‹ Le prêtre et ses détracteurs [microforme]Chapitre 3 sur 51 · CAUSERIE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

CAUSERIE PREMIÈRE

LE PRÈTRE ET SES DÉTYTRACTEURS.

MES chers amis, vous êtes tous catholiques, vous seriez bien à

EME plaindre si vous ne l'étiez pas, comme tels, vous connaissez le rôle que notre divin Sauveur a assigné au prêtre dans le monde: “de même que mon père m'a envoyé, je vous envoie.” Ces paroles sont bien claires, le prêtre doit continuer la mission de Jésus-Christ sur, la terre et cette mission, le prêtre la remplira jusqu'à la fin des temps, en dépit de toutes les tyrannies et persécutions.

On pourra tuer x prétre, on n'éteindra jamais le sacerdoce.

Un puissant empereur romain a voulu faire cela ; il a ordonné une persécution générale des chrétiens et dans son orgueil il se disait : j'élèverai un temple sur les ruines du nom chrétien; quelques années plus tard, l'univers entier se convertissait à la foi çatholique et des milliers d’églises furent construites sur les ruines du paganisme anéanti. Les méchants auront beau faire, le ministre de Dieu leur survivra.

Dans notre pays, quelques-uns veulent ‘tuer ” le prêtre dans l'esprit de nos populations catholiques ; avec la grâce de Dieu ils n'y réussiront pas ; il va leur arriver ce qui est arrivé à tant de mangeurs de prêtre : Dieu va les châtier euxmêmes, ou les punir dans leurs enfants.

J'ai intitulé cette causerie : /e prêtre et ses détracturs. Allez-vous croire, mes

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ein chers com Patriotes, que je vais me servir ‘envers eux des mêmes armes qu'ils em-

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rt dois et demie : n'auraient-ils Pas quelques nos petits péchés à se reprocher ? quelques âce distractions dans leurs prières, si toutefois eur ils la font ? quelques manquements à la an: charité ? “Ne faites PaS aux autres ce uk: que vous ne voudriez Pas qu'on vous fit Es. À vous-même”, à dit Notre Seigneur e el Auraient-ils quelquefois manqué à ce prénes cepte ? Cependant, que nos ennemis ces-

sent de trembler — car je vois qu'ils tremblent — en conscience je ne puis faire de telles choses. Il m'est défendu sous peine de m'exposer au feu de l'enfer, de faire connaître une deleurs fautes graves que cinq ou six personnes seulement connaissent, et qui par conséquent, n'est pas publique. D'ailleurs, quelle pe'ne ne ferais-je à leurs enfants! quel scandale ces révélations produiraient sur eux!

Quand je prêche des retraites, en parlant de la charité je dis aux autres ‘“ de ne pas faire au prochain ce qu'ils ne voudraient.

qu'on leur fit à eux-mêmes,” car, dit St:

Paul, ‘“ celui qui est debout, qu'il prenne.

garde de tomber.” Comme il n'y a personne de parfait sur la terre, si le commandement de la charité n'était pas observé, que de turpitudes, mes chers habitants, dont vous n'avez pas même l'idée, seraient mises à Jour.

Je n’attaquerai donc pas; je vais me

de ron

ET SES DÉTRACTEURS 13 tenir sur la défensive — ce que je ferai d'ailleurs jusqu’à la fin. Je veux défendre le clergé, je le ferai sans sortir de la forteresse inexpugnable où je me suis réfugié ; couvert du bouclier de son dévouement, de sa scienc:, de sa vertu, je ne crains pas les traits empoisonnés que la malice, J'envie, la haine lancent contre lui.

Dans une prochaine visite, je franchirailes remparts et j'irai au milieu du camp ennemi affaguer les’ combattants dans leurs retranchements ; je n'irai pas dévoiler les secrets de leur vie privée, ma religion me le défend, mais j'irai les combattre dans leurs personnes officielles, dans le rôle que ces hypocrites assument auprès de nos populations ; nous déchirerons leurs masques et vous verrez, mes chers compatriotes, quel est le but francmaçonnique qu'ils se proposent. * Aidé de notre brave population, nous les clouerons au pilori de la honte et du déshon-

neur que leur auront mérité leurs infâmes calomnies.

