‹ Le prêtre et le medecin devant la sociétéChapitre 30 sur 37 · Classe · texte numérisé non relu

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On voit, d'après ce tableau, que, poui' le culte protestant ou de la minorité, le traitement de la iroisicme classe est éiial à celui du culte catholique ou de la très-grande nîajorité des Français. D'où provient donc cette diflérencc de traitements ou celte préférence accordée aux cultes dissidents, malgré la charte qui veut que tous les cultes obtiennent la même protection? On dira sans doute : c'est parce que les ministres ont femme et enfants, etc. Mais alors, si leur système religieux leur crée plus de besoins, c'est à leurs corréligionnaires à couvrir cet excédant de dépenses et non pas aux fonds publics. Que l'on paie sur ce taux les pasteurs catholiques, cl il faudra un surcroît de dépenses de plus de vingt millloîis. El, après cela, l'on entendra des éco-

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nomisles et des socialistes philanthropes s'apitoyer sur le célibat des prêtres catholiques, et l'on voudrait qu'ils eussent, comme les protestants, femme et enfants, etc.! Étranges inconséquences des hommes!

11 serait fort à désirer que le clergé français pût un jour se sulhre à lui-même, vivre indépendant et ne recevoir aucune rétribution, aucun salaire de l'Etat. C'est alors et alors seulement qu'il serait véritablement libre, et qu'il se gouvernerait, en tout point, suivant les lois et les canons de l'Eglise. L'Eglise n'a pas besoin de l'appui et surtout des faveurs des gouvernements, elle n'a besoin que de la liberté commune. Ainsi, le clergé de France ne réclame que sa part de liberté légale, c'est-à-dire celle que lui donne la charte. Quant au traitement que le gouvernement lui fait, tout le monde sait que ce n'est là qu'une faible restitution qu'il est obligé de faire à l'Eglise de France, en vertu de l'article i4 du concordat du 26 messidor an IX (1801).

Mais, dira-t-on sans doute, vous proposez là une chose moralement imposslljlc et irréalisable. Les populations, dans notre siècle d'indifTérence religieuse, n'ont généralement presque plus de leligionj n'ont plus cet esprit de foi qui est capaljle de grands sacrifices et d'une grande puissance d'actioiij elles sont toutes absorbées par les intérêts maléiiclsdc ce monde, ne s'occupent

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plus (Je ceux de l'autre vie ou de leur salut éternel, et, par conséquent, elles ne seront guère touchées du sort du clergé et l'abandoiineront à sa fatale et malheureuse destinée.

A toutes ces raisons plus ou moins vraies ou spécieuses, nous répondons : Vous dites que les peuples n'ont plus l'esprit de foi. Eh bien! régénérez-les par l'éducation et l'instruction religieuses; et, pour y mieux réussir, emparez-vous de la génération naissante, nourrissez-la du lait abondant de la doctrine chrétienne et du pain substantiel delà foi catholique et delà philosophie religieuse; prenez votre part de liberté que la charte vous accorde, enscii^nez librement et hautement les populations en vertu de la plus haute de toutes les chartes : Docete onines gentes ; élevez-les à la hauteur de leur caractère catholique par l'enseignement religieux, philosophique et scientifique; défendez-vous, s'il est nécessaire , et par la puissance de vos écrits, et par un organe ofticiel de la presse catholique, et surtout défendez- vous sur le terrain du droit, au grand soleil de la science et au grand air de la liberté, mais avec les seules armes de la légalité, de la justice et de la charité.

Sans doute vous rencontrerez sur votre chemin de grands ol)Stacles, d'iuimenscs dillicuUés; vous aurez à gémir sur des injustices, des ingratitudes, des inlldélités; sur les maux iioml)reux de l'E-

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i^lise, etc. Comment vaincre ces difficultés, comment surmonter ces obstacles, comment cicatriser ces plaies, réparer ces maux , réprimer ces désordres? Nous l'avons déjà dit ailleurs, pour tous ces maux il n'est qu'un remède, mais c'est un remède sûr, eflicace, spécifique; c'est celui que l'Eglise, depuis ses premiers, ses anciens jours, a toujours employé avec une souveraine cflicacité et avec un merveilleux succès; ce remède que Dieu a donné à son Eglise pour la guérir de tous ses maux et lu rendre pure et sans triche, c'est la tenue réi^ulière des conciles et des synodes. Voilà toute la question; mais aussi c'est la plus haute des questions, c'est la question vitale de l'Eglise de France.

Voici, d'après le R. P. Ventura, l'expression des sentiments du clergé irlandais. A ceux qui voulaient affaiblir la constance du clergé par la perspective d'une riche dotation qui l'aurait soustrait à lu dure nécessité de mendier son pain, ce noble clergé n'iiésitait pas à lépondie : « Les chaînes, lussent-elles d'or, sont toujours des chaînes; mieux vaut une liberté pauvre qu'un opulent esclavage. L'honneur peut s'allier à la pauvreté, mais l'infamie est la compagne inséparable d'une servitude volontaire. Prêtres pauvres, nous sommes plus respectés que les riches prébendisles de l'hérésie. L'J'^glise n'a pas besoin <pi'on l'aide à bien vivre, ujais qu'on la laisse

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