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148 LE FRÊTRE ses belles églises, ses nombreux collèges classiques et commerciaux, ses communautés de religieux et de religieuses, peut fièrement lever la tête et montrer à tous ce que peut faire l'esprit chrétien chez un peuple. Quand j'entends dire : nos communautés sont trop riches, je me demande si l'on prend nos Canadiens pour des imbéciles.
— Mais, mon père, avez-vous vu leur demeure, avez-vous vu leurs couvents ?
— Oui, je les ai vus, et ceux qui parlent de richesses ne les ont jamais vus, je crois.
— Mais ils ont des proportions colossales, ces couvents |
— Oui; ils sont bien grands nos collèges et nos couvents, mais ils ne le sont pas encore assez et, que nos impies en prennent leur parti, ils vont s'agrandir encore, dussent ces méchants en crever |
Pour ne parler que des sœurs de Mont-
à le sont que, vivr bien:
qu'el doub tenar à ce.
vous,
d'apo
ET LES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES 149 réal — car c’est de Montréal que part l'attaque et c'est aux #70p nombreuses communautés de Montréal qu'on jette linsulte — que tous ceux qui me liront sachent que les couvents des sœurs Grises, de la Congrégation de Notre- Dame, de la Providence, des Saints Noms de Jésus-Marie, des sœurs de Ste- Croix, des dames du Sacré-Cœur, des sœurs de Sainte-Anne de Lachine sont trop petits, que les sœurs, au réfectoire, à leur salle de communauté, au dortoir, sont serrées comme des sardines en boîte:
que, par pauvreté, elles sont obligées de vivre comme cela pour le moment, mais bientôt, nous catholiques, nous espérons qu'elles pourront bâtir d'autres demeures, doubles de celles qu'elles habitent maintenant — nos impies se tordent de rage à ce mot : doubles, oui doubles, dussiezvous, messieurs, en avoir une attaque d'apoplexie foudroyante. Je vois ce qui
vous choque ; c’est qu'elles bâtissent tout cela sans votre concours, ni celui du gouvernement ; ceci vous met dans l’impossibilité de les arrêter, car ce n’est pas avec des cris de paons qu'on empêche une congrégation religieuse de faire du bien.
Quand on examine les revenus des communautés religieuses, on se demande comment elles peuvent faire les œuvres gigantesques que nous admirons. Ceux qui ne savent pas comment elles vivent, ne peuvent expliquer ce mystère.
Donnons quelques détails :
D'abord pour l’habälement, je ne sais si les sœurs dépensent quatre piastres par année. On est surpris d'entendre de vieilles sæeurs nous dire : excusez ma robe de profession, je suis à faire le ménage:
— votre robe de profession ? mais quel âge a-t-ell:? vingt-deux ans et il faut qu'elle célèbre ses noces d'argent, c’est de tradition. — Vous voyez que les
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SŒurs ne suivent Pas la mode des sai.
sons
Pour le manger, c'est encore plus sur.
Prenant : les restes reviennent, Puis ensuite les restes des restes— en vérité,
nent à elles-mêmes. Maintenant. calculez que c’est une même cuisine qui cuit
Quant aux logements, les sœurs n'ont Pas chacune une chambre comme nos professeurs laïques; une seule chambre où les lits ne sont Séparés que Par un
Les religieuses,en Moyenne, ne dépensent Pas 50 piastres par annrée, au lieu de
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dépenser $300 comme les gens du monde; —car prenez 300 laïques pour professer et 300 frères ou sœurs ; —il faudra donner aux laïques 300 à 1,000 piastres par année, si l’on veut qu'ils vivent; les frères ou sœurs,tout en faisant mieux la besogne, pourront accommoder leurs prix de manière qu'il soit impossible de lutter avec eux. C'est ce qui va sauver notre Canada. N'’allez pas croire, mes chers artisans, que nos impies vont être bien empressés de construire “de grandes bâtisses” à côté de nos collèges et de nos couvents; comme on court toujours au meilleur marché, leurs grandes bâtisses resteraient grandement vides.