Je veux seulement, dan, cette causerie, vous démontrer par des faits, que Dieu lui-même prend la défense de son prêtre et qu'il le venge d’une manière terrible :

“ Celui qui touche à mon prêtre, me touche à la prunelle de l'œil ”, dit Notre- Seigneur : la prunelle de l'œil, si tendre !

si délicate! Dieu la choisit pour comparaison, pour nous montrer jusquà quel point il est sensible, à l'égard du respect que l'on doit au clergé.

Il y a deux espèces d'hommes que le bon Dieu frappe ici-bas : ceux qui tiennent auberge maloré leur curé et ceux qui parlent mal des prêtres. Parmi tous ceux qui causent avec moi ce soir, est-ce qu'il y en a un seul qui n'ait pas un exemple à citer?

Qu'est devenu cet aubergiste qui tenait un si mauvais règlement et contre lequel

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ET SES DÉTRAOYEURS 16 le curé a tant tonné du haùt de la chaire ?

Que sont devenus un tel et un tel qui ont traité leurs curés de voleur ? Eux ou leurs enfants sont au pénitencier. Qu'est-il arrivé à cet homme ou à cette femme qui faisait courir tant de vilains bruits sur tel prêtre ? leur fille est disparue traînant avec elle le boulet de l’ignominie et du déshonneur qu'elle devra porter jusqu'au tombeau.

Le prêtre, à cause de ses fonctions saintes, aura un jugement si terrible à subir—plus terrible que celui de mille laïques réunis—que Dieu se réserve à Lui seul et à ses évêques, le droit de le punir ; il ne laissera pas impunément attaquer “ia prunelle de son œil.” Vous me donnerez des nouvelles de nos maneurs de prêtres dans cinq ans d'ici. :

Lors du procès Guibord, après le fameux témoignage d’un homme trop fa:

meux, un de nos impies a fait un calem:

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bourg (jeu de mots) qui fit le tour des clubs où l'on a tellement bu à sa santé qu'il en est crevé ; il s'est écrié : Monsieur D, vous venez de dessoler l'édifice clérical. . . .grands éclats de rire.

Quelques années plus tard, vous vous le rappelez, mes chers artisans, qui était dessolé ?

Mais, le clergé n'a pas ri de son insulteur : il a gémi et prié.

Ecoutez bien le trait suivant : Dans notre province, on voulut rebâtir une église qui était trop petite, dans une certaine paroisse que je ne nommerai pas, mais que plusieurs reconnaîtront, si mon livre leur parvient; le diable, comme toujours, arriva à l'assemblée et voulut se faire élire syndic ; il perdit son élection : il nese tint pas pour battu, il entra dans le corps de l’un des paroissiens et l’avertit qu’il était venu pour “ faire du train”; ilenfit.

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Ce paroissien pendant deux ans traita le curé de fou, d'homme qui ne savait pas ce qu'il faisait, etc. etc.

Vingt-trois ans plus tard, un missionnaire fut appelé auprès d’un mourant qui le suppliait d'aller le voir, même à la raquette, pour éloigner de son âme le démon du désespoir.

Le missionnaire arrive et pénètre dans un misérable réduit ; il vit sur un lit bien pauvre, quoique bien propre, un vieillard mourant, dont le moral paraissait bien torturé ; il entendit l’histoire suivante :

‘“ J'étais riche, j'ai voulu me mesurer avec un curé ; j'ai été tordu comme un écheveau d'étouppe; j'ai dû laisser ma belle terre et m'en venir dans cette solitude ; pendant deux ans, j'ai traité le prêtre de fou; deux enfants me sont nés pendant ce temps-là; mon père, regardez dans ce coin; voyez ces deux idiots de plus de vingtans ; ils ne savent pas encore

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qu’ils sont dans le monde. Maintenant ce n'est pas tout: mon père, voyez cet autre enfant au pied de mon lit, je croyais qu'au moins celui-ci serait ma oloire et ferait mon bonheur”...... ici le vieillard s'arrêta, les sanglots entrecoupaient sa voix: une agitation nerveuse faisait tressaillir tous ses muscles, puis faisant un effort sur lui-même, il prononça ces mots au milieu du râle de l'agonie....“ etil est protestant.... et ministre protestant .... puis, ce qui me fait le plus de peine c'est qu'il vient de me dire que c’est ma faute; qu'il a perdu la foi l'année où l'ai tant parlé contre le prêtre.

