LES PRÊTRES FRANÇAIS ET LA GUERRE
Comme l'indique la date présumée de notre Préface, l'impression de ce volume, déjà bien avancée de Molsheim, a été interrompue par la guerre. Nous l'achevons de Paray près du Sacré Cœur. S'il nous était matériellement possible de changer grand'chose à cet ouvrage, nous ne le ferions pas, tant les vérités qu'il évangélise sont permanentes ! Il montre la Source profonde et souverainement attirante pour une âme sacerdotale : (l'amitié très particuivre de Jésus avec le prêtre) où le clergé catholique, — oubliant la bien coupable violation du droit que tous les peuples ont reconnu aux prêtres de ne pas verser le sang, — puise le courage, la patience, le dévouement, le zèle magnifiques, admirés de tout l'univers, par lesquels il soutient, anime, fortifie de ses exemples et de sa parole la bravoure et la constance héroïques de nos soldats.
Saluons la noblesse, la vaillance superbes des Belges, — Sauveurs de la France et de la civilisation, — et des Anglais, qui, selon les droits de Dieu et les devoirs de toute nation, prient
officiellement, socialement ; des Russes qui font plus encore et portent les Icônes de Jésus-Christ et de la Très Sainte Vierge dans les batailles. Parlons seulement de nos armées. On ne s'est pas assez demandé pourquoi elles sont si étonnamment vaillantes et endurantes.
Assurément cela tient aux si belles qualités de la race, qui se retrouvent, dans toute leur richesse, et dans toute leur splendeur, quand la ' divine Providence lui montre, se dressant devant elle et comme à bout portant, la question de vie ou de mort nationale, et fait surgir, par un grand miracle, des circonstances qui provoquent jusqu'au fond des cœurs, avec une force incomparable, dans une merveilleuse unanimité . sa droiture .innée, son profond amour du bon droit, de la justice, de la vraie liberté ; son horreur instinctive de l'oppression, de la barbarie, de la fourberie...
Cela tient, en même temps, au Commandement dont tout le monde admire l'intelligence, le caractère, l'énergie.
Cela tient au sentiment de l'honneur, et la plupart du temps à la foi religieuse, surtout à la foi catholique dont sont animés une multitude de jeunes gens.
Oui, cela tient beaucoup aux catholiques, chefs ou soldats, à qui Jésus crucifié, adoré et aimé souvent avec passion, et tout rayonnant d'espérances, de certitudes éternelles, inspire un