‹ Le prêtre et le medecin devant la sociétéChapitre 9 sur 37 · XVJ AUX PRETRES · texte numérisé non relu

XVJ AUX PRETRES

homo (Eccl. i2-i5)(i); c'est \eporru uniuii necessariiuji; c'est l'homme intellectuel, moral et social. Ainsi la parole, la connaissance et l'amour de Dieu et du prochain , sont les trois attributs nécessaires de l'humanité, sans lesquels l'homme ne peut exister, ou du moins n'existerait que comme être humain purement physique (vrai sauvage), comme les petits enfants {infantes^ non parlants), doué comme eux de la capacité de devenir, par l'éducation morale, un homme normal, physiologique et psychologique, c'est-à-dire un être intellectuel, moral et social. Maintenant, quant à l'instruction naturelle ou purement humaine, qui n'est qu'une nécessité du second ordre établie pour l'utilité et le parfait développement de la société, il faut la faire progressivement, suivant l'évolution successive des facultés intellectuelles de l'enfant. Il faut le dire ici, généralement on commence cette instruction beaucoup trop tôt, à un âge trop tendre. Tout aujourd'hui est avancé et prématuré, nonseulement dans l'ordre intellectuel, mais encore dans presque toutes les choses naturelles et usuel-

(i) « Partout, dit M. de Maistre , où vous verrez un autel, là se trouve la civilisation. Le pauvre , en sa cabane où le chaume le couvre , est moins savant que nous, sans doute, mais plus véritablement social, s'il assiste au caléchisme et s'il en profite. » 'Soirées de Saint- Pe'ters bourg, t. i.j

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les de la vie. On appelle à son aide la science; on tourmente les arts et l'industrie pour hâter et multiplier les jouissances ou les voluptés matérielles; on se hâte de vivre et de jouir, car le temps presse et fuit; on ne travaille plus pour l'avenir, on ne travaille que pour le présent et pour soi.

A voir ainsi les pauvres humains s'agiter et se ruer sur les choses matérielles et présentes, il semble qu'un vif pressentiment de la fin de toutes choses les pousse fatalement dans la carrière difljcile de la vie. On veut jouir à tout prix, tout de suite, à temps et à contre-temps, per fas et nef as j dût-on même abréger ses jours. Et, en effet, tous les jours on le fait. Le mot de Sénèque est aujourd'hui bien véritable : non accepimus vitam brei^em^ sed facimus.

Il en est à peu près de même dans l'instruction des enfants. Les parents, bien mal avisés, veulent jouir aussi de la précocité intellectuelle de leurs enfants; ils veulent avoir de petits savants à dix ans, et ils auront des hommes imbéciles ou stupides à vingt-cinq.

Il faut donc laisser l'organisme se développer, le physique se fortifier; en un mot, il ne faut point user les organes et surtout le cerveau avant leur évolution normale, ou du moins leur développement suffisant. Le moral suit le physique. Si vous comprimez ce dernier, si vous en empêchez

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inlempeslivement le développement, le premier pourra bien donner quelques belles espérances, mais elles ne seront que séduisantes et vaines, c'est-à-dire qu'elles seront sans réalisation et sans avenir.

Arrive enfin, aux approches de la puberté, la grande époque de la première communion. Cet acte de religion est, sans contredit et sous tous les rapports, l'événement le plus considérable et le plus décisif de la vie humaine. De l'accomplissement de ce devoir sacré dépend le bonheur ou le malheur de l'homme. Et, en effet, la première communion faite avec toutes les dispositions requises, nécessaires, est une source de grâces et de bénédictions, qui préparent au jeune adolescent un avenir de paix, de félicité, en lui donnant la force et le courage de vaincre ou de supporter les tentations et les peines de la vie, dont d'ailleurs l'amertume sera adoucie ou tempérée par un charme ineffable , ou du moins par un fond de sérénité calme et constante. Au contraire, la première communion mal faite, sans les préparations et les dispositions convenables, est une profanation de ce qu'il y a de plus sacré sur la terre 3 et, si elle n'est réparée, tôt ou tard elle fera peser sur l'âme une immense amertume et sera inévitablement la source et le principe des maux les plus multipliés et les plus déplorables. 11 est inutile de faire observer que l'action du

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