“Oui, repartit le Suisse, c’est depuis cette année-là que je suis protestant.”

Alors il 5e passa un spectacle bien navrant : le vieillard réunissant ses forces, vint tomber étendu au pied de son fils et lui demanda pardon. Devant cet acte d’humilité repentante, le mission-

naire éclata en sanglots, le Suisse qui n'était plus susceptible de sentiment filial—celui qui a renié son Dieu, n’a plus de cœur — répondit froidement — ses yeux étant secs. ‘“ Relevez-vous, je sais ce que j'ai à faire.”

On remit le mourant sur son lit, il regarda le missionnaire, prononça ces paroles en baisant le crucifix : Jésus !

Jésus ! est-ce possible ?... une sueur froide couvrit sa figure.... puis un long souffle.... puis.... plus rien; il était Morte...

J'espère que Dieu luia fait miséricorde, car la pénitence est sœur de l'innocence, mais n'avait-il pas raison de craindre le jugement de Celui qui, ‘trouve destaches dans ses anges mêmes ?”

! Sije ne craignais de blesser certaines familles, je vous citerais des exemples de cette sorte, mais assez et contentons-nous de ce trait pour aujourd hu.

Je n'ai plus qu'un mot à dire à nos calomniateurs : Quand vous serez tombés dans l’adversité, dans le malheur que vous vous êtes attiré par votre faute; quand vos amis qui vous adulent en ce moment, vous auront tourné le dos, nous vous assurons qu'il vous restera encore un ami : le prêtre ; il sera le seul que vous ayez alors, il vous placera dans un hospice aux soins de saintes religieuses que vous aurez tant méprisées et aux prières desquelles vous devrez peut-être votre conversion. En receuillant votre dernier soupir, le prêtre recueillera votre enfant et le placera dans un asile; il fera pour vous tout ce que Jésus ferait à sa place, pour vous qui avez passé votre vie à cracher sur lui. Oui, dites, mes bons amis à tous ces pauvres fourvoyés, à ces insulteurs de prêtres, que nous serons toujours prêts à les secourir. Quand sous les tortures du choléra, ils appelle-

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FT SES DÉTRACTEURS ront au secours et que leurs amis bambocheurs se sauveront, la sœur de charité sera là pour les soigner et elle essuiera de leurs lèvres, de crainte qu'ils n’en soient suffoqués, les crachats qu'ils n'auront pas la force de lancer contre elle; ditesleur que si nous ne pouvons sauver leur âme, nous soulagerons au moins jeur corps, dans bien des cas au dépens de notre propre vie; nous ferons cela, non pour mériter leur reconnaissance, mais pour faire plaisir à notre Maître qui nous l'ordonne.— Quant à leur reconnaissance.

nous savons ce qu'elle sera. Pendant que nous les soignions, ces écrivains et ces mangeurs de prêtre, auront remarqué des défauts en nous, —— nous en avons tons — et le premier article, écrit de leur main rétablie par la charité religieuse, sera de publier sur les toits, les imperfections qu'ils auront vues en notre conduite, pendant leur séjour dans nos maisons ;

22 LE PRÊTRE c'est la seule espèce de reconnaissance que connaissent les méchants et l'Eglise catholique y est habituée depuis plus de dix-huit cents ans.

En terminant, je vous exhorte, mes chers amis, à leur dire ceci : Dès qu'ils auront un remords, un regret de leurs fautes, qu'ils nous envoient chercher, nous serons trop heureux d'aller leur pardonner leurs péchés, pour qu'ils puissent chanter pendant l'éternité, les bienfaits du prêtre éternel, selon l'ordre de Melchisédech.

Le beau l y en chrétie chers } teur de qui est Roval.

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