arts sont immenses, incalculables, bien que souvent ils aient été mal appréciés et mal jugés. Nous ne dirions rien de ceux qui se sont attribué quelquefois leurs pensées et leurs découvertes, si, dans ce siècle de progrès, on ne nous donnait çà et là pour invention moderne ce qui était parfaitement connu au moyen -âge, dans ces temps de grossière ignorance, comme on seplait à nous les dépeindre, où, dit-on, il faisait nuit pour les lettres et les sciences.

Aujourd'hui, on s'extasie devant la men'eilleuse décoin^erte de la monarchie conslitutionnellc. JNos savants politiques sont si érudits qu'ils s'en attribuent sans façon la gloire. Eh bien, ce n'est pas aux profanes qu'il a été donné de trouver ce bien là; il faut venir dan.s l'Eglise catholique, et remonter à saint Thomas - d'Aquin. Cette espèce de gouvernement, dit- il, est la meilleure, étant bien mélangée et tempérée de royauté, en tant qu'un seul présidcj et d'aristocratie, en tant que plusieurs gouvernent selon la vertu j et de démocratie, c'est-à dire

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de la puissance du peupl.'. Et ii'('talt-ce pas la forme goiivei'nemoulale dv's Hébreux , de ce peuple iiiodMc! Quand il se lassa de ses juges, Dieu, qui lui accorda des rois, le lll avec une espèce d';nd gnation , el l'aveilit du danger de la tjraiini.; et du de^potihuie. (l^e^. lib. i , c. 8.)

Celle sag.^ el égale pondération des trois pouvoirs, dont parle sanii Thomas, est l'essence et la perfection de loui i;onvernenient conslilulionnel ou repri-henialif. \ oici le îexte remarquable du saint docteur : « Tal/s eiiim est opt'nna poUtia hcne cominixta ex regno^ iriqiicmtiun iinus prœest : et aristocratia , inqiuinlum niultl principantiir secundUni virtiUein : et eoc democratidy id est , potes tate popiili ^ inqiiantiim ex popularihus possunt eligi piincipes : et ad populiLin pertinet electio principum : et hoc

fnit instituliun secundhm legem divlnani

Dicenduni, quod regiiiini est optimum regimen popiiU, si non corriimpatur : sed propter jnagnam potcstatem quœ régi conceditur, de fcicili legimen dégénérât in lyrannidem , nïsi sit per- J'ecta virtus ejus , oui tciLis potestas conceditnr : quia non est nïsi virtuosi henh ferre honas for-

iunas Et ideb Dominus à principio eis fJu-

dœisj regem non instituit cum plend poteslate : sed judicem et guheniatorem in eoium custodiam : sed posleà regem ad petitionem populi

indigna tus concessit. (Sumina. Pi'iina sccundee. Quœst. CV. concl.)

Tout le monde admire ce mot de Pascal, qui, selon M. rvhorbachcr , parlerait de la nature : « C'est une sphère infinie dont le centre est partout et la circonférence nulle part. » Eh ])ien encore, ce mot a éié proclamé plusieuis siècles avant Pascal par un moine, un docteur de riiglise , par saint Bonavenlure. Voici comme il s'expriuje dans son Itinerarium mentis ad Deiim (cap. 5) : « Quia s impliciss unum et maocinnini y ideh totum intra omnia et totnm extra omnia ; ac per Jioc est sphœra intelligibiLis ,

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