À la campagne, j'ai souvent demandé à dejeunesélèves, demi-pensionnaires, c'estàa-dire celles que leurs parents nourrissent, mais qui couchent au couvent.-—-Combier:
payez-vous par année ?—“* Quinze piastres, mon père, 15 piastres pour le loyer
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monde:
rofesser , donner res par s frères 'esogne, de maer avec > Canartisans, pressés sses ” à avents :
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Pour d'amour du Bon Dieu.
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et le coucher!” les moyens de
dans le Pays, ils ne peuvent vivre les prix Courants,
On a établi des écoles normales pour former des Professeurs, Nos Seigneurs les Evêques voulant rester en bons
refusé : ils exivèrent
fussent conduites Par des prêtres. Qu'estil arrivé? On a dépensé beaucoup d'ar- S'ENt pour former des Professeurs, et avec quel résultat ? On voit aujourd'hui que Pour les laïques, à l'exception des filles, l'enseignement ne peut être dans notre PaÿS une profession qui fasse vivre; il y En à trop qui la donnent par
Vocation Nos f Uturs:
154 LE PRÊTRE professeurs, préparés aux écoles normales, ne voulant pas passer leur vie à gagner $200 par année, tout en 5e nourrissant, s'habillant, se logeant eux-mêmes ainsi que leur femme et leurs enfants, se lancent dans le commerce ou les professions libérales. C'est différent pour une jeune fille : elle est heureuse de gagner cent piastres par année et par son instruction de s’attirer les bonnes grâces ‘ du meilleur parti” de la paroisse:
pour elle, c'est un moyen de parvenir plus haut. |
Plusieurs se sont demandés bien souvent quelle était la cause du fiasco de nos écoles normales ? — C'est parce qu'il y a un grand nombre de religieux, la réponse n'est pas plus difficile que cela.
Le gouvernement a accordé d’après le rapport officiel, les sommes suivantes :
Æducation supérieure.........,.......... $78,410 00 Ævoles norinales..... sos. ses + 42,000 00
(1) tructic en l'a
€s norar vie à 5e nout- -mêmes fants, se profest pour use de et par bonnes aroisse :
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> soudé nos u'il y a éponse
près le 1tes :
TE TN A NS 5 ET LES COMMUNAUTÉS RELIGIRUEre
Je ne viens Pas faire ici une critique :
Je veux CONStater un fait Pour répondre à nos * lOngeurs de toMmMmunautés reli.
£ieuses ” qui veulent que nos écoles de.
viennent Ja Propriété de l'Etat. Nous Sommes insultés du Matin au soir Par ces
mécréants : il faut les mettre à leur place, 4
mens
Voyons ce que les religieux Épargnent à la Commission scolaire de Montréà] chaque année. Confrontons Jes chiffres :
L'instruction de chaque enfant coûte :
PAR ANNÉe Académie du Plateau
M ET $19 16 Ecole a 5 12 86 Ecole rt II 20 ne de ms 13 26 Ecole A EE Es. 15 6€ Ecole Her ir iles 14 2(
(1) Une école de l'Etat n’a donné, Huction aux enfants qu’à raison de en l'an 1889-90,
dans notre Pays, l’ins 70 piastres Par tête
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0 mm
Passons maintenant aux écoles tenues par les frères des écoles chrétiennes :
DO PR do taeeeanbde se see RO TE R Us eo déni 4 99 Ecole Ste-Brigide.............…. MORTE VE anne à 4 95 Ecole St Joseph........….. FRERES RATES ST 4 61 Ecole Ste-Anne..................... deco re PCR OT:
Tenues par les religieuses, les nobles filles de Marguerite Bourgeois :
Ecole rue St-Jean-Baptiste.. se, ses 1 OI
MROIS CU RMI. nel erte ns mare on tou + "16 08 Ecole 754 rue Ste-Catherine......,.......…. 1 ET EE Ecole coin des rues Maisonneuve et On
LE Va à PRE ES PAP PAPE RPESNINRERE AAC EUR 1 93 Ecole coin des rues Visitation et Craig... 1 80 Ecole 2353 rue Notre-Dame..........,,.,... 1 73 poole 102 rue McCOord.. ii enter 2 24 Ecole coin des rues Mignonne et St-Denis
(Sœurs de la Providence)... PARENT TL 2 00
En voila assez, je crois, pour convaincre les têtes “ de bois-franc ” les plus dures
Vous me direz : vous ne calculez pas ce que les religieux reçoivent 4 rents.
