LE PhÊTKE
bien faire; clic n'a pas besoin de richesse, mais de liberté «.
Voici un autre passage tiré, non d'un écrivain étranger, mais d'un auteur français, et, qui plus est, d'un prêtre français que nous avons déjà eu occasion de citer plusieurs fois.
Wavons-nous pas, dit-il , à notre porte un sublime exemple, l'Irlande et l'Angleterre! Le ministère anglais parle d'une subvention en faveur du clergé catholique : qui n'eût souri, chez nous, à cette marque de bienveillance? Mais ce seul mot a fait frémir le J)on peuple irlandais. Il a porté un regard plein d'inquiétude sur son clergé, il l'a interrogé avec angoisse. Celui-ci n'a point hésité; il a répondu par u!ic déclaration solennelle qu'il n'accepterait aucune su))vcntion, et le peuple a crié hourrah ! 11 a icconnu ses vrais pasteurs , et il continuera de s'épuiser jusqu'au sang pour les payer de leur noble désintéiessement et de leur (Idélilé à la cause nationale. Et il vit, ce clergé, et il prospère, et il conserve par un miracle permanent son tioupeau dans la pureté de la foi, malgré toutes les séductions de l'erreur et du pouvoir. Qu'il est grand cet épiscopat irlandais dans sa pauvreté! qu'il est puissant dans sa liberté et par son admirable unité! Les fiers despotes qui l'ont torturé avec une fureur sans égale sont condamnés maintenant à compter avec lui. Les lois qui touchent à la i c-
DEVANT LA SOCIÉTÉ. S/jQ
liglon, il les discute clans ses assemblées, il les approuve, les modifie ou les rejette. Sa décision lève tous les obstacles ou établit un mur d'airain entre la loi et la conscience de son peuple. Je ne sais si jamais le monde a offert un spectacle plus sublime !...
Enfin , nous terminerons toute la première partie de cet ouvrage par une citation relative aux qualités que doivent avoir les prêtres et les religieux, et à la fin qu'ils doivent se proposer.
ff Les Prêtres et les Pvcligicux se plaignent quelquefois que le monde, même le monde chrétien, est injuste à leur égard. Ce peut être vrai pour des moments et des cas particuliers; mais, en général et à la longue, le monde est plus juste qu'on ne croit. Prêtres et Religieux de tous les siècles et de tous les pays, soyez ce que vous devez être, soyez saints, soyez savants, soyez charitables, soyez zélés pour le salut du monde, cl le monde vous tolère, et le monde vous admire, et le monde vous aime, et le monde se donne à vous et par vous à Dieu. Mais si vous n'êtes pas ce que vous devez être, si vous n'êtes ni saints, ni savants, ni charitables, ni zélés; si au lieu d'être la lumière du monde et le sel de la terre, vous vous éteignez et vous affadissez vous-mêmes, n'est-il pas juste, comme il vous est prédit dans l'Evangile, que vous soyez jetés dehors et foulés aux pieds?Or, tel est au fond le se-
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crct providentiel de ces grands boulevcrsemenls parmi les nations chrclicnnes qu'on appelle révolutions.
« En général, tout le bien et tout le mal qui est dans le monde vient des Prêtres. Jésus-Christ, qui a sauvé le monde par sa mort sur la croix, est le Prêtre par excellence. Les apôtres et leurs imitateurs, qui, par d'infinis travaux, convertissent à Jésus-Christ et civilisent les nations, sont des Prêtres; mais aussi. Judas, qui vend Jésus-Christ par avarice, est un Prêtre; les pontifes de Jérusalem, qui l'achètent et le crucifient par envie, sont des Prêtres. C'est un Prêtre et un curé d'Alexandrie qui attaquent sa divinité; un Prêtre d'Antioche, devenu évêque de Constanliuople, qui attaque l'unité de sa personne; un Prêtre et moine de Conslantinople , qui attaque la distinction de ses deux natures : ces trois hérésies, chacune à part, mais surtout résumées dans celle de Mahomet, séduisent et corrompent des nations entières, et pour des siècles, en Europe, en Asie et en Afrique. Un moine allemand, un curé français, révolutionneront les populations de l'Allemagne, de la France et de l'Angleterre, et y allumeront le volcan de l'impiété et de l'anarchie, qui probablement ne s'éteindra que quand il n'aura plus rien à cnosumer. On le voit, le bon Prêtre est dans la main de Dieu un instrument de tout bien , le niauvais
Prclrc est sous la main de l'enfer un instrument de tout mal. 11 n'y a rien de pire que la corruption de ce qu'il y a de meilleur. Ce qui expose le Prêtre et le Religieux plus communément à se corrompre , c'est l'attachement aux biens de la terre. C'est par là que Judas a vendu et trahi le Fils de Dieu; c'est par là que les Prêtres des Juifs l'ont acheté et crucifié. Par là, plus d'un ordre religieux, comme plus d'un Prêtre séculier, d'abord fervent et exemplaire, a fini par la nullité ou même le scandale. » (^Hist. univ. de l'Egl. cath., par M. Rhorbacher, tome 18, p. 557.)