‹ Le prêtre et le medecin devant la sociétéChapitre 7 sur 37 · ET AUX MEDECINS. XJ · texte numérisé non relu

ET AUX MEDECINS. XJ

IN'est-il pas en effet de la dernière évidence que c'est Ja religion seule qui a guéri, par l'organe du clergé catholique, ces plaies hideuses et presque désespérées, plaga desperata comme parlent nos livres saints? El n'en doutez pas, c'est la haute, la divine puissance du catholicisme qui soutient encore aujourd'hui la société et l'empêche de se dissoudre et de se gangrener complètement.

Si le sacerdoce du prêtre est plus nécessaire à l'ordre social que celui du médecin, c'est parce qu'il est surhumain, divin, et placé dans une région plus pure, plus élevée, et parce qu'il exerce son action principale sur les âmes ou les êtres moraux, et sa surveillante sollicitude sur les mœurs des peuples ou la morale publique.

Le sacerdoce médical, pour n'être que d'une nécessité secondaire, n'en tire pas moins aussi sa sanction d'un oracle divin. L'Ecriture dit : Honora medlcum p rop ter NECESSITATES. 'f etenim illuni creavit Altlssimus. (Eccli. 58- 1.) Il résulte de ce texte sacré qu'une nécessité est constatée, et que l'homme désigné pour satisfaire à cette nécessité n'est point une personne quelconque, mais le seul médecin, medicum propter nécessitatem. Le médecin est donc l'homme de la nécessité ou le ministre nécessaire. Il est donc aussi par là même le dispensateur compétent des moyens que la Providence met à sa disposition dans la

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lîn qu'elle a elle-même déterminée, comme le prêtre est le dispensateur d'un ordre de choses infiniment supérieur : Altissimiis creavlt de terra mediccnnenta y et vir priidens non ahhorrehit illa. (Eccli. 58-4) L'expression vir prudens est ici l'équivalent de médecin , l'homme prudent appelé pour faire un sage et judicieux emploi des médicaments que le Très-Haut a créés; car la prudence dans le choix des remèdes n'est ici autre chose que la médecine. Donc le médecin, l'homme nécessaire , usera prudemment des médicaments que Dieu lui met entre les mains. Le sacerdoce, ouïe ministère médical, est donc une profession nécessaire, puisqu'elle est instituée et autorisée par un oracle du Saint-Esprit.

Le prêtre et le médecin sont donc les deux hommes les plus nécessaires de la société, les deux hommes sociaux par excellence. Mais il faut les considérer un instant, au moins d'une vue générale, sur la grande scène du monde, c'està-dire qu'il faut apprécier l'action de ce double sacerdoce sur la masse entière de la société. Nous ne présenterons ici qu'un très-léger aperçu; les détails sont réservés pour le corps de l'ouvrage.

Le prêtre et le médecin reçoivent l'homme à son entrée dans la vie , l'accompagnent et lui servent de guides sur la route du temps, et ne le quittent que lorsvqu'ils l'ont déposé sur le seuil

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de l'éternité. C'est une loi universelle dans le inonde civilisé, ou du moins dans le monde catholique.

Telle est la sublime, la magnifique mission du prêtre et du médecin en présence de la société : du berceau à la tombe , de la vie à la mort, du temps à l'éternité.

La médecine, par un de ses organes, préside à l'apparition de l'homme en ce monde , lui assure la vie matérielle et au besoin la vie spirituelle. Ces devoirs accomplis, elle environne le nouvel être de tous les soins que réclame sa jeune et frêle existence. Le ministre sacré, de son côté, lui imprime le sceau chrétien en le régénérant par le sacrement du baptême. L'eau baptismale est l'eau sanctifiante et purifiante par excellence, dont l'eau lustrale des prêtres païens n'était qu'une vaine et impuissante copie.

Ce petit être humain , pour croître et se développer, n'a besoin que du lait matériel, jusqu'à ce qu'il puisse se nourrir d'un aliment plus fort, du lait spirituel et du pain de la parole, ou du moins de quelques miettes du pain substantiel de la parole de Dieu. Non in solo pane vi^^it homOj sed in omni verbe quodprocedit de oreDei. (Matth, 4"4-) J® vous ai donné à boire du lait, dit saint Paul aux Corinthiens, et point une nourriture plus solide dont vous n'étiez pas encore capables de supporter la force Lac vohis po-

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tain dedl, non escam : noiidum enim poteratls. . . (Cor. 1-5-2.)

La vigilante sollicitude du médecin doit s'exercer à l'égard de l'enfant dès l'âge le plus tendre, même de deux ou trois ans , afin de le guérir ou de le préserver des maladies éruptives ou autres aifections propres à cette période initiale de la vie. Mais surtout, et même des les premières années , comme de deux ou trois ans jusqu'à la puberté et au-delà, l'homme de l'art, de concert avec la mère de l'enfant, doit avec un soin extrême, infini, veiller sur celui-ci, afin de le prémunir efïicacement contre les premières atteintes ou le développement des mauvaises habitudes. La négligence ou l'oubli de cette précaution est souvent la source ou la cause des plus grands malheurs, tant moraux que physiques. Il sera donc très à propos de faire élever les enfants avec une certaine mesure de rigueur ou d'austérité physique, afin d'empêcher que la sensibilité ne se développe trop ou ne s'exalte vicieusement. Faites développer le système musculaire par l'exercice physique ou la gymnastique, et tout ce qui s'y rattache comme les jeux, les courses , etc. Par là vous vous opposerez au développement d'une sensibilité excessive, vicieuse ou dépravée, et par là même aussi vous mettrez un puissant et salutaire obstacle au développement du vice ou de l'affreux penchant à l'onanisme.

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