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Je réponds : voyez leurs livres et calculez ce que dépenserait la commission scolaire pour le coût et l'entretien de ces bâtisses si elles lui appartenaient ; là ou les congrégations depensent 2000 pour une école qui contient 800 enfants, les laïques en dépensent 6000 pour une de 500 élèves.
Calculez bien et vous verrez que les religieux épargnent annuellement à la ville pour l'instruction de 7,500 enfants la somme étonnante de plus de 75,000 piastres, c'est-à-dire la moitié de ce que la ville dépense chaque année; ce chiffre mérite réflection. (1)
Et ce sont ces religieux qu'on veut taxer.—Mes chers artisans, ceux qui parlent de taxer les communautés religieuses, s'en fichent pas mal, ils n'ont pas un sou, ce sont de misérables petits blanc-becs
(1) En 1889-1890, elle a dépensé un peu plus de 153,000.
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qui ne conaissent pas le premier mot de la question ; ils disent : “il faut que les frères et les sœurs paient comme les autres, on ne reconnaît plus dans le r9ème siècle ces privilèges, ces exemptiors que la stupidité religieuse a autrefois accordées aux moines : que tous soient égaux; s'ils sont trop paresseux pour être capables de gagner leur vie en payant comme nous,—qu'ils s'en aillent” Voilà ce quon vous répète chaque jour, mes chers artisans ; si vous écoutez ces gens, c'est vous qui payerez.
Entendons-nous bien: si l'on veut nous mettre sur le même pied que les laïques parce que, dit-on, nous sommes tous égaux devant la loi, nous nous mettrons nous aussi sur /e même pied qu’eux i l'égard des salaires exigés pour l’instruction.—Faites comme vous voudrez :
faites-nous payer des taxes, soyez assurés que nous *e nous y opposons pas pour
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n veut que les sommes us metqu'eux r l'insbudrez ; assurés
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nous, c'est pour vous autres; car pour les
religieux enseignants, la taxe qui serait la ruine des parents, ferait leur richesse.
Quand les impies vous disent : point de faveur pour ces gens-là, ils vous trompent, ce sont ces gens-là qui vous favorisent.
Messieurs les impies ! sachez que nous, religieux, de vos faveurs nous n’en voulons point; nous ne craignons pas de lutter avec vous tous, faites-nous payer les taxes tant que vdus voudrez; mais écoutez ce qui va arriver : les chers frères n’enseigneront plus vos enfants pour $4.00 et les sœurs pour 1.80 par tête comme le font les religieuses de Montréal où l'éducation de la fille ne coûte pas deux piastres par tête ; vous payez $14.53 chez les laïques, et bien, nous vous ferons une faveur aus, et vous l'accepterez, vous — contents encore | — alors seulement vous penserez à nous remercier; nous vous
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<hargerons la moitié — seulement $7.00 par enfant par année et alors nous ferons de l'argent — [à vous pourrez dire: mon Dieu! que les communautés religieuses s'enrichissent vitel! oui, alors, nous deviendrons riches et nous emploierons notre argent à bâtir de nouvelles maisons pour y instruire les enfants pauvres que vous, misérables, aurez éloignés de l’école et que vous n'aurez pas eu le cœur de ramasser sur la rue.
Mes chers artisans, les impies vous disent que nous sommes opposés aux taxes parce que nous voulons continuer à vivre aux dépens des autres, que nous voulons ‘“ tondre le pauvre peuple.” Sachez, Messieurs les impies, que nous ne voulons nullement de vos faveurs: il nous sera bien facile par notre travail de trouver les cent piastres que la vie nous coûte par année, etsi vous ne voulez plus accepter pour vos infirmes, vos ma-
ET LES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES 161 lades et pour l'éducation de vos enfants, /e surplus que notre dévouement à la cause sacrée de la patrie et de la religion, vous donnait jusqu'ici de si bon cœur, eh bien, nous en garderons la moitié et nous vous donnerons le reste qu’en dépit de tous vos airs d'indépendance, vous viendrez chercher en vous traînant à nos genonx, pour éviter de payer la bagatelle d'un à deux millions par année.
Quand donc viendront-elles ces taxes ?
—çar sans cela, le pays ignorera toujours ce que les communautés religieuses font pour lui. — Soyez assurés d'une chose, mes chers amis; si l'on s'oppose aux taxes ce n'est que dans votre intérêt, parce qu'on vous aime en Jésus-Christ.
Tout ce que nous gagnons, vous l’avez, excepté une centaine de piastres qu'on soustrait par année pour vivre; mais si l'on crie : pas de distinction, égalité pour tous ; nous crierons à notre tour : pas de
distinction dans le coût de l'éducation des enfants et dans le soin des malades. Vous verrez lesqu-Îs seront les plus mal partagés. Nous vous attendons de pied ferme.
Pour qu'il n'y ait pas de malentendu, je répète : Jusqu'ici, on a gardé vos malades et vos infirmes, instruit vos enfants pour presque rien; en retour vous nous avez fait — non pas la faveur, on ne veut pas de ce mot — mais la justice de nous exempter des taxes, maintenant si vous nous faites payer, vous nous pareres.
L'expérience des autres nations nous trace la ligne de conduite que nous avons à suivre.
Vous vous éclatez de rire quand on vous parle d'immunités ecclésiastiques ; vous vous écriez en gens pradiques : “ ce n’est pas ce qu'on appelle éwsiness, dans ce 19ème siècle, siècle d'égalité, c'est la plus ou moins grande intelligence de ce mot qui met un homme au-dessus des
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autres : Ousimess est la grande loi des rations modernes”
La Ousiness est notre fort, messieurs ; c'est de la éusiness que nous allons faire ; vous voulez commencer dans les villes par taxer les communautés religieuses, les presbytères, les églises, puis vous descendrez dans les campagnes quelques années plus tard; on vous connaît maintenant, on vous a vus à l'œuvre dans les attres pays, on sait l'arme qu'il faut emphyer contre vous qui souriez de pitié quand on invoque le droit canon, on va vous prendre par la bourse: vous voulez la lutte: on répond: qui vive?
Mas daignez vous rappeler le proverbe canadien : “ Dans un pré où crève un bœuf dur d'entretien, sept tendres brebis deviennent fort grasses.”
Chez nos voisins, dans les écoles du moindre village, celui qui a la haute
classe reçoit $1,200.
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Dès qu'il n'y aura plus de religieux, nous monterons vite à ce prix-là. Si les commissaires voulaient charger le prix qu'on donne aux Etats, vous feriez mieux, mes amis, de mettre tous vos enfants pensionnaires ; pour $25.00 les sœurs ou les frères les nourriront la moitié de l'année, à cinq piastres par mois.
Faisons un petit calcul.
Aux Etats-Unis, l'instruction dans les écoles publiques, coûte au peuple, ex moyenne, d'après les statistiques officidles $25.00 (25 piastres) par enfant.
Dans la province de Québec, $19.52 par enfant. Quelle différence! Il y a 276,000 enfants de 7 à 14 ans —deux cent soixante-seize mille, remarquons bien. Si l'éducation nous coûtait aussi cher qu'aux Etats, vous auriez à payer, mes chers habitants et artisans, la bagatelle de $4,002.000 (quatre millions deux mille piastres) par année de plus. Remer
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ligieux,
Si les le prix mieux, enfants eurs ou itié de
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$10.52 [l'y a - deux rquons aussi payer,
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4 PAS encore assez, mais j'espère que ça viendra: car les noviciats Sont pleins.
Plus sera bas le Prix de l'éducation ; nos frères et nos SŒUrs donnent l'éducation à si bas prix, qu'ils devraient se faire Payer
n0$S Communautés religieuses, Qui paient le plus mal: il n'y a rien de plus curieux que de voir les comptes non soldés de ‘es Mangeurs de prêtres.
voulons aussi et *Hlout de grands cou:
‘ents—beaucoup plus grands que ceux UE NOUS avons. Puissent les sœurs et Jes rères être assez nombreux pour s'établir
dans chaque paroisse, et là, faire la classe non-seulement dans les villages, mais dans tous les rangs de la paroisse. Qu'il en soit ainsi |!
Mais je marrête, car nos impies achèvent de se casser les dents de rage, et s'ils n’ont plus de dents, comment pourront-ils encore mordre le prêtre ?
Je ne défendrai pas nos sœurs qui s'occupent des œuvres de miséricorde, ( qui soignent les malades, recueillent les o-phelins. les aveugles et les infirmes : ceux qui parlent contre elles ne méritent pas de réponse, parce qu'ils ont l'intelligence trop viciée et le cœur trop gâté pour comprendre ; laissons-les parler et quand ils seront malades, nos sœurs les soigne-
(1) Voir la belie étude de la Semaine Religieuse de Montréal à ce sujet. J'aurais voulu que tout le Canada fût présent à l'Institut des aveugles quand l’honorable L. O, Taïilon y fit son discours sur la charité ; ce fut une pièce de grande éloquence chrétienne.
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ET LES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES 167 ront, c'est la seule réponse à leur donner.
Réponse victorieuse, bien claire, qu'ils ne comprendront pourtant pas : leur intelligence est rendue trop bas, il n’y a plus en eux que l'homme matériel.
J'ai dit : je ne défendrai pas les sœurs qui s'occupent des œuvres de miséricorde, je dois cependant venger nos sœurs de l'Hospice St-Jean de Dieu; s'il n’y avait que la cinquantaine d'impies sans vergogne que notre province possède qui les attaquassent, je ne dirais pas un mot, mais elles sont en butte aux calomnies de bien d’autres et le prêtre doit les défendre, c'est sa tâche.
Mes chers habitants et artisans, s’il vous arrivait, —et ça peut arriver à tout le monde—d’avoir un enfant qui, à la suite d’un accident, d’un coup de bûche sur la tête, deviendrait fou, à qui voudriez-vous le confier ? aux sœurs ou bien aux fonctionnaires de l'Etat? Vous ré-
PTE,
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+ ne ne — 25, ne 5 .
ST TE ve PL
pondriez tous en chœur: Aux sœurs !
aux sœurs !
C’est là le vœu unanime de tout notre peuple qui veut des sœurs pour soigner ses enfants malades de l'esprit, et cela même si les sœurs prenaient plus cher ; à plus forte raison. si elles demandent moins que les autres; c'est justement ce qui arrive à l'Hospice Saint-Jean de Dieu.
Sachez, mes chers amis, que les sœurs ne reçoivent que cent piastres par malade — qu'il soit furieux ou non — et que pour cette somme, elles s'engagent à loger, à nourrir, à vêtir, à laver, à surveiller constamment les malades que nous leur confions, à payer les docteurs et les remèdes. Il y a parmi ces infortunés des malades qui brisent et déchirent tout, des gâteux qu'il faut changer plusieurs fois par jour, c'est toujours le même prix ; de plus, si l’établissement brûle, ce sont les sœurs, et non le
œurs !
notre 1er ses même à plus ns que arrive
sœurs ar mMaet que bent à à surïs que docparmi brisent il faut t toublisseon le
‘ piastre) au bout de nos doigts.
ET LES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES 169 gouvernement, qui paient les pots brûlés.
Oui, pour 27 centins et une fraction par jour, répétons bien haut ce chiffre 27 cts par jour, loger, chauffer, nourrir, vêtir, surveiller et soigner un pauvre malade; et encore on a l’impudence de dire:
ce n’est pas pour rien que les sœurs de la Longue-Pointe s’enrichissent.—Non ce n'est pas pour rien, c'est pour 27 cts par jour par patient. Comment s'y prennent-elles pour rejointre les deux bouts ?
C'est le mystère d’écoïomic, de travail, de dévouement des communautés de femmes. On ne peut expliquer ce mystère qui dépasse tous les calculs de nos hommes prafiques : ceux-ci disent que 10 cents et 10 cents font 20 cents. Les sœurs calculent autrement ; elles prennent les deux zéros de chaque 10 cents et les ajoutent à la suite de l’unité en disant :
10 cents et 10 cents font $1.00 (une